Warning, il y a du graphisme dans ce chapitre - et oui, dès le chapitre 2, je suis comme ça moi. Les mineurs devraient donc passer leur chemin. Les mineurs ne devraient pas lire cette fanfiction, de manière générale. Voilà. Déguerpissez. Je ne veux pas de problème avec vos parents.
On notera la charmante présence éclair d'Amanda Abbington, l'épouse de notre bien-aimé Martin Freeman. Parce que ça me semblait logique qu'il la fasse venir à la dernière Première Européenne d'un blockbuster tel que le Hobbit. Et puis parce que j'aime bien cette femme aussi, elle est amusante.
Sinon, il n'y a rien de très intéressant à dire sur ce chapitre. Bonne lecture quand même ?
AMORENTIA
Don't you know that ? Hearts are breakable.
Chapitre 2 : Sir Luke, à la rescousse
Il n'était pas d'un naturel inquiet. Et Richard était un grand garçon, il pouvait se débrouiller tout seul. Néanmoins, la façon que cette fille avait eu de les aborder, Orlando et lui, ne lui plaisait pas du tout et laissait présager du pire. Et cette manière presque indécente de se presser contre lui, et ces mimiques censées être séduisantes... Non, tout cela ne lui disait rien qui vaille. Alors, il serra le verre de vin entre ses doigts et s'appliqua à suivre le chemin emprunté par le couple si mal assortis quelques instants plus tôt. Il apercut la silhouette plantureuse de la fille passer par une porte et la refermer derrière elle, à l'autre bout de la salle. Luke fendit la foule de son mieux, et le plus rapidement possible, avant de quitter la pièce à son tour. Il s'engagea dans un couloir éclairé de quelques appliques élégantes qui diffusaient une lumière tamisée du plus bel effet et qui avait, en outre, la bonne idée d'apaiser sa migraine. Il parcourut quelques mètres et tourna à l'angle de couloir pour se retrouver face à un embranchement. Tout droit ou à gauche. Et nulle trace de Richard ou de la pétasse qui l'accompagnait. Choisissant au hasard, il continua tout droit. S'il s'était souvenu des sages conseils de Gandalf, il se serait servi de son nez et aurait senti la fragrance capiteuse d'un parfum de femme luxueux qui filait vers la gauche. Il parcourut encore de nombreux mètres avant qu'un nouvel angle ne le fasse tourner sur la droite. Une porte se dressait devant lui et, en actionnant la poignée, se rendit compte qu'il était revenu à son point de départ. Un éclat de rire frais lui fit tourner la tête vers Amanda Abbington, la femme de Martin, qui le saluait d'un grand geste.
- "Vous partez en exploration, Luke ?" lui demanda-t-elle en riant.
Il fit l'effort de lui retourner un sourire amusé mais ne répondit pas. Au lieu de quoi, il tendit le bras au passage d'un serveur et s'empara de deux petits amuse-gueule qu'il enfourna rapidement dans sa bouche avant de faire demi-tour. Il refit son chemin en sens inverse et, cette fois, tourna sur la droit à l'embranchement. Il marcha pendant ce qui lui semblait une éternité et se perdit plusieurs fois avant, par un pur hasard, de tomber sur ce qu'il recherchait. Il passa, sans la voir, devant une porte cachée dans une alcôve et encadrée par deux imposants pots en cuivre où s'épanouissaient une multitude de fleurs odorantes. Seule la voix de Richard l'alerta, juste à temps, avant qu'il ne se soit trop éloigné pour l'entendre. Les sourcils froncés par l'agression olfactive des fleurs, qui se contentaient d'augmenter l'intensité de sa migraine jusqu'à la rendre intolérable, et prêt à en découdre sans vraiment savoir pourquoi, il ne se posa pas de questions et entra dans la pièce. Le spectacle qui l'attendait lui causa un tel choc que le verre, encore prisonnier de ses doigts, échappa à sa prise et se fracassa au sol, volant en mille éclats de cristal. Bordel de Dieu.
OoOoO
Richard n'était visiblement plus dans son état normal. Luke eut le temps d'apercevoir ses yeux bleus, devenus plus noirs que le ciel nocturne de Paris, avant qu'il ne les ferme en serrant les dents pour essayer de repousser la belle jeune femme. Son coeur rata un battement, puis deux quand il se rendit compte de ce qui se passait, et la réalité de la drogue que Richard avait ingéré lui sauta littéralement aux yeux. Un voile rouge s'abattit sur son esprit.
