Chapitre 20 – Une Ville Nibel ni Moche

Après quelques heures de marche et une rivière franchie avec bien du mal en l'absence du fidèle buggy tout-terrain, notre joyeuse troupe aperçut au loin des montagnes qui semblèrent familières à au moins deux de ses membres.

Cloud : Ah oui, tiens. On est là.

Tifa : Nibelheim…

Barret : Oh, ce nom me dit quelque chose !

Aerith : C'est le trou fangeux qui les a vus naître.

Cloud : Par contre, y a juste un détail bizarre…

Tifa : Le village n'est pas censé… avoir brûlé ?!

Barret : TU NOUS AS MENTI !

Cloud : Hé ! Tout doux ! Je suis pas un menteur ! Il doit y avoir une autre explication. Peut-être que ça a été reconstruit à l'identique ?

Aerith : Approchons-nous un peu, je suis sûre qu'un des types qui y vit aura une énorme envie de nous renseigner en racontant sa vie.

Et aussi tentant qu'il soit de donner raison à la Cetra, elle eut tort car les autochtones ne semblaient pas pressés de livrer le moins renseignement sur l'histoire récente de ce village retrouvé comme neuf.

Villageois A : Bonjour ! Quelle merveilleuse journée !

Cloud : Euh… salut, ouais. On va essayer de demander à quelqu'un d'autre.

Villageois B : J'aime la nature et les petits oiseaux

Tifa : Étrange…

Villageois E : I AM ERROR.

Cloud : Euh… quoi ?

Villageois E : I AM ERROR.

Rouge XIII : Même pour tout l'air et l'or du monde, ce hère dirait rien d'autre que ces horreurs.

Villageois N : Les saucissons de chez InterShinra sont les meilleurs !

Aerith : Vous croyez que si on brûle une nouvelle fois la ville, ce sera encore reconstruit ?

Cloud : On brûlera rien du tout !

Tifa : Est-ce qu'on peut aller voir chez moi ? Je serais curieuse de savoir si tout a été remis en place…

Cloud : Si tu veux, et après on ira faire un tour dans ma maison.

Mais comme il fallait s'y attendre, il n'y avait chez la jeune femme nulle trace de sa vie passée. Sa chambre avait beau être reconstruite à l'identique, une feuille de papier sur le bureau attira toutefois son attention.

Tifa : Voyons voir… « Note à l'adresse du responsable : la reconstruction de Nibelheim s'est passée comme convenu. Nous avons, comme énoncé dans vos directives, rebâti le village à l'identique en remplaçant les habitants par des comédiens du ShinraTheater. J'ai également pris la liberté de leur faire faire la promotion de certains produits de notre compagnie. Le saucisson, par exemple. C'est très bon, le saucisson. Gros bisous. »

Cloud : Ben ça a le mérite d'être clair.

Barret : ILS SE SONT FOUTUS DE NOUS, CES FAUX VILLAGEOIS !

Cloud : Plutôt, ouais.

Barret : ON VA SE VENGER !

Tifa : Évitons de nous faire remarquer par la violen… euh… tu… tu fais quoi ?

Barret : Ben quoi ? Ça se voit, nan ? Je me fais une cape verte avec le drap de ton lit.

Tifa : …

Cloud : …

Barret : C'est bien connu ! Le vert ça porte malheur au théâtre ! J'ai vu ça à la téloche ! On va leur filer les pétoches !

Cloud : C'est à la fois le plan le plus débile que j'aie entendu et le plus censé que t'aies eu.

Barret : FAITES PLACE ! JE SUIS CAPTAIN POISSE !

Tifa : Remets ce drap où tu l'as trouvé, tu es ridicule.

Rouge XIII : La captaine-erve, Tifa ?

Cloud : Barret, je t'interdis de sauter par la fenêtre en poussant un hurlement !

Barret : J'connais pas de Barret, moi ! J'suis Captain Poisse !

Rouge XIII : Fais Poisse-a, Barret ! C'est dangereux !

Barret : YAAAAH !

Cloud : ARRÊTE, ESPÈCE DE…

Mais son ordre fut couvert par le bruit d'une vitre qui se brise. S'ensuivit une longue chute, puis un « Aïe ! », un « Putain ! » et un « JE SUIS CAPTAIN POISSE ! ». Des cris retentirent, et l'instant d'après, les villageois couraient, paniqués, à travers la place. Les compères de Barret, eux, observaient la scène depuis la fenêtre.

