- Je viens de me rendre compte que le résumé ne correspond plus du tout à l'histoire, mais bon … S'il a réussi à en accrocher quelques un(e)s je ne vais pas le changer ^^

Bref, voilà la suite les zamis =)

Merci encore à celles qui laissent des commentaires , c'est un salaire très généreux et souvent constructif !

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Aujourd'hui son emploi du temps allait être serré. Elle aurait voulu pouvoir prendre le temps de parler à Rubis entre quatre yeux, elle devait passer l'après-midi avec son fils et elle était censée retrouver Gold dans son magasin entre les deux.

Elle observa son fils plongé dans une conversation animée avec David et tous deux s'arrêtèrent quand ils le remarquèrent. Que mijotaient-ils ?

Elle se décida à finir son milk shake d'un trait et laissa sa mère à la lecture du journal pour s'avancer vers le comptoir.

- Je peux te parler deux minutes ?

La louve eut un demi sourire avant de s'essuyer les mains sur un torchon et de se rapprocher.

- Qu'est-ce que je peux pour toi ?

- En privé ?

Elle haussa un sourcil mais lui fit signe de la suivre dans l'arrière cuisine où Granny fronça les sourcils en les voyant passer.

- Deux minutes ! Pas plus !

- Oui Granny !

Sa meilleure amie referma la porte de la réserve derrière elle et croisa les bras, adossée à un mur en pierre en attendant qu'elle se décide à parler.

- Euh … J'ai deux questions à te poser.

- J'écoute.

- Est-ce qu'on s'est disputées Regina et moi, dernièrement ?

- Carrément oui.

- Pourquoi ?

- Aucune idée. Tu es venue saoule à ma porte un soir ya un mois, t'étais vraiment dans un piteux état. Tu revenais de chez Regina mais t'as rien voulu me dire.

- Et t'as pas une petite idée ?

- Nope. Mais vous vous êtes fait la guerre pendant deux semaines, ta magie a fait n'importe quoi, t'as foutu le feu chez toi trois fois. Et puis ça s'est arrêté alors je suppose que vous vous êtes remises ensemble.

- Et t'as aucune idée ?

- Non, désolée …

- D'accord …

- Ta deuxième question ? Avant que Granny ne s'impatiente …

- Est-ce que tu sors avec Graham ?

- Quoi ?

Les yeux de la brune s'étaient écarquillés sous la surprise, mais elle n'en crut pas un mot.

- Sors avec lui, vous êtes faits l'un pour l'autre.

- Tss.

Rubis se contenta de sortir de la pièce en souriant et un seau d'eau froide lui tomba sur la tête quand elle réalisa ce qu'elle venait de faire. Graham était mort dans sa réalité. Et si elle arrivait à briser la malédiction ? Il mourrait certainement instantanément …

Elle voulu courir après sa meilleure amie, mais fut arrêtée net par la vue de Régina appuyée contre le comptoir, du café à la main. A emporter remarqua-t-elle, heureusement.

Pourtant elle était encore là et elle parlait à Rubis.

La jeune femme resta si longtemps immobile dans l'embrasure de la porte qu'elle fut bousculée par Granny, les bras chargés d'un plateau de pâtisserie à exposer en vitrine.

La tempête de représailles qu'elle essuya lorsque la propriétaire du restaurant fut obligée de faire un pas de côté pour l'éviter attira l'attention de plusieurs clients dont le Maire qui leva un sourcil amusé. Mais elle refusa de croiser son regard une seconde de plus et retourna s'asseoir auprès de sa mère.

- L'horoscope dit que tu vas faire des découvertes bouleversantes aujourd'hui Emma. Tu crois que ça veut dire que tu vas retrouver la mémoire ?

- Qui l'écrit ? Une vraie voyante ?

- Rafiki. Tu sais le ...

- Le singe du Roi Lion ?

- Chut ! Il n'aime pas trop cette comparaison.

Elle allait répliquer quand un mug de café apparu en face d'elle accompagné d'une main parfaitement manucurée. Elle leva les yeux pour remarquer que Regina observait sans gène son décolleté, les yeux plissés, certainement intriguée par l'absence de trace.

- Il est empoisonné ?

- Le prochain le sera si vos papiers ne sont pas sur mon bureau demain matin 8h.

Elle ne rajouta rien et partit en direction de la sortie, accompagnée par Graham qui semblait vouloir lui parler d'un sujet qui lui tenait à coeur.

- Depuis quand Regina m'offre-t-elle du café ?

- Tu devrais pas le boire chérie. Elle n'est plus du genre à empoisonner quelqu'un mais il y a deux semaines elle avait quand même mis un vomitif dans ton milk shake avant que tu n'ailles au conseil municipal.

Un effet secondaire de leur dispute certainement. Elle grimaça, heureuse de ne pas avoir eu à conserver ce genre de souvenirs. Son portable vibra et elle ne fut presque pas étonnée de voir que l'intéressée lui avait envoyé un message. Un simple " Buvez, Miss Swan " auquel elle obéit sans pouvoir s'en empêcher.

