Se retrouver coincé sous la fenêtre de la chambre de Stiles ne faisait pas partie du plan initial de Derek. A la base, il voulait juste récupérer quelque chose qui lui appartenait.

***

Après la discussion embarrassante qu'il avait eue avec Stiles, l'alpha était parti en direction des hurlements. Il était arrivé sur place 10 minutes plus tard, et n'avait trouvé que les corps sans vie de quatre jeunes. Il crût reconnaître les joueurs qui étaient sur le terrain le jeudi, mais il n'en fût pas sûr. Il repartit vite fait vers son abri, craignant de tomber sur les chasseurs qui n'avaient aucun scrupule à tuer des adolescents inoffensifs. Quand il arriva sur le parking, essoufflé, il ne vit pas la jeep bleue de son souffre-douleur.

"-C'est pas vrai, mais où il est parti celui-là ? Je croyais que j'avais été bien clair !, grommela-t-il"

Il franchit les portes de son refuge ; il faisait sombre à l'intérieur, mais le loup-garou possédait une vision bien meilleure à celle des humains, et la seule petite source de lumière que produisaient les ampoules accrochées au mur, suffisait pour qu'il voie correctement dans la pièce. Il longea la rangée de bus, se dirigeant vers celui qui lui servait de chambre. Dans la troisième épave jaune, l'alpha vit Danny qui dormait contre une des fenêtres poussiéreuses avec Isaac somnolant sur son torse, et il fût content de voir que le loup-garou aux cheveux châtains était enfin heureux. Boyd et Erica, quant à eux, n'étaient pas encore rentrés, probablement encore en train de danser à la fête. Quand il arriva enfin devant son bus, il alla s'installer au fond, prenant une couverture pour avoir plus chaud.
Pour la première fois de sa vie, il n'arriva pas à trouver une place confortable sur son siège. Il avait essayé de mettre ses pieds sur le dossier du fauteuil devant, de croiser les jambes et même de s'enrouler complètement dans sa polaire, mais rien n'y fit. Il n'arrivait pas non plus à trouver le sommeil. D'habitude c'était parce qu'il se faisait du souci pour sa meute et sur les chasseurs qui ne cesseraient jamais de les chasser, mais en ce moment, autre chose le tracassait. Le fait qu'il pensait apprécier Stiles plus que ce qu'il n'aurait dû le mettait mal à l'aise. Et il y avait plusieurs éléments qui le troublaient : Pourquoi le coeur de l'adolescent battait-il si fort chaque fois qu'il était en présence du loup-garou ? Pourquoi avait-il tant souhaité qu'il vienne au bal d'hiver, si au final il avait été avec une fille ? Et surtout, quelle était la portée de sa phrase "C'est vraiment bête t'étais super bien habillé comme ça" ? Toutes ces questions tournaient et retournaient dans la tête du chef de meute, quand soudain, il eut une idée. Il se leva et alla s'installer sur le siège qu'il avait occupé lorsque sa meute s'était retrouvée coincée par la neige. Il s'allongea sur les deux fauteuils, la tête du côté de la fenêtre cassée et installa le plaid polaire sur lui. Il s'endormit rapidement, ayant enfin trouvé la meilleure position, complètement épuisé par les évènements récents.

Lorsqu'il se réveilla, il était assez tard et ses bêtas, ainsi que Danny, n'étaient plus dans le hangar. Il passa le reste de la journée à chercher une nouvelle planque ; maintenant que les chasseurs étaient en ville et qu'ils avaient commencé à tuer, il ne pouvait pas se permettre de rester dans un endroit peu sûr. Après avoir regroupées toutes ses idées et celles d'Allison, il décida qu'à partir de maintenant, le refuge serait un vieux salon, perdu dans la ville. L'heure de l'entraînement du jour avait sonnée, mais le chef de bande n'avait pas la tête à ça ; après leur avoir expliquée la situation à propos des jeunes assassinés la veille, il leur donna quartier libre, ce qui les ravis tous. A peine les portes métalliques furent-elles refermées derrière le dernier adolescent sorti, que Stiles et Scott se garèrent sur le parking. L'alpha se rappela tout d'un coup que le jeune humain avait toujours sa chemise blanche. Il allait sortir la réclamer, en lui tapant peut-être un peu dessus, quand il entendit le jeune homme annoncer qu'il irait voir les lumières de la ville, ce qui lui donna une meilleure idée.
Une fois toutes les voitures parties, le grand brun échangea son marcel blanc contre un T-shirt et fila à la maison des Stilinski. Il repéra rapidement la chambre de Stiles, étant déjà rentré plusieurs fois dedans plus ou moins légalement, et escalada le mur. En équilibre sur le toit, il leva doucement la fenêtre, regarda une dernière fois si personne ne pouvait le voir, dans les maisons voisines, et passa sa tête la première. Il scruta la pièce un instant pour repérer son vêtement et le vit enfin, posé sur le lit du garçon.

