Après que les filles lui aient confessé qu'elles connaissaient l'existence de sa relation secrète avec l'alpha, Stiles était retourné chez lui avec les idées sombres. Il ne pouvait pas accompagner ses amis au repaire, car il avait une montagne de devoirs à rattraper. Il était quasiment sûr que son professeur de chimie avait prévu deux fois plus d'exercices, pour lui donner une charge encore plus importante de travail que d'habitude. Cet homme était cruel avec lui. Il gara sa jeep bleue le long du trottoir, et descendit d'un pas traînant sachant ce qui l'attendait une fois qu'il serait assis à son bureau. Il ferma la porte à clé derrière lui, et monta au premier étage. Il ouvrit la porte de sa chambre, alluma la lumière et balança son sac à côté de son bureau, avant de s'y assoir. Il soupira, peu enclin à s'atteler à la tâche qui lui incombait, mais finit par se pencher pour sortir ses affaires de son sac à dos. Un bruit suspect, derrière lui, l'arrêta et il tourna la tête. Il aurait voulu que ce soit Derek qui apparaisse, et pas un jeune homme aux crocs acérés qui s'avançait dangereusement vers lui.
"-Hé je te connais, toi - déclara Stiles, les yeux exorbités par la peur, en le pointant du doigt.- Si, si, t'es le mec qui était dans le hangar !
Il était persuadé de reconnaitre ces cheveux bruns, à présent sales, et ces yeux gris. Le jeune adulte lui montra ses deux mains, et sembla tout aussi effrayé que lui.
-Je veux pas te faire de mal, je te jure, je cherche juste à me cacher. Faut pas qu'ils me trouvent, ils vont me faire la peau, je te jure que c'est vrai, se défendit-t-il.
-Okay, okay, calme toi, on va procéder par étapes. Tu rentres tes crocs, je pose le stylo que j'ai saisi dans un moment de faiblesse pour me défendre, on s'assoit tranquillement et tu m'expliques calmement ce qu'il se passe ...
Ils s'exécutèrent tous les deux, et Stiles le questionna.
-Tu t'appelles comment ? Pourquoi tu es venu chez moi ? Pourquoi tu as participé à mon enlèvement ? Qu'est-ce qui me fait croire que tes copains vont pas venir me rechercher ?, débita-t-il rapidement.
-Euh ...
-Prends ton temps pour répondre, le rassura Stiles sans vraiment se rendre compte qu'il avait posé un tas de questions.
-Je m'appelle Andrew et je voulais pas te kidnapper, mais Danielle nous a tous forcé ... Une des nôtres a essayé de s'opposer à elle, après qu'elle ait sombré dans la folie suite à la mort de Ruben, mais Danielle l'a battue en combat, et on ne l'a plus jamais revue, les frères l'ont probablement tuée. Mais j'ai été gentil avec toi -supplia-t-il-, je t'ai protégé plus d'une fois, je voulais pas te faire de mal moi !
-D'accord, d'accord, je te crois, le rassura-t-il en se reculant un peu plus.
-Et maintenant que la meute s'est dispersée, Sean et Damuel traquent nos membres ; j'ai déjà réussi à les semer, mais ils vont finir par me retrouver et me tuer. C'est pourquoi je me suis caché chez toi, ils n'oseront jamais rentrer dans la maison d'un shérif pour tuer quelqu'un. Mais je te jure que ...
-Arrêtes de jurer, je te crois !, répéta le garçon.
Un silence gêné s'installa entre eux, pendant lequel Andrew regarda Stiles. Le loup-garou finit par désigner la blessure sur le visage pâle de l'adolescent.
-Ça fait mal ? Non parce que sinon je peux enlever un peu de ta douleur, lui dit-il timidement.
-Non, c'est bon -répondit Stiles, qui n'avait pas vraiment envie d'être touché par un homme crasseux et puant.- Écoutes, je crois que tu devrais partir ... Je ne pense pas que j'ai envie de voir si oui ou non les deux chasseurs vont oser rentrer chez moi pour te tuer ..., dit-il en baissant les yeux.
-Non pitié ! Me laisse pas tout seul !, implora le lycanthrope.
Ses iris gris renvoyèrent une image de peur dans ceux marrons du garçon. Il ne pouvait pas l'abandonner, même s'il n'avait pas fait grand-chose pour le libérer. Stiles était trop bon, et prévoyait même de lui trouver une place au sein de la meute.
-Bon ... C'est d'accord, tu restes là, mais avant va falloir que tu te douches, tu sens la mort ..., capitula-t-il.