- J'aime vivre dangereusement, expliqua-t-elle à sa mère.

Elle du étouffer le petit cri qu'elle failli pousser en sentant une brûlure parcourir son corps. Elle se figea un instant pour combattre la douleur avant de remarquer qu'elle s'était cantonnée là où elle avait vu les griffures et les bleus ce matin dans sa salle de bain. Discrètement elle souleva son pull pour observer une marque rouge s'estomper jusqu'à disparaître.

Son portable vibra à nouveau.

" De rien. J'attends les formulaires demain matin. Venez en personne. "

La jeune femme choisit de ne pas répondre. Son sourire honnête s'était immédiatement évanoui à la pensée de ce qu'elle avait découvert ce matin. Qui était-t-elle dans cette réalité pour accepter de servir d'amuse gueule au Maire ? Elle décida d'effacer toute pensée relative à la mère adoptive de son fils pour le moment et de s'investir dans la conversation qu'elle entretenait avec sa mère. Au moins ici tout semblait aller pour le mieux entre elles et elle n'avait pas l'impression gênante qui la poursuivait à chaque fois qu'elle se retrouvait en face de sa mère dans sa réalité. Ici elle retrouvait un mélange presque parfait entre le comportement maternel et celui de bonne amie.

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Elle réussit à s'éclipser juste après avoir laissé Henry passer chez eux pour se changer. Filant en voiture jusqu'au magasin de Gold.

- Vous allez mieux Miss Swan ?

- Vous êtes seul ?

- Oui.

- Est-ce que vous avez trouvé quelque chose pour moi ?

- Oui et non. Votre malédiction ne ressemble à aucune de celles que j'ai pu rencontrer.

- Une sorcière aurait pu la créer ?

Elle ne lui avait toujours pas dit que Zelena était sans aucun doute la sorcière en question mais après tout c'était un des êtres les plus malins qu'elle avait rencontré, il devait bien s'en douter. Et s'il ne soulevait pas le sujet, inutile de le faire à sa place.

- Dans quel but ?

- Et si la sorcière s'était raté ?

- Le sort aurait échoué.

- Si elle n'avait pas eu tous les ingrédients nécessaires ? Si ...

Elle se rappela soudain de la seule question que Regina avait posé à son miroir. Son miroir ! Où était Sidney ? Elle devait lui parler !

- Et si elle n'avait pas pu se résoudre à sacrifier ce qu'elle avait de plus cher ?

- Regina avait essayé avec son cheval, ça n'a pas marché.

- Mais dans l'absolu, si elle avait pu trouver un remplaçant ? Ou quelque chose d'assez proche pour faire marcher la malédiction, mais qui aurait des effets secondaires non désirés ?

Les yeux de Gold se plissèrent.

- Possible.

Il avait l'air déçu de ne pas y avoir pensé avant elle.

- Et faire revenir des morts à la vie, c'est pas censé être impossible ? Quel genre de magie peut faire ça ?

- Les voyages dans le temps.

Emma fronça les sourcils. Quel bordel cette malédiction. Soit c'était de la magie extrêmement puissante et contrôlée, soit c'était un raté international qui avait aboutit à un semblant de réalité.

- Qu'est-ce que vous aviez trouvé sinon ?

- Une potion. Mais j'ai besoin d'un peu de votre magie.

- Je ne vous donnerai rien.

- Une partie infime. C'est un composant.

- Comment puis-je être certaine que vous n'allez pas vous en servir pour autre chose ?

- Vous ne pouvez pas.

- Montrez moi la recette.

- La recette ?

Le choix des mots le fit sourire, mais il agita quand même deux doigts pour lui présenter un parchemin écrit dans une langue qu'elle ne connaissait pas.

- Rassurée ? se moqua-t-il.

Non, elle ne l'était pas. Pas le moins du monde.

- Je vous rappelle que vous avez passé un marché avec moi Gold, ok ? Le moindre pas de travers et je n'hésiterai pas à le rompre le moment venu.

- Je m'en rappelle Miss Swan, répondit-il un sourire en coin en lui tendant une fiole alambiquée.

- Elle est censée faire quoi cette potion ?

- Débloquer la mémoire d'un être doté de magie.

Elle hocha doucement la tête avant de tendre une main au dessus de la fiole. Elle n'avait aucune idée de la façon dont elle devait s'y prendre, mais son corps ici était beaucoup mieux entrainé à la magie qu'avant et il lui suffit de le vouloir pour qu'une goute de liquide doré suinte de sa paume jusque dans le contenant en verre.

- Parfait.

- C'est tout ce que vous avez trouvé ?

- C'est déjà bien plus que vous n'auriez jamais trouvé sans mon aide Miss Swan. Je réfléchis encore.

- Vous vous rappelez de tout ce que je vous ai raconté Gold ? mon histoire …

- Dans le moindre détail Miss Swan, pourquoi ?

- Quand on m'a ramenée dans la forêt enchantée, Regina a préparé une potion pour que je retrouve mes souvenirs.

