Chapitre 6 : Quand la magie coule dans la peau
Les cycles du temps continue d'avancer et notre jeune B.O.B a grandi.
La vie est douce dans cette boulangerie. Léonard s'occupe de Maria et de B.O.B comme de sa propre famille. Veillant sur eux, enseignant se qu'il pouvait, offrant la protection et toute l'attention nécessaire. L'homme n'écoute pas les rumeurs des vieilles rombières, qui racontent à qui veut l'entendre que la couturière est une intruse dans cette ville. Qu'elle est sans nul doute une sorcière ayant charmer le boulanger. L'histoire ne semble intéresser que peu de monde, trouvant au contraire le pain de Léonard devenir plus bon. Les femmes du villages apprécient les broderies et vêtements de la jeune Maria qui travaille avec le tailleur. Les amis du boulanger font le nécessaire pour que la population accepte la nouvelle venue dans cette ville sans la juger, ni elle, ni son enfant.
Se qui fonctionne parfaitement. En une année, la famille est devenue un modèle pour la ville. Le père travaillant le pain à la force de ses doigts. Les plus fins de sa femme, réalisent les plus beaux manteaux, que même les marchands venus d'autres horizons viennent acheter pour les revendre, à l'extérieur de la région. Enfin, le garçon chétif et timide, réussi à se faire quelques amis parmi les autres enfants du village. Jouant au jeu commun dans la ville courant derrière les uns les autres et s'amusant à se cacher, toujours sous la surveillance des parents. Les mères de famille du village ont eu parfois un peu de mal à le considérer comme un petit garçon, tant les traits de ce dernier sont fin. Mais il est aussi connu pour rester une partie de la matinée avec Léonard prés des fours observant le pain cuire. L'enfant se découvre aussi une passion pour la lecture. Quelques fois, il arrive que la Matriarche des nomades ,passant à chaque saison, vient lui offrir des parchemins et prend un peu de son temps pour lui enseigner les lettres.
Bob n'a que cinq ans certes, il est déjà curieux pour son âge. Surtout pour un élément qui se trouve dans la boulangerie. Les flammes du four semble l'attirer malgré l'interdiction de Léonard qu'il considère comme son père. Ce dernier est fortement vigilant et ne souhaite pas que son fils ne se brûle par cet élément incontrôlable qu'est le feu.
Un jour, en hiver, le four ne semble pas vouloir s'allumer. Quelques braises sont encore vivantes au fond du foyer. La puissance de ce feu n'est pas suffisamment puissant pour que le four puisse tourner et cuire le pain. Mais il n'est pas aussi dangereux pour l'enfant. Le père bien embarrassé, observe le petit Bob en lui demandant de l'attendre, le temps d'aller chercher du bois dans la réserve. Bob acquiesce et attend sagement devant le four, observant les braises.
Pendant que l'adulte cherche du bois non humide, que Maria est partie au tailleur pour l'aider dans la confection de nouveaux manteaux pour l'hiver, le petit Bob observe le tison.
L'enfant souhaite aider son père, mais il ne sait pas comment faire. Une idée surgit dans l'esprit de du jeune garçon qui s'imagine en prenant les braises et tentant de les réchauffer, peut être le feu repartira, comme quant en hiver, l'enfant a froid et pour le réchauffer ses parents le serrent fortement dans ses bras. Il s'imagine cette action en tendant ces mains dans le foyer. Il pense que les braises sont des bébés flammes qui ont besoin d'amour et d'ardeur. De la chaleur de son petit corps. Cette image, cette pensée, et surtout cette envie de raviver la flamme parcours l'ensemble de son être. Quelque chose de chaud coule dans ses veines, une puissance qu'il n'a ressenti qu'une seule fois, mais dont il se souvient que vaguement. Comme un rêve. D'une forte fièvre qui prend le dessus. D'une chaleur intense, plus forte encore que l'étreinte de ses parents, ou le bouillon qu'il mange au soir. Soudain, les braises, les bébés de flammes dans l'esprit de Balthazar Octavius Barnabé, semblent reprendre de la vigueur. Ces dernières passent de l'état de tison à celle de légères flammes de bougies. B.O.B sent que cela n'est pas suffisamment puissant pour cuire le pain. Il continue de se concentrer sur cette flamme qui commence à grandir, à grossir pour devenir un petit feu, comme il peut trouver dans la cheminée. Le bout des flammèches commencent à lécher légèrement les petits doigts de l'enfant.
