Chapitre 31 – Pile ou Face

Dans un aéronef filant à la vitesse du vent, Tifa ne parvenait toujours pas à réaliser ce qu'il venait de se passer. Ses amis étaient venus la sauver à bord de cet engin volant, mais comment diable se l'étaient-ils procuré ?

Cid : J'ai menacé de mort les pilotes ! 'Fallait bien que je trouve un moyen de rentrer chez moi !

Pilote A : Ce type est super flippant !

Pilote B : Ouais ! À cause de lui, maintenant, on est des rebelles et on a la Shinra aux trousses !

Vincent : Quant à lui, séparé des compagnons qu'il pensait décédés, il a pensé, l'espace d'un instant, retourner au confort de son éternelle prison.

Cait Sith : Au moment où nous sommes montés, nous avons remarqué Vincent et Cid y étaient déjà. J'ai alors proposé qu'on parte, mais Barret s'est souvenu que tu étais encore prisonnière.

Barret : Ça a fait « tilt » dans ma tête.

Tifa : Je… je vois… mais alors si je comprends bien, si Cait Sith n'avait pas cherché à nous sauver Barret et moi, vous nous auriez abandonnés en croyant qu'on était déjà morts ?

Youffie : Ha ha, ouais, c'est ça ! Euh… retire le « ha ha ». Et le point d'exclamation. Et mon grand sourire.

Vincent : Une erreur aussi monumentale n'aurait pas eu lieu en présence de Cloud.

Barret : Bref, maintenant qu'on est tous là, j'peux piloter le bidule ?

Cid : Tu rêves, le métèque ! Bas les pattes ! J'ai dû passer des tonnes de désinfectant après que t'aies touché le tableau de bord !

Rouge XIII : Métèque-on, aussi, de pas avoir enclenché la sécurité.

Tifa : À présent qu'on a un moyen de transport, trouvons Cloud !

Cid : Qui ? Oh, lui ? Je l'avais déjà oublié. 'Faut dire que ce petit bâtard nous a trahis !

Tifa : Il n'était pas lui-même !

Barret : Ben ouais mais où est-ce que tu veux qu'on le trouve ? C'est vachement grand, une planète !

Vincent : Pourquoi ne pas chercher dans un lieu encore inexploré ?

Youffie : Ouais, genre les îles au Sud-Est ! À part le Temple des Bidules, on a pas trop été dans ce coin !

Cait Sith : D'autant plus qu'avec ce nouveau moyen de transport, on peut se rendre dans des endroits autrefois inaccessibles avec notre avion-radeau.

Tifa : Eh bien allons-y, dans ce cas…

Et comme il fallait s'y attendre, un petit village les attendait, perdu au milieu d'une forêt elle-même au centre d'une île. Mideel, qu'elle s'appelait, et comme le hasard fait bien les choses, c'était aussi le lieu où se trouvait Cloud. Mais ça, nos héros ne le savaient pas encore.

Tifa : En voilà, une ville bien pittoresque…

Cait Sith : La moitié du hameau tient sur une structure en bois.

Barret : Alors, alors, alors, on fait quoi ?

Youffie : J'vais voir dans le magasin de matérias !

Barret : Oh, j'viens avec toi !

Vincent : Il s'en va chercher un endroit où méditer d'un air pensif.

Tifa : Quant à moi, j'imagine que je n'ai plus qu'à explorer les envir…

? : T'as entendu les rumeurs ? À ce qu'il paraît, ils auraient repêché un type sur la côte !

? : Ouais, un jeune homme aux cheveux blonds, avec des yeux étranges.

? : J'ai entendu dire qu'il avait une épée gigantesque !

? : Oui, et il porte un bikini pour filles.

ON SE DEMANDE BIEN QUI ÇA PEUT BIEN ÊTRE, OH LA LA.

Tifa : Excusez-moi… cet homme dont vous parlez… où se trouve-t-il ?

? : Oh, il est dans la clinique, là-bas, mais…

Tifa : Merci ! Ce… c'est trop beau pour être vrai !

Elle s'empressa de rentrer dans le petit bâtiment au bout du village, où un docteur à la mine sombre rendait son diagnostic.

Docteur : Quelle tragédie…

Tifa : DOCTEUR !

Docteur : AAAAH !

Tifa : De quelle tragédie parliez-vous à l'instant ?

