Chapitre 24 – Le Vieux Temple Cliché

Après une longue errance maritime, nos héros étaient enfin parvenus, sur une île, devant ce qui pouvait s'apparenter à un « Temple des Anciens » par son architecture.

Cloud : Vous êtes d'accord pour dire que ça a la gueule d'un temple et que c'est ancien ?

Tifa : Cet endroit semble dégager une forme de sagesse antique.

Aerith : Ouais, et une odeur de vieux.

Barret : Nan, ça c'est Cid.

Cid : RÉPÈTE UN PEU, NÉGRO ?

Barret : MON NEZ IL A UNE TAILLE NORMALE, D'ABORD !

Cloud : Dites-donc, vous deux, vous allez quand même pas commencer à nous saouler alors qu'on est pas encore entrés !

Ce fut toutefois chose faite cinq minutes plus tard. Tous ensemble, ils gravirent les marches de cette pyramide aux inspirations aztèques, mais sitôt pénétrés à l'intérieur, ils eurent la surprise d'y voir un Turk bien mal en point.

Tseng : Gnn…

Aerith : Tiens, te voilà, toi.

Tseng : Vous… arrivez trop tard…

Aerith : Te fais pas d'idées, on t'aurait pas sauvé si on avait été là plus vite.

Cloud : C'est Sephiroth qui t'a fait ça, ou c'est un accident de coupage de saucisson ?

Tseng : J'ai un trou au milieu du bide. D'où est-ce que tu crois que ça vient ?

Cloud : J'en sais rien, moi. Vous êtes tellement nazes au combat, vousa autres, qu'on hésiterait à vous confier un couteau en plastique.

Tseng : Tss… Tiens, voilà la Clé de Pierre. Mets-la dans ce socle pour continuer.

Cloud : Pourquoi tu me la donnes ?

Tseng : Je ne peux pas continuer, et quelqu'un doit bien y arriver avant Sephiroth. Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais bon…

Cait Sith : Mais… et le reste des troupes de la Shinra ?

Tseng : Ils avaient tous posé leurs RTT pour le lendemain de la Saint-Valentin. Bande de lâcheurs. J'ai envoyé Elena voir le directeur, mais Reno et Rude qui sont toujours en vacance je-ne-sais-où…

Cid : Aux dernières nouvelles, ils étaient au pays des Niakoués.

Rouge XIII : Il n'y a qu'toué pour faire ce genre de commentaires désobligeants, Cid.

Tseng : Pour leur séjour là-bas, j'étais au courant, vu qu'il s'agissait d'une mission. Cela dit, dès leur retour, ils sont quand même repartis, et ont tenu à y aller sans Elena…

Cloud : BREF, voilà. C'est encastré.

Et le mécanisme mural ne manqua pas de le lui faire savoir en dévoilant une porte.

Cait Sith : Dire que j'ai fait sauter ma couverture d'espion pour rien…

Tifa : Parfait, avançons.

Vincent : Cet infâme Sephiroth a une fois de plus fait preuve de sa redoutable efficacité en terrassant son ancien collègue. Enfin l'ancien collègue de celui qui vous parle actuellement, pas de Sephiroth, bien entendu.

Barret : Ouais, il a zigouillé ce Chang d'un coup !

Tseng : Je m'appelle Tseng, et je suis encore vivant !

Aerith : On peut plus rien faire pour lui. Pas qu'on le ferait si on pouvait, mais voilà.

Cloud : Si vous voulez, on aura qu'à lui creuser une tombe en sortant d'ici.

Barret : Oh, on a pas que ça à faire, hein, dis !

Tifa : Barret ! Un peu de respect pour les morts !

Tseng : JE NE SUIS PAS MORT !

Youffie : Paix à son âme, tout ça, tout ça.

Aerith : Je propose que Rouge XIII fasse plusieurs minutes de silence pour honorer sa mémoire.

Rouge XIII : Je sais pas pour vous, mémoire-ien qu'à rester ici, je me sens mal.

Cloud : Ouais, c'est un peu glauque de rester à côté d'un cadavre.

