Chapitre 17 – Prison Bweak

Sitôt le bus quitté, le groupe se mit à la recherche d'une piste, qu'il ne tarda pas à trouver au Nord du village en ruine, sous la forme d'un cadavre encore frais.

Cloud : Son corps est recouvert d'impacts.

Rouge XIII : Je peux la faire, cette fois, ma blague sur les trous de balle ?

Cloud : Plus tard, plus tard. Il faut qu'on retrouve ce type avant de perdre sa trace.

Sur ces mots forts avisés, tous les quatre s'enfoncèrent dans le désert, qui avait ceci de différent avec les autres déserts vidéoludiques qu'il n'était pas qu'une simple étendue de sable. En effet, bien vite – si ce n'est quasi-instantanément, si l'on prend en compte l'ellipse destinée à vous épargner une fastidieuse errance – nos amis et Cait Sith se retrouvèrent sur un terrain rocailleux recouvert d'épaves de voitures, de machine à laver et autres rasoirs électriques. Une décharge, quoi.

Cloud : T'es sûr qu'on peut faire confiance à ton odorat, Rouge XIII ? Moi je sens rien qui ressemble à de la poudre à canon, par ici.

Rouge XIII : Soit on suit mon odorat, soit on dorera au soleil en marchant pendant des heures sur le sable.

Cloud : Bon, bon…

Un coup de feu retentit non loin, suivi d'un second.

Cait Sith : Il n'y a pas plus de place pour le doute ! Allons-y !

En haut de la route qui sinuait entre les carcasses métalliques, un homme défoulait sa rage. Au bord d'une falaise au pied de laquelle gisaient des rochers acérés, il ne vit pas venir ses visiteurs. En revanche, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il les entendit.

Barret : ON SE RETROUVE ENFIN, CAPITAINE CROCHET !

Dyne : Voilà une voix que je n'ai pas entendue depuis des années…

Barret: Quoi ? Mais c'est… DYNE ! DYYYYNE ! Ho ho ! Vieille canaille ! Viens donc faire un câlin viril !

Cloud : Un « câlin viril » ?

Barret : C'est comme un câlin, mais en pas pédé.

Dyne : Qu'est-ce que ça fait, Barret… ?

Barret : Ben au début, c'est bizarre, mais au bout d'un moment, t'as le cœur qui est tout…

Dyne : Qu'est-ce que ça fait d'avoir le poids de la mort de tout un village sur la conscience ?

Barret : J'en sais rien, moi, je bosse pas pour la Shinra !

Dyne : Tout est de ta faute, Barret !

Barret : Ah ben non ! Tu vas pas commencer à faire comme le type de la brocante !

Dyne : Si tu n'avais pas eu la mauvaise idée il y a quatre ans de télécharger Les Bronzés font du Ski, les soldats n'auraient jamais brûlé Corel pour te punir !

Barret : QUOI ?!

Rouge XIII : En-Corel ? Décidément, on entend beaucoup parler de cette ville, en ce moment. Peut-être qu'il y a une Corel-ation avec…

Dyne : Eléonore, Marlène, Tante Frédérique, ou encore le type qui faisait des super sandwichs, ils sont tous morts par ta faute !

Barret : Même que non, d'abord ! Marlène elle est en vie, j'te ferais dire ! Et le mec qui faisait des sandwichs, ben c'était un bel enfoiré ! Même si c'est vrai que son jambon-beurre était légendaire.

Dyne : Marlène… ? En… vie… ?

Rouge XIII : J'en ai Marlène-ombreux calembours que je fais passent inaperçus !

Barret : Ouais ! Bon, je l'ai laissée chez une meuf à Midgard, mais on peut aller la voir ! On pourra même l'élever à deux, si tu veux !

Dyne : Non, c'est impossible. Nous allons devoir nous battre à mort pour la garde de Marlène.

Barret : Hein ?

Dyne : Une fillette ne peut pas avoir deux papas. C'est contre-nature. Tu as entendu les gens de la Manif pour Tous ? Sa tête risquerait d'exploser à la puberté !

