Chapitre 42 – Les Bolcheviks de l'Espace

La Shinra s'était effondrée, les Armes détruites, et les poux ayant envahi la fourrure de Rouge XIII exterminés autrement dit, il n'y avait, semble-t-il, plus rien à faire d'autre que de se lancer à corps perdu dans le Cratère Nord, pour y livrer l'affrontement final, le pinacle de la lutte entre le Bien et le Mal, et le Hautvent était en route vers cette ultime destination…

Cloud : On arrive pour toi, Sephiroth !

Mais si tel était le cas, d'où ce titre de chapitre ô combien intrigant viendrait-il ?

Barret : On va t'niquer ta mère ! Enfin méphatoriquement parlant, quoi ! Encore que pour Cloud…

Cloud : LA FERME !

La réponse dans cinq… quatre… trois…

Tifa : Nous y voilà enfin… la fin de notre aventure…

Cid : Bordel ! Pas trop tôt !

Rouge XIII : C'est horrible, je sens encore le produit antipuces…

deux… un…

Vincent : Quel est donc ce point, dans le ciel ?

Cloud : Où ça ?

Cait Sith : Ah oui, je le vois aussi ! C'est étrange.

Tifa : C'est très étrange, même !

Cid : On dirait un genre de… vaisseau spatial !

Et c'en était un. Rouge vif, il arborait une gigantesque faucille et un tout aussi gigantesque marteau. Derrière lui, une nuée de petits vaisseaux sous les mêmes attributs s'approchait du sol.

Cloud : Qu'est-ce que c'est ces conneries ?!

Youffie : On n'en a jamais fini, dites donc !

Tifa : Quelque chose me dit que cette flotte ne vient pas en paix…

Un sentiment légitime, et renforcé par les armes dont étaient munis les envahisseurs. Car il s'agissait bien d'envahisseurs, et la première chose que cette flotte fit, c'est de se diriger vers Midgard.

Cait Sith : Oh non ! Que fait-on, Cloud ?

Cloud : C'est assez évident, nan ? Cap sur la capitale ! On va voir ce que veulent ces aliens, et si besoin est, on leur bottera méchamment le cul !

Mais rendons-nous à présent dans le vaisseau-amiral de cette menaçante armée aérienne. Dans un hall futuriste bondé, un homme moustachu se lançait dans une diatribe enflammée.

? : Camarades, nous y voilà enfin ! Gaia ! Si j'en crois les données du vaisseau, il s'agit d'un monde industriel dominé par une entreprise capitaliste ! C'est intolérable ! Cette fois-ci, il n'y aura plus de place à l'erreur ! Sur Ivalice, nous avons voulu aller trop vite, et ces six monstres nous ont poussés à une retraite stratégique ! Ma mère Verray a elle aussi tenté de nous mettre des bâtons dans les roues, mais puisqu'elle a choisi de rester là-bas pour épouser son « ingénieur-informaticien », nous avons les mains libres ! Et comme après avoir détruit par erreur l'armée des gardes rouges lambda, elle a lancé la machine à clones sans voir que mon ADN était dedans, nous sommes à présent toute une armée de Stalien prêts à prendre ce maudit monde d'assaut ! Des questions ? Oui, toi, Stalien du fond.

Stalien A : Pourquoi c'est toi qui te prends pour le chef !

Stalien B : Oui ! Moi j'ai tout ce qu'il faut pour être un chef !

Stalien C : Moi aussi ! C'est dans mes gènes !

Stalien D : Tout pareil !

? : JE VOUS L'AI DIT ! C'est parce que je suis le Stalien Alpha ! Et parce qu'on a tiré à la courte-paille !

Stalien E : Mais t'as triché !

Stalien F : C'est vrai, ça !

Stalien Alpha : Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

Stalien Z : C'est ce que je comptais faire, et comme on est pareils, ça veut dire que tu l'as fait !

Stalien R : Tous sur lui ! Blastez-le !

