Chapitre 1 : Le Boulanger.

Léonard Lennon est un boulanger d'une vingtaine d'année dans un petit village pas forcément riche, ni pauvre d'ailleurs. Il vit de ces revenus de boulanger, travaillant dur, se levant avant les premiers rayons du soleil pour mettre ses mains dans la farine afin de former des petites miches, de les installer dans son four pour cuire dés l'arrivé de ses apprentis boulanger.

Le pain doit être prêt avant que les clients n'arrivent et viennent l'acheter. C'est l'aliment qui permet de nourrir bien des familles.

Une famille. C'est se dont rêve ce boulanger. Une famille, une femme, des enfants. Avec l'hiver rugueux que le village a vécu, les maladies ont été présente et ses parents n'ont malheureusement pas survécu. La peine naissant dans le cœur, Léonard n'oublie pas que les habitants ont besoin de pain pour vivre. La vie continue, lui a enseigné son père. Un homme doit être fort, pour aider sa famille dans les moments difficiles. Un homme doit savoir tenir ses promesses, ses convictions, ses valeurs, pour porter sa famille le plus loin possible. Un homme doit savoir retenir sa colère quand elle essaye de vous submerger. Car la colère n'est pas bonne conseillère. Elle engage plus de conflit, qu'elle n'en résout. Ceux sont les valeurs que Léonard défend.

Une famille, se répète-t-il mentalement en regardant la jeune Maria et sa sœur Louise âgée toute deux de 18 ans. Elles sont surement les dernières femmes encore célibataires et dont le cœur reste à prendre. Deux femmes que le jeune homme a connu depuis son enfance.

La première possède de long cheveux ondulés châtains foncés, de beaux yeux verts, des traits fins et une peau blanche et fine.

La seconde possède des cheveux blonds comme le blé, les lèvres rouges sang et les yeux noisettes et des traits plutôt rondelets qui donne le charme d'une poupée en porcelaine.

A chaque visite des deux demoiselles dans la boulangerie, le jeune homme ne peut s'empêcher de rougir. En effet, depuis leur enfance, Léonard garde au plus profond de lui, un amour secret pour la jeune Maria. Cependant, l'homme robuste et travailleur a un grand défaut : sa timidité. Ils ont partagé leurs jeux étant enfants, mais avec la puberté et le travail, l'écart s'est accentué. Aussi, il n'a jamais demandé à la jolie demoiselle de partager un peu de temps, de se découvrir un peu plus et peut être de fonder une famille avec le temps.

L'éloignement s'est fait aussi à cause de rumeurs qui circule depuis quelques années dans le petit village. Les aînées du villages, assises sur des bancs, racontent aux enfants de bien belles histoires. Mais aussi quelques rumeurs. L'une d'entre elle raconte que Louise, la sœur cadette de Maria participerai à des messes noires invoquant des démons. Elles prétendent que c'est à cause d'elle que l'hiver a été si rude cette année.

Au début, personne n'a crut à la rumeur. Hélas, un soir, un garde a retrouvé Louise dans la rue, se promenant avec un grand manteau noir. Tout de suite, les rumeurs ont augmenté sur sa personne. La famille honteuse de ces histoires se fait de plus en plus discrètes. Et des rondes sont organisées chaque nuit à la demande des plus superstitieux. Mais jamais aucune preuve de sabbat ou messe noire a vu le jour.

Léonard ne croit pas à ces rumeurs de bonnes vieilles. Pour lui, ce n'est que des histoires pour effrayer les enfants. Comme quand elles racontent que des créatures viles et terribles rentreraient dans le village, si les enfants tentent de sortir sans l'aide des adultes. Léonard connait les dangers du monde extérieur de la part des voyageurs et des mercenaires. Mais il sait que ces derniers ne sont pas aussi proches que les vieilles ont raconté aux enfants. Ce n'était que des histoires pour les effrayer et les inciter à ne pas quitter le village.

Enfant, Léonard aussi a écouté ce genre d'histoire, ainsi que les récits des voyageurs, des marchands, des mercenaires. Il n'a jamais eu envie de quitter son village. Il est né ici, a grandi, travaille dans l'affaire que ses parents lui ont légué. Il espère voir naître ses enfant ici, vieillir avec sa femme et mourir dans ce lieu.

Revenons au temps présent. Maria et Louise, ces deux charmantes demoiselles se rendent au comptoir de notre bon boulanger et commandent un pain pour leur famille.