Barret : Oh ben merde !

Dyne : Nous allons régler ça ici et maintenant.

Barret : Marlène est p'tet ta gamine, mais c'est moi son papa, maintenant ! J'perdrai pas !

Cloud : Je veux pas avoir l'air de me mêler de ce qui me regarde pas, hein, mais l'un comme l'autre, vous faites vraiment des pères pourris.

Rouge XIII : Un père pourri ne perd rien pour le pire des purs porcs parés à prendre part aux péroraisons péronnaises. Hé, Cait Sith, répète ça dix fois !

Cait Sith : Un père pourri ne perd…

Cloud : Dites-donc, vous deux. Vous pourriez au moins semblant de vous intéresser à leur poignante histoire d'amitié fratricide !

Dyne : Raaaaah !

Barret : Yaaaaah !

Cloud : Merde, ils se sont tous les deux réfugiés derrière des barricades en se tirant dessus…

Dyne : J'EMMÈNERAI MARLÈNE AU ZOO ET JE LUI FERAI MONTER UN TIGRE ! ELLE ADORERA ÇA !

Barret : JE MENACERAI DE MORT TOUS SES PETITS COPAINS POUR QUE PERSONNE LUI BRISE LE CŒUR !

Dyne : JE VIENDRAI LA CHERCHER À L'ÉCOLE DÉGUISÉ EN CLOWN POUR LA FAIRE RIRE !

Barret : JE CASSERAI LA GUEULE AUX PROFS QUI LUI METTENT DES SALES NOTES !

Cloud : Je commence à croire qu'elle sera bien mieux avec Elmyra…

Cait Sith : … pire des purs porcs parés à…

Dyne : JE LA FERAI SUIVRE MATIN ET SOIR ET POUR ÊTRE SÛR QU'IL LUI ARRIVE RIEN !

Barret : JE LA SUIVRAI MOI-MÊME EN FAISANT SEMBLANT DE LIRE UN JOURNAL MÊME SI JE LIRAI SÛREMENT LE JOURNAL POUR DE VRAI !

Dyne : Quoi ? Quand est-ce que t'as appris à lire ?

Barret : C'est Marlène qui m'a appris. Elle est vachement intelligente, la p'tite !

Cloud : En fait, j'en suis même à peu près certain, maintenant.

Dyne : Ça suffit, Barret ! On va jouer ça sur un dernier tir, un seul ! À trois, on va sortir de nos planques respectives et affronter la mort en face !

Barret : Si tu veux ! J'vais te faire un deuxième trou du cul !

Cloud : Tu voulais pas plutôt dire « un deuxième trou de balle » ?

Barret : La ferme, toi !

Dyne : Un !

Barret : J'suis chaud comme la brise !

Cloud : Braise.

Barret : TAIS-TOI !

Dyne : Deux.

Barret : Allez, allez, allez !

Dyne : Trois.

Cait Sith : … Un poure pèrri ne perd rien pour le pure des pirs péras à pradre penrt aux poréronsais porénnaises. Ouf ! Et de dix !

Dyne : Euh… quoi ?

Barret : BOUAAAAAAH !

*Ratatatatatatatatata* fit le bras-fusil-mitrailleur avec bien plus de hargne encore que toutes les rafales tirées jusqu'à présent.

Dyne : Aaa…. aargh…

Barret : Bon ben c'était super rigolo de se tirer dessus, Dyne, 'faudra qu'on remette ça à l'occaze ! Allez, j'te paie un restau !

Dyne : Im… impossible, Barret…

Barret : Je vois pas pourquoi ! C'est pas parce que t'as du sang qui coule du bidou qu'il faut renoncer à un bon p'tit repas !

Dyne : C'est… fini…

Barret : Ah non ! Va pas vers la falaise !

Dyne : Content de t'avoir… revu… t'es un type… plutôt cool. Tiens, j'ai un cadeau pour… pour toi… ça appartenait à Eleonore… Donne-le à Marlène…

Barret : Si tu tombes, tu vas te faire mal !

