Chapitre 14 –Passagers Clandestins

Dans une mer déchaînée au cœur d'une tempête à la force inouïe, les remous incessants du navire faisaient chavirer l'estomac de Cloud à chaque instant. S'accrochant tant bien que mal aux barres qui s'offraient à lui, il avança d'un pas incertain, mètre après mètre, avant de constater, une fois au dehors, que le ciel était radieux et la mer excessivement calme. Comme quoi, le mal de mer peut jouer bien des tours à l'imagination.

Cloud : Oooh…

? : Hé, commence pas à me gerber dessus !

Cloud : Tiens ? Un uniforme de la Shinra aussi ? Mais qui est-ce que ça peut bien… Beuaaargh !

? : NON MAIS ÇA VA PAS ?! MES CHAUSSURES ! TU VEUX MA MORT ?! DIX POINTS EN MOINS !

Cloud : Oh… Aerith… C'est toi…

Aerith : Non, c'est le facteur ! Dring dring ! Une lettre pour vous, Monsieur Cloud ! Aerith vous informe que vous êtes un plot !

Cloud : Pff…

Dans l'incapacité de créer une réelle conversation par manque de bonne volonté de son interlocutrice, notre héros, toujours déguisé en soldat, continua à errer en quête de ses amis.

Cloud : Bon… je… commence un touuut petit peu à m'y habituer… mais alors vraiment un peu…

? : 'Tention !

Cloud : Hé ! 'Fais gaffe, mon g… tiens ? Tu te tiens… bizarrement.

? : J'suis en équilibre sur mes pattes-arrières ! C'est déjà dur, alors le faire sur une galère, c'est encore plus galère ! Galèreception !

Cloud : Je vois… Mais dis-moi, Rouge XIII, t'as pas eu de mal à rentrer dans cet uniforme ?

Rouge XIII : Pas du tout. Tifa m'y a aidé. Ça lui a pris vingt bonnes minutes, mais bon, l'important c'est d'avoir réussi, hein !

Cloud : Je suppose, ouais… Ceci dit, t'as remarqué qu'elle te m'avait mis à l'envers ?

Rouge XIII : Ouais, mais quand je le lui ai dit, elle s'est mise à pleurer en criant qu'elle y arriverait jamais et s'est enfermée dans les toilettes.

Cloud : Ah, les femmes…

Rouge XIII : Mais sinon, tu peux pas m'aider à remettre tout ça à l'endroit ? L'étiquette me gratte un peu trop, là.

Cloud : Désolé, j'peux pas, le lundi j'ai piscine.

Rouge XIII : Hein ? Non ! Attends ! Reviens ! J'avais un jeu de mot à faire avec « piscine » !

Se hâtant sans trop s'attarder à regarder devant soi, Cloud esquiva une demi-douzaine de recrues de la Shinra s'affairant à bien des choses avant de manquer de buter contre un soldat à forte poitrine.

? : Ah, Cloud ! Te voilà ! C'est moi, Tifa !

Cloud : Oh, pas si fort ! Je te rappelle qu'Heidegger et Rufus sont sur ce bateau, alors s'ils venaient à entendre que je suis ici…

Tifa : Désolée… J'essaierai d'être discrète, à l'avenir…

Cloud : D'ailleurs, en parlant de discrétion, y a quelque chose qui m'inquiète… Où est Barret ?

Tifa : La dernière fois que je l'ai vu, il était furieux.

Cloud : Furieux ?! Pourquoi ?

Tifa : Hum… c'est-à-dire que… c'est un peu ma faute…

Cloud : Développe.

Tifa : Il… il ne trouvait pas sa taille, dans les uniformes de la Shinra, alors il a enfilé un petit costume blanc de marin pour s'infiltrer avec nous.

Cloud : Doux Jésus...

Tifa : Et j'ai… un peu rigolé… et quand je dis « un peu », c'est… plus qu'un peu…

Cloud : En le montrant du doigt et en faisant des blagues ?

Tifa : Non, le doigt c'était Aerith, et les blagues, Rouge XIII.

Cloud : Pourquoi c'est pour ce genre de conneries que le travail d'équipe se met subitement à marcher ? Il faut que je trouve ce sagouin avant qu'il foute tout en l'air.

