Bonjour ! Je suis désolée pour le retard. Avec l'horreur qui nous est tombée dessus mercredi, je vous avoue n'avoir pas rallumé mon PC. Je n'ai même pas pensé à poster. Mes excuses. C'est donc avec deux jours de retard que je vous envoie ce chapitre.
Bonne lecture, et on se retrouve pour le mot de fin de chapitre !
AMORTENTIA
Don't you know that ? Hearts are breakable.
Chapitre 11 : Perdu dans la ville
Deux jours plus tard, Luke était encore sur New York. Et il écumait de rage. Ses doigts froissèrent fébrilement le journal à scandales qu'il venait d'acheter et déchiquetèrent le papier en menus morceaux. Il avait envie de hurler, de démolir la sale gueule de cette salope française et de noyer l'Affreux Jeremy dans l'East River. Il suffoquait, assis sur un banc d'Union Square, et tentait désespérément de reprendre son calme. Mais quelques lignes de l'article honteux s'étaient imprimées sur sa rétine, et jouaient sans discontinuer derrière ses paupières.
Il se foutait pas mal d'être présenté comme un briseur de couple sans foi ni loi, c'était bel et bien ce qu'il était, et il l'assumait parfaitement. En revanche, de quel droit Neveu présentait-elle Jeremy comme un pauvre homme continuellement trahi par sa star de compagnon, mais qui restait avec lui envers et contre tout parce qu'il l'aimait ? De quel droit ? C'était risible ! L'ignorance n'était pas une excuse, dans son cas comme dans tous les autres. Cet homme était un enculé de bas étage qui ne méritait que de croupir en taule jusqu'à la fin de ses jours. Mais là encore, ce n'était pas ce qui mettait Luke dans un tel état.
Cette pouffiasse présentait Richard comme un véritable coureur. Au mieux, le lecteur lambda pourrait le voir comme un vulgaire nymphomane incapable de s'empêcher d'écarter les jambes. Au pire, il serait perçu comme une pute qui s'était déjà fait sauter par la quasi totalité de New York. Comment avait-elle pu faire un truc pareil ? La photo qui couvrait la une du scandaleux journal n'avait, en elle-même, rien de terrible. On y voyait Luke et Richard, près d'un restaurant de Little Italy, qui s'embrassaient comme si leurs vies en dépendaient, mais il n'y avait rien de trash ni de vulgaire. Mais l'article, lui...
Et si Richard avait vu ça ?
L'angoisse qui commencait à monter en Luke fut brutalement interrompue par la sonnerie de son portable. Sans même regarder le nom affiché sur l'écran, il décrocha et répondit d'une voix étranglée. Au bout du fil, Orlando Bloom.
- "Nom de Dieu, Luke, qu'est-ce que c'est que cette histoire, là ? Qu'est-ce que t'as foutu ? C'est vrai ? Richard et toi ? Et c'est qui, Jeremy ? Allo ? Tu m'entends ?"
- "Je t'entends, arrête de hurler..." marmonna Luke en se frottant les yeux de lassitude.
- "ALORS REPONDS BORDEL ! Vous couchez ensemble ?"
- "Non..." souffla-t-il dans sa barbe inexistante. "Non, c'est fini entre nous."
L'interprète de Legolas resta silencieux quelques instants. Luke en profita pour se lever et s'approcher de la route. Un taxi vide passant par là, il le héla d'un geste de la main et la voiture fit un crochet dangereux pour s'arrêter juste devant lui. Ces taxis, ils étaient vraiment prêts à tout pour avoir un client... Au volant, une ravissante indienne aux courts cheveux noirs. Elle lui demanda avec un fort accent où il voulait aller et il lui murmura l'adresse en même temps qu'Orlando reprenait la parole. Elle hocha la tête en souriant et la voiture démarra au quart de tour.
- "Luke, il faut démentir tout ça. Tu as lu l'article ? Tu as vu ce qu'ils disent sur Richard ? Il va nous faire une dépression s'il tombe là-dessus."
- "Tout ce qu'elle dit est vrai, sauf les nombreuses liaisons de Richard. Nom de Dieu, pour autant que je sache, il n'a jamais trompé son mec, à part avec moi."
- "Déjà, c'est qui ce mec ? Il a l'air... parfaitement ennuyeux, mais correct."
Luke siffla entre ses dents, sa rage se réveillant.
- "Ne crois pas ces conneries, c'est le pire enfoiré de la création", cracha-t-il avec hargne.
- "Allons, allons, ce n'est pas parce qu'il a le droit légitime de..."
- "Il le frappe, Orlando. Il lui colle raclée sur raclée à la moindre erreur, et la limite à ne pas dépasser est totalement arbitraire. Et moi, je..."
Il l'avait laissé là-bas. Sciemment, volontairement. Il l'avait abandonné à la merci de l'Affreux Jeremy.
- "Ce n'est pas ce que dit cette journaliste, là..."
