Allison et Stiles furent les premiers à arriver à destination. Le parking était accessible par une porte, derrière laquelle se trouvait un escalier menant au sous-sol. Les deux adolescents descendirent les marches en faisant attention de ne pas glisser. Leur unique source de lumière étant deux lampes torches, leurs yeux durent s'habituer rapidement. Le parking semblait immense. Des murs en bétons les empêchaient de voir l'étendue exacte de la pièce, et de grands piliers où des chiffres quasiment effacés par le temps avaient été peints, étaient présents partout pour signaler les places. Ils avancèrent tous les deux, pointant leurs lampes sur les murs. Un bruit attira leur attention, et les deux sources de lumière furent dirigées en même temps dans cette direction. Stiles sentit son coeur s'accélérer ; il y avait quelque chose qui bougeait dans un coin. Allison leva son arbalète, méfiante. D'un seul coup, quatre gros rats déboulèrent vers eux, suivis par un chat gris. Allison hoqueta de terreur et ils firent tous les deux un bond en arrière. Une fois la frayeur passée, la chasseuse se reprit en rigolant légèrement.
"-Pas de panique, c'étaient juste de grosses souries.
-Je suis pas sûr de vouloir passer du temps ici, répondit Stiles en se tenant le coeur.
-Moi non, plus, mais on doit quand même aller jeter un coup d'oeil, s'excusa-t-elle.
L'adolescent soupira, mais au moment de suivre la brune qui était passée derrière l'un des murs, une voix se fit entendre dans son dos.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Délinquant !
Le garçon se retourna lentement après avoir à nouveau manquée la crise cardiaque, et dut plisser les yeux pour que la lumière pointée sur son visage ne l'éblouisse pas.
-Rien de particulier, juste ... Une chasse aux rats, inventa-t-il.
-C'est ça, allez fous le camp d'ici, et que je ne t'y reprenne plus, voyous !, le menaça le vigile en le forçant à quitter les lieux."
Quand l'adolescent passa à côté de lui, il l'entendit marmonner un 'la chasse aux rats, bien sûr...' peu convaincu. Le vieil homme ferma l'accès avec une grosse chaîne et un cadenas rouillé, avant d'enfouir la clé dans sa poche et de s'en aller. Stiles jeta un coup d'oeil en arrière, alors qu'il se dirigeait vers la voiture ; Allison était maintenant bloquée dans le parking, et ils ne pouvaient pas utiliser leurs téléphones pour se parler, étant donné qu'il n'y avait pas de réseau dans le sous-terrain.
De leur côté, Peter et Lydia marchaient dans la forêt en silence. La jeune fille faisait attention où elle mettait les pieds, sous peine de finir la tête la première dans la boue. Bien sûr, le loup-garou, n'aurait jamais laissé faire une chose pareille ; il était prêt à se jeter sur elle pour la rattraper, en cas de besoin.
"-C'est pas vrai ça ! -bougonna la blonde vénitienne- Pourquoi a-t-il fallu que l'on tombe sur le lieu le plus impraticable ?
-Oh, parce que tu préfères rester dans le salon rempli de fantômes ?, demanda l'ancien alpha d'un ton moqueur.
-Les fantômes ne me font pas peur, j'ai vu bien pire, ironisa la jeune femme en le fixant.
-Touché ..., murmura-t-il en faisant une petite moue.
Le lycanthrope brisa le silence qui s'était à nouveau installé entre eux.
-Dis-moi, Lydia. Pourquoi as-tu accepté de venir ? Tu n'étais pas obligée d'accompagner quelqu'un aujourd'hui. Et surtout, pourquoi tiens-tu tant à rester avec nous dans la meute ?
Il plissa les yeux doucement, comme pour savoir si elle allait mentir.
-Ça en fait des questions pour quelqu'un de mort, minauda-t-elle en mettant sa bouche en coeur.
-Ne prend en compte que la dernière, répliqua-t-il calmement en souriant.
-Ou alors, aucune d'entre elles, ajouta la jeune fille avec un air hautain.