Le sagouin en question était à l'avant du bateau, les mains collées contre la vitre du cockpit dans lequel se trouvaient Rufus et Heidegger en pleine conversation. Cloud plongea donc sur son ami musclé avant qu'il se fasse repérer. La rage qui habitait déjà le chef d'Avalanchois en voyant converser ses deux ennemis fut décuplée lorsque le choc avec le sol vit naître un début de bosse.

Barret : NON MAIS ÇA VA PAS ?! HEIN ?! HO ?! ÇA VA PAS ?! NON MAIS DIS-DONC ?!

Cloud : Je peux savoir ce qui t'a pris à t'afficher au milieu de la vitre ?!

Barret : Tais-toi ! En plus, j'suis sûr que c'était une vitre teintée, ils pouvaient pas me voir de l'intérieur !

Cloud : Oui, t'as sûrement raison. Tout le monde sait que la vitre d'un cockpit à l'avant d'un bateau ne sert qu'à espionner à l'intérieur. Après tout, à quoi ça servirait de voir ce qu'il y a devant le bateau depuis la cabine de pilotage ? C'est bien plus rigolo d'avancer à tâtons. Les icebergs, ils s'entendent à des kilomètres à la ronde, pas vrai ?

Barret : Ah bon ?!

Cloud : C'était de l'ironie, crétin ! Tout ce que je viens de dire était ironique !

Barret : Mmh… Mais alors… quand tu dis que tout ce que tu dis est ironique, cette phrase-là elle est ironique aussi ?! Mais ça voudrait dire que c'est pas vrai et qu'elle est pas ironique… et que donc…

Cloud : Oh, ferme-la ! Et puis c'est quoi ce costume de marin ?! T'es ridicule, sérieux !

Barret : J'SUIS PAS RIDICULE, O.K ?! MA GRAND-MÈRE, QUAND J'ÉTAIS PETIT ELLE DISAIT QUE J'ÉTAIS TOUT MIMI EN COSTUME DE MARIN ! Bouhouhou… mémé… Ils font rien que de m'embêter…

Cloud : Allons, allons, l'important, c'est qu'on se fasse pas repérer, d'accord ?

Barret : D… d'accord… snif…

Cloud : Maintenant tu me sèches ces larmes et tu vas trouver un autre costume avant que j'explose de rire. Il faudrait pas qu'on se fasse repérer à cause de ça.

*BIIIIP ! BIIIIP ! BIIIIIP !*

Haut-Parleur : Alerte ! Intrus détectés !

Barret : Oh ben nan !

Cloud : Mais alors… ça veut dire que je peux rire, maintenant ?

Barret : T'AS PAS LE DROIT !

Cloud : HA HA HA HA… Non, je devrais pas, c'est salaud… Pffrt…. HA HA HA HA !

Barret : Gnnn…

Cloud : Ha ha… Non, sérieusement, apparemment, ça venait pas de nous, même si c'est plutôt étonnant. L'un ou l'une des trois autres a dû se faire choper, regroupons-nous sur le pont.

Mais à leur grande surprise, le reste du groupe ne semblait pas être la cause de tout ce tintamarre. Tous anxieux, ils avaient eu le même réflexe de regroupement.

Cloud : Vous êtes sûrs que vous avez pas attiré les soupçons ?

Aerith : Si même Barret les a pas attirés, alors y a aucune chance que ce soit moi.

Rouge XIII : Y a bien un type qui est venu me demander pourquoi je me tenais comme ça. Il a essayé de m'exorciser, mais après deux ou trois calembours, il est parti en me disant de me débrouiller.

Tifa : Si aucun d'entre nous n'a déclenché l'alerte, alors c'est forcément… Oh ! Cloud ! Tu penses à qui je pense ?

Cloud : Un réfugié ?

Tifa : Non ! Sephiroth !

Cloud : Je le croyais plus discret… Ceci dit, ça doit pas être facile de cacher la Masamune, vu la taille de l'arme…

? : Atchaaa !

Tifa : Qui vient d'éternuer ?!

? : Ah, ne faites pas attention à moi. Je suis Jean-Arthur.

Aerith : Il en a trop entendu.

Barret : Ouais, c'pas bien d'écouter les conversations indiscrètes !

Jean- Arthur: Mais… mais… c'est vous qui êtes venus vous rassembler juste à côté de moi !

Aerith : Vous sentez pas une odeur bizarre ?

Jean- Arthur: Oui, c'est mon eau-de-toil…

Aerith : Moi, je dis que ce type a besoin d'un bain !

Jean- Arthur: Aaah ! Non ! Ne vous approchez p… AAH !

