Voici le chapitre 3, en vous souhaitant bonne rentrée :)

Le chapitre 4 est presque prêt à être posté, vous devriez l'avoir sous peu :)

Comme d'habitude, un petit commentaire fait beaucoup de bien, alors n'hésitez pas !


Chapitre 3 :

Quatre silhouettes volèrent pratiquement dans les escaliers. Les portes derrière eux menant au sous-sol qu'ils venaient de quitter pulsaient comme un battement de cœur alors que les rôdeurs enfermés poussaient dessus. Daryl prit les devants alors qu'il montait les escaliers qui les conduiraient à l'entrée ou la sortie de secours du bâtiment. Cette mission de ravitaillement avait été un échec total. Ils avaient trouvé très peu de choses qui pourraient être utiles au groupe, cet endroit ayant été nettoyé depuis longtemps, et ils avaient seulement réussi à trouver une bonne quantité de rôdeurs à chaque étage et à libérer un important groupe d'entre eux qui avait été pris au piège dans l'une des pièces du sous-sol. Daryl fit un bond vers les portes en haut de la cage d'escaliers, prêt à foutre le camp de là.

« Rick ! » Cria Glenn quand il vit l'homme aux cheveux noirs reculer d'une marche pour laisser Maggie passer devant lui, et rata la marche du haut. « RICK ! »

Rick trébucha vers l'arrière, perdant son équilibre et dégringolant les marches. Un craquement retentit dans l'espace restreint quand sa tête heurta le sol en béton en bas. Sa forme immobile s'arrêta en face de la porte vibrante alors que des doigts maigres et ensanglantés serpentaient à travers l'ouverture qui apparaissait à chaque fois que la porte s'écartait vers l'intérieur. Il y eut une autre impulsion de la porte, cette fois beaucoup plus forte, comme si l'odeur alléchante de la viande de l'homme allongé avait attiré les morts-vivants vers l'avant. Les doigts furent rapidement suivis par des bras, puis des têtes. Il n'y aurait plus beaucoup de temps avant que les silhouettes derrière la porte commencent à affluer vers le corps immobile.

Avant que Maggie ou Glenn n'aient pu réagir, Daryl avait tout jeté, excepté son arbalète, vers Glenn et sauta sur le col de cygne de la rambarde, se laissant tomber à hauteur de la volée d'escaliers et atterrissant à quelques centimètres de Rick. La force de la chute projeta Daryl sur le côté mais dans un mouvement rapide, il se redressa en un glissement, arracha le shérif adjoint du sol et le balança sur son épaule, le portant comme un pompier. Dès que le pied de Daryl frappa la deuxième marche la porte en dessous d'eux se fendit et des formes affamées inondèrent l'espace que Rick occupait quelques instants auparavant.

Alors que Daryl montait à grands pas les marches pour les rejoindre, Glenn et Maggie tirèrent sur les rôdeurs les plus avancés pour laisser aux hommes de l'espace entre eux et les mort-vivants. Dès que Daryl les dépassèrent ils se tournèrent tous les deux et le suivirent à l'extérieur des portes en haut des escaliers. Rick avait commencé à remuer sur l'épaule de Daryl donc le chasseur le posa sur ses pieds et drapa le bras de son ami sur sa propre épaule, supportant leurs deux poids.

« T'es avec moi ? » demanda Daryl, le regardant en biais mais ne s'arrêtant pas assez longtemps pour regarder attentivement l'homme.

« Ouais…euh…j'ai pris un coup…juste un peu étourdi. » Rick secoua la tête en se penchant fortement sur Daryl. Un petit coup aurait été un euphémisme.

Glenn jeta un coup d'œil à Rick alors qu'il poussait les lourdes portes en métal qui scellaient la sortie du bâtiment. Rick était pâle et chancelant, mais semblait retrouver son équilibre un peu plus à chaque pas. Le soulagement l'inonda alors qu'il poussait la porte, sa seule pensée fugace étant d'imaginer comment ça aurait pu être pire. Le groupe sortit dans la lumière du soleil et continua d'avancer autour des bâtiments et vers leurs véhicules.

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Alors qu'il finissait de raconter l'histoire de ce qu'il s'était passé, Rick laissa sa tête tomber pour la reposer dans ses mains retournées alors qu'il plantait ses coudes sur la table devant lui. Lui, Glenn, Maggie, Michonne, Hershel, Beth et Carol s'étaient installés dans la vieille bibliothèque de la prison qu'ils utilisaient à présent comme une sorte de mairie, avec Tyreese et Sasha entrant dans la salle au milieu de l'histoire, ayant croisé Carl qui leur avait annoncés la nouvelle.