Docteur : J'ai fait tomber ma part de gâteau par terre. Regardez-moi ça, tout est fichu. C'est fini. Il n'y a plus d'espoir…

Tifa : Oh, euh… d'accord… Mais dites-moi… Y a-t-il un jeune homme nommé Cloud, ici ?

Docteur : Oh, alors c'est son nom ? Eh bien… Vous savez, je suis pas le genre à juger, mais tout de même…

Tifa : Il va bien ?

Docteur : Oh, il est vivant, mais le souci, c'est seulement qu'il…

Tifa : CLOUD !

La jeune femme se jeta dans la pièce adjacente, arrachant presque les rideaux pour revoir son ami, mais elle se rendit aussitôt compte que quelque chose clochait.

Tifa : … Cloud ?

Cloud : … eeea….. eeuh…

Docteur : Oui, accessoirement, c'est devenu un légume.

Tifa : QUOI ?!

Docteur : Impossible de le comprendre ni de le faire réagir à quoi que ce soit. C'est triste, mais c'est comme ça. Au moins il n'aura plus à supporter un nom pareil. Bon, je reviens, c'est ma pause cigarette.

Tifa : Non… non… c'est impossible… Cloud…

Cloud : …. Aaaaouu… iiieeuu…

Le long silence qui s'ensuivit ne fut troublé que par les sanglots de l'une, et les gémissements de l'autre. À son retour, le médecin prit la parole.

Docteur : Vous voulez le débrancher ?

Tifa : Que… non ! Non, surtout pas ! Il y a encore un espoir !

Docteur : Oh, je ne vous parlais pas à vous, mais à mon assistante. Votre téléphone portable est en train de charger depuis plusieurs heures, vous voulez le débrancher ?

Assistante : Oui, allez-y.

Docteur : Hop.

Cloud : GAAaaaaah… !

Docteur : Oups, mauvaise prise.

Tifa : DOCTEUR !

Docteur : C'est bon, c'est bon, regardez. Je l'ai rebranché. Il se porte comme un charme, maintenant.

Cloud : Aaeee… ouuuen…

Docteur : Bon, un charme un peu cassé, quand même…

Tifa : Il faut que j'aille voir les autres…

En proie à la plus grande des tristesses, elle sortit de la petite clinique et rassembla le reste du groupe pour raconter à ses amis cette terrible nouvelle.

Tifa : Je… je ne sais pas quoi faire… Je ne peux pas laisser Cloud dans cet état…

Youffie : Mais on doit faire quoi, alors ?

Barret : On va faire ce qu'on fait de mieux ! Poutrer la Shinra ! Et pis si on a le temps de défoncer Sephiroth et de sauver le monde du gros météore, on fera ça aussi. C'est ce qu'il aurait voulu. Enfin, s'il était mort. Et c'est tout comme.

Tifa : Je vais rester ici pour veiller sur Cloud. Je vous fais confiance.

Cid : Lâcheuse ! Traîtresse !

Rouge XIII : C'est très-très-sympa de ta part de veiller sur lui, mais ça va réduire encore notre groupe…

Youffie : Ouah ! Je suis la seule fille qui reste, alors ?

Vincent : Amputé de trois de ses membres majeurs, la troupe ne sera plus d'une efficacité aussi redoutable.

Cait Sith : Rejoignons le Hautvent.

Mais une fois embarqués à bord de l'aéronef, une question de taille s'imposa à eux : que faire à présent ?

Barret : Poutrer la Shinra !

Youffie : Moi je veux bien, mais comment ?

Cait Sith : Je ne vais pas tarder à assister à une réunion entre les hauts responsables, dans la Tour Shinra. Vous voudriez écouter ce qu'il s'y dit ?

Vincent : Sa foi, pourquoi pas…

Ainsi, pendant ce temps, à de nombreux, très nombreux kilomètres de là, dans le confort d'une salle de réunion…

Rufus : Prenez place.

Heidegger : Ah ! C'que ça fait du bien de poser son cul sur un siège !

Scarlet : …

Heidegger : Ben alors ? Tu causes plus ? Ça nous fait des vacances !

Scarlet : Je… sens encore la mer…

Heidegger : Bah ! Tu pues tout le temps la moule de toute façon, poulette !

Reeves : Nous… devrions parler de nos projets futurs, non ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

Rufus : Il nous faut un plan pour nous débarrasser de Sephiroth. Des idées ?

Heidegger : On pourrait construire un abri anti-météore et faire payer les riches pour y entrer.

Rufus : Et ça résisterait à l'impact de ce météore gigantesque ?

