Chapitre 4 :

Carol avait fait une promenade le long de la clôture après avoir quitté la bibliothèque pour essayer de s'éclaircir la tête avant de rentrer à l'intérieur. Elle ne voulait pas que les gens ici voient la moindre trace de la colère dont elle avait fait preuve envers ses amis, et elle ne voulait pas non plus que Judith ressente toute la négativité qui s'enfuyait d'elle en vagues. Malgré la façon dont ses yeux s'étaient humidifiés pendant son échange avec Glenn elle ne s'était toujours pas laissé aller à pleurer. Il y aurait assez de temps pour ça quand elle serait dans la cellule que Daryl avait récemment commencé à partager avec elle sa réticence à vivre dans une cage avait apparemment été emportée par son besoin de la garder en sécurité face à l'arrivée de tant de gens de Woodbury. Des personnes à propos desquelles Daryl avait fait très clairement savoir qu'il n'en savait pas assez pour avoir confiance. Alors qu'elle finissait sa septième ronde autour de la clôture, Carol passa ses mains dans ses cheveux de plus en plus longs et se dirigea vers le bloc cellulaire.

Hershel observait alors que Carol revenait et soulageait dans sa tâche une jeune femme de Woodbury dans la cellule occupée par une Judith endormie. Il la regarda ramasser l'enfant endormi et la bercer contre son cou, déposant le plus délicat des baisers sur sa douce tempe avant de déposer l'enfant sur son lit de fortune. Hershel s'avança vers la cellule, entrant alors que Carol s'asseyait sur le lit à côté de Judith. Il plaça une de ses mains ridées sur son genou et fut reconnaissant de sentir la sienne se placer sur le dessus. Il était content qu'elle accepte le réconfort dont elle avait tant besoin.

« Je suis tellement en colère contre lui. » Une profonde inspiration s'échappa des lèvres de Carol quand elle parla, comme si les mots qu'elle avait eus tant besoin de dire avaient été retenus là.

« Tu ne peux pas en vouloir à Rick pour ça, Carol. » La voix d'Hershel était douce et réconfortante mais elle détenait un léger ton d'autorité, prête à argumenter l'innocence de Rick.

« Pas Rick, » murmura Carol. « Daryl. »

La main d'Hershel agrippa celle de Carol alors qu'elle laissait sa tête tomber en avant et il comprit la bataille intérieure que la femme livrait avec elle-même. Il avait été facile dans les premiers instants après le retour du groupe d'oublier qu'avec l'acte de Daryl de mettre les trois autres, et leur famille en commun avant lui-même il les avait aussi placés avant Carol. Ce n'était pas un secret que les deux partageaient une profonde connexion qui ne pouvait pas être expliquée uniquement par le mot amis, ou amour ou famille. C'était quelque chose de plus profond, presque comme si les deux avaient découvert une âme sœur en l'autre.

Ils avaient fourni l'un à l'autre un soutien qu'aucun d'entre eux n'avaient connu dans la vie. Bien qu'ils n'aient pas été impliqués romantiquement ou reliés par le sang, ils avaient une très rare relation de celle que les autres pouvaient seulement souhaiter tomber dessus durant leur vie. En se sacrifiant pour le reste d'entre eux Daryl avait coupé cette connexion et avait laissé Carol sans la chose sur laquelle elle avait appris à compter dans ce monde post apocalyptique. Après avoir été si préparé à défendre les actions de Rick, Hershel était soudainement incapable de trouver les mots qu'il espérait vraiment être capable de réconforter Carol. Il réalisa rapidement qu'il ne pouvait offrir aucun mot.

Des larmes tombèrent sur les joues de Carol et elle les essuya au hasard avec le dos de son avant-bras couvert, laissant des traces d'humidité sur ses manches. Elle s'accrocha à la main d'Hershel et garda sa tête baissée alors qu'elle laissait sortir une autre profonde respiration.