"Cela ne suffit pas !" pense B.O.B en continuant de se concentrer. Malgré la légère douleur qu'il éprouve, le petit garçon ne renonce pas. Il s'imagine la taille que doit avoir les flammes dans le foyer. Et alors que ses dernières se raniment en de grandes et belles flammes rougeoyantes, Léonard entre dans l'atelier surprit et surtout inquiet par l'élément indomptable qui s'approche et entoure l'enfant dangereusement qui a la main tendue dans le foyer.
Léonard lâche les bûches et court en direction de l'enfant pour le retirer de se qu'il prétend être un danger. Pendant que le boulanger sort son fils en l'appelant par son prénom, B.O.B ne semble pas comprendre cet appel à la vigilance. Il regarde son père qui est inquiet et interloqué par se qu'il vient de voir. Le boulanger sait que le feu est incontrôlable, que ce dernier ne peut pas prendre une telle ampleur sans avoir de bois à consommer. Il ne comprend pas comment des simples braises dans les cendres ont pu devenir des grandes flammes menaçantes. Se demandant la raison qui a poussé l'enfant à rentrer sa main dans le foyer.
Le petit garçon voit son père adoptif inquiet, qui l'observe sous toutes les coutures pour voir si ce dernier n'est pas blessé, commence à hoqueter en bredouillant :
"Je voulais t'aider. J'ai voulu rallumer la flamme, faire un câlin aux bébés flammes pour qu'on puisse allumer le four. Pour qu'on cuise du pain. Désolé. Désolé papa !"
Intrigué, Léonard ne comprend pas si l'enfant a trop d'imagination ou si le pouvoir du démon qui est en lui a une influence.
"Là, ce n'est rien, mon petit. Je suis là. Excuse moi de t'avoir fait peur. Excuse moi." berce le père de famille, rassuré de voir son enfant être sain et sauf.
Après être apaiser, le boulanger arrête cette étreinte paternelle, pour se positionner devant son fils. Outre les yeux rouges par les pleurs, Léonard constate aussi que le visage de B.O.B est plus pâle qu'habituellement. L'enfant se sent un peu patraque et part doucement vers une chaise. L'inquiétude obscurcit le visage du manieur de farine, quand il voit le bambin titubant vers la chaise avant de se laisser tomber sur sa chaise. Léonard pose sa main sur le front chaud de son enfant, qui s'évanouit sous l'effet de l'utilisation, pour la première fois, de se qui va devenir son outils de travail.
Anxieux, le père de famille prend grand soin de l'enfant. Demandant à ses apprentis de reprendre l'affaire le temps qu'il consulte le soigneur et l'herboriste pour baisser cette forte fièvre. Les femmes dans la ville, curieuses de se qui se passe et friandes de rumeurs, aperçoivent ce parent angoissé, se précipiter vers le soigneur avec l'enfant fiévreux. Aussitôt, plusieurs d'entre elles connaissant la mère de famille, Maria, et ses créations magnifiques se rendent dans la boutique du tailleur afin de la prévenir du mal étrange que sa descendance souffre. En voyant le visage affolée de l'une de ses couturière, le marchand accepte sans qu'on le lui demande que Maria part au chevet de son frêle fils. Et sans hésitation, celle ci rejoint son mari et son enfant.
La fièvre est intense et Léonard explique avec quelques appréhensions se qui s'est passé dans l'atelier. L'enfant qu'il a trouvé dans le fourneau auprès des flammes. Puis la légère dispute et l'évanouissement de ce dernier. Le soigneur ausculte l'intégralité du corps du petit garçon, mais n'aperçoit que de légères brûlures sur le bout des doigts de l'enfant. Rien de grave en soi. L'interrogatoire des parents ne laisse apparaître aucun autre symptôme, à part l'ample fièvre qui submerger le chétif bambin.
Les connaissances du soigneur étant limité, il donne aux parents, un breuvage afin que la chaleur se dissipe. Cependant, il ne peut pas mettre de mots sur l'origine de cette étrange maladie, ni même de la raison qui pousse à accentuer l'hyperthermie. La famille revient dans la chaumière pour installer B.O.B. Maria est déboussolée, affligée par le destin qui se ligue contre elle et son enfant. Son fils souffre à nouveau du même mal. La couturière espère aussi que le médicament le soignera. Même si elle sait que son fils peut à tout moment disparaître, emporté par la puissance qu'il content en lui. La matriarche le lui a indiqué.