Luke fronça les sourcils alors que quelque chose lui traversait l'esprit. Une idée dérangeante qui, pourtant, s'imprima au fer rouge dans son esprit. Comment se faisait-il que Neveu connaisse Jeremy, et puisse parler de lui aussi aisément. Le laps de temps écoulé entre le moment où la photo avait été prise et le moment où elle était parue était trop court pour qu'une enquête soit menée, et qu'autant d'informations concernant Jeremy et la vie qu'il menait avec Richard soient ainsi dénichées. A moins, bien sûr, que la journaliste soit en lien avec le principal concerné.
Ca ne lui plaisait pas du tout.
- "Luke, tu m'écoutes ?"
- "Non", répliqua-t-il sans se soucier des phrases que son ami marmonnait à l'autre bout du fil. "Orlando, j'ai besoin de ton aide. C'est vraiment important."
- "J'écoute."
OoOoO
Le taxi s'arrêta brusquement devant l'immeuble où vivait Richard, et Luke en sortit, repliant fébrilement son portefeuilles pour le glisser dans la poche intérieure de sa veste tout en se précipitant vers la porte de verre. Rapidement, il tapa le code d'accès sur le pavé numérique, et la porte s'ouvrit avec un "clic" discret. L'ascenseur prit un temps infini à arriver, et plus encore pour l'emmener à destination. Aussi était-il réellement sur le point d'exploser de rage quand il frappa trois coups puissants contre la porte du Cinquième Gauche.
L'attente fut presque insurmontable. Après cinq secondes, il envisageait très sérieusement l'idée de défoncer la porte quand la poignée tourna tranquillement. Le lourd panneau de bois s'ouvrit sur le visage calme de Jeremy.
Et Luke se noya dans sa haine.
Son poing s'abattit avec un bruit des plus satisfaisants sur le nez autrefois bien droit de l'Affreux. L'idée qu'il puisse ne pas être seul ne l'effleura qu'à peine et il la repoussa aussi vite qu'elle était venue. Luke n'était plus en état de réfléchir correctement à la situation. Les lignes imprimées du journal à scandale brûlaient son esprit et entretenait le feu de sa fureur, l'incitant à venger à la fois son honneur bafoué et celui de Richard pour les mensonges éhontés que cet immonde salopard avait osé faire publier. La voix de la raison tenta bien de l'en dissuader, de le retenir, mais le sourire qui ourla les lèvres ensanglantées de Jeremy la balaya.
- "Tu veux récupérer ta part du gâteau, Evans ? Ambre m'a tout expliqué. Mais je ne crois pas que Richard ait très envie de te revoir, après tout ça."
- "FERME TA PUTAIN DE GUEULE !"
Un crochet du droit envoya Jeremy contre le mur du couloir. Il glissa jusqu'au sol et resta assis là, le nez tordu et un jeyser de sang jaillissant de ses narines dilatées. Luke le dépassa sans un regard, sans ressentir la satisfaction du devoir accompli, et partit à la recherche de son amant.
Il retourna tout l'appartement sans le trouver. La force qu'il mit à ouvrir le dressing faillit déloger les portes de leurs gonds, mais il ne pouvait pas s'en soucier alors que les vêtements de Richard avaient tous disparus. Il n'y avait plus la moindre trace de l'acteur anglais dans cet appartement vide de vie. Grinçant des dents à s'en déboîter la mâchoire, Luke retourna dans le salon pour trouver Jeremy tranquillement assis sur son canapé en cuir, une poche de glace fraîchement sortie du congélateur posée sur son nez cassé. Son sourire mielleux était bien en place.
Une nouvelle bouffée de haine obscurcit l'esprit du comédien face à ce visage trop parfait qu'il brûlait de démolir.
- "Il était déjà parti quand je suis rentré, il y a deux jours", lui révéla Jeremy. "Bien sûr, j'aurais pu aller le chercher, mais je n'en voyais pas l'utilité. Aucune punition n'aurait été suffisante. Et je n'ai guère envie d'aller en prison pour meurtre."
Luke serra les poings, monopolisant la totalité du peu de volonté qu'il lui restait pour ne pas se ruer sur ce sombre connard et lui infliger une correction dont il se souviendrait jusqu'à la fin de ses jours. Il fallait qu'il retrouve un peu de lucidité. Et qu'il retrouve Richard.
- "Où est-il ?" demanda-t-il d'une voix vibrante de colère.
- "Pas là", claironna Jeremy en riant avec légèrté.
Un rugissement de rage jaillit de la gorge serrée de Luke alors qu'il se précipitait sur l'Affreux. Son premier instinct fut de lui décocher une autre droite, mais ses mains réagirent autrement. Elles se refermèrent férocement sur la gorge de Jeremy et serrèrent.
- "IL EST OU ?" rugit-il en le secouant de toutes ses forces.
Seul un rire mauvais s'échappa des lèvres ensanglantées de Jeremy. Son visage pâle vira bientôt au rouge, et Luke put voir les minuscules et invisibles vaisseaux sanguins qui parcouraient l'oeil de sa victime exploser un par un, des fleurs de sang se dessinant sur le blanc laiteux de ses yeux.