« Il les a sauvé. » La voix de Carol fut secouée par l'émotion, mais elle s'éclaircit la gorge et continua : « Il a fait ce qu'il a fait pour s'assurer qu'ils puissent rentrer à la maison et je suis en colère contre lui ? Comment c'est possible ? »

« C'est une réaction parfaitement compréhensible. Surtout vu comment vous étiez proches. » Hershel était reconnaissant d'avoir enfin retrouvé sa voix, et que lorsque Carol avait posé la question, il avait eu les mots pour répondre. « Cet homme a fait quelque chose d'extraordinaire aujourd'hui. Fait un choix que je n'ai jamais douté depuis tout le temps que je le connais qu'il prendrait. Mais en faisant ce choix il a laissé les gens qui se souciaient profondément de lui. Je sais que tu as lutté avec lui pour qu'il reconnaisse sa valeur pour nous tous, et je sais que pour toi ça ressemble à l'échec final de tout ça. Le fait qu'il y avait un choix, est ce qui rend ça plus difficile à accepter pour toi. »

Carol hocha la tête à la véracité des mots du vieil homme, les larmes tombant à présent plus vite qu'elle ne pouvait les essuyer. Pour elle Daryl avait choisi de la laisser derrière, et cela la déchirait que ce soit entièrement à cause de la piètre image qu'il avait de lui-même.

« Si ça fait une différence, » continua Hershel, cette fois amenant son autre main pour serrer Carol et se tournant pour lui faire face. « Je ne crois pas que c'était un choix pour lui. Je crois qu'il a vu ça comme la seule option possible. »

Avant que l'un d'eux ait pu continuer Judith commença à remuer et Carol essuya rapidement ses yeux une fois encore et alla vers la petite fille. Elle baissa les yeux tristement en caressant les cheveux courts sur la tête de l'enfant et tapota légèrement son ventre pour tenter de la calmer et la rendormir.

« Je me rappelle la première fois que j'ai remarqué les ailes d'anges sur la veste de Daryl. » La voix de Carol était soudainement calme, baigné dans un lointain ton de réminiscence. « C'était après qu'il ait dû laisser son camion bien aimé et commencé à conduire la moto. Je me rappelle m'être sourit à moi-même et avoir remercié Dieu qui avait envoyé un ange pour veiller sur moi et ma Sophia. Il avait déjà sauvé nos vies plus souvent que je ne pourrais jamais me souvenir. »

Un chaleureux petit rire emplit la pièce quand il s'échappa des lèvres d'Hershel. L'homme ricanant utilisa une main pour tenter d'étouffer le bruit tout en agitant l'autre dans la direction de Carol en une excuse. Carol fronça les sourcils de confusion devant l'explosion et regarda Judith pour vérifier qu'elle n'avait pas été effarouchée par le bruit.

« Je suis désolé » murmura Hershel à travers sa main. « La phrase 'les voies du Seigneur sont impénétrables' m'est venue à l'esprit. »

Carol lui rendit son sourire et ria doucement pour elle-même, sachant exactement ce qu'il voulait dire. Elle regarda le visage de l'homme perdre son éclat alors que la lumière laissait ses yeux et le sourire fut remplacé par un regard de tristesse.

«Il tenait profondément à toi, Hershel, il te respectait. » Carol esquissa un sourire vers Hershel, voulant donner du réconfort à l'homme, comme il l'avait fait pour elle, alors qu'elle continuait de surveiller Judith. « Il n'en avait peut-être pas parlé mais je pense que tu lui as donné l'espoir que chaque homme n'était pas destiné à être comme son père. Tu lui as montré que les bons hommes pouvaient avoir eu un mauvais début, qu'il pouvait toujours devenir le genre d'homme qu'il avait toujours voulu devenir. »

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Quelques minutes plus tard Hershel quitta la cellule de Carol et avança rapidement dans l'allée menant à la sienne. Reconnaissant de voir que Beth n'était pas là, il s'abaissa jusqu'à son lit et amena ses mains à se poser sur sa tête. Il prit quelques calmes, profondes inspirations et ferma les yeux en se laissant se rappeler.

La matinée venait juste de commencer quand Hershel ouvrit silencieusement la porte de sa chambre de la maison de campagne. Il jeta un coup d'œil dans la pièce et vit Daryl en position assise sur le lit avec la tête légèrement baissée alors que ses mains tenaient le livre qu'Hershel lui avait laissé le jour d'avant sur ses genoux. Hershel pencha légèrement la tête et se sourit à lui-même il semblait que le jeune homme n'avait plus que quelques pages à parcourir. Avant qu'Hershel ne puisse se retirer de la pièce et éviter de perturber l'apogée de l'histoire, Daryl sentit une présence et cacha prestement le livre sous l'oreiller à côté de lui.

