Derek était en peine avec ses bêtas. Ils n'arrivaient plus à se contrôler, et attaquaient leur alpha. D'un certain côté, c'était aussi bien qu'ils s'en prennent à lui, parce que dans ce cas-là, ils ne se blessaient pas les uns et les autres. Isaac, à demi-enchaîné, retenait ses pulsions meurtrières. Il se concentrait sur son père, et sur la photo qu'il avait reçue pour Noël ; celle où tous ces amis avaient fait l'effort de sourire, serrés les uns contre les autres. Scott pensait à sa chasseuse de copine, mais continuait de vouloir s'échapper, lui aussi. Comme si le ciel, la lune, le monde et le fabricant de chaînes tenaient à compliquer la vie du loup-garou adulte, Jackson défit ses liens. Il n'arrivait plus à penser à quoi que ce soit, mise à part son envie de sang et de violence. Derek soupira avant de leur adresser la parole, en évitant les griffes d'Erica.
"-Pensez à votre point d'encrage, bordel ! Ça sert à quoi tout ce que je vous apprends, si vous ne retenez rien ?!, hurla-t-il.
Il attrapa un vase en porcelaine blanche, et le lança sur Boyd. Il réussit à le toucher à la tête, ce qui l'assomma pour quelques secondes, pendant lesquelles il en profita pour pousser la blonde contre les vieux meubles en bois. Un nuage de poussière se souleva lors de l'impact, et l'alpha se rua sur le loup noir ; il était assez sonné pour qu'il puisse le déplacer sans risquer de se faire blesser. Alors qu'il trainait l'adolescent vers ses chaînes, il se souvint que Jackson s'était libéré peu de temps avant ; il tourna la tête, mais ne le vit pas.
-Mais c'est pas vrai ... Il est parti où lui ?, se plaignit-il.
Il se dépêcha de restreindre les mouvements du gros loup-garou, pour rechercher celui manquant. La louve blonde en décida autrement, et fonça à nouveau dans son dos, toutes griffes sorties. Il lâcha un cri rauque, et tomba au sol. La jeune fille s'écarta de sa victime, comme pour mieux l'observer. Derek, mécontent, se transforma totalement. Ses yeux rouges se posèrent sur Erica, qui sembla se figer en les voyant. Il grogna contre sa bêta qui glapit, comme pour s'excuser.
-Derek, attention, Jackson revient, le prévint Isaac avec un calme déconcertant.
Le garçon riche, à quatre pattes, allait se jeter sur son alpha, mais il changea de direction au dernier moment. Il s'en prit au loup-garou frisé, comme s'il lui reprochait de l'avoir dénoncé. Isaac libéra une de ses mains pour se défendre ; il repoussa le lycanthrope fou du mieux qu'il put, pendant que Derek rattachait la blonde soumise et contrait les tentatives que Boyd faisait pour l'attraper. Mais avec une seule main, Isaac n'arrivait pas à se débarrasser correctement de son adversaire, et commençait à perdre sa concentration.
-Dépêche-toi !, ordonna-t-il au chef de la meute.
-Reste fixé sur ton point d'encrage !, lui hurla-t-il pour toute réponse, en évitant toujours les tentatives d'assassinat répétées de Boyd, enchaîné à côté d'Erica.
Il avait presque fini d'attacher la seule fille lycanthrope, quand il entendit une voix derrière lui.
-Attention les yeux, dit-elle en avertissement, avant qu'une flèche ne file dans le mur.
Derek cacha le haut de son visage à l'aide de son bras, au moment où elle éclaira la pièce en explosant. Erica perdit sa soumission, agressée par l'attaque lumineuse ; elle envoya un coup de pied dans la mâchoire du loup-garou adulte qui vola dans la pièce.
-C'est vraiment pas ma soirée, gémit-il en se frottant le point d'impact douloureux.
Pour la deuxième fois de la nuit, Erica défit ses liens. Pendant que les chaînes tombaient au sol dans un bruit métallique, Jackson s'intéressa à la personne qui l'avait empêché d'agir contre son éternel ennemi. Scott sembla reconnaître l'inconnue, et s'énerva quand il vit le loup blond lui sauter dessus dans le but de la blesser.
-Allison ! , grogna-t-il avec une voix grave, due à sa transformation.
Il se mit lui aussi à tirer sur ses chaînes, imitant ses camarades. La chasseuse esquiva l'attaque du blond, et lui infligea un coup de matraque-taser.
-Calme-toi Jackson, je ne veux pas te blesser ; je suis là pour t'aider, lui dit la jeune fille d'une voix douce alors que le loup se tordait de douleur par terre.
Elle se rapprocha lentement de lui pour le rassurer ; il se ressaisit, grogna et se jeta à nouveau sur elle, mais Allison l'évita encore ; Scott explosa ses chaînes à ce moment-là.
-Mais arrêtez de briser vos liens ! Ça sert à quoi que je vous attache sinon ?, hurla Derek d'une voix plaintive.