Heidegger : J'en sais foutrement rien, mais on crèverait pleins aux as !

Rufus : Je vois… Reeves ? Une idée ?

Reeves : Euh… et si on… réhabilitait ces terroristes d'Avalanchois… enfin d'Avalanche, et qu'on finançait leur groupe pour les aider à se débarrasser de cette menace ?

Rufus : …

Heidegger : …

Scarlet : …

Reeves : …

Rufus : Ha ha… Oooh, Reeves, tu es passé à côté de ta vocation en ne devenant pas comique. C'était vraiment drôle.

Heidegger : BOUAHAHAHAHAHAHA !

Scarlet : HOHOHOHOHOHOHO !

Reeves : Hé… hé hé…

Heidegger : TA GUEULE, REEVES !

Reeves : D'accord.

Rufus : Revenons à des solutions plus… sérieuses. Scarlet ?

Scarlet : Et si on pulvérisait ce gros caillou ?

Rufus : Nous n'avons pas suffisamment de puissance de feu.

Scarlet : À moins que…

Rufus : Que… ?

Scarlet : Les Méga-Matérias.

Rufus : Je crois en avoir entendu parler.

Scarlet : Leur puissance est vingt fois supérieure à celle des matérias.

Rufus : Intéressant…

Scarlet : Une fois ces perles au potentiel immense rassemblées, on pourra construire une arme dévastatrice… suffisamment forte pour annihiler le Météore. Et les gauchistes. Et les hipsters.

Rufus : Ce pourrait être une bonne idée, en effet.

Reeves : Si je puis me permettre… comment dire… est-ce qu'on ne risque pas d'éclater le Météore en une infinité de morceaux tout aussi destructeurs ? La seule chose que ça changerait, ce serait l'aire d'impact, beaucoup plus large…

Rufus : …

Heidegger : …

Scarlet : …

Rufus : Mmh…

Heidegger : Et donc tu proposes qu'on envoie les terroristes d'Avalanchiasse sur ce caillou de l'espace façon Armageddon, Reeves ?

Reeves : Non, je…

Scarlet : Assez ! N'en as-tu pas marre de te décrédibiliser sans cesse ?

Rufus : Restons sur cette idée des Méga-Matérias. Vous savez où en trouver ?

Scarlet : C'est-à-dire que… les théories de Hojo n'ont toujours pas pu être vérifiées, donc on ne sait pas vraiment comment les créer. Sur ce point, notre petite excursion à Gongaga a été un échec complet.

Rufus : Autrement dit, nous ne sommes pas plus avancés et cette réunion ne sert strictement à rien…

Heidegger : Pas si sûr ! On a toujours pas déterminé ce qu'on mangeait ce soir !

Reeves : C'est… c'est une blague ?

Heidegger : Pas du tout ! La fin du monde est pour bientôt, alors je propose qu'on fasse le repas du siècle !

Scarlet : Voilà qui tombe bien, puisque l'œuf au sommet de Fort Condor est particulièrement grand. J'ai toujours raffolé des œufs à la coque…

Heidegger : Tu rêves, ma vieille ! À ce qu'y paraît, il reste un super-méga-menu Big Moc au McShinra de Corel Nord ! C'est du collector !

Scarlet : Cette nourriture répugnante ?

Heidegger : Ouais ben c'est plus viril que ton œuf à la con !

Scarlet : À la coque !

Rufus : Ça suffit ! Puisque vous êtes trop incompétents pour réfléchir à un plan, je vous laisse dilapider nos ressources et nos hommes pour aller vous rassasier. Pour ce qu'ils nous serviront, de toutes manières…

Cait Sith : Bon… au moins, j'ai essayé…

Cid : Ouais, et tu t'es viandé comme une grosse merde ! D'ailleurs, en parlant de ça… BARRET ÉCARTE-TOI DU TABLEAU DE BORD !

Barret : T'es pas mon père !

Cid : Heureusement, tiens ! Sinon j't'aurais foutu dans un congélo à tes deux mois !

Barret : Bouhouhou…

Vincent : Se rendre aux destinations mentionnées dans cette réunion enregistrée serait un excellent moyen d'entraver les activités de la Shinra.

Youffie : Mais comment on va décider où aller ?

Cait Sith : Et pourquoi pas à la courte-paille ?

Barret : Ah ouais ! J'ai toujours un bol de fou à « Qui a la plus longue » !

Cid : J'ai une idée, on va jouer à « Qui a la race la plus pure ».

