Chapitre 36 – Shinra's Over, Mutherfocker

Reeve : Heidegger ! Scarlet ! Que se passe-t-il ?!

Heidegger : Oh, trois fois rien, mon coco ! Le président Rufus répond pas aux appels, on a perdu le contact avec un ou deux quartiers et Hojo est en train de péter les plombs sur le canon. Apporte-moi une bière dans le frigo, tu veux ?

Scarlet : Un verre de vin pour moi.

Reeve : Mais… mais il faut faire quelque chose ! Envoyons des secours dans les quartiers touchés par l'attaque, et demandons aux forces spéciales de s'occuper de ce savant fou avant qu'il ne fasse tout exploser !

Heidegger : Relax, bonhomme ! Le cours de la Bourse de Midgard a pas encore chuté, Scarlet et moi on en profite pour vendre nos actions pendant qu'il en est encore temps. Bon, cette bière, elle vient ?

Scarlet : Et j'attends toujours mon vin !

Reeve : Vous êtes inconscients, ma parole ! Puisque vous ne réagissez pas, c'est à moi de le faire ! Je vais faire arrêter Hojo ! Efforcez-vous d'envoyer une aide médicale dans les quartiers touch…

Heidegger : Dis-donc, j'aime pas trop la façon dont tu nous parles, Reevounet…

Scarlet : C'est comme si… tu nous donnais des ordres…

Heidegger : Tu sais, maintenant que Rufus est « incapable d'exercer ses fonctions », c'est nous les patrons…

Reeve : Impossible, il aurait fallu rassembler le comité d'élection du directeur, mais dans ces conditions…

Scarlet : Ho ho ho ! Il se trouve qu'on en sort tout juste ! En l'absence des autres membres du comité qui n'ont même pas fait l'effort de deviner la date, le lieu et l'existence d'une réunion en cette fin d'après-midi, nous avons tous les deux décidé de nous octroyer les pleins pouvoirs !

Reeve : C'est contraire à la charte de la Shinra !

Heidegger : Et toi, t'es contraire à la charte de mes couilles ! Allez les gars ! Coffrez-le ! J'veux plus entendre parler de ce rigolo !

Reeve : Lâchez-moi ! Cloud ! Tifa ! Tout le monde ! Vous avez entendu ? Arrêtez Hojo avant qu'il ne détruise la ville en surchargeant le canon !

Scarlet : Mais il est fou, ma parole !

Heidegger : Tiens, en 41e charge d'accusation, à côté de « Haute trahison » et « Complot pour dévaliser le président de son goûter », on mettra « Folie qui saoule tout le monde » !

Scarlet : Hohohoho !

Heidegger : Bouahahaha !

Reeve : VOS GUEULES !

Mais revenons dans le Hautvent, où le groupe de héros n'avait pas manqué une miette de la conversation qui venait de se tenir dans les hautes sphères de la plus grande compagnie du monde.

Vincent : Voilà qui semble très préoccupant…

Cloud : Plutôt, ouais. Pas besoin de vous demander si vous êtes prêts à défoncer du scientifique aux cheveux graisseux ?

Barret : Ça dépend, tu parles d'un type qui essaierait de trouver un remède au Sida ?

Cloud : Non, de Hojo.

Barret : J'refais mes lacets et on y va !

Rouge XIII : Là-c'est bon pour moi, on peut y aller !

Youffie : Moi je veux bien, mais comment on va l'atteindre, ce sale kuso yaro?

Cid : On a qu'à le bombarder depuis le ciel !

Tifa : Surtout pas ! On risquerait de faire des dégâts collatéraux !

Cloud : Ouais, enfin ça avait pas l'air de te déranger, quand on faisait péter des réacteurs…

Tifa : J'ai changé ! Barret aussi ! Nous avons tous muri au cours de notre aventure !

Barret : Merde ! J'ai encore noué mes chaussures ensemble !

Tifa : Bon, je ne sais pas pour lui, mais moi en tout cas, je me sens plus mature qu'au début de notre aventure !

Cloud : D'accord, d'accord, je te crois.

Youffie : N'empêche que ça répond toujours pas à ma question, tout ça…

Vincent : Et pourquoi pas un saut en parachute ?

Cloud : Ouais, on va sauter directement sur cet enfoiré et lui faire sa fête !