Il s'était relevé et faisait une sorte de prise de judo à Erica pour la maintenir contre le sol, malgré les grognements de protestation de cette dernière. L'ancien Kanima revint à la charge, visiblement agacé qu'un autre comme lui ose se mettre entre sa proie et lui-même. Le jeune loup-garou brun était bien décidé à protéger sa chasseresse et, fixé au plancher à quatre pattes, tel un animal, il défiait son semblable de passer à l'attaque.
-Laisse-moi passer, lui intima Jackson.
-Jamais, répondit Scott, d'un ton déterminé.
Le fils des Whittemore émit un nouveau grognement et les deux loups garous se jetèrent l'un sur l'autre. La chair de Scott se retrouva entaillée à plusieurs endroits, dû au fait que les griffes acérées de son adversaire s'enfonçaient dedans sans délicatesse, mais il cicatrisait à chaque fois. En contrepartie, le brun mordait sans regrets le blond.
-Arrêtez de vous battre !, implora Allison, effrayée de la tournure que prenaient les évènements.
Les deux garçons continuaient de lutter, ne prêtant pas attention à ses lamentations. Derek venait enfin de rattacher Erica solidement malgré sa fureur, et souffla deux secondes ; il devait à présent s'occuper de Jackson et Scott. Il choisit sa prochaine cible, et sauta sur le blondinet ; le garçon étant encore un jeune loup-garou, il n'eut pas la force de s'opposer à son alpha, et fût rapidement restreint. Lorsque sa mission-recadrage-des-troupes fût accomplie, il se retourna vers le dernier lycanthrope en liberté. Toujours au sol, sur ses quatre membres, il était collé aux jambes de la chasseuse docilement. Comme un animal apeuré, il alla se cacher derrière elle, ne voulant pas être enchaîné à nouveau.
-Je pense que ça ira pour ce soir, indiqua Allison à Derek.
-D'accord ..., souffla le loup-garou en baissant les yeux."
La jeune fille s'accroupit et prit le visage de son petit ami, tendrement, entre ses mains blanches. Elle embrassa sa joue parsemée de poils canins apparus à cause de la transformation, et il glissa sa tête dans son cou chaud. L'alpha alla s'assoir un peu plus loin dans la pièce, de façon à garder un oeil sur ses bêtas.
Cela faisait maintenant une heure et demie qu'il avait remis ses jeunes dans le droit chemin, et il commençait à somnoler, la joue posée dans sa main et le coude appuyé sur l'accoudoir en bois. Le loup-garou frisé, seul membre de la meute à ne pas avoir retiré son entrave, le tira de sa rêverie.
"-Derek, tu peux envoyer un message à Danny ... Dis-lui ... Dis-lui que tout va bien ... Je suis sûr qu'il doit s'inquiéter, lui demanda-t-il en le regardant dans les yeux.
-Pas de soucis, lui répondit l'adulte.
Il se passa une main sur le visage pour se réveiller, et chercha son portable dans la poche de son blouson. Ce dernier avait souffert pendant la nuit ; il était maintenant troué à plusieurs endroits, usé aux coudes et blanc dans le dos, à cause des voyages répétés dans la poussière du salon de thé. Son téléphone n'était pas là ; il avait dû le laisser dans une autre pièce, il ne se souvenait pas vraiment de tout ce qu'il avait fait dans la journée. Il se leva et confia la surveillance des adolescents à Allison, qui était assise par terre, avec Scott qui somnolait sur ses jambes ; ce dernier avait le pied secoué d'un spasme de temps en temps, qui frottait contre le parquet abimé. Derek passa dans la pièce voisine ; il semblait que le thé était préparé là autrefois, avant d'être apporté dans le salon. L'adulte trouva son portable sur une table drapée d'une nappe verte un peu sale ; il prit l'appareil et remarqua une petite cagette pose à côté. Il se souvint de son contenu : les mandarines que Stiles lui avait offertes pour noël. Elles étaient maintenant en train de pourrir tranquillement, laissant apparaître quelques marques vertes et grises sur leur peau habituellement orange. Il soupira et détourna le regard, avant de taper le message pour Danny. Il rangea son téléphone dans sa poche et alla se rassoir sur son siège. Il songeait maintenant à Stiles, le regard dans le vide ; devait-il lui envoyer un message pour le prévenir que tout allait bien ? Devait-il s'excuser encore une fois ?
Pendant que ces questions tournaient dans sa tête, Erica le regardait en souriant machiavéliquement. Il releva la tête, se sentant observé.
-Tu penses à quoi ?, lui demanda-t-elle malicieusement, avec une voix grave causée par sa transformation.
-Quoi ? -dit-il en la regardant à son tour, d'un air sévère.- Je pense à rien ...
-Oh pardon, alors je reformule ma question ... Tu penses à qui ?, questionna la blonde à nouveau.
-Tais-toi !, lui ordonna l'alpha en montrant ses crocs.
La jeune louve ricana de plus belle, sous le regard interrogateur d'Allison.