Dyne : Adieu… Barret…

Le vieil ami du chef d'Avalanchois lui lança alors un pendentif, puis se laissa choir en arrière, faisant une chute vertigineuse dont il n'avait, cette fois-ci, aucune chance de sortir indemne.

Barret : NOOOOOOOOOOOOOOON ! DYYYYYYYYYYYNE !

Cloud : Paix à son âme.

Cait Sith : C'est un petit peu triste.

Rouge XIII : Dyne dînera en Enfer, ce soir.

Barret : Allez, on retourne voir l'autre pignouf ?

Cloud : Quoi, c'est tout ? T'es pas plus triste que ça ?

Barret : Ha ha ! Si tu crois que je vais pleurer, tu te fous le doigt dans le coude jusqu'à l'œil ! Ha ha ! HA HA ! HA HA HA ! TOURNEZ-VOUS DEUX MINUTES, IL FAUT QUE JE CHANGE DE CALEBUTE !

Cloud : Que… quoi ?

Barret : TOURNEZ-VOUS !

Cloud : Bon, bon…

Cait Sith : En voilà, une étrange requête.

Rouge XIII : Si son but, c'est de changer de calebute après avoir buté l'autre, c'est plutôt buté.

Cloud : Non mais sérieusement, Barret, tu crois vraiment que c'est le moment de…

Barret : Bouhouhou…

Cloud : Oh.

Barret : C'EST PAS DES LARMES, CET ENFOIRÉ A PLANQUÉ DES OIGNONS DANS LE COIN ! IL NOUS A PIÉGÉS ! QUEL SALAUD ! IL ME MANQUERA PAS DU TOUT, DIS-DONC !

Cloud : Bon, retournons voir le type dans son bus.

Nos amis, ainsi que Cait Sith, n'eurent aucun mal à rebrousser chemin pour retourner au pied du Gold Saucer.

M. Coates : Qu'est cé qué vous me voulez ? Jé vous ai dit dé trouver lé boss !

Cloud : Et c'est ce qu'on a fait.

M. Coates : Jé né vous crois pas !

Cloud : C'est pourtant la vérité !

Rouge XIII : T'auras boss-ertifier qu'on a eu le boss, il croira qu'on ment tant que tu lui montrera pas le pendentif

M. Coates : Lé pendentif ?! Vous l'avez ?!

Cloud : Voilà, regarde. Ça prouve qu'on a vu le boss, non ?

M. Coates : VOUS L'AVEZ TOUÉ ET VOUS AVEZ PILLÉ SON CADAVRE !

Barret : C'est même pas vrai ! Il nous l'a donné avant de mourir !

M. Coates : VOUS L'AVEZ TOUÉ !

Cloud : Juste un peu.

M. Coates : VOUS ALLEZ MÉ TOUER AUSSI ?!

Cloud : Seulement si tu nous laisses pas passer.

M. Coates : JÉ VEUX PAS MOURIR !

Rouge XIII : Fais-nous participer à la course de chocobo, ou tu sauras ce qu'il en Coate de s'opposer à nous !

M. Coates : D'ACCORD ! D'ACCORD ! ESTER !

Cloud : Non, moi c'est Cloud.

M. Coates : ESTEEEER !

Une jeune femme un peu trop propre pour appartenir à la communauté de rebuts peuplant la prison entra alors dans le bus en ruines.

Ester : Qu'y a-t-il ?

M. Coates : Cé monsieur veut participer à la course.

Ester : Je vois. Quel est votre nom ?

Cloud : C'est Cloud. Mais je dois vraiment devoir participer à votre truc ?

Ester : Oui, bien sûr. C'est le seul moyen de sortir légalement de cet endroit. Heureusement pour vous, je suis la septième meilleur coach du monde !

Cloud : Ouah ! Et… euh… y en a combien en tout, des coachs ?

Ester : Huit.

Cloud : Oh. Bon, on vous suit.

Rouge XIII : Adieu le Coates, bonjour la coach !

Barret : Qu'est-ce qu'on va faire, nous ?!