Tifa : Oui !

Cloud : Allez, on y va !

Barret : En rou… Aïe ! J'ai tombé !

Cloud : Refais tes lacets comme il faut !

Cait Sith : Un, deux, un, deux.

Tifa : Tiens ? Cait Sith, tu… enfin Reeve, tu as réussi à mettre la main sur les commandes malgré ta situation ?

Cait Sith : Hein ?

Cloud : Y a quelque chose qui cloche…

Cait Sith : Bouahahahaha !

Youffie : Aaah ! Il essaie de me tuer !

Cait Sith : JE LE SAVAIS ! CE SALOPIOT ÉTAIT UN TRAÎTRE ! IL FRICOTE AVEC L'ENNEMI !

Cloud : Hop !

Cait Sith : Gaaaah…

Cloud : Maintenant, attachons-le. J'ai pas trop envie de savoir ce robot-mog-chat libre sur notre aéronef tant que le nouveau dirlo de la Shinra le contrôle.

Barret : Bon, j'ai changé de chaussures et j'en ai mis avec des scratch, on peut y aller !

Tifa : Parfait, en route !

Quatre minutes plus tard, alors que le scientifique exultait toujours sur un canon si chargé d'énergie qu'il en débordait d'électricité, le groupe se jeta du haut de l'Hautvent.

Cloud : OUAAAAH !

Tifa : AAAAAH !

Barret : JE VOOOOLE !

Rouge XIII : VOLE-A DONC DE QUOI ÇA A L'AIR, DE SAUTER EN PARACHUTE !

Cid : BORDEEEEL !

Youffie : BEUAAaaargh !

Vincent : SES VÊTEMENTS !

Youffie : DÉSOLÉEEE !

Mais si le Soleil venait de se coucher, le vent quant à lui n'avait pas hésité à se lever au pire moment : en une rafale, l'escouade aéroportée fut balayée hors de sa trajectoire.

Cloud : MEEEERDE !

Ce fut un miracle qu'aucun membre du groupe ne se mangea le coin d'un immeuble, car l'atterrissage mouvementé eut lieu dans un quartier résidentiel, à quelques kilomètres du canon.

Cloud : Ça va nous prendre un sacré bout de temps d'y monter !

Cid : C'est une alarme qu'on entend ?

Haut-Parleur : Alerte ! Alerte ! Éléments indésirables détectés dans l'enceinte dans la cité.

Cid : Ah ! Ils ont repéré Barret !

Haut-Parleur : Les terroristes d'Avalanchois sont armés et dangereux. Si vous les apercevez, prévenez de suite les autorités.

Barret : Ooooh ! Ils ont enfin compris ! J'en verserais bien une p'tite larme ! D'ailleurs c'est ce que je suis en train de faire, là. Snif… Biggs, Wedge, Jesse, votre sacrifice n'a pas été vain… Bouhouhou…

Midgardien : Regarde, Micheline ! Ce sont eux ! Préviens la police !

Tifa : On ne peut pas rester à découvert !

Cloud : Ça tombe bien, parce qu'on dirait qu'y a justement une plaque d'égout qu'on peut soulever, ici. Hop ! Une fois qu'on aura descendu cette échelle, on risquera moins de se faire repérer.

Micheline : Regarde Roger ! C'est l'homme qui a fait pipi sur un soldat à la télévision !

Barret : Hey salut ! Ça gaze ?

Youffie : Ramène-toi, Barret !

Sitôt le terroriste le plus médiatique du monde entré dans cette voie souterraine, l'accès en fut refermé, et le groupe se retrouva plongé dans l'obscurité. Du moins, pas pour longtemps, car sitôt l'échelle descendue, ils découvrirent avec stupeur qu'ils n'étaient pas dans des égouts, mais dans une vaste salle remplie d'échelles, de coffres, de conduits d'aération menant d'un point A à un point B et de plateformes qui avaient davantage leur place dans un donjon urbain de RPG que dans un système souterrain efficace. Pour essayer d'apporter une certaine cohérence à ce décor pour le moins troublant, on partira du principe qu'il s'agit d'une… euh… usine de traitement de déchets. Voilà. Avec des échelles partout. Comme ça les traiteurs de déchets peuvent s'amuser à monter et à descendre en faisant les zazous pendant leurs pauses déjeuner. Heureusement il n'y avait aucun employé à cette heure-là de la journée.

