Bien le bonsoir.

J'ignore parfaitement la date d'aujourd'hui, mais il me semble que ca fait bien une dizaine de jours depuis le dernier chapitre. Donc, je vous envoie la suite. En espérant que ca vous plaira (ah ah ah ah ah), je vous souhaite une bonne lecture !

Edit : j'ai oublié de vous dire ! Il est ici mentionné le nom d'un mec. Qui, bien entendu, n'existe pas. Il sort tout droit de mon imagination (et son horrible nom aussi d'ailleurs). Voilà !


AMORTENTIA

Don't you know that ? Hearts are breakable.


Chapitre 5 : Le Jour d'Après


Le matin se leva sur sa silhouette solitaire. Les effets de l'aphrodisiaque, s'ils avaient laissé un peu de repos à Richard, s'étaient manifestés plusieurs fois encore. De moins en moins forts, cependant. Luke n'avait guère dormi durant les dernières heures de la nuit, trop occupé à prendre Richard une seconde fois, avant de le laisser lui infliger les derniers outrages à son tour. Le ciel pâlissait quand, enfin, le sommeil l'avait emporté après un orgasme dévastateur qui l'avait laissé le souffle coupé. Il avait emporté avec lui l'image d'un regard bleu aussi clair qu'un ciel d'été et d'un sourire doux avant que les bras de Morphée ne l'étreignent. Il ouvrit un oeil paresseux mais néanmoins satisfait d'avoir pu grappiller quelques maigres heures de sommeil, et regarda tout autour de lui. La chambre n'était plus dans le bordel indéfinissable qu'il avait trouvé. Tout avait repris sa place et, si le lit pouvait encore témoigner de la nuit agitée que son actuel propriétaire avait passé, rien ne laissait envisager qu'il s'était passé quoi que ce soit de répréhensible dans cette pièce. Si ce n'était l'odeur âcre du sexe qui embaumait les draps et l'air surchauffé. Il s'étira, délassant ses muscles engourdis de sommeil, et se redressa en bâillant.

Pas la plus petite trace de Richard. Luke jeta ses jambes hors du lit et agita les orteils pour savourer la douceur de la moquette avant de se lever et d'entourer sa taille d'un drap froissé, qu'il fit passer sur son épaule à la manière des toges des sénateurs de la Rome Antique. Pas de bruit dans la salle de bain, mais un bruit de chute suivi d'une bordée d'injures depuis le salon. Souriant, il traversa la chambre d'un bon pas pour rejoindre son amant. Il s'arrêta dans l'embrasure de la porte et s'appuya contre le linteau de bois, croisant ses bras sur son torse musclé, pour le regarder évoluer dans la vaste salle dévastée par ses bons soins. Et par ceux de la psychopathe. Luke repoussa fermement la pensée de cette femme folle à lier, peu désireux de gâcher un aussi bon matin avec une tarée de cet acabit. Il avait mieux à penser. Comme aux fesses délicieuses de Richard qui, à genoux par terre, cherchait à attraper quelque chose sous un meuble et lui donnait sans le savoir une vue paradisiaque. Il sourit en se remémorant les nombreuses fois où, durant la nuit passée, il avait pu profiter de leur fermeté. Son esprit dériva allégrement, lui rappelant les sensations qu'il avait éprouvé à s'enfoncer en lui. Ses reins s'échauffèrent et il quitta son appui pour s'avancer silencieusement vers son amant, qui se relevait avec dépit. Arrivé dans son dos, il passa un bras autour de sa taille et mordilla savamment la gorge pâle, pressant son bas-ventre éveillé contre les reins de Richard, qui sursauta violemment. Son amant parvint à se soustraire à son étreinte et recula précipitamment. Il fallut à peu près la moitié de la distance totale du salon pour qu'il s'estime suffisamment loin de lui. Luke fronça les sourcils, l'incompréhension se peignant sur son visage.

- "Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il d'une voix douce.

Il fit un pas vers lui, et Richard recula d'autant. Luke se figea instantanément. Il le fuyait.

- "Richard," dit-il d'un ton plus pressant. "Qu'est-ce qu'il y a ?"

Son amant essaya de dire quelque chose, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Ses joues rougirent d'embarras et il baissa la tête, passant une main dans ses cheveux noirs. Luke en profita pour se rapprocher significativement. Il tendait la main vers lui pour effleurer ses cheveux quand Richard releva la tête, un air déterminé inscrit sur ses traits parfaits. Luke se stoppa dans son mouvement.