Youffie : Et pourquoi pas un test de connaissances sur Naruto ?

Rouge XIII : Rien ne vaut la conne essence d'un concours de blagues.

Vincent : Il serait tout aussi envisageable de jouer à pile ou face.

Cait Sith : Ah oui, aussi !

Rouge XIII : Si c'est pile, on va à Fort Condor et tant pis si ça vous horri-pile.

Cait Sith : Hop !

Vincent : Quel est le résultat ?

Cait Sith : Face.

Youffie : Ha ha ! Dommage, Rouge XIII !

Rouge XIII : Déso-pile-toi tant que veux, moi je boude.

Youffie : Grand bien te face !

Rouge XIII : Ha ha ha ! … euh… je boude, disais-je.

Cid : Au lieu de faire les marioles, attachez vos ceintures, j'nous emmène à Corel Nord !

Barret : Au fait !

Cait Sith : Oui ?

Barret : Maintenant que Cloud et Tifa sont plus là, 'faut un nouveau chef !

Youffie : On a vraiment besoin de chef ?

Barret : ÉVIDEMMENT ! Un groupe sans chef, c'est comme un corps sans cerveau, ou come les Beatles sans Ringo Star !

Cait Sith : Et tu penses que le meilleur candidat pour cette tâche, ce serait…

Barret : Cid !

Cait Sith : …

Youffie : …

Vincent : …

Cid : Hein ?

Barret : Félicitations ! Te v'là leader-remplaçant !

Cid : Ah ben merci mon brave. C'est fantastique que t'aies compris où était ta place et où était la mienne ! J'tenais pas vraiment à être le boss à la base, mais après tout, le fardeau de l'homme blanc pèse sur mes épaules !

Barret : Super ! Et moi, en bon subordonné relatif, j'vais rester ici à veiller sur ce gros machin !

Cid : D'acc… une petite minute ! T'as dit ça juste pour pouvoir piloter le Hautvent en mon absence, nom de nom !

Barret : Ho ho ! Pas du tout ! Qu'est-ce que tu vas donc chercher, là ?

Cid : C'EST HORS DE QUESTION DE TE LAISSER SEUL ICI !

Barret : Oh. J'peux être le chef, alors ?

Cid : VA TE GRATTER AILLEURS SI J'Y SUIS !

C'est dans cette atmosphère survoltée que le groupe arriva en quelques minutes à peine sur le Continent Ouest, juste en face du campement précaire que Barret prit jadis pour une brocante. Rien n'indiquait a priori la présence de la maléfique multinationale sur ces lieux, et pourtant, dans le vieux McShinra désaffecté de l'autre côté des chemins de fer, les soldats grouillaient presque autant que les rats et les cafards.

Soldat : Dis-moi, Jean-Trevor, est-ce qu'il est encore bon, ce Méga-Big-Moc qu'on est venus chercher ? Ça fait des années que ce coin est abandonné !

Jean-Trevor : T'inquiète donc pas, Jean-Didier, ce machin-là tellement bourré de conservateurs et d'autres produits chimiques que c'est encore parfaitement mangeable maintenant. Le boss va se faire une de ces fringales !

Jean-Didier : Hop là ! C'est chargé dans le train ! Quelle chance qu'y ait des rails jusqu'au comptoir pour que le train puisse rentrer. T'imagines si on avait dû porter ça sur plusieurs mètres ?

Jean-Trevor : J'ose pas y penser, ça fait au moins cinq ou six kilos.

Jean-Didier : Allez, Jean-Loïc, lance le train !

Jean-Loïc : C'est partu, mon cul-cul !

Cait Sith : Regardez ! Ils sont là !

Jean-Didier : Merde ! Ces types bloquent l'entrée !

Jean-Loïc : Vitesse maximale !

Youffie : Écartez-vous !

Rouge XIII : Ouaaah !

Cid : Ouah… j'ai pu esquiver à temps…

Vincent : Où est Barret ?

Cid : Qui ? Oh, lui ? Il s'est mangé le train en pleine face. Ce sont des choses qui arrivent. Rien de cassé, vous autres ?

Youffie : Le train est déjà loin ! Vous croyez que ça va aller ?

Rouge XIII : Je suis certrain que ce boute-en-train est en train de botter l'arrière-train de l'autre fils de traînée !

Mais le quadrupède s'avançait vite en besogne, car à quelques dizaines de mètres de là, collé au nez d'un train lancé à toute blinde, le principal intéressé attendait son heure.