-Je ... J'ai passé plusieurs jours dans le froid, la boue et la poussière, l'informa-t-il piteusement."
L'adolescent lui indiqua l'emplacement de la salle de bain, et vint se rassoir à son bureau en soupirant. Derek n'allait pas être facile à convaincre, mais il ne pouvait se résoudre à laisser le jeune adulte se débrouiller seul dans la nature, avec des chasseurs aux trousses. Il venait de finir de recopier son anglais, quand Andrew revint dans sa chambre avec une serviette enroulée autour de ses hanches.
"-Un soucis ?, questionna Stiles en tentant de garder les yeux fixés sur le visage de l'homme en face de lui.
-Bin en fait, j'aurais besoin de vêtements, lui demanda-t-il timidement."
L'adolescent cligna plusieurs fois des yeux, et finit par se lever. L'attitude effacée que laissait paraître le loup-garou contrastait avec son physique. Il semblait plus être capitaine de l'équipe de natation, maintenant qu'il était propre, qu'un fugitif tremblant de peur. Stiles eut un doute quant à sa réelle personnalité ; et si, en fait, Andrew simulait sa détresse pour amadouer le garçon et le kidnapper à nouveau ? Il s'arrêta devant lui, et dès qu'il vit ses fossettes cachées derrière un début de barbe, son nez fin sur lequel des gouttes d'eau provenant de ses cheveux mouillés glissaient, et ses yeux gris apeurés, toute crainte à son sujet disparue. C'est à ce moment-là que Derek ouvrit la fenêtre avec fracas en grognant.
"-C'est pas ce que tu crois !, s'empressa de dire Stiles.
-Mais je le reconnais lui, je savais que j'aurais dû lui trancher la gorge quand j'en avais l'occasion, grogna Derek en sortant ses crocs.
Andrew prit peur et se colla contre le mur pendant que Stiles posait une main sur le torse de l'alpha pour l'empêcher d'avancer.
-Derek, c'est bon, il a rien fait de mal, je l'aide, il est de notre côté ! Derek, arrête tout de suite et laisse-moi t'expliquer !, essaya-t-il de le raisonner.
Le plus vieux des trois hommes souffla bruyamment tout en continuant d'observer méchamment son rival, mais sembla ne pas vouloir lui encastrer la tête dans le mur avant d'avoir eu une explication.
-Pas bougé -ordonna-t-il à son amoureux en se dirigeant vers son placard.- Voilà, Andrew, tu enfiles ça pendant que je lui parle s'il-te-plait ?
Le jeune homme saisit les vêtements et sortit de la chambre, les yeux au sol.
-Il fait quoi ici, celui-là ?, s'énerva le loup-garou.
-Il se cache, les chasseurs le poursuivent ... Il a nulle part où aller ; il est tout seul Derek, je peux pas le laisser ...
-Et pourquoi ? Je te rappelle qu'il était dans le hangar, en train de te retenir en otage !
-Il a été gentil avec moi ... Il m'a défendu quand Danielle me frappait.
-Gentil ? Bah génial, on va lui remettre une médaille alors, et puis vu qu'il a l'air prêt, tu vas peut-être aussi lui faire une petite gâterie, non ?, s'emporta-t-il en respirant bruyamment.
-Une ... Quoi ? Ça va pas la tête ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Il s'est rien passé, je t'assure. Il venait juste de prendre une douche, tout seul ..., lui expliqua le garçon.
-Nan, nan, mais j'ai bien compris, tu veux pas coucher avec moi, mais avec un mec qui t'as séquestré ça passe nickel ; eh bah pas de soucis Stiles, je reste dans les parages si jamais t'as besoin de moi, s'indigna Derek avec exaspération.
-Mais t'es vraiment débile ou quoi ? J'ai pas couché avec lui, et j'ai même pas envie de le faire ! -s'emporta Stiles.- Y a que toi que j'aime, même si t'es le mec qui m'apporte le plus de problèmes au monde, et qui me fait le plus de mal. Mais je prends sur moi, et je me dis que ça finira par s'arranger, parce que tu peux pas être grincheux tout le temps ..., commença le garçon.
-Chut ! ... Ton père est en train de revenir, le coupa l'alpha en grimaçant.
-Eh merde ... Prends Andrew dans la meute !, chuchota-t-il.
-Quoi ?! Hors de question !
-Allez, c'est le seul moyen de le protéger, on pourra tous l'aider comme ça ... Je ne peux pas le laisser seul Derek ...