Le temps passe. Les jours et les nuits s'enchaînent et l'état du petit être ne s'améliore pas.
La femme pleure au chevet de son fils qui ne se réveille pas, ne se nourrit plus, maigrit à une rapidité extrême. Léonard s'inquiète aussi pour cet enfant, tout comme pour sa femme. Cette dernière reste uniquement au chevet de l'enfant, refusant de reprendre ses travaux, refusant de se coucher avec celui qu'elle considère être comme son âme sœur, se nourrissant peu.
Léonard reprend le travail en ayant l'esprit ailleurs. Les citadins s'inquiètent de l'état de santé de l'innocent et de la femme. Ils prennent des nouvelles par le biais du boulanger. L'histoire se raconte dans toutes les ruelles, si bien que la Matriarche de retour pour quelques affaires entant l'affaire. Rapidement elle se rend au chevet du marmot et de la couturière, qu'elle considère comme étant ses descendants. Léonard l'accueille sans aucune gêne, ni appriori. Il admire cette ancienne qui possède de grandes connaissances et surtout un savoir plus poussé que lui sur les demi-diables. Le boulanger l'emmène au chevet de l'enfant.
"Mère Florence. Que puis-je faire pour mon enfant ?" demande Maria le visage empli d'affliction, de souffrance et le regard désorienté.
"Du calme mon enfant. Je sais que vous êtes inquiète. Mais si vous ne prenez pas soin de vous, personne, votre enfant et votre ami boulanger seront fortement peiné si vous tombez malade à votre tour. Reposez-vous, mangez un peu. Je me charge de veiller sur votre semence."
"Vous croyez que..." gémit la couturière.
"Cela doit être à cause de sa puissance intérieure. D'après se que votre ami m'a décrit, je pense que Balthazar a usé pour la première fois de sa magie. Je crois que c'est un combat qu'il doit mener. Ce petit a beaucoup de volonté. Je pense qu'il va s'en sortir."
Légèrement rassurée par les mots de la matriarche, la femme se rend aux côtés de Léonard pour le remercier de rester aux soins pour elle et son enfant. Maria n'hésite pas à lui raconter dans le secret que Balthazar Octavius Barnabé ne traverse pas toutes les étapes de la vie. Que son existence peut s'éteindre aussi rapidement qu'elle est arrivée.
Peiné pour la mère de famille, tout comme pour B.O.B, Léonard berce sa femme dans ses bras. Lui assurant qu'il fait le maximum pour aider ces deux derniers.
Le temps s'écoule peu à peu.
L'état de santé de Balthazar Octavius Barnabé ne se dégrade plus, mais ne s'améliore pas. Maria reprend peu à peu son travail, grâce au soutient de Florence et de Léonard. Elle arrive à dormir, d'un sommeil léger. Prête à se lever à tout moment pour bercer son engeance.
Une nuit, le manieur de farine va auprès de son fils et de la chef de tribu qui lui offre les soins qu'elle a acquis par sa sagesse et le temps passé. Léonard pose une chaise auprès de l'enfant, lui caressant le front. Ce dernier n'a pas reprit ses esprits depuis tout ce temps. Ses yeux sont restés clos pendant des jours. La nourriture n'est administré que par quelques boissons, ne l'aidant pas à reprendre un peu de poids.
"Que pouvons-nous faire ? Il doit bien avoir une solution ?" demande le boulanger inquiet.
La matriarche a un visage sombre avant de regarder l'ami de Maria. Un peu triste elle avoue un secret qui surprend l'homme.
"Il y a bien un moyen. Malheureusement, le temps est compté et je ne suis pas sure que nous arriverons à trouver ce qui peut sauver cet enfant."
"Expliquez moi. Je vais faire tout pour essayer de trouver. Même s'il y a peu de chance, je veux essayer. Je ne veux pas les laisser sombrer tous les deux. Dites moi, mère." supplie le boulanger.
"Avant le quatrième couché de soleil, il nous faudrait un paladin. Ces hommes de foi possèdent de grand don de guérison. Ils peuvent sans nul doute apaiser la puissance du petit. Et aussi lui enseigner quelques techniques pour maîtriser ses pouvoirs. Malheureusement, les paladins et les semi-démons, surtout les démons, ne se sont jamais entendu."