Jean-Loïc : Et voilààà ! C'est passé comme une lettre à la poste !

Barret : COUCOU, C'EST LE FACTEUR !

Jean-Loïc : AAAAaaah !

attendait l'occasion idéale pour réussir son entrée en scène semble toutefois plus adapté à la situation actuelle. Toujours est-il qu'en sursautant un peu trop fort, le soldat de la Shinra aux commandes de la locomotive tomba et fit une chute mortelle.

Fantôme d'Aerith : Et le prix de la mort la plus débile revient… à ce type.

Barret : AAAAaaah !

Peu s'en fallut pour que le chef d'Avalanchois, surpris de l'apparition de son amie décédée, ne subisse le même sort que le lauréat du prestigieux Darwin Award de Gaia.

Barret : Ouah ! Tu m'as foutu les pétoches !

Fantôme d'Aerith : C'est mon passe-temps favori.

Barret : Et donc sinon, ça va ?
Fantôme d'Aerith : Niquel, et toi ?

Barret : Oh ben ça va, ça va. Tu fais quoi de beau ?

Fantôme d'Aerith : Là, maintenant, tout de suite, j'suis dans un train roulant à fond la caisse et qui va pas tarder à s'écraser sur un campement de ploucs dans une explosion de sang, de tripes et de jurons. D'ailleurs c'est bien dommage que j'aie pas d'autre paquet de pop-corn.

Barret : OH !

Fantôme d'Aerith : …

Barret : Moi qui voulais justement t'en demander !

Fantôme d'Aerith : Ahem. Tu… crois pas que t'as d'autres préoccupations sur les bras ?

Barret : Hein ? AAAaaah ! Ouais ! Merde, j'avais zappé ! J'ai l'habitude à ce que ce soit Cloud qui fasse tout ! Bon, comment on arrête ce truc ?

Fantôme d'Aerith : Y a un levier rouge, là.

Barret : Hop !

Malheureusement, il ne s'agissait pas de la commande de l'arrêt d'urgence mais… de la fonction « cracher des flammes » de la locomotive.

Barret : YEAAAAAAH !

Fantôme d'Aerith : Énorme ! Refais-le !

Barret : Re-YEAAAAAH !

Fantôme d'Aerith : Maintenant cherchons ce bidule d'arrêt avant que tu te transformes en crêpe sarrasine.

Barret : Re-re-YEAAAAAH !

Fantôme d'Aerith : Bon allez, au lieu de faire le Barret, essaie le levier bleu.

Barret : D'accord, mais c'est bien parce que j'ai envie de survivre !

Il actionna alors de toutes ses forces le levier… qui se brisa entre ses doigts.

Barret : Oh.

Fantôme d'Aerith : Ha ha ha ! Je sais que je devrais pas me marrer, mais… c'est tellement con… ha ha…

Barret : Oh, je sais ! J'vais invoquer mon bidule !

Fantôme d'Aerith : Attends… tu veux parler de…

C'est ainsi que Barret viola la règle non-écrite de cette parodie, à savoir « chaque invocation ne sera utilisée qu'une fois », par ailleurs déjà brisée par Aerith et son Odin. En plus, maintenant elle est écrite. C'est un peu con. Toujours est-il que cette loi archaïque vola en éclats lorsqu'apparut, face au train, un chocobo surmonté d'un petit Mog. Prévoyant l'immense choc, Barret courut vers la queue du transport et sauta sur les rails une fraction de seconde avant le choc. Des plumes tâchées de sang volèrent alors pour la plus grande joie d'un spectre aux anges. Et tandis que le train, déraillant, chutait de la route qui bordait la falaise pour s'écraser en contrebas, Barret se releva péniblement, mais content d'être en un seul morceau.

Fantôme d'Aerith : De la vitesse, de la violence, des morts cons et du piaf crevé, que demande le peuple ?

Barret : Bon ben comme ça, la Shinra mettra pas la main ni la dent sur ce truc !

Fantôme d'Aerith : Bon, sur ce moi j'me casse. J'ai des tas d'autres trucs à faire.

Barret : Bisous !

C'est alors que retentirent des éclats de voix derrière lui.

Youffie : Barret !

Barret : Youffie !

Cid : Negro !

Barret : Ta mère !

Vincent : Vincent !

Cait Sith : Ravi de voir que tu ailles bien, Barret. On s'est fait du souci pour toi. Enfin, Youffie, Rouge XIII, Vincent et moi, on s'est inquiétés pour toi !

