Chapitre 27
Bip bip…bip bip…bip bip…
« Allô?
-Miss Lestrade? Fitzwilliam à l'appareil.
-Luke ? Voilà trois jours que j'essaye de vous joindre ?
-J'étais en plein déménagement, ma ligne téléphonique était coupée. On vient de me raccorder il y a cinq minutes.
-Déménagement ?
-Oui, je suis muté à Londres, à Scotland Yard. Et j'habite North Gower Street, maintenant.
-Vous avez réussi à trouver un appartement correct ? C'est un exploit !
-Oui, j'en suis plutôt fier. Vous êtes en service aujourd'hui ?
-Non, Sherlock passe l'après-midi à la morgue, j'ai quartier libre.
-Dans une demi-heure au salon de thé de Mrs Hudson, alors ?
-Avec plaisir. À tout à l'heure, Luke.
-À tout à l'heure, Ania. »
« Miss Lestrade.
-Luke ! Je suis contente de vous revoir.
-Moi aussi. Vous n'avez pas été suivie ?
-Ça ne m'étonnerait pas que Sherlock ait mis un traceur sur mon portable. Comment avez-vous fait pour être muté à Londres ? Les places sont chères.
-Il suffit d'être excellent.
-Vous avez forcément un point faible.
-Oui, mais ils ne l'ont pas trouvé, et je n'allais pas me trahir.
-Et bien ?
-Les interrogatoires me terrorisent.
-Vous dites cela si gaiement que j'ai du mal à vous croire.
-Vous buvez quelque chose ? Oh, un thé, évidemment.
-Comment le savez-vous ?
-Je l'ai lu sur le blog du docteur Watson. »
Ania éclata de rire, ravie… Luke alla passer commande. Quand il revint s'asseoir, il avait un air sérieux.
« Vous connaissez bien les coulisses de Scotland Yard. Dites-moi ce que je dois savoir.
-Ne vous en faites pas pour cela. J'ai eu mon père au téléphone, tout à l'heure. Il m'a dit que vous allez être intégré dans son équipe, et vous aurez de toute façon deux semaines de formation intensive. Il vous enseignera tout.
-C'est la manière habituelle de faire ?
-Avec l'inspecteur Lestrade, oui. Vous pouvez lui faire confiance, ainsi qu'à Sally Donovan. Pour ce qui est d'Anderson, le légiste, ne vous y fiez pas trop. Il ne se montre gentil que quand ça sert ses intérêts, sinon, il est plutôt rancunier et il déteste qu'on vienne marcher sur ses plates-bandes.
-J'imagine que vous les connaissez tous depuis longtemps…
-Oui. Les jours où c'était calme, mon père me prenait avec lui au bureau, je devais avoir entre trois et sept ans. Après, j'allais à l'école, mais il m'arrivait d'aller lui tenir compagnie quand il faisait des heures suppl'. J'ai appris le métier par immersion, en fait.
-Et vous êtes arrivée première de votre promotion. Comme moi.
-Mais au lieu d'être intégrée bien gentiment dans une équipe, j'ai accepté l'offre d'un prétendu mort qui voulait un garde du corps.
-Vous vous plaisez, tout de même, avec lui.
-Avec Sherlock Holmes, la routine n'existe pas, c'est ça que j'aime. »