« Bon Dieu, vous ne pouvez pas m'laisser seul, » dit-il d'une voix bourrue.

Hershel ignora le ton peu accueillant de l'homme alors qu'il faisait un pas sur le seuil et fermait la porte derrière lui. Les hommes comme Daryl Dixon ne lui faisaient pas peur, il était peut-être rude, agressif et rendait les choses aussi difficiles qu'elles pouvaient l'être mais Hershel savait que les hommes comme lui avaient un code moral qui incluait de ne pas faire du mal aux vieux hommes qui venaient juste de les rafistoler. Il remarqua quand il pivota en arrière que le chasseur avait remonté le drap blanc pour se couvrir.

« C'est un peu tard pour être pudique devant moi j'en ai peur, jeune homme. » Se moqua presque Hershel. « Comment vous vous sentez ? Je suis surpris que vous ne soyez plus endormi, ces analgésiques que je vous ai donnés mettent un méchant coup de poing. »

« Je peux gérer un méchant coup de poing. » Cracha Daryl, n'aimant pas le fait de devoir traiter avec un visiteur si tôt dans la journée. Il en avait assez eu le jour précédent pour le laisser pour un moment. « J'aime être couvert, c'est tout. Jésus Christ, c'est trop dur pour vous d'le comprendre ? »

« Non, je comprends, fils. » Hershel décida d'ignorer encore un autre exemple du nom du Seigneur invoqué inutilement, réalisant que c'était la manière qu'avait Daryl d'essayer de le chasser. L'homme était intelligent, avait réalisé Hershel il y avait longtemps, adaptant ses mauvais comportements à chaque personne pour se donner les meilleurs chances et les amener à le laisser seul. Cependant, au lieu de se retourner, Hershel s'approcha du lit et porta sa main sur l'épaule du jeune homme. Il fut accueilli par un tressaillement si violent qu'il la retira immédiatement. Sa voix s'adoucit, essayant de ne pas intimider son patient de toute évidence mal à l'aise.

« Ça vous dérange si je regarde rapidement ? » continua Hershel. « Cette blessure était tellement sale que je veux nettoyer et refaire le pansement ça pour m'assurer qu'elle ne soit pas infectée. »

Les yeux de Daryl balayèrent rapidement la porte pour s'assurer qu'elle était fermée et que personne ne puisse entrer et puis il regarda vers le bas de la couverture blanche qu'il avait tiré jusqu'au-dessous de son menton. Ses yeux restèrent sur sa poitrine couverte pendant une seconde avant qu'il tire avec hésitation le drap sur le côté, permettant à Hershel de voir seulement la partie du côté qui était nécessaire, et lui donnant une autorisation muette.

« Je vais avoir besoin que vous me laissiez un peu plus d'accès que ça. » Hershel alla à la salle de bain et récupéra un peu d'eau tiède et un chiffon propre, ainsi que de nouveaux pansements. S'approchant du lit une fois de plus, il hocha la tête en direction de la poitrine de Daryl et continua : « Vous n'avez pas à les couvrir. Rien à avoir honte en face de moi. »

« Fermez-là doc. » Le venin dans sa voix était évident alors que Daryl jetait le drap, exposant l'ensemble de son torse nu. « N'savez pas d'quoi vous parlez. »

Ignorant une fois de plus l'impétuosité, Hershel tira la chaise en bois sur le côté du lit et s'assit doucement. Lentement, il commença à mettre à nu la plaie et inspecter les points avant de plonger le chiffon dans l'eau et de tamponner la zone. Le silence emplit la salle, excepté le souffle singulier de l'homme mal à l'aise sur le lit jusqu'à ce qu'Hershel parle une nouvelle fois.

« J'ai toujours pensé que mon père était un des hommes les plus cruels que je pourrais jamais rencontrer. C'était un ivrogne froid, violent et un à qui je n'aurais jamais pardonné. Mais, fils, en regardant l'état de votre peau… »

« Vous avez pas besoin de parler de quelque chose dont vous ne savez rien. » Cassa Daryl, se tordant pour que l'autre homme puisse voir la grimace sur son visage.

