"-Stiles ? -demanda le loup-garou brun en se rendant compte que son amoureux ne parlait plus.- Tiloup, tu dors ?"

Il sourit et raccrocha son téléphone, se doutant que le garçon ne se réveillerait pas de sitôt. Il était un peu triste, ce soir il ne passerait pas la nuit avec lui parce qu'il devait régler une affaire pour la vente de son appartement. Il avait espéré pouvoir faire plaisir à l'adolescent en achetant le petit nid douillet pour eux, mais il avait été déçu en voyant qu'il ne l'aimait pas vraiment. Cependant il en fallait plus pour démoraliser le loup-garou, il ne prêtait pas attention aux choses matérielles, il lui suffisait d'en prendre un autre. Après avoir réglé son affaire, il alla se coucher, complètement épuisé de sa soirée.
Lorsqu'il se réveilla, il était tôt. Il se passa une main sur la figure et se dit qu'il était grand temps de se renseigner auprès de ses contacts, qui pourrait lui trouver cette glace disparue. Il hésita cependant à demander de l'aide à l'un de ses ex, Ethan. Ils avaient eu une relation passionnelle par le passé, et le loup-garou avait toujours quelques réticences à lui parler depuis leur rupture. Son portable vibra, et il dût se déplacer dans la ville pour finaliser la vente de son ancien logement. Un homme d'une trentaine d'année attendait ; ils se serrèrent la main.

"-Excusez-moi si c'est un peu intrusif mais, pourquoi vouloir quitter cet appartement ?, lui demanda le trentenaire.
-C'est parce que ...-réfléchit-il- Ma ... Copine ne s'y plaisait pas, assura-t-il.
-Ah, moi c'est le contraire, ma copine est folle de cet endroit. Elle a craqué directement."

Derek essaya de couper le plus court possible la conversation, ayant encore beaucoup de choses à faire dans sa journée. Il quitta le nouveau propriétaire et retourna chez lui pour continuer sa recherche approfondie. Il resta jusque tard dans la nuit pour passer des appels, puisque ses connaissances n'étaient pas toutes sur le même fuseau horaire. Il passa une sale nuit, tourmenté par l'idée de ne pas trouver rapidement la glace favorite de son amoureux.
Dès son réveil, à son plus grand regret, il se décida à appeler son ex-copain. Il lui fallait cette glace, et il était prêt à tout.

"-Allo ?, demanda une voix grave à l'autre bout de la ligne.
-Salut Ethan -dit-il d'une voix fatiguée-, c'est ...
-Derek ! Comment ça va ?!, s'exclama l'homme.
-Ça ... Ça va bien. Je te réveille pas ?, voulut-il savoir, gêné.

Ethan rit doucement.

-Tu sais bien que tu ne me dérange jamais, Trésor, le rassura-t-il.
-Tant mieux, j'ai un service à te demander.

Le jeune homme sourit à l'autre bout du fil, et écouta sans parler la faveur que lui demandait le brun. Il se racla la gorge quand il eut fini son récit.

-Hm hm -marmonna-t-il.- T'aimes la glace toi maintenant ?
-Mais non -s'empressa-t-il d'ajouter pour éviter la moquerie.- C'est pas pour moi ...
-Et c'est pour qui ?

Derek soupira. Ethan le connaissait trop bien, et s'en était pénible.

-Pour mon copain, lâcha-t-il à contrecoeur.

Son interlocuteur pouffa.

-T'as pas changé Dadou, toujours à vouloir faire plaisir aux autres.
-M'appelle pas comme ça, bouda le brun en se frottant l'arrière du crâne.
-Bon alors, il est comment ?
-Qu'est-ce que j'en sais, j'en ai jamais vu, on en trouve plus par chez moi, répondit le loup.
-Mais non Derek ! Je parle de ton copain !, dit-il en rigolant.

L'alpha bougonna en entendant son ex se moquer de lui.

-Allez, c'est bon, je te taquine Dadou. T'étais plus drôle avant ... C'est ton Jules qui te fait des misères ?
-Pas du tout -se défendit Derek.- Il est parfait, même s'il est encore jeune !
-Ah, ça devient intéressant ! Dis-moi tout Trésor, je te rappelle que tu dois te faire pardonner de m'avoir laissé tomber !, s'empressa-t-il d'ajouter.
-Comment ça ? C'est toi qui a quelque chose à te faire pardonner !, s'insurgea le lycanthrope en souriant.
-Fais pas ta diva, et raconte tout au meilleur coup de toute ta vie ! Et puis si tu le fais pas, j'irais pas remuer ciel et terre pour toi !

Derek siffla entre ses dents, avant d'expliquer brièvement sa relation avec Stiles, pendant que son interlocuteur l'écoutait attentivement, sans faire de remarques. Lorsqu'il eut finit de lui raconter son histoire, l'homme au bout de la ligne sembla pensif, et avait retrouvé son sérieux.

-Tu dois sacrément l'aimer ton gamin. T'es sûr de ce que tu fais ? Tu penses que tu ne le regretteras pas ?
-Ouais je suis sûr de moi, tu vois, ça fait un jour que je l'ai pas vu, et j'ai déjà envie d'être avec lui ..., se confia-t-il.
-C'est pas de ça que je te parle. Il est mineur ton Stiles, tu penses que tu vas réussir à sauter le pas ? D'autant plus que son père est flic.
-Non c'est pire que ça, il est shérif ... Mais on l'a quasiment sauté, le pas. C'est juste qu'il y a toujours un connard qui nous dérange !, s'emporta-t-il.
-Calme toi Derek, lui répondit simplement Ethan d'une voix douce.

Alors qu'il était d'humeur à casser les meubles, la remarque lui fit retrouver la raison.

-Mais je suis calme, râla-t-il.
-Roh, à d'autres, mais pas à moi ... Je te connais Dadou, se moqua son ex.
-Bon maintenant que tu sais tout de ma vie intime, à cause d'un odieux chantage, tu respectes ta part du marché ?

Ethan soupira mélancoliquement.

-J'ai commencé à mener mon enquête dès que tu m'as demandé ce que tu cherchais. Je te préviens dès que j'ai trouvé, lui répondit-il doucement.
-Okay ..., murmura Derek en baissant les yeux au sol.