-Si tu ne te tais pas tout de suite, tu vas le regretter Erica, menaça le leader."
Elle se tût, mais garda son sourire mesquin collé sur son visage. Derek se réinstalla sur son siège poussiéreux et croisa les jambes ; il déplia ses doigts de son téléphone, qu'il avait serré quand la louve avait sous-entendu qu'il pensait à Stiles. Il venait de prendre sa décision : Il allait envoyer un message à l'adolescent pour s'excuser de s'être comporté comme le dernier des imbéciles et qu'il allait tout faire pour se faire pardonner. Il hésita encore quelques secondes, une fois le message tapé, mais il finit par appuyer sur la touche "envoyer" avant de replacer son mobile dans sa poche. La fatigue le guettait, il avait envie d'être avec Stiles et de sentir à nouveau son poids léger sur son corps musclé. Il voulait encore sentir l'odeur délicieuse du cou de son amant, et de ses cheveux bruns qu'il laissait grandir sur son crâne. Penser au garçon hyperactif le conduit vers la somnolence ; ses paupières se refermèrent doucement et sa tête devint lourde. Alors qu'il s'imaginait serrer son Stiles dans ses bras, il rouvrit les yeux d'un seul coup. Il se passa une main sur le visage pour se réveiller ; il ne devait pas s'accorder de repos ; ce soir, il avait l'obligation de surveiller ses bêtas, touchés par la pleine lune. Il passa le reste de la nuit à se concentrer sur ce qu'il faisait, regardant toutes les cinq minutes son portable pour voir la réponse, si jamais il voulait bien lui répondre, de Stiles.
Vers 6 heures du matin, les jeunes retrouvèrent la liberté. La lune n'avait plus d'effet sur eux depuis plusieurs minutes, mais Derek n'avait pas voulu prendre le risque de se faire attaquer à nouveau et les avait laissé enchaînés.
Les adolescents repartaient maintenant chez eux, le danger de la nuit étant passé. Isaac ne manqua pas de faire remarquer à Jackson qu'il avait été pitoyable et ils s'étaient lancé des insultes en remontant chacun dans leur voiture. Avant de s'en aller Erica, qui se retrouva seule avec l'alpha, voulu mettre les choses au point avec lui.
"-Derek, je voulais te dire ... -commença-t-elle en se triturant les mains- J'en n'ai pas fait exprès hier ... J'avais pas vraiment envie de le dire aux autres que ... Enfin ..., réfléchit-elle.
-Que quoi ? Y a rien à dire, j'arrête pas de te le répéter, lui répondit-il en levant les yeux vers elle.
-Tant de mauvaise foi ! J'y crois pas ! -s'emporta la blonde en levant les bras en l'air.- Tu me prends pour une imbécile ? J'ai bien vu comment vous vous comportez l'un envers l'autre, et l'autre fois, au bal de l'hiver, t'es parti quand tu t'es aperçu que Stiles dansait avec une fille ! J'ai remarqué la douleur dans ton regard, comme j'ai remarqué celle qu'avait Stiles chez Jackson, quand il ne voulait pas partir sans toi ... Et depuis la ... Bataille de la forêt ... -se remémora-t-elle avec souffrance- Il ne vient plus aux entrainements, et tu es encore plus désagréable que d'habitude ... Alors je sais pas ce qu'il se passe exactement entre vous, mais n'ose pas me dire qu'il n'y a rien ... Parce que je sens ses choses-là ! , lui dit-elle en pointant un doigt vers lui.
-Non ... Y a rien ... Vraiment, mentit le loup-garou en croisant les bras sur son torse.
-Menteur, menteur, menteur ! Y a marqué 'Stiles' dans tes yeux, et même que ça clignote ! Et une dernière preuve que j'ai raison : Tu as l'odeur de Stiles absolument PARTOUT sur toi ! Alors les autres n'ont peut-être rien associé, parce qu'ils ne sont pas aussi intuitifs que moi, mais je sais trèèès bien que t'es allé voir Stiles et que tu ... As fait des choses qui vous regardent ... Avec lui, argumenta-t-elle en croisant les bras à son tour.
-N'im-por-te-quoi !, articula-t-il faussement outré.
Boyd klaxonna à l'extérieur, pour indiquer à Erica qu'il voulait s'en aller rapidement. Elle se dirigea vers la porte en soupirant. Avant qu'elle ne la claque en signe de protestation, Derek lui souffla une requête.
-Ne dis rien aux autres ..."
Elle rentra dans sa voiture en souriant, et Boyd ne posa pas de question, pressé d'être raccompagné chez lui.