Cloud : Allez, on se dépêche !

Tifa : Le chemin se divise en plusieurs échelles, de ce côté.

Vincent : Laquelle prendre ?

Cloud : Je sais pas. Choisis un chiffre entre un et dix.

Vincent : Mmh… Huit.

Cloud : On prend cette échelle-là.

Vincent : Ce verdict résulte-t-il d'un choix entre nombres pair et nombre impair ?

Cloud : Non, je me suis juste décidé pendant que tu réfléchissais.

Le même manège se réitéra quelques barreaux plus bas, le choix de Cloud ne porta pas chance au groupe : si celui-ci dénicha un petit coffre au contenu insignifiant dans le cul-de-sac qui achevait sa route, le vil Hojo avait profité de ce laps de temps pour faire le Mal. D'ailleurs, intéressons-nous un petit peu à ce qu'il se passait du côté du scientifique entouré d'une chiée d'éclairs.

Hojo : HA… HA… HA… JE SUIS… TOUJOURS AUSSI MÉCHANT !

Tout compte fait, retournons du côté de nos lascars qui peinaient à faire leur choix, parvenus à un cinquième choix d'échelles.

Cloud : J'ai déjà plus aucune inspiration pour trouver un moyen de choisir.

Youffie : On pourrait demander à tout le monde de voter en se mettant devant l'échelle qu'ils veulent descendre, pis on se pèse et le groupe qui a le plus grand poids au total gagne !

Cloud : Mmh…

Youffie : T'en penses quoi ?

Cloud : C'est complètement con.

Rouge XIII : Je vois poids pourquoi. Ch'échelle-chi que je choisis, moi ! Allez !

Cloud : Je crois qu'on va plutôt prendre l'issue de droite. Ramenez-vous.

Celle-ci les mena vers un conduit de ventilation. Et que faire lorsqu'on est un personnage de jeux vidéo et que l'on voit un conduit de ventilation ? On se jette dedans, bien entendu.

Barret : J'étais là le premier !

Cid : Tire-toi de là ! D'abord vous bloquez l'accès aux emplois, et maintenant c'est celui à la pièce suivante !

Cloud : Mais COMMENT vous avez foutu pour y rester bloqué à deux ?

Cid : Ben j'ai sauté…

Barret : Et moi aussi…

Cid : Et y m'a lancé un sort vaudou…

Rouge XIII : Vous êtes vraiment des veaux, doux Jésus…

Vincent : Il propose de lancer un sort de foudre pour déloger les deux bloqueurs.

Cid : AAH ! D'ACCORD ! D'ACCORD ! JE ME RETIRE !

Barret : NAN ! MOI D'ABORD !

Et finalement, les deux compères s'extirpèrent du conduit dans un bruit de tire-bouchon qui rappela à Vincent de lointaines soirées d'apéro. Après plusieurs minutes à ramper dans cet endroit crasseux et étroit, les sept membres du groupe eurent la surprise de se retrouver sur la voie du réseau ferroviaire souterrain.

Cloud : Parfait, parfait. Maintenant, on a plus qu'à avancer dans… cette direction, en toute logique. Oh, et prier pour qu'un train passe pas par ici en nous transformant en pancakes, aussi. Ce serait pas cool.

Tifa : Ça m'étonnerait que le réseau soit desservi, vu les dégâts causés par l'Arme et le danger que représente Hojo. En fait, je me demande même s'ils ont encore suffisamment d'énergie pour faire fonctionner les transports publics.

Youffie : Ouais, ben on devrait se magner avant qu'ils en aient plus assez pour regarder la télé !

Ils se hâtèrent donc en courant sur les rails tout en tendant l'oreille de peur qu'un lointain « Tchou tchou » ne vienne annoncer leur mort. Mais à défaut d'un tel son, ils furent accueillis par un « Tiens donc, mais qui voilà ? ».

Barret : Ah ! C'est…

Cloud : Va-t-il se planter ?

Barret : Georges, Catherine et André !

Cloud : Si vous me cherchez, je serai en train de pleurer dans un coin.

Reno : C'EST RENO, CRÉTIN ! RENO !