Ils raccrochèrent juste après, et Peter fit son entrée dans le salon, d'un air triomphal, suivit d'Andrew.

-Hey, le vieux il en a encore dans les jambes hein ?! Même si certains pensent que je suis qu'un gros lard qui attend que les autres se battent pendant qu'il supervise, j'ai enfin démontré que je savais être beau, intelligent, charmeur, stratège ET rapide !
-Vous êtes sortis courir ?, demanda Derek en haussant un sourcil.
-Ton oncle m'a forcé, se défendit Andy en reprenant son souffle.
-C'est ça, mets moi tout sur le dos, siffla Peter en levant les yeux au ciel.
-C'est bien, les chasseurs n'ont même plus à te chercher, ils peuvent te suivre facilement. Et bien sûr, tu les mène tout droit sur le reste de la meute ... Vous formez une belle paire tous les deux, tiens, ironisa Derek en soupirant.
-C'est un mec gay qui nous parle de 'paire' ?, pouffa l'ancien alpha.

Le loup aux yeux bleus verts lui jeta un regard noir, et sortit répondre à son téléphone quand il vibra dans sa poche.

-Rhooo, je plaisantais Derek, s'excusa son oncle."

Mais le jeune homme ne l'entendait déjà plus. Il était en train de recevoir une nouvelle réponse négative pour cette mystérieuse glace, dans le nord du pays. Il rentra en bougonnant dans le salon, et passa le reste de la matinée à être déçu. Il effectua une partie d'échec avec son oncle fourbe, et son portable ne fit que de vibrer, ce qui énerva le plus âgé de la meute. Soudain Stiles arriva vers eux, et Derek fit en sorte qu'il ne voit pas ses SMS, où il demandait explicitement si quelqu'un savait où il pouvait trouver ces fichus pots. Il essaya d'être distant avec lui, mais fini par être froid. Voir même complètement glacé. L'adolescent alla bouder, et Derek s'en voulu amèrement. Faire une surprise était vraiment compliqué. Et jouer sérieusement aux échecs avec son oncle aussi, c'est pourquoi, après s'être aperçu que plusieurs de ses pièces avaient été déplacées, qu'il décida de quitter la table en disputant le deuxième Hale. Il s'avança vers son amoureux pour s'excuser, mais son téléphone vibra à nouveau ; il vit le nom d'Ethan s'afficher, et changea de direction. Il s'en alla dans la rue, loin des oreilles indiscrètes des louveteaux.

"-Hé mon Trésor, j'ai une bonne nouvelle. Enfin presque bonne, lui annonça la voix enjouée du jeune homme.
-Vas-y je t'écoute, lui répondit Derek, pressé de connaître la réponse.
-Bah j'ai contacté un gars, et y a une trèèès forte possibilité pour qu'il ait ce que tu désires. T'es toujours partant ? Parce que je dois te prévenir qu'il va falloir que tu viennes les chercher tes pots.
-Oui, oui, t'en fais pas, je suis sûr, lui certifia l'alpha avec empressement.
-Et, vous allez réussir à rester loin de l'autre, ton gosse et toi ? J'ai un peu l'impression que vous êtes inséparable, non ?
-Mais oui -bougonna Derek.- C'est pas une petite séparation qui va le tuer, il s'en remettra, il est jeune. Je fais ça pour lui...

Il s'arrêta et sentit une présence derrière lui. Il se retourna et constata que l'adolescent brun se tenait debout, à quelques mètres de lui.

-Je te rappelle, lâcha l'alpha, sans prendre le temps d'entendre la réponse de l'autre côté du téléphone."

Puis tout s'accéléra. Les évènements s'enchainèrent. Le câlin dans la vieille cuisine, Stiles qui était malade et qui reposait contre lui, la préparation compliquée d'une tasse de chocolat chaud, la dispute avec l'adolescent, qui lui disait qu'il ne l'aimait pas et qu'il le détestait. Et cette claque magistrale, qui était partie toute seule, sans que l'alpha le veuille vraiment. Il fuyait maintenant dans la nuit, se sentant mal. Stiles lui avait dit des choses blessantes, et incapable de trouver les mots pour lui répondre, il avait laissé parler sa colère et ses poings. Il envoya en message simple à son ex ; il lui raconterait tout plus tard, pour le moment il voulait juste s'en aller loin de la ville. "Je pars pour New-York". Il rentra dans le salon comme un fou, et commença à réunir le peu d'affaires qu'il avait pour lui. Peter alla le voir, le visage ensommeillé, et le regarda plier ses bagages.

"-Tu fais quoi Derek ?, lui demanda-t-il en baillant.

Son neveu ne lui répondit pas, et saisit son sac de sport, qui lui servirait de sac de voyage, avant de se diriger vers la porte.

-Prends soin d'eux, lui répondit-il simplement, avant de s'en aller."

L'aîné des Hale ne comprit pas tout de suite, puis une sensation de puissance s'installa en lui, et coula dans ses veines. Il sourit sans vraiment s'en rendre compte. Les choses tournaient enfin à son avantage.
Pendant ce temps, Derek roula jusqu'à l'aéroport le plus proche, prit un billet simple pour la ville où il avait passé beaucoup de temps et ferma les yeux. Peter et Ethan étaient tous les deux heureux ; le départ de Beacon Hills du loup-garou s'annonçait pour eux comme une bonne nouvelle.

Après plusieurs escales, Derek atterrit enfin à New-York. L'après-midi du dimanche était déjà bien avancée, et il n'avait qu'une hâte : s'installer confortablement chez son ex pour trouver un peu de réconfort. Il ralluma son portable et alors qu'il recevait ses SMS dans la rue, en marchant, un passant le percuta violemment et son téléphone lui glissa des mains. Il fit son possible pour le rattraper, mais l'appareil tomba au sol et se brisa en plusieurs morceaux. Derek se retourna, mais l'homme avait déjà disparu dans la foule. Il essaya de récupérer les pièces, tout en évitant le plus possible les sacs des gens, qu'ils lui mettaient bien volontiers dans la tête sans s'excuser. Le loup-garou prit sur lui-même afin d'éviter d'en tuer un au hasard dans la foule, et se dirigea en grognant vers l'appartement d'Ethan. Il y arriva en 20 minutes environ, et décida de grimper par l'escalier de secours. Il savait parfaitement à quel étage s'arrêter, par quelle fenêtre passer, et s'il avait eu un doute, il lui aurait suffi de se laisser guider par l'odeur du parfum d'Ethan. Derek lui avait offert un flacon pour un noël, ou peut-être bien un anniversaire, et son compagnon l'avait tellement aimé qu'il n'avait jamais changé de marque. Le loup-garou n'avait jamais vraiment compris pourquoi ; pour lui, c'était juste du parfum banal. Il se stoppa devant la fenêtre avec un petit sourire ; elle était déverrouillée. Il l'ouvrit complètement, et une main sortit de derrière le mur. Il lui tendit son sac de voyage, et la main se resserra sur la lanière ; Derek entra par la fenêtre en souriant.