- Oui, mais Regina avait elle même lancé la malédiction, elle pouvait la contrer beaucoup plus facilement.

- Je vois…

Elle hésita un instant avant de le remercier et de sortir du magasin.

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La jeune femme rejoignit immédiatement sa maison où elle trouva Henry déjà prêt dans le salon.

- On y va ?

- Qu'est-ce qu'il y a là bas Henry ?

- Des animaux.

Et elle comprit. Son engouement pour cette sortie venait forcément d'un animal. Un animal qu'il allait essayer de lui faire adopter.

Elle ne laissa pas paraître ses conclusions de peur qu'elle soit hâtives. Elle choisit d'aller jusqu'au bord de mer à pieds et en profita pour parler avec son fils.

- Henry ?

- Hum ?

Une fois qu'il ne serait plus absorbé par son téléphone.

- Lâche ça un peu. J'aimerais qu'on parle.

Il empocha de façon dramatique son smartphone et la dévisagea tout en continuant à avancer.

- De quoi ?

- De toi ? Tu sais que je n'ai plus de souvenirs.

- Ça te reviendra. On s'aime, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.

Cette fois il ne la regardait pas dans les yeux et elle se rappela de ce que lui avait dit sa meilleure amie. Il avait un bon fond. Et elle décida de lui donner sa chance.

- Qu'est-ce que tu penses de Regina ?

- Elle est canon.

Oh mon Dieu.

- Non gamin, pas dans ce sens là.

- Je l'aime bien. Elle a de la classe et de l'influence, on la respecte autrement que Gold même si on sait qu'elle est aussi terrible que lui.

- Et Zelena ?

- Bof. Je la côtoie pas trop.

- Mais Regina si ?

- Non, mais c'est dur de la rater.

Elle ne voulait vraiment pas réfléchir au sens des mots de son fils. Si jamais il se souvenait de quoi que ce soit il allait être traumatisé à vie.

- C'était qui tu crois dans la forêt enchantée ?

- Regina ? La Méchante Reine !

- Non, non pas Regina ! Je suis la fille de Blanche Neige, tu crois que je n'aurais pas retenu un détail pareil ?

- Je sais pas …

- Je parlais de Zelena.

- Facile. La méchante sorcière de l'Ouest.

- Sérieux ?

- Sa garde robe est composée à 90% de vert et elle ne se baigne jamais l'été.

- Tu crois qu'elle fond au contact de l'eau ?

- Je sais pas. Peut être. Non, comment elle ferait pour se laver ?

La jeune femme eut du mal à retenir un éclat de rire et passa une main dans les cheveux ébouriffés de son fils. Quelque part, bien caché derrière les masques de la malédiction, se cachait bel et bien son Henry.

Sur la plage elle aperçu le pick up de son père vers lequel Henry couru immédiatement pour l'aider à décharger les caisses du coffre.

Un à un les chiens furent lâchés et Emma les observa tous en se demandant lequel son fils allait vouloir lui faire adopter. Il n'aurait pas voulu un chat ? Elle était persuadée que Regina aurait largement préféré un chat … Et si elle craquait, comment réagirait la mère adoptive de son fils quand il ramènerait un chien dans son manoir ?

Elle décida d'oublier la question le temps de s'amuser à courir avec – ou plutôt après - un lévrier afghan. Archie était venu les assister et elle remarqua Pongo toujours en pleine forme. Le psychologue lui proposa une séance gratuite, mais elle préféra ignorer la suggestion au profit d'une partie de ballon avec un labrador. C'était pas mal un labrador non ?

Ou un Husky ! Il y en avait un qu'Henry envoyait régulièrement à l'eau chercher un morceau de bois flotté. Et puis elle remarqua ses coups d'œil fréquents vers la voiture et quand son regard suivi le sien elle ne put retenir un éclat de rire.

La bête aurait pu la broyer en un coup de mâchoire et certainement se battre à armes égales avec Rubis à la pleine lune. Grand, entièrement noir, les oreilles droites, assis sur pates arrières il semblait regarder de haut les autres chiens qui s'amusaient plus bas d'une façon qui lui rappela étrangement le Maire.

Impossible qu'elle ait approuvé un choix pareil. Une idée qui la fit sourire.

Emma confia son ballon à Archie et se dirigea vers le chien qui l'observa arriver sans battre des cils.

- Alors, on aime pas bouger mon grand ?

Le chien s'intéressa à elle pour la jauger et se décida à l'approcher d'une démarche lente et désinvolte, la contournant en la reniflant.

- Je te préviens, j'ai de la magie et un gamin qui veut t'adopter, c'est le moment de te montrer sous ton meilleur jour.

Elle risqua un coup d'œil vers son fils qui avait tout arrêté pour l'observer, mais se remit en action sans aucune discrétion.

Le chien quant à lui ne bougeait plus et elle s'approcha un peu plus pour s'agenouiller à sa hauteur et chercher la médaille qui pendait autour de son cou.