Tseng : ALLEZ-VOUS FAIRE FOUTRE !

Laissant là le cadavre encore chaud, très chaud, du chef des Turks, nos neuf lascars se pressèrent d'entrer par la porte révélée quelques minutes plus tôt, mais leurs visages furent aussitôt parcourus d'une grimace d'effroi en découvrant qu'ils se trouvaient dans…

Cloud : Un labyrinthe ?!

Ce dernier était à ciel ouvert – et ce alors même que le temple était une pyramide, mais ne relevons pas ce détail, car on risquerait de vexer le level-designer. Toujours est-il que les chemins de pierre se mêlaient et s'entremêlaient, certains n'étant disponibles qu'en montant ou descendant des échelles naturelles formées par du lierre.

Rouge XIII : QUOI ?! NOOOOON !

Tifa : Tu n'as pas l'air d'aimer ce genre d'endroits, Rouge XIII.

Rouge XIII : Évidemment ! Qu'est-ce que tu veux trouver comme jeu de mot sur « Labyrinthe » ? Y a rien ! Nada !

Aerith : Dieu merci.

Barret : Moi j'aime bien les labyrinthes, mais uniquement au dos des paquets de Chocapic !

Cid : Ha ha ! Une pédale en chocolat qui aime les pétales de chocolat !

Cloud : Parfois je me demande ce que je fous ici avec vous.

Aerith : Allez les mecs, on se bouge le fion !

Vincent : À l'aide d'un intense plissage d'yeux, il lui semble apercevoir un mystérieux individu, de ce côté.

Cloud : Exact… il est tout petit, fringué en violet, a une longue barbe et porte un chapeau…

Youffie : Vous croyez que c'est un Ancien ?

Rouge XIII : J'Ancien rien, mais Cetra-cas seront vite derrière nous s'il nous aide.

Aerith : J'espère que tous mes ancêtres se sapaient pas comme ça.

Cloud : Hé, m'sieur !

Barret : Il se fait la malle !

Tifa : Vite, suivons-le avant qu'il disparaisse !

Cait Sith : Mais comment faire ? Les chemins vont dans tous les sens !

Cloud : Y a qu'à marcher sur ses traces ! Il est parti par là !

Un narrateur peu consciencieux recyclerait sans vergogne la musique de Benny Hill pour cette folle filature à travers les méandres d'un labyrinthe de marbre blanc. Et ça tombe bien, parce que la honte et moi, ça fait deux et demi. Imaginez donc ladite bande son mille fois réutilisée tandis que nos héros couraient après le sagouin.

Barret : REVIENS, LE KAMACETRA !

Mais le poursuivi s'était d'ores et déjà réfugié dans son antre. Fort heureusement, malgré leur technologie que l'on imagine très avancée (après tout, il s'agit d'une race antique aujourd'hui disparue dans un RPG), les Anciens n'avaient pas acquis le concept de serrure, ni même de porte. Ainsi, nos braves personnages n'eurent aucun mal à entrer à sa suite. La demeure du petit personnage ne consistait qu'une pièce carrée aux murs de briques face auxquels s'élevaient des stèles écrites dans une langue incompréhensible. Et tout aussi peu compréhensible était le dialecte parlé par le petit être.

Machin : Nyum, nyum.

Cloud : Euh… oui, d'accord, mais encore ?

Machin : Nyum.

Aerith : Ce type sert à rien. Vous croyez qu'on est vraiment de la même race ?

Cid : Question race, on a pire ici, t'inquiète pas.

Machin : Nyuuuum.

Aerith : Attendez, y a peut-être un bouton pour changer de langue, ou quelque chose comme ça.

Machin : Nyumnyum !

Aerith : Attendez un peu…

Tifa : Qu'y a-t-il ?

Aerith : Je crois que je comprends ce qu'il dit !

Cloud : Ah bon ? Ça viendrait de tes fameux « pouvoirs de Cetra » ?

Machin : Nyum !

Aerith : Ouais, là il vient de dire « Bienvenue ».

Machin : Nyum, nyum nyum nyum !