"Cela fait trois pièces d'argents" murmure Léonard intimidé.

Louise tend les petites pièces afin de les déposer délicatement dans la main robuste et attaqué par ce dur labeur, en échange du pain. Les pièces sonnent dans la main du grand homme costaud, tandis que Louise lui sourit en lui souhaitant une bonne journée. Maria ne prononce aucun mot restant très calme, polie, silencieuse comme une petite fille sage.

Léonard essaye de dire un compliment sur Maria. Qu'elle est l'intéressante. Il veut même essayer de l'inviter à la fête des moisson. Hélas la voix ne sort pas. Il peste contre lui même d'être si timide. De ne pas savoir séduire la demoiselle. Il se maudit et pense que sa chance lui passe encore une fois sous son nez.

Les deux jeunes femmes s'apprête à partir en direction de leur maison, avant de retourner à leur travail de couturière, Léonard les observe avant de baisser les yeux et de retourner vers ses fourneaux. Puis, à la bordure de la porte, Maria se retourne et dit d'une voix audible mais un peu hésitante, les mains accrochées à sa robe, le rouge colorant ses joues :

"Monsieur Lennon! Est-ce que vous voudriez bien venir avec moi au festival des moissons la semaine prochaine ?"

Léonard se retourne à son tour et met quelques secondes à observer la demoiselle. Cette dernière a prit son courage à deux mains pour lui proposer se qu'il avait dans la tête. Avec une voix un peu tremblante et les mêmes teintures sur ses joues il lui répond :

"Je serai ravi de vous accompagné Mademoiselle Maria."

La demoiselle effarouchée lui offre alors le plus beau sourire qu'il n'a jamais vu, faisant battre son cœur à tout rompre, éblouissant ses yeux de mille feux pour cette femme.

"J'en suis ravie." sourit-elle.

"Je viendrai vous chercher au puits la semaine peu avant que le festival commence mademoiselle Maria." prononce difficilement Léonard les joues rougeoyante.

"Merci. Tenez." ajoute Maria en lui tendant un mouchoir où le mot : "Maria" est brodé en petite couture rouge. "Comme ça vous ne m'oublierai pas." finit-elle avant de partir toute guillerette.

Une fois partie, Léonard remarque les réactions des autres clients et de ses apprentis. Certains sont amusés de voir un grand homme comme lui être aussi timide face à la belle demoiselle. D'autres sont ravis de voir enfin l'homme aller vers la femme qu'il admire et pouvoir vivre une expérience importante dans la vie.

Louise a tout entendu de la demande de son aîné envers le boulanger. Ensemble elle rentrent dans la maison sans attendre. L'aînée joyeuse se rend immédiatement dans les cuisines pour préparer le repas de la famille, tandis que la cadette aux cheveux blonds prétexte aller chercher quelques affaires pour leur travail d'après midi, pour monter dans sa chambre. Une fois seule, elle pose la main à son ventre, lâchant une grimace de douleur. Elle observe aussi une perte de sang et contient en elle des larmes de colère et des tristesse.

"Je l'ai encore perdu. Monseigneur ne va pas être ravi de savoir cela. Il faut plus de pratiquante. Plus de personnes pour tenter de mettre au monde la semence de cet être, incroyable et sublime. Il me faut d'autre personne." pense la demoiselle avant qu'une idée ne parcourt sa petite tête blonde. "Mais oui, c'est ça. Ma sœur est si naïve, si pure. Monseigneur sera sans nul doute heureux de pouvoir tenter avec elle cette expérience magique. Il faut qu'elle m'accompagne la prochaine fois. Oui, je suis sure que cela marchera."

Une partie de la conscience de Louise a maintenu le secret de ses sorties secrètes à sa sœur pendant bien des années. Peut être pour la protéger ? Peut être par peur que la jalousie entache leur lien familial ? Ou par peur qu'elle ne devienne la favorite de son seigneur ? Avec le temps, les barrières ont finalement cédé. Et maintenant, pour l'amour de cet être, Louise est prête à offrir en sacrifice sa propre sœur, juste pour l'envie de donner une semence à cette créature des ténèbres. Louise planifie dans sa tête le meilleur moyen d'attirer sa sœur dans les bras de cet être, lors du prochain sabbat qui se déroulera après la fête de la moisson.

A suivre...