Cette fois, j'ai pensé à poster en temps et en heure. Il est 17h39 exactement au moment où j'écris ces lignes et je suis en mesure de vous dire, sans détours, que ceci est l'avant-dernier chapitre (oui, je vous préviens un peu au dernier moment, mais ce sont les aléas du découpage, que voulez-vous).
Je tiens à vous rappeler que, si je n'ai absolument aucun droit sur Luke Evans, Richard Armitage est son frère aîné, ni sur aucune des personnes citées ici et qui existent vraiment, il n'en va pas de même pour Jeremy Cross, Ambre Neveu, Caroline Ravenhurst, Jack Gallagher et le petit garçon que vous allez rencontré plus bas qui, eux, m'appartiennent totalement. Pigé ? Ils sont à moi. N'allez surtout pas croire que ce qui est dit dans cette fanfiction est parole d'évangile. Ce sont majoritairement des conneries, il faut le savoir.
Bref. Nous retrouvons Luke, mais pas Richard. Et le temps a passé. Bonne lecture ?
AMORTENTIA
Chapitre 12 : A la recherche de Richard
Une année passa dans un brouillard trop épais pour que Luke se souvienne de quoi que ce soit. La dernière chose dont il se rappelait clairement, en vérité, c'était le visage d'Orlando quand il était venu le chercher à l'appartement verrouillé de Caroline Ravenhurst, plusieurs heures après que Luke ait fait choux blancs dans ses tentatives pour retrouver Richard. Depuis lors, il travaillait d'arrache-pied, s'oubliant dans les tournages et dans les sorties avec ses quelques amis du tournage du Hobbit, avec lesquels il était resté en contact. Lee et Graham à Los Angeles principalement, Orlando à New York, les deux anciens elfes en même temps à Las Vegas. Adam et Aidan à Londres. Quand il étouffait, il s'envolait jusqu'en Nouvelle-Zélande, où Dean (qui avait recouvré sa liberté et n'était absolument pas au courant de ce que Luke lui avait fait) et Jed se faisaient une joie de le sortir. Peter avait même fait une apparition la dernière fois qu'il avait fait le voyage, malgré son emploi du temps constamment chargé. Mais malgré tout ça, il trouvait encore le temps de suivre l'affaire Richard de près, de trop près pour être honnête.
Luke avait appris, bien après cette journée maudite, qu'il s'était réfugié en Angleterre, auprès des siens, après la tempête médiatique qui lui était tombée dessus. Il y avait eu des plaintes pour diffamation, d'autres coups d'éclats montés de toutes pièces par l'Affreux, une bataille judiciaire terrible. Il s'était avéré que Richard avaient beaucoup d'amis près à le défendre, autant ses anciens collègues de The Hobbit que les différentes personnes avec lesquelles il avait travaillé au cours de sa vie. Grâce à Orlando - et Luke n'avait aucune envie de savoir comment il s'y était pris (quand bien même c'était lui-même qui lui avait demandé d'agir) - la journaliste Ambre Neveu fut mise aux arrêts pour recèle et exploitations de substances illicites, ce qui apporta un éclairage nouveau à l'affaire. Comprenant qu'elle était finie, la femme avait tout révélé de sa complicité avec l'Affreux, et l'avait fait tomber avec elle. En plus des accusations de diffamation, il fut condamné pour obstruction à la justice et pour complicité dans l'affaire de drogue de la journaliste. Au moins, de ce point de vue là, les choses s'arrangeaient. Il avait été un peu moins heureux de voir que les offres de travail pleuvaient littéralement sur Richard depuis le début de cette affaire.
Quoi qu'on en dise, les scandales de ce genre étaient toujours de puissants moteurs dans la carrière d'un acteur.
Il apprit aussi par Graham que, malgré des affaires florissantes et de l'argent à n'en plus finir, Richard allait mal. Très mal. Selon l'écossais, il avait été durement éprouvé par toutes ces histoires, et ne sortait de chez lui que pour se noyer dans le travail. McTavish ne lui fit pas le moindre reproche, ne fit pas le moindre commentaire, mais ses yeux parlaient pour lui. Malgré l'amitié qui les liait, il considérait Luke comme responsable de la dépression dans laquelle Richard s'enfonçait. Mais il n'en avait pas besoin. Luke se considérait lui aussi comme l'unique responsable de l'état de son ancien amant. En vérité, cette culpabilité était tellement sincère et forte qu'elle le rongeait à petit feu. Il essaya bien de se raisonner, il essaya de chercher compréhension et soutien auprès de ses amis les plus proches et de sa famille, mais rien de ce qu'ils purent dire ou faire ne fut suffisant.