Derek venait d'atteindre le million de vue sur son portable. Le téléphone affichait 22h, et Stiles ne lui avait toujours pas répondu. Il soupira et, dans un accès de rage, il allait lancer son téléphone contre le mur quand, au dernier moment, il lui vibra dans la main. Il se précipita pour lire le message, espérant une réponse tendre de son amoureux. À son grand désespoir, c'était seulement Erica qui lui disait : "Je suis sûre que tu croyais que c'était Stiles ... Perdu ! Ahah :D ". Il ne jeta pas son portable, ayant réfléchit qu'il ne pourrait pas voir sa réponse si son téléphone était cassé, mais il se promit qu'il allait faire payer la jeune blonde pour son impertinence lors du prochain entrainement. Les heures passaient, et il commençait à s'inquiéter ; son instinct lui disait qu'il était arrivé quelque chose au garçon, mais il ne savait pas quoi. Il ne voulait pas appeler Scott, ni aucun autre, pour savoir si ils avaient vu leur ami dans la journée ; il attendrait le lendemain pour voir si tout allait bien. Il alla enfin se coucher, vers minuit, hanté par la vision de Stiles, qui ne faisait que de sourire, faisant résonner son rire en écho dans les oreilles du leader.
Lorsqu'il se réveilla la journée était déjà bien avancée ; les deux derniers jours avaient été éprouvants pour lui, et il avait bien mérité son repos. Maintenant que son cerveau était alerte, il ne pensait plus qu'à Stiles ; il devait absolument savoir s'il allait bien. Il commença par appeler Erica, et elle lui annonça qu'elle n'avait pas vu le garçon de la journée. Il était déjà midi, et elle lui promit de voir avec Scott ce qu'il en était. Les heures passaient, et Derek tournait comme un fauve en cage dans le salon de thé. Il n'avait toujours pas de nouvelles de la blonde, alors que les adolescents étaient censés avoir fini les cours depuis un moment. Il ne tint plus en place, finit par prendre ses clés de voiture, et se dirigea vers la maison de l'adolescent brun. Il gara son véhicule plus loin que l'habitation du shérif ; il valait mieux ne pas alerter les voisins trop curieux. Il passa par l'arrière de la maison, grimpa jusque sur le toit et s'arrêta à la fenêtre de Stiles. Cette fois-ci, il n'avait pas le temps de vérifier pour le voisinage.
"-Fenêtre -dit-il calmement-, j'ai pas le temps pour la plaisanterie. Si tu t'abats encore sur moi, je ne pourrais pas m'occuper de Stiles. Alors fais en sorte que je ne reste pas coincé pour une fois. Ok ?
Il se rendit compte qu'il venait de poser une question à une fenêtre et soupira avant de soulever la vitre. Il passa sous l'entrée maudite sans difficultés, pour une fois, remercia tous les dieux imaginables, et un "Fenêtre Divine" se glissa dans la liste. Après ses remerciements muets, il observa la chambre du garçon avec attention, et renifla l'air pour essayer de comprendre ce qui avait pu arriver.
Erica lui renvoya un SMS au même moment :"Stiles n'est pas venu en cours aujourd'hui. Il avait chimie alors j'espère qu'il a la meilleure excuse du monde pour son absence au cours de Harris. A+".
Son coeur se mit à s'accélérer. Stiles avait disparu. Le garçon s'était-il enfui à cause de lui ? Ou de son comportement ? Était-ce du sang qu'il sentait dans la chambre ? Il se mit à chercher frénétiquement d'où venait l'odeur métallique. Près du lit, un T-shirt taché de liquide rouge et déchiré, mourrait sur le sol. Du sang, c'était le sang de Stiles. Il était blessé, dans la nature et seul. Derek se rappela la nuit de la pleine lune ; le souvenir lui revint dans la figure, comme un frisbee lancé trop fort. C'était lui qui avait blessé le garçon, dans sa folie. Il commençait à étouffer ici. Il devait s'en aller, mais avant, il imprima l'odeur douce et envoûtante de l'adolescent. Il pressa le T-shirt en lambeau contre son visage, et son nez se perdit dans le tissu froid. Les yeux fermés, Derek pouvait presque percevoir la présence de son homme. Il reprit ses esprits quand il entendit du mouvement dans la maison. Les bruits de pas étaient trop forts pour que ce fussent ceux du jeune garçon. L'adulte se dépêcha de sortir, après avoir remercié à nouveau la fenêtre de ne pas s'être refermée sur lui. Il manqua la crise cardiaque quand, après avoir tapoté le haut de la fenêtre comme il l'aurait fait à un chien obéissant, elle se rabaissa, produisant un bruit assourdissant. Il s'enfuit à toutes jambes, avant que le shérif ne le surprenne devant la chambre de son fils introuvable. Il courut jusqu'à sa voiture, manquant de glisser à cause du sol du jardin des Stilinski, rendu boueux par la neige fondue. Il se dirigea vers l'extérieur de la ville, et grimpa sur le rocher où Scott l'avait appelé, la fois où Kate Argent l'avait séquestré et torturé. Il essaya de chasser de sa tête l'image de Stiles possiblement maltraité par des forces obscures. Il préféra juste penser que le garçon avait fait une fugue pour remettre ses idées en place. L'alpha se transforma et prit appuis sur le gros caillou qui surplombait la ville. Il hurla comme un loup, aussi fort qu'il put ; après ça, il tendit l'oreille, attentif à tous les bruits de la ville et de la forêt. Il n'avait pas de réponse après quelques minutes. Seuls quelques oiseaux piaillaient dans les arbres, visiblement peu incommodés par le froid qui s'était abattu dans les bois. Alors qu'il reprenait une forme humaine, il commença à entendre un faible hurlement, très lointain dans Beacon Hills. Puis un second, suivi d'un autre et encore un. Au final, cinq loups garous lui répondirent. Scott, Jackson, Boyd, Erica et Isaac hurlaient en coeur ; ils savaient maintenant qu'il y avait un problème avec leur alpha. Ce dernier espérait juste qu'ils avaient pris leurs précautions, et qu'ils n'étaient pas en train de hurler en pleine rue.