Le Stalien R ne récolta en guise de réponse qu'un tir de fusil laser en plein crâne, ce qui eut pour avantage de calmer toute velléité de rébellion. Ceci fait, le Stalien Alpha – que nous nommerons à partir de maintenant « Stalien », par opposition aux « Soldats Stalien » qui composent son armée – fit fusiller trois autres Stalien pour l'exemple, et se retira dans ses quartiers. Bientôt, oui… bientôt il aurait un monde rien que pour lui ! Un monde d'où il pourra lancer un nouvel assaut contre cette maudite planète et ses six protecteurs à la noix… Ashe, Balthier, Fran, Basch, Vaan et la petite idiote dont il ne se souvenait jamais du nom. Ouiii… la revanche était proche…

Cait Sith : Le vaisseau principal est sur le point d'atterrir !

Cloud : Ouais, ouais, on le voit aussi.

Tifa : C'est plutôt stressant…

Barret : Boah ! Ces extraterrestres, quand on en a vu un, on les a tous vus !

Vincent : À son humble avis, il ne s'agit pas du même type d'extraterrestres que ceux aperçus dans l'espace…

Cait Sith : Le… non, je me tais…

Ce que voulut dire Cait Sith avant de se taire, de crainte de passer – à juste titre – pour une incarnation de Captain Obvious, c'était que les portes du vaisseau-mère étaient en train de s'ouvrir. Au milieu d'une fumée du plus bel effet apparurent alors une dizaine d'ombres. Ce n'est qu'après un certain temps que celles-ci furent distinguables.

Barret : Oh non ! Y se ressemblent tous !

Cid : Et ils sont même pas chinois !

Cloud : Celui devant est quand même fringué de façon un peu plus classe, ça doit être le boss.

Youffie : Il FAUT que je lui demande comment il a fait pour maîtriser le Kage Bunshin no Jutsu ! Hé toi !

Tifa : Une minute, Youf…

Stalien : Quoi ?! Encore un groupe bizarre qui a l'air de vouloir m'arrêter ?!

Cloud : Pour le moment, on va juste parlementer un peu autour d'une petite tasse de thé, vous voulez bien ?

Stalien : Je ne discute pas avec mes ennemis !

Garde Stalien : Mon cul ! Et le traité Ribbentrop-Molotov avec Adolf, c'était une partie de scrabble, alors ?

Stalien : BLASTEZ-LE !

Garde Stalien : Aaargh !

Tifa : Quelle cruauté !

Rouge XIII : Pourtant moi j'y ai cru, au thé.

Cloud : Qu'est-ce que vous voulez, au juste ?

Stalien : La domination de ce monde !

Cloud : Ah ouais, nan, dans ce cas on va pas trop s'entendre…

Stalien : Saisissez-les !

Barret : Bah ! Une p'tite invoc' et on en parle plus !

Cait Sith : Bien d'acc… mais… Non ! Je n'ai plus de matérias !

Cid : Hé ! Moi non plus !

Cloud : YOUFFIE !

Youffie : C'EST PAS MOI, J'LE JURE ! J'ai plus rien non plus !

Stalien : Ha ha ha ! Grâce à ma technique spéciale qui me sert à voler les riches pour redistribuer équitablement à tous mes pauvres, nous avons hérité de toutes vos petites sphères !

Barret : Oh mais c'est un vrai Robin des Bois, ce type ! Bravo !

Cloud : Sauf qu'en attendant, il soumet ses propres larbins, bute ceux qui sont pas d'accord avec lui et s'approprie les richesses par la force !

Tifa : Oui, il avait peut-être des intentions relativement louables à l'origine, mais en courant après un pouvoir illimité, il bafoue tout ce que sa doctrine prétendait défendre et se montre pire encore que ce qu'il combat !

Garde Stalien : Ouah, ils sont balèzes, ceux-là, ils ont réussi à résumer le communisme en seulement quelques m…

Stalien : BLASTEZ-LE !