La remarque fit rire Peter qui n'insista pas. Ils arrivèrent assez vite devant la maison cachée dans la forêt. Pour leur plus grand désespoir, une voiture était garée juste à côté. L'ancien alpha s'approcha un peu plus près, pour vérifier sa théorie. Il revint vers Lydia, le visage fermé.
-On s'est déplacé pour rien -annonça-t-il avec regret-, y a des gens qui habitent déjà ici.
-Génial, ironisa la fille.
-Au moins la ballade aura été sympa, positiva le loup-garou.
-Parlez pour vous, moi j'ai mal aux pieds et mes chaussures sont toutes boueuses, bouda l'adolescente.
-Il ne fallait pas accepter, railla Peter."
Ils ne s'échangèrent plus un mot pour le reste du voyage, et seule Lydia bougonna de temps en temps chaque fois qu'elle glissait.
Pendant ce temps, Derek et Isaac s'étaient arrêtés à une station-service. S'ils étaient tous les deux dotés de pouvoirs hors du commun, la voiture de l'homme au blouson de cuir restait une simple voiture et avait besoin d'essence comme les autres, régulièrement. Isaac resta tranquillement dans l'automobile à envoyer des SMS. Alors que l'alpha reposait la pompe, une voiture de police alla se garer derrière lui, et il reconnut le conducteur avec regret.
"-C'est pas vrai ... -marmonna-t-il.- Bon toi, tu dis que ton vélo a crevé et que je t'ai trouvé par hasard, d'accord ?, souffla-t-il au jeune loup.
-Okay, répondit-il doucement alors que le policier s'approchait du leader.
-Tiens, tiens, partout où je vous trouve, vous êtes avec un mineur, avouez que c'est quand même étrange.
-Shérif Stilinski, quelle bonne surprise -ironisa l'adulte aux cheveux noirs-. On se vouvoie maintenant ?
-Oui, c'est ce que les gens civilisés font ; je dois tout de même avouer que quand je suis chez moi, et que je trouve mon fils mineur dans les bras d'un homme adulte censé être responsable, je perds toute civilité.
-Écoutez, Stiles est un grand garçon, il est intelligent et il sait ce qu'il fait. Je ne l'ai pas forcé à faire quoi que ce soit, et ça n'arrivera jamais.
-Tu vas me dire que tu l'aimes, peut-être ? Saches que si tu ne le quitte pas, je te fais enfermer, le menaça-t-il.
-Bien sûr, ça va vraiment plaire à Stiles, le nargua-t-il, fourrant ses mains dans ses poches.
-Je fais ça pour lui. C'est ce qu'il y a de mieux, je ne peux pas le laisser détruire sa vie avec toi.
-Parce que vous savez ce qui est bien pour lui, évidemment.
-Tu vas me dire comment éduquer mon fils ?
-Non, vous vous en sortez très bien. J'aime surtout le moment où vous laissez Stiles seul chez lui. C'est conseillé par tous les psychologues, ironisa le loup.
-Si je laisse mon fils seul, c'est parce que je travaille, et que j'arrête les criminels. Et si tu ne veux pas finir à nouveau entre les barreaux, je te prie de cesser de tourner autour des adolescents, en particulier mon fils.
-Je ne tourne pas autour des adolescents ! Vous me prenez pour qui au juste ? Maintenant shérif, si vous voulez bien m'excuser, j'ai des choses à faire.
-C'est ça, tenez-vous loin des problèmes, M. Hale.
Derek ne lui laissa pas plus de temps pour le mettre en garde et retourna s'installer dans sa voiture. Il sembla respirer à nouveau, et démarra sans demander son reste.
-Ça va ? -demanda le loup-garou frisé.- Je savais pas qu'il était au courant pour ...
-Je pense qu'il va finir par me descendre dans une allée sombre ... Rappelle-moi de ne pas marcher dans les allées sombres sans témoin ...
-Euh, d'accord, capitula l'adolescent en fronçant les sourcils."