- "Recule."

L'ordre avait été lancé d'une voix calme et douce, mais ca restait un ordre. Et Luke recula. Il ne comprenait pas encore totalement ce qu'était cette effroyable sensation de froid qui s'insinuait dans sa poitrine et dans chacun de ses membres, mais il se mit à frissonner. Il comprit à l'instant même où Richard détourna les yeux avant de passer une main fatiguée dans ses cheveux noirs déjà bien ébouriffés. Un rire sec laboura la gorge de Luke.

- "On joue déjà la rupture, Richard ?" demanda-t-il d'une voix étranglée.

Le regard de son amant parlait pour lui. Oui, il voulait rompre. Déjà. Avant même qu'ils n'aient réellement été ensemble. C'en était risible, tellement ca faisait mal.

- "Pourquoi ?" parvint-il à demander sans que sa voix ne vacille.

Richard n'eut même pas besoin de parler pour qu'il comprenne, ses yeux parlaient pour lui. Il ne voulait pas ça. Il n'était pas dans son état normal. On l'avait drogué, et on avait abusé de lui. Parce que c'était ce qui c'était produit, réalisa Luke. La journalise psychopathe avait abusé de Richard. Et lui, malgré toutes ses bonnes intentions, ne valait pas mieux. Le mot "viol" s'imprima dans son esprit en lettres de feu, mais il peinait à appréhender l'idée. Il avait un souvenir trop précis des suppliques et des cris de Richard, de ses lèvres et de ses mains sur lui, de son regard ardent quand il le prenait, ou quand il l'avait lui-même pris. Non, ce qu'il y avait eu entre eux n'avait rien de commun avec un vulgaire viol. Il avait aimé, et il l'avait bien voulu.

- "Ca n'avait pas l'air de te déplaire," murmura-t-il d'un ton glacial, la voix tremblante d'une rage à peine contenue devant tant de mauvaise foi. "Tu n'avais pas spécialement l'air contre, hier, quand tu me suppliais de te baiser..."

Richard pâlit considérablement en reculant alors que lui-même avançait dans sa direction. Luke accéléra et manœuvra habilement pour le piéger dans un coin. Sa seule échappatoire devait forcément passer par lui, et il ne comptait pas le laisser s'échapper. Pas aussi vite, et pas aussi facilement. Jamais, même, s'il avait son mot à dire. Ce qu'il avait ressenti en possédant Richard était trop fort, et trop bon, pour qu'il accepte de le laisser se tirer sans broncher. Aussi préféra-t-il sourire froidement et secouer négativement la tête quand Richard lui ordonna de reculer. Il posa ses mains contre les murs, refermant sa prison de chair, et avança d'un pas encore pour annihiler le peu de distance qui restait entre lui et son cruel amant. Son nez effleura la ligne tendue de sa gorge et il ferma les yeux en sentant, sous sa bouche, les pulsation irrégulières du coeur affolé de Richard. Il sourit et lécha doucement une petite bande de peau, presque tendrement. Des mains se posèrent sur ses épaules et tentèrent de le repousser, mais il préféra y voir une invitation.

Ses dents mordirent férocement cette peau trop pâle qui lui faisait tant envie et s'appliquèrent à la marquer profondément. Les mains se crispèrent et un gémissement lui parvint sans qu'il sache qui de lui ou de Richard l'avait poussé. Il glissa une jambe entre celles de son amant et pressa son bas-ventre durement éveillé contre son aine en ondulant inconsciemment, désireux de lui faire comprendre à quel point il avait envie de lui malgré ses paroles cruelles. Délaissant la gorge malmenée, releva la tête et ses lèvres s'écrasèrent sur celles de Richard, sa langue forçant difficilement la barrière de ses dents. Un nouveau gémissement emplit son esprit et son sang s'enflamma. Ses mains quittèrent le mur pour encadrer le visage de son amant, ses doigts crochetant les cheveux noirs impitoyablement alors qu'il profanait consciencieusement cette bouche chaude et accueillante. Il s'arracha aux lèvres de Richard, difficilement et juste le temps nécessaire pour lui murmurer qu'il avait envie de lui, avant de revenir l'embrasser profondément. Ses mains quittèrent les cheveux noirs et descendirent rapidement jusqu'à la ceinture de cuir qui retenait le pantalon de son amant sur ses hanches, cherchant à la déboucler aussi vite que ses doigts gourds le lui permettaient.


