Chapitre 12 – Chocobophobia
Barret : C'est fatigant, de marcher ! On a plus l'habitude, à force de vivre à Midgar !
Aerith : Il va falloir t'y habituer, parce qu'il y a relativement peu de trains qui passent dans le coin. Pardon, j'ai dit « relativement peu » ? Je voulais dire « aucun ».
Cloud : On va finir par s'y faire, c'est juste une question de temps.
Tifa : En attendant, j'aperçois un bâtiment, au loin ! Plusieurs bâtiments, même, et du mouvement. Ce doit être une ferme.
Barret : On va s'y arrêter, hein, rassurez-moi ?
Rouge XIII : J'en ai la ferme intention.
Aerith : Oh, la f… enfin… tais-toi.
Cloud : Pas besoin de râler sur Rouge XIII à chaque fois qu'il fait une vanne, tu vois bien qu'il continue de toute façon.
Aerith : Oui, mais je veux surtout pas lui donner l'impression que ça ne m'horripile pas ! Et puis fais attention à ce que tu me dis, toi. Depuis que t'es remonté dans le positif, je prends bien garde à ne te donner des points que quand tu le mérites vraiment, alors ils risquent d'être rares si tu me reprends trop souvent !
Cloud : Ouah, j'ai rattrapé tout mon retard ? En voilà, une bonne nouvelle !
Aerith : Oui, bon, je suis bien obligée d'admettre qu'en dépit de vos conneries et de votre aptitude à foirer à moitié tout ce que vous entreprenez, vous avez quand même réussi à me libérer et à fuir une ville où tout le monde veut votre mort. C'est un exploit. Je me doute bien que c'était involontaire et que vous seriez bien en peine de le refaire à nouveau, mais c'est un exploit quand même.
Cloud : Alors j'ai plus qu'à continuer à te sauver la vie une paire de fois et on sera quittes ?
Aerith : Eh bien vu qu'en voyageant avec ce groupe, je risque plus souvent de voir ma vie en danger à cause de vous que pour une autre raison, je suis pas sûre que ça suffise.
Tifa : Nous y sommes ! Une ferme de Chocobos !
Aerith : Qu… QUOI ?!
En effet, le mouvement qu'elle avait aperçu plus tôt était celui de ces majestueuses créatures aviaires, dont l'apparence physique se trouvait à mi-chemin entre l'autruche et le canari. Aux pattes puissantes et à la taille suffisamment grande pour porter un être humain se joignait en effet une couleur jaune très vive sur l'ensemble du corps. Les bêtes, constatant l'arrivée des visiteurs, se mirent toutes au bord de leur carré d'élevage, contre la barrière, afin de les accueillir au grand dam d'Aerith.
Aerith : S… surtout… qu'ils sautent pas la barrière ! Je veux pas de ces trucs près de moi !
Tifa : Mais enfin, ils sont inoffensifs ! Salut toi ! Oh, tu aimes la caresses, hein ? Tu aimes les caresses ?
Aerith : Libre à toi de perdre la main dans le bec d'un monstre, mais très peu pour moi.
Chocobo : Kweeeeh !
Aerith : Aah ! Vous avez entendu ça ?! C'était une mise en garde ! On est sur leur territoire ! Ils vont nous BUTER !
Chocobo : Kweeh !
Rouge XIII : Euh… Kweeh kweeeh ?
Chocobo : Kweeeh !
Cloud : Tu parles le Chocobo, toi ?
Rouge XIII : Pas plus que toi, j'ai juste répété ce qu'il a dit, mais kweh qu'il en soit, ça a l'air de marcher. Regardez.
En effet, les oiseaux terrestres s'étaient mis à danser. Une aile à gauche, une aile à droite, un tour sur soi-même, un petit saut et hop, un déhanché à droite, un déhanché à gauche, un tour sur soi-même, un petit saut sur la congénère voisine et hop, une série de petits déhanchés rapides.
