Les trois jours suivants, Stiles ne participa pas aux entraînements. Il préférait éviter l'alpha le plus possible pendant un certain temps, pour éviter de se faire du mal. La seule chose qu'il se permettait, était de dormir avec le T-shirt beige qu'il s'était approprié. Ce vêtement était son meilleur souvenir de Derek. Il ne pouvait s'empêcher de le serrer contre lui, en imaginant le brun ténébreux lui sourire. Ce jour-là, pourtant, il avait décidé de venir aider ses amis ; ils allaient recevoir les dernières indications du chef de meute pour la pleine lune, qui était prévue le soir même.
Il était midi et Stiles parlait avec son meilleur ami dans le couloir du lycée.
"-C'est génial que tu viennes avec nous ce soir, tu commençais à nous manquer -lui dit-il en souriant.- En plus, Derek va peut-être nous lâcher un peu, il est sans arrêt sur notre dos ...
-Quoi ? Quel est le rapport avec moi ? Il a dit quelque chose ?, demanda Stiles avec empressement.
-Euh non, mais quand t'es là, il s'en prend à toi et pas à nous, répondit le loup-garou en riant.
Stiles soupira, et fit mine de sourire à la blague. Il était rassuré que Derek n'ait rien dit pour eux deux, mais une partie au fond de lui aurait voulue qu'il parle de lui sans arrêt. Alors qu'ils se dirigeaient vers la cafétéria, leur professeur de chimie, , les interpella.
-Hé les deux futés, approchez un peu, leur ordonna-t-il.
Ils obéirent en se regardant en coin, certains de ne rien avoir fait de mal.
-En fait c'est à Monsieur Stilinski que je veux parler, mais sachant que vous êtes toujours fourrés ensemble, je me suis dit que c'était plus simple de faire comme ça ... Enfin bref-ajouta-t-il devant leur air béat.- Stilinski, vous avez un devoir à rattraper, sachant que vous n'avez pas daigné vous présenter pour le passer.
-Je me suis fait tirer dessus et je passais des examens de santé ce jour-là !, se défendit l'adolescent.
-Oui, vous aviez encore dû faire n'importe quoi, comme à chaque fois qu'il vous arrive malheur, se moqua le professeur.
-Excusez-moi mais, que quelqu'un qui a aidé une meurtrière à foutre le feu chez des gens vienne me parler de "faire n'importe" quoi, ça me fait doucement rire, répliqua Stiles sans se démonter.
Harris se retint de cogner la tête de l'élève contre le mur de brique à plusieurs reprises, et lui répondit en ayant du mal à rester neutre.
-Premièrement, ce n'était en rien ma faute alors cessez ces accusations, et deuxièmement, puisque vous en avez envie, rions ensemble après votre contrôle, pendant deux heures, dans ma salle.
-Quoi ? Vous me collez ?!, dit-il en manquant de s'étouffer.
-Bon esprit de déduction M. Stilinski, à tout à l'heure.
Stiles resta bouche bée. Cet enseignant voulait vraiment lui pourrir la vie.
-Je suppose que tu peux plus venir alors ..., déduit Scott.
-Bon esprit de déduction M. McCall, répondit Stiles en imitant avec exagération le professeur de chimie."
La journée était bien avancée, et les jeunes se réunirent au vieux salon. Une fois de plus, Stiles ne participait pas et Derek semblait de mauvaise humeur. Il expliqua quelques points importants pour la nuit. Pendant la pleine lune, ils devraient se concentrer sur quelque chose qui garderait leur esprit et leur conscience éveillés. Chacun pensa à son point d'encrage, avant que la meute ne se sépare. Au lieu de s'en aller, Erica alla parler au leader, qui semblait soucieux.
"-Tu sais, Stiles s'est fait coller parce qu'il a accusé Harris d'être pour quelque chose dans la mort de ta famille, lui dit-elle doucement.
-Quoi ? Il a fait ça ? ... Mais pourquoi tu me dis ça en fait ? Je m'en fiche de ce qu'il dit ..., répondit-il en détournant le regard.
