Chapitre 7 : La rencontre avec l'autre.


La ville est calme, paisible. Tout semble être en paix et rien ne trouble la quiétude de ces lieux. Rien ?

"BALTHAZAR OCTAVIUS BARNABE LENNON !" hurle la voix forte et imposante du paladin qui course après le dissident enfant, qu'est B.O.B. "Reviens tout de suite ! Tu as ta leçon de méditation."

Mais le jeune garçon ne comprend pas l'intérêt de cette méditation. Bien que le guerrier de foi le lui a expliqué, lui a montré que la concentration est bénéfique pour le pouvoir qui sommeil en lui. Chaque mois, le même jeu s'enchaine dans ce village.

D'autres enfants présents ont droit aux enseignements du paladin. Certains préparent les affaires du héros en sélectionnant des denrées pour ce dernier. D'autres s'occupent de faire briller l'épée. Enfin les plus âgées s'occupent d'Eclat, sa monture.

Lors des séances de méditations de B.O.B, des fillettes observent de loin l'adulte et l'enfant, tout en ricanant, déconcentrant le jeune garçon, qui a envie de s'amuser plutôt que de méditer.

Afin de justifier la présence du guerrier de foi. Que l'enfant possède un grand pouvoir magique, d'une origine inconnue, cachant son origine démoniaque. Une bonne partie de la population accepte cette idée, même si il est rare qu'un tel prodige arrive. Les citadins ne sont pour autant pas des incultes, car des voyageurs, des mercenaires, des marchands, ont rapporté qu'il existe partout en ce monde des êtres doués de magie. Et que l'enseignement à ses enfants est nécessaire pour maîtriser leur pouvoir. Certains artisans connaissent quelques personnes possédant des pouvoirs, les utilisant pour la création d'armes, d'outils, d'artefacts. Tous acceptent que les récentes maladies du garçonnet est du à une mauvaise maîtrise de sa force intérieure, d'où la présence du paladin.

La matriarche est devenue une préceptrice de B.O.B et des enfants désirant approfondir leur connaissance. Elle leur apprend la création de quelques onguents pour soigner des morsures d'araignées, d'insectes, de créatures maléfiques. Elle les emmène à la cueillette et la découverte de la forêt, pour préparer les plus simples potions. Ainsi que la lecture de certains récits en langues étrangères. Le petit garçon a un grand intérêt à apprendre ces phraséologies, même si en lui, il semble connaitre les mots et les expressions démoniaque. Heureusement, peu de personne en tiennent compte, car les livres en ce dialecte obscure sont très rares.

Le groupe d'enfant, peu nombreux, apprennent les mêmes bases que B.O.B. La plupart préfère se tourner vers les mercenaires, les guerriers, les voyageurs, et leur entrainement au combat, ou racontant leurs exploits face à des créatures magique. Certains gamins ont même tenté de suivre leurs aînés dans la forêt, pour les observer dans leur travail. Mais ces derniers sont toujours rattrapés par leurs parents, les interdisant de s'y rendre avant d'avoir l'âge requis.

Une question revient souvent dans la bouche du jeune garçon à la chef de tribu. L'origine de ses pouvoirs. Cette dernière lui promet qu'un jour ses parents, le paladin et elle lui expliqueront tout. Soupirant de cette réponse qui ne lui plait pas.

Sa mère continue à confectionner de belles tenues pour les dames, des costumes pour les hommes de la ville, et pour son fils. Ses vêtement sont souvent de couleur rouge, d'une petite sacoche en cuir, pour ramasser les ingrédients pendant la cueillette avec la matriarche. Elle lui enseigne aussi, la vie en société, la politesse : dire bonjour, remercier les personnes quand ces derniers donnent un objet. Le sens du commerce, quand l'enfant accompagne sa mère dans son travail. Des différentes façons de parler : Commun ou en patois. La couturière lui apprend à se mêler aux individus, vaincre sa timidité et ne pas avoir peur de son pouvoir au sein de la ville.

Enfin, son père adoptif, le brave boulanger Léonard lui enseigne l'ardeur dans le travail, même si l'enfant passe la plupart de son temps à la maison dans les livres empruntés à la Matriarche et au paladin, que par le travail manuel. Le manieur de farine lui inculque aussi la notion de bien et de mal. Surtout l'utilisation de son pouvoir. La magie du feu peut détruire des maisons, des forêts, des villages et qu'il ne doit pas utiliser cette puissance sous le coup de la colère pour chercher vengeance. Qu'il doit réfléchir à une solution causant le moindre dégât, moins de conséquences. Léonard lui enseigne que si par malheur son pouvoir blesse quelqu'un, cela causera la douleur dans la famille du blessé. Le fait qu'il ne peut plus travailler. Le boulanger lui indique qu'un pouvoir engendre des responsabilités.