"-Comment t'as su ?, demanda-t-il en refermant la fenêtre marron.
-Oh, s'il-te-plait Dadou, je te connais quasiment par coeur. 10 ans qu'on veille l'un sur l'autre, lui répondit-il le jeune homme dans un sourire amusé.

Ses yeux bleus pétillaient de malice, et sa bouche découvrant ses dents blanches pointues creusait ses fossettes, perdues dans sa barbe de trois jours blonde.

-Je veille pas sur toi, bougonna Derek en baissant les yeux de mécontentement.
-Oui, c'est pour ça que t'as fait appel à moi, se moqua le bond.
-J'ai demandé à tous mes contacts avant de te demander, qu'est-ce que tu crois ?, répondit le loup-garou vexé.

Son interlocuteur sembla déçu.

-Ouais, j'aurais dû m'en douter. De toute façon t'es pas venu pour qu'on se remette ensemble hein ?!, lui dit-il en se frappant les mains.
-Tu sais très bien pourquoi je ne voulais pas t'appeler ..., souffla le lycanthrope.

Un silence s'installa entre eux, et Derek le coupa avant qu'ils ne se fassent la tête pour de bon.

-Tu comptes m'offrir quelque chose à boire après le voyage que j'ai fait, ou je vais devoir aller me servir tout seul ?
-Tes désirs sont des ordres, Trésor.

Il se pencha pour saisir une bouteille d'eau dans son mini frigo et le loup-garou ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil à l'arrière de son jean.

-Hé, j't'ai vu -le prévint Ethan avant de lui donner sa bouteille et de lui ébouriffer ses cheveux noirs.- T'as un copain je te rappelle.

Derek siffla être ses dents.

-Ouais, j'en suis pas sûr ... On s'est engueulé un peu sauvagement hier, avoua-t-il en baissant les yeux.
-C'est donc pour ça que t'es venu si vite pour me voir -comprit le blond en s'asseyant sur le canapé de la petite pièce.- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il tira sur la poche arrière du pantalon du loup-garou, qui s'assit à son tour. Ce dernier s'installa contre son ex, comme il avait toujours eu l'habitude de le faire quand il avait besoin de se confier, l'épaule contre le torse aussi costaud que le sien et le ventre entouré du bras musclé d'Ethan.

-C'est de ta faute tout ça, marmonna l'ancien alpha.
-Quoi ? Comment ça ma faute ? J'ai rien fait !, s'insurgea-t-il en riant devant la mauvaise foi du brun.
-Mais si, il a vu le SMS que tu m'as envoyé, et il a cru que je l'avais trompé ...
-Ah oui, c'est peut-être un peu ma faute ..., consentit-il.
-Et je pouvais pas lui expliquer pourquoi, sinon ma surprise aurait été gâchée.

Ethan rit doucement.

-T'es un perfectionniste Dadou.
-Tu parles, tout ce que j'ai récolté, c'est de la peine. Il m'a dit qu'il ne m'aimait pas et qu'il me détestait, répliqua-t-il en entendant à nouveau les mots blessants du garçon dans sa tête.
-C'est un gosse, il sait pas ce qu'il dit. -Il prit le temps de réfléchir, alors que le loup-garou ne disait rien- Ce qui est plus dérangeant, c'est pourquoi tu as rappliqué comme ça ?

Le brun ne répondit rien, se mordant la lèvre.

-Derek ? Tu lui as mis une raclée ? -demanda Ethan en fronçant les sourcils, avant de saisir son menton et de lui incliner la tête vers l'arrière pour qu'il le regarde- Tu l'as frappé ?, répéta-t-il.
-Je ... Je voulais pas ... J'avais pas envie de lui faire mal mais ...

Le blond musclé lui donna une tape sur le front, alors que Derek avait les yeux humides.

-T'es qu'un abruti Derek Hale, tu le sais ça ? Pourquoi tu gâches tout quand t'es enfin heureux ?, le réprimanda-t-il.
-J'ai eu un bon professeur ..., sous-entendit le lycanthrope.
-J'ai changé, répondit simplement son ex en le regardant dans les yeux.
-C'est pas ce que j'ai entendu l'autre jour ...

Ethan détourna le regard, gêné, et se racla la gorge.

-Ça n'a rien à voir ... Lui et moi ça n'aurait pas marché ... Il aurait fallu que je le mette au courant pour moi mais ... Je pense qu'il n'aurait pas été capable de le supporter.

Il se mit à jouer nerveusement avec le T-shirt du brun, faisant rouler entre ses doigts le bout du tissu.

-T'aurais été en mesure de le protéger si t'avais rejoint une meute, tu ne serais pas un oméga, déclara l'ancien alpha en posant une main sur celle qui tripotait son vêtement.
-C'est New-York ici, on n'a pas besoin d'être en meute pour survivre, pas comme dans ta campagne, se justifia-t-il.

Derek haussa les épaules, et laissa sa tête reposer contre le cou du blond, pendant qu'il lui caressait distraitement les cheveux. Même s'il ne l'avouerait jamais, l'ancien alpha était content d'être là. Son ex-copain savait toujours lui remonter le moral, même s'il avait pu le blesser par le passé. Alors que le jeune adulte laissait ses paupières se fermer doucement, le portable d'Ethan sonna et il se déplaça pour répondre en réveillant Derek, qui dût se repositionner correctement.

-Oui ? Hm mh ... Le plus rapidement possible oui ... Je vous paye pour quoi ? Pour faire des parties de solitaire sur votre ordinateur, ou pour exécuter mes ordres ? Bon, alors tu te magnes le cul et tu m'apportes ça !, vociféra-t-il à son employé.