Cloud : Est-ce qu'ils font bien ce que je crois qu'ils font ?
Rouge XIII : Bien, on dirait que j'ai appris comment dire « Faites une parade nuptiale, juste pour voir » en Chocobo.
Aerith : Quelle horreur… dans plusieurs mois, une autre de ces choses verra le jour… rien que d'y penser, ça me rend malade…
Barret : Hé, y a un truc par terre !
Cloud : Et tu le ramasses ? Comme ça ? Sans le nettoyer ?
Tifa : On ne sait pas vraiment où ça a traîné…
Barret : P'tet, mais c'est une matéria rouge !
Tifa : Quoi ?!
Rouge XIII : J'en veux une aussi !
Cloud : Salopard !
Aerith : DONNE-LA MOI ! DONNE ! DONNE ! DONNE !
Barret : Ha ha ! J'ai hâte d'essayer ma super invocation !
Aerith : Tss… de toute façon, une matéria de ce genre trouvée dans un coin obscur d'une ferme de péquenaud…
Barret : Tu vois pas d'inconvénient à ce que j'la prenne pour moi tout seul, alors ?
Aerith : BIEN SÛR QUE SI, C'EST UNE MATÉRIA ROUGE, QUOI, MERDE !
? : Alors comme ça, ma ferme, c'est une ferme de péquenauds, les jeunes ?
Tifa : Vous êtes le propriétaire ?
? : Tout juste, mon nom est Choco-papy. Alors, j'attends des explications !
Cloud : Écoutez, elle a pas voulu dire ça. Elle s'est juste un peu emportée.
Aerith : Emportée mon cul, 'faut arrêter de vivre à l'âge de pierre, mon vieux, l'élevage, maintenant, ça se fait dans un coin des usines de viande, pas ailleurs !
Choco-Papy : Nous n'élevons pas les chocobos pour qu'ils soient mangés !
Aerith : Vous… vous leur retirez le seul mérite qu'ils auront de toute leur existence, celui de remplir un estomac ?
Choco-Papy : Vous ne parviendrez jamais à traverser le marais au Sud d'ici sans chocobo ! Le Zolom de Midgar vous avalera tout cru ! Y a un type avec une cape noire qu'est passé, l'autre jour, il a pas pris de chocobo. J'vous parie 20 Gils qu'il est en train de se faire digérer !
Aerith : Pari tenu.
Tifa : Le Zolom ?
Cloud : Un homme avec une cape noire… Tiens donc…
Choco-Papy : C'est un serpent géant qui avale tout sur son passage ! Aventuriers, tracteurs, chats, chiens, montres à gousset, épouses fidèles… Oooh… Martha…
Cloud : Je vois… et le chocobo sert d'appât… intéressant…
Choco-Papy : Pas du tout ! Il vous servira à aller vite, bien plus vite ! Vous pourrez lui passer devant sans qu'il vous rattrape !
Barret : Mais c'est un truc de lâche !
Choco-Papy : C'est à vous de choisir ! Vous mourrez en brave, ou bien vous vivez à dos de chocobo !
Aerith : Et y a pas de solution intermédiaire ? Comme célébrer sa survie avec une cuisse d'autruche jaune ?
Tifa : Qu'est-ce que tu en penses, Cloud ?
Cloud : J'ai pas trop envie de me faire boulotter, en fait. Ça nous coûtera combien, un chocobo ?
Choco-Papy : Qu'est-ce que j'en sais, moi ? C'est mon petit fils qui s'occupe de la location, moi je fais taxer les voyageurs qui veulent se reposer. Vous voulez dormir un peu ? Non ? Non. Bon, tant pis. Mon petit-fils est dans la grange, là-bas.
Laissant là le vieil homme et les animaux qui épouvantaient Aerith, le groupe rentra donc dans une grange qui sentait fort le chocobo.