Les mots sont lourds pour un enfant qui ne rêve que de s'amuser par l'apprentissage de sorts. Mais les explications imagées du père adoptif permet au petit garçon de comprendre, qu'il ne peut pas utiliser son pouvoir quand il le souhaite.

"Papa. Est-ce que je peux te poser une question ?" demande l'enfant un peu triste.

"Oui mon grand."

"Monsieur le Paladin et l'aïeule Florence m'ont toujours dit de faire attention avec mon pouvoir. Tout comme toi. Ils disent que ça peut blesser. Ca peut détruire. Mais tu crois qu'un jour, je vais utiliser ma puissance pour faire le bien ? Comme Monsieur le Paladin."

L'idée du petit garçon, d'envisager l'utilisation de son pouvoir, redonne à Léonard un peu d'espoir en l'avenir. Si l'enfant envisage d'utiliser sa magie pour le bien, même si son pouvoir est tourné vers la destruction, rend l'idée plus plaisante. Surtout quand il s'agit d'un descendant de démon.

"Si tu le crois tout au fond de ton cœur, je suis sur qu'un jour tu vas y arriver, mon fils."

Le jeune garçon lui répond par un magnifique sourire avant de partir s'amuser avec les autres.

Balthazar Octavius Barnabé Lennon remarque, une étrange silhouette se rendre en direction de la maison familiale. Un sentiment déconcertant traverse l'esprit du jeune. Il ne comprend pas la raison de ce sentiment, comme une impression de déjà vu. Le garçon hausse les épaules avant de rejoindre les autres enfants du quartier.

La silhouette entre dans la boulangerie sans se faire remarquer. Le boulanger travaille sa pâte. Les apprentis surveillent la cuisson ou servent le pain. L'ombre traverse l'espace, personne ne fait attention à lui, pour se rendre vers la salle de vie, où est installée la femme qui s'occupe de coudre des nouveaux vêtements.

"Bonjour Maria." Prononce la personne faisant sursauter la dame qui s'aperçoit de la présence du démon en face d'elle.

"Enoch ? Que viens-tu faire ici ?"

"J'espérais que tu sois en pleurs. Que tu aurais besoin de consolation après la perte de notre fils. Mais je viens de le croiser à l'instant, riche de vivacité et de curiosité. Un bon petit garçon, plein de vie."

La mère de famille est à la fois bouleversé par son apparition, mais elle se demande si ce dernier est venu lui enlever son fils, ou son cœur. La couturière reste séduite par la beauté maléfique d'Enoch, cependant elle est prudente face à lui.

"Ne t'inquiète pas, ma chère Maria." sourit-il en l'embrassant dans le cou. "Je ne suis pas venu te voler notre fils. Du moins pas pour le moment. Il est encore trop jeune, trop immature. Son pouvoir n'est pas encore assez développé. Et il doit apprendre beaucoup de ce monde. Il doit découvrir que ce dernier est cruel."

"Non, je suis sur qu'il ne va pas être comme toi." répondit la couturière sans pouvoir s'opposer aux envies d'Enoch de longer sa nuque avec les lèvres de l'ombre.

"Parce qu'il est élevé par ce boulanger ? Par cette Matriarche qui va bientôt périr ? Par ce piètre paladin qui n'a pas su m'arrêter ? Tu oublies qu'il a mon sang. Qu'il est la chair de ma chair. Un jour, il viendra avec moi. Et tout ton amour envers lui ne pourra l'arrêter."

Au moment, où il finit ses mots, qu'il appose ses babines sur les siennes, le boulanger entre à l'intérieur de la salle de vie. Pour n'importe quel mari voyant sa femme se faire embrasser de la sorte dans la maison familiale, une dispute avec sa femme, ou une bataille avec l'homme serait terrible. Mais Léonard n'est pas stupide. Il sait, sans le sentir, que cette personne n'est pas humaine. Qu'il s'agit sans doute du démon, ayant pris une forme humaine, pour venir embrouiller l'âme de la jeune femme et tenter une approche envers son fils. Léonard ne bouge pas, car il n'a aucune chance face à un être des ténèbres. Ce dernier lève un petit sourcil de surprise avant de poser un dernier baiser sur le front de la femme.