Après cette promesse ils repartirent silencieusement et Derek fut plus attentif que d'habitude à sa conduite, se doutant qu'à la moindre faute, le shérif serait sur son dos. L'entrepôt était dans un coin de la ville, aussi purent-ils s'y rendre rapidement, tout en respectant les limitations de vitesse. Ils inspectèrent brièvement l'extérieur du bâtiment. Plusieurs caisses ainsi que du vieux matériel trainaient dehors, et une porte de sortie était camouflée par des bâches. Ils finirent par rentrer dans l'entrepôt, et l'odeur de renfermé leur sauta au nez. Ils placèrent tous les deux leur avant-bras sous leurs narines pour masquer la puanteur le plus possible. Leurs yeux se réglèrent pour voir correctement à l'intérieur, et ils avancèrent doucement. Tout au fond, après avoir traversé la pièce jonchée de poussière et autres débris indiquant que des objets avaient été entreposés ici par le passé, l'alpha trouva une échelle menant au toit. 'Encore une sortie', se dit-il qu'un ton rassuré. Alors qu'il vérifiait si elle était solide, ils entendirent un bruit à l'extérieur. Isaac regarda l'adulte.
"-Va voir ce que c'est, lui imposa son aîné.
-Pourquoi moi ? Pourquoi tu n'y va pas toi ?, se plaignit-il.
-Parce que t'es le plus proche de la sortie, répondit-il comme si c'était évident.
-Si c'est le shérif qui nous a suivis, je te jure que je te balance sans scrupule, et que je dis que c'était ton idée de venir ici, le menaça-t-il avant de sortir."
Derek siffla entre ses dents et continua discrètement sa recherche en écoutant d'une oreille distraite ce qu'il se passait dehors. Un nouveau bruit se fit entendre et il eut tout juste le temps de voir deux yeux jaunes arriver sur lui et une planche en bois lui cogner la tête avant de tomber au sol, sonné.
Stiles avait cherché une autre issue, mais elles semblaient toutes condamnées depuis longtemps, et il ne pouvait pas les débloquer seul. De son côté, piégée dans le parking, Allison avait fait la même chose. C'était un parking, pas une prison, il devait y avoir une autre sortie quelque part. Stiles avait appelé Scott, mais le jeune homme devait encore travailler et il n'avait pu que lui laisser un message, dans lequel il lui expliquait brièvement la situation, et où le parking se trouvait.
Pendant que les deux adolescents cherchaient une porte, Erica, Jackson et Danny arrivaient à peine devant le gymnase.
"-J'en ai plein le dos, se lamenta Jackson en s'étirant.
-Arrêtes de ronchonner Jackson, le disputa Erica.
-J'avoue Jack', Derek nous a donné une mission et on va la mener à bien, ajouta Danny.
-Ouais bin, j'aurais voulu vous y voir moi, à conduire aussi loin avec cette voiture.
-J'avais bien dit qu'il fallait prendre la mienne, le réprimanda à nouveau la blonde.
-Bon ça va, allons voir ce truc et repartons rapidement ..., bouda Jackson en soupirant.
-Allez, c'est parti !, répondit le jeune brun avec enthousiasme.
Ils s'approchèrent de la porte. Elle était cadenassée. Erica tira dessus, et elle sembla bouger. Le dernier bêta arrivé dans la meute finit de briser le cadenas en l'écrasant entre ses doigts. Un léger sourire de satisfaction plana sur ses lèvres, et ils entrèrent dans le bâtiment avant que la louve ne frappe son semblable. Par chance, l'électricité marchait encore et les néons grésillèrent les uns après les autres en s'allumant, dès qu'Erica appuya sur l'interrupteur.
-C'est moche ici, se plaignit à nouveau le blond.
-Pour une fois, je suis d'accord avec le bureau des plaintes, avoua la jeune fille en soupirant.
Comme dans l'entrepôt où Derek et Isaac étaient, l'odeur du gymnase était atroce et les adolescents durent se boucher le nez. La salle était poussiéreuse et Danny éternua à plusieurs reprises. Alors qu'ils avançaient vers le milieu de la pièce, les murs grondèrent et le plafond se fissura, laissant tomber des morceaux de plâtre sur eux. Jackson poussa son meilleur ami sous une rangée de chevaux d'arçon, et Erica réussit à rouler derrière des matelas de gymnastique. Quand la catastrophe fut passée, les trois jeunes sortirent de leurs cachettes en crachotant à cause de la poussière qui s'était déplacée.
