Bonjour !
Désolée du temps que ça m'a pris pour reprendre, c'est la fin de l'année et entre aller rechercher mes résultats, préparer mon cosplay, mes séances de sport et mes répétitions théâtres, c'était un peu dur de trouver du temps et des idées. Sinon merci des commentaires, ça me fait très plaisir !
Emilie-Okami: Merci beaucoup pour tous tes commentaires, ça me fait très plaisir ! C'est aussi la première fiction de Al/Ed que je fais, je me demande aussi comment ça va finir, c'est le pire xD
Katsuyamadoka: Merci également, ça me fait plaisir et ça m'encourage pour la suite, c'est super sympa !
Sur ce, Bonne lecture !
Contrairement à l'accoutumé, Edward se leva très tard, le silence de l'appartement et sa fatigue de la veille lui avait permis de passer une nuit agréable. Pour la première fois depuis quelques jours, il souriait en voyant son reflet dans le miroir. Il avait eu le temps de cogiter hier soir, suite au refus que lui avait affiché son frère devant son rapprochement. Le jeune blond lui en avait longuement voulu, jusqu'à penser à changer de logement jusqu'à ce que les choses se calment. Pourtant, Alphonse restait son petit frère malgré tout, il se devait de le protéger, également contre lui-même. Quel genre de monstre était-il pour le troubler alors qu'Alphonse vivait le bonheur parfait après toutes ces années de souffrance ?
Fier de sa nouvelle mais douloureuse résolution, Edward traina ses pieds jusqu'au salon, une note sur la table lui indiquait que l'objet de ses pensées était sorti pour un petit moment et qu'il devrait se nourrir tout seul aujourd'hui. J'espère juste qu'il a oublié ce qu'il s'est passé hier…songea-t-il en se servant une tasse de café. Son regard se dirigea instantanément sur un cadre décorant la commode de l'entrée. Elle avait été prise par Pinaco une fois qu'ils étaient rentrés avec leurs corps respectifs. Edward étranglait presque Winry et Alphonse dans un câlin qui se voulait amical, tous les trois souriaient. Peut-être devrait-il appelé sa mécanicienne, prétextant un défaut sur son automail, il pourrait quitter la capitale au moment où la copine de son frère viendrait. Pour le moment, il devait tuer le temps jusqu'à ce qu'il rentre.
Au début, il synthétisa les notes à base d'éxirologie qu'Alphonse avait laissé sur la table de la cuisine. Au fur et à mesure qu'il parcourrait les feuilles, il se laissa divaguer à dessiner différentes figures dans son carnet. Certaines prenaient des formes tandis que d'autres se créaient dans l'imagination du petit blond. Il soupira un instant, s'étirant le haut du corps sur la table, se promettant qu'il avait pris la bonne décision.
- Ed, je suis rentr'… ! S'exclama Alphonse en passant la porte.
Il s'interrompit brusquement en voyant son frangin affalé sur sa chaise, la tête penchée en arrière laisse entrevoir son fin visage bronzé naturellement. Le plus jeune ne put que sourire à cette vision, il était tellement serein ainsi, ça changeait de son caractère colérique. Il s'approcha de lui dans le plus grand des silences et jeta un coup d'œil au carnet en cuir noir qui se trouvait au beau milieu de la table. Il reconnut les termes qu'il avait employés dans ses propres notes et se permit de tourner les pages pour en lire ses déductions. Alphonse était impressionné, il savait son frère malin et ingénieux mais ce qu'il lisait dépassait totalement ses connaissances. Après tout, ce n'est pas pour rien qu'il avait passé l'examen des alchimistes d'état aussi jeune.
Au bout d'un moment, il tomba sur les dessins d'Edward, se moquant par endroit des représentations grotesques qu'il avait fait de Mustang ou même de Pinaco. Cependant, son sourire s'effaça en voyant un dessin plus triste sur la dernière page marquée de crayon. Un petit bonhomme avec un épi sur la tête et une tresse attendait les bras croisés et le visage triste. En dessus de lui était inscrit le mot « Hapiness », dont les lignes tremblaient légèrement.
- Ed…souffla-t-il en refermant le carnet. Je te promets que ça va changer.
Il le remit à l'endroit exact où il l'avait trouvé. Pourtant, malgré ce détail, il ne pouvait s'empêcher de trouver le visage d'Edward radieux, plus joyeux que la veille, peut-être se trompait-il sur le sens de ce dessin.
Afin de se changer les idées, il décida de cuisiner un des plats préférés de son frangin en attendant qu'il se réveille. C'était un conseil de Gracia : « essaie de lui faire plaisir, ce serait un bon début ». Il avait ensuite attendu vingt minutes dans les magasins, juste pour acheter tous les ingrédients.