Tifa : Le pire, c'est qu'il arrive VRAIMENT à leur faire peur.

Cloud : Je crois que le fait d'agiter son bras-mitrailleur dans tous les sens aide beaucoup.

Tifa : Oui, probablement.

? : … Phiroth…

Cloud : Qu'est-ce que…

? : … Réunion…

Youffie : AAAAaaaah ! Y a un type emmitouflé dans un manteau bizarre dans le coin ! Si c'est un membre de l'Akatsuki, on n'a pas le niveau pour le battre !

Cloud : Je sais pas de quoi tu parles, mais ça m'étonnerait que ce soit ça. Hé, toi !

? : … Rejoindre… Sephiroth…

Cloud : T'as un nom ?

? : … Prier… Jenova…

Cloud : Oh merde. Merde, merde, merde ! Tout le monde se casse !

Tifa : Quoi ?!

Cloud : TOUT LE MONDE SE CASSE ! MAINTENANT !

? : Puis-je user de quelques minutes pour vous parler de Jenova ?

Rouge XIII : Jenova pas pourquoi on devrait t'écouter.

Cait Sith : Allez, on s'en va !

Mais même une fois sortis de la maison, leurs problèmes furent loin d'être terminés.

? : Rejoignez… Jenova…

Cloud : Merde ! Ils sont partout !

Tifa : Où est Barret ?!

Barret : JE SUIS CAPTAIN POISSE !

Cloud : Barret.

Barret : QUOI ?

Cloud : Qu'est-ce que ce slip vert fout sur ta tête ?

Barret : C'EST MON MASQUE.

Cloud : Retire-le.

Barret : IMPOSSIBLE, ILS VONT DÉCOUVRIR MON IDENTITÉ.

? : Jenova… vous attend…

Cloud : Oh et puis merde ! Contente-toi de nous suivre ! Il faut qu'on trouve un abri !

Aerith : Là-bas, y a un manoir !

Cloud : Ah oui ! C'est celui dont je parlais quand je racontais ma vie !

Aerith : Tu crois vraiment que je t'écoutais ?

Cait Sith : Dépêchons-nous d'y entrer ! Ils nous rattrapent !

? : Jenovaaaa…

? : Jé… noooo… va…

Youffie : On y est !

Cloud : Allez ! Fermez la porte !

Une fois de plus dans l'histoire des jeux-vidéos, un groupe de personnages avait échappé à une horde d'êtres à la conscience diminuée en se réfugiant dans un manoir étrange renfermant de terribles secrets.

Cloud : Il a pas changé d'un pouce…

Barret : Eh ben ! On dirait que la femme de ménage fait grève !

Tifa : C'est bien ici que Sephiroth s'est enfermé il y a cinq ans, non ? Et s'il y était revenu ?

Cloud : C'est envisageable. Si c'est le cas, on devrait le trouver dans…

Cait Sith : Cloud, Cloud !

Cloud : Quoi ?

Cait Sith : En cherchant un peu dans le coin de cette pièce, j'ai trouvé ça.

Cloud : « Un ancien membre des Turks est enfermé ici. Si vous souhaitez le délivrer, vous devrez jouer à un petit jeu. »

Barret : Super ! J'adore les jeux !

Cloud : « Trouvez les quatre combinaisons du coffre. Vous aurez vingt secondes pour les entrer, pas une de plus. Faites, et vous gagnerez la clé de sa cellule. »

Barret : Il est pourri, son jeu ! On peut jouer à la balle au prisonnier, dites ?

Cloud : Cette histoire de Turk me paraît bizarre.

Tifa : Il aura peut-être des informations à nous révéler.

Rouge : Si c'est un Turk, tu-requerras sûrement un peu de persuasion pour le faire parler.

Cloud : Mouais, j'imagine que ça ne coûte rien d'essayer. Enfin, à part du temps, mais vu le nombre de jours qu'on a déjà perdu, on est plus à ça près.