-Ok c'est bon, on se casse maintenant, j'aime pas trop me prendre des plafonds sur la gueule, imposa le blond en se dirigeant vers la sortie.
Erica s'épousseta la veste et suivit le jeune homme sans protester. Danny ferma la marche en boitant légèrement.
-Ça va ?, lui demanda la blonde une fois qu'ils furent à l'air libre.
-Ouais, ouais -la rassura l'hawaïen en souriant doucement.- Je me suis juste cogné le genou contre le pied d'un des chevaux."
Ils s'installèrent dans la voiture sans plus de cérémonie et repartirent vers la ville.
Lorsque Derek se réveilla, il se rendit compte qu'il avait le visage contre le sol froid, et était allongé dans la poussière. Il cligna des yeux et se releva avec difficulté ; son bras lui fit atrocement mal, et il constata que celui qui l'avait attaqué n'avait pas manqué de lui donner plusieurs coups dans le corps, laissant son bras en sang. Il tituba vers la sortie, et trouva son jeune bêta allongé entre deux caisses.
"-Isaac ?, demanda-t-il en le voyant bouger légèrement.
L'adolescent se releva avec l'aide de son alpha, et il essaya de remettre les événements à leur place.
-T'as vu ce qu'il s'est passé ?
-Je ... Je regardais ce qu'il y avait dehors, mais j'ai rien vu, et quand je me suis retourné y a un type qui m'a collé au tapis ... Et je viens d'émerger ... Tu saignes ?
Derek regarda son bras et haussa les épaules.
-C'est rien. Mais j'aimerais bien savoir qui était ce loup-garou, je suis quasiment sur de le connaitre, mais j'arrive pas à le replacer ..., dit-il songeur.
-Bon, et si on s'en allait ? Je veux dire, on a tout vu ici, et je ne pense pas que ça soit nécessaire de faire plus de visite ... Si ?
-Non, tu as raison, on retourne au salon, j'en peux plus de cet endroit."
Ils s'installèrent dans la voiture noire et elle démarra rapidement. Malgré son corps qui réclamait du repos, Derek conduit jusqu'au salon sans rechigner.
"-J'ai l'impression d'être plus importante.
Lydia venait de lâcher l'information, alors qu'elle et Peter ne se parlaient plus depuis un moment.
-Pardon ?, demanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils.
La jeune fille se replaça dans son siège, tout en observant l'adulte qui faisait rouler une pièce d'échec entre ses doigts.
-Si je reste dans le groupe, c'est parce que j'ai l'impression d'être plus importante. J'ai enfin de vrais amis qui ne s'intéressent pas qu'à ma popularité. C'est ... Mieux que ce que j'ai connu jusqu'ici, avoua-t-elle avec ses yeux de biche.
L'ancien alpha n'eut pas le temps de répondre, puisque son neveu rentra dans la pièce, accompagné d'Isaac. Tous les deux semblaient mal en point, et Lydia se leva pour aider le garçon frisé.
-Oulah, quelqu'un s'est pris une raclée j'ai l'impression, se moqua Peter en fronçant légèrement les sourcils.
-Très drôle, j'ai été pris par surprise -bouda le jeune homme aux cheveux noirs.- Stiles et Allison ne sont pas encore rentré ?, demanda-t-il en balayant le salon du regard.
-Non, et je n'ai pas de nouvelles. Qu'en est-il de ceux qui sont allé voir le gymnase ?
-Danny a prévenu qu'ils arrivaient bientôt.
-D'accord, on fait le débriefing quand ?
-Quand tout le monde sera là, répondit simplement l'alpha, avant d'aller chercher de quoi soigner ses blessures.