Cait Sith : Rejoignons les filles. On attendra que Cloud ait remporté sa course.

La jeune et – relativement – talentueuse entraîneuse emmena ainsi le protagoniste dans l'ascenseur qui s'élevait jusqu'au Gold Saucer. Cette longue montée fut rythmée par les explications de la jolie demoiselle.

Ester : … lorsqu'il sprinte trop longtemps, le chocobo finit par s'essouffler. Il est donc conseillé de doser prudemment cette technique, sinon votre monture se fatiguera très vite.

Cloud : Bien, bien, par contre vous pouvez me réexpliquer comment on monte dessus ? C'est pas que je suis un débutant complet, mais un peu quand même.

Ester : Oh misère…

Cloud : Je la sens un peu mal, cette course.

Ester : Je crois que ce n'est pas aujourd'hui que je serai la sixième meilleure coach…

Cloud : Hé, vous au moins, vous avez pas la responsabilité de faire libérer vos potes !

Ester : Non, non, c'est sûr. Bon, nous y voilà. Passée cette porte, je ne peux plus rien vous dire.

Cloud : Pourquoi ? Parce que je suis censé être tout seul ?

Ester : Non, parce que les autres jockeys risquent de m'entendre ! La concurrence est rude !

Cloud : Euh… j'espère pour eux qu'ils ont pas besoin d'informations aussi basiques pour gagner. Remarque, ça me donnerait une chance…

Ester : Restez ici, je vais voir où ils en sont dans les préparatifs.

Un silence de plomb régnait dans la salle que pénétrèrent Cloud et son accompagnatrice. Sept personnes fixaient le nouveau-venu d'un œil froid. L'un d'entre eux, un homme muni d'un chapeau noir et adossé contre le mur, vint à sa rencontre d'un air menaçant. À ses côtés, un nain jouait un petit air d'hamonica à chaque fois qu'il ouvrait la bouche.

? : Alors c'est toi, le petit nouveau…

Cloud : Cloud, enchanté. Enfin plus ou moins. Si je pouvais vous couper en rondelles pour gagner sans faire cette course, je le ferais volontiers.

? : Moi, c'est Joe. Je suis le meilleur jockey du monde. J'ai jamais perdu la moindre course.

Cloud : Bien, bien, prépare tes mouchoirs, parce que je vais te mettre la branlée du siècle. Tiens, et si tu pouvais demander à ton accompagnement musical de la mettre en veilleuse, ce serait super.

Joe : Impossible, Jack et moi bossons ensemble depuis des années.

? : Hé, l'nouveau ! Moué c'est Bob, d'où qu'tu viens ?

Cloud : De Midgard.

Bob : Quoué ? J'ai entendu dire qu'les chocobos pouvaient point viv' là-bas ? C'vrai ?

Cloud : Exact, à cause de la pollution, ils sont incapables de respirer. C'est pour ça qu'on les a remplacés par des motos.

Bob : Qu'est qu'c'est qu'ça, ces « mautaus » ?

Cloud : C'est un peu comme des Chocobos, mais tout en métal, qui font Vroum au lieu de Kweh et qui chient pas au milieu de la route.

Bob : C't'horreur ! Arrière, toué et tes machines du démon !

Joe : La course va bientôt commencer. Cloud, c'est ça ? J'espère que t'as pensé à prendre ton breuvage magique, si tu veux gagner.

Cloud : Mon breuvage magique ?

Joe : Il faut te faire un dessin ? Attends, t'as pas l'intention de te doper ?

Cloud : À vrai dire, j'y ai pas tellement pensé.

Bob : T'as d'jà perdu, péqu'naud ! Tout l'monde y s'dope ! Même l'coachs et l'présentateurs ! L'chocobos bouffent d'l'hormone à longueur d'journée !

Cloud : Et personne se fait choper ?

Bob : Y z'y pensent jamais, c'te bande d'cons !

Cloud : Oh.

Joe : Sache que je suis quelqu'un de très fair play. Si ça t'intéresse, j'ai de la sueur de Tomberry, c'est super efficace.