Derek l'observa avec surprise pendant qu'il posait son mobile sur le lit.

-Quoi ? Faut toujours les pousser pour qu'elles bossent ces feignasses, se justifia-t-il en haussant les épaules.
-Tues pas tes assistants pour moi, dit-il en baissant les yeux."

Ethan s'approcha de lui et l'embrassa sur la joue, frottant leurs barbes l'une contre l'autre. Derek se recula un peu et but de l'eau. Le blond sourit doucement. Ce n'était pas encore cette fois qu'il ferait succomber son ex. Ils passèrent la soirée collés l'un contre l'autre dans le lit double du propriétaire, à regarder la télé. C'était un luxe dont Derek ne profitait plus depuis longtemps, la télévision, toujours fourré dans un endroit sans confort à Beacon Hills. Il soupira tristement en pensant que son Stiles était à Beacon Hills, et pas lui, et Ethan le réconforta du mieux qu'il put en lui disant qu'il reviendrait bientôt avec sa surprise, et que l'adolescent lui pardonnerait tout. Derek ne fut pas convaincu et alla se coucher dans le canapé, malgré que le blondinet lui ait dit que cela ne le dérangeait pas du tout qu'il dorme avec lui.

Le lundi après-midi arriva vite, et Ethan fut appelé à son travail, 'parce que ce sont des incapables' avait-il répliqué. Derek en profita pour sortir un peu, histoire de retrouver la ville qu'il avait quittée depuis plus d'un an. Il prit un chemin qu'il connaissait par cœur ; il lui suffisait de passer deux rues après le vendeur de hot-dogs, de traverser le parc, vide à cette heure-là, et de s'engouffrer dans une ruelle sombre, limite coupe-gorge. Il prit une profonde inspiration et poussa une porte en bois, difficilement repérable dans l'obscurité. Des rires s'élevèrent de la pièce en même temps qu'un brouhaha intense. Il reconnut plusieurs têtes, mais en découvrit beaucoup de nouvelles, toutes parées de crocs acérés et d'yeux aux couleurs fluo. Le barman, derrière son comptoir, l'aperçut enfin, et cria encore plus fort que les autres.

"-Regardez ce que le vent nous amène les gars ! Derek Hale !

Toutes les têtes se retournèrent vers lui, et il se sentit un peu gêné. Il laissa ses iris bleus se dévoiler devant le public et les habitués de l'endroit se levèrent pour aller le saluer en faisant beaucoup de bruit. Son prénom fusait dans tous les sens, il était appelé par tout le monde en même temps.

-Qu'est-ce que tu deviens ?, lui demanda un homme un peu plus vieux que lui.
-Derek, tu nous as manqué !, affirma une brune aux yeux jaunes.

Sans qu'il n'ait rien demandé, il se retrouva avec une bière dans les mains et une trentaine de paires d'yeux braqués sur lui. Un homme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux tirant vers le gris et aux yeux rouge sang, l'agrippa par le bras et l'entraîna hors de la cohue. Plusieurs lycanthropes ordonnèrent à la foule d'aller se rassoir tranquillement avec un air autoritaire, et Derek se retrouva assis à une table.

-Alors, Hale -tonna celui poivre-et-sel-, comment ça se fait que tu te retrouves en ville, et que tu ne nous préviennes même pas ?!
-Un crétin a explosé mon portable par terre en me bousculant -se justifia l'ancien alpha.- Tu sais bien que je t'aurais appelé sinon, Tobias.

Le dénommé Tobias, qui était juste à côté de lui, le frappa à l'arrière de la tête, avant de lui ébouriffer les cheveux de sa main puissante.

-Parle pas mal, Hale, lui dit-il en riant.

Il se frotta l'arrière du crâne, et une jolie blonde vint le rejoindre. Elle se jeta au cou du loup-garou brun et l'embrassa sur la joue.

-Dadou ! Qu'est-ce que tu viens faire ici ? On a pas entendu parler de toi depuis longtemps !, chantonna-t-elle.
-Je suis venu voir Ethan -répondit-il simplement en buvant une gorgée de bière.- Et désolé de pas avoir donné de nouvelles, j'étais un peu occupé.
-Ah -dit-elle en secouant la tête de bas en haut lentement.- Fais attention, ne joue pas trop avec le feu, tu sais bien comment il est, Ethan, lui rappela-t-elle.
-Bon allez, laisse-le tranquille toi ! Il a pas besoin que tu lui rabaisse le moral avec ces vieilles histoires ! Il est là pour s'éclater, pas vrai ?!, hurla joyeusement Tobias en claquant l'omoplate de Derek qui bougea de cinq centimètres en avant.
-C'est bon, elle a jamais dérangé personne, assura Derek en faisant un clin d'oeil à la blonde.

Un garçon un peu plus jeune que lui, assis à ses côtés, lui passa le revers de la main sur la joue pour désigner sa barbe mal rasée.

-Bah c'est quoi ça, dis-moi ? Monsieur joue le rebelle, le dur hein ?, le charia-t-il.
-Chez moi au moins ça pousse, pas comme toi, lui répliqua-t-il en souriant moqueusement."

La table se mit à rire et la discussion s'anima encore plus pendant les heures qui suivirent. Pour une fois, Derek oubliait ses soucis et riait de bon coeur, retrouvant ses vieilles habitudes avec ses anciens amis. Peut-être que les bières qu'on lui mettait en main chaque fois qu'il en finissait une, étaient en partie la cause de cet oubli. Ethan arriva dans le bar camouflé, plusieurs heures après Derek ; il le trouva facilement dans l'ensemble des personnes présentes, puisqu'il parlait fort en relatant une histoire que toute la table connaissait déjà, mais ne se lassait pas d'entendre. Il s'approcha de ses amis et posa une main sur l'épaule du loup au blouson de cuir.

"-Ethan ! On t'attendait justement ! Je leur racontais la fois où ..., essaya-t-il de dire, les yeux explosés de fatigue.
-Oui, oui, j'avais cru comprendre en effet. On va rentrer nous, j'ai l'impression que t'as déjà bu ma part, ironisa-t-il.
-Maiiiis noooon, on s'amuse c'est tout !, se défendit Derek dont les joues commençaient à rosir sous l'effet de l'alcool.