C'est ainsi que chacun s'occupa d'une tâche bien précise, favorisant ainsi le travail d'équipe. Cloud s'occupa de l'aile Est du rez-de-chaussée, Tifa de l'aile Ouest, Cait Sith de l'aile Est de l'étage, Rouge XIII de l'aile Ouest de ce même étage, Youffie de piller les coffres à matéria en douce, Aerith de se reposer tranquillement dans un canapé en cuir épargné par les affres du temps, et Barret… de courir en cercle dans le hall, toujours vêtu de son accoutrement couleur vert pomme.

Barret : JE SUIS CAPTAIN POISSE !

Et c'est grâce à cette formidable symbiose entre les membres de l'équipe que furent trouvés trois des quatre combinaisons : un 42 Gauche au dos d'un paquet de céréales avarié depuis onze ans, un 69 Droite sur le dos d'un chat empaillé, ainsi qu'un 13 Droite à l'intérieur d'un soutien-gorge traînant par terre. Mais où était donc le quatrième chiffre ?

Cloud : Vous avez une idée de l'endroit où ça pourrait être ?

Rouge XIII : Le grenier ? Chiffre-ai bien un tour, juste pour voir.

Aerith : N'empêche, si ça se trouve il est sur ce canapé, juste sous mon cul. C'est vraiment dommage que j'aie une telle flemme.

Youffie : Oh ! On n'a pas encore vérifié dans la deuxième salle de bain !

Tifa : Il me semble qu'elle était de ce côté, venez v… Hein ?

Devant eux se dressait un étrange personnage. Un homme qui n'appartenait ni à ce jeu, ni à cette parodie. Voyageant entre les univers, vêtu d'une simple cape noire, l'Ermite aux mille noms se tenait devant eux. Sa présence était totalement inexpliquée, même si de mauvaises langues pourraient arguer qu'il s'agit clairement là d'un manque d'inspiration pour parodier ce segment du jeu ainsi qu'une promesse faite à un quelconque ami de l'auteur. Mais par définition, il s'agit de mauvaises langues, donc il faut pas les écouter.

Ermite : Bonjour, voyageurs… Je vais vous poser trois questions, et vous devrez y répondre pour accéder à mon trésor.

Cloud : Euh… O.K.

Ermite : Toc toc ?

Cloud : …

Ermite : …

Cloud : Euh… qui est là ?

Ermite : Nana.

Cloud : Nana qui ?

Ermite : Non, il est avec vous.

Cloud : …

Ermite : …

Rouge XIII : Je sais pas qui c'est, ce type, mais je l'aime bien.

Tifa : Cela dit, je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de « question »…

Aerith : Remarque, à l'origine, « poser la question » voulait bien dire « torturer »…

Ermite : Voici ma deuxième question. Qu'est-ce qui est petit, vert et piquant ?

Cloud : Un pampa, j'imagine ?

Ermite : Non, un Tomberry mal rasé.

Tifa : Tu as peut-être raison, Aerith…

Ermite : Et maintenant, pour la troisième question…

Barret : On peut pas juste lui taper dessus très fort pour qu'il s'écarte ?

Cloud : On a déjà supporté deux de ses vannes, je veux pas que ce sacrifice soit vain.

Ermite : Pourquoi le Chocobo a-t-il traversé la route ?

Aerith : Pour se rendre à l'abattoir le plus proche.

Ermite : Non.

Aerith : Pour se faire écraser par une voiture ?

Ermite : Non plus.

Aerith : Puisque c'est pas une réponse logique, je vois pas.

Ermite : C'était trop long de faire le tour.

Cloud : Tout compte fait, Barret, tu peux le taper.

Ermite : Vous avez répondu à mes trois questions, ce qui vous donne accès à mon très ordinaire trésor.

Cloud : Qui est… ?

Ermite : Ma carte de visite.

Cloud : …

Ermite : Adieu, voyageurs !

Là-dessus, il disparut dans un nuage de fumée bleue.

Tifa : « Ermite du Temps. Temps que je vivrai, les univers souriront. »

Rouge XIII : J'ai trouvé mon modèle.

Aerith : J'ai trouvé ma cible à abattre.

Tifa : Il y a écrit quelque chose au dos… « Concernant la 4e combinaison du coffre, vous devriez regarder plus attentivement le message de l'accueil, poil à l'œil. »

Cloud : Eh ben, à croire qu'il a fini par se rendre utile.

Cait Sith : Attendons avant d'émettre un jugement. Ce pourrait être un canular.

