Allison revenait vers le hangar, les bras baissés ; si ses amis avaient décidé de poursuivre les loups garous fuyants, elle préférait s'occuper de Stiles, qui devait être à moitié mort de froid. La jeune fille s'engouffra dans le bunker, dont les portes étaient encore ouvertes. Elle avança sans bruit, et entendit des voix lointaines. Elle continua de s'approcher, plus lentement, pour entendre correctement. Était-ce Derek qui chuchotait ? Stiles pleurait-il ?

"-Je t'aime, murmura la voix la plus forte.
-J'ai cru que tu me laisserais là ..., se lamenta la seconde en sanglotant.

Allison n'en revenait pas : Derek venait de dire à Stiles qu'il l'aimait. De plus, Stiles ne semblait pas surpris ; il avait plutôt l'air rassuré. Que faisaient-ils maintenant ? Ils s'embrassaient ? Oui, Allison entendait clairement leur respiration se couper et reprendre une fois leurs lèvres séparées. La chasseuse se rappelait maintenant qu'Erica en avait fait allusion, le soir de la pleine lune, mais elle était loin de se douter qu'elle sous-entendait que l'alpha pensait à Stiles. Elle s'en voulait de gâcher leurs retrouvailles, mais elle alluma sa lampe torche.

-Euh, on devrait partir, mon père m'a dit qu'un des frères Crinewhets n'est pas venu le voir, il y a une possibilité qu'il débarque ici.

Derek se racla la gorge. Il ne l'avait pas entendue arriver, mais elle, avait-elle vu quoi que ce soit ? Non, c'était impossible. Il était dos face à elle, et Stiles n'avait pas posé ses bras autour de son cou ou de sa taille. Elle ne pouvait rien avoir vu ; du moins, c'était ce qu'il espérait. Il tourna à demi la tête pour s'adresser à elle.

-Euh oui, oui. Je ... Stiles est faible et ... Bon on arrive, préviens les autres qu'on s'en va, ils ne doivent pas revenir là.

L'adolescente consentit sans poser de question. Derek se reconcentra sur son humain ; il avait les yeux mi-clos, et était toujours étalé contre son torse. De toute évidence, il ne pourrait pas marcher et il le prit dans ses bras. Il était plus léger que la fois d'avant. Il avait déjà perdu du poids lorsque l'alpha l'avait laissé seul, après la lutte dans la forêt, et sa captivité n'avait pas arrangé les choses. Lorsqu'il arriva, les bras chargés du corps somnolant de Stiles, sur le parking du hangar, il n'y avait plus personne. Il déposa l'adolescent sur le siège passager de sa voiture, et lui caressa doucement la joue avant de refermer la portière noire. Quand il se retourna, son oncle était là, souriant, et il sursauta en retenant un cri de stupeur.

-Peter ! Tu m'as foutue la trouille ! Préviens quand t'arrive, bordel !
-Si je te préviens, ce n'est pas drôle -se justifia-t-il en haussant un sourcil et les deux épaules en même temps- et je te signale que tu aurais dû m'entendre arriver.

Il regarda derrière Derek, et continua la discussion avant que son neveu n'ait pu répondre un mot.

-Ah, mais tu ne pouvais pas détecter ma présence, tu étais un peu occupé avec le petit Stilinski -ajouta-t-il avec un sourire sous-entendu.- Tu perds tous tes moyens avec lui, c'est marrant non ?

L'alpha leva les yeux au ciel, feignant de ne pas comprendre, et se dirigea vers sa propre porte de voiture.

-On a tous nos petits secrets, lui répondit-il en souriant ironiquement.

Alors qu'il allait s'installer sur le siège conducteur, Peter l'arrêta.

-Tu vas faire comment ?
-Quoi ?, questionna son neveu en fronçant les sourcils.
-Tu vas l'expliquer comment qu'il a disparu pendant deux jours, et qu'il est dans un piteux état ?, répéta-t-il.

L'alpha resta interdit. Il n'avait pas pensé à ça. Le garçon avait des marques aux poignets et était blessé au visage. Son père n'allait pas le laisser tranquille. Il allait vouloir des explications.

-Je vais bien trouver !, maugréa-t-il devant l'air satisfait de son oncle.

Il monta dans sa voiture, la démarra et soupira avant de baisser la vitre du côté passager. L'ancien alpha s'approcha et posa ses bras sur le rebord de la fenêtre ouverte.