Elena : Oui, enfin ton prénom complet, c'est quand même Reno-Philippe-Timothée.

Reno : JE T'INTERDIS DE LEUR DÉBALLER ÇA !

Cloud : Ça aurait pu être pire, elle aurait pu nous révéler que tes cheveux ont toujours été faux.

Reno : …

Elena : …

Cloud : …

Elena : …

Reno : …

Elena : Ben quoi ? Pourquoi vous me regardez tous comme ça ? Ils sont vrais. Je crois.

Cloud : J'suis un peu déçu, quand même…

Reno : JE VAIS TE SAIGNER ! YAAAH !

Rude : Ça sert à rien de l'attaquer de front, Reno.

Reno : Gnn… J... je sais… JE SAIS ! Je suis… très calme…

Cloud : T'es sûr ? Tes cheveux ont l'air tendus. À moins que ce soit un reste de la décharge électrique qu'ils ont reçu à Gongaga…

Reno : GRNIOUFNAAAH !

Vincent : Tout doux.

Un « Pan » plus tard, le Turk était calmé.

Reno : Aaah…

Elena : Ah ben c'est malin ! Il est tout plein de sang, maintenant ! J'vous félicite pas !

Rude : C'est un peu de sa faute, quand même…

Elena : Hé ! T'es de quel côté, toi ?

Rude : Euh…

Reno : Oooh…

Elena : Ah ! On a oublié de vous dire ! On savait que vous viendriez ici alors on s'est postés ici pour régler nos problèmes une bonne fois pour toutes !

Tifa : Euh… oui, on avait plus ou moins deviné…

Cid : Et le salopard qui fait mumuse sur son canon, vous vous en malaxez les kiwis ?

Rude : C'est pas nos priorités.

Reno : On… on est… que des agents de Stups…

Elena : Voilà, et on a une affaire à régler avec vous. Enfin surtout Reno, en fait. Rude et moi, on vous aime bien, même si vous avez failli nous tuer plusieurs fois.

Reno : Rude ?! C'est vrai, ce qu'elle dit ?

Rude : Rouge XIII est plutôt rigolo…

Elena : Oui, et il est amoureux de Tifa.

Tifa : HEIN ?!

Rouge XIII : Un rigoriste qui loue mes blagues et qui a la gaulle pour les gros lolos, ça c'est rigolo !

Elena : Ah oui, tiens, j'aurais peut-être pas dû le dire. 'Manquerait plus que je parle de l'amour de Reno pour…

Reno : CETTE FOIS ÇA SUFF... AAaaagh…

Rude : Ne bouge pas, tu vas te faire mal.

Cloud : Dis donc, t'es rouge pivoine, Rude.

Tifa : Je… ne sais pas trop quoi dire…

Cid : Bon, bon, bon, on va faire un marché. Vous dégagez d'ici vite fait bien fait, et on essaiera de pas vous découper pas en morceaux !

Elena : Hé ! On bougera pas d'ici ! On va venger l'honneur perdu de Reno ! C'est pas de gaieté de cœur, parce qu'il est vachement chiant quand il s'y met, mais c'est ce que font les Turks !

Rude : Tout juste.

Reno : Vengez… moi…

Elena : Yaaaah !

Vincent : Doit-il tirer à nouveau ?

Youffie : Nan, laisse-nous-en un peu !

Tifa : Hop !

Rude : Hmph !

Tifa : Que… belle esquive !

Rude : M… merci…

Tifa : Ne relâche pas ta garde !

Rude : Mmh…

Tifa : Hé ! Mes yeux sont ici !

Rude : Oui.

Tifa : Concentre-toi sur le combat !

Rude : Mmh…

Tifa : ARRÊTE DE MATER MES SEINS !

Rude : Hein ? Oh.

Tifa : PRENDS ÇA, PERVERS !

Rude : Bouaaargh !

Elena : Oh non ! J'suis toute seule !

Youffie : C'est entre toi et moi !

Barret : Et nous, on pue ?

Cid : …

Barret : Toi, ferme ta boîte à camembert !

Cloud : Laissons-les s'éclater entre jeunettes.

Youffie : Tu vas perdre, p'tite blonde !

Elena : Ha ! Rêve toujours, la pimbêche ! J'ai un pistolet tranquillisant !