Une nouvelle petite voix vint s'ajouter au concert. Elle était saccadée, comme empêchée de s'exprimer par quelque chose ou quelqu'un. Le leader l'analysa vite. C'était Stiles qui criait à s'en faire exploser les poumons. Les humains étonneraient toujours Derek. Il ne prit pas plus de temps pour philosopher et essaya de localiser le bruit strident.
Cela faisait plusieurs minutes qu'il n'entendait plus rien, malgré ses recherches frénétiques. Il était redescendu dans Beacon Hills et se trouvait maintenant dans une ruelle perdue dans la ville. Il humait l'air, mais ne trouvait plus un seul indice. Seul le faible cri qu'il avait entendu aurait pu l'aider, et le guider, mais Stiles avait dû être bâillonné, assommé ou pire encore. Derek secoua la tête; il ne devait pas négativer, ce n'était pas le moment. Il avança dans la ruelle, poussé par son instinct, et fut attrapé au cou par une main puissante. Il se retrouva plaqué au mur de brique, le souffle coupé.
"-Peter ?! Tu pourrais trouver une autre façon de dire "bonjour" !, se lamenta-t-il en se massant la gorge.
-Rho, ça va, t'es trop fragile ... Tu veux chouiner ou tu veux entendre l'info que j'ai pour toi ?
-L'info ? Quelle information ? De quoi tu parles ?, questionna Derek, curieux mais tout de même méfiant.
Son oncle laissa un sourire de victoire s'installer sur son visage, et commença son récit.
-Et bien, tu cherches le garçon humain, non ? Pas Danny, mais Stiles -articula-t-il.- J'ai une information qui devrait t'intéresser.
-Oui, j'ai compris que tu as une information, mais dépêches-toi, j'ai pas que ça à faire !, vociféra l'alpha.
-Tout doux Derek, je sais qu'il compte pour toi, mais ne m'agresse pas, j'essaye juste de t'aider-lui répondit-il d'une voix douce et lente, pendant que Derek perdait patience.- Donc l'autre soir, pendant la lune blanche, je me promenais dans la rue, quand j'ai surpris quelqu'un dans le jardin de la jeune Lydia Martin, et je ...
-Qu'est-ce que tu faisais à espionner chez elle, toi ?, le coupa son neveu d'un air suspicieux.
-Je ... N'espionnais pas ... Je me promenais -corrigea Peter pour se justifier-, et donc, j'ai vu quelqu'un dans son jardin; elle allait sonner à sa porte, mais je suis allé la voir avant. Elle était plutôt jolie, des cheveux châtains bouclés, des yeux ...
-J'm'en fiche !, le coupa Derek à nouveau.
-Bon, bon, j'en viens aux faits -capitula l'ancien alpha.- Elle ne semblait pas vraiment amicale et je suis persuadé que c'était une lycanthrope. Assez douée, d'ailleurs, vu qu'elle se contrôlait pendant la pleine lune.
Derek attendit la suite les bras croisés sur son torse, mais n'entendant rien d'autre, il ajouta, perplexe :
-C'est tout ? Tu me déranges pour me parler d'une fille qui traînait chez Lydia ?, demanda-t-il, maintenant abasourdit.
-Quoi ? Comment ça "C'est tout" ? Mais ça devrait t'aider ! Tu sais maintenant qu'il est retenu par des loups garous, et qu'ils voulaient aussi s'en prendre à Lydia, dit-il comme si c'était évident.
-N'importe quoi, tu me fais perdre mon temps ! C'était probablement une amie de Lydia, et tu lui a fait peur...
-Ce n'était pas une amie de Lydia ! -s'emporta Peter- Je l'aurais reconnue sinon ! Et pourquoi une de ses amies sentirait le vieux métal rouillé et la poussière ? Ça n'aurait pas de sens, Lydia ne traîne qu'avec des gens respectables !
-T'as l'air de bien connaître sa vie toi ..., l'accusa le jeune homme aux cheveux noirs.
Peter réfléchit rapidement, avant d'ajouter mystérieusement :
-On a tous les deux nos petits secrets, Derek."
