Chapitre 13 – Parade Terrestre
Après quelques heures à marcher et à ignorer les cris, appels à l'aide et autres fusées de détresse émanant de la tour surmonté d'un condor, les cinq personnages parvinrent à Junon, le port que la Shinra avait investi et transformé en base navale. Si, toutefois, la partie supérieure était incroyablement développée, la partie basse par laquelle arrivèrent nos amis était quant à elle plus modeste et pittoresque, plus pauvre aussi.
Tifa : On dirait un petit village de pêcheurs… enfin si on oublie l'énorme bâtiment de la Shinra que garde ce soldat, là-bas.
Cloud : J'imagine que pour prendre un bateau, il va falloir le passer…
Barret : Boah ! Une ou deux tatanes et c'est réglé, nan ?
Tifa : Surtout pas, malheureux ! Dans une ville comme celle-ci, tout le monde serait au courant, et on doit se montrer discrets jusqu'à ce qu'on soit sur le bateau.
Barret : Oh… donc je suppose que lui coller deux tatanes et courir jusqu'au bateau, ça marcherait pas non plus ?
Tifa : Il faut qu'on trouve autre chose.
Aerith : Y a une plage, pas loin.
Cloud : Et donc ?
Aerith : Comment ça, « et donc » ? Pendant que vous restez là plantés comme des idiots à vous demander quoi faire, j'vais me baigner un peu.
Rouge XIII : Bon ben bon bain, alors.
La dealeuse les laissa donc en plan pour aller se mouiller les pieds, mais il ne s'écoula pas deux minutes que déjà, un cri retentit. Premier sur les lieux, Cloud vit son employeuse debout au bord de l'eau, paniquée
Aerith : J'SUIS ATTAQUÉE PAR UN MONSTRE !
Cloud : C'est pas un monstre, juste un oiseau mort empêtré dans du mazout.
Aerith : Évidemment que c'est un oiseau ! Pourquoi j'ai parlé de monstre, à ton avis ?
Tifa : Eh bien ! L'eau est vraiment polluée, ici…
Cloud : C'est clair, y a des flaques de goudron énormes… Il doit plus y avoir un seul poisson dans les environs…
Barret : Hé, pourtant j'vois du mouvement, là-bas !
Cloud : Sûrement un jet-ski.
Tifa : Pas sûr ! On dirait un dauphin !
Aerith : Oh, j'avais même pas vu qu'y avait une gamine sur la plage. Il faut qu'on la vire d'ici, je veux pas être dérangée par une morveuse, moi !
? : Bonjour M. Dauphin ! C'est encore moi, Priscilla ! Comment tu vas bien aujourd'hui ?
Rouge XIII : Un dauphin et une fille avec le dos fin, quel belle paire ils font.
Aerith : Qui voudrait être l'ami d'une môme avec un nom pareil ?
Tifa : Je ne le trouve pas si horrible que ça, moi, son prénom…
Aerith : Oui, mais toi c'est normal, tu t'appelles Tifa, et comme chacun sait, il y a une certaine forme de solidarité dans la médiocrité.
La scène aurait pu en rester là, le dauphin aurait pu regarder quelques temps la petite fille, puis s'en aller paisiblement pendant qu'Aerith s'attardait en commentaires désobligeants et Rouge XIII en jeux de mots, mais c'était sans compter sur la mort violente et soudaine du mammifère marin. Enfin non, il n'est pas mort violemment, rassurez-vous. Il n'est pas mort tout court, même, c'était juste une manière d'attirer votre attention, façon « tout est calme et paisible, et SURPRISE UN MEURTRE », mais sans meurtre, il a bien fallu que je bluffe. C'était une feinte. Bref, disais-je, le dauphin prit la fuite à l'arrivée d'un horrible monstre maraérien. Pourquoi maraérien ? Parce qu'il s'agissait là d'un monstre marin qui, plutôt que de nager ou flotter, restait dans le ciel. Nouveau concept. Une sorte de poisson volant mutant, en somme. Mais assez de digressions pour ce paragraphe, la jeune Priscilla tenta bien de courir après M. Dauphin, mais fut envoyée au tapis sous-marin par l'immonde créature, créature que devaient à présent affronter les spectateurs de cette brusque rencontre s'ils ne voulaient pas avoir mauvaise conscience… ou le porte-monnaie vide.