Aerith : Je suis en train de faire un cauchemar… Oui, c'est sûrement ça…
Choco-Boy : Salut à vous, aventuriers ! Quel bon vent vous am…
Cloud : Ouais, ouais, coucou, c'est combien pour un oiseau ?
Choco-Boy : Pour quel genre de service ?
Cloud : Comment ça, quel genre ? Y en a qui empruntent ces chocobos pour faire autre chose que les monter ?
Choco-Boy : Euh… si on joue sur les mots… Non, non, il s'agit toujours de les monter…
Tifa : Je… comprends mieux à quoi sert la cabine rose qu'on voit là-bas.
Choco-Boy : Ah ben oui, on a des clients drôlement bizarres, ici, parfois ! Alors, vous êtes quel genre, vous, m'sieur ?
Aerith : Non mais réfléchis un peu, abruti. S'il voulait se taper une dinde, il se farcirait celle qu'on se coltine en minijupe.
Tifa : QUOI ?!
Aerith : Oh, pardon, très chère, c'est cette odeur nauséabonde, elle me rend folle…
Tifa : Y… y a pas de mal… Enfin essaie de faire attention à ce que tu dis, quand même…
Cloud : On veut juste le chevaucher. Seulement le chevaucher.
Rouge XIII : Le chocobocher, plutôt. On parle pas d'un cheval, là.
Aerith : Un cauchemar… oui… c'est FORCÉMENT un cauchemar…
Choco-Boy : Je suis désolé, j'ai pas de chocobo à vous fournir.
Barret : Et les zozios ici et pis dehors, ils sont là pour faire joli ?!
Aerith : Grands dieux, c'est raté.
Choco-Boy : Ben ils servent à l'élevage, à se reproduire, quoi. Et puis c'est un peu notre vitrine. S'il y avait plus de chocobos dehors, comment pourrait-on savoir qu'on est dans une ferme de chocobos ?
Cloud : En regardant le panneau à l'entrée ?
Tifa : Bon, si je comprends bien… d'abord on nous dit qu'il est nécessaire de chevauch…de monter un chocobo pour traverser le marais non loin d'ici, et maintenant vous nous dites qu'on ne peut pas en avoir un ?!
Choco-Boy : Ah mais attention, ma p'tite dame ! J'ai jamais dit que vous ne pouviez pas en avoir un, seulement que je ne pouvais pas vous en fournir ! Vous êtes libre d'en capturer ! Pour ça, il vous suffit d'acheter cette matéria « Appât-chocobo ». Une fois équipée, elle vous permettra de rencontrer aléatoirement des groupes de monstres accompagnés de chocobos. Faites diversion avec ces légumes spéciaux, les légumes Gisèle, puis débarrassez-vous des monstres. Une fois toute menace écartée, l'animal deviendra docile ! Alors, qu'est-ce que vous ferez ? Ha ha ! Qu'est-ce que je raconte ! Vous n'avez pas le choix, si vous voulez traverser, n'est-ce-pas ? Ça fera 2500 Gils la matéria et 200 Gils pour chaque légume. Il faut bien vivre, c'est la crise.
Aerith : Non merci, on a tout ce qu'il faut.
Cloud : Première nouvelle…
Aerith : Mais si, regardez. Hop, voilà la super matéria bleue pour appâter ces horreurs et leur casser la gueule !
Choco-Boy : Mais comment est-ce que vous vous l'êtes procur… Hé ! Vous m'avez fait les poches !
Cloud : Bien joué ! J'veux dire… Oh, vilaine Aerith, vilaine.
Choco-Boy : Rendez-la-moi ! C'est du vol !
Aerith : Non, mais par contre, faire payer une fortune pour une petite boule qui marche aussi bien qu'un appeau à oiseau, ÇA, j'appelle ça du vol.
Choco-Boy : Grrr…
Tifa : Dé… désolée…
Rouge : À la revoyure.