- Storm, lut-elle à voix haute. Ça te va bien.

- Il est beau non ?

Elle sourit à la question de son fils qui s'était finalement rapproché d'elle.

- Pas mal. Mais pas très affectueux.

Comme pour la contredire l'intéressé se rapprocha du jeune homme pour aller nicher sa tête entre ses jambes.

- Il est juste pas très habitué à le montrer. Ses anciens maîtres l'ont uniquement élevé pour qu'il se batte, il ne connaissait pas autre chose.

- Et pourquoi lui ? Tu as l'air de t'amuser plus facilement avec les autres ...

Henry leva les yeux vers elle, certainement intrigué qu'elle ne prétende plus ignorer ses intentions et encore plus que sa réponse ne soit pas négative de but en blanc.

- J'aime les défis. Et il est magnifique. Je suis sûr que l'avoir à ses côtés dans la rue doit en jeter.

- Tu veux impressionner une fille ?

- Pas besoin d'un chien, répondit-il avec un sourire en coin.

- C'est des responsabilités tu sais ... J'irais pas tous les jours faire mon footing avec lui, et quand il pleuvra il faudra aussi le faire sortir ...

- J'ai plus huit ans maman, je sais tout ça ...

- Je ... Je vais y réfléchir ok ?

Comme si il l'avait compris le chien s'écarta de son fils pour se retourner vers elle et la fixer de ses grands yeux caramel. Un instant il avait l'air distant et froid et celui d'après il ressemblait à un chiot perdu. Quel acteur !

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En début d'après midi après avoir convaincu ses parents que le poste de police serait également une source de souvenirs exploitables, Emma put s'asseoir dans son fauteuil fétiche et prendre le temps de contempler son bureau.

Il arborait un cadre photo d'elle et Henry beaucoup plus jeune, à Boston lui semblait-il devant un sapin de Noël qui lui fit l'effet d'une douche froide. Dans ses tiroirs elle trouva une paire de menotte supplémentaire, plusieurs livres en cours de lecture, un cahier de mots croisés, une collection de notes de services en provenance de la mairie et une trousse remplie de stylos usagés.

Sur son ordinateur elle s'étonna du fond d'écran impersonnel, le logo de la ville et s'attaqua directement aux mails où elle trouva sans surprise des échanges avec la mère adoptive d'Henry. Finalement elle tomba sur les papiers qui lui avaient été vraisemblablement remis la semaine dernière et les remplit sans grande conviction, inventant les trois quarts des requêtes.

Il était plus de cinq heures quand elle eut fini et se décida à étirer ses jambes. À pieds elle rentra jusque chez elle où elle trouva Henry dans le salon avec un ami à lui qu'elle ne connaissait pas.

Ils s'affrontaient à un jeu de guerre qu'elle n'avait bien sûr aucun souvenir de lui avoir acheté et que Regina n'aurait pas approuvé.

Une impression de lassitude s'abattit soudain sur ses épaules et elle les salua rapidement avant de se réfugier dans la salle de bain où elle remplit la baignoire d'eau brulante et ajouta des produits moussants.

Elle se sentait seule.

La tête appuyée contre le rebord en marbre elle ne remarqua même pas les premières larmes qui coulèrent et la migraine qui prit le dessus la força à fermer les yeux.

Emma se réveilla plus de deux heures plus tard. L'eau était froide et son téléphonait dans un coin de la pièce, posé sur ses vêtements jetés en vrac.

Par réflexe elle agita la main et le bain retrouva une température agréable tandis que son téléphone volait à sa rencontre.

- Oui ?

Ses doigts fripés avaient du mal à maintenir leur emprise sur l'engin.

- Miss Swan, j'ai ce que vous voulez.

- Gold.

Le nom était sorti avec une note de soulagement qui l'étonna.

- Passez demain dans la journée.

- Je peux venir tout de suite.

- Je suis occupé. Demain.

La ligne fut coupée, mais son sourire était revenu.

Elle enfila le premier peignoir qu'elle trouva et se faufila jusque dans son dressing pour trouver un pyjama. Un jogging gris et blanc fit l'affaire.

En bas elle fut choquée de constater qu'Henry était en train de cuisiner un plat tout à fait acceptable pour elle et lui et le remercia en lui autorisant à rester dans le canapé jusqu'à près de minuit devant la télévision avec elle.

Son fils fini par aller se coucher et elle ne put s'empêcher de penser qu'elle n'était pas une bonne mère. Dans le salon, elle tourna en rond une longue demie heure, essayant en vain de s'approprier les lieux.

Sa chambre lui plaisait plus que tout autre pièce, mais elle n'arrivait pourtant pas à s'y sentir chez elle.

Qui était cette Emma qu'elle était dans cette réalité ? Comment pouvaient-elles être si différentes ?

Son attention fut attirée par une malle qu'elle aperçu sous son lit encore taché du sang qu'elle y avait laissé la veille.

- Allez Emma, dis moi que tu avais un journal intime.