Le loup-garou blond regarda les personnes assises à la table avec un soupçon de reproche.

-Vous auriez pu éviter de le faire picoler comme ça, il est plus habitué, il va être malade pendant le peu de jours où il reste ici !
-C'est bon Casey, il peut bien s'amuser un peu, on en entend presque plus parler, du petit Hale, faut bien qu'on en profite quand il montre le bout de son nez, gronda l'alpha avec un air sévère.
-Le saouler pour qu'il délie sa langue, j'appelle pas ça s'amuser, Tobias, sous-entendit Ethan.
-On est pas la Gestapo non plus, grogna un rouquin en bout de table."

Le blond musclé n'ajouta rien, mais son regard voulait tout dire. Il attrapa Derek par les épaules et le força à sortir du bar. Il le ramena chez lui, sans dire un mot et l'allongea sur le canapé pour qu'il reprenne ses esprits pendant qu'il leur sortait de quoi manger. Ils dinèrent silencieusement, malgré les tentatives de l'ancien alpha pour engager la conversation, revenu un peu à lui. L'effet de l'alcool disparut assez rapidement, ce qui étonna Ethan. Affalé sur son torse, dans le lit double, Derek lui expliqua que c'est parce qu'il était encore alpha il y a quelques jours que l'alcool lui faisait de l'effet moins longtemps.

"-C'est pour ça que t'as confié la meute à ton oncle -dit le blond d'un air songeur-, comme ça personne ne pouvait se douter que t'étais un alpha, souffla-t-il.
-Ouais -lâcha Derek.- Je te parie que Tob' aurait fait un détour par Beacon Hills, et il aurait forcément foutu la merde là-bas. Mais ça rigole pas avec les chasseurs... De vraies plaies ... De toute façon je veux pas qu'il fourre le nez dans mes affaires.

Il haussa les épaules, ce qui donna à un coup involontaire à son ex-copain. Il lui fit remarquer, et ils commencèrent à se balancer des coups d'oreillers et à rire comme des adolescents. Puis sans s'en rendre compte, Derek se positionna au-dessus du blond, et ses dents vinrent mordre doucement la peau de son cou. Ethan, même s'il trouvait ça très agréable, lui pinça le bras et le poussa sur le côté.

-Tu me l'as reproché pendant longtemps, alors vas pas faire la même connerie Derek, lui rappela-t-il en levant un sourcil.

Derek soupira et se passa une main sur le visage. Ethan l'invita du regard à se serrer à nouveau contre lui, ce qu'il fit volontiers, en mal d'affection. Il se souvint du plaisir que cela procurait d'être affalé sur quelqu'un et d'entendre son coeur battre contre son oreille, et repensa à Stiles, qui faisait la même chose, et s'endormait rapidement grâce à son rythme cardiaque lent et régulier, qui le berçait doucement. Le blondinet lui caressait doucement les cheveux, et se remit à parler d'une voix pleine de souvenirs.

-Tu te rappelle de notre première bataille de polochons ?, lui dit-il en souriant.
-Mouais -lui répondit le loup à moitié endormi.- C'était la deuxième fois que je venais dormir chez toi. J'étais persuadé qu'on allait coucher ensemble, et je m'étais renseigné dans des bouquins psycho pour savoir comment ça allait se passer, avoua-t-il.
-Ah c'est vrai, tu me l'avais déjà dit, -se remémora-t-il à son tour- ça c'est absolument pas passé comme ça, vu que tu m'as explosée la tronche à coup d'oreiller, et que t'avais envoyé valser mes lunettes contre le mur.
-J'en avais pas fait exprès ! -se justifia le lycanthrope en riant- Mais ta mère adoptive m'avait déchirée, je m'en rappelle parfaitement. Elle avait son rouleau à pâtisserie dans les mains, et j'avais vraiment peur qu'elle m'en mette un coup ...
-Elle hurlait comme une folle :"C'est malin, il pourra plus jouer aux échecs correctement, il pourra plus étudier, il va devenir bête !", et moi j'étais en train d'essayer de la calmer en lui disant que je voyais très bien et qu'il fallait pas qu'elle te mette un coup de rouleau !, continua Ethan sur le même ton.
-Tu lui as dit que t'étais un loup-garou depuis ta naissance et que tu voyais très bien ?, demanda Derek, pensif.
-Non ! Elle m'aurait dégommée si je lui avais avoué ça ... Elle est décédée avant que je puisse lui dire la vérité...
-Elle faisait peur, mais elle t'a toujours aimée comme son fils, déclara tristement le brun.

Un silence suivit ses mots, avant que son hôte ne reprenne la parole en soufflant :

-Ouais, elle m'aurait probablement tué si je lui avais dit que je portais des lunettes uniquement pour faire genre, et que c'était simplement un outil de séduction ...
-J'adorais tes yeux à travers ces lunettes, avoua Derek en fermant les paupières.

Ethan sourit mélancoliquement et lui embrassa le haut du crâne du mieux qu'il put avant d'ajouter :

-Moi j'aime tes yeux au naturel ...

Mais Derek ne l'écoutait déjà plus et dormait contre lui, bercé par les battements réguliers de son coeur.

-Comme au bon vieux temps, soupira-t-il avant d'allonger le bras pour éteindre la lumière."

Derek se réveilla tard le lendemain et il s'aperçut qu'il était contre un corps chaud. Il lui fallut quelques secondes avant de se remémorer où il était, puis il se redressa sur les coudes en râlant et Ethan lui porta de l'attention, le portable à la main.

"-Hé voilà le champion qui se réveille ! Honnêtement, j'ai cru que ça arriverait jamais, tu m'étouffais, je t'explique même pas comment je me suis retenu de t'envoyer bouler de l'autre côté du lit !, se lamenta avec force le blond.
-C'est trop gentil, bougonna le loup-garou en passant une main sur son visage fatigué.
-Mais dans mon infini bonté, je me suis dit que j'allais pas faire ça, vu que t'as le sommeil léger et que t'aimes bien te réveiller avec quelqu'un contre toi, ajouta-t-il en faisant une petite moue ridicule pour se moquer de lui.
-T'as fini de te foutre de moi ? Oui j'aime les câlins, et alors ?, répondit-il vexé en le tapant à l'épaule.

Ethan se frotta le point d'impact en grimaçant.