"-J'y crois pas, il a dormi avec ma chemise ! , s'exclama-t-il avec une nuance de surprise et d'horreur."

Il passa son buste par le passage étroit, mais au moment de rentrer le reste de son corps, son genou tapa violemment la structure en bois et la fenêtre lui retomba dessus, lui faisant perdre ses appuis. Ses pieds essayaient désespérément de trouver un rebord à l'aveugle, et ses mains cherchaient de quoi s'agripper. Comble de malchance, il n'entendit pas le fils du propriétaire arriver, et ce n'est qu'une fois qu'il rentra dans la chambre et hurla comme un porc que Derek s'aperçut de sa présence.

***

"-Allez, explique moi ce que tu fous dans ma chambre à cette heure-là ?, lui demanda à nouveau l'adolescent.
-Et bien en fait, je chassais les papillons et ... - commença le loup-garou d'un ton calme- Mais réfléchit un peu crétin ! Je viens rechercher ce que tu m'as volé ! Et viens m'aider à sortir de ce piège, je suis en train de mourir !, finit-il en vociférant.
-Quoi ? J'ai rien volé du tout, t'avais qu'à pas me la lancer à la tronche ! , se justifia Stiles.
-Sors-moi de là !, continua-t-il en haletant.
-Ah ! Et pourquoi je ferais ça ? Je te signale que j'en ai marre de subir tes attaques à répétition ! Je ne suis plus ton sous-fifre !

Stiles croisa les bras et s'accouda contre sa porte, regardant l'alpha se débattre.

-Sous-chef ..., répondit-il doucement, forçant avec ses bras pour ne pas tomber dans le vide.
-Quoi ?
-Pas "sous-fifre", t'es plus comme un sous-chef ... C'est toi même qui l'a dit l'autre fois, dans le bus -commença-t-il- Maintenant tu viens aider le vrai patron, parce que si tu le fais pas et que j'arrive à me débloquer tout seul, je te ferais regretter de pas être venu me sortir de là !, reprit-il sur un ton agressif.
-Le sous-chef dit qu'il ne t'aide ... Whoo, tout doux –ajouta-t-il paniqué ; voyant la fenêtre bouger légèrement grâce aux efforts de l'adulte, Stiles se précipita pour l'aider- Qu'on soit bien d'accord, je fais ça parce que j'en ai envie, pas parce que tu m'as menacé !

Le plus jeune des deux leva la fenêtre et Derek put se hisser dans la chambre. Il se laissa tomber sur le dos, après les efforts qu'il avait fourni, passant une main sur son ventre en grimaçant. Stiles s'accroupit à côté de lui.

-Ça va ? T'as l'air de souffrir ..., demanda-t-il inquiet.
-Non c'est bon !, répondit le grand brun.
Il se mit sur les coudes et leva légèrement son T-shirt, haletant toujours. Stiles lâcha un "Yerk !" de dégoût devant la marque bleue-violette qui s'était formée à cause du frottement entre le ventre de Derek et le bois de la fenêtre. Il avança néanmoins sa main par réflexe, comme pour soigner la blessure. Devant le geste de son camarade, l'alpha prit peur et il repoussa sa main, avant de se relever.

-Bon, je suis délivré, maintenant je reprends ma chemise et je te laisse seul avec ton ... Sandwich.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je suis pas seul, mon père va arriver, répondit-il en plaisantant.

Derek se dirigea vers le lit, pris son vêtement et marqua une pause, avant de s'assoir sur les draps défaits.