« Donc, il a fait une diversion ? » La voix timide de Beth flottait dans l'air stagnant depuis l'endroit où elle était assise à côté de son père, pressant sa main dans la sienne. « S'il est allé assez loin il n'a pas pu trouver un endroit sûr ? Je veux dire…est-ce que l'un de vous l'a vu ? Je veux dire, comment tu sais qu'il est mort ? »

L'utilisation du dernier mot trancha le dernier vestige de déni de l'esprit du groupe. C'était même la première fois que quelqu'un avait prononcé le mot. Personne ne l'avait fait avant, les regards sur les visages des trois membres revenant rendaient l'utilisation de ce mot presque terne. Rick ne releva même pas le regard quand il répondit.

« Je le sais. Il était encerclé. Il n'y avait nulle part de sûr où aller. Il n'avait pas d'armes, il n'avait pas de plan de rechange. Le troupeau n'a jamais quitté le camion, même après que je l'ai perdu de vue. Quelque chose les a gardés là-bas… »

Un lourd silence enveloppa la pièce, sa présence étouffant tout le monde, personne n'était sûr de savoir qui parlerait ensuite. La tension monta à chaque seconde que la salle resta congelée, personne n'osant regarder dans une autre paire d'yeux. Enfin, le charme oppressant fut rompu lorsque Carol se leva de sa chaise, ses mains visiblement tremblantes et fixa son regard sur le dessus de la tête de Rick. Sa voix brisa le silence dès qu'elle commença à parler Pas à cause du volume, elle parla aussi doucement que d'habitude, mais avec la voix basse, grondante de colère qui menaçait de déborder.

« TU L'AS LAISSÉ FAIRE CA ? » Ses yeux d'un bleu glacé étaient en feu alors qu'ils passaient de Maggie à Glenn, qui se tenaient dans les bras l'un de l'autre près de la fenêtre, avant qu'elle ne les balance vers Rick, le rencontrant quand il releva la tête. « Tu l'as laissé faire ça ? »

« Je suis désolé. » Les mains de Rick se joignirent, une articulation touchant le bout de son nez, comme s'il était en train de prier la femme en face de lui. Sa voix était faible lorsqu'il parla, « J'ai essayé de l'arrêter mais… »

« Pas assez on dirait ! » Cette fois, le volume était élevé et les personnes dans la pièce tressaillirent visiblement. Carol ne le remarqua pas alors qu'elle se penchait et entourait les mains encore jointes de Rick avec les siennes. « Tu ne peux pas avoir essayé Rick. C'est Daryl. Daryl. Il croit chacun de tes mots. Si tu donnes un ordre il le suit toujours. Tout ce que tu devais faire c'est dire le mot 'non' et il ne l'aurait pas fait. »

Carol s'éloigna et la bouche couverte de barbe de Rick s'ouvrit momentanément alors qu'il cherchait une réponse mais dès que la vérité de ses paroles le percuta, il s'affaissa devant le groupe. C'était comme si le poids imaginaire qu'il avait accumulé depuis Atlanta était soudainement devenu trop pour lui et il s'effondra devant leurs yeux. Sa tête heurta la table et ses doigts s'entrecroisèrent derrière sa nuque, alors qu'il balançait son poids d'avant en arrière toujours aussi doucement sur son fauteuil. Un sanglot s'arracha du plus profond de son âme alors qu'il cédait finalement aux larmes qui avaient menacé ces dernières heures. La mort et les pertes de ces deux dernières années s'écrasèrent finalement sur lui et il pleura ouvertement, bruyamment et avec abandon.

« Carol, arrête. S'il te plait. » Glenn avait parlé doucement alors qu'il se reculait de Maggie et s'avançait vers la table. Il se pencha lentement et posa une main sur le soulèvement du dos de Rick alors qu'il se trouvait juste en face de Carol, la suppliant de ses yeux d'arrêter. « Nous étions encerclés, il n'y avait aucun moyen de s'en sortir et il avait pris sa décision. Je l'ai regardé dans les yeux, Carol, je l'ai regardé droit dans les yeux et il avait pris sa décision. Tu connais Daryl mieux que quiconque. C'est le trou du cul le plus tenace que tu puisses rencontrer. Quand il s'agit de choses qui sont vraiment importantes pour lui tu sais aussi bien que moi que personne, pas même Rick, n'aurait pu le stopper. »

Carol soutint le regard de Glenn pendant trente autres secondes avant que ses lèvres tremblent légèrement. Les iris bleu cristal commencèrent à se brouiller comme l'humidité s'y accumulait. Elle fit un pas en avant vers Rick et sa main flotta au-dessus de l'épaule de l'homme. Elle resta là, oscillant dans l'air chargé d'émotion comme si elle allait la poser sur lui dans un geste de réconfort, avant qu'elle la ramène à sa poitrine, la berçant avec son autre main, tournant sur place et se déplaçant jusqu'à la porte.

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Beth fit consciencieusement un pas dans les escaliers de métal alors qu'elle montait vers l'une des tours de gardes restantes. Elle ouvrit silencieusement la porte et regarda attentivement dans la pièce sombre, le coucher du soleil créant différentes ombres dans l'espace confiné.