C'est avec cette pensée en tête que nos amis descendirent les escaliers et relurent une, puis deux, puis trois fois le message qu'ils trouvèrent à leur arrivée sans rien y percevoir de plus.

Cloud : Ce lascar se sera foutu de notre gueule jusqu'au bout.

Tifa : Tout de même… cet énorme blanc, au milieu de la page, il me paraît suspect…

Cloud : Donc… ?

Tifa : Et si… il y avait quelque chose d'écrit à l'encre invisible ?

Cloud : Oh.

Youffie : Dommage que j'aie pas de Sharingan !

Rouge XIII : Par contre, avec Cait Sith, on a un chat ringard.

Aerith : Attendez, je vais utiliser mes pouvoirs de Cetra.

Cloud : Que… hein ?

Aerith : Oui, mon héritage légendaire me permet d'user de techniques hors de la portée de l'être humain lambda. Utiliser mon cerveau, par exemple.

Cloud : Oh.

Aerith : Abracadabra ! Oh ! Qu'arrive-t-il si j'approche le papier de la lumière de la fenêtre ! On voit un numéro !

Cloud : Qui est ?

Aerith : 59 Gauche.

Cloud : Bien, il est temps d'ouvrir ce foutu coffre.

Et une fois devant la boîte métallique, Tifa n'eut qu'à entrer les quatre combinaisons en moins de vingt secondes pour que la porte s'ouvre dans un petit bruit orgasmique (du moins, ça paraît orgasmique quand on a passé les deux dernières heures à chercher à l'ouvrir). Ce qui fut moins orgasmique, en revanche, fut la tronche du monstre qui en sortit. Mi-rouge, mi-bleu, son corps était à l'image de sa dualité, entre force physique et sortilèges. Mais notons que ses faces n'étaient pas plus avenantes l'une que l'autre.

Cloud : Il est sacrément moche, dites-donc.

Aerith : Bon, on a assez perdu de temps. Qui se dévoue pour lui balancer une invoc' qu'on en parle plus ?

Tifa : Moi ! Titan, je t'appelle !

Des profondeurs de la terre surgit un colosse tout en muscles vêtu d'un pagne. Il enfonça ses mains dans le sol devant le machin qui leur servait de boss, puis dans un cri de fureur, souleva le plancher sur son adversaire avant de le lui envoyer en pleine face, lui faisant faire une chute mortelle à travers les étages.

Tifa : Je suppose que ça marche mieux quand on fait ça sur un sol en terre ou en pierre…

Rouge XIII : Ti tombes bien, Titan ! Tifa, Titan-teras une nouvelle fois cette attaque quand on sera dehors, mais il faudra sûrement un p'tit-temps avant de pouvoir la réutiliser.

Cloud : Le principal, c'est que ça l'ait tué.

Cait Sith : Regardez, il y a une matéria par terre !

Youffie : Oh !

Aerith : Hop ! Celle-ci est pour moi. Odin vous salue.

Tifa : Et surtout, on a maintenant cette fameuse clé.

Youffie : Tout ça pour un si petit machin ?

Aerith : Prépare-toi à dire ça très souvent dans les années à venir, petite.

Cait Sith : Venez, Cloud est déjà parti !

Et en effet, un peu plus loin, le héros aux cheveux blonds se remémorait ses souvenirs d'antan.

Cloud : Voilà le passage secret dont je me souviens. Hop !

Le héros n'eut qu'à baisser un chandelier pour que le mur coulisse et dévoile une ouverture, laquelle les mena dans les entrailles du manoir. La traversée du petit escalier de bois en colimaçon dura plusieurs minutes, après quoi un sous-sol sombre les accueillit froidement.

Cait Sith : Il y a une porte, juste là.

Youffie : Elle est fermée !

Cloud : D'où l'intérêt de cette clé.

Barret : Y a intérêt à ce que ça vaille le coup !

Cloud : Et voilà, c'est ouvert !

Derrière cet obstacle se trouvait une pièce plongée dans la pénombre, dont le centre était occupé par un cercueil.

Aerith : Eh ben, c'est plutôt glauque, ici.

Rouge XIII : C'est vlai, et le glauque-aisson en bois au centle de la pièce allange pas les choses.