Barret : Rooh, 'fallait pas !

Cid : Voilà, exactement !

Vincent : Les retrouvailles étant réalisées dans la joie et la bonne entente, il est temps de repartir.

Youffie : Ouais, on doit maintenant les empêcher de chercher l'autre truc !

Barret : Le premier arrivé à l'Hautvent gagne le droit de le piloter !

Cid : Quoi ?! Attends un peu ! Reviens, bâtard !

Rouge XIII : Wouhouuuu !

Barret : C'EST PAS DU JEU T'AS QUATRE PATTES !

Rouge XIII : T'as quatre-availler dur pour me battre à patte couture !

Et dix petites minutes plus tard, à bord de l'aéronef…

Rouge XIII : Vive l'Hautvent, vive l'Hautvent, vive l'Hautvent driver !

Cid : AAAaaaah ! Tu vas nous écraser !

Youffie : Eeeuuaah… je sens que je vais être malade…

Cid : Va pas me dégueulasser le pont !

Barret : Bon ben maintenant il faut qu…

Cid : Et toi, combien de fois je vais devoir te dire que ta place est dans l'enclos à Chocobos !

Cait Sith : Il y a un enclos à bord ?

Vincent : Ce vaisseau a la mérite tout à fait particulier d'être très bien pourvu.

Barret : Allez, direction Fort Gondor !

Cait Sith : CONdor !

Barret : C'est toi, le con !

Cid : Dehors !

Rouge XIII : Arrête, tu vas le faire sortir de ses gonds !

Le trajet vers le Continent Est fut des plus rapides, et le groupe n'eut qu'à atterrir au pied du fort pour y entrer aussitôt. Là, une corde leur permettait de rejoindre le cœur de la base.

Rouge XIII : Mon corde-animal ne me permet pas de monter. Quelqu'un me porte ?

Barret : Hop !

Mais aucun d'entre eux ne s'attendait à découvrir, sitôt montée cette échelle rudimentaire, à un spectacle aussi morbide et chaotique. Sur une table gisait une carcasse rongée jusqu'à l'os appartenant jadis à un poulet, tandis qu'au sol gisaient des hommes en piètre état, nageant dans des flaques de… de bière.

? : Oooh…

Barret : Ben alors ? Pourquoi ils sont tous allongés sur le sol ?

Rouge XIII : Apparemment, c'est là Condor, ici.

Mais une alarme retentit aussitôt, extirpant les autochtones de leur torpeur enivrée. Tous se levèrent péniblement et, sans prendre garde à nos héros, s'en furent à leur poste. Seul un vieil homme resta sur place pour constater l'ampleur des dégâts.

Vieux : Non mais j'vous jure… ! À chaque victoire, c'est pareil ! Ils font la fêtent et boivent comme des trous jusqu'à ce qu'on nous attaque à nouveau !

Youffie : Qui c'est qui vous attaque ?

Vieux : La Shinra, bon Dieu ! Ça fait des semaines qu'on envoie des fusées de détresse sans arrêt et personne vient jamais nous aider ! Si ça continue, on finira par plus avoir de bière pour fêter les victoires, et qui sait dans quel état de colère mes hommes seront plongés !

Cid : Z'arrivez à résister à ces trous du cul depuis des semaines ?!

Vieux : Oh, c'est pas dur, ils attaquent toujours avec la même stratégie. Ils attaquent tellement souvent qu'ils prennent même pas le temps de changer de tactique entre chaque assaut. Enfin c'est la Shinra, quoi. Si c'étaient des stratèges, ça se saurait. Au fait, moi c'est Rick.

Cait Sith : D'après nos renseignements, ils préparent une grosse attaque. Ils en ont après l'œuf de condor qui est en haut du fort.

Vieux : Ah ! Alors ça y est, ils mettent le paquet ?! Eh bien ils ne l'auront JAMAIS ! Cet œuf géant est à nous ! C'est nous qu'on se fera une omelette d'enfer ! Ha ha ha !

Rouge XIII : Il n'y a pas de quoi être œuf-fort-Rick, vous savez.

Vieux : Ouah…

Vincent : Il s'incline.

Et soudain, une trompette lointaine retentit. Il s'agissait des troupes de la Shinra annonçant préalablement leur attaque. Ce qui était rudement sympa de leur part, bien que de ce fort perdu au milieu d'une grande plaine, il fusse difficile de se faire surprendre par l'ennemi.