-Merci Peter, murmura le jeune homme.
-Pardon ?!, s'amusa l'adulte en souriant.
-J'ai dit "Merci" -s'énerva Derek.- Merci de m'avoir permis de le trouver, compléta-t-il en secouant la tête doucement.
-Oh, finalement mes informations pourries étaient utiles ?
-Bon ça va ! On va pas s'éterniser, je t'ai dit merci, ça suffit !, bougonna l'homme le plus jeune.

Stiles émergea, dérangé par les cris à côté de lui.

-Bonsoir Stiles, je disais justement à Derek que vous ..., commença l'alpha déchu.

Il ne put finir sa phrase, puisque Derek démarra, manquant de lui couper les bras. Il remonta la vitre pour que Stiles ne prenne pas froid, ne prêtant pas attention à son oncle qui lui faisait un grand signe de la main dans son rétroviseur, et caressa sa joue blessée à l'aide de son pouce.

-Regarde la route -lui conseilla-t-il.- Tu viens de me sauver la vie, il faudrait pas que tu me l'enlève juste après.

Le loup-garou retira sa main en soupirant. Un silence s'installa entre eux, pendant lequel Stiles somnola. Il finit par se réveiller, étonné de ne pas être encore arrivé chez lui.

-Derek, pourquoi tu roules comme une tortue ?
-Je respecte le code de la route, c'est tout -dit-il en fronçant les sourcils.- Si je me fais arrêter pour excès de vitesse, avec un mineur blessé dans ma voiture, à une heure aussi tardive, on risque d'avoir quelques soucis ... Surtout moi, ajouta-t-il à un débit rapide.
-Si tu vas pas plus vite, on va AUSSI se faire arrêter, papy, rétorqua le garçon passager.

L'alpha soupira à nouveau et se mit à rouler un peu plus vite, mais au lieu de tourner à droite, pour regagner la maison des Stilinski, il prit la route de gauche.

-C'est pas vrai, t'es aveugle ou quoi ? Fallait prendre à droite !
-Je sais très bien où tu habites Stiles, mais je réfléchis !

Il s'était garé sur le côté de la route, et avait frappé sur son volant avec ses deux mains.

-Je réfléchis parce que je sais pas si tu as remarqué, mais tu as disparu pendant deux jours, tu t'es fait taper dessus, et tu es sur le point de mourir de fatigue, alors je cherche comment faire passer ça à l'aise auprès de ton père ... Mais je ne trouve pas, alors je conduis plus longtemps pour gagner du temps !, aboya-t-il.

Stiles perdit le faible sourire qui c'était glissé sur ses lèvres.

-J'aurais dû mourir complètement, ça aurait simplifié les choses ..., murmura-t-il.

Il se retourna vers sa vitre, la tête posée au creux de sa main.

-Dis pas ça Stiles, tu sais bien que je ne veux pas qu'il t'arrive malheur ..., se défendit le loup-garou.
-Alors démarre la voiture, et ramène moi chez moi ...

Derek baissa les yeux sur la route, avant de les poser à nouveau sur son protégé. Il semblait toujours décidé à lui faire la tête, et renifla. Le lycanthrope posa une main sur sa cuisse, couverte de son survêtement.

-Stiles, ne m'en veux pas ... Je suis désolé de t'avoir crié dessus ...

L'adolescent renifla de plus belle et passa la manche du blouson en cuir, toujours posé sur ses épaules, sous son nez.

-Non, ne te mouche pas dans ma veste, sinon je vais pleurer aussi ..., dit-il d'une voix plaintive, avant d'afficher une moue triste.

Stiles tourna la tête vers lui, et ses yeux rougis l'observèrent.

-Je ne pleure pas, mentit le garçon en hoquetant.
-Oh oui, bien sûr, moi aussi quand je ris j'ai les yeux qui versent un torrent de larmes et je renifle bruyamment, ironisa-t-il.
-Tu ne ris jamais ; soit tu fais la gueule, soit tu te moque des autres, argumenta Stiles.
-Quoi ? Moi je ne ris jamais ? Je suis un homme très drôle et un immense sourire est toujours plaqué sur mon visage !, s'offusqua l'adulte.

Devant son air outré, Stiles ne put s'empêcher de sourire et de lâcher un petit gloussement coupé par un hoquet.

-Ah tu vois, je suis drôle !, continua Derek sur le même ton.
-Non, tu es bête, corrigea le garçon.
-Je veux bien être bête, tant que tu gardes ton sourire éclatant, lui répliqua l'alpha amoureusement.