Barret : Ouais, sans rancune, p'tit !
Munis de l'objet qui leur permettrait de croiser le chemin des montures sauvages, le groupe s'empressa de quitter ce lieu qui empestait le foin et les trucs de ferme qui puent d'une manière générale pour retrouver l'air libre. Là, ils se baladèrent çà et là dans la région, espérant tomber au bout de quelques temps sur l'objet de leurs recherches.
Tifa : Mais comment allons-nous faire pour l'apaiser, au juste, sans légumes ?
Cloud : C'est simple, on va l'intimider.
Barret : On va lui taper dessus jusqu'à ce qu'il nous accepte comme ses maîtres !
Aerith : L'apaiser ? Pourquoi l'apaiser ? Moi, mon but, c'est de débarrasser le monde de quelques unes de ces engeances. J'ai une vocation purificatrice. Pourquoi vous croyez que je veux les attirer ?
Tifa : Oui, tes intentions ont été… limpides, à ce sujet…
Cloud : Mais dis-moi, Aerith… est-ce qu'on peut savoir COMMENT exactement t'as réussi à te procurer la matéria qu'il cachait dans sa poche ?
Aerith : Tu me poses la question comme si c'était quelque chose de compliqué. Tout ce que j'ai fait, c'est tendre le bras, prier un peu, manquer de me faire repérer, blasphémer un peu, et refermer la paume sur le petit butin sphérique. Rien de bien sorcier, vraiment.
Cloud : Je vois…
Aerith : …
Tifa : Cloud, tu n'insinues quand même pas…
Cloud : J'ai remarqué que mes paires de chaussettes propres disparaissaient peu à peu...
Aerith : Pourquoi tu me dis ça à moi ? J'étais déjà pas au courant que tu changeais de chaussettes…
Tifa : Maintenant que tu le dis… Moi, ce sont les potions qui sont dans mon sac qui s'évaporent les unes après les autres…
Aerith : Si elles s'évaporent, c'est qu'il fait trop chaud, tout simplement. Le liquide, ça se transforme en gazeux à partir d'une certaine température. Tu dormais en cours de Chimie ?
Barret : Et mes biscuits ! Qui c'est qui les a mangés, hein ?! HEIN ?!
Rouge XIII : Ou… ouais… c'est… forcément Aerith. Ça peut être qu'elle. Sûr et certain ! Bouh Aerith !
Cloud : Aerith. Tu es retournée chercher la matéria Voler dans le Secteur 7 quand je l'ai jetée. Je suis même prêt à parier que c'est la raison pour laquelle tu t'es débarrassée de Marlène en l'envoyant se débrouiller toute seule. Je me trompe ?
Aerith : Tu sais quoi, Cloud ? Tu poses trop de questions. Vlan ! -20 points ! Et tu diras pas que je t'ai pas prévenu !
Tifa : Aerith, tu as vraiment un problème avec cette matéria.
Aerith : Mais c'est que vous insistez, en plus ! Allez, vlan ! C'est Cloud qui trinque ! 20 autres points en moins ! Encore quelques remarques douteuses de quiconque et tu fais une rechute dans les abysses, mon p'tit père !
Cloud : Mais c'est pas juste ! Là, c'est Tifa qui…
Barret : Hé, regardez ! Y a un de ces machins jaunes qui s'en vient par ici!
Rouge XIII : C'est un chocobo, sûr et certain !
Tifa : Bien, mettez-vous en place, on va se débarrasser des monstres qui l'accompagnent !
Barret : Bouaaah ! Crevez, les lapins mutants !
Tifa : Oui ! Il est seul ! Maintenant, il suffit juste de… allez… approche… n'aies pas p… Non ! Reviens !
Aerith : Lâche ! Il fuit l'ennemi !
Tifa : Nous ne sommes pas ses ennemis !
Aerith : Parle pour toi !
Rouge XIII : Euh… Kweeh kweeeh !