OoOoO
Il s'en rendit compte un matin. Son premier matin de liberté retrouvée après la fin de son dernier tournage en date.
Il ressemblait à une loque. Dans le miroir, son reflet faisait grise mine, et dardait sur lui des yeux cerclés de noir. Il avait maigri et se sentait aussi faible qu'un enfant. Exit, ses muscles autrefois finement dessinés. Ses cheveux avaient perdu de leur éclat et pendaient misérablement autour de son visage en mèches sombres et sans vie. Ses ongles, constata-t-il en regardant ses mains, étaient cassés et rongés jusqu'au sang.
Dégoûté par sa propre apparence, il se rendit dans sa cuisine et décida de faire un vrai petit-déjeuner. Un breakfast à l'américaine, avec des oeufs brouillés et du bacon en quantité astronomique. Mais quand il avala sa première fourchette, la nausée qui lui souleva le coeur l'obligea à courir dans la salle de bain. Il rendit tout le contenu de son estomac, qui n'était pas vraiment rempli avec sa pauvre bouchée d'oeufs. La bile acide rongea sa gorge et ses dents, sa brûlure faisant monter les larmes à ses yeux. Quand les soubresauts de son ventre se furent calmés, il resta assis près de la baignoire et attendit que la pièce cesse de tourner.
C'est à ce moment-là que la réalité le frappa, avec la force d'un uppercut. Mais il était trop fatigué, trop anesthésié par le brouillard qui obscurcissait sans cesse son esprit, pour réagir à sa constatation. Richard allait très mal, avait dit Graham. Mais il n'était pas le seul. Luke aussi allait mal. Très mal. En vérité, comprit-il avec une lucidité qu'il avait presque oublié posséder, il allait mal depuis un an. Il allait mal depuis qu'il avait quitté l'appartement de Richard. Il allait mal depuis qu'il avait quitté Richard. Il allait mal, et il ne tenait qu'à lui d'aller mieux. Il ne tenait qu'à lui de sortir de cette léthargie qui l'immobilisait, et il ne tenait qu'à lui de sauver Richard de la dépression dans laquelle il s'enfoncait.
Et cet état de fait, si simple et si clair, lui rendit toutes ses forces.
Le soir même, il prenait le premier vol direct à destination de Londres.
OoOoO
Luke avait beaucoup de relations dans le milieu. Ou plutôt, l'agent de Luke avait beaucoup de relations dans le milieu. Par un réseau labyrinthique, il s'avérait même que l'agent de Luke connaissait l'agent de Richard. C'était à ni rien comprendre, et la migraine qui l'avait récompensé de ses efforts l'avait aussi dissuadé de réessayer. Quoi qu'il en soit, le fait était qu'au départ de Los Angeles, Luke avait laissé un message sur le répondeur de son agent pour lui demander de bien vouloir lui trouver les noms et coordonnées de quiconque pouvait avoir un lien, proche ou distendu, avec Richard. Et qu'un mail trop long l'attendait à son arrivée à Heathrow. Son agent était une sorte de génie dans son genre. Malheureusement, une courte ligne d'excuse stipulait également qu'il n'avait pas pu dénicher le lieu où Richard vivait. Il s'agissait d'une sorte de secret de polichinelle. Luke n'avait jamais aimé les secrets, surtout quand ils étaient dressés contre lui.
Parce que c'était de lui, plus que de l'Affreux maintenant en prison, que ces secrets devaient protéger Richard.
