CHAPITRE 7 - TOURMENT
Lorsque le festival pris fin, les premières vacances s'annoncèrent. Seiya, Hyoga et Okko étaient inquiets pour Shiryu qui ne sortait pas de chez lui excepté pour aller travailler à l'épicerie de son oncle, lequel leur avait confié que le moral de son neveu semblait au plus bas. Dokho remarqua également que Shunrei ne passait plus au magasin le soir comme elle l'avait toujours fait, il se demanda par conséquent si les dire de Shiryu comme quoi la jeune fille avait rejeté ses sentiments n'étaient pas fondés finalement.
Shiryu s'était renfermé sur lui-même, il ne désirait ni voir, ni parler à qui que ce soit, bien que ses amis lui aient proposé de sortir à de nombreuses reprises. Il ne cessait de se demander qui pouvait bien être cet autre qui s'était attiré l'amour de Shunrei. Seul dans la réserve, il soupira tristement. Le cours de ses pensées fut interrompu par son oncle qui arriva.
« Il y a d'autre poisson dans l'océan Shiryu, ne désespère pas tant… » Lui conseilla-t-il.
« Je ne vois pas de quoi tu parles… » Feint-il. Pour lui, il n'y avait qu'une seule et unique sirène qui nageait dans les eaux troubles de son esprit et de son cœur… Et son nom était Shunrei. Depuis le temps qu'il l'aimait, comment pouvait-il passer à autre chose alors qu'elle lui avait avoué que son cœur appartenait déjà à un autre que lui. Il avait besoin de lui dire adieu, d'une manière ou d'une autre et peut-être se libérer lui-même des sentiments qu'elle éveillait en lui…
Saori avait décidé de profiter des vacances pour passer du temps avec Shunrei qui semblait déprimée depuis quelques temps, son amie lui avait raconté ce qu'il s'était passé quelques jours auparavant avec Shiryu. Elle était déjà au courant que durant très longtemps Shunrei avait nourri une passion secrète pour le jeune homme, bien qu'il ne se soit jamais rien passé entre eux jusqu'à il y a peu.
« Et est-ce qu'il t'a dit quelque chose ? Tu la revus depuis ? » Lui demanda-t-elle.
Shunrei secoua tristement la tête en signe de négation, « Je n'ose plus me retrouver en face de lui… » Souffla-t-elle perdue.
« Ce sont les lettres qui ont fait que tu l'as repoussé ? »
Des larmes commencèrent à perler le doux regard de la jolie brune, « Je… Je ne veux faire de mal à personne… » Murmura-t-elle en un sanglot.
« Mais si ton admirateur secret ne se décide pas à se dévoiler, tu auras perdu toutes tes chances avec Shiryu pour rien… » Commenta doucement son amie.
Shunrei soupira, « J'ai l'impression d'être une véritable girouette, je ne sais pas ce que je veux… J'ai aimé Shiryu pendant si longtemps… Mais je m'étais faite à l'idée qu'il n'y aurait jamais rien entre lui et moi, j'avais abandonné, et ensuite j'ai reçu toutes ces merveilleuses lettres, mais j'ignore de qui il s'agit et je… » Elle ne finit pas sa phrase.
« Tu es tombé amoureuse de leur auteur… » Conclut Saori. Shunrei acquiesça sans un mot. « Tu as besoin de sortir ! » lança son amie joyeusement afin de remonter le moral de la jeune fille, « Demain je dois aller déjeuner avec Seiya et quelques un de ses amis, tu pourrais venir avec nous ?! » lui proposa-t-elle avec enthousiasme.
« Je te remercie, mais je travaille demain, j'ai trouvé un nouvel emploi pour m'occuper durant les vacances… » Répondit la brune.
« Oh… très bien…. » Compris Saori un peu déçue de ne pouvoir aider sa camarade, « J'espère au moins que ça t'aidera à oublier toute cette histoire… » Lui souhaita-t-elle.
Le lendemain comme prévu, Saori parti rejoindre son petit-ami en ville, lui et ses amis l'attendait en face d'un snack. « Saori ! Nous sommes là ! » L'appela Seiya.
Elle se dirigea alors vers le petit groupe et tressaillit en voyant qui était présent. Bien évidemment, elle s'attendait à ce qu'il y ait Hyoga qu'elle connaissait déjà, mais elle fut surprise d'y voir Shiryu, ainsi qu'un autre jeune homme. Elle savait que Shiryu et Seiya se connaissait mais elle ignorait qu'ils étaient amis. « Heureusement que Shunrei n'ait pas pu venir finalement… » Songea-t-elle. Elle regarda longuement le jeune homme responsable du tourment de son amie. Il n'avait pas l'air très en forme, il avait un regard triste et une mine déconfite.
« Arrêtes de tirer une tête pareille ! » le sermonna le jeune homme qui se prénommait Okko, « Tu vas faire fuir toutes les filles ! Maintenant qu'on a réussi à te faire sortir de chez toi sourit un peu ! » Le jeune homme concerné se contenta de soupirer.
Le petit groupe entra dans le café et s'installèrent à une table, les discussions allaient bon train en attendant que quelqu'un vienne les servir. Shiryu lui restait muré dans un silence impénétrable.
« Mademoiselle ! » appela Hyoga en voyant une serveuse qui leur tournait le dos et qui débarrassait une table voisine. La jeune fille déposa son plateau et se tourna vers les clients qui l'attendaient.
« Bonjour, excusez-moi pour l'attente » dit-elle souriante.
Toute l'attablée se figea, et plus particulièrement Shiryu qui avait presque cessé de respirer sous le coup de l'émotion, « Shunrei ! » s'exclama Saori, « Qu'est-ce que… C'est ici que tu travailles ? » Demanda-t-elle hésitante.
Lorsque Shunrei s'aperçut de la présence de Shiryu, son cœur se serra, « Euh… Oui… Je… » Bredouilla-t-elle incertaine.
« Bon… Et bien… C'est super ! » S'exclama-t-elle d'un ton faussement enjoué afin de faire disparaître le malaise qui avait saisi l'assemblée. Un long silence gêné s'en suivit. Au bout de quelques secondes emplies de malaise, un grincement de chaise contre le sol se fit entendre.
« J'y vais… » Souffla Shiryu en se levant doucement, sans oser regarder la jolie serveuse.
« Shiryu… » Appela Seiya, attristé de ne pas parvenir à changer les sombres pensées de son ami.
Le jeune homme s'éloigna et sortit de l'établissement sans un mot sous le regard abattu de Shunrei.
Shiryu rentra chez lui, encore plus déprimé que lorsqu'il en était sorti. Pourquoi le seul endroit où il soit allé, devait être celui où Shunrei travaillait ? Il aurait mieux fait de rester chez lui… se dit-il. Il resta enfermé dans sa chambre, songeant à tout ce qu'il s'était passé, à tout ce qu'il ressentait. Il devait vraiment passer à autre chose, il n'avait plus le choix maintenant… Mais avant cela il avait besoin de libérer son cœur du poids qui l'oppressait une dernière fois. Il prit un stylo, une feuille de papier et se mit à écrire…