Dans le côté opposé de la pièce, Carl se tenait dos à elle, les bras ballants. Elle regarda attentivement alors qu'il tordait rythmiquement ses doigts, les redressant et les étirant tellement qu'elle pouvait voir une légère courbe vers l'extérieur, avant de rassembler ses mains dans un poing tellement serré que sa force secoua son corps entier. Il continua dans un mouvement constant de flexion et de poing, flexion et poing et ne remarqua pas la présence de la plus jeune des Greene.

Beth traversa lentement la pièce et se tint épaule contre épaule avec Carl. Elle n'avait pas besoin de le regarder pour saisir ses traits. Elle n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'elle allait voir le regard vide de quelqu'un qui avait fait face à trop de pertes à un si jeune âge. Elle n'avait pas besoin de regarder pour être capable de sentir la colère qui irradiait de lui. Elle n'était pas là pour le regarder ou lui parler, elle était juste là pour lui. Alors que le jeune homme fléchissait ses doigts une fois de plus, elle glissa soigneusement ses propres doigts délicats dans les siens. Un moment passa et il ferma son poing encore une fois, cette fois non pas avec la même force mais gentiment autour des doigts de Beth, les laissant ainsi. Il ne desserra plus les doigts et ils regardèrent tous deux silencieusement au-delà de la cour de la prison et derrière les silhouettes des rôdeurs dansant sur la clôture grillagée.

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Glenn et Maggie étaient assis sur leur lit, la tête de Maggie posée sur les genoux de Glenn alors qu'il peignait soigneusement ses cheveux noirs avec ses doigts. Ils étaient assis tous deux en silence depuis qu'ils étaient revenus de la bibliothèque, aucun d'entre eux prêt à parler des évènements de la journée mas également pas prêt à parler de quoi que ce soit d'autre. La culpabilité d'avoir survécu à la journée pesait lourdement sur leurs deux poitrines alors qu'ils se rejouaient les fragments de ce qui s'était passé encore et toujours.

Ils étaient restés dans cette position, ne prononçant pas un seul mot à l'autre, pendant presque deux heures quand Maggie sentit que Glenn se tendait soudainement sous elle. Elle attendit ses mots, comme si elle savait qu'il serait incapable de contenir quoi qu'il l'ait fait réagir. Ces mots, cependant, n'étaient simplement pas ce à quoi elle s'attendait.

« Je veux qu'on se marie. Je ne veux plus le repousser. »

« Glenn… » Maggie s'assit et s'éloigna de son amoureux, un regard de confusion sur son visage. « Tu penses vraiment que c'est le moment pour parler de ça ? »

« Oui je pense que c'est exactement le moment, tu ne le vois pas ? » Il parcourut rapidement la distance entre eux. Il saisit ses mains avec l'une des siennes et apporta l'autre sur le côté de son visage, prenant sa joue en coupe. « On ne peut pas attendre quelque chose de si important dans ce genre de monde. Nous ne pouvons pas arrêter et pleurer comme on a l'habitude de le faire. Le monde ne nous donne pas de temps pour ça. On ne peut pas attendre que la plus grande horde que nous ayons jamais vue vienne mettre en pièce les clôtures ce soir ou que le Gouverneur revienne demain et notre temps pourrait être compté.

« On aurait pu mourir aujourd'hui. S'il n'y avait pas eu Daryl on aurait jamais pu sortir de ce champ. Chaque jour on se réveille et on doit se concentrer sur comment survivre jusqu'au lever suivant. On se réveille chaque jour et on sait parfaitement que ça pourrait être notre dernier. Je veux me réveiller chaque matin que j'ai et être ton mari. Je veux me réveiller et savoir que si aujourd'hui est le jour où je meurs alors je mourrais avec toi comme mon épouse. Je veux que nous vivions comme mari et femme, Maggie. »

Maggie écouta le jeune homme et se sentit se détendre dans son étreinte sur son visage. Elle pouvait voir ses yeux noyés d'émotion et cela fit s'envoler son cœur. Bien sûr, Glenn trouverait quelque chose positif dans tout ça, il le faisait toujours. Elle s'allongea sur le lit jusqu'à ce qu'elle soit presque sur ses genoux, hochant la tête. Glenn rayonnait, déplaçant son autre main sur le côté opposé de son magnifique visage et l'embrassa. Il sentait la force que Maggie lui donnait, la volonté de vivre une bonne vie avec elle, même dans un monde comme celui-ci, l'enveloppant et pour une seconde il oublia.

Alors que Glenn rompait le baiser, il posa son front contre celui de Maggie et resta là. Ils tinrent tous deux la majorité de leur poids ainsi comme si le soutien pouvait résumer tout ce qu'ils voulaient dire l'un pour l'autre. Les deux restèrent silencieux durant un instant, leurs yeux fermés, perdus dans leurs propres pensées. Les souvenirs couraient dans leurs deux mémoires comme ils s'accrochaient l'un à l'autre.

« J'aurais juste voulu qu'il puisse être là. »