- "Lâche le, salope !" s'écria-t-il en entrant brusquement dans la pièce.
La femme sursauta, n'ayant pas entendu la porte s'ouvrir, et se retourna pour lui faire face, ses doigts aux longs ongles rouges repliés comme des serres menaçants. Il prit une seconde pour la regarder de haut en bas avec tout le mépris qu'il pouvait rassembler. Il était vrai que, même pour quelqu'un comme lui, cette folle était superbe, dans le genre femme fatale. Ou pétasse géante, selon l'angle d'où on la regardait. Ses courbes, bien que visiblement fausses, auraient fait tourner la tête de n'importe quel homme. Sauf de Richard, et de lui-même, dont la bisexualité avérée n'était pas vraiment affichée mais certainement pas tenue secrète, à ceci prêt qu'il était extrêmement regardant sur ses conquêtes. A moins d'un petit coup de pouce chimique, tel que le puissant aphrodisiaque qu'elle avait discrètement mis dans le verre de vin offert à Richard.
- "Qu'est-ce que vous foutez là, vous ?" cracha-t-elle rageusement, visiblement furieuse de voir son joli plan si bien monté tomber à l'eau.
Luke serra les poings, ressentant pour la première fois l'envie véritablement impérieuse de frapper une femme mais refusant de le faire au nom des quelques principes moraux patiemment inculqué par ses parents. Il était un mec bien, civilisé. Il n'allait pas lui coller la dérouillée qu'elle méritait. Même si ses mains le démangeaient. Richard se laissa glisser contre le mur en gémissant plaintivement, et son regard se tourna immédiatement vers lui. Il avait pris sa tête dans ses mains, ses doigts de musicien enfouis dans les longues mèches noires de ses cheveux. Sa respiration était érratique, haletante, entrecoupée de gémissements graves et sourds qui, sans qu'il ne comprenne pourquoi, faisaient ruer le sang de Luke dans ses veines. Ignorant délibérément la femme, il la dépassa en la bousculant, se foutant pas mal qu'elle se prenne le mur suite au choc, et s'agenouilla devant son compatriote anglais.
- "Richard", appela-t-il d'un ton inquiet.
Il releva la tête et plongea ses yeux de nuit dans les siens. Du bleu de ses iris, il ne restait qu'un cercle infime tout autour de ses pupilles dilatées à l'extrême. Le coeur de Luke accéléra significativement quand il passa sa langue sur ses lèvres sèches. Doucement, comme pour ne pas l'effrayer, il leva une main et l'approcha du visage pâle aux joues rougies. Une main fine aux ongles écarlates se referma sur son poignet et le tira violemment en arrière. Déséquilibré, l'interprète de Bard tomba sur le dos et un coup de pied vicieux le frappa en plein ventre, juste avant qu'un pied chaussé d'un escarpin rouge au talon aiguille dangereusement effrayant ne se pose sur son torse pour le clouer au sol. De là où il était, il avait une vue imprenable sur la jambe joliment galbée de la psychopathe, qui dardait sur lui un regard venimeux. Elle se pencha sur lui en appuyant plus fortement et son talon effilé s'enfonça dans sa chair.
- "La chienne qui vous sert de mère ne vous a jamais appris à ne pas vous mêler des affaires des autres, monsieur Evans ?" siffla-t-elle.
Une bordée d'injures monta aux lèvres de Luke. Sa mère était une sainte, bordel de Dieu, qui était cette foutue pouffiasse pour l'insulter ? Il enroula ses mains autour de la cheville fine pour l'écarter de son torse, mais la psychopathe avait plus de force qu'il ne paraissait. Ses maigres tentatives ne se soldèrent que par un surplus de douleur lorsqu'elle leva le pied pour le frapper à l'entrejambe avant de le clouer, encore une fois, par terre.
- "Vous allez dégager d'ici, mon mignon, et ne plus revenir. J'ai mis beaucoup de temps à préparer cette drogue, et plus encore pour la lui donner sans qu'il ne s'en rende compte. Je n'ai droit qu'à une chance, une unique nuit avec lui, et je ne vous laisserai pas gâcher ca. Me suis-je bien fait comprendre ?"
Le talon faisait un mal de chien, bordel... Il essaya encore de se défaire du poids de la femme, sans succès. Les lèvres sanguines s'étirèrent en un sourire dangereux.