*Plouf !*

Jean-Arthur : Je… bloub… sais pas… bloub… nager… !

Tifa : Ce serait vraiment cruel de le laisser se noyer alors qu'il était seulement là au mauvais endroit au mauvais moment !

Aerith : T'as raison, envoyons-lui cette bouée bizarre qui a une forme d'ancre. Tiens, c'est marrant, elle a le même poids aussi. On y croirait. Hop là !

Jean- Arthur: AAaaargh !

Aerith : Et voilà le travail.

Cloud : J'entends du bruit venant de la cale. On ferait mieux d'aller y faire un tour.

Ce bruit fut pourtant le dernier qu'il y entendit, car sitôt sur les lieux, un silence pesant se faisait ressentir… un silence de mort. Et les cadavres au pied de murs tâchés de sang n'étaient pas là pour arranger les choses.

Cloud : Bon, je suppose que c'est pas le fait d'un réfugié… Ou alors, ce serait un réfugié avec une cape noire et une lame aussi grande que moi.

Aerith : Y avait un type qui gardait cette porte, toute à l'heure. Apparemment, il s'est fait zigouiller, lui aussi.

Tifa : Tu penses que ça pourrait être une piste ?

Aerith : Je pense surtout que si l'autre gardait une porte, c'est qu'il devait y avoir un joli petit pactole derrière ! Allons y jeter un coup d'œil, et si on trouve votre Sephiroth, là, ben tant mieux.

Cloud : Je crois que c'est notre seule option. Voyons ce qu'on peut y trouver.

Une simple pression sur la porte entrouverte et quelques pas plus tard, Cloud avait déjà sa réponse… ou du moins, une réponse qui soulevait d'autres questions : qu'est-ce que ce type habillé en rouge pouvait bien faire face à la machinerie, immobile ?

Cloud : Hé ho ?

Tifa : Peut-être qu'il s'est aussi déguisé…

Cloud : Dans ce cas, j'aimerais connaître son secret pour réduire sa taille.

Barret : Bon ben on va voir ça tout de suite. Hé, p'tit gars !

Tifa : Aaaah !

Rouge XIII : Il est tombé…

Aerith : Bon, puisqu'il y a rien d'intéress…

L'Ancienne n'eut pas le temps d'achever sa phrase que quelque chose sembla traverser le mur derrière l'endroit où se trouvait le soldat. Et cette fois-ci, le doute quant à son identité n'était pas permis…

Cloud : Sephiroth…

Sephiroth : …

Barret : Y vient de traverser le mur comme un fantôme !

Aerith : Il peut pas utiliser les portes, comme tout le monde ?

Cloud : Ça faisait longtemps…

Sephiroth : …

Cloud : J'croyais que t'étais mort.

Sephiroth : …

Cloud : En fait, t'es vivant.

Aerith : Non mais vas-y, parle-lui de la météo et du cours de la bourse, pendant que t'y es.

Sephiroth : …

Cloud : Tu dis rien ?

Sephiroth : Vous êtes qui, vous ?

Barret : Cloud ! Tu t'es planté de mec ?!

Tifa : Navrés de vous avoir dérangé, monsieur.

Aerith : Ouais, désolée. Continuez votre massacre, nous on fait que passer.

Cloud : Hé ! Je suis pas fou ! Ce type est VRAIMENT Sephiroth ! Il a juste perdu la mémoire !

Sephiroth : Écartez-vous de mon chemin. La purification de ce monde n'attend pas.

Cloud : Vous voyez ? Il parle de purification, exactement comme dans mon récit !

Rouge XIII : Il a peut-être juste l'intention de passer un coup de serpillère ?

Sephiroth : Mère et moi balaieront les races inférieures de cette planète.

Rouge XIII : Une serpillère nucléaire, alors…

Tifa : Oui, bon, il n'y a plus trente-six manières d'interpréter ce qu'il dit, maintenant…

Aerith : Alors vous préconisez quoi ? De lui casser la gueule façon classique ? Qui sommes-nous pour juger que quelqu'un a tort en voulant débarrasser le monde de tous ces déchets surmédiatisés et qu'on voit sans arrêt à la télé ?

Sephiroth : Vous faites partie des êtres à annihiler.

Aerith : Quoi ? Même moi, une Cetra pure souche ?

Sephiroth : En t'associant à eux, tu rabaisses notre race à leur niveau.