Aerith : Apparemment, il a vu passer un type avec une cape noire. Je vous laisse deviner de qui il s'agit.

Rouge XIII : Oh ! C'est peut-être cet ermite qu'on avait vu à Nibelheim !

Barret : Ou alors Batman !

Cloud : On va plutôt s'en tenir à Sephiroth, vous voulez bien.
Machin : Nyum !

Aerith : Oui, on sait que la nana en minijupe te fait dresser le kiki, mais on n'a pas le temps pour ça. Allez, en route.

Le groupe reprit ainsi le chemin du labyrinthe dans un silence pesant. Chacun se concentrait sur un objectif précis. Rouge XIII tentait de trouver un calembours sur « labyrinthe », Aerith le regardait de biais afin d'être prête à toute éventualité au moment où la vanne sortirait, Tifa songeait au danger que représentait Sephiroth, Youffie se rêvait maîtresse ninja, Vincent regrettait de n'être pas resté dans son cher cercueil, Cait Sith veillait à ne pas tomber de cet étroit chemin bordé par du vide, Cloud était obnubilé par une démangeaison située à la raie des fesses qu'il ne pouvait gratter sous peine de paraître fort peu distingué, et Barret pensait à Batman.

Cait Sith : J'en ai un petit peu marre de ce labyrinthe.

Cloud : Ça tombe bien, parce que la sortie a l'air d'être là-bas.

Tifa : Oh, et moi qui croyais qu'on tournait en rond !

Cloud : C'est ce qu'on faisait, ouais, mais j'avais pas vu ce passage.

Aerith : Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était crevant.

Rouge XIII : Dis-moi, Aerith… avec ces remarques que tu fais sur Tifa et l'étrange relation qui te lie à Cloud, je me demandais… Tu aimes à la fois les femmes et les hommes ?

Aerith : Qu'est-ce que c'est que cette question moisie ? Ça te regarde pas, ça ce que je sache.

Rouge XIII : Allez, pour une fois que je parle sans faire une blague !

Aerith : Mouais. Bon, alors dans ma grande magnanimité, je te réponds Oui. Je te préviens, j'y inclus pas les animaux énervants. Pourquoi tu voulais savoir ça ?

Rouge XIII : Parce que tu es plutôt fatigante aussi.

Aerith : Quoi ?

Rouge XIII : On pourrait même dire… que la bi éreinte.

Aerith : …

Cloud : …

Tifa : …

Vincent : …

Cid : …

Barret : …

Youffie : Waw…

Rouge XIII : L'honneur est sauf.

Aerith : Pas le mien.

Cloud : Vous… voyez pas d'inconvénient à ce qu'on continue notre chemin, par hasard ? Sait-on jamais…

Tifa : A… allons-y…

Et ils ne reparlèrent plus jamais ce calembour d'une médiocrité sans nom. Ou alors si elle avait un nom, elle serait estampillée « Rouge XIII © ». Une fois ce lieu quitté , nos amis et Cait Sith purent découvrir qu'ils se trouvaient dans un couloir piégé d'une bien étrange manière : de l'autre bout du corridor dévalaient des espèce de rouleaux géants en béton, où un large trou était creusé pour s'y réfugier, comme des U tournant sur eux-mêmes. Il leur fallait donc faire preuve d'un incroyable sens du timing pour traverser la pièce sans finir en crêpe.

Aerith : Je sens qu'on va s'éclater.

Cloud : Moi, je sens surtout qu'on va s'écraser…

Aerith : Aussi.

Barret : POUR LE GONDOR ! BOUYAH !

Youffie : Quelle classe !

Tifa : A… Attends !

Cloud : Merde ! Suivons-le, et faites gaffe où vous vous placez !

Tout occupés à éviter d'être écrabouillés par les rouleaux massifs en se réfugiant dans les creux, le groupe s'avança d'un même mouvement de cinq mètres en cinq mètres, gagnant un peu de terrain avant chaque danger mortel. Quant enfin ils furent parvenus au bout de la route, le mécanisme cessa de manière inexpliquée.

