Une fois les cours terminés le groupe de jeunes, composé d'humains et de loups garous, aurait dû aller s'entraîner au hangar, et désespérer l'alpha qui aurait encore dit qu'ils étaient tous mauvais, mais les filles en avait décidé autrement. Devant leurs yeux de biches suppliant de leur laisser l'après-midi de libre pour qu'elles puissent acheter des robes pour le bal de l'hiver, qui allait se dérouler dans la soirée, et sentant que Danny et Isaac allaient rejoindre le mouvement, Derek n'eut pas d'autre choix que d'accepter leur requête. Les cinq adolescents avaient crié victoire, et après avoir remercié leur chef, ils étaient partis au centre commercial. Boyd, Jackson et Scott avaient été traînés de force pour un essayage de costumes obligatoire, et il ne restait plus que Stiles et Derek dans la pièce froide. Le plus vieux était en train d'étudier une carte de la ville, posée sur une caisse en bois, et le jeune brun se demandait ce qu'il faisait là, tout seul avec un homme qui semblait le détester.
"-Fait pas chaud, hein ?, questionna-t-il pour briser la glace.
Seulement l'adulte ne semblait pas vouloir lui répondre. Il se rapprocha donc de lui pour regarder la carte de plus près. L'alpha prit le bout de papier, se recula jusqu'à une autre caisse, ferma son blouson et protégea ses flancs avec ses bras.
-Oh oui Stiles, c'est vrai qu'il ne fait pas chaud, lui répondit-il simplement, avant de reprendre l'inspection de son plan.
Le jeune garçon le regarda l'air perplexe.
-Que ... Pourquoi t'as fait ça ?, demanda-t-il en haussant un sourcil.
-La dernière fois que je t'ai pas répondu, tu t'es approché de moi en traitre et tu m'as collé ta main gelée sur le corps ... Je suis prudent maintenant, rappela-t-il avec un sourire amusé ironique.
-Rho ça va, j'ai fait une petite erreur de jugement ; et je te signale que t'as failli me faire passer par la fenêtre après ! -lui remémora-t-il à son tour en le désignant de l'index.- Et puis fallait pas me voler ma couverture après être venu en fourbe, dormir avec moi !
-Je n'ai pas dormi avec toi -réexpliqua-t-il, agacé- on a partagé en part plus ou moins égale une couverture qui m'appartient, à la base ...
-Hé ho, t'as dormi sur mon épaule après, et elle m'appartient à 100% !
-Stilinski, va embêter quelqu'un d'autre, s'il-te-plait, j'ai autre chose à faire, termina Derek blasé par la conversation qui prenait une tournure bizarre.
L'adolescent soupira, une fois de plus "monsieur Hale" refusait d'admettre qu'il avait un coeur, autre que celui en pierre.
-Très bien -Donne-Des-Ordres-Au-Pauvre-Stiles-Qui-Est-Gentil- Pourtant, de toute façon, moi aussi j'ai des trucs à faire !
Il s'en allait lorsque l'alpha l'appela.
-Quoi ? , dit-il en haussant les épaules ?
-Dis-moi, parmi les jeunes de l'équipe adverse hier, y en avait combien qui étaient des loups garous ?
-Euh ... quatre -réfléchit-il-, ou six au maximum, enfin je crois ... Pourquoi ?
-Non pour rien ... Au revoir Stiles."
Le jeune homme leva les yeux au ciel. Une fois de plus le chef de meute cachait des choses, et c'est un Derek pensif qu'il laissa seul, pendant qu'il partait en direction du centre commercial où ses amis se trouvaient déjà.
La neige était en train de fondre rapidement, et les routes étaient plus praticables. Bien que sa jeep fût une épave avec des roues, Stiles n'avait aucun mal à circuler et aucune plaque de verglas ne l'atteint pendant le trajet. Il gara sa voiture sur le parking, rentra dans le complexe de magasins et appela son meilleur ami pour connaître son emplacement.
"-Scott, t'es où mon vieux ?