Il lui lança un regard implorant, et le loup-garou finit par céder avec regret.
-Bon d'accord, mais il se dépêche de me suivre ..., bougonna-t-il avec une mine patibulaire.
-Non, il peut pas sortir, il va se faire repérer par les chasseurs. Andrew, ramène-toi ici !
Le jeune loup-garou ouvrit la porte, ses affaires sales dans les mains, et un sourire gêné sur le visage.
-C'est réglé alors ?, demanda-t-il.
-Faut te cacher, mon père arrive, je vais le retarder le plus possible !, chuchota-t-il.
Il sortit de la pièce comme une furie pour intercepter le shérif qui semblait fatigué. Il marchait dans le couloir du premier étage et était presque devant la chambre.
-Hé papa, salut !, chantonna le garçon avec un sourire.
-Salut fiston -répondit son paternel avec un air suspicieux.- Qu'est-ce que t'as encore fait ?
-Quoi ? Pfffu, franchement, est-ce que je suis le genre de personne à faire n'importe quoi ?
-Nooon, bien sûr que non ... C'est d'ailleurs pourquoi je peux ouvrir la porte de ta chambre sans tomber sur une calamité, non ?
Stiles leva les yeux en l'air, et son coeur fit un bond quand il vit la main de son père s'approcher de la poignée de porte de sa chambre, et la tourner. Il poussa la porte en bois, et constata que la chambre était vide. Seuls les devoirs de son fils étaient éparpillés sur son bureau.
-Ah, tu vois, pas de raison de s'inquiéter !, chantonna le garçon en faisait un grand sourire.
Le shérif soupira et souhaita une bonne nuit à son fils, avant de descendre regarder un match de football américain. Stiles referma la porte de sa chambre et balaya la pièce du regard pour essayer de trouver où s'étaient cachés les deux adultes.
-Derek ? Andrew ?, questionna-t-il à voix basse.
Il vit le plus jeune des loups garous glisser de sous le lit, sur le ventre, poussé d'un coup de pied par Derek, qui sortit à son tour sur le ventre en toussotant.
-Fais le ménage Stiles, on a failli se faire attaquer par une araignée géante ..., rouspéta l'alpha en s'époussetant les vêtements.
Andy éternua plusieurs fois discrètement, et Stiles se rapprocha de son amoureux, pour lui enlever la poussière des cheveux.
-Tu restes avec moi ce soir ?, lui demanda-t-il à voix basse.
Derek regarda le loup-garou brun avec mépris avant de déclarer :
-J'ai pas envie ... Mais je te laisse pas seul avec lui.
Il alla s'assoir sur le lit, pendant que le coeur de l'adolescent se brisait en plusieurs morceaux. Son copain n'avait pas envie de dormir avec lui, et ils venaient de se disputer à cause d'un sujet sensible. Il commença à regretter d'être aussi gentil, et d'avoir accepté d'aider le jeune homme, qui ne savait plus trop où se mettre.
-Toi tu dors sur le fauteuil -ordonna l'alpha à l'oméga.- Et toi, tu dors du côté du mur.
Stiles allait protester, mais Derek le poussa au fond du lit et il n'eut pas d'autre choix que d'obéir. Andrew s'installa dans le fauteuil présent dans un coin de la pièce sans demander son reste et il n'y eut plus un bruit dans la chambre. Le couple était dos à dos, boudant chacun de leur côté. L'alpha ne pouvait s'empêcher de regarder l'autre loup présent dans la chambre, malgré qu'il se soit endormi depuis un moment. L'adolescent expira bruyamment pour montrer son mécontentement face à la situation, mais Derek sembla s'en ficher royalement ; il se retourna donc et fit passer son bras droit autour de la taille de son amoureux, et son bras gauche essaya de se frayer un chemin sous son flanc lourd, pour prendre complètement le loup-garou dans ses bras. Derek sursauta, grimaça et lui donna une tape sur la main droite.
-T'es pas obligé de me labourer le flanc avec ta montre Stiles, ça fait mal, grommela-t-il.
-C'est pas ma faute, t'es trop lourd pour moi, chuchota le garçon.
L'alpha soupira devant cette remarque peu flatteuse et se tourna en donnant une tape du revers de la main sur l'épaule de l'adolescent.
-Je croyais que j'étais parfaitement rembourré, lui dit-il en le serrant dans ses bras.
-Tu es quasiment parfait partout Derek, tu as juste un gros problème de confiance en les autres, souffla Stiles en se blottissant contre lui avec plaisir.