Youffie : Et moi un fuma shuriken !

Elena : Et moi une matraque en acier !

Youffie : Et moi des kunais !

Elena : Et moi un gilet par balle !

Youffie : Et moi un pull-over vert super mignon !

Elena : Et moi un costume-cravate bleu super classe !

Youffie : Et moi une minijupe beige qui en jette !

Elena : Et moi une petite culotte en dentelle !

Youffie : Et moi un bracelet en acier !

Elena : Et moi des boucles d'oreilles en argent !

Youffie : Montre !

Elena : Regarde !

Youffie : Ouaaah ! Elles sont trop belles ! Tu les as eu où ?!

Elena : Chez Shinradior ! Elles étaient à moitié prix !

Youffie : C'est où ?

Elena : À Junon, je t'y emmènerai !

Youffie : Samedi après-midi, t'es disponible ?

Elena : Ouais ! On ira manger au Flunch, après.

Youffie : Super ! Attends, je te passe mon numéro…

Cloud : Ahem… ça va, on vous dérange pas ?

Cid : TRAÎTRESSE !

Youffie : Hé ! Un vrai ninja sait transformer ses ennemis en amis ! Elena, c'est un peu ma Gaara à moi. Enfin sans la sale tête et l'air un peu méchant.

Elena : Et moi j'ai toujours voulu avoir une copine hors-la-loi ! Voyons voir… sur ma liste, il me reste plus qu'une copine transsexuelle, une copine obsédée par les poupées de porcelaine et une copine qui vote Bayrou.

Rouge XIII : Ce combat était d'un ennui ! J'en baille-et-roupille !

Reno : Argh… on dirait que vous avez le champ libre…

Cloud : Ouaip.

Reno : Entre nous, ça m'arrange un peu. C'est vrai que c'était un peu con de vous attaquer alors que vous étiez en train de sauver la ville de l'autre taré.

Cloud : Ravi que tu t'en sois rendu compte.

Reno : Je compte sur vous pour lui botter le cul.

Cloud : Fort bien. Je prierai pour qu'un train pas arrive pendant que vous êtes étalés sur les rails.

Tifa : Il y a une échelle de ce côté !

Cloud : C'est la première qu'on voit depuis un moment. Y a plus qu'à espérer qu'elle nous mène où on veut.

Et comme l'espoir est une chose incroyablement puissante, nos amis surgirent dans la rue menant à l'escalier qui liait le sol et le canon Sœur Ray.

Cloud : Niquel ! Allez, maintenant on…

La phrase du leader fut interrompue par une secousse. Le genre de secousse qui ne présageait rien de bon.

? : BOUAHAHAHAHA !

? : HOHOHOHOHOHO !

Cid : Manquait plus que la Belle et la Bête !

Tifa : Tu la trouves « belle » ? Elle est maquillée et refaite de partout !

Cid : Peut-être, mais c'est quand même une sacrée bonasse !

Rouge XIII : Elle surtout bonne-à-se prendre des claques, et c'est pas le robot géant sur lequel ils sont tous les deux perchés qui va nous en empêcher !

Cloud : Heidegger, Scarlet, quelle chance que vous soyez là. L'espace d'un instant, j'ai cru que vous survivriez à notre super opération commando.

Scarlet : Quelle impertinence !

Heidegger : Quel culot !

Scarlet : Quel toupet !

Heidegger : Quel enculé !

Scarlet : Allez ! Que le spectacle commence ! Hohohohoho !

Heidegger : Bouahahaha !

Scarlet : HOHOHOHOHO !

Heidegger : BOUAHAHAHA !

Cloud : Ha ha. Ouais. Super. Génial. Allez, ramenez-vous.

Mais l'attitude des deux pontes de la Shinra n'était pas que de la frime, surtout aux commandes du Méga Lourdaud, le robot géant dans lequel était passé tout le budget de l'armement, et autant vous dire que ce dernier est plutôt conséquent. Ainsi, le mécha méga-dangereux fit les choses en grand en commençant par lancer un rayon laser dévastateur. Sérieusement, c'est quoi le trip de ces 5-6 derniers boss avec les lasers ? L'auteur de ces lignes n'était pas le seul être à s'en exaspérer. Tandis que chacun se relevait péniblement de la pirouette qui leur avait fait esquiver l'attaque, l'un d'entre eux s'avança, déterminé et à quatre pattes, vers son ennemi.