-Ah, t'as pris du muscle ! C'est pour ça que tu m'as écrasé cette nuit, t'es plus lourd ! Comment ça se fait ?, s'enquit-il.
-Bon allez, je bouge, j'ai des trucs à faire aujourd'hui, le coupa l'ancien alpha en sortant du lit.

Le blond se passa une main sur le visage avant de lui annoncer une bonne nouvelle.

-Je les ai trouvées tes glaces introuvables, tu peux m'appeler Dieu quand tu veux !
-C'est ça -ironisa Derek en se changeant.- Et merci de t'être donné autant de mal.
-Bah, si je peux faire plaisir ..."

La conversation s'arrêta là et ils se préparèrent tous les deux en silence.
Ils se trouvaient maintenant dans les rues de New-York, à la recherche d'un nouveau téléphone pour le brun. Ils eurent beau faire plusieurs boutiques, il ne trouva rien qui lui plaisait, et Ethan proposa de laisser tomber pour le portable, fatigué de voir son ex hésiter. Le loup de Beacon Hills exposa l'idée d'un cadeau pour son pauvre Stiles qui devait encore avoir mal à la joue. Ethan sourit devant la réflexion et prit la main de Derek dans la sienne ; ce dernier sembla un peu gêné, mais finit par se laisser faire. Alors qu'ils marchaient dans la rue, obligeant les gens énervants à les contourner puisque leurs bras formaient une barrière entre eux impossible à franchir, ne pouvant pas les séparer, l'homme à la veste de cuir repéra un magasin de vêtement et décida d'y entrer.

"-Tu vas lui prendre des fringues ... Sérieusement ?, grimaça le loup de New-york.
-Mais non, c'est pour moi, répondit Derek en levant les yeux au ciel.
-Dadou, je croyais que tu voulais lui faire un cadeau, et t'acheter un T-shirt, c'est pas un cadeau ... Au contraire, je pense que, comme moi, il préfère te voir sans, lui assura le blond.
-Non, parce que vois-tu, Stiles est un garçon voleur de vêtements, lui expliqua le brun en se remémorant les fois où l'adolescent lui avait séquestré sa chemise et son T-shirt beige.
-D'accord, d'accord -capitula l'oméga en faisant les gros yeux- vous vous êtes bien trouvés ; tous les deux des grosses masses de tendresse et d'amour, marmonna-t-il en regardant les rayons.
-Hé je t'entends, se vexa Derek en lui donnant un coup.
-Aïe, je corrige, il est mignon et toi t'es qu'une grosse brute !, répliqua-t-il en lui rendant son coup.
-Moi, une grosse brute ? -s'insurgea-t-il à voix basse- C'est toi le plus violent de nous deux ! Je te rappelle qu'à cause de toi j'ai eu un tas de blessures.
-Tout de suite ... Je suis un peu brusque pendant un câlin, bon, ça veut pas dire que je suis violent ...
-Ah si, mon dos se souvient encore du coin de table contre lequel tu m'avais poussé avec force !
-C'est la faute de la table, pas de la mienne !
-Mon estomac se souvient encore de tes griffes qui se plantent avec fureur dedans !
-J'avais pas de prises, je voulais pas te tomber dessus comme un boeuf !
-Et la tronche écrasée dans la porte ou étouffée dans le matelas parce que monsieur tenait absolument à ...
-Bon ça va, on va pas faire la liste de tous nos ébats dans le magasin non plus, si ?, tenta-t-il de changer de sujet.

Derek siffla entre ses dents, et le blond lui embrassa le cou en souriant, avant de saisir un T-shirt noir.

-Et ça, c'est bien non ?
-Mouais, ça va, marmonna l'ancien alpha.

Ethan leva les yeux au ciel.

-Bon, combien de X avant le L, cinq ou six ?, demanda-t-il en plaisantant.
-Arrête de te foutre de me gueule, sérieusement, lui intima Derek.
-Mais je me moque pas, je t'aide à choisir ton T-shirt là !, se défendit le loup New-Yorkais.

Le lycanthrope choisit lui-même la taille en grommelant.

-Dis, tu m'as jamais raconté pourquoi tu t'es mis à faire du sport comme un dingue et à prendre du muscle comme ça, lui dit Ethan en mettant les mains dans ses poches.

L'ancien alpha sembla hésiter à lui raconter.

-J'ai commencé quand tu m'as trompé avec Parker Mongomerry et que t'es parti avec lui, avoua-t-il.
-Le capitaine de l'équipe de foot ? -demanda le blond, mi-amusé, mi-gêné- T'avais besoin d'évacuer la colère ?
-Non pas du tout, je me préparais juste pour aller lui péter la gueule, parce qu'il m'avait piqué mon copain, et qu'il m'avait humilié pendant plusieurs années, lui certifia-t-il avec un air sérieux.
-C'est toi qui lui a refait le portrait à la fin de l'année ?! Tout le monde pensait qu'il s'était battu avec un gang !, dit-il en riant.
-Il allait pas dire que je l'avais cogné, non plus. Il aurait été la risée du lycée, déclara-t-il.
-Et une fois que tu l'avais défiguré, pourquoi t'as pas arrêté ?
-Bin ... J'aimais bien ça, ça m'a permis de te pardonner pour m'avoir largué comme une merde après tout le temps qu'on était resté ensemble. Et puis ça défoulait bien.
-Ah, donc on s'est remis ensemble cinq ans après, parce que t'avais réussi à canaliser ton envie de meurtre sur moi grâce à la muscu ? Cool, dit-il d'un air fier.
-Non, j'étais pas vraiment en colère contre toi à ce moment-là. Juste après ce gros porc, parce que j'imaginais qu'il t'avait forcé à la faire. Par contre j'ai eu un peu moins de mal à retenir mon envie de te tuer quand tu m'a retrompé avec ton abruti de cuisiner... Celui-là m'est resté en travers de la gorge, je dois l'avouer.
-Ah oui, mais fallait que tu t'en doute aussi ... J'avais tenu trois ans sans regarder un seul autre homme ... Je suis volage, lui rappela-t-il en théâtralisant la tristesse.
-Bref -le coupa Derek-, maintenant je reste en forme pour éviter de me faire jeter comme une vieille chaussette par mon copain, et pour protéger ma meute, lui dit-il à voix basse.