Cloud : Il s'est arrêté…
Tifa : Dis-moi… tu ne lui as quand même pas dit… ce que tu as dit toute à l'heure, quand même ?
Rouge XIII : Hé, j'avais pas d'autre choix ! J'suis pas bilingue, tu sais ! J'apprends sur le tas, moi.
Barret : Oh, il revient vers nous !
Tifa : Vers Aerith, plus précisément…
Cloud : Je le sens mal…
Aerith : T'APPROCHE PAS ! T'APPROCHE PAS OU JE TE… AAAAAAH !
Cloud : Ouais, je crois qu'il va falloir intervenir.
Les réflexes et la capacité d'agir rapidement du reste du groupe permit à Aerith de garder un semblant de dignité – ainsi que ses sous-vêtements intacts – face aux assauts du chocobo pervers. Ce dernier était d'ailleurs tenu fermement par nos amis, qui tentaient de l'apprivoiser par la manière forte… une technique qui finit par faire ses preuves lorsque l'animal, sans doute excité par les prises de catch de Barret qu'il prit pour des caresses, lâcha la sauce dans le vide et se calma instantanément.
Barret : Ah ben en fait, pour qu'il devienne tout gentil, il aurait juste fallu qu'on le laisse finir son affaire…
Aerith : DANS TES RÊVES ! Beurk…
Cloud : Bon, en tout cas on a un chocobo ! Wouhou !
Tifa : Oui, enfin… Il y a juste une question qui se pose, maintenant…
Cloud : Oui ?
Barret : Comment on va monter à cinq dessus ?
Rouge XIII : Moi je peux courir.
Cloud : Aerith ?
Aerith : Toi aussi tu peux toujours courir. Vous me ferez pas monter sur ce truc.
Cloud : Et Barret risquerait de le tuer sous le poids de ses muscles. Je vois que deux solutions…
Aerith : Si l'une d'elle implique de trouver un autre chocobo, tu peux déjà la rayer, elle et tes chances de survie dans les trente prochaines secondes.
Cloud : Notre seule solution, ce serait… Hop ! … de faire diversion avec quelqu'un sur le chocobo pour que le Zolom le poursuive pendant que les autres traversent.
Tifa : Pourquoi est-ce que t'es descendu du chocobo au milieu de ta phrase ?
Cloud : Pour laisser à celui qui a le plus envie de mourir de risquer sa vie là-dessus avec la diversion.
Tifa : Oui, mais du coup, le chocobo est en train de partir…
Cloud : Hein ? … Merde !
Rouge XIII : Et vite, en plus. Est-ce que je…
Aerith : NON ! Tu lui parles PAS !
Cloud : R… reviens ici !
Barret : Y se dirige vers le marais, là !
Cloud : Rien à foutre ! On s'est pas donné tout ce mal pour rien ! Rattrapons-le !
Une course-poursuite des plus inégales commença : d'un côté, cinq héros fatigués et peu rapides, et de l'autre, un animal vivace et né pour la course. C'est donc sans doute dans un esprit de partialité qu'un nouveau-venu décida de se joindre à la poursuite : le Zolom de Midgar, gigantesque serpent terrifiant qui, bien décidé à croquer l'oiseau grassouillet venu errer sur son territoire, se mit en tête de le pourchasser.
Tifa : Mmh… On dirait que ta stratégie a fonctionné, Cloud. Pas comme prévu à l'origine, mais elle a fonctionné quand même…
Barret : Est-ce qu'on continue à courir après le piaf, alors ?
Cloud : Nan, tant mieux s'il a plus de viande à offrir que nous, ça va nous permettre de rejoindre la grotte, là-bas. Allez, grouillez-vous avant que le serpent se rende compte qu'il peut rien faire contre la vitesse du nouveau petit copain d'Aerith !