Rouge XIII : Cette fois, ça suffit. On m'en a empêché pendant des jours… des semaines…

Cloud : Rouge XIII, non !

Tifa : Ne fais pas ça !

Youffie : Cette technique est interdite ! … vous parlez de quoi, en fait ?

Barret : J'sais pas, j'pige rien à ce qu'y se passe.

Heidegger : Qu'est-ce qu'y veut, le toutou ?

Scarlet : Il souhaite sans doute une caresse avec la pointe acérée du pied de Méga Lourdeau !

Rouge XIII : Vous ne me laissez pas le choix.

Cloud : Tout le monde ! Bouchez-vous les oreilles !

Rouge XIII : Père, regarde-moi… je vais te rendre fier…

Heidegger : Qu'est-ce qu'y murmure ? Hé, Scarlet, monte le son des micros, j'entends que pouitsh !

Rouge XIII : Heidegger ! Scaret ! Wesh les târba, on va vous mettre… LA ZERMI !

Heidegger : …

Scarlet : …

Cloud : C'est bon, c'est passé ?

Tifa : On dirait.

Heidegger : La vie… est tellement futile…

Scarlet : Pourquoi exister lorsqu'il y a tant à gagner à disparaître de ce monde ?

Heidegger : Seul le présent est, l'avant et l'après ne sont pas ; mais le présent concret est le résultat du passé et il est plein de l'avenir. Le Présent véritable est, par conséquent, l'éternité.

Scarlet : Quoi ?

Heidegger : Rien, j'délire. Ça doit être un genre d'égarement pré-mortem.

Scarlet : Je voulais te dire, Heidegger…

Heidegger : Moi non plus, j'ai jamais pu te piffrer.

Scarlet : Oh, très bien, alors. Ravie de t'avoir haï.

Heidegger : Moi aussi, ma chère connasse, moi aussi…

Et là-dessus, le Méga Lourdaud tira un nouveau rayon laser dans sa proche bouche, mettant fin à l'existence de ces deux lascars. Laser. Je ne verrai plus jamais ce mot de la même manière. Le voilà condamné au cimetière du vocabulaire infortuné, au milieu de « pipe », « quenelle » et « chatte ».

Youffie : J'ai… j'ai quand même voulu écouter… j'aurais pas dû…

Barret : QUAND EST-CE QU'ON POURRA SE DÉBOUCHER LES OREILLES, DITES ?!

Cloud : Allez, ramenez-vous. Il faut pas qu'on traîne.

Barret : C'EST BON, MAINTENANT ?

D'ici à ce que l'escouade de choc montât les escaliers de fer, le chef initial d'Avalanchois avait enfin deviné qu'il était temps de mettre fin à sa surdité artificielle. Et il s'exécuta au bon moment, car une poignée de secondes plus tard, Hojo se tenait devant eux… ou plutôt son dos, puisqu'il était occupé à manipuler les commandes du canon en pleine surcharge.

Barret : Tu vas crever, Jojo !

Cloud : Il est temps de payer pour tes crimes. Et non, on accepte pas les pots de vin. Enfin ça dépend de ce que t'offres.

Tifa : On n'acceptera RIEN DU TOUT !

Vincent : Hojo… tu es le vice incarné… tu lui as volé la seule femme qu'il ait jamais aimé, la seule femme qu'il aimera jamais, tu l'as traitée comme un déchet sans valeur, tu l'as manipulée selon tes désirs…

Hojo : Je suppose… que ce curriculum vitae me définit… assez bien…

Cid : Et tu fous quoi, là, au juste ? Tu te pignoles avec l'électricité statique ?

Hojo : Non… j'envoie de l'énergie… à mon fils…

Cloud : J'ai… peur de comprendre…

Hojo : Il a… besoin de cette Mako… je la lui enverrai… par un tir qui la lui apportera dans son... antre… Mon fils…

Cloud : Tu veux dire… comme un genre de fils spirituel ?

Hojo : Ha… ha… Pauvre inconscient… d'où crois-tu que ce garçon… est venu ? Un spermatozoïde a bien dû… féconder l'ovule de cette… traînée de Lucrecia…

Vincent : Tu… tu…

Hojo : Alors oui… Je suis… le père de Sephiroth…

Rouge XIII : Tu père rien pour attendre !