L'alpha se tût, visiblement touché, et vit son oncle s'éloigner, les mains dans les poches de son manteau long. Son cerveau marchait à cent à l'heure; il regagna sa voiture et enfouit à nouveau sa tête dans le T-shirt qu'il avait prélevé dans la chambre de l'adolescent. Il essaya d'organiser ses pensées. Stiles n'avait pas montré de signe de vie depuis la pleine lune, mise à part son cri aigüe. Un loup-garou avait tenté d'approcher Lydia lors de la même soirée. L'adolescent n'avait pas pu hurler plus longtemps, surement empêché par quelqu'un qui comprenait la signification de l'appel.
Derek n'en revenait pas, il pensait en avoir fini avec les problèmes, mais maintenant il était sûr que son jeune humain avait été enlevé par des loups garous, les preuves étaient irréfutables. Il fallait qu'il le retrouve vite, mais l'échange entre eux avait été trop court pour qu'il le localise. L'alpha se tapa la tête contre son volant. Il était fatigué de devoir lutter contre des méchants. Il n'était pas un super-héros, après tout ; le rôle allait mieux à Scott. Il n'était qu'un simple lycanthrope sans abri qui allait passer sa vie à chercher l'amour d'un humain maladroit, dormant un soir à l'intérieur d'une maison brûlée, un autre dans un bus rouillé, et la nuit suivante ... Le jeune adulte arrêta de penser immédiatement ; un détail lui revenait en mémoire. La fille que Peter avait arrêtée sentait le métal rouillé et la poussière, des odeurs que Derek connaissait bien. C'étaient celles du vieux hangar, avec les bus abimés.
"-Les salauds, c'est ma planque ça !"
Il rangea avec empressement le T-shirt de Stiles dans la boite à gant et saisit son portable. Il ne pourrait pas y aller seul, il avait besoin de sa meute pour sauver l'adolescent, ne sachant pas combien d'ennemis se trouveraient là-bas. Son message était envoyé ; ses mains tremblaient sur le téléphone et son coeur battait la chamade. Il ne devait pas flancher, il allait devoir secourir le garçon prisonnier. Il démarra sa voiture et sur le chemin menant au bunker, il ne cessait de jeter des coups d'oeil à son téléphone ; ses louveteaux ne répondaient pas. Comment pouvaient-ils le laisser en plant pour lutter contre un adversaire inconnu ? Qui plus est, alors qu'il le faisait pour sauver leur ami ? Il se rapprochait maintenant du lieu de détention présumé ; la nuit commençait à tomber, malgré qu'il ne fût pas tard. Le ciel sombre accentuait cette situation de pénombre prématurée. Sa vision de lycanthrope allait lui faciliter la tâche, il pourrait se déplacer sans problèmes dans la nuit. Derek huma l'air frais ; il la sentait enfin, l'odeur de son âme-soeur. Il ressentait la peur aussi. Il devait agir vite maintenant, le temps pressait.
L'alpha se dirigeait vers les portes en métal, lorsqu'il entendit des bruits de pas derrière lui. En se retournant, il constata que son message avait fait son effet ; sa meute était là. Les loups garous, ainsi que la chasseresse, avaient répondu à l'appel, mais n'avaient pas informé Danny et Lydia, conscients qu'ils ne seraient pas utiles cette fois ci.
Erica sourit malicieusement au chef du groupe, mais avant qu'ils n'aient pu faire quoi que ce soit, une lycanthrope rousse sortit de nulle part. Son air menaçant et son visage transformé n'annonçaient rien de bon. Elle fonçait sur Scott, mais Boyd l'arrêta, en la prenant de plein fouet.
"-Allez-y, je m'occupe d'elle !, leur dit-il en frappant la jeune fille dans le dos."
Le reste de la meute s'engouffra dans le hangar anciennement abandonné. Comme Derek s'en doutait, il n'y avait que les petites lumières des murs pour illuminer la pièce. Allison ne voyait quasiment rien ; elle encocha une flèche aveuglante et conseilla à ses amis de se protéger les yeux. Elle visa loin devant elle ; la flèche explosa et, après avoir illuminée la pièce, des hurlements se firent entendre. Leurs adversaires n'avaient pas vu le coup venir, et avaient les yeux abimés par la lumière blanche brillante. La meute saisit l'occasion ; ils foncèrent dans le lieu principal. Une petite dizaine de personnes était présente, et Derek compta plus de filles que de garçons. Stiles était là, recroquevillé sur lui-même, assis sur le sol gelé ; il était attaché à un tuyau qui longeait le mur de la pièce, et semblait avoir pris des coups pendant sa détention. Derek grogna et la lutte commença.