Aerith : Il fait encore plus froid maintenant…

Cloud : On arrive trop tard, le type enfermé ici est mort.

Barret : Peut-être que c'est un vampire !

Tifa : Allons, Barret, c'est ridicu…

Cait Sith : Ouvrons quand même ce cercueil, pour voir.

Aerith : Et le respect des morts, alors ? Vous êtes vraiment abjects ! Bon, Cait Sith, aide moi à ouvrir le couvercle qu'on voit s'il y a des bricoles à piller.

Cait Sith : D'accord.

Aerith : Hop !

? : Mmh ?

Cait Sith : Oh !

Aerith : Sa mère la tepu, ce lascar est encore vivant !

En effet, l'individu que contenait le cercueil était plus que vivant. Les cheveux brun, vêtu de rouge, les yeux à demi cachés par un bandeau, il se leva puis fit une pirouette aérienne, à mi-chemin entre le saut et la lévitation, avant de retomber sur le bord de son cercueil.

? : Extirpé de la plus profonde des strates du sommeil, il vous interroge sur votre identité.

Cloud : Qui ça ?

? : Lui.

Cloud : Qui c'est, lui ?

? : Le misérable qui vous fait face.

Tifa : Tu veux dire… toi ?

? : Oui, lui.

Cloud : Eh merde, on a réveillé Alain Delon.

? : Dans une infinie patience où pointe un soupçon d'irritation, il se permet de vous interroger une nouvelle fois sur la futile raison pour laquelle vous l'avez réveillé.

Tifa : Eh bien…

Barret : TU VAS CREVER, DRALUCA !

Cloud : Où est-ce qu'il a trouvé ce pieu, lui ?

Rouge XIII : Il l'a pieu-t-être trouvé dans ce pieu-tit tas, là-bas.

? : Mmh…

Barret : Oh ! Il a esquivé mon attaque !

Cait Sith : Comment t'appelles-tu ?

? : Après un court instant de réflexion, l'éclat aveuglant d'un souvenir antique refait surface. Il lui semble que jadis, on le prénommait Vincent Valentine.

Rouge XIII : Décidément, on en a pas fini avec les chiffres.

Aerith : Mets-la en veilleuse, toi.

Rouge XIII : Ma vanne à vingt centimes qui t'exaspère ?

Vincent : Nonobstant le déploiement d'un effort surhumain à la compréhension de ce dialogue inintelligible, il ne parvient pas à saisir pas ce trait d'esprit.

Cloud : Bon, plus sérieusement, qu'est-ce qu'il… qu'est-ce que tu fous là, au juste ?

Vincent : Son crime odieux et impardonnable, digne du plus ignoble des scélérats, ne pourra jamais être expié de quelque façon que ce soit, mais le châtiment pouvant prétendre à redresser son abominable tort est le repos éternel.

Tifa : Qu'est-ce que tu as fait de répréhensible ?

Aerith : Si ça se trouve, on est en train de parler avec un violeur tueur en série. Enfin moi, je dis ça, je dis rien.

Vincent : Il est futile de tenter d'en savoir plus, car aucune information ne sortira de cette bouche d'où se sont déjà échappés les mensonges et excuses les plus vils qui soient.

Cloud : Alleeeez, tu peux tout nous dire !

Vincent : Il y a toutefois une chance non-nulle qu'il change soudainement d'avis en écoutant l'histoire de ceux et celles qui l'ont tiré des bras de Morphée.

Cloud : Bon, alors tout a commencé quand j'ai voulu aller faire un tour à Disneyland…

Et un long, très long récit plus tard…

Cloud : C'est à ce moment-là qu'Aerith et Cait Sith ont décidé d'ouvrir ton cercueil pour regarder à l'intérieur.

Vincent : Tout semble prendre sens.

Tifa : Puisqu'on parle d'elle… Où est Aerith ?

Cait Sith : Quand elle a compris que ça allait durer un moment, elle est retournée dans son canapé de toute à l'heure.

Tifa : Et Barret, où est-ce qu'il est ?

Rouge XIII : Il a trouvé une craie et profite de cette ré-craie-ation pour crai-er des chefs d'œuvres sur les murs du couloir.

Cloud : Allez, maintenant c'est à toi de nous en dire plus sur toi !

Vincent : Il regrette, mais sa réponse se trouve être négative.

