Bonjour !
Merci pour les reviews, moi-même ça me fait bizarre d'écrire sur un tel couple mais au final, je me prends vite au jeu et vos retours m'ont fait très plaisir ! Je continuerai donc à écrire cette fiction finalement. Bonne lecture !
23h Central, Edward trainait sans but dans les rues de la capitale. L'air frais s'engouffrait par tous les côtés, rafraichissant sa peau sujette à de nombreuses chaleurs depuis ces deux derniers jours. Sa conversation avec le lieutenant colonel l'avait troublé plus qu'il ne voulait bien l'avouer. Lui amoureux ? C'était la plus grande blague qu'on ne lui avait jamais raconté, aussi invraisemblable qu'Havoc qui se faisait passer pour un conseiller en histoire de cœur. Quand bien même il aurait raison, c'était impossible qu'il ressente ce genre de chose envers son propre petit frère. C'était juste une passade qui ne tarderait pas à faire partie du passé.
Au bout d'une nouvelle demi-heure à tourner en rond, l'aîné Elric décida de rentrer à son appartement, Alphonse devait dormir depuis un moment. Il n'aurait donc pas à se justifier de sa soudaine absence. Arrivé au pied de son appartement, il rentra dans l'accueil, saluant brièvement le maître d'hôtel, il monta les escaliers et s'arrêta quelques instants à destination. Une bonne nuit de sommeil lui permettra sûrement de se remettre les idées dans l'ordre. Abaissant la poignée, il se rendit alors compte que les lampes étaient toujours allumées, Alphonse ne dormait toujours pas ? Edward eut sa réponse en découvrant son cadet affalé sur la table de la salle à manger, entouré de nombreuses feuilles volantes gravées de théories étrangères et de cercle de transmutation. Il s'approcha doucement pour ne pas le réveiller et dégagea quelques mèches châtaines cachant son beau visage d'ange. Edward ne put s'empêcher un instant de trouver son frère magnifique, son corps se soulevait et s'abaissait sous une respiration peu bruyante.
De peur qu'il n'attrape froid, le jeune blond tâcha le plus silencieusement du monde de le traîner – vu la carrure que son frère avait attrapé c'était le bon mot – jusque sa chambre. Il déposa son corps sur les draps et dû se faire violence pour lui retirer ses vêtements afin de le mettre à l'aise. Peu à peu, la peau légèrement bronzée d'Alphonse apparu au fur et à mesure que ses vêtements rejoignaient le sol de la pièce. La vision de son cadet à moitié dénudé lui coupa le souffle. Il hésita un moment à quitter la chambre pour se calmer mais renonça en se laissant bercer par sa respiration régulière.
Il se souvint un moment des nuits où Alphonse, Winry et lui dormaient ensemble dans le même lit. A l'époque, ils étaient toujours innocents et naïfs mais maintenant, il n'oserait plus se glisser sous les mêmes draps que son vis-à-vis.
- Edward…soupira le cadet dans son sommeil.
Les battements de son cœur s'affolèrent. Non, ça n'allait pas recommencer comme ça. Edward se dépêcha de recouvrir son corps avec les couvertures et quitta la chambre non sans un regard tendre envers son petit frère. Marchant lentement vers la salle de bain, il observait un moment son reflet dans le miroir. Une légère coloration s'installait sur ses joues et se propageait le long de son visage, il se sentait comme une petite minette face à son meilleur ami d'enfance pour qui elle développait des sentiments. Eh bah…il était beau le Fullmetal, le héros du peuple, totalement décontenancé en voyant son frère presque nu. Soupirant face à cette pensée, il s'engouffra dans la douche pour se rafraichir l'esprit avant de retourner se coucher.
Le lendemain, Edward se réveilla de bonne heure, cette nuit avait été plus clémente que la précédente. Pour une fois, l'image de son frère n'avait pas surgi une seule seconde. Détendu et de bonne humeur, il retira ses draps et se dirigea d'une traite vers la salle de bain. Le silence accompagnait ses gestes, Alphonse devait encore dormir. Il en profita pour jeter un coup d'œil à ses travaux tout en peignant ses longs cheveux blonds. Il devrait songer à les couper, bientôt, ils dépasseraient la longueur de ceux de Winry. Une fois sa tignasse dressée en queue de cheval, Edward se concentra davantage sur les notes prises à droite et à gauche de la table. Il souriait en apercevant de temps en temps quelques gribouillis n'ayant rien avoir avec l'exirologie. Alphonse dessinait très bien, c'était la première fois qu'il le remarquait, il fallait dire que dans cette armure, les loisirs du cadet Elric se résumaient à l'alchimie et la recherche de la pierre philosophale.