Garde Stalien : Bouaaargh !

Stalien : Ça suffit, maintenant ! Vous allez vous constituer bien gentiment prisonniers ! Je vous tuerais bien volontiers, mais vous avez l'air d'en savoir long sur cette planète, alors je ferai en sorte de vous tirer des aveux !

Rouge XIII : Moi j'aveux bien, mais qu'est-ce que tu veux qu'on te dise ?

Barret : On a p'tet plus de matérias, mais on a encore des armes super balèzes !

Stalien : Ah oui ? C'est ce que nous allons voir !

Garde Stalien : Ça tombe bien, je voulais tester ce truc, là, « Chevaliers de la Table Ronde » !

Cloud : SURTOUT PAS !

Tifa : Pourquoi ?

Cloud : On l'a pas encore lancé nous-mêmes.

Tifa : Et alors ?

Cloud : J'ai pas envie de me faire spoiler sur ce que ça fait ! C'est une question de principe !

Cait Sith : Que proposes-tu, alors ?

Cloud : On se laisse capturer, et ensuite on avisera.

Vincent : N'est-ce pas un tantinet risqué ?

Cid : On va s'planter, ouais !

Cloud : Et puis y a aussi le fait qu'ils sont en train de menacer Youffie d'un flingue laser et qu'ils la descendront si on fait quoi que ce soit…

Stalien : En effet !

Youffie : HEIN ?! Ah oui, tiens ! J'avais même pas vu qu'on me visait !

Stalien : Neutralisez-les !

Nos héros furent alors les cibles du sort Sommeil, issu de leur propre matéria. À leur réveil, ils se trouvaient dans un lieu froid… très froid… glacé même.

Cloud : On est à côté de Glaçon, nan ?

Et par miracle – et aussi parce que ces envahisseurs sont décidément un peu étourdis – ils avaient toujours leurs armes.

Tifa : On dirait une sorte de camp.

Youffie : J'ai SUPER froid !

? : Silence !

L'homme qui avait parlé n'avait rien à voir, physiquement, avec les gardes précédemment vus qui se ressemblaient tous. Lui et son compère, tous deux gardiens du camp, se nommaient respectivement Tchernenko et Andropov.

Andropov : On a bien voulu vous accueillir dans notre somptueux goulag, alors tenez-vous à carreau !

Tchernenko : C'est un privilège d'être ici et pas au fond d'une fosse commune !

Cloud : Bon, bon…

Réduits au silence, ils n'eurent rien d'autre à faire que de regarder autour d'eux. Outre les habitants du village de Glaçon, il y avait un homme qui semblait étrange. Vêtu d'un accoutrement qui n'était ni de cette époque… ni de ce monde.

Cait Sith : Qui êtes-vous ?

? : Juste une pauvre âme, recluse comme vous dans cette prison à ciel ouvert… Elle n'est pas si mal, remarquez. Par exemple, le vendredi, depuis peu, on a droit à un concert de punk, avec les…

Cloud : Super, mais dis-moi, tu dois bien avoir un nom, j'imagine ?

? : Il y a de cela bien longtemps, on m'appelait… Nicolas II…

Tifa : Nicolas de quoi ?

Nicolas II : Nicolas II tout court.

Barret : O.K, super, Nico de Toucour, maintenant tu vas nous dire où ils ont planqué nos matérias !

Cloud : Hé, tout doux, Barret ! Il est prisonnier comme nous, il en sait rien !

Nicolas II : En fait, je sais où se trouvent vos objets volés…

Youffie : Ah bon ?

Nicolas II : Dans leur vaisseau-mère, qu'ils ont appelé « Cuirassé Potemkine ».

Vincent : Faut-il déduire, par l'étendue de vos connaissances, que vous avez quelque chose à voir avec ces individus ?

Nicolas II : Pas qu'un peu ! Avant, j'étais tsar.

Cloud : « Tsar » ?

Nicolas II : Je dirigeais leur pays jusqu'à leur révolte.