Aerith : Tss…
Cela n'arriva pas, cependant, et l'énorme ovipare continua sans relâche de ramper après le chocobo sauvage, du moins jusqu'à ce que ce dernier sorte de ses terres, mais nos amis avaient déjà eu largement le temps de s'engouffrer dans la mine de mythril, et étaient même à mi-chemin lorsqu'une surprise inattendue au détour d'un coin les fit sursauter.
Rude : …
Cloud : Un Turk ?!
Rude : …
Aerith : Dis quelque chose, crâne d'œuf, au lieu de nous regarder comme ça !
Rude : … Salut.
Barret : Y veut se battre, vous croyez ?
? : S'il voulait se battre, vous seriez déjà tous morts, d'abord !
Tifa : Hein ? D'où est-ce que ça venait, cette voix ?
? : J'suis ici !
Perchée sur un rocher en contre-haut, une jeune femme aux cheveux blonds et vêtues de la même manière que Réno, Rude et Tseng se tenait les mains sur les hanches dans une posture de défi.
? : Hé ouais, t'as vu ? J'suis une Turk, moi, c'est la classe !
Cloud : C'est drôle, quand même, à chaque fois que j'croise le chemin de votre « unité d'élite », elle se décrédibilise un peu plus…
? : Hé !
Rude : Elena…
Elena : Quoi ?
Rude : Tu parles trop fort.
Elena : Mais pas du tout !
Cloud : Qu'est-ce que vous nous voulez, au juste ?!
Tifa : Vous nous suiviez ?
Aerith : C'est un peu con de dire ça sachant qu'ils avaient l'air d'être dans cette grotte avant nous…
Rude : …
Elena : Évidemment qu'on vous surveille ! Avec la marchande de narcotiques que vous traînez avec vous, on est sûrs de faire un gros coup de panier d'ici quelques temps !
Aerith : Que les choses soient claires, c'est moi qui traîne ces boulets derrière-moi, et absolument pas l'inverse !
Rude : Elena.
Elena : MAIS QUOI ?!
Rude : Tu parles trop.
Elena : … Fort ?
Rude : Non, non. Trop.
? : Je confirme.
Aerith : Tiens, cette voix, je la reconnais…
Elena : Boss !
Tseng : Comme on se retrouve. Rude, Elena, écoutez : Sephiroth a été repéré dans la zone B.
Elena : Zone B ? On l'a aperçu au Macumba Nightclub ?! Je le savais bien qu'une réduction sur les cocktails l'attirerait à tous les coups !
Tseng : Non, non, ça c'est la zone E… Mais évite de divulg…
Elena : MAIS OUI ! LA ZONE B, C'EST JUNON !
Tseng : Argh…
Rude : Elena.
Elena : Qu'est-ce que tu veux, encore ?
Rude : Arrête de parler. S'il te plaît.
Elena : T'as raison ! Mettons-nous en route tout de suite ! Allez ! Direction : Junon !
Tseng : C'est ça, allez-vous en ! Maintenant, ils savent tout !
Elena : Ah non, y a encore plein de trucs qu'ils savent pas !
Tseng : VA-T-EN AVANT DE LE LEUR RÉVÉLER, ALORS !
Elena : Oh là là, et moi qui râlais avec le patron de la pizzéria où je bossais à mi-temps, lui c'est encore pire… Hé, Rude, je t'ai déjà parlé du secret de fabrication de leur Sept Fromages ?
Rude : Quatre fois. Et demie, en fait. La cinquième je me suis endormi. C'était en pleine nuit. Tu m'avais réveillé pour me le dire.
Elena : … la pâte est ensuite cuite selon une méthode bien précise qui consiste à…
Tseng : Ils se sont enfin éloignés…
Aerith : Tu devrais en faire autant, personne ici n'a envie de te parler, figure-toi.