-Stiles, pourquoi tu mens ?, demanda-t-il en soupirant.
-Quoi ? Je vois pas de quoi tu parles ...
-Tu mens ! Comme t'as menti à Allison et Scott. Je sais que tu vas rester tout seul ce soir, parce que ton père n'est pas là avec toi pour les fêtes !, lui répondit-il, un peu agacé.
-Mais comment tu sais ça toi ? Tu m'espionne maintenant ?!
-Non je ne t'espionne pas ! Tu me l'as dit l'autre jour, quand on était dans le hangar !, expliqua-t-il en perdant son calme.
-Hein ? Mais comment ça se fait que tu retiennes ce genre de trucs ? Tu m'écoutes jamais !
-Mais si je t'écoute, tu parles tellement fort que j'ai pas d'autres choix que de le faire ! Et ne crois pas que je ne m'intéresse pas à toi ... Parce que je fais attention à tous les membres de la meute, rajouta-t-il en vitesse.

Stiles mit les mains dans ses poches et baissa les yeux. Il ne comprenait vraiment rien à ce qui se passait. Après un instant de silence, Derek se leva et se dirigea vers la fenêtre qui l'avait blessé quelques minutes avant.

-Bon Stiles, je vais y aller ...

Le jeune homme n'eut pas de réaction et regardait toujours ses pieds. Mais lorsque le chef de meute leva la vitre agressive et commença à passer de l'autre côté, il lui demanda doucement:

-Derek, tu veux pas rester avec moi pour Noël ?

L'alpha se cogna la tête violemment contre la fenêtre en se redressant, et insulta celle-ci avant de se retourner.

-Tu veux que je reste ?, demanda-t-il pour être sûr d'avoir bien entendu.
-Oui, je voudrais que tu restes avec moi -répéta-t-il.- On va être seuls tous les deux, non ?
-Euh … Oui, oui ..., confirma l'alpha, perplexe.
-Bon par contre, y a pas de repas de luxe, juste du poulet qui supplie pour s'échapper d'entre deux tranches de pain, mais ça sera suffisant pour deux célibataires !, affirma Stiles en souriant, heureux de ne pas passer Noël tout seul.

Les deux garçons s'assirent pas terre ; Stiles mit l'assiette entre eux et découpa son sandwich en deux parts plus ou moins égales pendant que Derek ouvrait deux cannettes de soda.

-Sérieusement Stiles, tu penses pas que de la bière aurait été mieux ?
-Hello, je suis mineur, je n'ai pas le droit de consommer de l'alcool !, lui rappela-t-il.
-Essaye pas de me faire croire que t'en a jamais bu quand ton père avait le dos tourné !
-Non ! Enfin ... Pas souvent !, se défendit l'adolescent.

Le petit brun bût une gorgée avant de poser une nouvelle question à son leader:

-Hé, pourquoi tu ne mettrais pas ta chemise ? Elle rend vachement bien sur toi ! Et ça fera un peu mieux habillé que ... Ce ... T-shirt, finit-il en grimaçant.
-Il est bien mon T-shirt –se défendit le loup-garou.- Mais tu sais quoi, juste pour que tu te taises je vais la mettre ..., capitula-t-il.
-Cool, je voulais pas être le seul beau-gosse dans cette pièce ... je dois dire que ça me mettait un peu mal à l'aise d'être à côté d'une loque ambulante, plaisanta le jeune garçon.

Ce commentaire lui valut de se faire frapper encore une fois sur l'arrière du crâne.

-Ahooow, ne frappes pas les plus faibles que toi, c'est maaal, et un jour quelqu'un de plus fort s'en prendra à toi -se plaignit l'humain- Ça me fait penser, l'autre jour au match, j'ai eu une super idée quand j'ai shooté les adversaires avec de l'aconit, hein ?
-Stiles, tu parles trop, ralentis un peu ... Mais sinon, c'est vrai que c'était bien joué ... Même si tu sentais le putois à des kilomètres, le taquina-t-il.
-Rho ça va ça sentait pas si mauvais ... Attends, comment tu peux savoir que je sentais mauvais ?, demanda-t-il.
-Euh oui bin... J'étais là ... Pour Isaac, je voulais ... Lui donner un peu de ... D'affection, tu sais, il est un peu seul depuis que son père ... Donc je suis allé au match pour ... l'encourager, essaya-t-il d'expliquer en bougonnant.
-Hm hmmm ...