Peter alla donc se rassoir à sa table, tout seul. La rouquine venait tout juste de vérifier que son ami loup-garou n'avait pas de blessures graves, quand Allison, Scott et Stiles rentrèrent à leur tour. Ils racontèrent rapidement ce qui s'était passé dans leur cas, et comment Scott avait réussi à libérer sa copine brune. Derek revint dans le salon au moment où ils finissaient leur récit, et Stiles manqua de s'étouffer en voyant le sang sur ses vêtements.
-Mais ... Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!, lui dit-il en se jetant sur lui.
-Ah, attention Stiles, tu vas te mettre du sang partout, le disputa gentiment l'alpha, en le serrant avec son bras valide.
-Qui t'as fait ça ? C'est pas mon père, hein ?, demanda-t-il, inquiet.
-Mais non -répondit le meneur en ne pouvant réprimer un sourire amusé.- On s'est fait attaquer avec Isaac, alors qu'on inspectait l'entrepôt.
-D'accord, mais ça va ? T'as pas trop mal ?, continua-t-il d'un ton inquiet.
-Oui, ça va Stiles, je t'assure.
Il lui fit des gros yeux, signe qu'il faisait mieux d'arrêter de poser toutes ces questions sur sa santé, et l'adolescent le serra en enfouissant son nez dans son cou. Il n'aimait pas voir son amoureux blessé, il avait l'impression de l'être lui aussi. Les trois derniers envoyés arrivèrent enfin, et Boyd ferma la marche, ayant fini de travailler.
-Derek ! La prochaine fois tu feras le travail tout seul !, s'insurgea Jackson, à peine rentré dans la pièce.
-Quoi encore ?, bougonna l'alpha.
-Le plafond nous est tombé sur la tronche ! -s'énerva-t-il.- Et en plus tu nous as envoyé à des kilomètres de là !
-Si ça peut te rassurer, on n'a pas passé un bon moment non plus.
-Ouais, on s'est fait attaquer, ajouta Isaac en prêtant attention au genou de son copain.
-C'est pas comparable à un plafond qui s'écroule, on aurait pu mourir à cause des vapeurs de plâtre ou je ne sais quoi !
-Mais quel hypocondriaque celui-là, je vous jure ..., soupira Stiles."
Une fois que tout le monde fut calmé, le débriefing commença. Les choix étaient restreints : La cabane dans les bois était habitée et le chemin impraticable, le gymnase était trop loin et menaçait de s'écrouler, le parking était gardé par un vigile peu aimable et on pouvait se faire enfermer dedans trop facilement. Il ne restait plus que l'entrepôt, à condition qu'ils règlent ce problème d'occupant violent. Les jeunes se séparèrent tard dans l'après-midi, chacun rentrant chez lui pour se remettre de cette journée épuisante. Seul Stiles resta avec Derek, Peter étant parti se balader en ville. Ils étaient l'un contre l'autre, couchés sur le canapé, et Stiles caressait distraitement les abdos de son amoureux par-dessus son T-shirt. Soudain, Derek sembla se rappeler de la conversation qu'il avait eue avec le shérif.
"-Ah je t'ai pas dit au fait, ton père est venu me trouver tout à l'heure.
-C'est pas vrai ... Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
-Oh ... Toujours les mêmes menaces ... Et je l'ai peut-être un peu mis en colère ...
-... T'as fait quoi ... ?
Il lui relata sa discussion agitée avec son beau-père, et Stiles se retint de soupirer.
-Oui, c'était pas malin de l'attaquer sur mon éducation ... Surtout que je suis bien éduqué !
-Il arrêtait pas de me gonfler à me traiter de pédophile, et il voulait m'enfermer, alors je me suis défendu.
-Mh ..., marmonna le garçon en fermant les yeux.
-Hé, hé ... Hé ! T'endors pas Stiles, faut que tu rentres chez toi, ton père va vraiment me tuer sinon !
L'adolescent se redressa en se frottant les yeux.
-Bin toi alors, t'es vraiment romantique ...
-Tu préfères que je sois romantique ou vivant ?
-Je t'ai dit qu'il n'allait pas te tuer, rit le garçon en levant les yeux au ciel.