Aerith : Et c'est un faux Cetra né en laboratoire qui me dit ça ?! C'est l'hôpital miteux qui se fout de la charité ! Tous sur lui, schlassons-lui la gueule !

Sephiroth : J'ai d'autres projets. Mère s'occupera de vous.

Dit-il avant de prendre son envol, laissant maman ranger le bordel laissé derrière lui, à savoir cinq adversaires pas contents.

Tifa : Mais qu'est-ce que c'est que cette… chose ?!

Barret : C'est clair ! Déjà que quand on l'a vue dans le labo du savant fou, là, ça avait l'air zarb, comment ça se fait que ça fasse cinq mètres de haut, dis, Cloud ?

Rouge XIII : Et pourquoi ça ressemble à un arbre avec de la chair à nu ?

Aerith : Et pourquoi c'est aussi moche ?

Barret : Et pourquoi le ciel est bleu, dis ?

Rouge XIII : Et comment on fait les bébés ? Hein ? Comment qu'on fait ?

Cloud : Non mais lâchez-moi la grappe, un peu ! J'en sais rien ! J'suis ni expert en aliens millénaires élevés en laboratoire, ni en météorologie, et pis pour ce qui est de la procréation, j'ai qu'un savoir théorique très approximatif !

Tifa : En attendant, vous pourriez peut-être m'aider à l'abattre !

Barret : J'vais réfléchir à une stratégie !

Aerith : Ça promet…

Barret : Mmh… Ça ressemble à un arbre ! Et qu'est-ce qui tue un arbre ? Trois choses : une tronçonneuse, un bulldozer et du feu ! Et la pollution, aussi !

Cloud : On a ni tronçonneuse, ni bulldozer, mais la magie, ça, on a.

Tifa : Et pendant que vous parlez, il prépare une att… Aaah !

Aerith : L'enfoiré, il balance des lasers ! Si c'est un pouvoir propre aux Anciens, je VEUX savoir comment il fait ! Ou « elle », je suppose, mais je refuse de partager mon sexe avec ce truc.

Cloud : Tout le monde ! Préparez des sorts de feu !

Tifa : D'accord !

Barret : Hé, c'était mon idée !

Rouge XIII : Mmh…

Aerith : DIS-MOI COMMENT TU FAIS ! DIS-LE-MOI !

Cloud : Non mais allez, quoi, jouez un peu le jeu, y a que Tifa et moi qui combattons sérieusement !

Barret : Pas question ! Je boude ! Tu m'as piqué mon super plan !

Rouge XIII : Je cherche un jeu de mot avec « Laser », mais c'est pas facile…

Aerith : JE VAIS TE FAIRE PARLER, RACLURE !

Cloud : Ouais ! Vas-y, Aerith ! Explose-le !

Tifa : Profitons-en pour lui envoyer nos sorts !

Cloud : Bonne idée ! Enfin… quelle bonne idée a eu Barret de nous dire de l'attaquer avec de la magie, là-dis donc ! On y aurait jamais pensé tous seuls !

Barret : HA HA ! QUELQU'UN M'A APPELÉ ?! PRENDS ÇA, MAMY NOVA !

Rouge XIII : Quelque chose avec « Laser pillère » ? Nan…

Cloud : Brasier !

Tifa : Brasier aussi !

Aerith : NOUS AVONS LES MOYENS DE VOUS FAIRE PARLER !

Barret : BOUAAAAH !

Cloud : Ça lui fait de l'effet !

Tifa : Elle n'en a plus pour longtemps !

Aerith : CRACHE. LE. MORCEAU !

Mais à défaut de formuler un enseignement, faute de cordes vocales, l'être difforme et génétiquement modifié qui leur faisait face ne cracha qu'un énorme flot de sang avant de s'écrouler.

Aerith : Nooon…

Cloud : Bon Dieu que c'était hideux...

Rouge XIII : Il faut que je trouve le contexte qui convient… Mmmh… J'y arriverai, j'en suis sûr…

Tifa : Le bateau s'est arrêté !

Barret : Oh ! On doit être arrivés !

Cloud : C'est ça ou bien l'ancre qu'a jeté Aerith toute à l'heure.

Aerith : Hé, j'suis pas idiote, j'ai bien vérifié qu'elle était pas attachée ! Quoique… Mmh… Tu me mets le doute, salopard.

Tifa : Comme toujours, il n'y a qu'une seule manière de le savoir.