Cloud : Bon, je sais qu'on devrait pas chercher de la logique dans un vieux temple, mais quand même…

Tifa : Une petite minute… J'ai cru apercevoir du coin de l'œil un passage à gauche toute à l'heure. Maintenant que nous ne risquons plus rien, j'aimerais voir ce qu'il y a là-bas.

Aerith : Sans doute un coffre contenant un éther, ou une connerie comme ça.

Rouge XIII : Primo, les éthers c'est cool, deuxio on aime bien ramasser tous les trésors qu'on voit, éther-tio, si ça se trouve c'est même pas ça.

Aerith : Toi, tais-toi. Tu dis du vide.

Tifa : Allez venez !

À défaut de trouver un coffre recelant de quoi restaurer les points de magie, l'équipe, toujours accompagnée de Cait Sith (je ne me lasserai jamais de cette blague), ne trouva qu'un vaste puits rempli d'un liquide mystérieux, qui n'était manifestement pas de l'eau.

Barret : Merde ! J'ai oublié mon maillot de bain !

Cloud : Ben moi j'en ai un mais… euh… non, oubliez ça…

Tifa : De toute façon, il est hors de question de s'y baigner ! Vu la couleur, ça ne doit pas être naturel…

Vincent : Une sorte d'aura magique s'en dégage.

Youffie : Dites, je suis la seule à y voir des genres d'images ?

Aerith : Bravo, tes fantastiques pouvoirs de ninja te permettent de distinguer ton reflet.

Cid : Nan, la gamine a pas tort, moi aussi j'vois des trucs.

Cait Sith : Les images se précisent… ça se passe devant un mur orné d'inscriptions…

Et le son se joignit bientôt à l'image, de sorte qu'il fut alors possible de dévoiler la scène qui suit sous la forme d'un flashback. Nous y retrouvons deux membres des Turks s'extasiant devant les dessins muraux

Tseng : Incroyable… ces gens-là savaient donc dessiner…

Elena : Monsieur Tseng ! C'est incroyable ! Regardez par ici !

Tseng : Eh bien quoi ?

Elena : Est-ce que… c'est bien ce que je pense ?

Tseng : Oui, ça l'est.

Elena : Mais en quoi ça va nous aider à trouver la Terre Promise ?

Tseng : Je ne sais pas.

Elena : Dites-voir, est-ce que cette histoire de Terre Promise serait pas une grosse arnaque, comme le Père Noël, la petite souris ou les réparateurs d'escalator ?

Tseng : Écoute Elena… je ne sais déjà pas pourquoi le président Rufus nous a ordonnés d'inspecter ce temple, alors tu sais, cette légende…

Elena : J'ai lu sur Internet des rumeurs comme quoi sur la Terre Promise poussaient naturellement plein de plantes illicites.

Tseng : Des forêts de cannabis ?

Elena : Oui ! C'était sur l'historique de navigation de Rude, au milieu des sites cochons et des formations pour devenir magical-girl.

Tseng : J'imagine que du coup, ça rentre dans le cadre de nos fonctions…

Elena : Il est de notre devoir de brûler cette forêt avant que quelqu'un cherche à constituer un empire de la drogue !

Tseng : La brûler ? Je ne sais pas… s'il y en a tant que ça, le président Rufus voudra probablement en tirer profit. Il n'a qu'à claquer des doigts pour légaliser l'herbe et lancer ShinraWeed.

Elena : Mais c'est horrible ! On risque de perdre notre travail ! Je devrai redevenir serveuse et toi nettoyeur de fosses septiques !

Tseng : On ne peut pas laisser ça arriver. Va voir le président. Dis-lui qu'on n'a rien trouvé. Ces gens d'Avalanche ne devraient pas tarder à arriver. J'irai les voir à l'entrée.

Elena : Bien compris ! J'y vais !

Barret : C'est AVALANCHOIS !

Aerith : Une forêt de cannabis… ? Si je pouvais en vendre ne serait-ce qu'un millième, je serais riche pour le restant de mes jours…

Tifa : J'imagine qu'on peut remercier Tseng pour l'absence de soldats de la Shinra…

Cloud : Chut, j'essaie de suivre.