Aerith : Combien vous croyez que nous donneront ses parents pour le sauvetage ?
Cloud : Ils risquent de se montrer radins si on arrive pas à la sauver, alors bouge-toi !
Rouge XIII : Mmh, j'arrive pas à le toucher…
Tifa : Moi non plus ! Il vole trop haut pour que mes poings l'atteignent !
Cloud : Je… suppose que pour ma part, je pourrais lancer mon épée, mais… j'aurais pas trop envie que le courant l'emporte…
Barret : Ha ! Alors on dirait qu'y a que moi qui peut le bat…
Truite Géante qui Vole : Pssshhaaaaaaaah !
Barret : Bloub bloub.
Tifa : Il est enfermé dans une bulle !
Cloud : Elle fonctionne sûrement comme l'attaque toute pourrie de Réno, elle enferme les gens, mais on devrait pouvoir la briser facilement avec un coup ! Hop !
Barret : BLOUUUUUB !
Cloud : Ah ben non, tiens.
Tifa : Du coup, son prisonnier n'a pas l'air très content.
Aerith : Il a surtout trouvé un bon moyen de glander. Regardez-le s'asseoir. Si ça continue, notre récompense, on l'aura jamais.
Rouge XIII : Hé, Barret, arrête de buller !
Barret : Bloub.
Tifa : Hé ! Une petite minute ! Puisqu'on ne peut pas utiliser nos armes, et si on utilisait nos matérias ?
Cloud : Ah oui, tiens, on pense jamais à s'en servir ! En plus, y a de fortes chances pour que notre monstre soit sensible à la foudre !
Aerith : La foudre… ce même élément qui est extrêmement conducteur dans l'eau, eau dans laquelle flotte actuellement l'enfant qu'on est supposés sauver… je suis la seule à y voir comme un problème ?
Rouge XIII : Brasier !
Tifa : Ça ne lui a rien fait… mais alors vraiment rien…
Rouge XIII : Normal, j'ai visé la bulle de Barret.
Barret : Ah ! Merci bien !
Aerith : Un sort de feu sur une bulle… ma foi…
Tifa : Attention, il envoie une vague géante !
Rouge XIII : Aaah !
Barret : Oulà !
Aerith : Et ça y est, mes vêtements sont trempés. Génial, vraiment.
Cloud : Ouais, bon, en même temps on peut pas trop lui en vouloir de pas rester inactif pendant qu'on papote. Je veux dire, moi, si j'étais lui, je serais déjà parti depuis un moment.
Barret : Bon, on a assez rigolé ! Maintenant crè… tiens ? Mmh… Mon bras mitraillette s'est enrayé, avec toute cette eau…
Cloud : Tu déconnes ?! Il nous reste quoi, alors, pour nous battre contre lui ?
Tifa : Il nous reste quelque chose… Barret.
Barret : Ouais ?
Tifa : Tu as une matéria rouge, alors c'est le moment de t'en servir !
Barret : Ah ouais ! Chocobo, go !
Rien ne se passa. Du moins, a priori, car après dix secondes d'attente qui parurent une éternité, un chocobo traversa la plage à toute vitesse, un chocobo chevauché par… un mog. Mais oui, un mog, vous savez, l'une de ces créatures inutiles, un petit truc mignon à pompon et avec des ailes de chauve-souris. Et il n'est pas de trop de mentionner « inutile », car lui-même semblait se demander ce qu'il faisait là.
Barret : Chocobo, attaque Charge !
Chocobo : Kwaaak !
Barret : Vive-attaque !
Chocobo : KWAK !
Barret : Technique « Picore-lui la gueule » !
En bon animal docile, l'autruche invoquée ne manqua pas d'obéir, effectuant de grands sauts pour planter son bec dans la tête du poisson-mutant-géant qui, la face ravagée, s'écroula bientôt à mesure que le chocobo s'éloigna en marchant tranquillement.
Barret : Et voilà le travail !
Cloud : Puissant, vraiment puissant…
Aerith : Mais pourquoi tu lui as pas demandé de se suicider une fois sa petite affaire terminée ?
Tifa : Vite, la petite fille !
Rouge XIII : La voilà.
Barret : Elle a pas l'air de vouloir se réveiller !