Là-dessus, l'illustre inconnu s'allongea une fois encore dans son cercueil et fit flotter vers lui son couvercle, retournant dans les abysses oniriques du sommeil.

Cloud : On s'est bien fait niquer.

Youffie : Je crois aussi.

Tifa : Il n'y a plus rien à en tirer, sortons d'ici.

À l'extérieur de la chambre à coucher de Vincent les attendait un Barret plutôt guilleret.

Barret : Ah ! Vous tombez bien ! J'ai terminé mes super dessins !

Cloud : Tes… super dessins ?

Barret : Regarde. J'ai baptisé cette œuvre « Coucher de soleil sur le port de Costa del Sol »

Cloud : T'as juste dessiné une bite.

Barret : Il faut pas seulement voir avec tes yeux qui voient, Cloud ! Il faut aussi voir avec tes yeux qui sentent !

Cloud : C'est cela, oui…

Barret : Et regarde de ce côté ! C'est ma toute dernière création ! « Les montagnes de Corel » !

Cloud : T'aurais aussi pu appeler ça « Paire de nibards ».

Barret : JE TE LAISSERAI PAS INSULTER MON ART !

Tifa : J'en ai un petit peu marre de cet endroit. Et si on remontait ?

Cloud : Pas encore, il y a une dernière pièce que j'aimerais visiter.

Cette pièce, c'était la bibliothèque dans laquelle s'était jadis enfermée la légende du SOLDAT. Cloud pensait y trouver de nombreuses réponses, mais il ne s'attendait pas à rencontrer une nouvelle fois Sephiroth lui-même.

Sephiroth : Cloportes.

Rouge XIII : C'est faux, on a laissé la porte ouverte !

Sephiroth : Il suffit, race inférieure. L'air que tu profanes de tes jeux de mot est un air sacré appartenant aux Cetras.

Aerith : J'aurais pas mieux dit.

Cloud : Aerith ! T'es enfin sortie de ton fauteuil ?

Aerith : Quoi, tu sous-entends que je suis une grosse limace incapable de bouger mon derche ?

Rouge XIII : Encore un peu elle va nous demander de limace-r le derche.

Aerith : Tout compte fait, je suis plutôt tentée d'y retourner.

Sephiroth : Viendras-tu à la Réunion ?

Cloud : La Réunion ? Si c'est une réunion de famille, je suis pas très chaud, à vrai dire.

Aerith : Pour qu'il prenne la peine de t'inviter, je penche plutôt pour une espèce de dîner de con.

Barret : Ou alors il parle de vacances sur l'île de la Réunion !

Sephiroth : Je vois. Tu n'as pas été invité.

Cloud : C'est-à-dire que j'ai sûrement raté la page d'événement sur Facebook.

Barret : Oh ! La Réunion, ce serait pas cet apéro géant au Secteur 3, par hasard ? Nan parce que j'avais vu l'autre coup que la semaine proch…

Sephiroth : Il suffit. Je n'ai rien d'autre à vous dire. Hors de mon chemin.

Cet ordre lancé, l'antagoniste s'éleva dans les airs et fonça en ligne droite, bousculant le groupe, pour sortir de la pièce, puis du manoir.

Aerith : Tiens, ça me fait penser que j'ai refermé le passage secret derrière moi.

L'écho d'un coup se fit entendre, puis ce fut au tour d'un « Aïe » de résonner dans le sous-sol du Manoir Shinra.

Cloud : On a plus rien à faire ici, sort… Barret, Youffie ! Qu'est-ce que vous foutez ?

Youffie : Il a laissé tomber la matéria Destruction par terre !

Barret : Il a laissé traîner le bouquin 50 Nuances de Vert Caca d'Oie qui était sur la table !

Aerith : Je me demande laquelle de ces deux armes est la plus meurtrière.

Cait Sith : Allez, venez.

Mais le groupe n'était pas même parvenu à l'escalier colimaçonnier qu'une voix caverneuse, derrière eux, les héla.

Vincent : Dans un fantastique cri du cœur, il vous demande d'attendre une petite seconde !

Cloud : Tiens, si c'est pas Monsieur Mystère…

Vincent : Une interrogation a point il y a de cela quelques minutes dans son esprit encore embrumé… Puisque le groupe qui lui fait face a déjà croisé le chemin de Sephiroth, aurait-il connaissance d'une femme nommée Lucrecia ?