Mais la jeune blonde était à peine partie qu'un autre individu fit son apparition dans le dos du subordonné rebelle. Un individu terrifiant, doté d'une longue, très longue épée. Et d'une cape noire.

? : Qu'es-tu venu faire ici, sombre ver de terre ?

Tseng : Ah, voilà donc le fameux Sephiroth…

Sephiroth : Je devrais te féliciter d'avoir ouvert la porte vers ce trésor de sagesse, ce lieu qui renferme la sagesse des Anciens.

Tseng : Qu'est-ce que tu veux, à la fin ?!

Sephiroth : M'unir à la Planète.

Tseng : Quoi, tu veux coucher avec ? Creuse un trou dans le sol, fais ta petite affaire et n'en parlons plus.

Sephiroth : Comme tant d'autres, tu ne comprends pas.

Tseng : Difficile de comprendre un illuminé pareil.

Sephiroth : Comme tant d'autres, tu mourras.

Tseng : Qu'est-ce qu… AAAaaargh !

Tifa : La vision s'arrête là.

Cloud : S'unir à la planète ? Il est encore plus dingue qu'avant…

Aerith : Je suis quand même impressionnée qu'après un coup pareil, l'autre gusse ait réussi à se traîner jusqu'à l'entrée malgré sa blessure.

Barret : Ouais, mais il est quand même crevé, maintenant.

Tifa : Non, Barret. On disait ça pour l'énerver.

Barret : Ah bon ?!

Cloud : Toujours est-il qu'on a pas de temps à perdre. Je sais pas exactement ce que cherchait Sephiroth dans ce temple, mais j'ai pas des masses envie qu'il mette la main dessus.

Cait Sith : Regardez, le vieil homme de toute à l'heure est là-bas.

Machin : Nyum.

Rouge XIII : Il nyum-anque pas d'air, à venir nous narguer comme ça !

Youffie : Allez, en avant !

La salle suivante eut de quoi les déboussoler, car sa disposition était pour le moins… surprenante.

Cloud : Qu'est-ce que c'est encore que ce merdier ?

La pièce était totalement circulaire et possédait douze issues, chacune signalée par un chiffre romain, de I à XII (en passant par IIII, les concepteurs nippons du jeu n'étant pas experts en chiffrage latin). La quasi-totalité de la salle était dénuée de sol, et le seul moyen de traverser ce gouffre d'une sortie à l'autre était de marcher sur les aiguilles dominant la pièce : une pour les heures, une pour les minutes, et la petite trotteuse qui faisait son petit bonhomme de chemin en menaçant de renverser quiconque prenait le risque de s'aventurer sur l'une des deux autres aiguilles à son passage. Á côté de la porte, un dispositif loin d'être archaïque permettait de changer la position de l'aiguille des minutes (et par extension, avec un soupçon de patience, celle des heures). Mais bien plus grave encore : un individu familier les attendait au centre.

Tifa : Oh ! L'Ermite du Temps !

Cloud : Oh non, pas lui…

Rouge XIII : L'ermite r'met ça et tant pis pour les hérétiques qui y sont hermétiques !

Ermite : Félicitation, vous êtes parvenus jusqu'ici. Je vais maintenant vous poser trois devinettes. Commençons par la première : qu'est-ce qui est…

Aerith : Casse-toi !

Là-dessus, elle lui jeta un caillou qui le heurta de plein fouet. Le mystérieux personnage fit alors une longue chute accompagnée d'un « AAAAaaaaaah… » et conclue en beauté par un « Sprotch » en bonne et due forme. C'en était fini de l'Ermite du Temps.

Aerith : Oups, ha ha !

Cait Sith : Ça… ça ne se fait pas, Aerith !

Aerith : Oui, bon, au départ je voulais juste le faire partir, j'en demandais pas tant…

Rouge XIII : T'as tué mon mentor ! Et juste au moment-torride où il faisait une blague !

Youffie : C'est pas tout ça mais on devrait s'occuper de cette salle !