- "Vous êtes mignon, vous aussi... C'est dommage, on aurait pu très bien s'entendre..."
Un bras s'enroula autour de la taille mince et propulsa la femme loin de Luke, l'envoyant heurter un mur avec une violence peu coutumière de la part de Richard. Luke se redressa après quelques instants d'incompréhension, pour regarder son compagnon reculer prudemment loin de la psychopathe tentatrice, qui s'approchait d'une démarche langoureuse. La pièce étant minuscule, il se retrouva bientôt acculé contre le mur opposé, alors qu'elle tendait les mains vers lui. Elle les posa sur ses épaules et les laissa glisser lentement sur son torse, puis son ventre, avant de passer ses bras sous la veste du costume et d'embrasser presque tendrement la ligne de sa mâchoire en se pressant contre lui. Luke se releva en s'aidant du mur et se frotta le plexus pour faire passer l'aiguille de douleur qui s'obstinait à lui martyriser la poitrine. Puis il pivota vers les deux autres et son sang se glaça dans ses veines. Pris d'une rage incontrôlable, il tendit le bras, attrapa la femme par les cheveux et la traîna hors de la pièce. Il la jeta littéralement dans le couloir et interpela un serveur qui passait tout au bout du couloir.
- "Soyez gentil, virez moi ça. Elle n'a rien à faire ici."
Le serveur sembla estomaqué, mais il obéit et ramassa la femme toute chiffonnée pour la tirer par le bras loin d'un Luke encore écumant de rage. Elle lui hurla d'une voix suraiguë que cette intervention lui couterait cher, et qu'il allait regretter d'avoir un jour croisé sa route. Luke la regarda disparaître à l'angle du couloir et resta parfaitement immobile jusqu'à ce que l'écho de ses cris se soit éteint, puis patienta encore un peu le temps de se calmer. Alors, il retourna dans la minuscule pièce qu'il avait quitté et verrouilla la porte derrière lui.
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L'inquiétude poignait son coeur de le voir dans cet état. Lui toujours si maître de lui-même, si calme et si solide, qu'il soit ainsi réduit à trembler aussi violemment, à lutter pour respirer correctement, était un véritable crève-coeur. Un putain d'aphrodisiaque, et terriblement puissant de toute évidence. De deux choses l'une : il pouvait l'abandonner à son sort et laisser les effets de la drogue se dissiper d'eux-mêmes quitte à l'enfermer dans cette pièce pour qu'il n'arrive pas un malheur quelconque, ou bien il pouvait essayer de l'aider. Il réalisa que ça ne lui serait pas difficile. Richard était plutôt séduisant, dans son genre. Assez pour lui plaire. Assez pour préférer sa deuxième option. Et puis, c'était principalement pour lui rendre service. Il souffrait, visiblement, de ce désir forcené que l'aphrodisiaque distillait dans ses veines. Et le voir souffrir à ce point le rendait simplement malade. Un nouveau tremblement fit vaciller Richard, qui se laissa tomber au sol, la tête rejetée en arrière et en appui sur le mur. Luke déglutit difficilement en regardant sa poitrine se soulever de manière erratique et ses paupières papillonner rapidement sur ses iris noires. Le mouvement de ses belles mains aux longs doigts fins attira son attention et, fasciné, il les regarda griffer le sol avant de remonter sur les cuisses fuselées. Sa bouche s'assécha alors que les ongles courts grattaient le tissu fluide du pantalon pour se perdre entre ses jambes repliées. Ce fut le tintement métallique d'un ceinturon qu'on déboucle qui le décida à se mettre en mouvement.
Luke le rejoignit rapidement et s'empara de ses mains avant qu'elles ne se perdent dans le pantalon trop contraignant. D'un mouvement souple, il se laissa tomber à genoux au sol et se plaça au-dessus de Richard. Les paupières fines s'ouvrirent d'un coup à son contact et le noir de ses yeux le happa immédiatement. Avant qu'il ne puisse réagir vraiment, les mains tremblantes échappèrent à son emprise et se perdirent dans ses cheveux pour attirer son visage plus près. Puis il ne comprit plus rien d'autre que la sensation affolante des lèvres de Richard sur les siennes, et des mains de Richard sur son corps, alors que ses veines s'enflammaient. Sa chemise n'opposa aucune résistance et bientôt, une langue brûlante se mêla à la danse. Partout où les doigts fins passaient, sa peau se hérissait comme pour quémander plus de contacts. Il lui semblait que la moindre caresse était directement connectée à son entrejambe. Se reprenant, il acheva d'ouvrir le pantalon de Richard et passa ses mains sous le tissu noir du sous-vêtement pour s'emparer de son érection. Le râle qui emplit la pièce le fit durcir douloureusement dans son propre pantalon alors que ses doigts se mettaient à courir lentement sur le sexe dur qui pulsait entre ses mains. Il regarda Richard se cambrer et se presser un peu plus contre lui, et se demanda comment il avait pu ne pas se rendre compte d'à quel point il était désirable. Il se mordit la lèvre avant de s'en prendre à celles de Richard.