Tifa : Qui est-ce ?

Vincent : Il s'agit de nulle autre que sa mère biologique.

Aerith : C'est pas Jenova, sa daronne ?

Vincent : Cette sombre histoire d'expériences scientifiques est très complexe

Barret : Il avait deux mamans et sa tête a pas explosé à l'adolescence ?!

Vincent : Autrefois, ce scélérat travaillait au sein des Turks, mais son incompétence crasse l'a empêché de protéger sa bien-aimée…

Barret : Ah bon ?! On en apprend tous les jours sur Sephiroth, dites donc !

Cloud : Laisse tomber, Barret…

Vincent : La belle, douce Lucrecia a servi de cobaye à ce maudit professeur Ghast et a par la suite accouché de Sephiroth. Quant à cette infâme progéniture aux cheveux gris… il a également fait l'objet de nombreuses expériences. Celles qu'a mené il y a de cela bien longtemps un savant fou nommé Hojo.

Cloud : Voyez-vous cela, le monde est petit…

Vincent : S'il a l'honneur de se joindre à votre petit équipée, aurait-il un soupçon de chance de croiser ce déchet aux cheveux graisseux ?

Cloud : Je suppose que oui.

Vincent : Animé par une infinie reconnaissance, il saura à bien des occasions vous prouver son utilité.

Cait Sith : Quoi ? Nous ne procédons pas à un vote ?

Aerith : Non, pas besoin. Avouez que ce type a quand même plus de classe que nos trois dernières recrues réunies.

Cait Sith : Mais il a travaillé pour la Shinra par le passé ! C'est peut-être un espion !

Cloud : Mais non, enfin. Les espions, ça existe que dans les films.

Rouge : J'espère qu'aucune espèce d'espion ou d'esprit n'épie notre spacieux espace privé.

Tifa : Allez, il est temps de partir !

Hors du manoir, les témoins de Jenova, s'ils n'étaient plus massés devant les portes, n'en étaient pas moins présents sur toute la place de Nibelheim qu'ils couvraient d'une mer de capes noires.

Cloud : Foutons le camp avant qu'ils nous repèrent.

Tifa : Tu veux traverser le Mont Nibel ?

Cloud : Qu'est-ce que tu veux faire d'autre ? Rebrousser chemin ? Allez, en avant.

C'est ainsi que le groupe s'éclipsa en douce du village natal de Cloud et Tifa pour traverser un paysage déjà évoqué dans un flashback narré il n'y a pas si longtemps. Toutefois, même ce lieu semblait quelque peu changé. Non pas son atmosphère, toujours aussi lourde et morne ni par son esthétique, toujours grise et laide mais par des détails plus concrets tels que, par exemple, le pont entièrement reconstruit. Ce qui est tout de même pratique.

Cloud : Ça me rappelle de très mauvais souvenirs…

Barret : On fait la course ?

Cloud : Dans tes rêves.

Une fois cette instable passerelle franchie, nos amis s'engouffrèrent au cœur de la montagne, se retrouvant face à une immense machine ornée de cinq ou six trous, lesquels menaient à des tubes descendant en contrebas.

Barret : UN TOBOGGAN !

Cloud : Bon, je suppose qu'on pourra pas t'empêcher de te jeter à corps perdu dans…

Barret : WOUHOUUUUUUUU !

Cloud : Il est déjà en bas…

Tifa : Tant qu'il ne se met pas en danger, j'imagine qu'on peut le laisser s'amuser.

Barret : Ouah ! Y a un gros monstre, en bas ! J'vais me le faire !

Tifa : Il est désespérant…

Barret : Ho ho ho ! Il a failli me tuer !

Vincent : Non sans un regard rapide en contrebas, il suggère vivement d'aller porter assistance à votre compagnon.

Cloud : Et je suis plutôt d'accord avec l… avec toi.

Barret : Oh ben dis ! À un centimètre près, il m'arrachait la tête !