« En regardant l'état de votre peau » continua Hershel en dépit de l'affichage de mépris de l'homme, n'hésitant pas avant de poursuivre : « Je ne pense d'ailleurs pas que mon père était aussi cruel que je pensais. Ces cicatrices que j'ai vues sur votre dos sont d'une ceinture, je suppose ? L'arme habituelle pour discipliner un enfant pour ceux qui estiment qu'il est nécessaire de battre leurs enfants. Mais celles-là sur le devant semblent différentes. Un couteau ? Un couteau enfoncé à plusieurs reprises au même endroit si j'en crois ce que je vois. »

« Je vous préviens, » força Daryl entre ses dents serrées, les poings crispés dans le matelas alors qu'il se raidissait sensiblement sous les doigts du vétérinaire. « Je ne veux pas frapper un vieil homme mais je le ferai. »

« Fils », Hershel ôta ses mains du torse de l'homme, « vous pouvez essayer autant que vous voulez de pousser les gens loin avec des mots durs et la distance physique, mais un jour vous allez avoir besoin de vous rendre compte que ces gens-là ne veulent pas vous faire du mal. Chacun d'entre eux est inquiet pour votre bien-être en ce moment. »

Daryl éclata de rire, un éclat de rire dur et court qui fit trembler son corps. Quand il posa une fois de plus une main réconfortante sur son épaule, Daryl se leva aussitôt et se jeta presque sur le côté opposé du lit. Atterrissant sur ses pieds, il se tourna vers l'homme aux cheveux gris.

« Je n'ai pas besoin que l'un d'eux s'inquiète » rugit Daryl, « et je suis sûr comme l'enfer que je n'ai pas besoin qu'un vieux fouineur comme vous essaye de jouer les médecins en chef avec moi, donc maint'nant qu'vous avez fini de m'réparer faites-moi une faveur et foutez-moi la paix. »

« Je ne prétends pas savoir ce que vous avez traversé… » essaya encore Hershel.

« Merde vous êtes vraiment idiot. » Saisissant la chemise propre qui avait été laissée pour lui sur la commode et la tirant sur la tête, Daryl s'avança vers la porte.

« Où allez-vous ? » L'incrédulité pure s'entendait dans la voix d'Hershel. « Vous n'êtes pas en état de partir maintenant. »

« Comme si j'pouvais pas putain, » grogna Daryl. « Ma tente. Au moins je pourrais avoir la paix là-bas. »

Et avec ça il quitta la pièce, claquant la porte assez fort pour réveiller chacun des corps endormis dans la maison. Hershel s'arrêta, choqué par la rage pure qui avait explosée de l'homme, avant qu'il se penche et prenne sous l'oreiller le livre que Daryl lisait. Hershel le plaça sur la table de chevet et prit une profonde inspiration. Peut-être que, un jour, Daryl reviendrait pour le prendre.

Les mois passèrent et les deux hommes n'eurent aucune autre discussion privée, mais ça changea quand ils furent sur la route après que la ferme eut été envahie. Ils avaient trouvé une petite église pour s'y installer pour une nuit, ou peut-être même deux s'ils étaient chanceux. Pendant le nettoyage du bâtiment ils étaient tombés sur un petit lit simple dans la sacristie et il avait été décidé que ce soit Hershel ou Lori qui devraient le prendre. Lori l'offrit volontiers à l'homme plus âgé en échange de toute l'aide qu'il lui avait donné depuis tout le temps qu'elle l'avait connu.

Après avoir dit bonne nuit à ses filles et être rentré dans la pièce, Hershel entendit un léger coup sur la porte derrière lui. S'attendant à trouver Beth debout demandant à dormir sur le sol, il ouvrit la porte avec un sourire sur le visage. Au lieu de sa fille il eut la vision de Daryl Dixon le regardant.

« Désolé de te déranger, Doc. » Daryl bougea inconfortablement sur ses pieds, ses yeux dardant n'importe où à part à la rencontre de ceux d'Hershel et sa lèvre inférieure rongée entre ses dents. Il ressemblait à un enfant timide qui était sur le point de demander plus d'argent de poche. Dans ses mains était placée une tasse en métal qu'Hershel reconnut comme celle de Daryl, la vapeur s'élevant du contenu. « J'ai trouvé quelques autres sachets de thé comme tu aimes dans un de mes sacs et j'ai pensé que tu pourrais en vouloir un comme un dernier verre avant de dormir.