Leurs yeux se croisèrent, et le loup-garou se détacha, avant de poser sa main sur le repose-tête du siège passager. Il s'approcha de l'adolescent et l'embrassa. Leurs lèvres se retrouvèrent avec plaisir. Celles de Stiles auraient voulu encore plus de contact, mais l'alpha se recula avant que leurs langues n'aient pu se saluer.

-Faut que je te ramène chez toi, ton père doit se faire beaucoup de soucis, expliqua Derek.

Il fit un demi-tour, et ni l'un ni l'autre ne parla pendant le reste du trajet. Le loup-garou alla se garer plus loin que la maison des Stilinski ; il n'avait pas vraiment envie que le shérif l'accuse d'avoir kidnappé son fils. Il le détestait déjà assez.

-Bonne chance, souffla-t-il à son amoureux après lui avoir volé un dernier baiser."

L'adolescent laissa le blouson qui lui avait tenu chaud jusque-là, et se dirigea vers sa maison. Il avait à peine fait trois mètres qu'il se mit à pleuvoir fort. Il se retourna, mais son seul réconfort avait déjà redémarré et n'était plus là. Il avança rapidement, espérant que son père ne serait pas encore rentré, et qu'il aurait le temps de se réchauffer, de se changer et de trouver une histoire qui tienne la route. À son grand désespoir, son père était là ; sa voiture de fonction attendait sagement sous la pluie battante. Le garçon avança doucement dans le jardin boueux pour ne pas tomber, et s'arrêta devant l'entrée. Il était trempé de la tête aux pieds. Son poing devint douloureux quand il le cogna trois fois contre la porte en bois. Il finit par entendre du bruit à l'intérieur, et son père apparu dans l'encadrement, les traits tirés. Lorsqu'il vit son fils, ses yeux s'agrandirent, et il se jeta sur lui pour le serrer dans ses bras.

"-Aïe, attention Papa, tu vas m'écraser, dit-il en grimaçant un peu.
-Stiles, mais où est-ce que tu étais passé ? Je me suis fait un sang d'encre ! -commença-t-il d'un ton inquiet.- Et qu'est-ce que c'est que ça ? Qui t'as fait ça ?! Stiles, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?!, finit-il plus fermement.
-C'est bon, c'est rien de grave ... Juste quelques coupures de rien du tout, j'me suis fait ça dans la forêt, mentit-il.
-La forêt ? Qu'est-ce que tu foutais dans la forêt ? Pourquoi tu n'as rien dit ? T'as fait quoi pendant deux jours ?!

L'adolescent se mordit la lèvre inférieure; il ne voulait pas que son père s'inquiète et fasse une enquête, mais il ne pouvait pas lui dire la vérité. Le shérif s'aperçut enfin des marques de liens sur ses poignets.

-Qui t'as fait ça ?, répéta-t-il le visage fermé, près à exploser le mur derrière son fils.
-Écoutes, je suis allé faire une ballade dans la forêt l'autre soir et un ... Un gars m'a attaqué par surprise, et je me suis retrouvé attaché dans un ... Une cabane et c'est tout ..., dit-il en soupirant.
-"C'est tout" ?! Tu t'es fait séquestrer Stiles !
-Le mec c'était un SDF, ou un truc dans le genre ! -répondit-il en haussant les épaules-, il voulait juste un ami ... Mais il savait pas trop comment s'y prendre ..., c'est tout, répéta le garçon en baissant les yeux au sol.
-Mais on ne séquestre pas les gens ! S'il veut un ami il prend un chien, pas un adolescent ! -s'offusqua le shérif en écarquillant les yeux.- Il ressemblait à quoi ? Dis le moi que je lance un avis de recherche et que je fasse enfermer ce salaud !
-Il était blond je crois ... Écoutes, je m'en fiche qu'il soit arrêté ou pas, c'était jute un pauvre gars ..., se défendit-il.
-Un malade mental, voilà ce qu'il est !
-C'est ma faute, je suis allé dans les bois la nuit, j'aurais pas dû ... Je voulais juste me changer les idées !

Le shérif se tût, ne comprenant pas pourquoi son fils protégeait son agresseur. Un silence tendu pesa sur la discussion, mais le plus âgé des deux finit par déclarer :

-Viens, je t'emmène à l'hôpital pour voir si tu n'as rien de grave.
-Je t'ai dit que ça allait ... J'ai juste besoin de ... J'ai juste envie de dormir, répondit son interlocuteur avec un noeud dans la gorge.

