Bonsoir ! Voilà le cinquième. Spéciale dédicace à Elda-1805 (Merci pour l'ajout).
Disclaimer: Le domaine de KHR, les lieux et personnages ne m'appartiennent pas. Et je ne gagne aucun argent avec cette histoire.
Chapitre 5
' Vous n'irez nulle part.'
Cet homme était vraiment effrayant.
Pourtant, il pensait que dans sa famille, il avait eu son lot de psychopathes, mais il avait l'intuition qu'il n'oublierait pas cet homme de sitôt.
Au début de leur mission, il n'avait été que moyennement intéressé par cette histoire de trafic d'alcool frelaté, indigne de lui, avait-il pensé sur le moment, mais cette mission valait mieux que de rester à dépérir dans leur grande maison, et à regarder ses subalternes se plumer les uns les autres en parties de poker. Tout avait bien commencé, leur affaire tournait bien. Le tout parce qu'ils avaient réussis pendant un temps à passer sous le radar des Vongola, qui contrôlaient cette ville. Il est vrai que sur le coup Ruggiero s'était posé des questions, quant aux consignes données en ce sens par la maison mère des Rinucci, lorsqu'ils étaient arrivés au Japon, par le biais d'une visioconférence dans sa chambre d'hôtel. Il était en effet étonnant que les Vongola, dont la base se trouvait en Italie, puissent se soucier d'une ville aussi quelconque que Namimori.
La réponse l'avait grandement étonnée, quand on lui avait répondu que c'était parce que le futur boss des Vongola, le Dixième du Nom y résidait, avec sa famille et ses six gardiens. Après ces révélations, il avait discrètement rassemblé des informations, au Japon, aussi bien qu'en Italie. Apparemment, la réputation du Dixième du Nom n'était plus à faire. Fils du conseiller externe, entrainé depuis son adolescence par le meilleur tueur à gage de la mafia, considéré comme un petit frère par le richissime Cheval Ailé, il avait défait à l'âge de quatorze ans la Varia au complet, sa famille et lui, dans ce que les Vongola appelaient « Le conflit des bagues », et qui avait eu pour but d'officialiser la nomination du Dixième du Nom.
Ce qui faisait la force de Ruggiero, c'était son habitude à ne jamais foncer tête baissée, le rassemblement d'information étant l'étape numéro un dans tout ce qu'il entreprenait. C'est pourquoi, il n'avait pu qu'aller dans le sens de sa hiérarchie, en obligeant ses hommes à faire profil bas durant la fabrication et le transport de la marchandise.
Le chef avait aussi essayé de réunir des informations sur les gardiens du Vongola japonais. Les deux cibles les plus faciles à identifier, furent les gardiens de la tempête et de la pluie, Gokudera Hayato et Yamamoto Takeshi, respectivement professeur de musique au lycée de Namimori et gérant d'un restaurant de sushi. Justement au restaurant de Yamamoto, il avait croisé l'exubérant gardien du Soleil Vongola, Sasagawa Ryohei, boxeur professionnel accompagné de sa jeune sœur, la jolie Kyoko, et de son amie, une pétillante brune se prénommant Haru. Par contre, il avait eu beau chercher, il n'avait pas pu découvrir l'identité du gardien de la foudre, surtout dû au fait, il était impossible de s'approcher incognito de la demeure de Sawada, sans se faire repérer par un de ses gardiens, ou une de ses innombrable personnes qui logeaient dans son manoir.
De même, les deux derniers gardiens qui demeuraient introuvables étaient, d'après ses sources, les plus dangereux, ceux du nuage et de la brume.
Laissant toujours ses subornés s'occuper de la basse besogne, comme la préparation de la marchandise par exemple, il était occupé à jouer à la belotte sur son ordinateur portable dans le bureau situé à l'étage supérieur en prenant un air affairé afin que ses gardes ne le dérange pas, lorsqu' il avait entendu le fracas d'une bagarre en contre-bas. Quand ses gardes voulurent rejoindre le combat, il les avait arrêtés d'un geste de la main, tout en observant attentivement la bataille. Il sourit face à l'ironie du sort: ce n'était pas lui qui les avait trouvés, mais eux qui étaient venus à lui.
Le gardien du nuage, fidèle à sa réputation était très fort, il n'en attendait pas moins de celui qui était maintenant le directeur du collège de Namimori. Habillé d'un costume bleu nuit impeccable et sans plis, d'une chemise prune et cravate noire, il ressemblait à ce qu'il était : quelqu'un à qui on obéit sans poser de question. Les tonfas détonnaient un peu, par contre, il l'aurait plus imaginé maniant des armes de jet, ou des armes à feu, néanmoins, il restait impressionnant de dextérité dans le maniement de ses armes, ainsi que dans la quantité et la pureté de ses flammes qui nimbaient sa silhouette de violet. Le fait qu'il n'ait pas utilisé de boite-arme pour battre tous ces hommes le rendant encore plus intéressant.
Il avait été beaucoup plus surpris lorsqu'il avait vu la gardienne de la brume. C'était une très belle jeune femme, aux cheveux qui s'arrêtaient aux omoplates, d'une magnifique couleur violette, elle aussi. Il avait réussi à se procurer des photos d'elle, où elle portait un uniforme, certes très seyant, mais qui ne rendait pas hommage à ses formes qui loin d'être plantureuses, n'en était pas moins agréables à l'œil. Mais la tenue qu'elle portait aujourd'hui, toute de noir vêtue, lui mettait littéralement l'eau à la bouche. Des bottes en bec de canard, une minirobe à brettelles spaghettis qui s'arrêtait à mi-cuisse, une chaine avec une tête de mort en guise de ceinture, le tout sous un pardessus en cuir fendu à l'arrière et qui descendait juste en dessous des mollets.