-Oui, oui, je me doute que tu t'en fiche de lui ; d'ailleurs, je pense que c'est la même chose pour lui. Après tout, c'est pas comme si j'étais à deux doigts de devoir l'assommer pour qu'il puisse enfin me suivre, l'autre fois...
Derek tourna les yeux vers elle. Il savait de quoi elle parlait. Elle lui rappelait le matin où la meute s'était faite agresser par Casty et sa bande de chasseurs détraqués, et que Stiles avait tenu à aider l'alpha.
-J'ai bien vu comment vous vous regardiez, lui souffla-t-elle.
-Je vois pas du tout de quoi tu parles, maintenant vas rejoindre Boyd, vous allez vous occuper des chaînes pour ce soir, lui ordonna-t-il."
Elle sortit de la pièce en soupirant, et en faisant voler ses cheveux blonds. Assis sur son canapé bleu, Derek s'étira et repensa à ce que la jeune fille venait de déclarer ; puis il se dit qu'il allait récupérer pour la deuxième fois, chez Stiles, une chose qui lui appartenait.
Pendant qu'il courait pour relier son point de départ jusqu'à sa destination, il se rappela quelques trucs utiles. Faire attention à la fenêtre traîtresse et aux voisins curieux. Une fois arrivé devant la maison, le temps était couvert et il faisait sombre ; l'adulte vérifia que personne ne pouvait le voir, commença à escalader le mur tel un sauvage dans la jungle, et atteint enfin son objectif, en peu de temps. Ses yeux allaient devoir s'adapter à l'obscurité de la chambre du garçon, mais peu lui importait, il voulait reprendre son T-shirt, et peut-être amener le garçon à venir le rechercher dans sa planque. Derek se doutait qu'il l'évitait, mais il n'avait pas non plus envie de le croiser, un peu inquiet de ce que les effets de la lune ronde dans le ciel pourraient lui faire. Si près de l'espace personnel du garçon, Derek se sentait submergé d'émotions qu'il avait du mal à analyse. Il essaya de chasser toutes les idées qu'il avait en tête. Il allait passer une étape cruciale : la fenêtre de la chambre de Stiles. Il s'assura une nouvelle fois que personne ne pouvait le voir entrer par effraction, et la souleva. Il agit doucement, de peur de finir à nouveau comme la dernière fois ; il fit bien attention de ne pas cogner son genou, mais alors qu'il avait passé une jambe, il entendit du bruit dans le couloir du premier étage. Il pesta contre le monde entier et repassa sa jambe en dehors de la chambre. C'est ce moment que choisi l'encadrement de bois pour lui retomber dessus. Persuadé que cette fenêtre était maudite, Derek se retrouvait à nouveau coincé à moitié dedans, et à moitié dehors. Il avait, cette fois-ci, plus d'appuis, et espéra que personne ne rentrerait dans cette pièce avant qu'il ait pu se sortir de là. La chance sembla lui sourire ; le père de Stiles était juste venu chercher quelque chose chez lui, et repartait maintenant dans sa voiture de fonction. L'estomac broyé contre le bois dur, Derek soupira de satisfaction, cette fois-ci, il n'allait rien lui arriver. Rien à part un adolescent, qui découvrit une fois de plus un homme mangé par sa fenêtre, en ouvrant sa porte. Stiles s'arrêta net, son sac à dos sur son épaule, l'air fatigué. Derek tapota d'une main sur le mur, conscient qu'il allait en entendre parler pendant un moment.
"-Alors oui, je sais de quoi ça a l'air ... Tu dois te dire "oh mais il rentre encore chez moi comme un fourbe !" -l'imita-t-il- Mais en fait ... C'est bien le cas ... Tu peux m'aider à m'échapper ?
Stiles soupira, et ne lui accorda pas un sourire. Il était épuisé de son contrôle, même si Harris avait eu la bonté de le lâcher en avance, ayant reçu un message personnel pendant la première heure de colle. L'adolescent posa son sac à terre, se baissa et aida son cambrioleur à s'extirper de sa structure de bois. Le loup-garou le regarda d'un oeil interrogateur, assis sur le parquet froid.