- Alphonse…dit Edward toujours assis nonchalamment sur sa chaise.
Il se tourna, croyant que son frère s'était réveillé au bruit ou à la chaleur des plaques de cuisson mais il semblerait qu'il parle en dormant.
- Viens…
Dos à lui, Alphonse sursauta, la voix de son frère était plus grave qu'à l'accoutumé, il ne l'avait jamais entendu parler sur le ton. Il arrêta un moment ses cuissons et l'observa plus attentivement. Est-ce qu'il… tremblait ? Inquiet, le cadet avança à sa rencontre, fixant éternellement son visage. Celui-ci se colorait lentement d'un rouge qu'il n'exprimait que lorsqu'on le traitait de petit.
- Grand-frère ? Tu as de la fièvre ?
Sa bouche ouverte laissait transparaitre sa respiration de plus en plus saccadée. Alphonse craint un instant qu'il soit en plein cauchemar et déposa ses mains sur les épaules d'Edward, s'apprêtant à le réveiller quand :
- Je te veux…
Le châtain se figea sur place, les membres tendus, une expression choquée sur le visage. Une violente chaleur envahit son corps et il retira nerveusement ses mains de son frère. Edward avait prononcé ces mots sans gêne, la seule chose qui transparaissait dans sa voix c'était le puissant désir qu'il contenait. Alphonse recula jusqu'à son plan de travail où il reprit sa besogne sans aucun mot. Il n'avait pas rêvé, ce qui venait de se passer était plutôt…gênant. Il n'ignorait pas le malaise intérieur qu'il ressentait à ce moment-là. Sa première pensée alla à sa copine, sa seconde à son grand-frère. Alphonse Elric se secoua la tête en se disant une dernière fois que ce n'était que le rêve de son frère, en quoi un rêve pourrait avoir une incidence entre eux deux ?
Confortablement installé, Edward ouvrit peu à peu les yeux. La première chose qu'il rencontra, c'est la lampe au plafond qui l'éblouit un court instant. Son odorat développé en termes de nourriture l'obligea à reporter son attention vers l'assiette pleine de viande en face de lui. Tiens, Al est rentré ? Un coup d'œil à droite, un autre à gauche, la pièce était vide. Pourtant, son assiette était encore chaude, cela voulait dire qu'il n'était pas très loin. Ne se doutant pas un instant des raisons de son absence, il se jeta littéralement sur son repas, acceptant avec joie l'initiative de son frère.
Le jeune blond songea un moment à ce qu'il avait fait de sa journée. Au final, son frère et lui n'avaient pas encore passé une seule heure à discuter de leur voyage. Il était tout de même un minimum curieux mais il comprit vite que son attitude envers lui rendait un rapprochement plus difficile. Le seul rapprochement facile qu'il pouvait admettre, c'était lui qu'il venait de rêver. Rien qu'à y penser, ses joues rougirent violemment, ressassant dans sa tête les images d'un fantasme interdit. Le corps d'Alphonse sur son lit, son propre corps couvrant le sien, diverses caresses plus osées, des gémissements qui en disaient long sur le désir des deux garçons. Un désir proscrit, qui les ferait tous les deux chuter si quelqu'un s'en apercevait. Mais Edward se rendit à l'évidence, il n'y avait que lui qui tombait.
Une fois le repas engloutit, il déposa ses affaires dans l'évier et hésita un moment à faire la vaisselle. Finalement, il abandonna la pauvre argenterie sale, prétextant avoir mieux à faire. L'ancien alchimiste fit un petit tour dans la salle de bain. Dès son entré, l'air chaud et la buée présente sur le miroir lui permit de comprendre qu'Alphonse était également passé par là. Il jeta un bref coup d'œil à la douche, non pas pour se rincer l'œil à la vue d'un hypothétique corps musclé mais pour vérifier que celui-ci ne le surprendrait pas en plein acte de voyeurisme. Celle-ci étant vide, il s'y engouffra après s'être déshabillé, s'adossant contre le mur quand l'eau du pommeau ruisselait sur sa peau. Il soupira de bonheur tandis que les gouttes froides le refroidissaient, elles détendaient son corps troublé par l'image de son frère soumis à son désir.
Au bout d'une dizaine de minute, il sortit de la douche et entreprit de s'essuyer, il remarqua alors, trop tard, que toutes les serviettes avaient disparu. Il se demanda un moment si c'était la femme de ménage qui les avait volées pendant qu'il dormait ou si son frère lui préparait une farce. C'est donc nu et trempé qu'Edward entreprit de s'habiller, gêné par les tissus humides plaqués sur sa peau. Il râla à nouveau à ses longs cheveux gorgés d'eau impossible à coiffer.