Vieux : Aidez-nous, par pitié ! Cette fois-ci, l'armée est immense ! On n'arrivera pas à les repousser à la seule force de nos lance-pierre et de nos bâtons pointus !

Barret : T'inquiète donc pas, vieux Rick ! On va se les faire, tes lascars !

Rouge XIII : Prévoyez une longue lutte, hélas-car mes vannes ne suffiront pas à les repousser.

Cid : Allez, go !

Sur le flanc de la colline qui formait le Fort Condor – car il s'agit en réalité d'une forteresse naturelle – une terrible bataille faisait déjà rage : en effet, les fiers défenseurs devaient lutter contre une tenace gueule de bois tandis qu'au pied du fort, les troupes de la Shinra s'amoncelaient, prêtes à s'emparer de l'œuf tant convoité.

Vincent : Le contact avec les forces ennemies est imminent.

Youffie : Ce serait super si on pouvait invoquer des unités façon « jeu de stratégie » pour défendre le coin !

Cait Sith : Ils sont vraiment nombreux ! Sans Cloud et Tifa, je ne suis pas sûr qu'on arrivera à…

Barret : Tu peux pas te transformer comme l'autre coup, Vincent ?

Vincent : Ce serait envisageable, mais…

Fantôme d'Aerith : Pas de panique, y a Nesquik ! Et puis moi.

Youffie : Décidément, tu dois t'ennuyer pour venir nous voir deux fois d'affilée, comme ça.

Fantôme d'Aerith : J'voulais aller au cinoche, mais la séance est annulée, comme quoi y aurait « un putain de fantôme dans la salle ». Non mais j'vous jure… ils sont prêts à prendre n'importe quelle excuse pour pas bosser…

Youffie : D'accord, mais comment tu comptes nous aider, au j…

Cid : Bon, les gonzesses, vous avez fini de papoter ? On aimerait bien s'entendre réfléchir à un plan !

Fantôme d'Aerith : Facile, envoyons Rouge XIII pour qu'il leur sorte des vannes. C'est pas encore considéré comme un crime de guerre, alors profitons-en.

Rouge XIII : Ça me plaît guerre d'être instrumentalisé comme ça, mais allons-y !

Fantôme d'Aerith : Voilà, ça devrait nous laisser suffisamment de temps pour voler l'œuf et le revendre au marché noir. Je connais des types à Wall Market qui vendraient leur mère pour un truc pareil.

Cait Sith : Non, on ne fera pas ça !

Fantôme d'Aerith : Je rêve où le traître s'est transformé en Tifa n°2 ?!

Vincent : Il manque toutefois la poitrine.

Fantôme d'Aerith : …

Cait Sith : …

Youffie : …

Vincent : Il… s'excuse platement pour cet écart. Ce n'était aucunement digne de lui.

Fantôme d'Aerith : En fait, t'es un petit coquin, toi.

Vincent : Absolument pas.

Fantôme d'Aerith : J'suis sûr que la tonne de fringues que tu trimballes sur toi sert juste à cacher ta trique.

Vincent : Il n'a aucune turgescence à dissimul…

Fantôme d'Aerith : Oh, t'es impuissant alors.

Vincent : Mais… mais…

Cid : Non mais dites, on vous dérange, tous les deux ?!

Youffie : Ouais ! Même Barret, en construisant une p'tite muraille de terre, il se rend plus utile que vous !

Barret : J'vais faire le plus grand mur qu'on a jamais vu !

Cait Sith : Allez, lève-toi Barret, c'est sale par terre.

Cid : Y nous faut un plan, et vite, parce qu'ils sont en surnombre !

Youffie : Ouais, Rouge XIII les retiendra pas très longtemps !

Rouge XIII : C'est Condor-donner à des soldats de se mobiliser en nombre pour un œuf Condor-lote ici depuis des années !

Chef Shinra : Avancez ! Avancez, vous dis-je !

Soldat A : N… non ! Hors de question ! Imaginez qu'il fasse une autre blague ?!

Rouge XIII : Vous, la Shinra, n'êtes que des rats chinois juste bons à rechigner, j'en ais ras l'échine de vos chicaneries au ras des pâquerettes !

Soldat B : AAAaaargh !

Soldat C : Ça n'a même pas de sens !

Chef Shinra : AVANCEZ, SINON JE VOUS FAIS FUSILLER POUR L'EXEMPLE !

Soldat A : Aaaah ! D'accord ! D'accord ! On y va !