-Oh Stiles ! Viens me sortir de là, elles sont folles, on a dû en essayer au moins une douzaine chacun ! Je crois que Boyd va se mettre à pleurer ...
-Mais ... De quoi tu parles ?
-DES SMOKINGS ! -hurla Scott dans son téléphone- On est là depuis 30 minutes et on n'arrête pas d'enlever et de mettre des vestes et des pantalons moches et sans forme !
-Oui, bah je vois pas trop en quoi c'est mon problème. J'ai un smoking et j'ai pas de copine ... Chacun sa croix mon pote ..., se moqua l'adolescent.
-Stiles ! Tu vas pas me laisser seul ? Je suis sûr que dans deux minutes Jackson va se mettre à manger une cravate ou un noeud papillon !, le supplia son ami.
Le brun soupira, et quand il entendit Jackson crier un "Non Lydia, je n'essayerais pas ce costume bleu, y a des froufrous dessus !", il décida d'aller les aider.
Malgré leurs efforts combinés, ils ne purent sortir de la boutique qu'une heure plus tard.
-Quand je pense que Danny et Isaac sont rentrés dans ce magasin en même temps que nous, qu'ils sont allé chercher un costume chacun, qu'ils l'ont essayé, et qu'ils sont sorti avec leur achat en dix minutes ... Ça me démoralise, informa Jackson.
-Nan mais regardez-vous, vous n'avez pas arrêté de vous lamenter ... Vous devriez être contents d'avoir une cavalière, les sermonna Stiles.
Pour éviter d'avoir à les écouter se plaindre pour le reste la journée, le petit brun s'éclipsa discrètement du groupe de garçons. Il avait envie de flâner tout seul dans les magasins, histoire de trouver quoi offrir à ses amis pour Noël, qui était prévu pour le lendemain.
Il avait presque fini, vers 18h 20, mais il lui manquait un cadeau pour Derek.
-Franchement, est-ce qu'il le mérite vraiment ?, se demanda-t-il."
Il allait laisser tomber, préférant se préparer pour la soirée, lorsqu'il aperçut le cadeau idéal. Se frottant les mains, il entra dans la boutique avec le sourire.
***
L'adolescent hyperactif passa vers 20h au hangar désaffecté. Il avait proposé à Isaac et Danny de les prendre au passage, et ils avaient accepté. Les deux jeunes étaient en train de se changer dans le garde-manger, et l'alpha était toujours occupé avec sa carte de la ville.
"-Hé vieux ... Euh ... Derek -corrigea-t-il devant le regard noir que lui avait lancé le chef de la meute.- Tu viens à la fête ou pas ?
-Non, répondit-il simplement.
-Bah c'est bête, pourquoi tu veux pas y aller ? Ça va être fun et tout !
-C'est bon pour les jeunes tout ça, moi j'ai du boulot.
-Derek ... Tu es jeune !, commenta Stiles.
-Et de toute façon j'ai pas de costume pour y aller, y aura déjà assez d'un plouc à la fête, fit remarquer son interlocuteur.
-Premièrement, mon smoking t'emmerde et te dis d'aller mourir en confondant de l'aconit avec la boisson qui te rend si drôle et joyeux -lui répondit l'adolescent en feignant un sourire-, et deuxièmement, t'as qu'à arranger un peu tes cheveux, mettre une chemise et un beau jean, et le tour est joué, c'est pas sorcier quand même !
-Mes cheveux te disent d'aller mourir en confondant de la mort aux rats avec tes céréales du matin qui te rendent si intelligent, répliqua le loup-garou sur le même ton.
-Allez quoi, tu vas pas rester enfermé toute ta vie, faut vivre un peu !
-On y va Stiles ?
Danny et Isaac venaient d'arriver dans la pièce, et leurs costumes les rendait encore plus adorables que d'habitude.
-Ouais, ouais, allez-y je vous rejoins !
Les deux garçons sortirent de la pièce en se tenant la main.
-Ils sont mignons ... -s'attendrit Stiles- Mais c'est de toi qu'on parle là, champion ! Allez viens faire la fête avec ta meute !