Revenant doucement à la réalité, Edward se servit une tasse de café tout en continuant sa lecture. Alors qu'il achevait les explications de l'alchimie de Xing, la porte de la chambre d'Alphonse s'ouvrit. Celui-ci était habillé de la même façon qu'Ed l'avait laissé le soir : en simple boxer.
- Coucou frangin, dit-il en baillant.
- …salut… !
Voir se balader son frère dans cet accoutrement ne devrait pas poser de problème, vu qu'il le faisait lui-même de temps en temps. Pourtant, le visage légèrement tendu d'Edward lui laissa présupposer qu'il se trompait.
- Tu n'as pas encore déjeuné ? Demanda Alphonse en trainant des pieds jusque la cuisinière.
- Non, je t'attendais.
Le plus jeune poussa un long soupire en ouvrant le frigo.
- Qu'est-ce que tu fais quand je ne suis pas là, tu ne sais même pas de cuisiner des pâtes !
Suivant ses paroles, il sortit tour à tour de quoi leur concocter un petit déjeuner suffisant pour nourrir un régiment. Connaissant l'appétit légendaire de son frère, Alphonse n'hésitait pas à en faire de trop, de toute façon, le petit blond était une vraie poubelle ambulante.
- Pourquoi apprendre alors que tu es là ? Répondit Edward avec un grand sourire.
- Un jour, je ne le serai peut-être plus, il faudra que tu te prennes en main, grand-frère…
- Parce que tu comptes me quitter ?
Cette question resta un suspend pendant plusieurs minutes, sa spontanéité surprit Alphonse, s'immobilisant les yeux rivés sur la boite d'œufs. Passé la surprise, il ouvrit le tiroir pour en sortir une longue poêle qu'il déposa sur la plaque chauffante. Son absence de réponse mit l'aîné mal à l'aise, il n'avait pas songé que son petit frère voudrait s'installer ailleurs, seul, ou bien même avec une petite amie. Refusant de paraître égoïste aux yeux de sa seule famille, il s'empressa de briser la glace.
- Mais il est évident que quand tu auras ta propre maison, je m'inviterai pour manger.
Cette remarque rendit le sourire à Alphonse qui l'afficha clairement devant son vis-à-vis, il y comptait bien, même s'il imaginait que les premiers jours sans lui seraient différents, voire difficiles.
- Au fait, Al, tu as une petite copine ?
Face à ses œufs brouillés, Alphonse réprima un sursaut. C'était si soudain de sa part et il ne savait pas par où commencer. Le comportement de son frère était si étrange ces derniers jours qu'il n'avait pas osé en parler. Réduisant la puissance de la plaque, il se tourna vers le petit blond, le regard tendre.
- Eh bien…je ne peux vraiment rien te cacher ! Lança-t-il joyeusement.
Le bonheur d'Alphonse lui explosa au visage. Edward sentit sa poitrine le brûler et le mit sur le compte du café trop chaud, ses lèvres s'étirèrent dans une réaction qui se voulait spontanée mais totalement fausse. Il aurait dû s'en douter, c'était pourtant évident qu'un garçon comme Alphonse Elric, l'incarnation de la douceur et de la gentillesse, ne resterait pas longtemps sur le marché des cœurs à prendre. Ed baissa les yeux sur le tas de papier éparpillé sur la table afin de ne pas croiser le regard de son frère.
- J'ai hâte de te la faire rencontrer, ajouta-t-il plus bas.
Tu es bien le seul, pensa-t-il douloureusement. Il attendit qu'Alphonse retourne à sa cuisine pour lui jeter un regard déçu. Les mots d'Havoc se ressassaient dans sa tête, peut-être devrait-il lui poser plus de question sur ce sentiment qui rongeait son corps. Il n'en était plus à dire que son cadet n'avait rien avoir avec tout ça, il en était sûr maintenant, Alphonse en était même la cause principale.
- Et voilà ! Une omelette de Xing ! S'exclama-t-il en lui déposant son assiette entre deux feuilles.