Un silence s'installa, et Derek essayait de calmer son coeur qui s'emballait depuis qu'il avait eu à expliquer sa présence au match. Il se leva et retira son T-shirt, le balançant négligemment sur le lit de l'adolescent ; il défroissa sa chemise blanche et l'enfila, sous le regard de Stiles qui semblait admirer sa musculature impressionnante. Le plus jeune se racla la gorge avant de se souvenir de quelque chose.

-Ah au fait, j'ai un cadeau pour toi, lui dit-il avec un air enjoué.
-Un cadeau ? , répéta le jeune adulte, surpris.

L'humain alla fouiller dans son placard et en sortit un paquet rectangulaire. Il le posa devant le lycanthrope, qui s'était rassis, avec un sourire jusqu'aux oreilles. Le destinataire lut la carte où il était écrit "Pour le loup-grincheux", et soupira. Stiles ne changerait jamais. Il défit le papier et contempla son présent en haussant un sourcil.

-Une caisse d'oranges ? Sérieusement ?
-Pas des oranges ! Ce sont des mandarines ! Tu vas pouvoir t'entrainer à jongler comme ça !, lui annonça-t-il en souriant encore plus.
-Tu me fais vraiment flipper des fois ... Par contre, j'ai rien pour toi moi ... Je pensais pas que ...
-Hey, c'est pas grave, j'en attendais pas vraiment un truc en retour de toute façon ! , lui dit-il en haussant les épaules.

Derek se saisit de deux agrumes et essaya de les lancer en l'air, sans grand résultat. Il grimaça et réessaya sans plus de succès. Il fit trois nouvelles tentatives qui se soldèrent toutes par un échec, mais pour la première fois depuis un moment, il riait de bon coeur. C'était un cadeau vraiment spécial, mais on ne lui en avait pas fait depuis une éternité et il était tout de même content. Stiles le regarda sourire et sentit une nouvelle pointe dans son palpitant, comme une sensation de bien-être.

-Je peux te poser une question ?, commença le garçon brun.
-Euh, ouais, vas-y ..., lui répondit son interlocuteur en reposant ses mandarines.

Le jeune homme hésitait à parler, le loup-garou pouvait le sentir, et il pouvait entendre son coeur tambouriner aussi fort que l'avait fait le sien quelques minutes avant.

-Bin voilà ... Je me suis rendu compte ... Tu te moques pas promis ?, se stoppa-t-il.
-Non, je vois pas pourquoi je me moquerais, se défendit-il.
-Oui j'avoue, c'est pas ton style, ironisa Stiles.

Il prit une profonde inspiration avant de regarder les yeux du grand brun.

-Il se passe un truc bizarre j'ai l'impression ... Tu sais quand ... Tu peux pas te passer de quelque chose ... Non je m'exprime mal, ça c'est de l'addiction, moi je veux pas parler d'addiction ... Alors disons que ... Qu'une personne t'obsède ... Et que tu ais du mal à t'en débarrasser ... Dans ta tête, pas en vrai ... Sinon c'est de la méchanceté ... Et c'est pas le sujet...Mais genre ta tête est remplie d'images sans arrêt, d'une personne -continua l'adolescent qui avait maintenant les yeux perdus dans le vide du ciel- et que ces yeux bleu-vert un peu secs te hantent , et que tu vois ... Des cheveux noirs comme des ... Cheveux noirs ... partout ... Tout le temps ... Depuis que tu les a vu ...

Le coeur de Derek manqua une pulsation, puis deux, puis trois, et ce n'est qu'à la sixième qu'il se remplit de sang à nouveau. Sans réfléchir, le cerveau ayant probablement manqué d'oxygène, il se mit à parler, coupant le garçon dans ses explications.

-Oui, je sais. Je sais ce que c'est Stiles ... Je ... Je m'en suis rendu compte l'autre soir ... Jusque-là c'était rien ... Je comprenais pas ... Mais tu sais, je crois que t'avais raison ... Je frappe ceux que j'aime ... Et je crois que je te frappe parce que ..., essaya-t-il d'expliquer du mieux qu'il pût.

Un silence s'installa à nouveau entre les deux hommes, et Stiles regardait le dur à cuir qu'il connaissait se transformer en adorable petit chiot doté de sentiments.