Son murmure lui sembla se répercuter sur tous les murs de la pièce pour troubler le silence parfait de la maison. Idem du bruissement de la malle sur l'immense tapi qui recouvrait presque la totalité de sa chambre.

- Waw.

Des liasses de billets de 500 avaient soigneusement étaient empilées dans un coin de la malle, d'où sortait-elle cet argent ? Chasseuse de prime n'avait jamais autant rapporté …

Quelques photos avaient été rangées dans un petit album, principalement d'elle et d'Henry. Certaines avec des gens qu'elle ne connaissait pas.

Elle trouva également deux coffrets, l'un contenant un solitaire qui lui allait parfaitement mais qu'elle doutait fortement avoir acheté pour elle. A moins qu'elle ait été fiancée avant de venir vivre à Storybrook ? Il faudrait qu'elle demande à Henry.

Elle eut à nouveau la désagréable impression d'avoir volé la place de quelqu'un. Au final, cette malédiction était plutôt bien faite, au point même de la faire douter sur sa propre existence.

Dans le deuxième coffret elle trouva un bracelet qui la fascina immédiatement. Un serpent en or blanc serti de diamants noirs. À qui avait-elle volé ça ? Elle ne résista pas à la tentation de l'enfiler et fit un bond quand le serpent s'anima autour de son poignet pour venir l'enserrer.

Une douleur vive la parcourue et elle dut se laisser tomber à terre pour ne pas crier. Une myriade d'émotions contradictoires s'emparèrent d'elles avant de la laisser haletante sur le sol de sa chambre. Elle était en colère. Et elle ne savait pas après quoi.

Son téléphone vibra à quelques centimètres de sa tête.

« Enlevez immédiatement ça. »

Regina … Elle aurait du se douter que le bracelet avait un quelconque lien avec elle. Ce n'était certainement pas dans son ancienne vie qu'elle aurait put dégoter un objet pareil.

« Pas avant de savoir ce que c'est. »

Son ventre se retourna en un étrange mélange de frustration et de tristesse avant qu'elle ne reçoive le prochain message.

« Un artefact que vous m'avez confisqué. Immédiatement Miss Swan ou je ne réponds plus de mes actes ».

Etrangement les derniers mots lui firent se précipiter sur le fermoir pour détacher le serpent qui sauta lui même dans la boîte qu'elle referma avec hâte.

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Cette nuit là elle mit une éternité à s'endormir.

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Henry allait apparemment seul à l'école depuis un bon moment et il était sur le point de partir quand elle descendit dans la cuisine le lendemain matin.

- Tu es en retard, lui annonça-t-il et elle eut l'impression que les rôles avaient été inversés.

- Je suis amnésique.

- Ce n'est pas une excuse.

Il disparut dans le couloir et elle fut laissée seule devant un bol de café qu'elle avala en vitesse, décidée à prendre un petit déjeuner plus copieux avec sa meilleure amie.

Ce matin en se réveillant la jeune femme avait trouvé un nouveau message de Regina sur son téléphone. Direct et présomptueux il lui ordonnait de mettre « Chemisier rouge et jean noir ». Dans son dressing elle repéra sans nul doute le chemisier à moitié transparent et au col en cuir dont la Reine avait voulu parler mais elle prit un malin plaisir à mettre un haut blanc décolleté avec un jean qui lui parut une taille en dessous de la sienne. Elle enfila un blouson en cuir beige assorti à ses bottes et lança un grand sourire à son reflet avant de sortir de chez elle.

Il était déjà plus de huit heures quand elle arriva chez Granny et sourit intérieurement en repensant à la requête du Maire la veille. Elle ne serait pas à l'heure.

- Salut Rubis.

- Comment tu vas chérie ?

- Ça peut aller je crois. J'ai besoin d'un bon petit déjeuner s'il te plait, je dois voir Regina dans la mâtiné.

Sa meilleure amie lui lança un sourire en coin qui l'amusa, mais toute remarque fut rapidement coupée quand la porte du restaurant s'ouvrit en grand devant Hook.

Emma fronça les sourcils en remarquant que la porte s'était ouverte avant lui.

- Comment ça se fait que la porte ne s'ouvre pas pour moi aussi ?

- Parce que tu te la pètes pas avec ta magie je suppose …

- Il a de la magie ?

- Regina lui en a donné, oui.

- Comment ça ?

- Je ne sais pas Emma, je ne suis pas spécialiste. Mais Graham et lui peuvent faire certains trucs, déplacer des objets, se téléporter ou décupler leurs forces. Rien de spectaculaire, ne t'inquiète pas.

- Je ne m'inquiète pas.

C'était faux. Depuis quand Regina s'était-elle constitué une armée dotée de pouvoirs magiques ? Et comment sa sœur avait-elle pu laisser passer ça ?

Rubis déposa une boite de pâtisseries devant elle avant de s'intéresser à un autre client. Le restaurant était bondé et elle n'aurait pas le temps de l'interroger ce matin. Tant pis, ce n'était pas le plus pressant.