- Merci, répondit-il dans un soupir.
Tout le long du repas, il n'adressa pas un regard à son vis-à-vis, ils échangeaient naturellement des mots, autour de l'alchimie et des pays étrangers mais la complicité d'autrefois n'y était plus. A la fin du déjeuner, Edward se leva, décrétant qu'il devait absolument aller voir Mustang pour une information importante. Alphonse ne s'interrogea pas plus et lui souhaita une bonne journée, ne se doutant pas un moment du dilemme intérieur qui se jouait sous ses yeux.
9h30 Central, la team Mustang travaillait de bon matin sur une pile de dossier provenant du nord, un conflit menaçait d'éclater entre Amestris et Drachma. L'assistante personnelle du généralissime Roy Mustang, Riza Hawkeye, veillait au grain et au moulin, armée de son fidèle gun. Au bout d'un moment, elle fut obligée de sortir pour réclamer des documents confidentiels à Sheska. Les hommes en profitèrent pour souffler et prendre une petite pause dans le dos de leur bureau.
- J'en peux plus…grogna Roy en s'étirant sur son nouveau siège en cuir. C'est encore plus un tyran depuis que c'est mon assistante…
- Mais vous, vous n'avez pas à vous taper les tours de garde après le boulot, râla Havoc. Je n'ai pas eu l'occasion de voir Karen depuis trois jours à cause de cette foutue nouvelle loi.
- Tu parles de la fille que j'ai vue la dernière fois, avec les cheveux secs et le rire d'oie ?
- Eh, je vous interdis de parler d'elle comme ça, elle est merveilleuse ! Ce n'est pas parce que vous êtes incapable de vous poser avec une femme que vous devez être jaloux !
Roy se redressa avec un air un peu plus professionnel.
- Moi, jaloux ? Voyons Havoc, je peux avoir n'importe quel femme à ma porte maintenant, tu penses vraiment que je serai jaloux de ton amourette de passage ?
Jean renonça à argumenter, de toute façon, il trouverait toujours quelque chose à redire sur ses conquêtes.
- Ca me fait penser, je crois que le Boss est amoureux. Enchaîna-t-il en ignorant les messes basses de ses collègues.
- Le Fullmétal ? Amoureux ? De sa mécanicienne, j'imagine.
- Il m'a dit que non mais je pense qu'il y a anguille sous roche.
- Je parie 10 boules qu'il se prend un râteau, déclara le lieutenant Breda en levant une liasse de billet.
Les autres ne tardèrent pas à surenchérir l'offre. Au final, le sous lieutenant Falman proposait 10 de plus pour qu'Edward ne passe pas plus d'une semaine avec, Kain en ajouta 5 qu'il n'oserait pas se déclarer à la fille en question.
- Tiens, vous ne pariez pas mon Excellence ? Fit remarquer Havoc.
- Je pense que le Fullmetal est capable de la garder pendant au moins un mois.
Sa soudaine confiance en Edward étonna ses subordonnés, qui prirent tout de même ses paroles comme une enchère supplémentaire. Soudain, la porte s'ouvrit sur Hawkeye et tous se remirent au travail, impatient de connaître le vainqueur du pari.
Edward profita du premier tour de garde des militaires pour chercher quelqu'un capable de le renseigner. Plusieurs nouvelles recrues l'accostèrent pour le saluer et en savoir plus sur lui. Il répondit vaguement à leurs demandes, elles concernaient toutes ou presque ses connaissances alchimiques ou alors les légendes qui entouraient le généralissime. Lorsque l'ordre de dispersion fut donné, il put enfin respirer et chercher les subordonnés de Mustang des yeux. Cela lui prit un bon moment mais il finit par reconnaitre la fumée des cigarettes de Havoc dans cette foule d'uniforme bleu.
Malheureusement pour lui, Jean était accompagné de Breda et Fuery, il ne pouvait donc pas débarquer comme ça et poser franchement sa question au grand blond. Il n'eut pas vraiment le temps d'y réfléchir car le lieutenant colonel le vit au loin et l'invita à les rejoindre.
- Salut Boss, vous trainez bien souvent aux environs du quartier général ces temps-ci. Moi qui pensais que vous détestiez l'armée.