Il commença à monter les marches pour aller vers le premier étage, et son père allait protester mais son téléphone sonna ; son bureau avait encore besoin de ses services. Le fils soupira ; il se sentait un peu rassuré de ne pas avoir à continuer la discussion avec lui. Il était fatigué par les évènements et avait faim. Il salua son père avant de monter les dernières marches de l'escalier.

-Je t'aime Stiles, lâcha son père en le voyant disparaitre dans l'étage au-dessus."

La porte d'entrée claqua en même temps que celle de la chambre de l'adolescent. Stiles ne vit rien dans la pièce où il se trouvait. Seule la lune éclairait doucement la nuit, laissant ses rayons passer par la fenêtre. La chaleur semblait avoir disparu de la maison, ce qui rappela au garçon sa captivité. Il revoyait les chaînes à ses poignets et la froideur du sol en béton. Il commença à manquer d'air ; ses jambes n'allaient pas le porter encore longtemps. Il se dépêcha d'ouvrir la porte, de foncer dans sa salle de bain et de faire couler l'eau sous la douche. Il se débarrassa de ses vêtements rapidement, n'ayant quasiment rien sur lui. L'adolescent était trempé par la pluie et frigorifié, aussi l'eau chaude lui brûla la peau. Elle coula sur son corps, insouciante, pendant que le garçon avait les yeux fermés. La douleur n'était rien, elle lui permettait d'oublier la souffrance des derniers jours. Même s'il n'avait été retenu que 52 heures. Sa tête commença à tourner ; il s'écroula dans sa douche, le dos contre la paroi carrelée. Il passa ses mains sur son visage, son crâne et sa nuque pour retirer l'eau brulante, même s'il avait toujours la tête sous le jet craché par le pommeau métallique ; cela lui permettait de rester éveillé. Il resta quelques minutes assis dans le bac en plastique de la douche, la tête baissée et les yeux définitivement clos. Ses blessures au visage et sur le ventre commencèrent à le piquer. Le sang séché avait fini par s'enlever et l'eau chaude ruisselait sur les plaies ouvertes, arrachant au garçon des grimaces de douleur. Il se releva avec difficulté, se savonna rapidement avec un shampoing sentant le citron, et coupa l'eau. Il resta encore quelques minutes le dos appuyé contre le mur au carrelage coloré, puis finit par sortir. La salle de bain était froide, par rapport à la douche qui s'était transformée en sauna. L'adolescent pesta contre lui-même de ne pas avoir pris de vêtements de rechange. Il allait devoir faire le chemin jusqu'à sa chambre en serviette. Tant pis.
Il jeta ses affaires mouillées dans le panier à linge sale, et sortit de la pièce d'eau près avoir regardé de chaque côté du couloir ; son père n'était pas là, mais c'était purement et simplement un réflexe. Il fonça vers sa chambre, et lorsqu'il ouvrit la porte, il constata que la lumière était allumée. Il ne se rappelait pas avoir appuyé sur l'interrupteur. La porte se referma derrière lui, en produisant un grincement suspect. Le coeur du garçon s'accéléra; quelqu'un allait encore lui faire du mal. Et en plus, il n'avait qu'une serviette sur le corps. Il entendit des pas lourds dans son dos, mais était incapable de bouger. Il ne voulait pas se faire enlever à nouveau, il ne voulait pas risque de mourir. Il voulait juste dormir jusqu'à oublier cette histoire. Deux mains vinrent se poser sur ses hanches, et glissèrent sur son corps, pour finir sur ses pectoraux. L'homme derrière lui se colla dans son dos et lui souffla doucement dans l'oreille :

"-Calme-toi Stiles, ce n'est que ..., commença Derek.
-Aaaaaaaah !, hurla l'adolescent.

Il asséna à son agresseur un coup de coude là où il pensait que c'était le nez, et se dégagea de son emprise avec force. Il se retourna en se tenant le coeur.

-Mais t'es malade ?! Tu m'as fait peur !, lui dit-il affolé.

Derek se frotta la mâchoire ; visiblement ce n'était pas le nez que Stiles avait touché avec son coude.