Barret : Demander au premier type qu'on croise ?

Tifa : Non ! Sortir !

Barret : Ah ouais, aussi…

Ils eurent aussitôt la confirmation de leurs assertions : devant eux s'étalait une station balnéaire qui sentait bon le sable fin et le soleil radieux. Partout, de jeunes gens en maillots de bains, une planche de surf à la main ou non, semblaient être en vacances perpétuelles. Le paradis sur Terre.

Cloud : Eh merde…

Tifa : Qu'est-ce qu'il y a ?

Cloud : J'vais encore avoir des coups de soleil…

Aerith : On s'en fout, y a la plaaaage ! Wouhou ! Non, vraiment, ÇA, c'est cool.

Barret : J'vais faire le plus gros pâté de sable qu'on ait jamais détruit en se jetant dessus !

Cloud : Oulà… Cachons-nous !

Tifa : Qu'est-ce qui se… Hé !

Barret : Lâche-moi !

Cloud : Ici, ça fera l'affaire !

Aerith : Pourquoi tu veux nous planquer, toi, encore ?

Rufus : Ce voyage désagréable est enfin fini…

Heidegger : Ouais… Pas fâché d'être là ! Bouahaha !

Rufus : J'ai entendu dire qu'il y avait eu quelques problèmes lors de la traversée.

Heidegger : Ouais, quelques p'tits soucis, mais rien de bien méchant !

Rufus : Les rebelles étaient à bord.

Heidegger : Ouaaais, bon…

Rufus : Sephiroth de même.

Heidegger : Ouaaaaaais, bon…

Rufus : La quasi-totalité des soldats affectés ont été retrouvés mutilés, à l'exception de l'un d'entre eux, qui manque à l'appel.

Heidegger : Ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaais, bon, bon, bon…

Rufus : La nourriture était infecte.

Heidegger : Ça, j'suis bien d'accord ! C'ÉTAIT INADMISSIBLE !

Rufus : C'est toi qui étais chargé de t'occuper de tout cela, Heidegger. Sache que je ne tolérerai aucune autre erreur.

Heidegger : 'Vous en faites pas pour ça, m'sieur Rufus ! Le cuistot, j'le tiendrai à l'œil, maintenant !

Rufus : Tssk…

Soldat : Votre hélicoptère est prêt, Monsieur le Directeur.

Rufus : Bien. Voilà au moins quelqu'un qui fait son travail correctement.

Soldat : Hé hé…

Le nouveau Président Shinra s'éloigna donc avec le vacarme assourdissant propre aux hélicoptères, laissant sur le quai un Heidegger et un soldat pas peu fier de lui.

Soldat : Ah, quel homme, ce Rufus.

Heidegger : …

Soldat : Pourquoi vous me regardez comme ça, monsieur Heidegger ?

Heidegger : … Raaaah !

Soldat : AAAH ! NON ! RECULEZ !

Cloud : Bon, maintenant qu'ils se sont éloignés, on peut sortir d'ici.

Aerith : Allez, c'est l'heure de la plage, maintenant !

Tifa : Une question me taraude… Où est passé Rouge XIII ?

Aerith : Qui ? Oh, lui ? Je l'ai déjà oublié ! Il manquera à personne ! Allez, moi j'y vais !

Pendant ce temps…

Rouge XIII : Oui ! Ça y est ! J'ai trouvé le calembour ultime ! Ha ha ! Rien que d'y penser, je… je… Ha ha ha… Hé, les gars ! Les gars ? Merde… Ils sont où ? Mmh… Tiens, une matéria rouge… Oooh, Ifrit ! Sympa.

Mais revenons à plus important, ou plutôt aux millions de petites particules de sables plus importantes.

Aerith : À moi la bronzette, la nage, les vacances ensoleillées ! Je vais vivre comme j'ai toujours voulu vivre ! À rien branler !

Cloud : Mmh, c'est pas mal, ici.

Tifa : Qu'est-ce qu'il y a comme monde !

Barret : UN MARCHAND DE GLACE !

Aerith : Oh, vous êtes venus, vous aussi…

Cloud : Ben ouais, qu'est-ce que tu voulais qu'on fasse d'autre ? J'ai pas l'impression qu'y ait grand-chose à faire dans cette ville, à part squatter la plage…

Tifa : Oui, et on y trouve de tout. Des enfants qui s'amusent gaiement, des personnes âgées profitant de leur retraite, des jeunes couples amoureux…

Aerith : … Des dealeuses qui aimeraient beaucoup qu'on leur foute la paix…

Tifa : … Des maîtres-nageurs, des adolescents boutonneux, Hojo, des bimbos en bikini…

Cloud : Tiens, c'est marrant, l'espace d'un instant, j'ai cru que t'avais dit Hojo.