Edward haussa les épaules, il était vrai que l'armée ne lui avait jamais incité confiance. Son collier de chien l'avait assez serré et relié au pays pendant sa quête. Seulement, à travers toutes ses aventures, il avait rencontré des personnes un peu plus intéressantes, bien qu'elles fassent partie de l'armée. C'était le cas des subordonnés de Mustang, ils avaient essayé de l'aider malgré la faute qu'il avait commise et ça, il ne l'oublierait jamais. Le petit blond se joignit aux hommes en uniforme pour un petit tour des quartiers de Central.
Omettant un moment la raison de sa venue, Edward se joignit volontiers aux discutions des trois militaires. Tant qu'elles touchaient de près ou de loin au généralissime, il ajoutait volontairement une petite insulte qui faisait son petit effet. Au bout d'un moment, les trois hommes se regardèrent avant de poser une question qui leur brûlait les lèvres depuis le début de la matinée.
- Edward, c'est de qui que tu es amoureux ? Bredouilla Kain désigné par ses collègues.
Il se braqua automatiquement, les traits de son visage se tendirent. Il était venu pour ça oui, mais pas pour se faire interroger à ce sujet-là…vraiment Havoc ne savait pas garder sa langue dans sa poche. Edward enfonça nonchalamment ses mains dans son pantalon en regardant le ciel.
- J'en sais rien, je sais même pas si je le suis, répondit-il sèchement.
Son énervement n'échappa pas à Havoc qui déposa sa main sur l'épaule de l'ancien alchimiste.
- Allons Boss, ne vous énervez pas, on peut vous aider vous savez.
- Je ne vois pas comment.
- Havoc a raison, Edward, t'as aucune expérience avec les filles mais ça, on peut te l'apprendre ! Renchérit Breda.
Avec les filles…ça doit être la même chose qu'avec les garçons, songea-t-il un moment mais il ne pouvait pas se résoudre à tout leur avouer. Deux soucis majeurs s'opposaient aux opinions qu'ils se faisaient de lui : premièrement, c'était de son frère dont ils parlaient et deuxièmement, il a déjà une copine.
- Mais…reprit Havoc en frottant laconiquement l'épaule du petit blond, si tu veux d'abord en être sûr, je te conseille de passer du temps avec elle. C'est quelque chose qu'on ressent forcément, genre dans ton cas, t'es maladroit et pressé. Si tu es comme ça à chaque fois que tu es avec elle, bingo, t'es amoureux.
Les explications évasives de Jean ne rassurèrent pas Edward. Bizarre, oui, il l'était en compagnie d'Alphonse mais de là à dire qu'il était amoureux de son propre frangin ? Cette idée le répugna. Il termina la ronde sans dire un seul mot. Alors qu'ils retournaient calmement vers le quartier général, Edward aperçut une silhouette familière dans une cabine de téléphone. Il indiqua aux militaires de continuer sans lui, prétextant un oubli dans sa chambre d'hôtel.
Une fois débarrassé des sbires de Mustang, il se faufila discrètement en direction de la cabine, un sourire aux lèvres en voyant que c'était bien Alphonse qui passait un coup de fil. Il se demanda un moment pourquoi son cadet n'utilisait pas le téléphone de l'appartement mais oublia bien vite lorsque sa voix parvint à ses oreilles. Le petit blond se rapprocha davantage pour distinguer les paroles d'Alphonse.
- Bien, moi aussi je suis content que tout se passe bien à Xing. J'aimerai tellement que tu viennes à Central et que tu rencontres Edward. Oui, bien sûr.
Il comprit aisément que son frère était en pleine conversation avec sa fameuse petite amie. Son corps lui disait de partir avant de le regretter mais sa curiosité le clouait au sol, il attendait derrière la cabine que la communication se termine.
- Je vais devoir te laisser. Oui. Moi aussi, je t'aime.
…pourquoi était-il resté ? Sa poitrine l'étouffa à nouveau et cette fois, il n'avait pas de café sur lequel jeter la faute. Il déposa une main sur la vitre en entendant le bruit du combiné remis en place et pria pour qu'Alphonse ne le voie pas en sortant. Edward serra les dents sous l'afflux d'information délivrée dans sa tête, il voulait crier mais ne pouvait pas, que pourrait-il dire ? Il était idiot c'est tout, amoureux, mais idiot.
Fin du chapitre.
J'espère que ça vous aura plu, n'hésitez pas à me le dire en Review, bonne soirée !
LMG