- ALPHONSE ! Cria-t-il en ouvrant la porte de la salle de bain.
Cependant, personne ne lui répondit, il réitéra son appel, rien non plus. Edward s'inquiéta un instant, ça ne ressemblait pas à son frère une telle absence de réaction. Il accourut vers les différentes pièces de l'appartement où Alphonse avait l'habitude de faire le ménage et s'arrêta enfin devant sa chambre. Il aurait sûrement dû commencer par là.
- Al ? Appela-t-il en frappant trois coups à la porte.
Un faible grognement s'éleva à l'intérieur de la pièce. N'attendant pas une quelconque autorisation, Edward ouvrit la porte discrètement et regarda à l'intérieur. Aucune trace du jeune homme si ce n'était qu'une grosse boule formée en dessous des draps. Le blond claqua la porte, informant son propriétaire qu'il était entré. Lentement, il s'approcha du lit et s'assit au bord, ne quittant pas des yeux la forme d'Alphonse recroquevillée.
- Allez Al, qu'est-ce qui passe, t'as vu un fantôme ?
En prononçant ses mots, il déposa sa main sur ce qu'il devinait être son épaule. Toujours trempé, il ne fit pas attention à la couette qui s'imbibait d'eau au fil du temps. Las d'attendre une réaction de sa part, Edward saisit le haut du drap et le descendit jusqu'au visage de son cadet, étrangement rouge.
- Al ? T'as de la fièvre ?!
Paniqué, il se pencha davantage et déposa une main moite sur son front, il était chaud, beaucoup trop chaud. Edward courut en cuisine, fouillant dans la boite à pharmacie afin de trouver des médicaments ou de quoi soulager son petit frère. Il revint dans la chambre, armé d'une bassine, un thermomètre et plusieurs gants de toilette. Il en déposa un sur le front d'Alphonse, détaillant son visage fermé par la chaleur maladive. Je devrai le laisser se reposer, songea l'aîné se préparant à repartir.
- Ed…
- Oui ?
- Je suis désolé…
Surpris, Edward se retourna face au malade, il le toisait d'un petit regard, presque effrayé. Il ne comprit pas le sens de ses mots. Pourquoi s'excusait-il ? D'être fiévreux ? Ca arrive à tout le monde. Voyant qu'il ne gagnerait rien à lui poser la question, du moins pour le moment, il prit le chemin de la sortie en lui faisant un vague signe.
Pour la première fois depuis des années, Edward entreprit de faire la vaisselle. Alphonse malade, il ne se voyait pas le forcer de faire toutes les tâches ménagères qu'il avait évitées toute la semaine. La semaine…la copine d'Alphonse viendrait après, peut-être devait-il la prévenir que son frère était malade, ainsi, elle se dépêcherait de venir pour lui porter main forte. C'était une douloureuse initiative pour lui mais il se devait de le faire, après tout, il se l'était promis.
Ne voulant pas prévenir son cadet en lui demandant le numéro de sa promise, il fouilla dans les poches de la veste d'Alphonse. Il en tira plusieurs papiers contenant des numéros de téléphone.
- Comment je fais pour savoir lequel est le bon moi ? En plus, je sais même pas comment elle s'appelle sa copine.
La seule solution qu'il voyait c'était de composer tous les numéros les uns après les autres et espérer tomber ce soir sur le bon. Il s'installa donc sur la commode à côté du combiné se mit à appeler tous les amis d'Alphonse.
« Désolé, je ne vois pas de qui vous voulez parler » , répondit le premier.
« Ah, ce bon vieux Alphonse, désolé mais je ne savais même pas qu'il avait une copine ! », dit le second.
« Alphonse ? Non mais je l'attends d'ici peu pour qu'il vienne s'occuper de mon auberge de chats ! », Réclama une troisième.
- Alphonse ? Souffla une voix douce au bout du quatrième appel. Quelque chose ne va pas ?
La respiration d'Edward se coupa, il eut une mauvaise impression, ce timbre était trop doux et tendre. Il espérait de toutes ses forces que ce n'était qu'un nouveau faux numéro.
- Je cherche sa petite amie, poursuivit-il d'un ton plus bas.
Un léger silence suivit sa demande, il entendit un petit rire timide à l'autre côté du fil.
- Eh bien…j'imagine que c'est de moi dont il vous a parlé, ça me gêne un petit peu…qui êtes-vous ?