Cloud : Qu'est-ce qu'on fait ?
Tifa : Je crois qu'il n'y a plus qu'une seule solution… Le bouche-à-bouche.
Cloud : T'es sérieuse ?
Tifa : Évidemment ! C'est la seule solution ! Vas-y, Cloud !
Cloud : Quoi ? Pourquoi moi ?
Aerith : On t'a sûrement appris les techniques de premier secours, au SOLDAT, non ?
Cloud : Ben c'est-à-dire que les trois règles de premier secours qu'on avait c'était : utiliser une potion, si ça marche pas, utiliser une queue de phénix, et si ça marche pas, utiliser son téléphone portable pour prévenir la famille.
Rouge XIII : Bon, ce bouche-à-bouche, il vient ? Sinon, j'peux m'en charger, mais elle va avoir une drôle de surprise en se réveillant.
Cloud : D'accord, d'accord… Mmh… Voyons voir… Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Ouais, pour la théorie, c'est bon, maintenant…
Tifa : Vite, Cloud ! Il faut faire quelque chose !
Barret : Vise bien la bouche !
Rouge XIII : Ouais, il va falloir être précis, là, avec Priscilla.
Cloud : Aaah ! D'accord, d'accord !
Le sauveur blond se mit à la tâche, tant bien que mal, mais plus mal que bien. Par trois fois, ses compagnons durent le reprendre sur la manière correcte de souffler, et après dix bonnes minutes laborieuses, la petite fille ouvrait les yeux sur un Cloud essoufflé… et son grand-père faisait son entrée sur la plage.
Pépé : PRISCILLA ! ÉLOIGNE-TOI DE CET HOMME, C'EST UN PÉDOPHILE !
Cloud : Hein ? Ah bon ?
Pépé : De quel droit vous vous permettez d'embrasser ma petite-fille, monstre ?!
Tifa : Vous n'y êtes pas du tout…
Priscilla : Mmh… je sais pas trop ce qu'il s'est passé… je crois que je me suis évanouie…
Pépé : VOUS AVEZ PROFITÉ QU'ELLE ÉTAIT INCONSCIENTE !
Cloud : Le seul inconscient que je vois, ici, c'est toi, le vieux ! Je lui ai sauvé la vie !
Pépé : Sauvé la vie ? Et de quoi !
Cloud : D'un gros monstre marin-mais-pas-vraiment !
Pépé : C'est ridicule !
Priscilla : Ouais, ridicule ! Monsieur Dauphin il est gentil, d'abord !
Tifa : On parle du vilain monstre qui a voulu manger Monsieur Dauphin !
Priscilla : Aaah !
Rouge XIII : Il avait une envie de gratin dauphinois, sans doute.
Priscilla : AAAAH !
Pépé : Ça suffit, Priscilla ! Rentrons à la maison ! Je vais tout de suite appeler la police ! On ne peut pas laisser un individu aussi dangereux en liberté !
Aerith : Essaie un peu, et il te violera en même temps qu'elle, vieux schnoque. C'est pas un tendre, mon Maurice.
Pépé : AAAAAH !
Cloud : Bravo, il a l'air encore plus paniqué et énervé…
Aerith : Tu me remercieras une autre fois.
Tifa : En tout cas, je ne vois pas ce qu'on pourrait faire, maintenant.
Cloud : Il commence à faire vraiment sombre, alors trouvons un endroit où dormir, et on y réfléchira demain.
Barret : Pas sûr qu'ils nous acceptent à l'auberge, s'ils croient qu'on en a après le cul de la petite !
Tifa : Charmant…
Cloud : Il doit bien y avoir une âme charit…
? : Psst ! J'ai vu ce que vous avez fait ! Vous pouvez dormir chez moi cette nuit, si vous voulez !
Cloud : Ah ben tiens, quand on parle du loup louche.
Rouge XIII : un loup louche ? Vous croyez que son surnom, c'est Zéro ?
Aerith : Pourquoi tu continues à parler alors que personne te comprend ?
Cloud : Bon, dépêchons-nous d'entrer dans sa maison, qu'on soit au moins à l'abri des regards indiscrets.
Lorsque la porte se referma à deux centimètre de la queue de Rouge XIII, leur hôte put commencer à parler de ce qui l'avait poussé à héberger cette troupe à la réputation qui ne tarderait pas à être ternie dans tout le village.