-Non ! De toute façon j'ai personne avec qui y aller, alors me casse pas les pieds sinon je me sers de ton costume pour balayer par terre !
-Laisse ce smoking, il a rien fait ... Eh, t'as qu'à venir avec moi à la fête, j'ai personne non plus !
-Je vais pas aller à une fête avec toi ! , dit-il en manquant de s'étouffer.
-Mais si, on y va entre potes !
-Stiles arrêtes tout de suite ! Je n'irais pas à cette soirée et encore moins avec toi !
-Entre frère de meute ?, hasarda une dernière fois le petit brun.
-Casse-toi !, termina l'alpha, prêt à manger son interlocuteur."
Le fils du shérif lâcha prise et repartit vers sa voiture. Décidément, Derek était vraiment un rabat-joie.
Une fois que les neuf membres de la meute furent réunis, ils rentrèrent dans la salle des fêtes, décorée de ballons blancs et gris, ainsi que de guirlandes aux couleurs similaires. Une fois rentrés dans l'endroit même où se passait la fête, ils reconnurent quelques visages. Le docteur Deaton, patron de Scott, était là, ainsi que Mademoiselle Morrell, la conseillère du lycée, un peu plus loin. Le tyrannique Harris et le joyeux Finstock traînaient dans les parages aussi, mais Stiles essaya d'éviter son professeur de chimie. Il prit quelques petits fours sur le buffet et les goba un par un.
Le jeune homme vit son meilleur ami danser avec sa copine ; il la faisait tourner et elle riait, laissant ses pommettes se creuser, ce qui la rendait tout à fait mignonne. Scott avait de la chance d'avoir à ses côtés une fille aussi gentille et attentionnée.
Boyd et Erica dansaient l'un contre l'autre, la blonde faisait une fois de plus son aguicheuse, mais c'était avec son propre copain, alors était-ce vraiment mal ? Boyd semblait heureux avec elle, et il avait de la chance d'être avec une aussi jolie fille.
Isaac et Danny quant à eux, ils s'étaient bien trouvés. Stiles se demanda comment ils avaient pu s'avouer leurs sentiments, sachant que chacun des deux était plus timide que l'autre. Ils se regardaient dans les yeux depuis un moment déjà, quand Isaac approcha son visage de celui du jeune homme en face de lui. Ils s'embrassèrent et Stiles baissa les yeux, gêné. Danny avait de la chance d'avoir trouvé quelqu'un qui lui ressemblait, et qui pourrait veiller sur lui pour toujours.
Les yeux du brun hyperactif dérivèrent en direction de Jackson et Lydia. Elle était encore parfaite ce soir, même si elle n'avait pas besoin d'avoir une tenue spécial ou du maquillage pour être jolie. Stiles ne comprenait pas pourquoi l'ancien kanima ne lui prêtait pas plus d'attention. Une musique douce retentit dans les enceintes de la salle, et en voyant le couple se serrer pour danser un slow, il comprit quelque chose. Jackson et Lydia n'avaient pas besoin d'être sans arrêt l'un sur l'autre pour se prouver qu'ils s'aimaient. Et puis se disputer, c'est quand même parler non ? Alors pourquoi cracher des mots doux toute la journée, quand on peut parler à la personne qu'on aime tout en se défoulant ? Toujours était-il, que Jackson aussi était chanceux, de connaître une fille aussi parfaite, qui le supportait tous les jours.
Stiles allait piocher de nouveaux dans les petits fours quand une voix l'interpella :
"-Hé, manges pas tout !
Il se retourna vers la jeune fille qui avait parlé. Elle était absolument adorable. Ses yeux bleus verts si clairs ainsi que ses cheveux noirs, courts et lisses, frappèrent Stiles en pleine tête. Bien qu'elle fût en train de sourire, elle avait les sourcils légèrement froncés, ce qui lui donnait un air de petite fille qui interdirait à ses parents de faire quelque chose qu'elle n'avait pas le droit de faire. Elle portait une jolie robe noire simple, avec un collant de la même couleur, ce qui la rendait sombre, d'autant plus que sur ses épaules, reposait un blouson en cuir.