-Tu n'essayes pas de négocier ? Pas de rire machiavélique ? Tu vas pas bien ?, demanda-t-il.
-Non pas cette fois-ci ... J'ai bien compris le message c'est bon ...
-Le mess ..., commença-t-il.
-Tiens, prends le et va-t'en ...
Derek resta bouche bée quand le garçon lui tendit son T-shirt sans plus de bataille. Ils se regardèrent sans parler.
-De toute façon il me va pas …, compléta l'adolescent en retournant vers son lit.
L'alpha, toujours assis par terre, saisit le bas de son pantalon, l'obligeant à s'arrêter.
-Moi je trouve qu'il te va bien ... T'es encore plus beau que d'habitude quand tu le porte.
-C'est pas drôle ...
-Je plaisante pas, Stiles ...
Il ne savait plus ce qu'il faisait, il n'agissait plus qu'à l'instinct. Les deux hommes se regardèrent à nouveau et Stiles s'accroupit juste devant l'adulte. Il souleva son T-shirt gris, découvrant une blessure violette.
-Ta fenêtre ne m'aime pas trop, souffla le loup-garou.
-Moi je t'aime, compléta le garçon.
Il poussa doucement le lycanthrope, qui s'allongea sur le sol docilement ; à quatre pattes au-dessus de lui, il alla embrasser sa blessure, comme Derek l'avait fait pour soigner le coup de kick-boxing qu'il lui avait infligé. L'homme au blouson de cuir se sentait bien ; une décharge agréable partit des lèvres du garçon jusqu'à sa tête, en passant par tout son corps. Il se releva et fit face à l'adolescent. Pour ce soir, ce ne serait plus un enfant ; ce serait un homme adulte qu'il aimerait comme un fou jusqu'au matin. Leurs iris se rencontrèrent à nouveau, reflétant ce que leurs coeurs souhaitaient plus que tout. Derek plaqua ses lèvres contre celles de son âme soeur ; au début leur baiser fut doux et tendre, puis il devint plus intense, leurs lèvres laissèrent passer chacune une langue à la recherche de mouvements. Elles se touchaient, s'évitaient, se caressaient, et finissaient par se quitter, pour mieux se retrouver une fois que les propriétaires retrouvaient leur souffle. Stiles passa ses mains sur la nuque et le dos de son amant. Ce dernier embrassa le cou de sa victime en répétant deux mots comme un poème sans fin. "Mon homme", soufflait-il sur la peau du garçon. Il l'allongea avec plus de force qu'il ne l'aurait pensé, et l'épaule encore faible cogna contre le sol.
-Doucement, ça fait mal ..., gémit Stiles en le repoussant légèrement.
Derek sembla reprendre ses esprits.
-Qu'est-ce que ... Qu'est-ce que tu fais ?, demanda l'adulte, l'air surpris.
-Comment ça "qu'est-ce que tu fais" ? C'est toi qui viens de me plaquer au sol ... Je suis sous toi, tu crois pas que c'est toi qui a fait quelque chose, là ? , ironisa Stiles sans comprendre ce que voulait dire l'alpha.
Le petit brun saisit le visage de l'homme qu'il aimait et l'embrassa.
-J ... Je .. Pardon je ne ... Sais plus trop ..., essaya-t-il de dire avant d'être coupé.
-C'est pas grave, lui chuchota Stiles à l'oreille.
Ils repartirent dans leur enlacement, forcés par le fils du shérif qui embrassa de nouveau le loup-garou avec fougue. Coincé sous l'homme qui faisait au moins deux fois son poids, Stiles aurait pu étouffer, mais il avait autre chose en tête pour le moment. Sa main gauche se perdit dans les cheveux du brun, pendant que sa main droite glissait dans le dos de son agresseur, vers ses fesses. Leurs lèvres se séparèrent, celles de Derek s'évadèrent sous le menton du garçon, puis dans son cou, pendant que celles de Stiles laissaient échapper des soupirs de plaisir. Les dents pointues du loup-garou commencèrent à mordre la peau fragile de l'humain, qui manifesta son mécontentement.