La partie était totalement inéquitable. Si les adversaires étaient en surnombre, la meute de Derek était beaucoup plus organisées et plus forte. S'ils ne savaient pas comment se contrôler lors d'une lune blanche, ils savaient se battre comme des grands ; ils l'avaient déjà fait pour sauver leur vie, et ils allaient recommencer pour sauver celle de leur ami. L'alpha attrapa un des garçons qui fonçait sur sa meute et l'envoya contre des caisses en bois. Erica et une brune assez grande, étaient au corps à corps et essayaient de se mordre l'une et l'autre. Un homme d'une vingtaine d'année décida de s'en prendre à Allison, qui ne voyait pas grand-chose dans le noir. Comme à son habitude, Scott alla la protéger, mais il prit plusieurs coups dans les côtes, et commençait à saigner dangereusement par endroits. Bien qu'il veuille plus que tout aller sauver Stiles, Derek aida d'abord le loup-garou brun qui venait de tomber. Son adversaire était un peu plus jeune que lui, aussi il put le maitriser facilement. De son côté, Isaac avait saisi une grosse planche de bois, venant d'une caisse explosée, et l'avait assénée sur le crâne d'une fille châtain, qui faisait facilement trois fois son poids, et qui s'en prenait à Jackson ; elle tomba assommée au sol, dégageant un nuage de poussière, et le blond regarda le loup-garou frisé avec des grands yeux.
"-Me remercie pas, Ken, ça m'a fait plaisir de t'aider, lui dit son sauveur en souriant narquoisement.
-C'est ça, je m'en sortais très bien, siffla l'ancien Kanima entre ses dents."
La lutte reprit pour eux, après cette petite boutade. Stiles voyait ses amis ; ils venaient se battre à nouveau, pour lui sauver la vie. Il sourit mélancoliquement et regarda son amour de loup-garou cogner la tête de deux lycanthropes entre elles. Derek devenait fou, et voulait finir le travail le plus rapidement possible, pour enfin serrer Stiles dans ses bras. Il entendit le garçon enchaîné le prévenir de quelque chose, puis un bruit sourd se fit entendre ; il se retourna et vit un adolescent blond à terre, ainsi que Stiles avec un sourire de victoire sur les lèvres. Même prisonnier, il arrivait à aider la meute. L'alpha reprit le combat, et aidait Erica à se débarrasser d'une louve de petite taille aux cheveux châtains et bouclés, quand une voix forte résonna derrière eux.
"-Stop ! Ou alors je le tue !
Les adolescents se retournèrent et virent une fille un peu plus vieille qu'eux tenir Stiles à la gorge, toutes griffes sorties. Des cheveux noirs, courts et lisses entouraient son visage fin, et ses yeux bleus verts devinrent rouge écarlate ; ces détails physiques, et ce blouson de cuir, Derek les reconnaissait. Ils appartenaient à celle dont Stiles était tombé amoureux avant Noël. C'était la fille avec qui l'adolescent dansait lorsque le jeune adulte était arrivé à la fête. Maintenant, elle menaçait de le tuer sans remords. Stiles devait vraiment apprendre à choisir ses partenaires. Comme elle ne semblait pas lâcher prise, les loups garous de la meute de Derek obéirent, pour qu'il ne lui arrive rien de mal.
-Voilà, c'est mieux comme ça, dit-elle en souriant nerveusement.
-Pourquoi vous faites ça ?, se lamenta Erica en se tenant le bras.
-Parce que vous n'êtes pas morts la première fois, tout simplement-pouffa-t-elle. - On n'en serait pas là si vous aviez perdu la vie bien gentiment ...
-Alors comme ça vous étiez du côté de Casty ? Vous êtes là pour vous venger ?, demanda Allison en faisant une moue boudeuse.
-Casty ? Non, on n'avait pas fait de pacte avec elle. Mais notre alpha, oui. Nous sommes de la meute de Ruben !, vociféra-t-elle en forçant un peu plus sur le cou du garçon.
-Ruben ?, répéta Scott, ne comprenant pas.
-C'est le loup qui nous a attaqué, non ? , tenta Erica.
-Mais ce sont des chasseurs qui l'ont tué, pas nous ! En plus Stiles n'était même pas là, pourquoi vous en prendre à lui ?, demanda Allison, dont les yeux commençaient enfin à s'habituer à la faible luminosité de la pièce.
-Peu importait qui on prenait, il fallait juste vous amener ici. On va pouvoir en finir maintenant !, dit-elle en riant cruellement.
Sa main se referma un peu plus sur la gorge de Stiles, et il ferma des yeux.
-Non ! -hurla Derek.- Si tu le tue, je le tue aussi, et ensuite je passe au reste de tes copains, et je fais en sorte que tu restes seule, traquée par tous ceux qui connaîtront ta vraie nature, parce que tu seras une oméga, et qu'on sait très bien ce qui leur arrive !
Il avait parlé très vite, après avoir attrapé un des lycanthropes adversaires au sol, et l'avoir mis dans la même position que Stiles.
-Et crois-moi, je serais sans arrêt en train de donner ta géolocalisation aux chasseurs pour que tu te sentes constamment comme un petit animal pourchassé et hanté par la vision de ta meute décimée ...
Derek refermait sa main sur la gorge du jeune homme qu'il avait capturé, à chaque mot qu'il prononçait. La louve en face de lui semblait perturbée, mais essayait de le cacher.