Léonard sent un faible espoir renaître. Il attrape son manteau et dit à la femme de sagesse d'une voix forte de conviction :
"Je connais un paladin qui peut nous aider. Il connaît déjà l'existence de cet enfant. Et pourtant comme vous l'avez constaté, il ne l'a jamais blessé. Je vais essayer de le trouver. Je vais en informer ma femme avant de partir à sa recherche."
"Il est peut être loin !" clame la Matriarche.
"Je préfère tenter ma chance, cette infime chance, plutôt que de rester les bras croisés à voir partir mon fils et sa mère."
Sur ses paroles, Léonard se rend au chevet de Maria, la réveillant avec douceur afin de lui expliquer la situation et la mission qu'il s'est donnée : Rechercher le paladin qui est impliqué dans cette histoire.
"Tu crois qu'il acceptera de nous aider ?" se tracasse la couturière.
Le boulanger la prend dans ses bras en lui chuchotant d'une voix angélique :
"Je vais faire de mon mieux. Je ne veux pas vous perdre. Aie confiance en moi."
La dame lui sourit les yeux toujours rougis par les larmes qu'elle verse depuis des jours. La mère de famille récupère du courage et de l'espérance avec l'aide de cette étreinte et de ces mots avant de se recoucher sur le lit familial rêvant que Léonard réussisse à retrouver le guerrier de foi.
Louant un cheval dans les écuries, le manieur de farine passe un message aux femmes qui sont à la demande de nouvelle de l'enfant. Leur informant que si un paladin, dont il donne une description bien précise, est présent dans la ville, de l'amener au chevet de l'enfant malade afin de le soigner. Il leur explique qu'ils se connaissent parfaitement, ce dernier ayant une dette envers le boulanger. Puis tirant les rennes de son canasson il galope dans la forêt pour retrouver le paladin. La matriarche donne le même ordre à certains nomades cavaliers avant le temps qu'elle a estimé. La mère de famille ne retourne pas travailler après avoir apprit le délai court qu'il lui reste à vivre avec son fils. La couturière lui pose une couverture qu'elle a fabriqué que pour lui. De couleur rouge comme il aime avec un petit phœnix brodé à la main.
La femme lui chantonne quelques berceuses comme pour lui soulager des cauchemars qu'il peut faire.
Non loin de ce tumulte. En simple spectateur, Enoch observe attentivement les événements qui se passe pour sa descendance. Soupirant, il était sur que l'enfant va mourir consumé par son propre pouvoir. C'est l'un des rares à avoir vécu aussi longtemps. Mais le démon est lasse de les voir disparaître les uns après les autres. Son espoir que ce petit être allait devenir un jour un de ses serviteurs, s'envole en éclat. L'être des ténèbres est légèrement triste et déçu, d'avantage pour la mère que pour l'enfant. Il a prit l'habitude de voir ses petits disparaître, qui a créé une carapace. Il est blessé par les larmes qu'elle verse. Enoch se promet de revenir dans peu de temps, quand le deuil sera terminé pour récupérer les dernières larmes de la mère et tenter une nouvelle fois de lui apposer sa semence. Sans un mot, le démon disparaît dans les ténèbres.
Dans le même temps, Léonard chevauchant la monture parcourt les forêts. Il rencontre parfois des créatures qui sont éliminées par des mercenaires et des voyageurs rencontrés sur la route. Émus par la tendresse de ce père, ils promettent d'indiquer au dit paladin la route s'ils le croisent. Les bandits qu'il rencontre sur son chemin laissent place, comprenant que ce dernier n'a aucune richesse, à part celle d'un fils et d'une femme qu'il veut protéger. Donc aucun butin intéressant. Les criminels acceptent de ne pas attaquer le guerrier de foi s'il passe dans la forêt, pour donner plus de chance à ce petit.
Cependant les valeurs humaines et le dévouement du boulanger, à la tombée de la première nuit, ne suffit pas à convaincre les créatures non humanoïdes. Des squelettes, des slimes encerclent le manieur de farine qui n'a qu'un bâton pour se défendre. Sa monture s'est cabrée et a vite filé pour se sauver dans le sens du retour. Dévoué à sa cause et ne désirant pas mourir, le père de famille souhaite plus se frayer un chemin. S'il ne peut pas trouver son remède, alors il se doit de retourner auprès de son fils. Pour la fin.