-Non ... Non Derek, tu vas me faire un bleu, ça fait mal là, lui dit-il en essayant de dégager son cou.
-Pardon, murmura l'alpha en embrassant la zone touchée.
Ses mains fortes s'infiltrèrent sous le T-shirt du garçon piégé sous lui. Il caressa sa peau froide, en faisant naître un frisson de bien être dans tous le corps de sa victime.
-Tu l'aimes bien ?, demanda-t-il dans un souffle.
-Qui ?, répondit l'adolescent.
-Ton vêtement ...
-Euh je ... -essaya-t-il de répondre, avant de voir le lycanthrope le déchirer sans ménagement.- Je suppose que non ...
La tête de Derek quitta le cou de Stiles pour se concentrer sur son ventre. Il était doux et le loup-garou n'en finissait pas de l'embrasser et de le lécher, avec les mains de son amant posées sur sa nuque pour le guider. Il revint juste au-dessus de lui et défit la boucle de la ceinture du garçon. Sa main effleura son bas-ventre, et l'adolescent se souleva légèrement. Il ferma les yeux, pour se concentrer sur l'action qui se déroulait. Il les rouvrit quand il sentit une vive brûlure juste sous son nombril. Derek venait de lui mettre un coup de griffe et léchait maintenant la plaie.
-Mais qu'est-ce que ..., dit-il en voyant l'homme sur lui.
Ses yeux étaient maintenant rouges, et il semblait tout à coup agressif. Stiles l'appela, légèrement inquiet, et il reçut pour toute réponse un grognement avant de voir des crocs acérés pointés dans sa direction. Alors que le loup-garou allait le mordre au flanc, Stiles lui balança un grand coup de pied dans la mâchoire.
-J'espère pour toi que c'est la pleine lune qui fait ça, sinon on va pas s'entendre !, hurla-t-il en allant se caler contre son lit.
Derek retrouva une apparence normale et secoua la tête.
-La ... La pleine lune ..., murmura-t-il.
-T'as failli me manger, espèce de con !, continua de ronchonner Stiles en se tenant le ventre.
-Pardon ... J'ai ... Perdu la tête je crois ... -lui dit-il en relevant les yeux vers lui, effrayé.- Merde ! La pleine lune ! Faut que j'y aille !
Il attrapa son blouson qui avait volé dans la pièce, retiré sans délicatesse par Stiles quelques minutes avant, se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit d'une main.
-Tu vas pas me laisser comme ça ?!, s'inquiéta le garçon, à moitié nu sur son parquet.
-Désolé ... -souffla l'adulte, avant de se retourner et de se cogner la tête dans la fenêtre.- Putin ! Un jour je vais la démonter celle-là !
-Commence par me démonter avant ..., pensa le garçon en voyant son amoureux s'en aller comme un voleur dans la nuit."
La seule chose qui était positive dans sa situation, c'était qu'il avait pu garder le T-shirt beige, que son âme soeur n'avait pas emporté dans la précipitation. Il décida d'aller s'occuper de la coupure que lui avait infligé le loup-garou, qui n'était heureusement que superficielle.
Pendant que la victime se soignait, Derek courait sous les rayons de la lune blanche pour rejoindre sa meute, qu'il avait complètement oubliée. Lorsqu'il arriva, les jeunes avaient du mal à se contrôler. Il se dépêcha de leur mettre les chaines prévues à cet effet, en commençant par Jackson, qui était le dernier lycéen à avoir été transformé. Il s'occupa ensuite de Boyd et d'Erica, qui eurent du mal à rester en place, sentant la transformation arriver, et il attacha ensuite Scott, qui retenait ses pulsions du mieux qu'il pouvait. Alors qu'il s'occupait d'Isaac, il entendit Erica se détacher ; le temps qu'il se retourne, elle avait déjà libéré Boyd et les deux bêtas lui sautaient maintenant dessus.
"-La nuit va être longue, se dit l'alpha en esquivant une autre attaque des deux loups garous fous."