Une voix dans sa tête lui ordonna sèchement de relâcher sa prise, une voix qui ressemblait étrangement à celle de Lee, et les mains de Luke se détendirent. Jeremy toussa plusieurs fois, ses poumons se gorgeant d'air.
- "Où est Richard ?" articula Luke en détachant soigneusement les mots, la voix polaire.
Jeremy continua de tousser, jusqu'à ce que son visage reprenne des couleurs relativement normales. Enfin, lorsqu'il leva les yeux sur son agresseur, Luke y décerna de la peur. Plus tard, lorsqu'il rejouerait cette scène dans son esprit, cette lueur de peur dans les yeux de Jeremy Cross lui donnerait envie de vomir.
- "Chez son amie Caroline. A Brooklyn. Près des quais."
Il formula rapidement une adresse que Luke ne connaissait absolument pas. L'acteur le relâcha tout à fait et s'en fut sans le moindre regard. Concentré sur son objectif, il oublia totalement tout ce qui n'était pas Richard, et Jeremy disparut de sa mémoire.
OoOoO
Le sourire de la petite indienne, dans son taxi encore stationné au bas de l'immeuble, avait disparu en le voyant débarquer les poings serrés. Peut-être avait-elle eu peur de lui. Il ne s'en souvenait pas. En fait, il ne se souvenait de rien d'autre que du visage de Richard quand il l'avait abandonné derrière lui deux jours plus tôt.
Le taxi le déposa effectivement devant un immeuble près des quais. Il s'agissait d'une ancienne usine reconvertie en lofts très tendances. Le quartier en lui-même comptait énormément d'artistes branchés ou de jeunes riches fuyant la folie de Manhattan. Devant l'interphone, il repéra le nom de Caroline Ravenhurst écrit dans une calligraphie ronde et élégante, et faillit appuyer sur le bouton d'appel. La pensée soudaine qu'elle refuserait certainement de lui ouvrir s'il se présentait retint son doigt. Mais il n'y avait pas d'autres moyens d'entrer qu'en appelant, à moins de posséder la clé.
Tout en haut de l'interphone, un autre nom totalement inconnu était griffonné sur un simple morceau de papier et scotché sommairement à l'emplacement dédié. Le symbole simple d'un tout nouveau résident, suffisament nouveau en tout cas pour ne pas avoir eu le temps de poser ses marques. Une idée effleura Luke et il se décida à appuyer sur une autre sonnette, en priant pour que le propriétaire réponde. Après une brève attente, la voix d'une jeune fille lui parvint.
- "Oui ?" demanda-t-elle d'un ton inquiet. De la musique électro jouait en donc sonore.
- "Bonjour ! Excusez moi de vous déranger, je suis le nouveau locataire du... 26ème et j'ai oublié ma clé dans mon appartement. Vous pourriez m'ouvrir, s'il vous plaît ?"
Il entendit un rire frais avant que la jeune fille ne claironne un "bienvenue dans l'immeuble !". Un bip sonore résonna et la porte s'ouvrit devant lui. Remerciant platement sa sauveuse, il s'engouffra dans le hall et monta l'escalier quatre à quatre.
Mais lorsqu'il arriva au deuxième étage, devant la porte de l'appartement n°12 où résidait Caroline Ravenhurst, il ne trouva personne. Une feuille de papier, format A4 sûrement arraché à l'imprimante, était scotché au panneau de bois et couvert de la même écriture fine et élégante qu'il avait vu sur l'interphone.
Jack,
Comme toujours, tu n'es pas joignable. Alors on va faire ça à l'ancienne, puisque tu passeras forcément par ici en priorité. Je suis rentrée avec Richard. Nous t'attendons chez toi. Cette fois-ci, ce sera la guerre, je ne laisserai pas ce sale monstre s'en sortir si facilement.
Richard t'expliquera toutes ces horreurs dès que tu nous auras rejoint.
Fais vite.
Caroline
Luke avait envie de pleurer. Ce message, aussi clair qu'il était quant à la gravité de la situation, n'indiquait en rien où Richard pouvait bien se trouver. Qui était ce Jack, où Richard était-il entré. Il envisagea bien de retourner chercher des informations auprès de l'Affreux, mais la seule idée de revoir son visage suffisant lui donna la nausée. Alors il s'adossa à la porte close et se laissa choir au sol.
Et il resta là, à simplement attendre que Richard se téléporte soudain devant lui, ou que quelqu'un lui dise quoi faire pour réparer les dégâts qu'il avait causé dans son délire de vengeance infantile et mégalomane.
Mais personne ne vint.
Voilà, c'est ici que ça se termine ! On se retrouve vendredi pour un nouveau chapitre.
On se rapproche du dénouement. Encore deux ou trois chapitres avant la fin. La vraie fin, s'entend. Pas comme la fausse de la semaine dernière.
Bisous, et à la semaine prochaine !
Aschen