Ethan accompagna sa réplique d'un 'ooooh' attendrit, et ils ressortirent du magasin après avoir payé. Le blond reçu un appel et il répondit rapidement, la main toujours liée avec celle de son ex, pendant qu'ils se dirigeaient vers son appartement. Il raccrocha et fit un grand sourire au loup-garou.

-Hey, devine ce qui arrive demain dans un grand camion-frigo ?
-Demain ? Mais c'est vachement rapide !, s'étonna Derek.
-Ooooh mon petit Trésor voulait passer plus de temps avec moi ?, se moqua-t-il en lui donnant un coup d'épaule.
-Quoi ? Mais non -répondit-il en rougissant.- Dis pas n'importe quoi ..."

Le New-Yorkais n'ajouta rien, et se contenta de sourire.
Derek était maintenant assis sur le rebord du lit et avait le regard dans le vide. Il repensait à sa relation avec Stiles. Sans vraiment savoir pourquoi, il avait l'impression qu'elle était terminée. Sentant son ex déchiré par la tristesse, Ethan quitta son ordinateur et s'installa à côté de lui.

"-Ça va ?, lui demanda-t-il doucement.
-Ouais je ... Je repensais à ... À la façon dont je l'ai traité ... C'était nul ... Il a toutes les raisons de m'en vouloir ..., se plaignit-il.

Le New-Yorkais lui passa une main dans le dos.

-En parlant d'actes nuls ... Je t'ai jamais dit pourquoi je t'avais trompé avec Parker Mongomerry ..., souffla-t-il.
-Je suis pas vraiment sûr de vouloir savoir ... Y a une possibilité pour que je te refasse le portrait aussi, grimaça-t-il.
-Ah ah, nan mais attends, c'est une histoire intéressante -lui affirma-t-il en souriant tristement.- En fait je l'ai fait pour qu'il te laisse tranquille, lui avoua-t-il.
-Comment ça ?, demanda-t-il, curieux.
-Il était complètement amoureux de moi, comme la quasi-totalité des gays de la région en fait -se vanta-t-il légèrement-, alors j'ai accepté de sortir avec lui pour qu'il te laisse tranquille et qu'il ne t'appelle plus 'Sans pec' '.
-Tu m'as trompé pour me protéger ... C'est adorable, ironisa Derek.
-J'étais bien content quand tu m'as dit que c'était toi qui lui avait cassée la gueule, au moins tu t'es vengé par toi-même, c'est bien, lui confia-t-il.
-Et le cuisinier, c'était pour qu'il nous prépare des petits plats ?
-Non lui ... Lui c'était un chasseur et je ... Je voulais juste m'assurer de ta sécurité, alors j'ai fait ... Ce qu'il y avait à faire, lui assura-t-il.

Derek n'en revenait pas. Il avait passé du temps à maudire son ex-copain, alors qu'il avait toujours tout fait pour le protéger. Leurs yeux se croisèrent. Le mélange bleu et bleu-vert était parfait. Sans que l'un ou l'autre ne s'en rende vraiment compte, leurs visages se rapprochèrent doucement. Leurs lèvres se scellèrent, presque aimantée, et chaque langue sembla reconnaitre le chemin pour aller retrouver sa consoeur. Ils semblaient revivre tous les deux, comme si ils avaient été privés d'une chose vitale pour leur épanouissement, et qu'ils l'avaient enfin retrouvée. Ethan passa au-dessus de Derek, et l'allongea avec force tout en gardant leurs bouches en contact. Le brun mordit la lèvre de son ex pendant sa chute, mais la victime ne s'en formalisa pas. Ses mains se glissaient déjà sous le T-shirt de l'ancien alpha, frôlant sa peau et le faisant frissonner de plaisir, pendant que ses mains à lui s'infiltraient sous l'arrière du jean bleu marine. Ethan sépara leurs lèvres avec regret, pour laisser les siennes s'aventurer sur le cou ferme de son amant. Derek ferma les yeux et profita de la langue râpeuse qui courait maintenant sur son ventre. Il se contracta en soupirant et sentit à peine les mains baladeuses desserrer sa ceinture. Ses doigts se perdaient dans les cheveux courts d'Ethan, et alors qu'il commençait à ronronner de plaisir, une douleur lui envahit tous le corps. Il eut du mal à respirer, et chaque muscle, chaque os, chaque bout de peau, et chaque organe sembla se dissoudre et se reformer inlassablement en lui. Stiles n'allait pas bien, il le ressentait au plus profond de son âme, sans savoir pourquoi. Il se redressa d'un coup, et repoussa la tête d'Ethan, qui fronça les sourcils, inquiet d'avoir fait une erreur.

-T'aimais ça avant ... Ça a changé ?, l'interrogea-t-il avec malice.

L'ancien alpha se passa une main sur le visage.

-Non, non ... Mais, pas ce soir ... Pas avec toi ... Je suis désolé, s'excusa-t-il.

Ethan siffla entre ses dents.

-C'est pas grave, je comprends ... Je devais bien me douter que tu resterais loyal envers lui ... Je m'excuse d'avoir tenté de coucher avec toi ... Et d'avoir essayé d'utiliser ton point faible pour tenter d'arriver à mes fins, avoua-t-il.
-Quoi ? Tu penses qu'avec une fellation j'aurais couché avec toi ? Tu rêves, je suis trop fidèle !
-Mais oui, mais oui, je sais trèèèès bien que tu n'y résiste pas, j'aurais pu te faire faire n'importe quoi si j'avais pu finir ... Et surtout commencer.
-Aaah, je te déteste, bougonna Derek en s'affalant sur le lit.

Le loup de new-york rit franchement avant de s'installer à côté de lui, les deux bras derrières la tête en guise d'oreiller.

-N'empêche que je suis plus beau que toi, lâcha-t-il au bout de quelques minutes.
-Premièrement, c'est faux, je suis le plus beau de nous deux, et deuxièmement : pourquoi tu me sors ça comme ça ?
-Je voulais juste que tu t'en souvienne, lui dit-il d'un air fier."

Derek pouffa avant de le faire tomber par terre et de lui dire qu'il avait failli être manipulé sexuellement, et qu'il avait le droit de faire ce qu'il voulait en dédommagement.
Ils finirent par aller se coucher après s'être enfin calmés et avoir mangé une pizza. Ils se blottirent une fois de plus l'un contre l'autre dans le lit, et Derek soupira légèrement. Il voulait être avec son humain favori, il était même capable de le forcer à rester avec lui si jamais il ne voulait plus le voir. Alors qu'il allait s'endormir tranquillement, Ethan lui parla.