Rouge XIII : Et par tout hasard, t'saurais pas comment te débarrasser d'eux ?

Nicolas II : Là encore, tout a à voir avec leur vaisseau. Il y a un homme qu'ils retiennent prisonniers, incapables de l'assassiner. Lui seul est capable de mettre fin à cette folie.

Cloud : D'accooord… Bon, par contre, on vous avouera qu'on a pas tous pigé à ces histoires, vous êtes qui et vous débarquez d'où, au juste ?

Nicolas II : Je vais essayer d'être clair. Nous venons d'un lieu lointain nommé « Terre » que nous avons quitté il y a longtemps. Il y a de cela quelques mois, notre flotte a tenté de s'emparer d'un petit monde, Ivalice, mais ils ont été mis en déroute. Les gardes rouges ont été exterminés en entendant de la musique occidentale, et quant aux autres dignitaires du régime… le servile Trop-de-ski, le Commandant Cyber-Lénine, Brejnev la Brute, les Frères Karamazov, ils ont tous été tués. Pour ce qui est du Gardien en Chef du Goulag, Khrouchtchev, il a pris ses RTT, alors ces deux-là l'ont remplacé.

Tchernenko : Cette fois ça suffit !

Andropov : On va vous apprendre à blablater dans notre goulaaaaAAAARGH !

Tchernenko : Andro' ! Nom d'une matriochkaaaAAAAaaargh !

Cloud : Je t'écoute, tu disais ?

Nicolas II : Sa mère, la très autoritaire Verray Stalien, y a été pour beaucoup dans sa déchéance, mais elle n'est plus là, malheureusement, et à cause d'elle, les soldats lambda de l'Armée Rouge ont été remplacés par des clones. En revanche, le fait qu'il emmène ses prisonniers, moi y compris, partout où il va est une aubaine, et vous allez en profiter !

Tifa : D'accord, mais que devons-nous faire ?

Nicolas II : Libérer ce prisonnier dont j'ai parlé. Cherchez la tâche.

Cloud : Quoi ?

Nicolas II : J'ai foi en vous ! Débarrassez-nous de ces communistes !

Rouge XIII : Je sens communist-oire de vengeance, là-dedans…

Cait Sith : Maintenant que ces deux gardes sont neutralisés, nous devrions nous mettre en route !

Youffie : Ouais ! C'est pas parce qu'on est dans un épisode-filler qu'il faut se dégonfler !

Barret : En avant !

Nicolas II : Attendez ! Je ne vous ai pas… Méfiez-vous de… oh, ils sont déjà partis…

Cait Sith : Non, je suis toujours là, moi.

Nicolas II : Oui, mais c'est quand même trop tard.

Cait Sith : Ah bon…

Une chance pour nos héros qu'un simple sifflement suffise à faire venir à eux leur fidèle Mimidor, qui quelques minutes plus tôt picorait dans les montagnes de Nibelheim.

Cloud : Mimidor, fonce vers Midgard !

Mimidor : KWIIIH !

Cloud : Mais… euh… fonce discrètement, par contre.

Mimidor : Kwiiih…

Et aussi discret qu'il fut, l'oiseau au plumage étincelant n'en arriva pas moins en une poignée de minutes derrière le Cuirassé Potemkine. Fort heureusement, le soldat qui gardait l'entrée était seul.

Tifa : Parfait ! À partir de maintenant, on se fait discrets !

Cloud : Compris, Barret ? Discrets !

Barret : Mais y en a marre à la fin ! Pourquoi vous me le répétez tout le temps ? J'AI COMPRIS, À LA FIN !

Garde Stalien : Что ?

Cid : Bordel de…

Garde Stalien : Aargh !

Vincent : Une chance qu'il ait son silencieux…

Barret : Vous voyez ? Voilà ce qui arrive quand on me répète tout le temps d'être discret alors que je le suis parfaitement !