-Qu'est-ce que tu crois ? Que tu me fais peur ? Je m'en fiche, tant que je peux vous faire du mal !, cracha-t-elle.
-Tu t'en fiche de lui ? Vraiment ? Tu l'as regardé au moins une centaine de fois en dix minutes, alors que tous tes copains se faisaient massacrer par les miens ... Mais si tu n'en a rien à faire ...
-Non attends ! Ne fais pas ...!, commença la brune aux gênes modifiés."
Derek avait resserré les griffes, et un filet de sang coulait le long du cou du jeune homme. L'alpha femelle avait relâché un peu Stiles, pour étendre le bras vers son compagnon ; Allison s'était servie de son arbalète au même moment, visant son ennemie. La lycanthrope avait évité l'attaque, et Stiles lui avait donné un coup de coude dans le ventre. Le neveu de Peter allait finir de la corriger ; laissant tomber son otage au sol, il s'était précipité sur Danielle, et l'avait envoyée contre le mur derrière lui. La meute commença à paniquer et fila vers la sortie. Un garçon assez costaud saisit son alpha et l'emporta dehors. Les louveteaux de Derek se mirent à les poursuivre.
Stiles était à quatre pattes au sol, respirant à nouveau normalement. Derek vérifia rapidement si personne ne pouvait les voir et s'avança avec empressement vers lui. Il le releva avec force et vérifia qu'il n'avait pas d'autres blessures que celles sur son visage. L'adolescent se laissa tomber contre le torse de son sauveur ; ce dernier, un peu surpris et gêné, l'entoura avec ses bras et colla sa tête contre la sienne.
"-Je pensais que tu ne me chercherais jamais ... J'ai cru que j'allais mourir ici ... Elle m'a dit ..., essaya-t-il d'articuler, écrasé contre son loup-garou.
-On s'en fiche de ce qu'elle a dit, elle ne te fera plus jamais de mal Stiles. Je suis là pour te protéger maintenant, lui dit-il d'une voix douce.
Il repoussa le garçon pour pouvoir prendre son visage entre ses mains, redevenues normales. L'adolescent avait les yeux fatigués, et des larmes roulaient doucement sur ses joues pâles. Devant son manque de réaction, l'alpha l'embrassa sur le front.
-Je ferais tout pour que tu ailles bien Stiles, continua-t-il.
-Alors sors avec moi ..., lui répondit le garçon en sanglotant et en baissant les yeux.
Sa remarque fit sourire Derek. Il l'embrassa sur la joue; elle était froide et humide.
-Oh mon Stiles, pourquoi pleure-tu ? On est ensemble maintenant, il n'y a plus rien à craindre, lui dit-il en lui faisait un sourire qui aurait fait fondre une porte de prison.
Le garçon craqua complètement et serra son loup-garou dans ses bras, avant de pleurer pour de bon. Il marmonna quelque chose qui ressemblait vaguement à "je suis fatigué", "j'ai failli mourir crétin" et "j'ai froid", ce qui fit se lever un sourcil à Derek.
-Bon j'ai pas tout compris, mais on va essayer de tout régler ...
Il repoussa une nouvelle fois le garçon et retira sa veste en cuir qui commençait à tomber en lambeaux, la posant sur ses épaules frêles.
-Ça, c'est fait.
Il chassa les larmes salées des fossettes de l'humain avec ses pouces. Stiles avait ses mains sur la taille de l'adulte et regardait par terre.
-Pourquoi tu fais ça ... Tu m'a fait comprendre plusieurs fois que tu ne voulais plus de moi, articula-t-il piteusement, en sanglotant.
L'alpha le regarda amoureusement ; il n'avait fait cela qu'en de rares occasions, et pensait que cette fois-ci, son regard en valait la peine.
-Je te l'ai dit Stiles, je t'aime, c'est tout ... Je ... J'ai eu si peur de te perdre aujourd'hui, que je suis prêt ... à faire tout pour toi ... Si tu veux que je t'achète une île, je te l'achète, si tu veux que je tue ton prof de chimie, je le tue, si tu veux que je m'en aille ..., lui dit-il en laissant sa phrase en suspend.
-Et si je veux que tu m'embrasses ?, demanda l'adolescent, le visage toujours fermé et triste.
-Oh, pour ça, tu n'as pas besoin de demander, répondit-il doucement."
Il se rapprocha du garçon, entoura son visage fin de ses mains, et avança sa tête vers lui. Enfin. Leurs lèvres se touchaient enfin. Leur baiser devint plus furieux, leurs langues se retrouvaient à nouveau, heureuses de pouvoir se toucher et se repousser encore et encore. Derek brisa leur lien, et souffla dans son oreille des mots qui réchauffèrent le coeur de l'humain.
"-Je ne te laisse plus jamais, Stiles ... Et je ne te ferais plus jamais souffrir ... Je t'aime, murmura-t-il en frôlant sa joue avec la sienne."