"Bonjour, cher Boulanger. Merci de vous occupez de mon fils. Je me présente, Enoch. Ne vous inquiétez pas. Je vous laisse votre femme, pour le moment. Vous avez bien compris que vous ne ferez pas le poids face à moi. Mais si vous le souhaitez, un jour je pourrais vous proposez un juteux contrat, si vous avez besoin de mon d'aide." sourit le démon.

Léonard ne se laisse pas berner et rend juste le regard envers la créature des ténèbres, qui se lasse rapidement de ce dernier.

"A bientôt ma mie." finit le démon en partant.

Pendant la rencontre parentale, les enfants jouent tranquillement dans les ruelles. Certains sont curieux du pouvoir de B.O.B et lui demande de réaliser des formes avec le feu, se que l'enfant refuse à la grande déception des filles et aux moqueries des jeunes garçons. Les jeux et les discussions s'arrêtent quand un groupe d'adolescent arrivent.

"Ouais, tu dis que tu sais manipulé le feu. Mais peut être c'est pas vrai !" dit un blanc-bec, costaud, fils de forgeron.

"On l'a jamais vu jeter des sorts. Il sait peut être rien faire." rigole un autre plus fluet avec un sourire mesquin.

B.O.B ne se laisse pas impressionner par les adolescents.

"Monsieur le paladin et mon papa m'ont toujours dit, de ne pas utiliser mon pouvoir n'importe comment." explique l'enfant fragile.

"Et tu fais toujours se que dit ton père? C'est le fifils à son papa. Qu'est-ce que tu vas faire ? Allez pleurer dans les jupons de ta mère ? Mouuuiin, maman, on m'a traité de nul !" se moque les garçons en entourant le jeune enfant qui tremble légèrement devant les brutes de son village, mais essaye de le masquer.

Voyant la situation se détériorée, la plupart des filles partent sans demander leur reste. Les garçons les plus frêles et fragiles s'échappent pour ne pas subir le même courroux que B.O.B. Car ces adolescents sont réputés pour être de vrais imbéciles violents.

"Si t'es si fort que ça, tu vas nous suivre dans la forêt. Hein, le mioche ?" sourit le plus grand en attrapant le petit garçon par les bras. Ensemble, les cinq garnements le bâillonne pour qu'il n'attire pas l'attention des adultes. Ils lui attache les mains dans le dos, les pieds afin de ne pas les blesser pendant qu'ils le portent.

"Mon arrière grand mère dit même que tu es l'enfant du diable. On va voir ça." rit un autre garnement entraînant l'enfant apeuré vers la forêt. Sans se douter qu'une petite fille dans le coin de la rue observe. Rapidement, elle se précipite vers des adultes pour avertir de se qui se trame.

Dans la forêt, B.O.B continue de se débattre pour échapper au projet mesquin de ses bourreaux, décidés de tester la véracité des propos et des rumeurs. Jaloux de l'attention de certains des adultes envers ce dernier. Ils le posent auprès d'un tronc, les mains et les pieds toujours attachés. Le bâillon dans la bouche afin de l'empêcher d'appeler au secours.

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On le tabasse ?" propose l'un des garnements.

"Non, j'ai bien mieux que ça. Apparemment une créature terrifiante habite dans la forêt, dans une caverne pas loin de là." décrit le chef de la bande avant de sortir de son sac une paire de silex. "On va attirer la créature avec du feu. Si monsieur Balthatruc Octapuce Banane sait manipuler le feu, il va pouvoir détruire la créature. Sinon, s'il ment. Bah il va se faire manger." rit-il.

"C'est pas un peu méchant ?" hésite l'un des loubards.

"C'est pour ça qu'on le fait. C'est plus marrant. Et puis, si c'est le fils du diable, comme ta vieille le dit, alors on va sauver le monde d'un grand danger." finit le chef de la bande en s'approchant de la caverne avec les silex en main.

B.O.B assiste impuissant à ce déballage de bêtises. Il connait aussi la légende du monstre dans la forêt, raconté par les voyageurs. Une sorte de loup, gigantesque, pouvant marcher sur deux pâtes comme les humains. D'après ces mêmes hommes, elle se nourrit de personnes égarées et ne laisse que quelques traces de son repas par des morceaux de chairs et du sang.