Dans sa précipitation, Luke n'avait pas emmené d'autres bagages qu'un petit sac de sport rempli de sous-vêtements de rechange pas tous propres et d'une brosse à dent abîmée par l'usage. L'avantage, c'était qu'il n'avait pas à attendre une éternité au carrousel pour récupérer ses valises, et qu'une file de black cab n'attendait que lui pour l'emmener où il le désirait. Choisissant au hasard, il s'engouffra à l'arrière de la voiture et salua vaguement le conducteur, un homme jovial doté d'un accent à couper au couteau. Luke le soupçonna fortement d'être allemand, ou quelque autre bizarrerie du même genre. Consultant sa liste d'informateurs potentiels, il élimina arbitrairement les parents de son ancien amant, estimant leur lieu de résidence trop éloignée de Londres. Or, il était sûr que Richard était là, quelque part, perdu dans la masse grouillante de la capitale anglaise. Il lui faudrait songer à offrir un cadeau à Martin pour son indiscrétion chronique.
- "Alors, où on va ?" demanda le chauffeur en souriant de toutes ses dents.
- "Baker Street", dit-il en rangeant son téléphone.
- "Ah ah ah ! On a besoin d'un détective ?"
Le taxi riait aux éclats, persuadé d'avoir affaire à un autre fan désespéré en pèlerinage dans la fameuse rue où le plus célèbre détective privé anglais était censé avoir vécu. Luke sourit à la plaisanterie mais ne répondit pas. Il n'avait pas besoin d'un détective, mais il avait besoin d'informations. Et, malheureusement pour lui, il ne pouvait les trouver que là-bas. Si Chris Armitage acceptait de coopérer, bien entendu.
OoOoO
Le taxi le déposa devant une petite maison de ville coquette, dotée d'une porte bleue surmontée d'un heurtoir en forme de tête d'aigle. Il y avait des fleurs accrochées aux rambardes de fer forgé De petits commerces agrémentaient cette rue tranquille, apportant un peu d'animation, mais Luke n'entendait rien. Seuls les battements de son coeur résonnaient à ses oreille, alors que son palpitant stressé s'emballait un peu trop à son goût. Il tenta de se raisonner - il n'allait pas rencontrer la Reine d'Angleterre non plus - mais aucune de ses tentatives ne réussit. Il allait affronter le frère aîné de l'homme qu'il avait bafoué, trahi et abandonné. A la réflexion, il préférait la reine. Au moins, cette sévère petite dame ne risquait-elle pas de lui coller son poing dans la figure avant d'appeler la police. Seigneur, mais que faisait-il là ? Il aurait mieux fait de faire le voyage jusqu'à Huncote et demander à la mère de Richard. Ca aurait sûrement été plus sécurisant. Puis il se souvint d'une anecdote racontée un soir par l'interprète de Thorïn à l'époque où ils tournaient encore The Hobbit, relatant comment sa vénérée maman avait agressé à la spatule un collègue de son mari pour avoir osé manger le dernier chocolat de Noël.
Ils étaient tous dingues, dans cette famille.
Prenant son courage à deux mains, Luke avança jusqu'à la porte et, saisissant l'anneau coincé dans le bec de l'aigle, frappa trois grands coups. La porte s'ouvrit quelques instants plus tard sur un jeune garçon d'une dizaine d'années, le nez surmonté d'une paire de lunettes aux verres trop épais qui agrandissaient démesurément ses yeux bruns. Il regarda Luke de haut en bas, les sourcils fronçés, et remonta ses lunettes.
- "Bonjour."
Désarçonné par la politesse glacée du garçon, Luke ne sut pas quoi dire. Un silence pesant s'étira entre les deux protagonistes.
- "On est censé dire "bonjour" aussi, quand on a pas été élevé chez les sauvages."
- "Quoi ?"
- "On dit pas "quoi", on dit "comment". Z'êtes qui ?"
Luke envisagea brièvement d'entrer dans le jeu du garçon et de le remettre à sa place, mais l'éclat d'intelligence dans ses yeux de chouette effraie et la ressemblance subtile avec Richard le retint de le recadrer correctement. Au lieu de quoi, il secoua la tête et tendit la main, un sourire de façade plaqué aux lèvres.
- "Bonjour", commença-t-il en serrant la main du garçon. "Je suis..."
- "Je sais qui vous êtes."
S'il savait qui il était, pourquoi lui posait-il la question, en ce cas ?
- "Ah. Bon... Est-ce que..." tenta Luke.