"-Au fait, j'ai pas été tout à fait honnête ... Le cuisinier, j'ai juste couché avec lui parce que je suis un gros con, et qu'on s'était disputé tous les deux, peu de temps avant ..., lui avoua-t-il.

Le brun mit un certain temps avant de comprendre ce que lui disait son ex, puis se releva sur le coude.

-Quoi ?! Mais t'es qu'un salaud d'avoir raconté des salades pour coucher avec moi ce soir !, se fâcha-t-il.
-J'ai été franc avec toi, se défendit-il avec un sourire angélique.
-Pff tu mérites même pas mon attention !, grogna le loup-garou avant de se retourner.

Ethan rit avant de passer son bras par-dessus le corps de son ex et de le serrer contre lui, en enfouissant son nez dans sa nuque.

-Je te méprise au plus haut point Ethan Casey, articula-t-il.
-Je sais Derek Hale, je sais, lui répondit-il."

Ils s'endormirent rapidement, conscient que la journée du lendemain serait courte.
Ce fut en effet le cas. Ethan se rappela le matin qu'il avait une chose à rendre au loup-garou avant qu'il ne parte. Il lui tendit sa chaine en argent, où était gravé son nom, et qu'il n'avait pas retrouvée après avoir quitté le blond. Il l'attacha à son poignet avec un grand soulagement, se remémorant quelques souvenirs. Dans le début de l'après-midi, ils réceptionnèrent une dizaine de pots de glace, qu'ils rangèrent correctement dans une glacière bleue. Puis le lycanthrope se renseigna sur son vol pour la Californie et rangea ses affaires dans son sac. Ethan tint à faire une photo d'eux deux, et Derek consentit docilement. Ils semblaient heureux tous les deux, et le blond fut content qu'ils n'aient pas de têtes bizarres, de ce fait il pouvait la mettre en fond d'écran sans passer pour un demeuré ou l'ami d'un demeuré. Sur le chemin de l'aéroport, ils étaient quelque peu silencieux, conscients que la séparation était proche.

"-Tu sais, tu devrais recontacter ton humain, là. J'ai eu des échos comme quoi vous étiez trop mignons tous les deux, lui conseilla Derek avec un sourire.
-Qui a balancé ?, l'interrogea Ethan.
-Je dis juste que j'ai entendu des échos, c'est tout, mais ne change pas de sujet !
-Je sais pas, je verrais bien -répondit-il en haussant les épaules-, si je peux avoir la même chance que toi, pourquoi pas ...
-Ooooh tu veux me ressembler, s'exclama le brun avec une moue attendrie.
-C'est ça ! Descend de ma voiture au lieu de dire des conneries !, se défendit le New-Yorkais en boudant faussement.

Ils étaient enfin garés sur le parking, et l'heure des adieux avait sonnée. Derek soupira longuement et Ethan l'encouragea.

-J'aurais bien voulu t'accompagner jusqu'en Californie, pour voir ta jolie troupe, mais j'ai du travail, moi, le taquina-t-il.

L'ancien alpha siffla entre ses dents, et ils sortirent tous les deux, avant de s'étreindre une dernière fois.

-Bon allez, si j'ai encore besoin de toi, je t'appelle hein ?, plaisanta Derek.
-C'est ça, quand t'auras un nouveau portable, et que t'auras retrouvé mon numéro, ce qui ne risque pas d'arriver avant longtemps.
-Qu'est-ce que tu crois ? Je le connais par coeur ton numéro.

Puis, Derek se dirigea vers l'entrée du grand bâtiment, sous l'oeil triste de son ex. Il lui souffla quelques derniers mots, en espérant qu'ils les entendent.

-Je veillerais sur toi Dadou ...
-Moi aussi Thay, moi aussi."

Le trajet en avion lui parut plus long au retour. Peut-être parce qu'il était complètement pressé de rentrer chez lui et de retrouver son amoureux, ou alors parce qu'il ne voulait pas que ses glaces fondent dans la soute. Lorsqu'il arriva à l'aéroport de Las Vegas, son dernier arrêt, son avion pour Sacramento fût retardé. Il patienta longtemps, très longtemps, avant de pouvoir redécoller. Une seule question l'obsédait : Ses glaces de malheur allaient-elles tenir le choc du voyage ? Il finit par avoir la réponse quand il arriva à destination. Elles avaient tenu le choc, et semblaient parfaitement gelée. Il conduit donc pendant un moment pour atteindre enfin Beacon Hills. Il était complètement épuisé, mais n'avait pas le temps de se reposer. Il commença par aller voir son oncle, qui sembla très surpris de le voir, limite déçu. Peter dût remettre son titre retrouvé à son neveu, sous peine de se voir une nouvelle fois tuer, et il lui expliqua rapidement ce qu'il s'était passé avec les chasseurs et Andrew. Il essaya de lui narrer la grande beauté de la rouquine qui avait accompagné les deux frères, mais Derek ne l'écouta pas une seconde et se prépara pour sa soirée. Il devait au moins être présentable pour reconquérir son amoureux blessé. Il enfila le T-shirt noir qu'il avait acheté pour lui, et parti avec sa glacière bleue sans dire un mot à Peter, qui était de toute façon occupé à inventer une nouvelle technique pour tricher aux échecs sans que personne ne le voie. Le coeur de l'alpha palpitait de plus en plus fort, à mesure qu'il se rapprochait de la maison de sa cible. Il escalada le mur, l'anse de son chargement entre les dents, et s'arrêta à la fenêtre pour regarder son humain favori dormir. Même s'il était de dos, Derek ne doutait pas un instant de la beauté de son visage, avec ses lèvres innocentes et ses iris chocolat qu'il voulait sans cesse dévorer. Il releva son ennemie de toujours, et l'adolescent bougea, en marmonnant quelque chose. Derek fronça les sourcils et posa son cadeau au sol, avant de prendre une voix offusquée :

"-Comment ça 'Andy' ?, lui dit-il simplement, en priant de ne pas se faire trop enguirlander pour avoir déserté sans un mot."