« Merci, mon fils, c'est vraiment gentil. » Hershel lança un sourire confus au plus jeune et lui fit figne de venir dans la pièce. « Ça te dérange de le poser là, sur le bureau ? »

Daryl hocha la tête et se dirigea vers le meuble, posant la tasse avec soin. Cependant, au lieu de se retourner instantanément et de refaire le chemin en sens inverse comme Hershel s'y était attendu, le chasseur resta là où il était, penché légèrement au-dessus de la tasse. Le vétérinaire prit cela comme une indication que l'homme n'était pas sur le point de partir et ferma la porte silencieusement, pour ne pas l'effrayer. Hershel regarda curieusement alors que Daryl jouait avec le manche de la tasse, ne relevant toujours pas ses yeux de la boisson chaude. Les épaules de Daryl s'abaissèrent doucement alors qu'il commençait à parler.

« Tu avais raison, tu sais ? Qu'il avait utilisé une ceinture sur mon dos et un couteau sur ma poitrine. » Il parlait avec une nervosité évidente, quelque chose qu'Hershel n'avait jamais entendu chez Daryl avant. « Ca dépendait de s'il était juste ivre ou trop bourré pour savoir où il allait. Quand il était sobre c'était juste ses poings et ses pieds. Il n'avait jamais utilisé le couteau avant que Mam meurt mais j'étais habitué à Pa. J'étais un bon à rien, une vermine, méritant tout ce qu'il me faisait. Je n'me suis jamais dressé contre lui de toute ma vie. »

Hershel avala la salive dans sa gorge mais garda le silence, sachant que l'homme avait plus à dire. Il ne permit à aucune émotion de trahir son visage alors que Daryl se tournait vers lui, amenant ses yeux bleus à se verrouiller dans les siens et soutenant son regard, il parla du reste.

« Mais elles ne sont pas toutes de lui. Celle-là… » Daryl apporta sa main gauche sur sa poitrine et remonta un doigt sur la plus grande, la plus méchante de toutes les cicatrices qui se trouvaient à l'épaule, à travers sa clavicule et jusqu'à sa poitrine. « Celle-là ici c'était Merle, mon frère.

« Il était 6 ans plus vieux que moi, alors quand j'étais jeune, il a essayé de me protéger, essayé de s'assurer que je pouvais manger et m'habiller et essayé de s'assurer que je reste en dehors du chemin de Pa du mieux qu'il le pouvait. M'a appris à chasser et traquer et comment me cacher dans les bois du vieil homme. Et puis il est tombé dans la drogue, a eu des ennuis et des séjours en maison de correction, un dans l'armée avant qu'ils le virent et puis prison. Quand il était à la maison il essayait de faire sortir 'l'homme' en moi mais avec les meilleures intentions. Avait dit que ça m'aiderait avec Pa.

« Cette nuit-là il planait complètement et il est rentré à la maison. J'étais dans mon lit et je me souviens juste de lui saisissant mes chevilles et me faisant glisser dans la cuisine. Mon père m'avait déjà frappé avec la ceinture plutôt méchamment et je peux me rappeler à quel point ça faisait mal d'être tiré sur le tapis. Merle me hurlait dessus, je ne sais même pas quoi, je ne crois pas qu'il l'ait lui-même su. Il était juste furieux, toute cette colère pure qu'il avait juste besoin d'un endroit pour l'envoyer. Je suppose qu'il avait beaucoup de colère à sortir. Il m'a défoncé la gueule et puis il a utilisé un couteau de chasse sur ma poitrine. Passé des heures allant sur cet endroit, plus profondément jusqu'à ce qu'il commence à frapper l'os. Il a ri. Il a ri si fort qu'il en avait des larmes de joie, roulant sur ses joues. Je n'ai jamais ressenti une douleur comme ça. Je n'ai jamais pu revenir au lit…même après qu'il s'est échoué sur le canapé je suis resté allongé là où il m'a laissé. Jamais senti si pathétique.

« Quand il s'est réveillé le lendemain après-midi j'avais nettoyé, fait un boulot de merde pour me recoudre moi-même et ce n'était pas différent que d'habitude. Il avait été si défoncé qu'il ne s'était même pas rappelé ce qu'il avait fait. Je suppose qu'il a cru que c'était Pa' qui avait fait ça…et je ne lui ai jamais dit de toute façon. Ce fils de pute m'a emmené pour une partie de chasse cet après-midi. M'a donné ce même putain de couteau de chasse comme cadeau. C'était mon douzième anniversaire.