Mais les squelettes et les slimes le mettent à terre, lui empêchant toute fuite. Ces derniers se préparent à l'éliminer, Léonard se remémore les meilleurs moments de sa vie avec Maria et B.O.B, il susurre quelques prières pour le bien de sa famille.
Brusquement, le tonnerre gronde, un éclair déchire le ciel pour s'abattre sur les créatures qui ont assaillit le boulanger. Les faisant disparaître de la surface de la terre. Le manieur de farine ouvre des yeux étonnés tandis que les autres monstres s'enfuient sans demander leur reste. Léonard voit en face de lui, la personne qu'il recherche avec tant d'ardeur, lui tendre la main, l'épée dans l'autre.
"Que faîtes vous ici ?" demande le guerrier de foi inquiet. "En pleine nuit, dans la forêt sans aucune escorte ?!"
"Je suis venu vous chercher. Nous avons besoin de vous!" s'écrit Léonard, se mettant à genou devant le paladin.
"Relevez-vous voyons !" est gêné le chevalier en relevant le villageois qu'il a connu depuis des années. "Expliquez moi. Vous êtes attaqués par des monstres ? Vous avez le démon sur vos pas ? Maria n'a tout de même pas été à nouveau enlevé ?"
"Non. C'est mon fils. B.O.B."
A ces mots le paladin frissonne avant de soupirer et ranger sa lame.
"Je vous ai dit qu'un jour il serait dangereux. J'aurais du l'éliminer avant que vous vous attachiez à lui."
"Mais non tête de pioche !" hurle le Boulanger d'une manière familière, comme s'il parle à un ami d'enfance. "Non, vous ne comprenez pas! Son pouvoir est entrain de le ronger. Il est fortement fiévreux. Vous êtes mon...Notre dernier espoir pour le soigner, pour l'aider à grandir et à vivre sa vie."
Le guerrier de lumière reste figé à nouveau en regardant droit dans les yeux du manieur de farine. Comme s'il ne comprend pas un seul mot de la demande formulée. A-t-il perdu la tête ? Demander à un paladin d'offrir les soins, de sa magie, pour sauver un semi-démon ? Un être qu'il doit éliminer selon les règles imposés par sa religion.
"Je ne peux pas. Vous le savez bien."
Le père adoptif serre fortement les poings avant de donner un coup dans le visage du paladin qui a baissé les yeux.
"Vous allez laisser mourir un enfant à cause de vos croyances religieuses. Vous nous aviez menti, vous vouliez tué cet enfant. Et maintenant ! Vous voulez porter aussi sur votre conscience l'affliction d'un mère meurtrie par la mort de son fils ? Vous n'allez rien faire ? Je suis venu de loin pour vous chercher. Demandant, réclamant à tous les passants de vous informer. Même les bandits ont accepté. Et vous. Vous restez un...lâche, incapable d'assumer ses erreurs, comme l'a fait ce démon ! Est-ce que votre religion autorise la mort d'un enfant qui n'a rien demander ?"
Les derniers mots secoue l'esprit du paladin qui tourne son regard inquisiteur vers le boulanger. Le manieur de farine ne démord pas de son idée. Entêté, oui c'est un défaut, mais il ne souhaite pas renoncer au fait de sauver son fils adoptif. Même si ce dernier est un semi-démon. Et s'il faut se battre face à ce paladin, il le fera au péril de sa propre vie. Au risque d'être mit à l'écart de la société.
Le paladin enfourche son destrier et tend sa main au boulanger. Il a des devoirs et des responsabilités à tenir. N'aimant pas être comparé aux démons, le héros de foi souhaite montrer sa différence, il observe le boulanger en lui demandant de tenir une promesse :
"Je vais vous aider. Et je veillerai à se que ce petit ne fasse de mal à personne. Si je vois que son pouvoir est trop puissant où qu'il sombre dans le mal pouvant décimé toute la population, vous devrez me laisser le tuer."
Conscient du sacrifice que cela va engendrer, la souffrance de la mère et de B.O.B, Léonard attrape la main du guerrier acceptant les termes du contrats. Cela permettra au moins au jeune garçon de vivre un peu plus sa vie parmi les êtres humains et peut être de faire accepter un jour au paladin que tous les enfants de démons ne doivent pas être détruit à leur naissance. C'est un pari vers l'avenir.