-Je viens te réconforter et tu me frappe ? Merci, se plaignit la victime en fronçant les sourcils.
-P... Pardon -s'excusa le garçon-, mais c'était pas malin de m'effrayer comme ça ..., ajouta-t-il en boudant.
-Viens là, pauvre créature facilement impressionnable, lui murmura Derek amusé par la situation."

L'alpha serra l'adolescent dans ses bras, et son odorat surdéveloppé sentit son cou. Il avait une odeur de citron, et il ne put résister à l'envie de lécher la peau tiède. La combinaison de la douche brûlante, de la frayeur qui avait fait s'accélérer son pouls et chauffer son sang, et maintenant le passage d'une langue râpeuse sur son cou, fit naitre en Stiles une sensation de bien-être au niveau du ventre. Cette sensation descendit sous sa serviette, et il avait envie d'appartenir entièrement au loup-garou, de ne faire qu'un avec lui. Malgré le fait que sa peau mouillée aurait dû le glacer complètement, il avait chaud, très chaud. Partout. Ses mains se baladèrent sous le T-shirt de l'adulte, qui se laissa faire en appuyant à présent ses lèvres sur celles du garçon. Sa langue aventureuse rencontra à nouveau celle inexpérimentée de Stiles. Elles se retrouvèrent avec plaisir ; elles s'étaient manquées l'une et l'autre, et se titillaient sans relâche. Pris dans le feu de l'action, l'adolescent se sentit fort ; il tira sur le T-shirt de son amant avec confiance, car il l'empêchait de contempler ses muscles d'acier, et voulut le déchirer. Cependant le vêtement de céda pas, et les deux hommes s'arrêtèrent une seconde. Derek sépara leur bouche, et fixa les yeux marrons de son amoureux ; ce dernier se sentait bête et se pinça les lèvres. L'alpha ne put retenir un rire, et ôta son haut de couleur claire. Voir le sourire éclatant, suivit du corps parfaitement dessiné de Derek, ce fut trop pour le garçon. Il poussa le lycanthrope de toutes ses forces contre la porte, et se pressa contre lui, en embrassant son cou avec fougue. Derek souffla de plaisir, et ses doigts se resserrèrent dans le dos jeune de son humain.

"-Hé ben, t'es violent ce soir, j'aime bien ça.
-Tu préfères pas que je sois très, très gentil ?, murmura doucement Stiles à son oreille.

L'alpha rit doucement et se laissa faire, curieux de voir comment le garçon comptait s'y prendre. Les mains de Stiles se mouvaient maladroitement sur le corps musclé contre lequel il était, ce qui amusait le lycanthrope adossé à la porte. Cependant, lorsque sa bouche descendit le long de son torse, en embrassant sa peau chaude, son sourire laissa place à une expression de surprise. Il pensait avoir compris ce que "très très gentil" voulait dire pour Stiles, et la façon dont il continuait de descendre, chatouillant son ventre contracté avec le bout de son nez, lui prouvait qu'il avait raison. Il posa sa main sous le menton du garçon et lui redressa la tête. Leurs yeux se croisèrent sans se comprendre.

-Stiles, ne fais pas ...
-Je sais encore ce que j'ai à faire, le réprimanda l'adolescent."

Il dégagea la main de sous son menton tendrement, et continua sa descente passionnée. Derek laissa tomber. Après tout, si le jeune homme voulait vraiment le faire, il n'allait pas l'arrêter. Une chance comme celle-ci ne se représenterait pas de sitôt. Il laissa sa tête cogner contre le bois de la porte, et une de ses mains se glisser dans les cheveux mouillés de l'adolescent. Il leva les yeux au ciel et pensa très fort qu'il finirait en enfer pour avoir osé laisser un mineur lui procurer du plaisir de la sorte. Stiles arriva enfin au niveau de la ceinture de l'alpha. Il était à genoux et la main puissante de son aîné lui caressait doucement la tête. Il embrassa son amoureux sous le nombril, et sentit la zone se contracter sous ses lèvres, avant de s'attaquer à la boucle en fer. Ses baisers mouillés faisaient agréablement patienter son homme, pendant qu'il s'activait à déboutonner son pantalon. L'excitation brouilla la vue du garçon, et il ne savait plus ce qu'il faisait. Il s'arrêta, les mains posées sur le corps de Derek. Ce dernier ouvrit les yeux, inquiet de cet arrêt soudain. S'il n'avait jamais remis en question la taille de son sexe, il doutait du fait que son boxer bien remplis puisse effrayer le jeune garçon à ce point. Et il avait raison, même si d'un côté son égo aurait voulu qu'il se soit trompé. Stiles était en train de faire un malaise, et tombait sur le côté, les yeux dans le vide.