Il s'amusa à butiner ses lèvres rougies avant de les lécher lentement, redessinant la courbe de sa bouche pour l'apprendre par coeur. Il frissonna quand la paume d'une main chaude massa langoureusement son entrejambe durement tendue. Le mouvement de sa propre main s'accéléra alors que son pantalon s'ouvrait. L'air surchauffé crépita entre eux tandis qu'il gémissait bruyamment au contact des doigts fins sur la peau douce de son sexe. Sa langue repartit découvrir la bouche accueillante de Richard et, les yeux grands ouverts, il le regarda se perdre dans les limbes du plaisir qu'il lui prodiguait. A bout de souffle, il posa son front contre le sien et s'accrocha désespérément à ses yeux noirs pour ne pas sombrer. Mais la vision enchanteresse du visage de Richard, ravagé du plaisir dont il était l'unique responsable, était trop dévastatrice pour qu'il n'y succombe pas. Alors il enfouit sa langue dans la bouche offerte pour enlacer la sienne en gémissant sans retenue des caresses qui faisaient trembler son corps, basculant sans crainte. Il vint en premier et se déversa sur le ventre dénudé de Richard. Sans prendre le temps de se remettre de ses émotions, il se recula sans cesser de toumenter l'érection qui vibrait dans sa main et se pencha sur lui. En quelques coups de langues, il nettoya son sperme du ventre contracté, se délectant de voir Richard se cambrer un peu plus sous ce traitement. Puis son souffle balaya le bas-ventre avant qu'il ne lèche la colonne de chair tendue sur toute sa longueur. Le cri qui se répercuta entre les murs de la petite pièce ne l'inquiéta même pas. Il se foutait royalement qu'on puisse s'inquiéter de leur absence, et plus encore qu'on les entende. Il voulait juste regarder Richard jouir. Alors, sans le quitter des yeux, il prit la tête rougie du sexe entre ses lèvres et, avec une lenteur presque insoutenable, le fit glisser dans sa gorge. Il gémit sourdement et la vibration fit, à son tour, gémir Richard un peu plus fort.
Il sentit les doigts merveilleux qui lui avaient donnés tant de plaisir se perdre dans ses cheveux longs et les tiraillements douloureux qu'ils provoquèrent l'obligèrent à accélérer. Aucune douceur, aucune tendresse. C'était rapide, dur et brutal, mais cela semblait beaucoup plaire à Richard. Et ce qui plaisait à Richard lui plaisait tout autant, découvrit-il avec fascination. Il le sentit vibrer plus fort et sut qu'il allait venir bientôt, mais se refusa à s'écarter. Au lieu de quoi, il ferma ses yeux gris et suça plus durement, jusqu'à le faire jouir en longs jets brûlants. La voix éraillée de Richard se cassa dans un cri plus fort que les autres tandis qu'il avalait le liquide salé qui emplissait sa gorge. Il se redressa après quelques coups de langue supplémentaires et, sans pouvoir s'en empêcher, attira le visage de Richard contre le sien pour l'embrasser voracement. La langue qui vint caresser la sienne était moins fébrile que précédemment, mais toujours entreprenante. Luke la suçota doucement avant de briser leur baiser, progressivement, et de poser son front contre celui de son amant. La seule idée de considérer Richard Armitage comme un amant le fit rire. Ce son ressemblait plus à un gloussement étranglé, qui plus est, mais il ne voyait pas comment qualifier son compagnon autrement, après ce qu'il venait de se passer entre eux.
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Il regarda les yeux de Richard reprendre leur habituelle couleur d'azur et ne put retenir un sourire lent, arborant un air de chat repu.
- "Ca va mieux ?" demanda-t-il le souffle court.