Youffie : Hé, j'ai une idée ! Barret, si tu veux devenir le premier ninja black, fais exactement comme je fais ! D'abord, 'faut commencer par parler tout bas !

Barret : Oh ouais ! Ninja style !

L'idée, qui paraissait des plus intelligentes à l'origine, ne tarda pas à agacer le reste du groupe, qui en eut plus qu'assez de voir le duo d'apprentis shinobis enchaîner leurs roulades, sauts et lancers de shurikens dans les corridors vides du Potemkine.

Barret : Bouyah ! Mission d'éclaireur réussie ! Je confirme qu'y a personne dans ce couloir !

Cloud : Encore heureux, tu te serais direct fait repérer en rampant au milieu du chemin…

Cid : Tu devrais plutôt essayer de faire le cambrioleur black, Barret. En plus, pour le coup, tu serais pas le premier !

Cait Sith : J'entends du bruit…

Tifa : Exact ! Plaquez-vous tous contre le mur !

Une voix lointaine et joyeuse leur parvint entre deux hoquets alcoolisés.

? : Wololala… Hips ! … Walalolo ! Captain Vodka avec les cocos, Captain Vodka contre le caca ! Wololala Walalolo ! Hips ! Captaine Eltsine… euh… Captaine Vodka avec la vodka, Captain Vodka aime bien la vodka ! Wololala…

Cloud : Il s'est éloigné, on peut continuer…

Barret : J'préfère ma version !

Cloud : Quoi ?

Cid : Allez, on y va !

Il leur fallut une bonne dizaine de minutes et tout autant de soldats à neutraliser dans la plus discrétion pour parvenir dans ce qui semblait être la prison du vaisseau.

Cloud : Voyons voir… qu'est-ce qu'il avait dit, ce Nicolas II ?

Tifa : « Cherchez la tâche ».

Vincent : Il n'en trouve aucune sur le sol, en tout cas.

Rouge XIII : T'as-cherché du côté des cellules ?

Cid : La tâche, ici, c'est Barret !

Barret : Cloud ! Cloud ! Il a dit que j'étais une tâche !

Cloud : Ben tâche de l'ignorer.

? : C'est pas bientôt fini, ce boucan ?

Tifa : Ça venait de cette cellule…

? : Vous êtes qui, d'abord ?

Ce n'est qu'à cet instant, lorsque ce mystérieux locuteur sortit son visage de l'ombre qu'ils aperçurent une tâche sur son crâne dégarni.

Cloud : On fera les présentations plus tard. À ce qu'il paraît, vous pouvez nous aider à buter vos geôliers !

Youffie : C'est Nicolas II qui nous envoie !

? : Ah, ça explique tout. Libérez-moi et je vous porterai assistance. La clé devrait se trouver de l'autre côté du cuirass…

Cloud : Reculez.

? : Quoi ? Non, attendez, vous n'y arriverez jamais avec une simple ép…

Cloud : Reculez.

? : Bon…

Cloud : Yaaah !

? : Incroyable ! Vous avez explosé la serrure ! Et la porte ! Et la grille ! Et le mur ! VOUS ÊTES VRAIMENT HUMAIN ?!

Cloud : On m'a injecté quelques trucs qui me font vaguement tendre vers le super-soldat, mais on causera biosciences plus tard.

? : Je m'appelle Gorbatchev. Nous devons aller dans la salle de contrôle. L'ordinateur de bord a la mainmise sur tous les vaisseaux de la flotte, de l'oxygène jusqu'à la nourriture… autrement dit, si on parvient à le couper tant que Stalien est de sortie, nous pouvons rendre le vaisseau inhabitable.

Tifa : N'oublions pas qu'il faut que nous retrouvions nos matérias !

Gorbatchev : Ah, je vois, il a collectivisé votre matériel. Il a mis cette arme au point pour éviter un nouveau fiasco comme Ivalice. Il ne fait rien lui-même, c'est du vaisseau que vient cette attaque. Autrement dit, si vous récupérez vos biens volés et que vous désactivez l'ordinateur de bord, vous l'empêcherez d'utiliser ce stratagème à nouveau !