Après avoir terminé son discours, Daryl resta là où il était, sa poitrine se déplaçant un peu plus vite que d'habitude et ses mains se tordant l'une dans l'autre nerveusement. Il était évident que c'était la première fois que le chasseur avait partagé son histoire.

« Fils, je suis désolé que vous avez dû passer par là. » Hershel garda ses yeux verrouillés avec ceux de Daryl, ne voulant pas être celui qui briserait le contact. Ne voulant pas faire le moindre mouvement que l'homme visiblement endommagé pourrait mal interpréter.

« Je ne suis pas après un désolé. » Enfin, le contact visuel fut brisé et Daryl retourna à jouer avec le manche de la tasse. « Rien ni personne ne peut faire quelque chose pour changer ça. J'ai juste pensé, vu que vous avez demandé avant, vous aimeriez savoir. »

Daryl se déplaça à travers la pièce, s'arrêtant pour poser une main sur l'épaule d'Hershel. Le mouvement prit Hershel par surprise et il sourit à l'ironie du mouvement de recul qui secoua son corps.

« J'avais l'habitude de penser qu'un Dixon est ce qu'un Dixon est. » Continua quand même Daryl. « N'allait pas changer ça. J'été destiné à être ce que j'étais. Mais je n'avais jamais eu personne pour se soucier de moi avant, et je commence à penser que peut-être que j'avais tort. »

Avant qu'Hershel puisse répondre, le chasseur bougea vers la porte et l'ouvrit. Baissant la tête, il se tourna et parla une dernière fois avant de refermer la porte.

« Le thé…Je ne vous ai jamais remercié pour m'avoir rapiécé l'autre fois. »

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Il n'avait pas bougé de la table de la bibliothèque depuis que tout le monde l'avait laissé à ses propres pensées il y avait longtemps. Tous étaient inquiet à propos de comment Rick ferait face à ce nouveau stress après ce qui s'était passé après Lori, mais ils savaient aussi que l'homme avait besoin de temps et d'espace pour assimiler tout cela.

Hershel dépassa Michonne, qui avait pris sur elle pour garder officieusement Rick au cas où quelque chose se soit passé, et entra dans la pièce, allant vers la table. Le fait qu'il ne soit pas assez habitué à l'inconfort de sa nouvelle jambe à la fin de la journée était évident dans sa démarche. Il avait pris un peu d'eau pour Rick et une petite partie de leur repas du soir après avoir quitté sa cellule et le vieil homme les posa doucement sur la table et s'assit à côté de l'adjoint.

« Rick, fils, parle-moi. » Dit doucement Hershel.

N'ayant aucune réponse de la part de l'homme, Hershel passa une main calleuse à travers ses longs cheveux poivre et sel et soupira :

"S'il te plaît, Rick." La douceur quittait le ton maintenant, quelque chose proche de la gêne bullant à la surface. "Je sais que tu as perdu gros aujourd'hui, comme nous tous, mais je ne peux pas te laisser recommencer ce qui s'est passé après que tu ais perdu Lori. Le groupe ne peut pas gérer ça aussi bien en ce moment."

Rick leva lentement la tête de la table à ces mots et Hershel grimaça à l'état de l'homme. Des paupières encapuchonnées étaient suspendus au-dessus des yeux injectés de sang qui ne véhiculaient pas de vie. Il avait déjà vu ce regard une fois avant ça et Hershel pria Dieu pour qu'il ait le temps de ramener Rick du bord cette fois.

«Je vais y retourner. Même s'il n'y a plus..." Rick ne pouvait pas se résoudre à dire «plus rien», l'image visuelle lui envoya un frisson macabre le long de sa colonne vertébrale. "Même si nous ne le trouvons pas, nous pouvons regarder, nous pouvons récupérer son arbalète. Nous pouvons trouver quelque chose à enterrer. Peu importe ce que c'est. Nous pouvons ramener la moto à la maison. Bon sang, peut-être que nous pouvons savoir comment il ... Quelque chose. N'importe quoi."

"Rick, tu penses que c'est sage?" implora Hershel, ne voyant pas l'utilité de revenir en arrière. "Ca ne va pas changer quoi que ce soit. Quel type de récompense à Daryl ce serait si quelqu'un est tué pour cela?"