Hôte : Alors ?
Cloud : Alors quoi ?
Hôte : C'était comment ? Dites, dites, dites, c'était comment, dans sa bouche ?
Cloud : Mais vous êtes malade !
Hôte : Vous étiez à cinq dessus, si je comprends bien ?
Tifa : Ça va pas ?!
Hôte : Bon, quatre, visiblement. Non mais sérieusement, elle a beaucoup pleuré ?
Rouge XIII : Euh…
Hôte : J'essaie juste de me renseigner avant de passer le pas ! Ceci dit, vous êtes vaches de l'avoir prise avant moi. Elle aura plus la même fraîcheur.
Aerith : Mmh… Elle est chouette ta maison.
Hôte : Ha ha, oui ! J'ai de la place dans le grenier, pour cette nuit. La cave, par contre… la cave je la garde pour plus tard. Hé hé…
Aerith : Non, je veux dormir dans un lit, moi.
Hôte : Mais il n'y a que le mien…
Aerith : Et le plancher, il est pour les chiens ?
Hôte : Je n'arriverai jamais à dormir !
Aerith : T'inquiète pas, va. Cloud va te bercer bien comme il faut. Hein, Cloud ? 5 points si tu vises les jambes, 10 points pour le corps, 15 pour la tête, et 20 si tu laisses les oreilles intactes.
Hôte : Arrêtez, c'est pas dr…
Cloud : Euh… O.K.
Hôte : Aaargh !
Aerith : J'hésite… Mmh… bon, c'était relativement propre quand même, alors je vais te mettre 17 points.
Tifa : Je ne sais pas si je dois être horrifiée ou soulagée…
Barret : On a la maison pour nous tous seuls, wouhou !
Cloud : Ouais, bon, au point ou on en est, de toute façon, être accusés de meurtre, c'est pas la pire chose qui puisse nous arriver…
Tifa : Maintenant que nous avons un toit, dormons un peu !
La nuit passa vite, très vite, et tous dormirent à poings fermés dans la maison jusqu'à ce que, le lendemain venu, tout le monde soit réveillé en fanfare, et par fanfare, j'entends une VRAIE fanfare (et eux aussi l'entendent, un peu trop fort, même)
Aerith : Qu'est-ce que c'est que cette horreur ?
Barret : Raah… mes oreilles…
Tifa : Un orchestre qui joue aussi tôt le matin… ? M'est avis que ce n'est pas une simple répétition…
Cloud : On a pas vraiment le choix, allons voir dehors.
Dans le petit village, il n'y avait guère plus d'agitation que d'habitude, signe que le tumulte ne venait pas d'ici mais de la ville haute et ne concernait qu'elle. Après avoir erré quelques mètres en regardant en l'air, tendant l'oreille, le tueur de pédophile buta contre quelqu'un.
Priscilla : Ah ! C'est vous !
Cloud : Recule, j'ai pas envie de me retrouver en taule !
Tifa : Nous n'avons pas de temps à te consacrer, on doit trouver un moyen d'atteindre la ville haute !
Priscilla : Je me doute bien ! C'est toujours pour ça que les gens y viennent ici ! Allez viens, suis-moi !
Cloud : Hein ? Pourqu… bon, d'accord…
Aerith : Eh bien on dirait qu'elle est consentante, finalement.
Tifa : Aerith !
La petite fille les attendait sur la plage, au même endroit où elle se tenait la veille avant l'attaque du monstre, et tenait dans sa main deux objets, dont l'un n'était pas sans éveiller leur curiosité.
Priscilla : C'est un sifflet, ça te permettra d'appeler Monsieur Dauphin pour qu'il saute et qu'il t'envoie sur la poutre, tout là-haut !
Cloud : Ouais, ouais, c'est super, mais dis-moi, ce que t'as dans ta main droite…
Priscilla : C'est un bijou que m'a donné ma maman ! Je te l'offre, et quand tu reviendras, on se mariera !
Tifa : T… tu es un peu jeune !
Aerith : Ho ho, mais c'est que la compétition est rude, dis-moi. Peur de la nouvelle génération ? C'est vrai que tu te fais vieille. Tiens, c'est un pas un cheveu blanc que je vois, là ?