Cloud : De la sueur… de Tomberry ? Je crois que je préfère tenter ma chance au naturel.

Bob : Ha ha ! Bonn' chance pour gagner, l'nouveau !

Cloud : Tiens ? Qu'est-ce que c'est que ça, par terre ?

Joe : Où ça ?
Cloud : Qu'est-ce qu'une matéria rouge fout dans le coin d'une salle d'attente de jockeys ?!

Joe : QUOI ?! UNE MATÉRIA ROUGE ?!

Bob : C'pas un dragibus ?!

Ted : Je croyais que c'était une bille !

Max : Et moi une illusion d'optique !

Joe : On… on l'a vue en premier ! Donne-la nous !

Cloud : Trop tard, je l'ai équipée. Vous avez le bonjour de Ramuh.

Ester : La course va bientôt commencer ! Suivez-moi, je vais tous vous conduire aux box de chocobos ! Cloud, tu chevaucherais Boko

Quelques minutes plus tard, tout le monde fut paré à partir. Les chocobos ne tenaient plus en place… et Cloud quant à lui tenait difficilement sur sa selle. Sitôt le sifflet retentit, le départ précipité des six volatiles à ses côtés manqua de le désarçonner, mais le jockey en herbe réussit à rester bien droit sur sa monture qui se lança à la suite de ses congénères.

Cloud : Allez, avance plus vite !

Hervé : Bonjour et bienvenue dans la première course de Chocobos de la journée !

Norbert : Aujourd'hui, nous accueillons un nouveau concurrent en la personne de Cloud !

Hervé : Parviendra-t-il à faire ses preuves ?

Norbert : Eh bien ma foi, Hervé, cela semble bien parti car je ne le vois déjà plus dans le peloton ! Il semble avoir pris une avance considér…

Hervé : Je vous arrête de suite, Norbert, car il semblerait plutôt que notre challenger ait pris du retard. En effet, son Chocobo s'est assis au beau milieu de la route !

Norbert : Ah oui, en effet, ça ne pardonne pas, ces choses là. Un commentaire, Charline ?

Charline : Hi hi !

Cloud : AVANCE OU JE TE TRANSFORME EN NUGGETS !

Bokau : Bweak !

Cloud : Je commence à comprendre l'aversion d'Aerith pour ces bestioles…

Bokau : Kweh !

Cloud : Bon, voyons voir… qu'est-ce qu'il avait dit à la ferme, Rouge XIII ? Quelque chose comme… Kweeh kweeeh ?

Bokau : KWEH !

Hervé : Mais que se passé-t-il ?! Boko s'est soudainement relevé pour se lancer à toute vitesse !

Norbert : Réussira-t-il à rattraper son retard ? Notons que Joe et sa célèbre Chocobo noire Bokalina ont pour le moment réalisé un sans-faute ! Un petit mot, Hervé ?

Hervé : Aucunement, et vous Norbert ?

Norbert : On s'en passera, et vous Hervé ?

Hervé : Du tout, et vous Charline ?

Charline : Ho ho !

Cloud : Allez ! Allez ! Tu peux le faire ! TU PEUX LE FAIRE ! J'AI FOI EN TOI ! TU ES LE ZÉPHYR QUI RENVERSE LES POUBELLES SUR SON PASSAGE ! TU ES L'ÉCLAIR QUI FEND L'AIR POUR FOUDROYER LES ANTENNES ! TU VAS RÉUSSIR ! TU VAS GAGNER CETTE COURSE, ET SI T'Y ARRIVES PAS, T'AURAS DROIT À UN ALLER-SIMPLE VERS L'ABATTOIR LE PLUS PROCHE !

Bokau : BWAAAAAK !

Norbert : C'est incroyable ! This is incredible ! È incredibile ! Put1 J croi pa ! Il semblerait que ce jeune homme jadis en si mauvaise posture ait rattrapé grâce à la seule force de sa volonté – et surtout grâce à sa monture – toute la distance qui le séparait du peloton de tête !

Hervé : Et ce à seulement à quelques dizaines de mètres de l'arrivée !