Le retour est plus rapide, car le destrier plus habitué à parcourir de longues étendues à des vitesses importantes, cheval de guerre et de lumière, nommé éclat, parcourt le chemin vers la ville. Ils aperçoivent du coin de l'œil les bandits que Léonard a rencontré. Ces dernies se figent en voyant le paladin laissant place. Les mercenaires éliminent les obstacles au tracé du chemin n'arrêtant pas leur course. Alors que le soleil est au plus haut dans la journée, l'heure où les habitants passent à table, le paladin et le boulanger arrivent en ville, apercevant le cheval qu'il avait loué ayant retrouvé son chemin seul et sans aucune égratignure.
Sans répondre à la moindre question des passants, le paladin entre dans la chaumière accompagné du manieur de farine. Sans explication, ils se rendent dans la chambre du bambin sous le regard surprit et rassuré de Maria.
"Tu as réussi ?" murmure-t-elle alors que l'homme de foi approche ses mains de B.O.B.
Concentrant sa magie et sa mana, sur le mal qui le taraude, le paladin commence son apposition des mains. Art enseigné par l'église de la lumière afin de soigner le mal dont souffre les personnes. Il ne sait pas si son sort fonctionnera, n'ayant jamais testé cela sur un semi-démon. Le héros de lumière ne réfléchit pas d'avantage. Une douce lueur parcourt le visage du petit être et l'intégralité de son corps. Les traits du petit garçon tirés pendant toute sa période de sommeil, se détendent. Après les quelques minutes qui paraissent être des heures pour les parents et la matriarche, l'enfant ouvre des petits yeux encore embrumés, perdu, observant l'état de ses parents.
Enivrée par la joie de voir l'être qu'elle a mis au monde survivre, Maria enlace ce petit être dans ses bras. La fièvre a complètement disparu et l'enfant rend l'étreinte à sa mère. Le paladin respire en comprenant qu'il a réussi à sauver un bambin, semi-démon. Les pleurs de joies de la couturière lui indique qu'il a fait le bon choix. Léonard se met à genoux aux côtés du paladin pour le remercier de son geste, brisant même certaines de ses convictions.
"Relevez vous. Léonard. Restez auprès de votre fils. Il a besoin de vous deux." dit-il avant de sortir de la pièce.
La matriarche, désire laisser la famille se retrouver après cette épreuve. La chef de tribu suit le paladin pour lui poser quelques questions, dont les arguments utilisés par le boulanger afin de le persuader de venir soigner un semi-démon. Elle demande aussi se que ce dernier va accomplir, après avoir briser une règle de sa religion.
"Je vais rester non loin de cette famille. M'assurer que l'enfant ne soit pas dangereux. Et s'il le faut. Je l'éliminerai."
"Je souhaiterai que vous lui enseigner à contrôler son pouvoir."
Le paladin faillit s'étouffer par la demande plus qu'étonnante de la Matriarche. Jamais, l'homme de foi ne s'est imaginé qu'il enseignera à un semi-démon à contrôler son pouvoir.
"Si vous voulez aller dans le bien de cette famille, de ce monde. Si vous connaissez la différence du bien et du mal qui vous a emmené à ce choix. Je vous conseille de lui enseigner le contrôle de son pouvoir, pour qu'il ne provoque pas de danger. Qu'il puisse vivre avec les autres humains. Enseignez lui la morale. Expliquez lui, la raison de son pouvoir, avec ses parents, et la difficulté de sa vie future par l'origine de sa puissance, de sa race."
Le paladin s'assoit et réfléchit aux paroles de la femme de sagesse. Elle repart en direction de la famille, afin de leur indiquer son soutient et pour l'éveil de l'enfant.
L'homme de foi n'est pas bourreau. Il est juste un paladin venu pour appliquer la justice. Et la doctrine d'éliminer tout le mal est-il juste ? Quand on voit un enfant de cet âge, n'ayant pas choisi sa race, d'être éliminer parce que son crime est de naître en cette nature. Était-ce normal ? Il ne sait plus quoi penser. Mais il croit en l'avenir. Il croit en cette promesse qu'il a proposé au Boulanger. Il veut voir une autre vision du monde.
A suivre...
