Chapitre 18
« Oh, pardon, s'exclama la logeuse en souriant. Je pensais que c'était ce charmant jeune homme était revenu.
-Qui ? s'étonna Sherlock en fixant Ania.
-Nathanaël, marmonna celle-ci en rougissant, mais en soutenant son regard. »
Sherlock resta muet un moment. Puis il se tourna vers Mrs Hudson.
« Pouvez-vous laissez la théière ici ?
-Bien sûr. Ah, mais il vous faut des tasses. »
Elle fit l'aller –retour, servit le thé et redescendit.
« Je vais préparer le dîner ! Ania, des choux-fleurs bouillis, ça te va ?
-J'ai horreur de ça ! s'exclama Sherlock, indigné.
-Ce n'est pas pour toi que je cuisine, je ne suis pas ta gouvernante, Sherlock.
-Merci Mrs Hudson, ça sera parfait, lança Ania avec un clin d'œil à celle-ci.
-Alors à tout à l'heure. »
Sherlock fixa la jeune femme qui buvait son thé pendant un long moment. Ayant fini sa tasse, Ania, qui n'aimait quand même pas trop être ainsi observée, lança un regard interrogateur au détective. Il semblait contrarié, mais ne pouvait se résoudre à engager une dispute avec la convalescente. Après un long soupir, celle-ci décida finalement que si confrontation il devait y avoir, alors confrontation il y aurait.
« Je n'ai rien fait de mal, que je sache, dit-elle tranquillement.
- Tu aurais dû me signaler ses visites, répliqua Sherlock, mais doucement lui aussi.
-D'accord. Là, je me suis trompée, admit Ania. Mais le mal est fait. Par contre, si je peux t'aider de n'importe quelle manière, je le ferais volontiers.
-Il se pourrait que je veuille te poser des questions…
-Vas-y. Tout ce que tu veux. Il faut le retrouver, absolument. »
Ania était en train de se dire qu'ils allaient réussir à ne pas crier l'un sur l'autre, ce qui ces derniers jours était devenu un exploit.
« Bien, alors…Sherlock hésita un instant, puis se jeta à l'eau. Etait-il vraiment heureux de te voit quand il venait ?
-Oui. Il me l'a souvent dit d'ailleurs. Et puis, il ne serait pas venu, sinon.
-Semblait-il pressé de partir ?
-Non.
-Que t'a-t-il raconté de sa vie à Londres ?
-Presque rien. Juste qu'il suivait des cours, et qu'il aurait bien aimé que je leur fasse visiter la ville, à lui et ses amis.
-As-tu rencontré un ou une de ses amis ?
-Non, jamais. Du reste, il ne me parlait quasiment jamais d'eux. Mais j'ai cru comprendre qu'il en avait beaucoup, dans pleins de pays différents !
-La dernière fois qu'il est venu, t-a-t-il dit qu'il reviendrait ?
-Oui.
-Quand ? les yeux de Sherlock se mirent à briller, avant de s'éteindre brusquement lorsqu'Ania répondit.
-Il ne précisait pas. Mais jusqu'à aujourd'hui, il est toujours revenu.
-Cela ne nous avance absolument pas.
-Je sais ! Mais il se montrait prudent, on peut le comprendre…
-Ania ?
-Hmm ? La jeune femme réfléchissait.
-Est-ce qu'il…a ton numéro ?
-Oui.
-Tu as le sien ?
-Oui.
-T'envoie-t-il des messages ?
-Oui. »
Sherlock tendit la main.
« Ton portable, Ania. S'il-te-plaît.
-Hors de question.
-À l'heure qu'il est, ce jeune homme court certainement un grand danger. Donne-moi ton portable.
-Tu n'en auras pas besoin. Je sais où il est. »
En voyant le sourire d'Ania, Sherlock se retourna d'un bloc, se retrouvant nez à nez avec Nathanaël David.