"-Et merde ..., soupira Derek.

Il rattrapa l'adolescent avant qu'il le touche le sol, et l'allongea sur le lit. L'alpha reboutonna son jean, et remit sa ceinture en place, en pensant à la nuit agréable qu'ils auraient pu passer.
Lorsque Stiles revint à lui, Drek était assis sur le rebord du lit et caressait distraitement ses cheveux encore humides, en regardant le ciel étoilé par la fenêtre.

-J'ai tout gâché ?, dit-il piteusement en constatant que son amoureux avait à nouveau enfilé son T-shirt.

Le loup-garou sembla enfin remarquer qu'il était réveillé. Il tourna la tête vers lui et sourit bienveillamment.

-Mais non voyons, ce n'est pas grave. Tu vas manger et te reposer un peu, ça te fera du bien.
-Comment ça, c'est pas grave ? Je viens de gâcher un super moment ! Je me suis écroulé alors que j'allais te faire une ..., commença-t-il à se plaindre.
-Ça va Stiles, je t'assure !, le coupa Derek, quelque peu gêné.
-Et en plus j'ai qu'une serviette sur le corps et j'ai froid et j'ai faim et je veux un câlin !, continua de se lamenter le garçon en partant dans les aigus.

L'alpha haussa un sourcil. Son petit ami venait de gagner le titre de "pathétique" à ses yeux. Il retira sa main de la tête de Stiles, qui chouina à nouveau.

-Et mon copain ne m'aime plus parce que je lui ai pas ... Oh des gâteaux !, s'extasia-t-il en se relevant d'un coup.

Derek afficha un sourire de victoire sur son visage. Avec un paquet de gâteaux, il avait enfin trouvé comment faire taire les gémissements inutiles de l'adolescent. A cet instant, il était heureux que Stiles soit un garçon ; s'il avait fallu qu'il soit une femme, qui tombe enceinte un jour, l'adulte n'aurait pas supporté ses sautes d'humeur et ses hormones en folie.

-Tu finis de te sécher, tu t'habilles, tu manges et ensuite tu dors, compris ?, ordonna l'alpha.
-Oui, oui, oui, capitula Stiles en lorgnant sur les gâteaux secs qui repartaient avec leur paquet sur sa table de chevet.

Aucun des deux ne bougea, et Stiles se racla la gorge.

-Hm ?, l'interrogea son aîné.
-Tu veux pas, genre, te retourner ou fermer les yeux jusqu'à ce que je me sois changé ?, demanda Stiles en se mordillant la lèvre inférieure.
-Quoi ?
-Ferme les yeux pendant que je m'habille ..., répéta Stiles d'un ton plus las.
-Je.. Suis pas sûr de tout comprendre là... Il est où le problème ?
-C'est que ... Je veux pas ... -il se tritura les doigts en essayant d'expliquer à son partenaire sa gêne.- Enfin ... Que tu me vois ... T'as compris ?

Son interlocuteur n'était pas vraiment sûr de ce que voulait lui dire le garçon et il leva un sourcil interrogateur.

-Je ... Rrrrrrh, c'est pas possible d'être aussi bête, et après c'est moi qu'on traite d'attardé ! -perdit-il patience.- Je ne veux pas que tu vois ... Mon zizi ! Voilà !

Il croisa les bras sur sa poitrine, gêné et boudeur, pendant que Derek lâcha un rire de surprise.

-"Ton zizi" ? -répéta-t-il en riant.- Tu as un tas de synonyme, et choisis "zizi" ? Oh mon dieu, Stiles tu me feras mourir un jour !, lui dit-il en se tenant le ventre et en rejetant la tête en arrière, pris un fou rire incontrôlable.
-Ah, ah, ah ! -ironisa Stiles, piqué à vif.- très drôle de se moquer de moi, bon maintenant tu te retournes ?
-Tu sais quoi ? En temps normal j'aurais pas bougé, mais je vais faire une exception ... Tu m'as achevé là !

Il se leva en essayant de ne plus rire, et embrassa la joue de l'adolescent qui boudait sur son lit, avant de partir vers la commode. Il tourna le dos au garçon pour qu'il conserve son intimité, mais ne put s'empêcher de répéter "son zizi" en pouffant discrètement. Stiles soupira en se demandant pourquoi il sortait toujours des choses stupides quand il était nerveux. En tout cas, Derek ne manquerait pas de lui rappeler cette anecdote tôt ou tard.