Cloud : Dites-donc, il a l'air plutôt puissant, cet ordinateur !

Gorbatchev : Vous n'imaginez pas à quel point ! J'en viens même à me demander si…

Tifa : Si quoi ?

Gorbatchev : Nous verrons une fois là-bas. En route !

Le chemin vers la salle où étaient entreposées les matérias n'était pas très long, mais était néanmoins parsemé d'embûches. Embûches qui prirent la forme de soldats Stalien à déglinguer. Ce n'est qu'une fois leurs poches remplies que l'alarme retentit.

Cait Sith : Ils nous auraient repérés ?

Gorbatchev : Non, nous avons pourtant veillé à éliminer tout témoin et les caméras sont juste là pour faire peur. Peut-être que…

Tifa : Peut-être que quoi ?

Gorbatchev : Je vais utiliser mon superpouvoir. La technique de « perestroika », ou vision transparente, me permet de voir à travers les murs.

Barret : TROP COOL !

Youffie : JE VEUX ÇA AUSSI !

Gorbatchev : C'est bien ce que je pensais ! Une nouvelle révolte de soldats Stalien !

Cloud : Une révolte ? Carrément ?

Gorbatchev : Oui, c'est la dix-huitième cette semaine. Ce n'est pas si facile de garder une armée sous ses ordres quand elle est composée de personnages avec une ambition démesurée !

Vincent : Cette diversion devrait être suffisante pour gagner la salle des commandes !

Et en effet, grâce à cette alerte dont ils n'étaient étrangement pas responsables, nos amis purent parvenir sans encombre dans une vaste pièce dominée par un gigantesque ordinateur, lequel affichait le visage d'un homme chauve au regard froid.

Gorbatchev : Voilà le Putain d'Ordinateur Utilisé pour Tuer les Intrus Non-Enregistrés !

Cloud : C'est un peu long, comme nom, y a pas plus court ?

Gorbatchev : En général, nous l'appelons P.O.U.T.I.N.E.

Tifa : Il n'y a donc qu'à le débrancher ?

P.O.U.T.I.N.E : J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous laisser faire, Tifa.

Tifa : Ce… cet ordinateur connaît mon nom ?

P.O.U.T.I.N.E : J'ai vu votre arrivée. Les caméras fonctionnent, Gorby, et je m'attendais à votre venue depuis que vous avez posé le pied sur ce vaisseau.

Cloud : Pourquoi nous laisser venir jusqu'ici, alors ?

P.O.U.T.I.N.E : C'est pourtant évident. Parce qu'en vous tuant, vous et tous les clones de Stalien qui peuplent ce vaisseau, je ferai d'une pierre deux coups tout en faisant croire à cet imbécile que vous êtes à l'origine de ce massacre.

Gorbatchev : C'est bien ce que je pensais ! Tu n'es pas qu'un simple ordinateur de bord, tu es une Intelligence Artificielle avec ta propre ambition !

Cloud : C'est fou comme tout le monde sur ce vaisseau veut devenir le boss…

P.O.U.T.I.N.E : C'est parce que ce vaisseau n'est pas un vaisseau ordinaire. Il exerce une pression psychique sur ceux qui y vivent. Je suis son incarnation. Je suis un Moissonneur.

Un long silence s'ensuivit. Un silence au cours duquel ceux d'entre vous qui savent ce qu'est un Moissonneur dans un autre jeu-vidéo me font les gros yeux. Ce à quoi je hausse les épaules d'un air royal. Je fais ce que je veux. Na.

Cloud : Ces conneries sont de moins en moins compréhensibles…

Rouge XIII : En tout cas, je dis, moi : son-heure est venue !

Gorbatchev : Tu es peut-être un superordinateur, mais tu ne pourras pas te débarrasser de nous aussi facilement ! Surtout que je connais ton point faible !