- "Mon oncle n'est pas ici."
- "Je vois. Bien, très bien. Mais je m'en doutais. En revanche, est-ce que..."
- "Mon père non plus n'est pas là."
- "Ah... Et tu saurais quand..."
- "Toi, vas ranger ta chambre !" intervint une voix masculine si semblable à celle de Richard que le coeur de Luke s'arrêta de battre.
Mais ce ne fut pas Richard qui s'encadra dans la porte d'entrée, plutôt un sosie plus âgé du petit garçon méfiant, qui continuait de le regarder comme s'il n'était qu'un insecte. L'enfant renifla avec mépris et disparut dans l'ombre de son père. Le fracas qu'il produisit en montant l'escalier traduisait assez bien sa mauvaise humeur. Malheureusement, la mauvaise humeur du garçon n'était que le cadet des soucis de Luke, qui faisait maintenant face au redouté grand frère de son bien-aimé blessé.
La première chose qui le frappa, outre la haute taille visiblement sine qua non à la famille Armitage, ce fut le bleu de ses yeux, si semblable à celui des iris de Richard. Il y avait aussi quelque chose dans l'angle de la mâchoire, et dans l'arète du nez. Peut-être la façon de se tenir bien droit. Ou le pli à la fois méprisant et narquois qui ourla bientôt ses lèvres, plus pleines que celles de son ex-amant. Ses cheveux, en revanche, étaient d'une teinte plus claire que ceux de son frère. Et il avait la carrure d'une armoire normande, trapu et musculeux, quand Richard était plus fin et élancé. Le sourire de Luke se figea sur ses lèvres.
- "Bon... Bonjour. Je suis..."
- "Je sais qui vous êtes."
Seigneur, c'était une manie dans cette famille, de couper la parole aux gens ? Luke ferma les yeux un instant et inspira profondément pour s'empêcher de dire quelque chose qu'il regretterait certainement lorsque Chris Armitage lui collerait son poing dans la figure.
- "Je voudrais voir Richard."
- "C'est bien dommage, il n'est pas là. Mais vous l'avez manqué de peu."
De peu ? Il était donc bien là, Martin n'avait pas menti.
- "Et... Vous sauriez où il est, maintenant ?"
Le sourire de Chris se fit sarcastique. Il s'adossa au montant de la porte, les bras croisés sur sa poitrine massive.
- "Et qu'est-ce qui vous fait penser que je pourrais vouloir vous le dire ?"
Cela, Luke n'en avait pas la moindre idée. Qu'est-ce qui pourrait bien décider un homme à vendre son petit frère à un homme qui l'avait trahi et abandonné ?
- "Parce que vous ne m'avez pas refermé la porte au nez."
Un éclair d'intérêt illumina brièvement le regard trop bleu de Chris, avant que son visage ne reprenne un masque impassible. Inspirant profondément, Luke tenta le tout pour le tout.
- "Parce que vous savez que je ne serais pas venu jusqu'ici, au risque de m'en prendre une, si je désirais faire encore un peu plus de mal à Richard. Parce que votre frère va mal et que vous savez que vous ne pourrez rien faire pour lui. Parce que vous savez que moi je peux l'aider. Même si ça ne vous plaît pas. Même si ça ne lui plaît pas non plus. Et parce que vous n'êtes pas aveugle, et que vous voyez bien que je suis une loque."
Chris éclata de rire. Un rire explosif, très différent du rire clair de Richard, mais qui lui était en même temps très semblable dans sa franchise. Luke ignorait si c'était un bon point pour lui, ou si le colosse anglais se moquait simplement de lui. Chris l'étudia encore un peu, dans un silence complet écrasant. Juste quand Luke allait renoncer et partir, un portable sonna. Chris plongea la main dans sa poche sans le quitter des yeux et en ressortit un smartphone. Il lut son message rapidement, puis un nouveau sourire éclaira son visage.
- "Tiens, quand on parle du diable..."
Luke secoua la tête, comprenant qu'il n'obtiendrait rien de cet homme. Il se contenta d'un signe de tête avant de se détourner et de rejoindre la rue en quête d'un taxi.