Vincent : C'EST TOI QUI AURAIS DÛ RESTER DES DÉCENNIES DANS UN CERCUEIL À GRATTER LE COUVERCLE POUR NE TE NOURRIR QUE DE PETITS BOUTS DE BOIS ! Et pas… et pas… l… l… et pas… MOI !

Cloud : Que…

Vincent : AUJOURD'HUI, JE VAIS ME VENGER !

Hojo : Ha… ha… j'aimerais bien voir ça… pauvre Turk… de pacotille…

Vincent : TRANSFORMATION !

L'homme qui avait enfin embrassé sa propre identité disparut, enveloppé au milieu du tourbillon de fumée. Lorsque cet écran gris se dispersa, une silhouetta se leva lentement. Brun, vêtu d'un uniforme militaire, il levait dans une posture autoritaire son bras muni d'un brassard orné une croix toute particulière. Petit détail que la description déjà évidente rend obsolète : il portait une mince moustache reconnaissable entre mille.

Adolf Hitler : Ach, vous me rappelez le Dr Mengele.

Hojo : Je ne vois pas… de quoi vous parlez… Je suis le professeur Hojo…

Adolf Hitler : Tiens donc, c'est sémite ça, non ?

Hojo : Quelles… ridicules allégations… sachez que je… rrr… raah…

Adolf Hitler : Pauvre fou, mon poufoir est illimité…

Hojo : Gnnnn… haaa… ha… haa… aaaarrrgh…

Le professeur aux cheveux graisseux s'écroula alors, les poumons remplis de Zyklon B. Quant au Führer, considérant que son travail était terminé, il s'accroupit pour laisser Vincent reprendre sa forme initiale. Les autres membres de la troupe, quant à eux, s'étaient repliés dans un coin discret par souci de ne pas être vus en compagnie d'un personnage aussi sinistre.

Vincent : I… JE refusais de M'en servir, mais il y… mais… J'y étais forcé…

Cloud : Y a… y a pas de mal… juste… ça surprend…

Barret : Bon ben maintenant que c'est terminé, on va pouvoir…

Mais ce n'était pas terminé. Un nouveau rire éclata, plus angoissant que jamais, et le cadavre du père de Sephiroth se releva avant de prendre des proportions grotesques. Deux fois plus grand et plus gros, il était devenu difforme, comme un mutant dans un film de série Z.

Hojo Héllétique : HAAA HAAA HAAA HAA !

Youffie : Oh non ! Encore un plagiat d'Akira !

Cid : Il a pété les plombs !

Hojo Héllétique : Ha…. HA…. HAAAAA ! JE… VAIS… VOUS… EXTERMINER… !

Cloud : C'est gentil de proposer, mais non, vraiment, ça nous intéresse pas.

Tifa : Tous sur lui !

Youffie : Crève !

Vincent : Quel dommage qu'il… ME soit impossible de ME transformer à nouveau en si peu de temps.

Cloud : Entre nous, j'aime autant qu'on en reste à ton toi normal...

Tifa : Oui, et je n'ose pas trop imaginer de quoi doit avoir l'air ta transformation ultime…

Vincent : Il s'agit du vice incarné… mais il M'est impossible de M'en servir.

Rouge XIII : Si ça peut vous rendre ser-vice, je peux blaguer un peu pour le déstabiliser ?

Cloud : Non merci. On a déjà donné.

Youffie : Hé ! Un coup de main, ce serait pas de refus !

Hojo Hellétique : ET... UN COUP DE GRIFFE… TU AIMES… ?

Youffie : Ah ben non !

Barret : Bas les pattes, gros dégueulasse ! Elle est mineure !

Cid : Viens voir par ici, si tu l'oses !

Barret : Nan ! Par ici !

Cid : Ici !

Barret : Bouaaaah !

Cid : Yaaaah !