Le jeune garçon ne sait plus quoi faire, coincé par ses entraves. B.O.B réfléchit, comme son père lui a enseigné, à la meilleure solution concernant son problème. Mais à part l'aide d'adulte, il ne peut rien faire d'autre. L'enfant ne peut pas utiliser la magie pour sortir de là. La forêt brulera, lui et les autres enfants seront en danger. Fermant ses yeux qui se remplissent de larmes, le jeune garçon ne voit pas les braises tombées dans le feuillage, sec, non loin de la caverne. Les garnements se sauvent en rigolant, tandis que le tison se transforme en flammes. Et de ces flammèches nait un bucher intense. Une chaleur importante que le foyer du four de son père. En cette année, le soleil frappe fort, le vent est sec et la pluie n'est pas tombée en abondance. Les feuillages, les branches, la végétation sont secs. Tous ses facteurs offrent à la fournaise de prendre rapidement, afin de devenir un immense incendie qui terrifie B.O.B incapable de se concentrer sur les flammes, car un cri horrible se fait entendre.

Entre les flammèches, se dessine une silhouette immense. L'ombre a des allures humaines, possédant de longs et volumineux cheveux. Mais peu à peu, l'individu apparait distinctement à travers l'incendie. Une sorte d'humanoïde, possédant une tête de loup, une queue dépassant de ce corps et de grandes griffes au lieu des mains. A part ces trois endroits, tout le reste du corps ne possède ni de poils et ni ressemble à être humain. C'est la première fois que le jeunot croise un être hybride. La terreur prend le dessus sur la curiosité. Il n'a jamais osé affronter un slime même accompagné par un adulte.

Les yeux du monstre fixent attentivement le petit garçon. Un hurlement mi-humain, mi-bête provoque au petit être un nouveau sursaut de terreur. Entre les flammes, la créature se pose sur ses quatre pattes, les griffes plantées dans le sol, la langue pendante, désireuse de vengeance et affamée. Elle entame sa course effrénée vers B.O.B qui fera office de déjeuner, avant de s'occuper des autres citadins ayant briser le repos dans son sanctuaire.

L'enfant se met en position fœtale, du mieux qu'il peut, suppliant au fond de lui que tout ceci n'est qu'un rêve. Les griffes apparaissent au dessus de sa tête et finissent leur course sur le métal d'un large bouclier.

"Je suis là Balthazar." halète le paladin en préparant la défense de son protégé.

L'animal frustré par l'intervention de l'adulte se met à sauter dans les arbres embrasés se cachant de son regard. La matriarche arrive à son tour avec son bâton pour être aux côtés du guerrier du foi. Ils cherchent l'animal, mais entourés par la chaleur et par la fumée, la tâche se complique. Cela revient à chercher une aiguille dans une meule de foin.

"Je peux invoquer les cieux, pour demander à la pluie de tomber. Mais il me faut un du temps." souffle la chef de tribu à l'écoute de tout mouvement par l'étrange créature.

"Elle rode toujours." souffle le paladin, conscient que la créature ne les lâchera pas, même si sa vie est en jeu.

B.O.B est toujours sous le choc. Incapable de comprendre le moindre mot de ses aînés, toujours bâillonné et attaché. Le paladin délivre le petit garçon, puis le prend par les épaules et le regarde droit dans les yeux.

"Balthazar! Ecoute moi! Regarde moi ! Se que je vais te demander est très important. Ca peut nous sauver et la ville aussi. Il faut que tu contrôle les flammes. Ou essayer de les éteindre. Est-ce que tu peux faire ça ?"

"Mais, le monstre ?" balbutie le petit garçon inquiet.

"Je suis là pour nous protéger. Florence s'occupe d'invoquer la pluie. Concentre toi uniquement sur les flammes."

L'enfant observe les yeux suppliant de l'adulte. Le garçon comprend qu'il est nécessaire d'utiliser sa puissance. Se rappelant les séances de méditation avec le paladin, de son expérience avec le feu du foyer. B.O.B observe les flammes autour de lui. Il doit les confiner. Les réduire. Devenir des petites braises. Il faut qu'il les domine, qu'il soit plus fort qu'elles.

Balthazar Octavius Barnabé tend les mains devant les flammes. Garde les yeux ouverts et sent quelque chose en lui. La puissance coule dans ses veines. De ces petites pinces, il sent que peu à peu, le contrôle des flammes vient à lui. L'incendie qui les entoure, devient un brasier moins important. L'enfant continue de se concentrer pour calmer les flammes.

La matriarche réalise son invocation de la pluie. Soudain le hurlement résonne à nouveau. Lennon reste concentrer même si la terreur est présente dans son petit corps. Du haut d'un des arbres en feu, la créature essaye d'attraper la petite proie. Hélas elle a un autre adversaire. Le paladin qui repositionne sa lame pour frapper l'être hybride.