- "Hey !" le héla la voix de Chris. "Vous ne voulez plus savoir où est mon frère ?"
- "Je perds mon temps avec vous."
- "Oh, c'est dommage, j'allais vous dire d'aller faire un tour du côté de Fleet Street. Au 50b, par exemple. Son meilleur ami, Jack Gallagher, y a un appartement. On ne sait jamais."
Luke se retourna pour jeter un coup d'oeil suspicieux à Chris, dont le sourire narquois ne lui plaisait décidément pas du tout. Rapidement, l'aîné des frères Armitage perdit son sourire et son visage se fit bien plus menaçant.
- "Si jamais vous blessez mon frère, de quelque manière que ce soit, je vous conseille de courir, et de vous planquer. Parce que si je vous attrape..."
Il n'eut pas besoin de terminer sa menace, Luke avait compris le message. L'acteur hocha la tête en déglutissant difficilement avant de reprendre sa quête de taxi.
OoOoO
Il y avait une sorte de légende urbaine à propos de Fleet Street. Comme un quoi un barbier y aurait massacré des dizaines de ses clients avant de les donner à sa voisine et maîtresse, qui disposait des corps pour en faire des tourtes à la viande. Ce n'était pas exactement la rue que Luke aurait choisi pour vivre. Du coup, Luke ne se sentait pas très vaillant. Une rue réputée pour voir mourir les visiteurs étrangers, ca ne le confortait pas vraiment dans sa volonté de retrouver la piste de Richard. Peut-être ce fameux Jack Gallagher l'attendait-il déjà, avec un rasoir à manche d'argent à la main, prêt à l'égorger.
Il secoua la tête et avança d'un pas raide jusqu'à la porte d'entrée de l'immeuble. Sur la gauche, un interphone composé de 6 noms. Le 4ème était bien celui qu'il cherchait, mais un problème se posait : s'il sonnait, et qu'on lui répondait, il pouvait être sûr qu'on n'accepterait pas de lui ouvrir. Il pouvait toujours essayer la technique "je me fais passer pour un voisin" mais il se doutait que, sur ce coup-ci, ca ne fonctionnerait pas. Il était donc bloqué là. C'était vraiment trop bête. Il recula de deux pas et observa la facade de l'immeuble, se demandant s'il serait possible de l'escalader, avant de se rappeler qu'il n'avait plus 20 ans, qu'il n'était pas un ninja, et qu'il se retrouverait coincé devant une fenêtre plutôt qu'une porte dans l'éventualité où il réussirait.
Mais en réalité, il ne récolterait pas grand chose, à part une nuque brisée.
Aussi resta-t-il planté sur le trottoir, à attendre simplement qu'un miracle se produise et que Richard descende de sa tour d'ivoire. Ca lui semblait encore le plan le plus sûr. C'est alors qu'apparurent deux petites filles. L'une, grande et maigre comme un clou, léchait vulgairement une sucette à la fraise en jetant des oeillades langoureuses aux garçons assis sur un banc de l'autre côté de la rue. La seconde, petite et boulotte, haussait les sourcils d'un air narquois devant le manque de réaction des garçons. Après une minute de ce manège ridicule, elle finit par prendre son amie par le coude et la forcer à la suivre vers la porte d'entrée. Furieuse de se voir ainsi rejettée, la grande fouillait son petit sac à main rose à la recherche de sa clé, avant de gémir qu'elle l'avait oublié à la maison. Haussant les épaules, la petite fit glisser son doigt du haut jusqu'en bas, appuyant sur tous les boutons de l'interphone en même temps. Un bip sonore se fit entendre et la porte s'ouvrit.
Luke en resta bouche bée. Les filles s'engouffrèrent dans le hall et la porte se referma derrière elles. Il n'eut que le temps de glisser son bras dans l'embrasure pour la retenir. Les éclats de rire moqueur de la petite s'évanouirent en même temps qu'une porte claquait, au premier étage.
Et voilà, c'est terminé. Etes-vous prêts pour le dernier chapitre ?
Je préfère vous le dire tout de suite, certains penseront que ca se finit en queue de poisson. Mais bon, on ne peut pas satisfaire tout le monde.
Je vous remercie de votre attention et je vous embrasse !
Aschen