Norbert : La tension est à son comble !

Hervé : L'attention est captivée !

Charline : Hooo… ?

Cloud : Ouais ! On va les niquer !

Et le Chocobo niqua.

Cloud : Que… NON ! ARRÊTE ÇA ! PAS MAINTENANT !

Hervé : Eh bien mes amis, il semblerait que cette émission soit passée en quelques secondes à une ratification 18+ !

Norbert : Le compagnon de Cloud a mal choisi son moment pour s'accoupler, c'est le moins qu'on puisse dire !

Hervé : Pauvre Joe… il aurait pu finir premier si l'ardent Boko n'avait pas pris d'assaut sa monture.

Norbert : Quel dommage, voilà qui tâchera sans nul doute son palmarès jusque là exempt de toute défaite !

Hervé : … et qui tâchera également le sombre plumage de Bokalina.

Norbert : Ho ho !

Hervé : En parlant de « ho ho », un petit mot Charline ?

Charline : Hu… hu…

Hervé : Charline, nous sommes à l'antenne. Votre main n'a strictement rien à faire dans cette culotte.

Charline : Hu…

Norbert : Et voilà ! Tous les concurrents ou presque ont franchi la ligne ! Seule Bokalina se traîne un peu faiblarde vers l'arrivée. Quant à la monture de Cloud, elle semble avoir décidé de faire un somme pour se reposer de ses prouesses.

Cloud : Je hais le monde.

Hervé : La course s'est bien mal terminée pour notre challenger ! Quel dommage que cela le condamne, ses amis et lui, à une peine de prison à vie !

Norbert : Oh, mais voilà Nelson, notre concurrent de chez MidgarInfo, qui s'apprête à interroger le perdant !

Hervé : Je hais ce type, un petit mot Norbert ?

Norbert : Je ne peux pas le piffrer non plus, et vous Charline ?

Charline : Hu hu… Nelson…

Hervé : CHARLINE, ENFIN ! NOUS SOMMES EN DIRECT !

Cloud : Oh, quelle poisse…

Nelson : Bonjour ! Hello ! Monsieur Cloud, Mister Cloud, quel effet est-ce que ça vous fait de perdre lamentablement cette course dont dépendait la libération de vos amis ? J'imagine que ça doit être très dur psychologiquement de les avoir condamnés, n'est-ce-pas ?

Cloud : Ah ben c'est pas la joie.

Nelson : Yes, of course ! Bien sûr, ce n'est pas la joie, mais après tout, la vie continue ! Qu'avez-vous pensé de la prouesse de Bob, le gagnant de cette course, the winner of this race ?

Cloud : Je dois dire que je suis étonné. Je vous avouerais que sur le coup, quand j'ai vu sa tronche, j'aurais jamais cru qu'il réussirait quelque chose dans sa vie.

Nelson : Grands dieux ! Vous avez des mots très durs ! Very harsh words ! Avez-vous une dernière déclaration à faire ?

Cloud : Non, je… Ah si, attendez ! Je conseille aux organisateurs de faire un contrôle anti-dopage, juste par curiosité !

Nelson : Un contrôle anti-dopage ? Mais comment ? How ?

Cloud : Ben… genre… en pissant dans un truc… puis en analysant le truc… ?

Nelson : Quelle excellente idée ! What an excellent idea you have ! Et est-ce que par has…

Cloud : Allez, t'es bien gentil, mais tu me lâches maintenant, d'accord ?

Nelson : Merci beaucoup de cette interview ! J'espère de tout cœur que vous ne vous suiciderez pas par dépit après avoir scellé de la sorte le destin des êtres qui vous sont chers, the dearest people to you !

Coupant court à cette apparition télévisuelle aussi spontanée que désagréable, le perdant se fraya un chemin entre les participants, les journalistes et les mascottes pour quitter le circuit et retourner dans la salle où il patientait tantôt. On vint le chercher peu après pour lui demander un petit peu d'urine, qu'il fournit après avoir lourdement insisté pour qu'on le laisse dans son intimité. Ceci fait, il resta seul à attendre les résultats.