-Je t'aime, c'est pour ça, lui chuchota-t-il, les lèvres posées sur son front."
Mais le garçon ne lui répondit pas, il venait de sombrer dans les bras de Morphée. "Foutu gosse", pensa Derek avant de respirer son odeur de citron favorite.
La nuit passa rapidement, et avant que l'adolescent ne se réveille, Derek et Andrew partirent. L'alpha emmena son nouveau bêta au repaire, pour le garder à l'oeil. Il ne put s'empêcher de jeter des regards inquiets par la fenêtre, comme s'il avait peur que Sean et Damuel n'arrivent.
De son côté, Stiles était triste ; quand il avait quitté ses rêves cauchemardesques son amoureux n'était plus là, et avait laissé une place vide et froide. Le jeudi défila à une vitesse folle, et les quatre adolescents de l'équipe de crosse eurent un entraînement (Stiles ne pouvait pas y participer, sur ordre du médecin), empêchant celui "spécial loups garous". Quand le garçon hyperactif rentra chez lui, il trouva Derek assis sur son lit.
"-Qu'est-ce que t'as fait d'Andrew ?!, demanda-t-il inquiet.
-C'est bon, il peut rester seul pendant un instant -bougonna l'alpha.- Moi je suis là pour te parler.
L'adolescent posa son sac à côté de son bureau, et resta debout devant, prenant appuis dessus.
-Bah vas-y, je t'écoute, répondit-il bêtement.
-Je suis jaloux -déclara le plus vieux en baissant les yeux au sol.- Je l'aime pas ce type-là, j'ai l'impression que tu le préfères à moi ...
-Que je le ... Derek, je l'ai revu à peine hier, comment tu veux que je m'intéresse plus à lui qu'à toi ? C'est complètement insensé ..., soupira le garçon.
-Oui voilà, c'est insensé, mais c'est comme ça que je suis Stiles, je suis jaloux et possessif !, haussa-t-il d'un ton.
-Je t'aime comme ça, même si tu n'es qu'un sale con qui me pourrira l'existence ... J'aime bien les gens qui me font du mal, je pense ... Je les attire, conclu-t-il.
Derek se leva et se colla contre lui.
-Mais je ne veux pas te faire de mal pourtant, lui confia-t-il en plongeant son regard dans celui de son amoureux.
Stiles se noya dedans, et ses mains agrippèrent les deux côtés de la veste en cuir pour attirer l'alpha encore plus sur lui. Leurs lèvres se rencontrèrent doucement, puis plus rageusement. Le loup-garou força le passage avec sa langue, pour qu'elle aille rencontrer celle de l'adolescent. Leur souffle s'accéléra, et Derek pressa son bassin contre celui du garçon.
-Je ... J'ai envie de ..., murmura Stiles d'une voix timide.
-Ça tombe bien, répliqua Derek en souriant avant d'envoyer la moitié de ce qu'il se trouvait sur le bureau, par terre.
Il allongea l'adolescent dessus avec force et ce dernier grogna.
-Aïe mon dos, tu peux être gentil quand même ... Je suis un blessé de guerre, se lamenta-t-il.
-Bientôt tu seras un blessé d'amour, tu verras, lui assura le lycanthrope en laissant ses mains glisser sous les vêtements du garçon.
Stiles commença à ressentir une sensation agréable au niveau de son boxer, et eut du mal à retenir un cri quand l'alpha le fit glisser de quelques centimètres sur le bureau pour coller leur bassin entre eux. Le plus vieux commença à s'attaquer au jean du garçon, mais il l'arrêta.
-Non... -dit-il en se mordant la lèvre, gêné, et en posant une main sur les siennes.- Toi d'abord ...
Derek soupira et retira son blouson de cuir et son T-shirt avec empressement.
-Quand je pense que tu vas enfreindre la loi dans la maison d'un shérif ..., pensa Stiles avec horreur.
-Je suis un loup-garou, je roule toujours trop vite en voiture et j'ai tué mon oncle, alors honnêtement, c'est pas demain que je vais respecter la loi ... Et encore moins aujourd'hui, lui répondit-il avec un regard avide."