Tseng : Je venais tout simplement vous dire que Réno a hâte de sortir de sa convalescence pour, je cite « vous botter le cul, surtout le blond, là, j'me rappelle plus de son nom, mais PERSONNE N'INSULTE MES CHEVEUX IMPUNÉMENT ! PERSONNE ! » ou quelque chose comme ça.
Cloud : Fantastique, tu lui transmettras une liste de l'adresse des meilleurs coiffeurs de Midgar de ma part, si tu peux.
Barret : Gnnn… gn…
Tifa : Qu'est-ce que tu as, Barret ?
Barret : Je tiens plus, moi ! Allons écouter les deux autres, moi elle m'intéresse, cette histoire de pizza !
Cloud : T'auras qu'à lui demander gentiment quand tu la reverras. Quoique rien qu'en prononçant le mot « pizza », ça devrait déjà marcher tout seul. Ou « bonjour ». Ou en la regardant.
Tseng : J'apprécierais que vous arrêtiez de critiquer notre nouvelle-venue. Elle n'est pas très futée, mais elle est très appliquée dans son travail.
Elena : Je sens qu'on approche de la sortie, Rude.
Rude : …
Elena : Tiens ? Vous êtes déjà là ? Comment vous avez fait ?
Tseng : Nous n'avons pas bougé d'ici.
Elena : Oh.
Rude : …
Elena : J'en étais sûre, cette grotte est magique.
Tseng : J'imagine que je vais devoir vous mener à la sortie, vous deux.
Le groupe des Turks prit une certaine avance empêchant nos héros de les suivre, mais cela n'eut que peu d'incidence puisque la sortie était incroyablement facile à retrouver, contrairement à ce qu'ils avaient pu penser. Une fois dehors, dans la partie Ouest du continent, une longue marche était cependant nécessaire pour parvenir jusqu'à la ville militaro-portuaire.
Cloud : Tiens, il y a une sorte de tour, là-bas, on dirait…
Tifa : Oh ! Et elle est surmontée d'une espèce d'oiseau géant !
Rouge XIII : À vue d'œil, c'est un condor. Elles sont rares, ces bêtes-là. Je suggère condor munpeu et puis que demain on aille là-bas.
Aerith : D'abord des chocobos, et maintenant ça ? Décidément, c'est le continent des piafs… Et au passage, il est hors de question qu'on y aille. C'est pas notre objectif.
Tifa : Mais peut-être que les gens qui y habitent ont besoin d'aide !
Aerith : Oui, ben je leur souhaite de tomber sur un groupe d'aventuriers altruistes, parce que nous, on a autre chose à faire !
Cloud : Aerith…
Aerith : Quoi ?
Cloud : C'est pas juste les chocobos, en fait. Ce sont les oiseaux en général qui te terrifient ?
Aerith : Ha ha ha ! La bonne blague ! « Terrifier », c'est vraiment un bien grand mot ! Tout ce que je veux, c'est qu'ils m'approchent pas, qu'ils ne me regardent pas, qu'ils restent hors de mon champ de vision, histoire que je puisse pas les sentir. Oh et puis s'ils pouvaient aussi disparaître de la surface de la planète, comme ça, par enchantement, pouf, ce serait super ! Quoique non, il faudrait quelque chose de douloureux, d'insupportable, histoire qu'ils regrettent d'avoir eu la prétention de respirer le même air que nous, là, en nous narguant depuis les airs ET EN PIQUANT LE GOÛTER D'UNE PETITE-FILLE QUI N'AVAIT RIEN DEMANDÉ ET QUI AVAIT SUPER FAIM PARCE QUE SA MÈRE ADOPTIVE DÉBILE AVAIT « OUBLIÉ » DE FAIRE DES COURSES ! Ha ha… « terrifier »… Ce qu'il faut pas entendre…
Cloud : Ouuuais… donc on va éviter de faire un détour par la tour avec le gros oiseau…
Barret : Mais… mais vous imaginez la taille de leurs omelettes ?
Aerith : On s'en tape ! Cap sur Junon !