-C'est bon ? -lui demanda son amoureux au bout d'un moment.- Je peux te donner tes vêtements où sa Majesté n'a pas encore fini ?
-Rho, voilà, tu peux te retourner ... Excuse-moi d'être un peu pudique, répondit-il en prenant les affaires sèches, le corps caché sous sa couette.
-Ah bon ? C'est pas ce que j'avais compris tout à l'heure ... Tu sais quand même qu'un jour je te verrais entièrement nu, le renseigna l'alpha.
-Oui bah non, parce que ... Parce qu'à chaque fois qu'on couchera ensemble j'éteindrais la lumière !
-Stiles, je vois dans le noir. Qu'il y ait de la lumière ou pas dans la pièce ne change rien pour moi -s'esclaffa-t-il.- Et si il n'y a pas de lumière, c'est encore plus excitant, non ?, ajouta-t-il avec un regard sous-entendu.

L'adolescent sembla outré, et ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, ce qui amusa le lycanthrope.

-Bon tourne toi, -lui demanda-t-il en faisant tourner son index circulairement en l'air- je me sens ... Violé avant l'heure, ajouta-t-il, parcouru d'un frisson."

Derek secoua la tête et leva les yeux au ciel ; Stiles était un numéro de cirque à temps complet, et c'était ce qui faisait son charme. De bonne grâce il se retourna à nouveau, sachant que son amoureux pouvait lutter pendant des heures, même si la fatigue le tenaillait. Toujours assis sur le rebord du lit, il entendit Stiles enfiler ses vêtements et se tortiller sous sa couette. L'alpha saisit le paquet de biscuits et commença à l'ouvrir. Il se rappela l'avoir acheté quelques jours avant pour Erica, en dédommagement pour ses Pitch, mais il avait décidé de les donner à Stiles ce soir, sachant qu'il était affamé et plus nécessiteux que la blonde. Au son du plastique froissé, le garçon se jeta sur les épaules de Derek, guidé par son estomac. L'adulte sentit des mains avides l'effleurer et un menton frôler son cou ; il tourna la tête pour voir son agresseur, mais l'adolescent fit glisser sa mâchoire sur son épaule avant de se jeter sur son flanc opposé, les bras en avant. Derek fit pivoter son cou dans l'autre sens, et leva le bras pour mieux voir le garçon. Ses yeux étaient brillants, et il ne semblait plus être intéressé que par les gâteaux. L'alpha secoua le paquet, le leva en l'air, et observa avec amusement l'adolescent le suivre du regard, comme un chat l'aurait fait devant un jouet. Il rampa jusque sur les jambes de Derek, et tendit le bras pour les attraper. Alors qu'il trouvait cette attitude craquante, bien qu'un peu gamine, Derek manqua de s'étrangler quand il vit l'étiquette du T-shirt de Stiles dans son dos ; il constata après, qu'il n'avait pas pris la peine de mettre le bas de jogging qu'il lui avait apporté, préférant rester en boxer. Il soupira et tira sur le vêtement pour stopper l'adolescent qui se rapprochait de son but.

"-Stiles, t'as quel âge, bon sang ? Tu sais même pas mettre un T-shirt correctement ?
-Rho on s'en fiche, c'est pour dormir, et fallait pas agiter de la nourriture sous mon nez ! Je me suis dépêché de le mettre pour manger vite, j'ai pas fait attention, c'est tout.
-Tssk, remet le correctement, le fait que tu sois encore un enfant me revient en pleine tête là ..., dit-il désespérément, laissant son bras retomber lentement.
-C'est pas de ma faute, tu veux que je me laisse pousser la moustache et que je parle de politique ?, répondit-il distraitement en saisissant la chance qui s'offrait à lui d'avoir enfin de la nourriture.
-Non, c'est pas ce que je voulais dire !, s'offusqua Derek en plissant les yeux et secouant la tête.

Il plaça le paquet dans son dos, ce qui arracha un cri de protestation à Stiles et le força à entourer la taille de son amoureux de ses bras pour essayer de l'attraper. Derek savait très bien qu'il n'y arriverait jamais, et le repoussait doucement d'une main. Stiles abandonna et lui jeta un regard plein de reproche.