Il se positionna au-dessus lui, prenant appuis sur le bureau, en l'embrassant de nouveau pendant que les mains du garçon se posaient sur ses fesses. Atteint d'un mal de dos fulgurant dû à la position fortement inconfortable que lui imposait son amant, Stiles remonta ses mains sur la colonne vertébrale du loup, et ses jambes vinrent entourer sa taille. Son extrémité la plus dure à ce moment-là, rencontra celle de Derek derrière leurs jeans, et lorsque le plus âgé des deux les frotta doucement l'une contre l'autre, l'adolescent ne put s'empêcher de se contracter en laissant partir sa tête en arrière. Il se retint de lâcher un juron, et Derek caressa amoureusement son ventre avant de s'attaquer réellement à la ceinture du plus jeune. Ce dernier se mordilla la lèvre, et lui fit signe qu'il était prêt. Le lycanthrope déboutonna son pantalon, et le fit glisser du mieux qu'il put, pendant que Stiles relevait son bassin pour lui faciliter la tâche. Le moment fatidique allait arriver ; il ne restait plus sur lui qu'un boxer et un T-shirt. Il fallait qu'il enlève ce T-shirt, il ne voulait pas être ridicule ; il se redressa un peu et délia ses mains du dos de son amant, puis lutta avec le vêtement du fait qu'il était allongé. Derek rit doucement et l'aida ; Stiles venait d'être ridicule et ses joues se tintèrent de rouge à nouveau, mais l'alpha ne lui laissa pas plus de temps pour épiloguer. Il l'avait rallongé avec force sur le bureau en bois, et si une de ses mains était posée de façon à ce qu'il n'écrase pas le garçon, l'autre titillait doucement le membre gonflé de son amoureux par-dessus son boxer. Stiles gémit sous les caresses et rouvrit les yeux, le temps de s'apercevoir que son copain était lui aussi en caleçon, gris, malgré qu'il n'ait pas vu la chute de son jean. Alors qu'il était enfin sûr que rien ne pourrait les déranger, son cerveau en décida autrement. Derek était en train de l'embrasser langoureusement sous le menton, quand il descendit dans son cou. La mémoire de l'adolescent se mit en route, et il revit son cauchemar, celui où Derek se transformait en Danielle, et qu'elle le mordait sauvagement. Pourquoi fallait-il que cela arrive à ce moment-là ? Alors qu'il allait enfin réaliser quelque chose qu'il attendait au plus profond de lui. Il voulait dire à son amoureux de ne pas s'attarder là, qu'il n'aimait pas ça, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Et les lèvres continuèrent d'embrasser son cou. Son bras gauche tâtonna sur le bureau en quête d'un objet, peu importait ce que c'était, pour stopper ça. Il devait arrêter Danielle, qui allait le mordre et le tuer. Il saisit un gros livre de chimie qui était resté miraculeusement sur le bureau et le tint d'une main ferme.
"-Pas la gorge, salope !, hurla-t-il avant d'assener le manuel, à la couverture en carton dur, sur la tempe de Derek.
Ce dernier ne comprit pas ce qui lui arriva, et alla s'écrouler au sol dans un râle. Stiles prit conscience de ce qu'il venait de faire et se redressa.
-Oh mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?! Je suis désolé !, se lamenta-t-il en se tenant la tête à deux mains.
-Who ... La pièce tourne dangereusement là, non ?, demanda le loup-garou à moitié sonné.
Quand il s'assit par terre, les yeux dans le vague, Stiles constata qu'une trainé de sang partait de la zone d'impact et descendait sur sa tempe.
-Je te pensais pas si violent, Tiloup ... Et je dois te prévenir que les surnoms comme ça, moi je suis pas fan ...
-Euh Derek, je suis là ..., l'informa l'humain alors que son copain parlait à la chaise.
Il plissa les yeux et fit une grimace.
-Tu m'as démolie la tête avec ton bouquin ... Pourquoi t'as fait ça ? Je croyais que tu voulais qu'on le fasse ..., demanda-t-il perplexe.
-C'est pas que je veux pas le faire mais ... C'est pas facile à dire en fait ... Tu veux pas qu'on réessaye ?, proposa-t-il.
-Non, non, pas vraiment ... Je pense que tu devrais parler à quelqu'un de tes problèmes, et ensuite on pourra envisager de recommencer ... Je suis un peu fatigué de me faire cogner sans arrêt, avoua-t-il, un peu effrayé par l'humain.
Stiles soupira avant de se rhabiller. Il était encore excité par les évènements, mais se doutait que ce n'était plus le cas pour son amoureux. Il lui tendit ses vêtements, alors qu'il regardait béatement dans le vide.
-Tiens, je vais te ramener au salon après ...
-Pourquoi ...? Je suis où ?, demanda Derek.
