Chapitre 11
Ania s'attendait à ce que Sherlock lui explique ce qu'ils faisaient depuis trois semaines, mais il lui dit simplement qu'ils partaient en France.
« A Paris ? J'ai toujours rêvé d'aller à Paris ! s'exclama la jeune femme.
-Oui, à Paris. Mais pas pour faire les magasins.
-Je m'en doute, tiens ! Est-ce parce que je parle français que tu m'as emmenée?
-Oui.
-D'autres précisions ? demanda ironiquement Ania.
-Pas pour le moment. Cela ne te servirait à rien. Discrétion exemplaire, comme d'habitude.
-Je sais. Où dormirons-nous ?
-Nous ne dormirons pas. »
Ania fixa un moment Sherlock, s'assurant qu'il ne plaisantait pas. Il était tout à fait sérieux. Elle se résigna et regarda sa montre.
« Encore deux heures de trajet. Réveille-moi à Paris, demanda-t-elle à Sherlock. »
Celui-ci hocha la tête, Ania se cala confortablement sur la banquette et ferma les yeux. Elle s'endormit très rapidement, son attente quelques heures plus tôt l'ayant fatiguée, et son corps anticipant les prochaines heures qui quoiqu'il arrive, seraient certainement éprouvantes.
Elle se réveilla alors que le train entrait en gare. Un jeune homme élégant les attendait sur le quai.
« Je m'appelle Nathanaël David, je suis le contact de Mr. Sherlock Holmes à Paris, se présenta-t-il en français.
-Enchantée, répondit Ania dans la même langue. Je suis Anastasia, garde du corps de Mr. Sherlock Holmes. »
Elle tendit la main que Nathanaël serra avec chaleur. Puis elle traduisit à mi-voix à Sherlock les présentations.
« Très bien, comment allez-vous ? »
Le détective serra la main de Nathanaël à son tour. Puis il demanda à Ania de faire en sorte que leur contact les emmène au théâtre du Châtelet.
« Pourriez-vous nous trouver un taxi ? interrogea Ania en se tournant vers David.
-Il nous attend déjà, répondit celui-ci en souriant. »
Le trajet ne fut pas très long, mais d'un silence pesant. Ania aurait bien voulu engager la conversation avec le jeune Français, mais celui-ci regardait obstinément par la vitre du taxi qui filait à travers Paris. Sherlock avait adopté exactement le même attitude, et le regard d'Ania allait de l'un à l'autre sans qu'ils fassent attention à elle.
Arrivés au Châtelet, Ania fut stupéfaite de voir le théâtre entouré des cordons de police scientifique. Ni Sherlock, ni Nathanaël ne semblaient étonnés, et elle en déduit qu'elle était encore une fois la dernière à être au courant.
« Dis à Mr. David de rester dehors tout le temps que j'aurais à faire à l'intérieur, murmura Sherlock en anglais.
-Et moi ? demanda Ania sur le même ton.
-Tu restes avec moi quoiqu'il arrive, répondit-il, j'ai promis à ton père de te ramener vivante. »