-C'est ça, moque-toi, mais quand tu me rendras visite au cimetière, tu riras moins, bouda l'alpha en le forçant à se lever.
Il l'accompagna jusqu'à sa voiture, et ils purent constater que les pneus étaient tous crevés.
-Hé ! Mais qui a fait ça, c'est pas vrai !, s'offusqua Stiles.
-Et merde, ils ont aussi crevés les miens ..., se lamenta l'alpha.
Ils regardèrent les environs, mais ne virent personne.
-Si c'est un coup de ton père, c'est vraiment pas drôle ...
-Mon père n'est pas responsable de tous les maux du monde, soupira le jeune homme.
-Bon, bah je crois qu'il ne te reste plus qu'à marcher ...
-Génial ...
-T'en fais pas, je viens avec toi, lui assura le grand brun.
-C'est vrai ?
Le visage du garçon sembla s'illuminer.
-Bin oui, je vais certainement pas te laisser rentrer seul alors qu'il fait quasiment nuit, dit-il comme si c'était évident."
Stiles sourit et ils cheminèrent le long de la route, côte à côte. Cela faisait vingt bonnes minutes qu'ils marchaient, et ils traversaient maintenant la forêt ; sans crier gare, Derek finit par attraper la main de l'adolescent et la serra dans la sienne. Le jeune homme tourna la tête vers lui, et ce dernier lâcha un 'quoi ?' désinvolte.
"Non rien ... Je t'aime, lui dit-il tendrement, avant de regarder leurs mains scellées.
Il était plus heureux que jamais, marchant tranquillement à côté de l'homme qu'il aimait. Soudain, les choses se gâtèrent ; une voiture se gara juste devant eux. Une voiture de police. Ils s'arrêtèrent tous les deux en fronçant les sourcils, et le shérif descendit de sa voiture.
-Stiles, tu viens avec moi, tout de suite, imposa-t-il d'un ton calme.
-Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu me suis maintenant ? Ça te suffisait pas de suivre Derek ?
-Dans la voiture, répéta-t-il.
-Non, j'en ai marre. Arrêtes de t'opposer à moi sur ce point, je suis catégorique. Je sors avec Derek, et tu n'y peux rien.
-On en parlera plus tard, maintenant tu le lâche et tu viens avec moi !
-J'ai dit non ! Et que tu crèves mes pneus ou pas n'y changera pas grand-chose !
-Tes ... Quoi ? Pourquoi tu me parles de tes pneus ?
-Vous ne les avez pas crevés ?, demanda l'alpha d'un ton suspicieux.
-Mais de quoi vous parlez tous les deux à la fin ?, demanda le shérif.
Alors qu'ils se posaient tous des questions, une forme sombre s'approcha en grognant. Le garçon se transforma en loup-garou, laissant ses canines s'allonger et fit sortir ses griffes. Derek le vit trop tard, sentant son odeur au moment où il sautait devant la voiture. Le shérif se retourna juste à temps pour voir deux yeux jaunes le dépasser et foncer vers sa victime du soir. Stiles manqua de s'étouffer en voyant le jeune homme blond se jeter sur lui. C'était cet horrible pervers dérangé qui lui avait fait peur plus d'une fois lorsqu'il était retenu prisonnier par Danielle. Le lycanthrope commença par cogner l'alpha, puis il attrapa la jambe de l'humain, le faisant tomber au sol, et le traîna loin de la route, dans la forêt. Derek se releva et secoua la tête de droite à gauche. Il sembla se rappeler que c'était lui qui l'avait frappé dans l'entrepôt, et maintenant il emportait Stiles pour le tuer. Il jeta un coup d'oeil au shérif, qui semblait prêt à s'évanouir.
-Dereeeeeeeeek !, hurla Stiles, qui commençait à s'éloigner dangereusement."
L'alpha se transforma à son tour et commença à courir avant de s'arrêter.
"-Vous venez oui, ou non ?, demanda-t-il au shérif, en le fixant de ses yeux rouges, avant de s'élancer à la poursuite de son amoureux, sans laisser à l'homme adulte une chance de répondre."