-Tu m'aimes ?, termina-t-il en ouvrant grand les yeux.
-Euh ... Oui je ... Je crois, confirma-t-il en déglutissant avec difficulté.
-Okay ... Je crois qu'il y a un gros malentendu ...

Stiles s'était reculé un peu, effrayé par le loup-garou.

-Un ... Un malentendu ? -répéta-t-il- Mais je croyais que tu parlais ... De cheveux noirs ...
-Je parlais de ... De Danielle en fait ... La fille du bal ..., lui dit-il en baissant les yeux.
-Et quand tu me disais que ma chemise m'allait bien ... Quand tu ... M'a ... Invité au bal ...
-Je ... Je voulais être gentil ...

Derek se plaqua une main sur la bouche. Tout s'accéléra dans sa tête, il venait d'avouer ses sentiments à un adolescent qui lui parlait simplement d'une jeune fille qu'il avait rencontré. Il passait maintenant pour un idiot, et ne savait pas où se mettre, horrifié d'avoir fait quelque chose comme ça.

-Je … Je crois que je vais y aller !, dit-il précipitamment en se levant.
-Oh nan mais ... Y a pas de malaises, je te jure ... Ça arrive à tout le monde ..., essaya-t-il de le rassurer.
-Stiles ! Je vais m'en aller, je t'assure que c'est mieux ... .

L'homme au triskèle reprit la direction de la fenêtre, emportant ses mandarines sous le bras sans vraiment s'en rendre compte.

-S'il te plait, n'en parle à personne !, dit-il d'un air quasi-suppliant.
-Ouais ... Pas de soucis ..., consentit l'humain en se sentant désolé."

Le loup-garou prit le chemin du salon abandonné, le coeur en miettes, se demandant ce qui l'avait poussé à faire quelque chose comme avouer ses sentiments. Une fois arrivé sur les lieux de la nouvelle planque, il posa sa caisse de mandarines et lut une nouvelle fois la carte "Pour le loup-grincheux", avant de dévaster la pièce, dans un accès de rage. Il le savait pourtant, que l'amour le détruisait toujours, mais il avait encore donné une chance à son coeur.
Pendant ce temps, Stiles était resté seul dans sa chambre, essayant de comprendre ce qui s'était passé. Derek venait-il réellement de lui avouer qu'il l'aimait ? Était-ce pour ça qu'il se comportait bizarrement ces derniers temps ? Il allait se coucher, n'ayant plus rien à faire, quand il vit un agrume avec lequel le lycanthrope avait essayé de jongler. Il le posa sur sa table de chevet en souriant tristement, et alla se mettre dans ses draps. Quelque chose d'anormal se trouvait dans son lit et Stiles analysa bien vite cette chose. C'était le T-shirt beige que Derek portait en arrivant. L'adolescent soupira et le serra contre lui avant de s'endormir.

Le dimanche matin était là, c'était Noël, et les jeunes de la meute avaient tous rendez-vous une dernière fois au vieux hangar. Ils allaient partir pour quelques jours dans la maison des Whittemore, plus au nord de l'état. Le sac du meilleur ami de Scott était prêt, mais il se demandait s'il devait vraiment venir, sachant qu'un sentiment de gêne risquait de s'installer entre l'alpha et lui. Il finit par se dire qu'il avait vraiment besoin de vacances et qu'il ne voulait pas rater un nouvel an avec ses amis, et chargea son petit coffre de jeep. Une fois arrivé sur le parking, il souhaita un joyeux Noël à ses amis, évitant Derek, qui n'avait fait que le suivre des yeux depuis qu'il avait mis le pied hors de sa voiture.

"-Bon, bah maintenant qu'on a chargé les trois voitures -annonça Boyd- Je pense qu'on peut partir !

Les dix jeunes se séparèrent, Stiles, Danny et Isaac dans la jeep bleue, Allison, Scott, Boyd et Erica dans la voiture noire de la chasseuse (qui avait finalement obtenue la permission de venir, tout comme son petit ami), et Derek, Lydia et Jackson dans la voiture de sport du blond.

-Wouhouuu, ça va être l'éclate !, s'extasia Isaac avant d'embrasser Danny sur la joue."

Stiles le regarda faire dans son rétroviseur et soupira en repensant à Derek et à sa déclaration de la veille.

"Ouais ... ça va être l'éclate, j'en suis sûr ..."