OoOoO


Il réalisa qu'il avait fait une terrible erreur en lui laissant autant d'espace pour se mouvoir quand un genou méchamment bien placé le frappa à l'entrejambe. Luke recula de plusieurs pas, courbé en deux, et finit par tomber au sol, ses mains partant immédiatement tâter ses parties génitales pour vérifier qu'elles étaient toujours bien présentes. Il releva des yeux brouillés de larmes de douleur et rencontra un regard glacial. Il essaya de parler, mais seul le nom de son amant parvint à franchir ses lèvres, et il ne reconnut même pas sa voix tant elle était aiguë. Plus encore que celle d'une femme en pleine crise d'hystérie. Richard le dépassa tranquillement, l'abandonnant à sa douleur, pour rejoindre la chambre, où il resta de longues minutes. Quand il en revint, il traînait son sac de voyage et il ne fallut pas longtemps à Luke, malgré la douleur encore bien présente, pour comprendre ce qui se tramait. Difficilement, il tenta de se relever mais son entrejambe ne l'entendit pas de cette oreille.

- "Tu... Tu vas où ?" demanda-t-il de cette voix trop aiguë, à genoux au sol.

- "Je ne crois pas que ca te concerne."

Luke parvint à se redresser, au prix d'un effort extrême, et rejoignit Richard pendant qu'il enfilait son manteau. Sa main se referma sur son bras et le tira jusqu'à lui.

- "On n'en a pas terminé."

- "Oh que si !"

- "Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Te laisser entre les mains de cette salope psychopathe ? Là oui, ca aurait un viol, un vrai !"

- "Tu ne vaux pas mieux qu'elle..." siffla Richard en détournant les yeux.

Luke resta pantois une seconde, le temps de s'imprégner de ces paroles venimeuses.

- "Je... Tu n'as pas le droit de dire ca. Deux fois, je l'ai..." commença-t-il en bafouillant.

- "En effet, pour mieux profiter de la situation toi-même !"

Luke tressaillit au regard assassin chargé de mépris qui se posa sur lui et, choqué, lui lâcha le bras en reculant. Non, ca ne s'était pas passé comme ça.

- "Je... Tu n'as pas le droit de dire ca..." répéta-t-il d'une voix atone. "Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? T'enfermer dans ta chambre et aller me coucher l'esprit tranquille ? Pour que tu te fasses du mal en essayant de sortir ?"

- "Quoi ? Qu'est-ce que..."

- "Ca se serait passé comme ca, Richard !" cria-t-il en le prenant par les épaules pour le secouer. "Tu n'as pas la moindre idée de l'état dans lequel tu étais ! Ce truc était si fort qu'il ne t'a pas lâché une seule fois de toute la nuit !"

- "Et alors ? Ca te donnait le droit de me faire ca ?" s'écria son amant en le repoussant.

- "Je ne suis pas fait de bois, figure toi !" explosa-t-il soudainement.

Il enfouit ses mains dans ses cheveux pour éviter de frapper le visage fermé de Richard. Cette conversation n'avait pas le moindre sens, ils ne faisaient que s'énerver. Mais il ne parvenait plus à brider la colère qui rugissait dans son ventre devant tant d'injustice.

- "C'est de ta faute," siffla-t-il difficilement. "C'est toi qui..."

Il se stoppa avant de dire quelque chose qu'il pourrait regretter et inspira prondément, deux fois, le temps de calmer le tremblements de ses mains toujours crispées dans ses cheveux.

- "Personne n'aurait pu résister, mon cher," finit-il par dire en s'essayant au sarcasme. "C'est difficile de dire non à un mec qui te supplie de le baiser comme tu l'as fait hier..."

Les yeux de Richard s'étrécirent au point d'être réduits à deux fentes d'un bleu électrique chargées de haine. Une grimace de mépris tordit sa bouche et Luke eut soudain les envies impérieuses et contradictoires de le frapper jusqu'à ce que mort s'en suive et de le traîner dans la chambre pour lui faire subir les derniers outrages jusqu'à le tuer de plaisir. Il fit un pas vers lui sans savoir à laquelle de ses pulsions il allait céder. Il leva la main, pour le frapper ou pour caresser son visage.

- "Ne me touche pas," cracha Richard en détachant chaque mot, le visage baissé.