Richard hocha vaguement la tête, les paupières papillonnantes. Il reprenait lentement ses esprits, maintenant que les effets de l'aphrodisiaque lui laissaient un peu de répit. Luke attendit patiemment qu'il comprenne les tenants et les aboutissants de la situation, observant le fil de ses pensées au travers de ses yeux clairs. Et le fil de ses émotions, à mesure qu'il reconstituait la scène jouée précédemment. Incompréhension, gêne, colère, horreur, effarement, honte. Il était étrange de constater à quel point le visage de Richard pouvait être un livre ouvert en certaines circonstances très particulières, quand il pouvait être aussi fermé et impassible qu'un mur lisse dans d'autres. A cet instant précis, néanmoins, Luke aurait préféré qu'il soit parfaitement neutre. Il n'aimait pas ce qu'il voyait. La honte semblait avoir balayé toutes les autres émotions et, le sang affluant à toute vitesse vers son visage, ses joues pâles rougissaient rapidement. Luke aurait pu trouver cela adorable s'il n'éprouvait pas déjà cette petite pointe de vexation.
- "Ecoute, c'est pas grave, d'accord ?" dit-il néanmoins.
Richard ne réagit pas. Il semblait pétrifié, figé dans le marbre. Ses yeux bleus fixaient le sol avec une obstination rageuse et Luke pouvait presque voir son cerveau, derrière ses iris claires, tenter désespérément de trouver une raison logique et rationnelle à la situation actuelle.
- "Cette salope t'a drogué, ce qui s'est passé n'est pas de ta faute", dit-il d'un ton net. "Inutile de te flageller, d'accord ? Tu m'entends, Richard ? Ou bien est-ce que je parle à un mur ?"
Ledit Richard hocha vaguement la tête mais Luke ignorait s'il répondait à la première, la seconde ou la troisième de ses questions. Il fronça les sourcils et se pencha sur son amant - Dieu, ce mot-là ne lui plaisait vraiment pas - pour essayer d'accrocher son regard, mais son regard restait obstinément baissé. Soupirant devant ce mutisme stressant et ce refus de le regarder droit dans les yeux, Luke se redressa et passa une main dans ses cheveux longs en se demandant s'il ne devait pas le gifler, histoire de le ramener à la réalité. Il médita l'idée une seconde, puis deux, mais la refusa finalement en secouant sèchement la tête. Au lieu de quoi, il tenta la carte de l'humour.
- "Dis..." dit-il avec un sourire lumineux. "Tu sais que tu te serais quand même fait violer, si je n'étais pas intervenu ? Par une femme, quand même. Ca va, c'est pas trop dur à encaisser, comme concept ?"
Le regard réfrigérant que lui rendit Richard suffit à lui faire perdre son sourire et abandonner définitivement l'idée de faire de l'humour. Il tenta une pauvre moue d'excuse que son vis-à-vis ne vit pas, puisqu'il était replongé dans son petit monde mental personnel où aucune journaliste française ne lui avait fait boire d'aphrodisiaque pour le forcer à la sauter dans un recoin sombre durant la Première du film, et où aucun Luke Evans ne lui avait sauvé la vie - enfin, façon de parler - pour ensuite lui donner l'orgasme le plus foudroyant qu'il avait connu en quarante années de vie. Comprenant qu'il ne tirerait rien de lui tant qu'il n'aurait pas admis et accepté ce qu'il venait de se passer, Luke prit le parti de le laisser tranquille et d'attendre son heure, aussi patiemment que possible. Alors, il se releva tranquillement et se rhabilla convenablement en espérant que les quelques minutes de plaisir intense qu'il avait connu ici ne s'étaient pas inscrites sur son visage. Ou du moins, que ca ne serait pas trop voyant. Le moment n'était pas vraiment bien choisi pour que des rumeurs de ce genre se diffusent à travers le monde. Il recula jusqu'à la porte sans quitter Richard des yeux, la pointe de vexation farfouillant un peu plus dans sa poitrine quand il le vit se rhabiller promptement avant de retourner à son immobilité parfaite. Déçu, Luke se retourna et ouvrit la porte avant de lui jeter un dernier regard.
- "Prend ton temps, j'excuserai ton absence", marmonna-t-il d'une voix morne.
Richard ne réagit pas. La porte se referma sur Luke sans même qu'il l'entende.
Vouala ! A un de ces jours pour le chapitre 3, peut-être ? Je vous embrasse bien fort !
Aschen