Tifa : AAAaaah !
Cloud : Je rêve… une matéria rouge…
Rouge XIII : Avec celle-ci, tu vas pouvoir invoquer Shiva !
Barret : Oh, la classe !
Priscilla : Allez, maintenant monte sur la poutre avec Monsieur Dauphin !
Cloud : Quoi ? Mais… les autres… ?
Priscilla : On s'en fiche des autres !
Tifa : On trouvera un moyen de te rejoindre par nous-mêmes !
Aerith : En même temps, on sera bien obligés, vu qu'il y a peu de chances que tu sois assez dégourdi pour nous ouvrir un passage.
Barret : C'est pas juste, dis ! Moi aussi, j'veux jouer avec Monsieur Dauphin ! Il a l'air trop cool !
C'est sur cette séparation déchirante que Cloud entra dans l'eau jusqu'à la zone où nageait le dauphin. Soufflant dans l'appeau, le dauphin se mit aussitôt au-dessous de lui avant de surgir en le faisant sauter. La première tentative aboutit à un choc brutal entre sa tête et la poutre de fer, la seconde en un vol plané, mais à la troisième, par bonheur (et par chance, aussi, il faut le préciser), il réussit à s'accrocher à la structure de métal avant de se hisser en haut de la plateforme pétrolière. Une fois en haut, il se retrouva dans ce qui semblait être un aéroport militaire, dans lequel était attaché au sol un gigantesque vaisseau surmonté de ballons dirigeables.
Cloud : Si Barret voyait ça, il dirait sûrement quelque chose comme « OUAH ! FAUT TROP QUE J'PILOTE ÇA ! ». Enfin bref… tiens, il y a un ascenseur, là-bas. C'est pas comme si j'avais vraiment le choix, hein…
Sans trop savoir où l'ascenseur le mènerait il l'emprunta malgré tout… avant de se retrouver au beau milieu du quartier général de la Shinra, où il aperçut deux soldats et un caporal de rouge vêtu passer devant lui tandis que les portes s'ouvraient.
Cloud : Oups.
Sergent : Toi ! OUI, TOI ! Qu'est-ce que tu fais ici ?!
Cloud : Ben, c'est-à-dire qu'en temps normal, j'suis un dangereux terroriste qui a affaire à dix gars comme vous au p'tit déj', mais je m'attendais vraiment pas à…
Caporal : TE FOUS PAS DE MOI ! Tu croyais échapper à la parade ? Sûrement pas ! Allez, viens par ici pour te mettre en uniforme !
Cloud : Euh… d… d'accord… Hum… je suppose que c'est plus discret que de provoquer un combat pour me débarrasser des témoins…
Caporal : Les vestiaires sont ici. Vas-y, change-toi.
Cloud : C'est-à-dire que… enfin… j'aimerais bien un peu d'intimité.
Caporal : Et puis quoi, encore ? Tu te crois dans un couvent, ici ? Vite !
Troublé, mais obéissant bien qu'à contrecœur, Cloud enfila la tenue réglementaire avec la désagréable impression qu'un gradé lui reluquait les muscles. Il n'eut toutefois pas l'occasion de souffler, puisque sitôt cette tâche accomplie, l'autre le prit par la main et l'emmena en quatrième vitesse rejoindre la parade en cours de route.
Caporal : Allez, marche dans le rang et le Président Rufus sera content ! Attention, t'es filmé !
Cloud : Hein ?! Quoi ?! Pourquoi on me l'a pas dit plus t…
Caporal : MAINTENANT ! Go !
Cloud : Ouaah !
Soldat A : Hé ! On bouscule pas !
Soldat B : Pff, les nouveaux de nos jours…
Soldat A : Moi c'est Jean-Frédéric !
Soldat B : Et moi Jean-Toto. T'es qui ?
Cloud : Cloud, juste Cloud
? : Bonjour et bienvenue à la parade de Junon en l'honneur de notre nouveau Président ! J'ai nommé… Rufus ! Nos téléspectateurs nous regardent du monde entier ! Un petit mot, Hervé ?
Hervé : Aucun pour le moment, Norbert. Un petit mot, Charline ?
Charline : Hi hi !