P.O.U.T.I.N.E : Ah oui ? Tu me sous-estimes, n'oublie pas que j'ai un soldat invincible et un larbin servile à mes ordres ! Medvedev ! Gérard !

D'une trappe située au plafond tombèrent deux individus, l'un athlétique, la bouche pincée, en posture de combat l'autre massif, le dos voûté, dans une attitude de soumission.

P.O.U.T.I.N.E : Medvedev ! Occupe-toi d'eux ! Gérard ! Lave le bas de mon écran, il y a un peu de poussière.

Gérard : Bien, maître.

Medvedev : …

Cloud : Yaah ! Aaaïe !

Tifa : Quoi ?! Mais c'est impossible ! Tu devrais être beaucoup plus fort que lui !

Cloud : J'imagine que si je le frôlais avec mon épée, il mourrait sur le coup, mais pour ça, il faudrait que je le touche ! Il est super agile et son coup de pied m'a carrément éjecté !

Medvedev : …

Gorbatchev : Je m'occupe de lui ! Haaa !

Cait Sith : Et… hum… pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'on fait ?

Tifa : J'ai ma petite idée sur la question ! Voilà des gardes Stalien !

Garde Stalien A : Intrus repéré !

Garde Stalien B : Blastons-les !

Medvedev : …

Gorbatchev : Abandonne, Dmitri. Rejoins-moi du côté lumineux de la Force !

Medvedev : Jamais. Vous avez couché avec mon père.

Gorbatchev : Non, Dmitri. Je suis ton p…

Stalien : QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ?!

P.O.U.T.I.N.E : Bonjour, utilisateur. Que puis-je faire pour vous ?

Stalien : Ah ! En voilà, un ordinateur de bord bien fidèle ! Élimine-moi tous ces trous du cul, tu veux bien ?

P.O.U.T.I.N.E : Il sera fait selon vos ordres… hé hé hé…

Stalien : Est-ce que tu viens de rire ?

P.O.U.T.I.N.E : Absolument pas, utilisateur.

Stalien : C'est bien ce que je pensais… Tu n'es pas une vraie IA, après tout. J'ai mis la main sur quelque chose de très intéressant, dans un labo de cette « Shinra » ! Une fois que tu en auras fini avec ces intrus, P.O.U.T.I.N.E, envoie-moi un message, je serai dans le vaisseau scientifique !

P.O.U.T.I.N.E : Bien, utilisateur.

Cloud : Je rêve ou il en a rien à foutre qu'on soit ici ?

P.O.U.T.I.N.E : C'est tout à fait normal, il sait que je peux me débarrasser de vous sans le moindre souci. Je n'ai qu'à emplir la salle de gaz et…

Gorbatchev : Cloud ! Son point faible est… aargh !

Medvedev : …

Gorbatchev : Mon fils…

Cloud : Qu'est-ce que c'est ?! Dites-nous son point faible !

Gorbatchev : Il… a peur… des homosexuels… aaargh…

Medvedev : …

P.O.U.T.I.N.E : C'est… c'est faux !

Tifa : A… alors ça veut dire que pour le vaincre, il faudrait… ?

Un nouveau silence gêné eut lieu – au cours duquel je continue à hausser frénétiquement les épaules. Barret regardait Cloud, Cloud regardait le sol, Youffie fixait Tifa, Tifa suait à grosses gouttes, Cid dévisageait Vincent, Vincent envisageait Cid, Cait Sith jetait un coup d'œil vers Rouge XIII, Rouge XIII réfléchissait à une vanne, Medvedev s'attardait sur le cadavre de son père, Gérard regardait P.O.U.T.I.N.E, P.O.U.T.I.N.E fermait ses yeux informatiques et le Fantôme d'Aerith observait la scène avec une joie non dissimulée. Et moi, je haussais toujours les épaules.

Cid : Quand 'faut y aller, faut y aller !

Vincent : Oui.