Elle s'excusa et sortit de l'établissement en mordant à pleines dents dans un donut au chocolat.

Il était un peu plus de huit heures et demi quand elle atteignit le magasin du Tenébreux et s'effaça pour laisser sortir Zelena tout sourire une fois de plus.

- Qu'est-ce qui vous amène aussi tôt ici Emma ?

- Des questions … Je commence à retrouver ma mémoire, mais j'ai beaucoup de mal à faire le tri …

- Oh …

Son regard clair la sonda un instant avant qu'elle ne batte des cils et que toute trace d'inquiétude ne soit remplacée par un éclat amical.

- Je suis sûre qu'il saura vous aider. C'est l'homme de toutes les situations.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et partit dans la direction du centre ville. Quelle sorte de confiance en elle avait-elle ? Elle aurait mis la main à couper qu'à sa place Regina l'aurait déjà démasquée et menacée.

- Miss Swan, vous comptez rentrer ?

La voix de Gold lui parvint de l'autre côté de la porte en verre et elle s'exécuta.

- Où est la potion ?

- Bonjour à vous aussi Emma.

- Je suis pas vraiment d'humeur Gold.

Il haussa un sourcil mais se contenta de se baisser sous son comptoir pour en faire sortir un gobelet de café fumant.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Votre potion Miss Swan.

- Ça sent étrangement le café …

- Parce que je doute que Regina avale sans sourciller le contenu d'une fiole en verre.

- Comment vous savez que je vais le donner à Regina ?

- À qui d'autre ?

- J'aurais pu choisir la fée Bleue ou bien vous ?

- La potion n'aurait aucun effet sur moi puisque je l'ai créée et nous savons tous deux que la fée bleue est une incompétente.

Pour clore la discussion il lui tendit le gobelet brûlant qu'elle accepta.

- Merci Gold. Si ça marche, je vous revaudrai ça.

- Je l'espère Emma …

Elle ne répondit pas et décida cette fois d'utiliser sa magie pour apparaître dans le commissariat sous le regard étonné de Robin des bois. Elle lui adressa un simple salut de la tête avant de récupérer les papiers qu'elle avait rempli la veille et de réapparaître devant le bureau du Maire.

- Elle est de mauvaise humeur, la prévint la secrétaire.

- Souhaitez moi bonne chance.

- Bonne chance Sheriff.

Deux coups frappés à la porte lui valurent un « entrez » sec et Regina ne daigna même pas lever les yeux des papiers qu'elle était en train d'examiner.

La jeune femme avança jusqu'au bureau en bois noir pour y poser son dossier et le gobelet de café. Ce ne fut qu'à ce moment là que la Reine décida de lever les yeux vers elle.

Et ce qu'elle dut voir ne lui plut pas.

- Vous vous croyez maligne Miss Swan ?

Son regard examinait sa tenue et l'intéressée cru y voir l'envie qu'elle avait de lui arracher ses vêtements pour la punir de ne pas avoir suivi ses instructions. Peut-être qu'elle aurait du. Mais la raison pour laquelle il ne fallait pas lui revint en tête et elle se renfrogna. Dans quelques minutes elle retrouverai sa Regina, elle ne s'excuserait pas avant.

- J'ai eu un petit problème de transport, répondit-elle en prenant sciemment la remarque pour un problème avec l'heure de son arrivée.

La Reine ne répondit pas, se contentant d'examiner une fois de plus sa tenue avant de se lever lentement, déployant sa silhouette enveloppée dans une robe bleu nuit.

- Mais je vous ai app…

- Silence.

L'ordre raisonna dans toute la pièce avant de venir s'écraser sur elle, la force de la magie qui y avait été introduite la propulsant contre une bibliothèque.

Immobilisée, elle observa la sorcière s'avancer jusqu'à la toucher.

- Mes ordres doivent-être obéis Emma.

- Je suis pas votre esclave Regina, si j'ai env…

Mais la brune la coupa en s'emparant de sa bouche, une main tenant fermement son menton.

- Non !

Malgré la pression elle avait réussi à se dégager et put apercevoir le choc dans les yeux de la Reine qui avait sans nul doute compris le sens dans lequel elle venait d'employer le mot. Il y eut un grondement et tous ses muscles se tendirent avant d'entendre le bruit de son poing s'écraser contre le meuble contre lequel elle l'avait bousculée.

Du coin de l'œil elle remarqua les marques rouges autour de son poignet droit mais ne put y accorder plus d'attention que ça.

Cette fois elle avait réellement l'air en colère, les sourcils froncés, le souffle court, ses yeux essayèrent de la sonder un instant, mais elle sembla abandonner.

- Mon Emma ne désobéit pas à ce genre d'ordres.

Quelque chose se retourna en elle en l'entendant dire « Mon Emma » mais elle répliqua aussitôt.

- Je croyais que nous avions déjà établi que je n'étais pas l'Emma que vous connaissez ?

- Miss Swan vous ne connaissez rien à la magie, il ne peut pas exister deux versions de vous si différentes … Quand bien même cette histoire de malédiction était vraie, vous ne seriez qu'une version de vous avec des variables différentes.