Tifa : Hein ?

Aerith : C'est vrai que le type, là-bas, en blouse blanche, avec des grosses lunettes et des cheveux crasseux, il ressemble pas mal à Hojo.

Tifa : Mais qu'est-ce qu'il fait ici ?!

Cloud : C'est peut-être son sosie, ou son frère jumeau.

Aerith : 'Faut aller le voir. J'aurai pas la paix tant que je saurai pas le fin mot de toute cette histoire.

Cloud : Hé, toi !

Hojo : Oui… ?

Tifa : Professeur Hojo, est-ce bien vous ?!

Bimbo A : Qu'est-ce tu veux au Prof, toi ? Hein ? Il est à nous !

Bimbo B : Ouais, casse-toi, la vache !

Tifa : La… vache ?!

Bimbo B : Ben ouais, quoi ! T'es sapée en noir et blanc et t'as des meumelles énormes ! T'es une grosse vache !

Tifa : De une, on dit « mamelle », et de deux… JE VAIS TE TUEEEER !

Bimbo B : Gnaah ! Viens te battre !

Bimbo A : J'arrive, Vanessa !

Aerith : Bien, maintenant qu'on est entre êtres « relativement » civilisés, on peut peut-être discuter comme des adultes ?

Cloud : Deux petites secondes, c'est la première fois que je vois du catch féminin pour de vrai.

Hojo : Un scientifique… n'a-t-il pas le droit de… prendre des vacances… ?

Aerith : En temps normal, oui, mais c'est-à-dire que là, le bâtiment Shinra a été pris d'assaut, le Président assassiné, et t'as une tatouille de projets sur les bras, alors il me semble pas que ce soit le meilleur moment pour se la couler douce.

Hojo : Au contraire… j'ai besoin de… temps… et de… repos… pour permettre à mon… cerveau… génialissime… de se reposer…

Aerith : Je vois, d'où le fait d'avoir deux blondes stéréotypées pour te tenir compagnie ? Tu dois les payer cher.

Hojo : Cher… ? Elles sont… gratuites… Une bénédiction… ! Elles sont aux… petits soins, depuis… que j'ai parlé de ma fortune… et de la taille de mes attributs… elles n'auront pas le bonheur d'attester la véracité de… ces deux faits… des cobayes gratuits… un don du ciel…

Aerith : Eh bien, eh bien, je vois que la partie maléfique de ton cervelas est toujours en marche, en tout cas…

Cloud : Ouais ! Bravo, Tifa !

Tifa : Simple comme bonjour !

Cloud : Bon, maintenant, l'affreux Hojo, tu vas répondre à toutes nos questions !

Hojo : Je ne… crois pas… non…

Cloud : Quoi ?! Comment ça ?!

Hojo : Vous devriez… vous préoccuper de sujets plus graves… comme le scandale que provoque… votre ami de couleur…

Tifa : Oh non ! Barret !

Barret : J'EN AI RIEN À SECOUER QUE VOUS AYEZ PLUS DE FRAISE ! JE VEUX DE LA FRAISE ! UNE GLACE SANS FRAISE, C'EST COMME… C'EST COMME… COMME UN REPAS SANS FRAISE ! OU UN LAMA SANS FRAISE ! ÇA A AUCUN SENS !

Dix bonnes minutes furent nécessaires pour calmer la rage de Barret et lui promettre qu'il aurait une glace à la fraise dans la prochaine ville touristique dans laquelle nos amis se rendraient. Par bonheur, il goba sans soucis ce mensonge éhonté. Le scientifique en profita cependant pour s'enfuir, alors face au peu d'activités auxquelles s'adonner dans la ville, et au dégoût d'Aerith de « toucher du sable que ce salopard-là a foulé », il ne leur resta pas d'autre option que de quitter la ville pour leur prochaine destination sur ce nouveau continent, mais n'avaient-ils pas oublié quelque chose… ou quelqu'un ?

Rouge XIII : Attendez ! Revenez ! Vous allez adorer le calembour que j'ai trouvé ! Ralentissez, un peu !