Norbert : Nos fiers soldats sont bien en rang et…
Hervé : Je vous interromps Norbert pour signaler qu'un hurluberlu est en train de faire n'importe quoi ! Regardez comme il est décalé ! Un petit mot Norbert ?
Norbert : Il fait vraiment n'importe quoi ! Un petit mot Charline ?
Charline : Hu hu !
Hervé : Grands dieux ! Il s'est pris les pieds dans son pantalon et chute !
Norbert : Quelle chute !
Hervé : … Et se rattrape en tirant sur le pantalon de son compagnon !
Norbert : Quel con ! … pagnon !
Hervé : Ça y est, toute la ligne est tombée à cause de lui ! Un petit mot, Norbert ?
Nobert : Pas du tout, un petit mot, Hervé ?
Hervé : Aucunement, et vous Hervé ?
Norbert : C'est vous, Hervé.
Hervé : Charline, dans ce cas ?
Charline : Ha ha !
Norbert : Eh bien, les amis ! Ce soldat maladroit va passer une mauvaise journée !
Hervé : Oui, ça ne m'étonnerait pas qu'il soit renvoyé ou torturé !
Norbert : Ceci dit, Hervé, cela ne nous… regarde pas !
Hervé : Cela ne nous regarde pas.
Charline : Ho ho !
Après une parade aussi lamentable que médiatisée (deux heures plus tard, la chute de notre protagoniste cumulait 500 000 vues sur ShinraTube), il était temps de rendre des comptes aux grands Rufus et Heidegger en personne.
Caporal : Les voilà ! Vous êtes les trois seuls soldats que j'ai sous la main, alors essayez d'être à la hauteur ! Surtout toi, le boulet !
Cloud : Mais… 'faut faire quoi ?!
Caporal : TU SAIS MÊME PAS ?! Raaah ! Contente-toi de faire comme les deux autres, ils connaissent leur boulot, eux !
Jean-Toto : Tu parles… comme si je m'étais engagé pour danser…
Heidegger : Salut les nazes !
Rufus : Cela a intérêt à être rapide.
Caporal : Allez-y !
Jean-Frédéric et Jean-Toto se livrèrent alors à une danse plus qu'étrange, reposant sur des petits sauts alternés sur un pied puis sur l'autre, le tout accompagné de mimiques au niveau des mains.
Jean-Toto : Op !
Jean-Frédéric : Op !
Jean-Toto : Op !
Jean-Frédéric : Op !
Cloud : Euh… Hop ?
Jean-Toto & Jean-Fred : OPPAN GANGNAM STYLE !
Cloud : Oppa… truc.
Jean-Toto : Op !
Jean-Frédéric : Op !
Rufus : Bon, ça suffit.
Caporal : Alors, vous avez aimé ?
Rufus : C'est toi qui as organisé cette cérémonie ridicule ? Tu es viré. Vous deux aussi. Vous avez pris bien trop de plaisir à danser. Je suis prêt à parier que vous n'avez jamais tenu un fusil.
Jean-Frédéric : C'est pas juste !
Jean-Tonton : En plus, mon oncle Henri m'en a déjà montré un, de fusil ! Même que je l'ai touché du doigt !
Heidegger : On s'en fout, vous êtes virés ! BOUAHAHAHAHA…
Rufus : Et toi, essaie de trouver un autre rire, celui-là est affreux. En fait, non, ne ris pas, c'est même mieux. Ou ne parle pas.
Heidegger : … haha…
Rufus : Le bateau est prêt à partir. Allons-y.
Caporal : Soldaaaaats… ROMPEZ ! Snif… C'est la dernière fois que je dis ça…
Jean-Frédéric : Bouhouhou…
Jean-Toto : Eeeuaaaah…
Cloud : Bon, ben c'était bien sympa, tout ça. Je monterais bien dans le bateau, là, mais j'ai l'impression d'oublier quelque chose…
? : Psst ! Cloud !
Cloud : Cette voix… Rouge XIII !
Rouge XIII : J'suis caché entre les caisses ! Tout le monde est à bord, on a réussi à trouver un moyen d'y entrer, grouille !
Cloud : Tu veux dire qu'en restant avec vous, j'aurais pu éviter tout ça ?
Rouge XIII : Ouaip, mais du coup, je t'aurais pas vu danser.
Cloud : Bon… Traversons ce foutu océan, qu'on en finisse…