- Et bien imaginez Regina un monde dans lequel on aurait jamais tué votre premier amour, imaginez un monde où vous auriez reçu tout l'amour nécessaire de votre mère, ces … variables … ne vous auraient-elles pas radicalement changée ? Je ne …

- Stop.

Une main vint à nouveau enserrer son cou.

- Aucune malédiction ne peut changer le destin. Snow et Charming se sont débrouillés pour se retrouver malgré ma malédiction et je peux vous assurer qu'il n'en a jamais été de plus spectaculaire. J'aurais pu créer cent milles univers différents et vous seriez toujours arrivée ce matin dans mon bureau avec la tenue que je vous avais choisie.

- Tout ça pour un chemisier Regina ? Et est-ce que vous comparez notre … histoire, à celle de mes parents ?

Sûrement après la façon dont elle osait la traiter, elle n'était pas en train d'insinuer que …

- Non !

La prise sur son cou s'intensifia et elle sentit sa magie se réveiller, forçant certainement la sorcière à la lâcher avant de s'éloigner avec dédain.

- Ce n'est pas une histoire de chemisier Miss Swan, c'est une histoire d'équilibre. Je peux vivre avec l'idée qu'il existe une malédiction dont je n'ai pas encore conscience, mais pas avec celle de savoir que tout ce que j'ai l'impression d'avoir bâti n'est que poussière.

- Regina vous avez bâti vous même ce village et même si vous ne vous le rappelez pas encore, nous formons une famille. Vous avez élevé un fils extraordinaire et si vous me faites confiance …

- Non, fut-elle à nouveau coupée.

- Qu… Quoi ?

- Non. Non je ne vous fais pas confiance et non je ne boirai pas ce café qui pue la magie noire de Gold. C'est pour ça que vous êtes venue n'est-ce pas Emma Swan ?

- N… Oui. Parce que j'ai besoin de vous pour nous sortir tous de là. Nous faisons une bonne équipe.

- Et moi j'ai besoin de l'Emma que je connais, pas d'une pâle copie qui sait à peine où elle en est. Vous pouvez prendre la porte.

Cette fois elle vit rouge et comme la veille ses poings se refermèrent sur des étincelles de magie blanche.

- Certainement pas.

Elle se rapprocha du Maire qui s'était réfugiée auprès de la fenêtre de son bureau et ne contrôla absolument pas la magie qui s'échappa d'elle pour aller exploser les ampoules de tous les lustres. Qu'avait-elle contre les lampes ?

- Ma Regina est peut-être une femme autoritaire, mais elle me respecte. Je ne suis pas une prostituée qu'on peut appeler et jeter après usage. Je ne suis pas votre possession et si vous croyez avoir raison en disant que plusieurs versions de moi ne peuvent pas radicalement changer, l'Emma que vous connaissez a des sentiments pour vous et vous bafouez tout ce qu'elle vous offre en allant coucher avec un pirate alcoolique dès que vous n'avez plus besoin d'elle.

La Reine laissa échapper un soupir de dédain qui alla embuer la vitre en face d'elle.

- Hook n'a pas mis une main sur moi depuis des lustres.

- Ce n'est pas ce qu'il a insinué hier.

Elle la vit sourire dans le reflet de la fenêtre et sentit son soulagement. Elle comprit avant même qu'elle ne parle qu'elle pensait avoir touché le fond du problème qui lui permettrait de reprendre la main.

- Vous êtes jalouse ?

- Oui, je suis jalouse Regina, on a va pas tourner autour du pot et je crois que vous l'êtes aussi. C'est pas la raison pour laquelle je me comporte de cette manière.

Elle se retourna et leurs regards se rencontrèrent presque à hauteur égale, les petits talons de ses bottes compensant l'écart creusé par les talons aiguilles des escarpins noirs.

Ce fut elle qui regarda ses lèvres la première, mais ce fut Regina qui anéantit tout espace entre elle pour l'embrasser et elle sentit clairement la note de soulagement dans le gémissement qu'elle laissa échapper quand la Sauveuse fit pression derrière ses cuisses pour qu'elles viennent s'accrocher autour de ses hanches.

Elle ne fut pas dérangée plus d'une seconde à l'idée de la plaquer contre la vitre où tout le monde aurait pu les voir. Rien n'importait plus vraiment quand Regina était aussi prêt d'elle.

Elle fit glisser une main le long des bas en soie pour atteindre le porte jarretelles et …

- Oh mon dieu …

- Juste moi.

Regina ne portait aucun sous vêtement et si elle avait prononcé la dernière phrase avec insolence, elle ne rajouta rien, préférant renverser la tête contre la vitre glacée quand deux doigts tracèrent la longueur de son intimité avant de s'y introduire sans préambule.

Le gémissement qu'elle poussa se répercuta dans tout le corps d'Emma. Parfois elle avait l'impression qu'elle était née pour donner du plaisir à cette femme. C'était la plus belle chose qu'elle avait jamais vue.