En voyant cela, il avait été dubitatif quant à la véracité de ses informations, mais dû revoir son opinion quand il fut lui-même prisonnier de son illusion. Il avait cru la partie gagnée, lorsque cet idiot de Piero avait réussi à mettre la main sur elle, mais avait vite déchanté en voyant que la belle avait échangé sa place avec un sosie masculin. Cheveux de la même couleur, coupé à peu près carré, sauf pour l'arrière du crâne, où ses cheveux partaient un peu en tous sens pour se terminer en une longue queue de cheval qui finissait au creux des reins de l'homme. Homme qui lui était inconnu. Il avait donc décidé de se joindre à la fête.
C'est ainsi que Ruggiero se retrouvait debout et regardait l'échange brutal entre les deux gardiens enfermés dans leurs prison invisible. Ses hommes, tous de fougueux combattant s'étaient jetés dans la mêlé avec plus d'enthousiasme les uns que les autres, et à cause de la paroi invisible, en étaient réduis à vider leurs chargeurs dessus avec rage, sans émouvoir plus que cela les deux Vongola, qui continuaient à se battre tranquillement. Ses hommes firent silence en regardant le combat qui se déroulait à l'intérieur, lui-même faisant de même, admirant le ballet des deux hommes, leurs mouvements souples, puissants et extrêmement précis. L'un de ces gardes, Tony, leva son arme pour vider son chargeur en direction de l'homme à la queue de cheval, alors Ruggiero lui posa la main sur l'épaule en signe d'apaisement.
_ Calmes toi Tony. Tu vas finir par blesser l'un d'entre nous. Lui dit-il.
_ Ruggiero-sama. Ils nous insultent en nous ignorant pour se battre l'un contre l'autre dans cette bulle alors que nous sommes là à attendre comme des idiots qu'ils nous prêtent un peu d'attention. Je ne les laisserais pas insulter la famille Rinucci comme ça ! S'énerva ledit Tony en se dégageant de la poigne de son ainé.
_ Allons… Tony-kun. Je sais que tu connais le proverbe « Entre l'arbre et l'écorce, il ne faut pas mettre le doigt » ? Laissons-les s'étriper allègrement. Après tout, en les regardant combattre, je pense qu'il vaudrait mieux pour nous, les combattre séparément, plutôt que les déranger et devoir se battre contre eux deux. Tony baissa la tête piteusement, s'attirant les regards noirs de ses confrères. Ruggiero les regardait en souriant lorsqu'il perçut de quoi il était question dans le cube transparent.
' Un concours ? Il lui propose un concours ? Soit ils sont très forts, soit ils sont complètement fous. Mais l'autre ne va pas accepter. Ils n'ont pas l'air d'être dans les meilleurs termes.' Mais il voyait bien que le manieur de tonfas réfléchissait sérieusement à la proposition de son collègue, collègue qui souriait d'un air satisfait à présent.' Pas bon ça. Pas bon du tout.' Après tout, leur mission était de fabriquer et revendre de l'alcool, pas à revendiquer un territoire que la famille ne désirait pas, ni à se faire tuer par les Vongola, le boss avait été clair sur ce point. Il lui restait à prendre la seule décision censée.
_ Retraite. Dit alors Ruggiero.
_ QUOI ? s'indigna Tony, qui se prit une claque à l'arrière de la tête par un autre garde. Tony leva les yeux et regarda l'autre, d'un air presque suppliant.
_ Mais… Carlo-sempaï… commença celui-ci, quand l'autre lui coupa la parole.
_ Il n'y a pas de mais qui tienne. Si Ruggiero-dono dit « retraite », nous sommes seulement autorisés à demander « à quel point de rendez-vous ? », pigé ? Trancha sévèrement ledit Carlo, tandis que des sons étouffés se faisaient entendre du coté de leurs alliés. Les deux hommes se retournèrent pour voir la panique sur le visage de leurs collègues et la fatalité sur celui de leur chef.
_ Trop tard. Toutes les issues sont condamnées ». Fit celui-ci, résigné, tout en regardant d'un regard absent les tentatives malhabiles de ses hommes pour se sortir de là.
C'est à ce moment que vint la réponse du Président.
_ Baisses tes barrière, démon de pacotille. Qu'on en finisse. Et ne me mets pas dans le même sac que toi.
Ruggiero réfléchit, pendant que la queue de cheval baissait ses barrières. Si il avait bien compris, les deux autres allaient faire un concours, celui-ci faisant le plus de vaincus serait considéré comme gagnant. Sa stratégie était prête. Ils étaient neuf. Quatre chacun, et pendant qu'ils se battraient, il en profiterait pour prendre la poudre d'escampette.
Les Vongola ne s'attendraient pas à ça, ce plan avait le mérite de faire d'une pierre deux coups : Lui sauver la mise à lui, et rabattre leurs caquets à ces deux prétentieux, puisqu'ils resteraient à égalité. Parfait. De plus, s'il était vraiment forcé à combattre, il le ferait seul.
Après tout, il avait aussi pour attribut, le nuage, qui protège sa famille, mais reste solitaire et indépendant. Pensait-il.
' Nfufufu…'