Le monstre sent qu'il va devoir s'attaquer au guerrier de foi. La créature ouvre sa grande gueule pour asséner un coup mortel au paladin et lui croquer la tête.

Le héro installe son bouclier dans la bouche du monstre qui se fracasse les dents dessus. De douleur et de rage, la créature envoie valser le paladin contre un immense tronc. Légèrement assommé, le guerrier de foi aperçoit l'être hybride se tournant vers l'enfant, toutes griffes dehors. Pendant que le pauvre B.O.B tente de contenir les flammes.

Le paladin aperçoit la position de la créature, indiquant son attaque et les derniers instant de l'enfant. Le guerrier de foi veut lui hurler de s'enfuir. Heureusement la matriarche se retourne et d'une langue ancienne interpelle la dite créature. L'être hybride peu ravie de se qu'elle entend se précipite à toute jambe pour embrocher la chef de famille devant les yeux du petit garçon et du paladin.

"Je t'ai eu, vile créature." souffle Florence.

Le tonnerre gronde, la pluie tombe éteint les flammes et un éclair attaque le bâton de la matriarche qui a touché le buste de la créature avant de mourir. Électrocutée par la foudre, l'être grésille, hurle et se tord de douleur avant de s'effondrer sur le sol sans vie.

B.O.B choqué, se recroqueville sur lui-même. Il sait parfaitement que ce n'est pas de sa faute, mais voir un de ces précepteurs mourir devant ses yeux, par la bêtise humaine, rempli son cœur de peine. Cette tragédie renforce sa volonté de contrôler sa puissance et ne pas l'utiliser pour le mal.

Doucement, sous la pluie, le paladin ramène l'enfant à la ville. Les citadins ne voyant pas la matriarche, ils se posent la question de cet absence et la raison qui a poussé le petit garçon a partir dans la forêt.

Encore choqué, il ne peut pas mettre des mots sur ce qu'il a vécu. Les anciennes du village racontent leur rumeur : l'enfant est le fils du diable. Les adolescent acquiescent en disant qu'ils ont vu Lennon partir avec eux dans la forêt pour vaincre la créature. Qu'ils ont tenté de l'en empêcher.

Mais la petite fille sort du lot en se postant devant Lennon, comme pour le protéger, furieuse.

"Nan, c'est pas vrai ! J'ai vu ces adolescents portant Bob et l'emmenant dans la forêt. J'ai eu peur. J'ai tout de suite été chercher Madame Florence et Monsieur le Paladin pour aller le sauver. J'ai vu revenir les autres garçons, sans lui."

"Menteuse !" hurle les garçons.

"Ah bon ? Et pourquoi ce dernier a été attaché et bâillonné à un arbre ?" demande le guerrier de foi en ayant encore dans une main les restant de ce qui a entravé le jeune enfant. "A cause de vos bêtises, une personne est morte. Et B.O.B a faillit mourir aussi. La ville et toute la forêt pouvait brûler. La créature pouvait vous dévorer. Qu'est-ce qui vous a prit ?" hurle-t-il de plus belle, rendant les familles des adolescents honteuses.

"C'est lui qui nous a dit de le faire. Qu'il prouvera que Bob est le fils du diable. Et que s'il meurt se n'est pas grave." répond un des loubard de la bande, en montrant son chef.

"Ouais, c'est ça. Et tu crois qu'on va te croire." sourit l'inculpé qui ne semble pas être inquiété, jetant un regard noir à Balthazar.

"Non, c'est vrai monsieur. C'est lui qui fait souvent les bêtises." souffle un petit garçon, caché derrière son père, aussi frêle et fragile que le jeune pyromage.

"Très bien, je vais en discuter avec chacun d'entre vous et vos parents. En attendant, je ne veux qu'aucun enfant n'aille dans la forêt sans la présence d'un adulte. B.O.B, rentre chez toi." finit le paladin, alors que l'enfant part, les yeux rouges, vers les bras réconfortants de sa famille, encore traumatisé par se qu'il a vécu.

Au loin, Enoch, le géniteur du semi-diable observe les événements. Marchant au travers des cadavres de la créature et de la matriarche. Il sourit en ayant assisté au combat. Le démon est satisfait de l'acquisition du pouvoir de sa semence.

"Oui, dans quelques années, il va être intéressant de te revoir, mon fils."

A suivre...