Face à l'urgence de la menace, nos amis s'empressèrent de descendre pour retrouver leur Barret national aux prises avec un ennemi pour le moins coriace. Muni de six longues pattes effilées et tranchantes tout comme son museau aquilin, il défendait la sortie de la montagne. Précisons qu'il est nommé, dans le bestiaire des créatures, Gardien de Matérias, et ce alors même qu'il ne garde pas plus de matérias que d'autres Boss. Un peu comme l'anguille électrique qui n'est pas une anguille, la chèvre des montagnes qui n'est pas vraiment une chèvre, le loup à crinière qui ressemble plutôt à un gros renard et le cobra royal dont l'autorité n'est pas reconnue par le reste du règne animal.

Cloud : Allez, tous sur lui !

Tifa : Il est plutôt coriace !

Cait Sith : Prends ça ! Et ça !

Aerith : Bon, ça me fatigue. Je vais rester là et vous soigner contre une poignée de Gils.

Vincent : Si l'usage d'armes conventionnelles a toutes les chances d'aboutir à une victoire, ses talents spéciaux pourraient néanmoins s'avérer utiles.

Cloud : Tu veux dire que t'as autre chose à nous offrir que ton flingue surpuissant ?

Vincent : Les terribles expériences qu'il a subies lui ont permis de développer de redoutables pouvoirs de métamorphose.

Cloud : De la métamorphose ?

Vincent : Une démonstration vaut mieux que mille mots.

Aerith : Et le moins qu'on puisse dire, c'est que t'es un expert en excès de mots.

Sans l'écouter, l'ex-Turk se recroquevilla, puis se changea peu à peu en un être démoniaque, à même de vaincre ce terrible adversaire.

Cloud : Oh la vache, c'est…

Valérie Damidot : Laissez-moi vous aider, les amis !

Barret : OUAH ! J'SUIS UN GRAND FAN DE VOTRE ÉMISSION, M'DAME !

Youffie : Hé ! Le combat, c'est par ici !

Valérie Damidot : Cette décoration ne va pas du tout ! Ce mur manque un petit peu de rose et de paillettes !

D'un coup de baguette narrative, Vincenlérie changea la couleur du mur comme par magie, provoquant l'effroi chez son adversaire certes bestial, mais peu enclin à voir son antre profanée de la sorte.

Valérie Damidot : Quant à notre ami, je le trouve très mal vêtu ! Une petite robe de satin lui serait du plus bel effet pour aller avec la nouvelle décoration !

Et c'est ainsi que le terrifiant Gardien de Matéria se vit affublé d'une robe faite sur-mesure.

Cloud : Oh, génial ! Ça entrave ses mouvements ! Tous sur lui !

Barret : PRENDS ÇA !

Rouge XIII : Vade retro ! Satin t'habite !

Cloud : Et… YAAAaaaah !

Une bien triste fin pour une créature multimillénaire… si on compte en années de créatures de jeu vidéo. Ce qui représente à peu près vingt-cinq ans en années humaines.

Aerith : Et pas un seul d'entre vous n'a pensé à m'acheter des soins ? J'ai besoin de blé, moi !

Cait Sith : Ça allait, j'avais quelques potions.

Barret : Et moi du mercurochrome !

Youffie : Et moi le sort Soin !

Cloud : C'est curieux, je me rappelle pas t'avoir donnée de matéria Restaurer.

Youffie : Ha ha ! C'est parce que je les ai trouvées par terre !

Cloud : « Les » ?

Youffie : ALLEZ, EN ROUTE ! MES SENS DE NINJA ME DISENT QUE NOTRE ROUTE EST PAR LÀ !

Barret : Oh, j'veux les mêmes !

Et quand bien même cette grossière distraction n'avait rien de subtil, elle n'en contenait pas moins un fond de vérité, car le passage se trouvait réellement dans la direction indiquée. Il ne fallut d'ailleurs pas très longtemps à nos héros pour avoir sous les yeux un spectacle familier.

Cloud : Le réacteur Mako…

Tifa : J'ai des frissons rien qu'à le revoir.

Barret : Moi aussi ! Ça caille !

Rouge XIII : Arrête de rouscailler et quittons cet amas de rocaille !

Cait Sith : Oui, nous ne sommes plus très loin de la sortie.

Ils n'eurent qu'à faire quelques dizaines de pas pour rejoindre cette dernière, qui les conduisit dans une nouvelle plaine au bout de laquelle se dressait, au loin, une ville à l'allure un petit peu plus moderne que les précédents hameaux visités.