Cloud : Ouais. Ça a l'air… chiant.

Tifa : Cet endroit semble fonctionner comme une horloge…

Barret : Tu dis n'importe quoi ! Une horloge, c'est avec des chiffres, pas des bidules et des machins !

Cait Sith : Elle veut parler d'une vieille horloge. Visiblement, les Anciens en avaient déjà en leur temps.

Cloud : Bon, alors j'ai juste à faire tourner cette aiguille pour m'ouvrir un chemin… Le souci, c'est de savoir où aller.

Tifa : Nous allons sans doute y passer du temps.

Youffie : J'ai peut-être une idée !

Aerith : T'as des idées, toi ?

Youffie : Hop !

Cloud Hé !

Tifa : C… c'était très dangereux, Youffie !

Youffie : Peut-être, mais maintenant que j'suis accrochée à la trotteuse, j'peux direct sortir où je veux sans qu'on s'embête avec les autres aiguilles ! Hop ! Oh, y a un coffre ici !

Barret : Ça a l'air rigolo !

Tifa : Ce n'est pas certain que l'aiguille supporte ton poids, Barret !

Barret : Ouais mais depuis que Youffie m'a appris à faire plein de signes bizarres avec la main, j'suis un ninja, alors ça fait partie de mon entraînement !

Cait Sith : Sans parler de mon poids à moi…

Cloud : Ouais, mais toi si tu tombes, ce sera pas une grande perte.

Aerith : Un petit peu quand même, vu que c'est lui qui porte les Élixirs.

Cloud : Oh. Bon, file-moi les Élixirs, alors.

Cait Sith : Mais non, ne vous inquiétez pas ! Regardez, ouah !

Cid : Ça va péter, moi j'vous dis !

Cait Sith : Elle est solide, cette petite aiguille ! Voyons voir… peut-être cette sortie ? Ah non, il n'y a rien du tout…

Barret : Allez ! Allez ! J'suis le suivant !

Cloud : Non mais arrêtez, c'est pas un jeu.

Barret : Bouyah !

Tifa : Bon, j'admets qu'elle est plutôt résistante, pour supporter leur poids à ces deux-là…

Barret : Mon gros doigt me dit qu'y faut aller par là ! Oh ! Un trou du cul-de-sac ! Il m'a menti ! Ordure !

Cloud : Lâche ton doigt, Barret, tu vas te faire mal. Vas-y, Cid.

Cid : Quoi ?! Tu rêves, gamin ! Après un black ?! Si encore on pouvait désinfecter l'aig…

Cloud : Discute pas et vas-y !

Cid : Aaaah ! Brr…

Cloud : Tiens, prends la porte n°VI. Je la sens bien, celle-là.

Cid : Bon, bon. Euh… on dirait que c'est là.

Tifa : Parfait, nous te rejoignons de suite.

C'est ainsi que nos amis réussirent cette énigme sans même toucher aux grosses aiguilles. Après que chacun – ceux restés au point de départ tout comme ceux qui s'étaient trompés de sortie – eut rejoint la porte n°VI (en découvrant avant de partir que la petite aiguille qui a servi de support à toute l'équipe était tout de même bien déglinguée), l'exploration de ce temple antique put se poursuivre.

Tifa : On dirait qu'on n'est toujours pas au bout de nos peines…

Cloud : Voyons voir… cette fois, on a une dizaine de passages dans ce mur rocheux, et j'imagine qu'ils doivent tous être reliés les uns aux autres.

Youffie : Tiens, y a Monsieur Nyum, là-bas !

Aerith : Hé, Biloute !

Machin : Nyum !

Cloud : Il s'est encore mis à courir !

Tifa : Il est entré dans un des trous !

Cid : Il est ressorti par là !

Vincent : Et le voilà aussitôt entré dans un nouvel orifice mural.

Cloud : Bon, j'imagine qu'en principe, on devrait chercher quelle entrée mène à quelle sortie et profiter de ce savoir pour lui tenir un guet-apens en devinant l'endroit où il va arriver. Mais bon, comme on a pas que ça à foutre et qu'on adore résoudre les casse-tête de manière non-conventionnelle, on va profiter du fait qu'on soit neuf et on va boucher tous les passages.