Cloud : Euh…

Youffie : Allez, Tifa !

Tifa : Ahem…

Barret : RAMÈNE-TOI, CLOUD !

L'instant ne dura qu'une fraction de seconde et fut figé à jamais dans la mémoire de chacun(e) – pour le meilleur ou pour lepire. Les multiples bruits de bisous eurent en tout cas un effet très concret sur l'ordinateur de bord.

P.O.U.T.I.N.E : Nooon… Il faut… protéger les enfants… propagande… sales pédophiles…

Tifa : C'est le moment !

Medvedev : … !

Cloud : C'est ici que ça se passe, pignouf !

Medvedev : Hmph !

Cait Sith : Et voilà ! J'ai pu débrancher !

P.O.U.T.I.N.E : Nooon ! NOON ! NIEEET ! ÇA NE DEVAIT PAS SE PASSER COMME ÇA ! ÇA… NE… DEVAIT… PAS… SA… LES… FA… SCI…STES… ziout…

Gérard : Aaah !

Medvedev : …

Vincent : Il aperçoit un bouton d'autodestruction ! Doit-il l'actionner ?

Cloud : Évidemment ! … c'est quand même rudement mal foutu, ces vaisseaux qui peuvent péter d'une pression de touche…

Medvedev : … !

Cloud : Couché !

Pour la première fois, il parvint à le toucher de son épée, faisant exploser son adversaire en une multitude de petits morceaux.

Gérard : AAAAH !

Haut-Parleur : Autodestruction dans cinq minutes.

Barret : Allez, on met les voiles et on s'envole !

Sitôt dit, sitôt fait, et grâce à la rébellion des clones dont seule une poignée de soldats avait survécu, ils ne rencontrèrent presque aucune résistance lors de leur fuite. Ce n'est qu'une fois sortis du Cuirassé Potemkine qu'ils se permirent de souffler un petit peu.

Cid : Et maintenant, place au spectacle !

Et spectacle il y eut. L'explosion du vaisseau principal de la flotte communiste fut si impressionnante qu'elle fut, quelques mois plus tard, nominée pour le prix Michael Bay. Mais le prix fut finalement décerné à mes épaules, qui avaient implosé après une série de haussements abusifs.

Barret : C'EST COMME ÇA QU'ON FAIT, CHEZ ALANCHOIS !

Youffie : Wouhou ! On en est enfin débarrassés !

Cid : Euh… dites… on parlera plus jamais de ce qu'il s'est passé dans la salle des commandes, hein ?

Cloud : Je vois pas de quoi tu parles, le vaisseau a pas explosé tout seul ?

Cait Sith : Non, non, je suis à peu près certain que nous avons dû nous embrasser entre personnes du même sexe pour faire diversion et…

Vincent : Oui, Cait Sith. Voilà tout l'intérêt d'oublier.

Cait Sith : Oh.

Mais pendant ce temps, dans un vaisseau scientifique déjà propulsé en orbite, un homme moustachu fulminait en compagnie des rares dignitaires qui avaient pu s'enfuir.

Stalien : Raaaaah ! J'étais pourtant CERTAIN de réussir, cette fois !

Khrouchtchev : Prochaine fois. Exterminer. Dominer.

Stalien : Exactement ! Et toi, Boris, tu en penses quoi ?

Eltsine : Hips !

Stalien : OUI ! Tout juste ! Le prochain monde sur lequel on se posera n'aura aucune chance ! AUCUNE CHANCE ! Avec ma nouvelle armée de clones, rien ne pourra m'arrêter !

Dans sa main, il tenait un flacon contenant un certain ADN. L'ADN dont il comptait se servir dans la machine à clones. Et sur l'étiquette de ce flacon était inscrit, dans l'écriture soignée de Hojo, le nom « Sephiroth ». Et en parlant de Sephiroth, finies les quêtes annexes et les quêtes absurdes, car il ne lui reste plus que deux chapitres à vivre...