Affaibli par les coups répétés des deux rivaux qui l'avaient atteint pendant que Cloud, Tifa, Rouge XIII et Vincent discutaillaient tranquillement, la seconde forme d'Hojo n'était déjà plus très loin du trépas, mais l'attaque conjointe du bras-mitrailleur de Barret de la lance de Cid fut si efficace qu'elle le précipita dans sa tombe. Enfin, sa fosse commune. Ou plutôt, juste le sol. Ils n'allaient tout de même pas s'embarrasser avec un enterrement…

Cloud : Bon ! Maintenant que…

notamment parce que cet homme incroyablement retors n'avait toujours soufflé son dernier râle. Dans un nouveau rire démoniaque, sa nouvelle et dernière forme surgit bientôt du cadavre mutant : une espèce de fantôme flottant, gris, noir et jaune, dont l'un des bras se prolongeait en un fouet si long qu'il s'enroulait en spirales autour de son corps.

Hojo Forme de Vie : Haaaa…. ..a…a..a…a…. …a….

Cloud : O.K, là ça commence vraiment à me taper sur les nerfs.

Barret : C'EST MOI QUI L'AI TUÉ !

Cid : NON C'EST M… Oh merde ! Il est increvable ou quoi ?!

Barret : Ah ouais, tiens, il est pas mort. M… MAIS CHANGE PAS DE SUJET ! JE L'AI BUTÉ ET PAS TOI !

Tifa : On va devoir de nouveau retrousser nos manches…

Youffie : Il a quand même l'air vachement balèze, là…

Vincent : JE suis déterminé à l'envoyer dans les limbes !

Mais le principal concerné, lui, n'était pas prêt à se laisser tuer ainsi. Aussi prit-il le soin de foutre une sévère branlée à tous ceux qui l'entouraient.

Tifa : Argh ! Il… il est si puissant !

Youffie : Ça a rien à voir avec toute à l'heure !

Barret : J'ai mal au ventre !

Cid : L'enfoiré ! Avec ce bras, il a plus d'allonge que moi avec ma lance !

Cloud : J'vais tenter une attaque. Yaah !

Hojo Forme de Vie : HAAAA….A….A.A.. ….

Cloud : AAaaargh ! Putain, c'que ça fait mal !

Tifa : Vite ! Que quelqu'un lui lance un sort de soin !

Youffie : Tiens, v'là une Maxi-potion !

Cloud : Merc… MERDE !

Ses mains moites avaient laissé échapper l'objet, qui continua sa trajectoire vers Hojo… lui infligeant une douleur insupportable.

Hojo Forme de Vie : Gnnn…

Tifa : Il… serait sensible aux soins ?

Barret : Ben pour un type deux fois zombie, ce serait plutôt logique !

Youffie : Bon, maintenant, on sait quoi faire ! Tous à vos potions !

Et chacun, ramassant une potion, super-potion ou maxi-potion, le lapida à coups d'objets de soin.

Cid : J'me sens comme un de ces sales gosses qui envoient des œufs sur les maisons ! Si j'avais su que c'était aussi jouissif, j'leur aurais pas gueulé dessus pendant des décennies !

Hojo Forme de Vie : AaaaaaaaAAAAAAaaaaaAAAAAARGH !

Cloud : Ouais, ouais, on a bien vu que t'avais mal. Allez, dépêche-toi de te transformer en poussière de méchant.

C'est ce que le vil Hojo fit. Devenu trop monstrueux pour avoir droit à son mot de la fin, il disparut dans ce cri perçant et inhumain, laissant la voie vers les commandes de Sister Ray libres. Tifa se jeta sur le panneau, qu'elle s'efforça de marteler avec précaution jusqu'à ce que les éclairs autour d'eux s'affaiblissent. Le bruit sourd qui les environnait ne tarda pas à s'arrêter à son tour. D'ici quelques heures, le courant reviendrait dans Midgard. La paix y reprendrait ses droits. Certes le Météore était toujours là, mais ils avaient sauvé la ville. Les terroristes s'étaient montrés héroïques, et Reeve, que la mort de ses supérieurs avait propulsé au poste le plus haut de l'entreprise, ne manquerait pas de le signaler à la population. Le plus grand danger, toutefois, n'était pas le Météore : c'était – outre le prochain concert de Justin Bieber dans le Secteur III – Sephiroth. Plus rien ne les empêchait de se confronter à lui… Ou plutôt… plus rien, si ce n'étaient une longue scène gorgée d'émotions de pré-assaut final et un bon paquet de quêtes annexes.