Edward resserra sa poigne sur le combiné, elle l'énervait, d'autant par sa petite voix d'ange qu'il l'imaginait petite, frêle, fine, l'image d'une jeune fille faible qu'on aurait envie de protéger. Il n'avait rien contre ce genre de fille mais elle, elle lui provoquait une colère intérieure qu'il ne pouvait pas décrire.
- Je suis son frère, grogna-t-il incapable de retenir sa frustration.
- Oh, c'est vous Edward ! Alphonse m'a énormément parlé de vous ! Je suis impatiente de vous voir tous les deux, il m'a dit tellement de bien à votre sujet.
Il ne décolérait pas pour autant, évidemment que son petit frère n'avait dit que du bien à son égard, l'inverse l'aurait étonné. Peu à peu, il regrettait son choix, il était encore temps de faire machine arrière, elle n'était pas au courant de l'état d'Alphonse. Il hésita à lui raccrocher au nez quand elle reprit la parole.
- Vous devez beaucoup vous aimer tous les deux.
Son sang ne fit qu'un tour. Certes, elle devait avoir dit ça pour leur fraternité légendaire mais pour Edward, ces mots avaient une tout autre signification, un symbole d'amour à sens unique.
- Oui, je l'aime beaucoup. Avoua-t-il reprenant son calme.
- Bien mais pourquoi m'as-tu appelée ? Quelque chose ne va pas ? Il est arrivé quelque chose à Alphonse ?
Oui, il est tombé amoureux de la mauvaise personne, voulut-il répondre en premier mais il se rendit compte que ce n'était pas correct vis-à-vis de son cadet. Il ne se résolvait pas à lui dire la vérité pour autant, il se contenta donc de rester évasif.
- Eh bien, il n'est pas au sommet de sa force en ce moment.
- Oh non mon petit chou, qu'est-ce qu'il a ?
« Mon petit chou »…je ne peux pas la faire venir ici, conclut Edward tremblant à force de s'énerver. Il masqua sa respiration saccadée par de léger toussotement. Une idée germa alors dans sa tête, il envoya un moment balader l'idée de faire plaisir à Alphonse et poursuivit :
- Il y a une épidémie en ce moment à Central, tout le monde à la fièvre et Al est vraiment mal en point. C'est très contagieux donc je ne sais pas si vous pourrez venir la semaine prochaine !
- Vraiment ?! S'écria-t-elle, crédule. Moi qui avais si hâte de le revoir…Bon, ce n'est pas grave, je viendrai avec un masque et tout ce qu'il faut, j'ai de bons anticorps vous savez !
Elle ne lâcherait donc pas l'affaire…
- Je n'en doute pas mais c'est vraiment très sérieux, le général Mustang va décréter que les touristes ne pourront pas venir à Central avant de un petit moment. Je suis un de ses subordonnés donc j'ai eu cette information de sa part !
En espérant que cette fois, elle y croirait.
- …A ce point-là ?
La pointe suspicieuse dans la voix de son interlocutrice n'échappa pas à Edward, il redoubla d'effort, épuisant toute sa capacité à mentir.
- Des soldats seront postés à la sortie des gares et ceux ne possédant pas un passeport fait à Central prouvant qu'ils habitent dans la capitale seront obligés de retourner. Ce serait bête de payer le train pour rien, surtout d'où vous venez !
- Sinon Edward, si vous me disiez pourquoi vous ne voulez pas me voir, ça n'irait pas plus vite ?
Le jeune blond poussa un puissant grognement, piqué au vif par l'adrénaline parcourant son corps à force de réfléchir. Au paroxysme de sa colère, il serra fort le combiné, incapable de garder son calme plus longtemps.
- Parce que mon frère n'est pas à toi ! S'écria-t-il ignorant que celui-ci se trouvait dans la pièce à côté. Alors tu vas rester sagement chez toi et le laisser tomber !
- A ce que je sache, dit-elle après un long silence, tu n'es que son frère.
La petite voix fluette se transformait en femme sérieuse, Edward avait du mal à l'imaginer, il ne voyait plus une jeune fille frêle mais un dragon encore plus chiant qu'Envy. Il était hors de question qu'il laisse Alphonse dans ses griffes.
- Je suis bien plus que ça, pesta-t-il d'une voix menaçante. Tes sentiments ne sont rien à côté des miens.
Sur ce, il raccrocha violement le téléphone, laissant l'atmosphère retomber au fil des minutes. Il se saisit du papier contenant le numéro de la jeune fille et le déchira hargneusement avant de le jeter à la poubelle.
Je crois que j'ai atteint le point de non retour.
Fin du chapitre.
J'espère que ça vous aura plu, n'hésitez pas à me laisser une Review avec vos impressions, ça fait toujours plaisir et surtout, passez une bonne journée, à la prochaine !
LMG