La jeune femme n'avait aucune envie de changer de position et recourba immédiatement ses doigts à l'intérieur de son amante dont les ongles griffèrent son cou pour la rapprocher d'elle et étouffer ses gémissements dans un baiser qu'elle domina largement malgré la situation.

- Miss Swan, faites moi jouir.

L'ordre murmuré contre son oreille par des lèvres laquées de rouge la fit frissonner et elle retira ses doigts pour en ajouter un supplémentaire, donnant plus de force à chaque vas et viens avec des coups de bassin. Derrière elles la vitre craqua, mais Regina la prévint d'un regard que ce n'était pas le problème le plus urgent.

Quand elle jouit la Reine n'hésita pas une seconde à enfoncer ses dents dans le cuir de son blouson beige qui étouffa à peine son cri. Dommage, elle aurait adoré voir le regard de sa secrétaire si elle n'avait pas pu le retenir plus que ça.

Lentement elle la reposa à terre, les jambes encore tremblantes sur les talons aiguilles.

- Regina …

- Il faudra attendre ce soir pour que la faveur soit retournée j'en ai peur.

- Quoi ? Non, je ne veux pas … Enfin, si, mais j'allais … La potion de Gold Regina s'il vous plaît …

Le regard d'ébène se figea, les yeux soudain plissés et assombris. Elle n'avait pas un cheveu déplacé et si elle n'était pas en train de réajuster sa robe en allant s'asseoir à son bureau, Emma elle même aurait douté qu'elle venait de la faire jouir contre une fenêtre à la vue de tous moins d'une minute auparavant.

- Miss Swan, que ce soit clair, je ne vous fais pas confiance. Vous n'êtes pas la personne que je connais, j'ai beau avoir du mal à résister à nos … interludes, il est hors de question que je m'abaisse à avaler une potion de la part de la première venue.

- De la …

- Vous pouvez sortir, je vous contacterai.

- Regina …

- Immédiatement.

Comment osait-elle lui parler comme ça ? Il allait falloir qu'elle trouve un moyen de lui faire avaler cette potion de force et qu'importe ce que dirait sa Regina quand elle découvrirait la vérité.

Les poings serrés elle s'approcha une dernière fois du bureau pour récupérer le gobelet toujours fumant et sortit de la pièce sous le regard réprobateur de la secrétaire qui avait peut-être entendu quelque chose finalement.

Elle descendit presque en courant les escaliers de la mairie et ne s'arrêta qu'une fois sur le parvis pour sortir son téléphone.

« C'est bon pour le chien gamin ».

Et il vivrait chez Regina quand la malédiction serait brisée décida-t-elle.

- On a l'air contrarié Love, remarqua une voix pas très loin d'elle.

- J'suis vraiment pas d'humeur Hook …

Mais elle remarqua Graham aux côtés du pirate et elle n'eut même pas à forcer le sourire qui illumina son visage. Il lui avait manqué. Il fallait qu'elle soit son amie. Elle s'approcha de lui mais remarqua qu'il la fixait avec un froncement de sourcils.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle soudain suspicieuse.

- Euh … Vous avez un peu de …

Il désigna son visage.

- De rouge à lèvres love, précisa le capitaine en s'approchant d'elle pour lui arracher le gobelet des mains.

Ses yeux s'écarquillèrent. Elle n'avait pas pensé à se regarder dans un miroir avant de sortir du bureau du Maire. C'était certainement aussi la raison pour laquelle sa secrétaire l'avait regardé aussi bizarrement.

Elle s'essuya la bouche du revers de la manche, geste très peu gracieux mais toute préoccupation qu'elle avait le concernant s'évanoui quand elle vit le pirate porter le gobelet à sa bouche.

- Hook !

Mais le cri ne l'arrêta pas et loin de se précipiter sur lui pour l'empêcher d'avaler la mixture, elle se retrouva figée sur place par la peur.

Quand Hook croisa son regard, la lueur maligne qui ne le quittait pas depuis qu'elle l'avait retrouvé ici n'était plus présente dans ses yeux bleus.

- Emma.

- Oh merde.

Entre ses mains le gobelet s'évapora en une fumée rouge, certainement la signature de Gold.

- Merde ! répétât-elle.

Elle sentit le poids d'un regard lui bruler la nuque et leva les yeux pour constater que la mère adoptive de son fils se tenait à nouveau à sa fenêtre dont un carreau était largement fissuré. Son attention était rivée sur la scène qui se déroulait devant son quartier général.

- Comment …

Évidement ! Les pouvoirs que leur avait donnés la Reine … Dans sa misère elle eut le temps de penser qu'elle était soulagée de ne pas être folle. La malédiction existait. Hook devait s'en souvenir aussi.

Elle jeta un dernier regard vers les étages croisant un regard de braise avant que ses instincts ne prennent le dessus.

Emma attrapa la main de Hook et une fumée blanche les enveloppa, tous deux disparaissant du parvis de la mairie.