-C'est moche d'affamer un affamé Derek, tu finiras en Enfer !
-J'ai déjà mon ticket, t'en fais pas ; maintenant tu retires ce T-shirt et tu le remets bien.

Stiles croisa les bras en boudant.

-Bon, puisque tu ne sembles pas décidé à m'écouter, je vais faire autrement. Stiles ... L'autre jour, j'ai caressé l'entre jambe de Jackson et ... Oh, il a aimé, si tu savais, dit-il en soupirant, comme si c'était un souvenir agréable pour lui.

L'adolescent ouvrit les yeux en grand, et ses bras se délièrent, sous le choc. Derek agit vite et retira le T-shirt du garçon d'un geste précis, tout son corps étant devenu comme de la guimauve sous le coup de la nouvelle. Il sifflota en remettant le vêtement sur le corps du garçon choqué. Une fois le travail terminé, il lui remit le paquet entre les mains et l'embrassa sur la joue.

-Je plaisantais Stiles ...
-Hein ? Oui quoi ...? Je ... Compris oui ..., bégaya-t-il, à moitié rassuré.
-En fait c'est lui qui m'a peloté, ajouta Derek malicieusement.

Stiles lui asséna un coup d'oreiller, son paquet de biscuit toujours en main, et l'alpha se recula. Malheureusement le lit étant petit, sa tête cogna contre le mur, et il étouffa un cri de douleur. Alors qu'il frottait la zone d'impact en grimaçant, Stiles avait attaqué les gâteaux secs. Derek soupira en pensant qu'il ne faisait pas le poids face à de la nourriture. Il poussa son amoureux de sur ses jambes, qui roula en lâchant un cri suspect, alors qu'il avait quatre petits biscuits en bouche, et alla s'installer contre le mur, utilisant l'arme qu'avait prise Stiles quelques minutes avant, pour mettre derrière son dos. Il écarta les jambes, posant ses pieds déchaussés sur le lit et invita l'adolescent à s'installer contre lui. Il accepta rapidement, heureux de pouvoir combiner un câlin avec son amoureux et un régal avec des gâteaux. Lorsqu'il écrasa son dos sur le torse de Derek, ce dernier eut le souffle coupé.

-T'es pas obligé de m'essouffler à chaque fois que tu viens dans mes bras Stiles, et sois plus doux avec moi, tu vas me casser quelque chose un jour, dit-il en soupirant.
-Quoi ? Mais t'es super solide ! Et au pire, si je te casse un truc, ça se répare, c'est pas grave !, lui répondit-il la bouche pleine.
-Nan mais, c'est pas parce que mon corps se régénère que tu peux me casser quelque chose enfin !, s'offusqua Derek.
-Ah, c'est la frite qui se fout de la potatoe ! Tu m'as blessé plus d'une fois sans remord !

Derek entoura Stiles de ses bras protecteurs ; sa main gauche resta sagement sur ses côtes de droite, mais sa main droite glissa le long de son flanc droit, avant de se perdre sur son flanc gauche, puis sur sa hanche gauche. Sa tête se posa sur l'épaule de l'adolescent et il put à nouveau sentir cette odeur de citron envoûtante.

-Mh, je m'en suis voulu à chaque fois, et j'avais très envie de me faire pardonner Stiles, lui chuchota-t-il tendrement.

Toute rancoeur partit de la tête du garçon au son des mots doux, et il laissa son crâne reposer sur le buste de son amoureux. Il oublia sa nourriture pour quelques instants.

-Je t'aime, souffla l'adolescent en regardant son paquet distraitement.

L'alpha l'embrassa sur la tempe pour toute réponse, et lui caressa doucement les côtes avec son pouce qu'il fit bouger de haut en bas. Le jeune homme bailla à s'en faire décrocher la mâchoire et le lycanthrope soupira.

-Allez, mange, Stiles. Faut que tu dormes après. Tu as besoin de repos ...
-Tu restes avec moi ?, demanda-t-il timidement en regardant le sol."

Derek soupira. Comment pouvait-il lui poser une question pareille ? Il n'avait toujours pas compris ? Il ferma les yeux et enfouit sa tête dans le cou du garçon, le chatouillant à chaque respiration.

"-Bien sûr que je reste avec toi. Ce soir, et tous les autres soirs, jusqu'à ce que tu ne veuilles plus de moi ou que je meure, lui souffla-t-il avant d'embrasser sa peau citronnée."