Cloud : Pff…

Il y fut bientôt rejoint par une coach très surprise… mais plutôt soulagée.

Ester : C… Cloud ? Il… semblerait que tu sois premier.

Cloud : Ah… ? AH ?!

Ester : Eh bien oui… les échantillons d'urine ont montré que tous les autres s'étaient fortement dopés. Ils ont été immédiatement disqualifiés, et tu es par conséquent le gagnant de la course.

Cloud : Super !

Ester : J'ai un message de Dio pour toi.

Cloud : Ah bon ?

Ester : Je te le lis : « Salut à toi, Cloud. J'ai entendu toute l'histoiwe, à pwopos de ce Dyne. À ce qu'il pawaît, t'es innocent. J'espèwe que tu n'as pas l'intention de powter plainte contwe le Gold Saucew pour le twaitement un petit peu wude que nous t'avons fait subiw. Peut-êtwe que le buggy tout neuf qui t'attend toi et tes amis au pied de l'établissement sauwa te convaincwe de t'absteniw de pouwsuites judiciaiwes. »

Cloud : Euh… si c'est une lettre écrite, pourquoi est-ce qu'y a son accent ?

Ester : Je l'ai prononcé comme ça pour bien montrer que c'est de lui. Je veux dire… Dio sans son accent, c'est un peu comme… Dio sans son slip.

Cloud : Euh…

Ester : Non mais je veux dire… Dio qui ne serait pas en slip, mais en costume.

Cloud : Trop tard, j'ai l'image dans la tête.

Ester : Oh et puis tant pis ! En tout cas, n'hésite pas à revenir si tu souhaites faire des courses de Chocobo !

Cloud : Ah ben ça risque pas…

Au pied de l'ascenseur l'attendait le reste de son groupe, de même que Cait Sith.

Barret : T'EN AS MIS DU TEMPS !

Cloud : J'étais occupé à gagner ma course en pissant dans une éprouvette.

Barret : Hein ?

Aerith : Une course, hein ? Dommage que ce soit pas un combat à mort entre chocobos…

Cloud : Tiens ? Vous avez dessaoulé, toutes les deux ?

Aerith : Moi oui, mais on peut pas en dire autant de l'autre, là.

Tifa : J'ai du sable dans ma chaussuuuure !

Cait Sith : Mais… Tifa… tu es pieds nus !

Tifa : Hein ? Elle est où, ma… Hips ! ... chaussure ?!

Aerith : Au passage, j'aimerais bien que tu m'expliques ce que tu fous avec 654 points positifs.

Cloud : Wow, sérieux ? Tout ça ?

Aerith : D'après ce qui ressemble à mon écriture, je t'aurais offert 150 points pour tes « yeux super sexy et ta voix suave tout ça ».

Cloud : Tu vas quand même garder ce compte ?

Aerith : Et comment ! Je vais pouvoir te filer des points négatifs à la pelle ! Allez, trente points en moins pour avoir permis à l'autre bâtard de volatile de procréer !

Cloud : Argh… Mais au fait, il est où, Rouge XIII ?

Aerith : Je l'ai attaché quelque part.

Cait Sith : Quand il a su que ta monture s'appelait Boko, il a voulu savoir si c'était une course nautique.

Cloud : Pourquoi ?

Cait Sith : Il se demandait si c'était un Boko à rames.

Cloud : … Hein ?

Aerith : On est vraiment obligés de la subir encore une fois ? Allez, on y va !

Cloud : Bon, détachons-le et allons chercher ce fameux buggy, j'en ai ma claque de ce Gold Saucer. Et de ce sable aussi, par la même occasion.

Ce sable, ils le quittèrent sans plus attendre sitôt leur ami quadrupède libéré. Et je remercie Chl007 pour cette merveilleuse idée de remplacer Cloud par Aerith pendant la course. Celle-ci sera gardée pour l'adaptation au cinéma de cette parodie (et pour la remercier, l'heureuse contributrice y jouera le rôle de l'ornithophobe notoire)