La main de Luke retomba immédiatement. Il restèrent face à face quelques instants sans plus savoir quoi dire. Richard lui en voulait, c'était clair comme de l'eau de roche et, s'il pouvait voir où il avait péché, il peinait à se considérer comme responsable de tout. Richard n'était pas blanc comme neige, il avait sa part de responsabilité lui aussi, même s'il refusait de le voir. Luke releva la tête pour le voir enrouler une écharpe autour de son cou.

- "Richard..." dit-il tout bas en lui prenant la main au vol pour l'attirer à lui.

Son amant le fusilla du regard mais il préféra passer outre et profita de le voir ouvrir la bouche, sûrement dans le but de l'envoyer se faire voir, pour l'embrasser profondément.

- "Je suis désolé," murmura-t-il contre ses lèvres. "Je suis vraiment désolé que ca se soit passé comme ça. Mais ouvre les yeux, s'il te plaît... Tu ne peux pas nier que tu en as autant envie que moi..."

Pour appuyer ses dires, il passa un bras autour de la taille de Richard et le pressa contre lui en souriant en sentant son désir s'éveiller en même temps que le sien. Sa main libre se perdit dans les cheveux noirs et il l'embrassa encore, souriant un peu plus contre ses lèvres quand il lui rendit son baiser. Non, il ne pouvait pas nier, plus maintenant. Il avança d'un pas, le forçant à reculer, pour le plaquer doucement contre la table, murmurant son nom avec une envie non dissimulée entre chaque baiser. Mais Richard le repoussa. Encore.

- "Putain, POURQUOI ? J'ai dit que j'étais désolé, il te faut quoi ? Que je te supplie ?" hurla-t-il en perdant le contrôle de ses nerfs. "Je n'aurais pas dû profiter de toi comme ca, d'accord, mais ca ne serait pas arrivé si tu ne m'avais pas allumé non plus !"

- "Je sais..."

La colère de Luke s'éteignit aussi brutalement qu'elle s'était ravivée. Il resta figé sur place, les yeux ronds, à regarder Richard comme s'il lui était poussé une deuxième tête.

- "Que... Qu'est-ce que tu as dit ?"

Richard ne dit plus rien et se contenta de passer la bandoulière de son sac par-dessus sur sa tête. Il la positionna correctement sur son épaule et, le visage toujours baissé, s'enfuit hors de la chambre. Luke prit deux secondes pour réagir. Deux secondes de trop. Sa main se referma sur le vide et Richard courut aussi vite que possible loin de lui. Jurant à mi-voix, Luke se précipita à sa suite pour le voir, depuis l'angle du couloir, s'engouffrer dans un ascenseur. Il n'eut que le temps de passer un bras dans l'habitacle et les portes d'acier se refermèrent sur lui, manquant de le lui briser avant de se rouvrir. Essoufflé, il posa les mains sur le chambranle de métal pour en bloquer la fermeture.

- "Tu as sérieusement cru..." commença-t-il en soufflant, "que j'allais te laisser... t'enfuir comme ça ?"

- "Oui."

Luke secoua la tête et se redressa une fois que sa respiration eut repris un rythme normal.

- "Pourquoi ?" redemanda-t-il d'une voix qu'il espéra calme. "Tu ne peux pas nier que c'était simplement génial, malgré cette putain de drogue. On a vécu côtes à côtes pendant un an et on s'entend bien, pour ne rien gâcher. Alors POURQUOI ? Donne moi une seule bonne raison, et je te laisserai tranquille."

Son amant ne répondit pas, se contentant de le regarder d'un air indéchiffrable. Il leva la main et la passa doucement dans les cheveux noirs, persuadé d'avoir gagné. Le regard bleu de Richard se ficha dans le sien tandis qu'il effleurait une nouvelle fois la touche 0 sur le panneau tactile de l'ascenseur.

- "Il s'appelle Jeremy Cross, et nous sommes ensemble depuis cinq ans."

Luke eut la sensation qu'une lame s'enfonçait vicieusement entre ses côtes pour transpercer son coeur. Sa main glissa des cheveux noirs alors que Richard reculait d'un pas, la tristesse et la culpabilité se disputant la première place sur son visage. Luke resta immobile.

Les portes de métal se refermèrent sur lui.


Voilà ! Haïssez moi. Je vous en donne l'autorisation.

Ca vous rassure si je vous dis que c'est très loin d'être fini ? Aller, revenez, vous allez voir, la suite sera mieux.

A bientôt, peut-être ? Je vous embrasse,

Aschen