Rouge XIII : Zut et rezut, j'dois m'y plier et me replier !

Youffie : Voilà ! Qu'est-ce que je disais ! Il va falloir se battre !

Barret : Ha ha ! Vous inquiétez pas ! Mon méga mur va les arrêter !

Chef Shinra : Hop !

Barret : IL A DONNÉ UN COUP DE PIED DEDANS ! MONSTRE !

Cait Sith : Allez Vincent, c'est le moment de te transformer !

Vincent : D'acc…

Soldat A : REGARDEZ !

Soldat C : ILS ONT UN FANTÔME AVEC EUX !

Fantôme d'Aerith : UNE fantôme, enfoirés de sexistes.

Soldat B : SAUVE QUI PEUT !

Youffie : Utiliser les morts pour gagner un combat… j'ai l'impression d'être en train d'utiliser l'Edo Tensei !

Chef Shinra : Ça suffit ! Je vais me voir dans l'obligation de… AAAaaaargh !

Barret : ÇA C'EST POUR MON MUR, PASSE-MURAILLE DE MES DEUX !

Le trépas du commandant ne fut pas pour rien dans la panique générale qui s'empara de l'armée, tout comme l'amplification des rumeurs courant au sein de la gigantesque troupe. Ainsi, de bouche à oreille, « Ils ont un fantôme » se transforma en « Ils ont un tyrannosaure zombie avec des tentacules qui tire des lasers et vénère Satan ». Autant dire que l'effroi qui emplissait le cœur des fuyards était plutôt conséquent.

Youffie : Ah, la puissance du téléphone arabe !

Cid : « Téléphone arabe » ? Qu'est-ce que c'est, ça ? Un ShinraPhone qui explose quand on le met en Mode Avion ?

Fantôme d'Aerith : Qu'est-ce que vous feriez sans moi ?

Youffie : C'est vrai que… euh… Barret, qu'est-ce que tu fais ?

Barret : J'fais un nouveau mur. La prochaine fois, ils l'auront pas !

Cait Sith : Regardez, il se passe quelque chose en haut de la colline !

En effet, l'œuf qui trônait au sommet du fort se mit à trembler, puis fut pris de violentes secousses. L'instant qui suivit, un énorme trou l'ornait, d'où jaillit une aile… ardente.

Youffie : Appelez les pompiers !

Barret : J'ai toujours voulu être pompier !

Cait Sith : Non, attendez ! Je crois que c'est…

Et en effet, c'était. C'était quoi ? C'était un Phénix. Une créature resplendissante aux plumes de feu, qui après avoir brisé sa coquille, s'envola en laissant dans le firmament un sillage incandescent.

Fantôme d'Aerith : J'aime bien voir les oiseaux brûler.

Cid : Ils croyaient que c'était un condor alors que c'était un piaf enflammé ?! Quelle bande de bites !

Vieux : Bon… pour l'omelette géante, je suppose que c'est raté.

Youffie : C'est la seule raison pour laquelle vous veilliez sur lui ?!

Vieux : Qu'est-ce que vous vouliez qu'on fasse d'autre ? C'était probablement la seule occasion qu'on avait d'en manger ! Mes hommes sont retournés à leur biture, alors j'ai plus qu'à retourner élever des lamas dans ma campagne reculée.

Cait Sith : Et nous, que fait-on ?

Youffie : On va retrouver Cloud et Tifa ! Enfin surtout Tifa, quoi, vu l'état de notre leader…

Vincent : Fort bien, il propose de partir dès que… dès que… mais qu'est-ce que…

Cid : Dis-donc, le pygmée, tu fous quoi ?

Barret : Je modèle des tours de garde sur mon mur !

Cait Sith : Et c'est normal qu'elle soit… phalliques ?

Barret : Faquoi ?

Vincent : En forme de pénis.

Barret : Péquoi ?

Youffie : Ça ressemble un peu à un trilili, quoi.

Barret : Mais non, z'avez l'esprit mal tourné !

Vincent : Pas le moins du monde...

Fantôme d'Aerith : C'est ça, à d'autres.

Cait Sith : En tout cas, la forme ne laisse aucun doute…

Cid : Bon, on peut y aller maintenant ?! Et le toutou, il est où ?

Rouge XIII : Le toutou tout doux a trouvé une toute nouvelle matéria rouge. Elle invoque notre nouveau pote Phénix.

Youffie : Allez, maintenant que c'est fait, Tifa nous attend alors on y va !

Et ils y allèrent.