-Bin ... Chez moi ... Ça va ?, répondit Stiles, inquiet.
-Quoi ?, répéta l'alpha avec une tête de perdu.
-Derek ... Tu m'inquiètes ... Ça va ?
-Ah ah, oui, je te charrie -pouffa le loup-garou-, passe-moi ma veste.
-Tsssk t'es vraiment nul, j'ai cru que je t'avais fait une recalibration cognitive, qui t'avais fait perdre tous tes souvenirs ...
-Pauvre Stiles, tu crois vraiment que tu vas me rendre marteau comme ça ?, sourit Derek."
Plusieurs dizaines de minutes après, ils se garaient devant le repaire de la meute. Stiles accompagna son copain, pour s'assurer qu'Andrew allait bien. Toute la meute était là, et Peter faisait l'honneur de sa présence. L'homme le plus âgé avait un verre de soda à la main, dans lequel trempait une paille ; Stiles trouva qu'il ressemblait à un dromadaire chaque fois qu'il aspirait dedans pour boire. Isaac et Jackson étaient en train de se battre pour une obscure raison, un peu plus loin.
"-Hé Stiles, c'est cool que tu sois là !, chantonna Scott en voyant son meilleur ami rentrer dans la pièce.
-Qu'est-ce que tu fais là ? T'es pas à l'entrainement ?
-Non, le terrain est mort, on pouvait rien faire dessus, et Finstock nous a tous renvoyé chez nous, dit-il en souriant.
-On a pu tenir compagnie au nouveau comme ça, déclara Isaac en plissant les yeux.
Andy adressa un petit signe de la main à Stiles, depuis le siège où il était assis. Derek soupira de mécontentement et leva les yeux au ciel.
-Tiens, il va neiger bientôt, je le sens, les informa Peter.
Le groupe le regarda avec des yeux incrédules.
-Merci Oncle Frog pour cette annonce météorologique, lui répondit son neveu.
-Tssk, quelle mesquinerie, je voulais juste vous prévenir, dit-il en haussant les épaules.
Dans son coin, Stiles regarda son amoureux s'installer à une table et poser sa tête dans ses bras. Il avait l'air épuisé. L'adolescent se rappela qu'il lui avait conseillé de parler à quelqu'un de son problème ; il chercha du regard les deux seules personnes au courant de sa relation avec le loup-garou, et fit signe à Allison de le suivre dehors. Erica les suivit, curieuse de savoir ce qu'il voulait à la chasseuse.
Il leur exposa brièvement la situation, et leur parla de son cauchemar ainsi que de son cerveau qui faisait une association d'idée détestable. Si Allison était en retrait sur la réponse, un peu gênée, Erica lui donnait toute sorte de conseil, comme penser uniquement à ce qu'il faisait à ce moment-là. Même s'il n'était pas convaincu que cela allait marcher, il sembla soulagé d'un poids. Derek avait raison, ça faisait un bien fou de parler à quelqu'un. Son amoureux ouvrit justement la porte du repaire avec fracas.
-Stiles ! Espèce de petit crétin !, hurla-t-il à s'en arracher les poumons.
Les trois jeunes haussèrent un sourcil devant cette agressivité soudaine. Le garçon lui demanda muettement ce qu'il se passait. Toujours sur le pas de la porte, l'alpha commençait à devenir rouge.
-Débile de la pire sorte ! Je t'avais dit de parler à quelqu'un, mais dans un lieu PRIVÉ ! Ils ont tout entendu ! Ils sont au courant !, cria-t-il encore plus fort en manquant de s'étrangler."
Il désigna deux fenêtres où les têtes de toute la meute, à l'exception d'Andy et de Peter, étaient scotchées. Boyd, Isaac et Danny souriaient amicalement, content de savoir que leur ami était en couple, Lydia semblait outrée de ne pas avoir deviné plus tôt ce qui se tramait, Jackson, qui avait arrêté sa dispute pour écouter le ragot le plus intéressant du monde, se moquait littéralement du couple improbable qu'ils formaient, et Scott semblait choqué, les mains appuyées contre la vitre et la bouche grande ouverte. Stiles fit à peu près la même tête que son meilleur ami quand il les vit tous le regarder, maintenant au courant de son petit secret, et lâcha un petit cri étouffé, pendant qu'Allison avait une main sur la bouche, et qu'Erica se pinçait les lèvres. Peter bût une gorgée de soda et déclara en souriant :
"-Ah non, c'était pas de la neige que je sentais, c'était de l'orage !"