Ce plan au succès quasi-garanti était l'un des avantages de s'aventurer partout en groupe complet plutôt qu'en petit groupe de trois. Sérieusement, vous imaginez ce à quoi ressemblerait cette parodie avec un simple groupe composé de Tifa, Cait Sith et Vincent ? Brrr…

Vincent : Il se permet modestement de vous annoncer qu'il est là.

Cloud : Oui, on sait que t'es là.

Vincent : Non, il a voulu dire avec cette affirmation hasardeuse mais relativement ambigüe qu'il est là. L'homme dont nous cherchons à nous saisir.

Cloud : Oh. Ah oui, bravo, tu l'as chopé.

Machin : Nyuuum !

Aerith : Il nous félicite de l'avoir attrapé.

Machin : Nyum nyum !

Aerith : Par contre, là, il dit qu'il a besoin d'argent.

Cloud : Hein ? Qu'est-ce qu'un vieux bonhomme isolé irait foutre avec de l'argent ?

Machin : Nyum…

Aerith : Apparemment, ce serait pour aider la race des Anciens. Rénover le temple, développer le tourisme, tout ça, tout ça. Il faut des fonds.

Rouge XIII : S'ils fonds d'autres énigmes avec ces sous, on aura touché le fonds.

Machin : Nyuuuum.

Aerith : D'après lui, il est préférable de me donner l'argent à moi. Je saurai quoi en faire.

Cloud : …

Aerith : Quoi ?

Cloud : Est-ce que… tu comprends vraiment ce qu'il dit ?

Machin : Nyum ?

Aerith : Là, il a insulté la mère de Barret.

Barret : J'VAIS TE PÉTER LA G…

Tifa : Du calme ! Du calme !

Cloud : Tu peux nous le dire, hein, que tu piges rien à ce qu'il dit.

Machin : Nyuuuum ! Nyumnyum !

Aerith : Il estime que ton incrédulité est très vexante pour notre race et qu'elle te coûtera vingt points.

Cloud : …

Aerith : Mais sinon, ces thunes, elles arrivent ?

Cid : J'fais pas l'aumône aux clodos ! Y z'ont qu'à se trouver du boulot !

Tifa : En tout cas, il tient une clé dans la main. Tu peux nous la donner ?

Machin : Nyum.

Tifa : Merci. Ça devrait ouvrir cette grande porte, là-bas.

Derrière ladite porte se trouvait la salle qu'ils avaient aperçu tantôt, celle dont les murs étaient recouverts de fresques ancestrales représentant…

Tifa : Des actes sexuels ?

Cait Sith : Dans des positions diverses et variées…

Barret : Alors c'est ça, le Kamehasutra ?

Cloud : Sérieusement ? Tu te plantes alors que pas plus tard que toute à l'heure, t'appelais le vieux « Kamacetra » ? Si je te connaissais pas mieux, je croirais que tu le fais exprès…

Youffie : Y en a vraiment partout sur le mur !

Aerith : Tu devrais te cacher les yeux, trésor, c'est pas de ton âge.

Youffie : C'est donc ça, les « entailles » ?

Barret : N'empêche, vous voyez bien que j'suis pas le seul à dessiner des zobs et des nibards sur les murs !

Cloud : Peut-être, mais…

Barret : Hop là !

Cloud : C'est pas une raison pour en dessiner d'autres ! Et au marqueur, en plus…

Barret : Ah ben oui, j'ai rien d'autre, moi.

Vincent : C'est en ce lieu que notre ennemi aux cheveux gris a assailli le chef de son ancienne troupe.

Cloud : Exact. Hé, Sephiroth ! Sors de ta planque !

À peine notre protagoniste eut-il fini de formuler son appel que du vide se matérialisa face à lui son Némésis. Sephiroth, sa cape noire et sa longue lame se tenait devant eux, menaçant, terrifiant, et… et… et c'est tout pour le moment.