"Oui, oui ça change quelque chose." Rick frotta brutalement sa barbe avec sa main et regarda Hershel. "Je ne sais pas comment c'est ... c'est ... c'est arrivé. J'ai détourné les yeux pendant une seconde, et il avait disparu. Je sais que les chances sont minces que nous puissions en trouver un, mais j'ai besoin de trouver un corps. J'étais un policier. J'ai eu affaire à des preuves, je savais qu'un crime ou qu'un accident avait eu lieu parce que je pouvais le voir, je pouvais regarder ce qui avait été laissé. J'ai besoin de voir quelque chose, Hershel. Comme avec ... avec ... Lori. Si je ne peux pas le voir, il n'est pas là. J'ai besoin de quelque chose de physique pour me dire ce qui lui est arrivé. J'ai besoin d'être en mesure de savoir comment ... ce ... "

Soudainement les poings de Rick volèrent pour rencontrer sa propre tête alors qu'il essayait littéralement d'éloigner les images qui clignotaient dans son esprit.

« Merde, merde. MERDE. MERDE ! Je n'aurais pas dû le laisser faire ça. »

"Rick!" Hershel saisit les poings en vol de l'homme et poussa les deux mains sur la table, gardant la main sur eux alors qu'il parlait, "Ecoute-moi. Par tous les saints tu n'avais pas le choix en la matière aujourd'hui. Daryl ne t'aurait pas laissé l'arrêter une fois qu'il avait pris sa décision et tu devrais le comprendre. Il l'a fait parce qu'il se souciait du groupe. Autant qu'un homme comme Daryl Dixon puisse, il aimait ce groupe. Il t'aimait. Je sais qu'il te considérait comme un frère, fils. Oserais-je dire, il t'a probablement considéré comme le frère qu'il voulait que Merle soit pendant toute sa vie ".

L'homme aux cheveux gris baissa sa tête pour essuyer ses yeux que les larmes avaient commencés à remplir, les conversations et les souvenirs de l'après-midi lui revenant en tête.

"Cet homme a traversé l'enfer dans sa vie," Hershel étouffa l'émotion de sa voix, "bien avant que l'apocalypse n'ai même commencé. Je ne doute pas une seconde qu'il vivait dans un monde de haine et de colère et de douleur depuis le moment où il est né. Il n'avait jamais trouvé un endroit ou des gens qui l'acceptent avant qu'il nous ait trouvés. T'ait trouvé. Trouvé une famille qui pourrait enfin lui apprendre ce que l'amour et la confiance sont censé être. Grâce à ça, il a trouvé sa raison pour commencer vraiment à vivre, probablement pour la première fois de sa vie. Aujourd'hui, s'il a vu cela correspondre avec sa raison de mourir à cause de son amour pour toi, pour Glenn, Maggie, pour Judith et Carl, ou encore Beth et moi, alors c'était son choix. "

« Il a fait le mauvais choix. » Les paroles de Rick étaient calmes. « Nous aurions dû trouver quelque chose. On avait besoin qu'il reste en vie. Il a fait le mauvais choix et je l'ai laissé faire. »

"STOP!" La voix d'Hershel s'élevant soudainement saisit sa gorge comme l'émotion brute qu'il ressentait le trahissait enfin. Il s'éclaircit rapidement la gorge et continua, apportant autant de conviction dans sa voix que possible. "Daryl avait ... on lui en a tellement pris dans sa vie. L'aptitude à l'amour, à la confiance, à accepter les contacts. S'il te plaît Rick, pour l'amour de Dieu, je t'en prie, s'il te plaît ne lui prends rien dans la mort. Laisse-le avoir cette seule chose".

Submergé par les événements de la journée Hershel se leva et regarda Rick, n'étant plus en mesure de continuer la conversation. Derrière la fenêtre, il pouvait voir le soleil dans les dernières phases du coucher et réalisa soudain à quel point il se sentait vraiment épuisé. Rick ne le regardait plus et Hershel savait que le jeune homme avait encore prévu d'y retourner. Reflet des actions de Carol plus tôt, Hershel se retourna et se dirigea vers la porte, laissant Rick seul une fois de plus dans la salle s'assombrissant rapidement.


Bon voilà :)

Plus qu'un chapitre et c'est la fin !

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