Chapitre 3
Trois semaines plus tard.
« Sherlock, on y va! Sherlock ?
-Je suis là, Ania.
-J'ai pris du retard, désolée. Mais si on part maintenant on pourra commencer l'installation avant onze heures. Tu prends un taxi ?
-Non, je voyage avec toi.
-Je croyais que tu n'avais pas confiance en ma façon de conduire ?
-C'est juste, mais tu tiens à tes meubles, donc tu feras attention. »
Ania s'installa donc au volant du camion de déménagement et deux heures plus tard, elle et Sherlock, ainsi que tous les meubles, en bon état, arrivèrent en plein cœur de Londres.
«Nous y sommes. Ce ne sera pas très grand, mais au moins je suis à cinq minutes du centre de formation. Au programme : lunch puis installation.
-Pas de réseau. Tu me passes ton portable? Je dois appeler Mycroft.
-Non.
-… Je n'ai pas d'autre moyen de le joindre.
-Sherlock, je t'aime bien, mais mon téléphone portable, je te l'ai déjà dit, c'est privé.
-Je ne vais pas lire tes messages, je veux seulement…
-Non, Sherlock !
-Ah… Tu t'es donc retrouvé un petit ami. Tu le garderas plus longtemps que la dernière fois j'espère.
-Ca ne te regarde absolument pas, déclara Ania, furieuse d'avoir été percée à jour aussi facilement. »
Durant tout le déchargement des meubles (il y en avait très peu, ça alla vite) et l'installation ensuite, la jeune femme n'articula pas un mot, absorbée et surtout vexée.
Depuis trois ans qu'elle suivait des études en vue de devenir policière, sur les traces de son père, Ania avait développé un don particulier. Elle avait cumulé, plus jeune, les cours de théâtre, alternés avec les entraînements de tir, les arts martiaux et les combats à arme blanche. Très douée, c'est en partie grâce à son habilité à manier la dague qu'elle était rentrée à l'école de police. Elle espérait, à terme, pouvoir faire une carrière de garde du corps. Mais si elle laissait voir ses sentiments aussi facilement, elle ne réussirait jamais l'examen…
« Ania ?... Ania ?
-Hmm…, la jeune femme avait horreur d'être coupée de ses réflexions.
-Ton père arrive. »
Ania sursauta.
« Quoi ? Déjà ! Ne reste pas là !
-Je descends par derrière, ne t'inquiète pas. Quand puis-je revenir ?
-Euh… Pas trop tard… Papa devrait repartir vers six heures, je pense. »
Sherlock hocha la tête et disparut.