-Tu veux danser ?, le questionna-t-elle.
Stiles ne savait pas quoi dire, choqué par la question directe.
-Bah alors, tu réponds ?!, s'impatienta-elle.
-Euh oui ... Je veux bien danser ... Avec toi, dit-il avec difficulté.
-Tu peux m'appeler Danielle si tu veux ... C'est mon nom, ajouta-t-elle en souriant, ce qui lui creusait légèrement les joues et qui la rendait attirante.
-D'accord ... Moi c'est Stiles.
Ils allèrent sur la piste de danse, et Danielle mit ses bras autour du cou de l'adolescent. Ce dernier posa maladroitement ses mains dans le dos de la jeune fille, ce qui la fit sourire une nouvelle fois. Peut-être qu'au final, Stiles aussi avait de la chance ?
Pendant que les bêtas dansaient, leur alpha arriva. Le jeune homme portait une chemise blanche dans laquelle il était un peu à l'étroit et il avait changé de jean, optant pour un bleu marine. Il avait même pris le temps de coiffer un peu mieux sa tignasse noire.
-Mais où est-ce qu'il est encore ce crétin ?, se questionna-t-il en cherchant Stiles du regard.
Il finit par le trouver, sur la piste de danse avec une fille à son cou. Sans qu'il sache pourquoi, cette vision lui fit mal au coeur, comme si un chasseur avait planté une flèche en plein dedans et la retournait plusieurs fois, mais en encore plus douloureux. Avant que quelqu'un ne le voit, il se dépêcha de sortir, mais cogna une jeune fille au passage. Un peu plus petite que lui, les cheveux bruns attachés en deux couettes, les yeux marrons et le visage clairsemé de grains de beauté, l'adolescente portait un sweat-shirt rouge un peu trop grand pour elle. Le loup-garou l'aida à se relever.
-Désolée ! Je suis désolée m'sieur -s'excusa-t-elle en passant sa manche sous son nez- Je sais que je suis maladroite et que je ferais mieux de rester chez moi au lieu d'aller à une fête, parce que personne n'aime les gens maladroits aux fêtes et ..., continua-telle avec un débit rapide.
-Non ...Moi j'aime les gens maladroits -la coupa Derek en prenant conscience de quelque chose-, j'aime les ..., dit-il d'une voix plus basse en regardant la piste de danse."
Quelqu'un appela "Samantha" et la jeune fille partit vers un groupe d'autres adolescentes, laissant le jeune adulte en proie au désarroi. Ne voulant toujours pas que quelqu'un le voit ici, il sortit de la salle des fêtes et retourna jusqu'à sa voiture .
"Non je n'aime pas les gens maladroits -se répéta-t-il en serrant les poings sur le volant- J'aime juste ce maladroit-là, ajouta l'alpha avant de démarrer à toute vitesse.
***
Pendant que la fête battait son plein à Beacon Hills, un pick-up gris se gara dans l'allée des Argent. Trois ombres en sortirent et prirent la direction de la porte d'entrée. Le premier arrivé sonna et attendit que le propriétaire lui ouvre.
"-Oui, bonsoir ?, questionna le père de famille.
-Christopher Argent ? -questionna l'homme accoudé contre la porte d'entrée - Je m'appelle Sean Crinewhets, voici mon petit frère Dammy ...
-Damuel, précisa le second homme qui attendait juste derrière son frère.
-... Et elle, c'est Casty, finit l'aîné en désignant une jeune femme en imperméable.
Le père d'Allison regarda chacun leur tour les trois invités nocturnes.
-Et je peux savoir qui vous êtes ?, demanda-t-il d'un air suspicieux."
Son interlocuteur sourit, sachant pertinemment que l'homme en face de lui connaissait la réponse.
"Nous sommes venus en renfort, je crois qu'il est grand temps que quelqu'un fasse le ménage par ici."
