Bonjour !

Bon, je pense qu'on peut remercier mes parents d'avoir décidé de s'engueuler dans une pièce avec de l'éch du matin alors que je dormais sinon je ne me serai pas levée totalement énervée pour venger sur la fiction (je plaisante :3). Donc merci pour vos retours sur la fiction ça me fait très plaisir !

Kiwi-Matsura: Ahah, je pense que tu n'aimeras pas plus Alice dans les chapitres à venir, je compte bien m'en servir, d'elle :3, justement, voilà la suite en espérant qu'elle te plaise !

Amber Ward: Ah ça fait plaisir que tu me laisses un commentaire alors ! Oui, j'ai également cherché des fanfic fr sur le Ed/Al mais je n'en ai pas beaucoup trouvé, ce qui est logique dans un sens mais ça fait du bien de sortir un peu de ses retranchements. Oui, je me voyais mal lancer mes perso en mode "Ed: je te kiff Al" "Al: Moi aussi grand frère même si nous sommes de la même famille, prends-moi sur la table" "LEMON", disons que ça m'aurait un peu embêté xD. Merci pour les cookies, heureusement que ça donne que des calories virtuelles aussi xD

Bonne lecture !


La ville s'éclairait d'une aura de lumière propre à la saison, illuminant les beaux quartiers de la capitale, déjà en activité par les commerçants et boulangers matinaux. Dans une chambre, le soleil révélait la présence de deux corps allongés sur un même lit. Deux hommes, l'un blond, plus fin et l'autre châtain plus développé. Allongé sur leur flanc, leurs mains s'entrelaçaient maladroitement tandis le plus jeune calait sa tête dans le cou de son vis-à-vis. De loin, c'était une jolie vision d'un couple au petit matin, si on omettait par les mœurs qu'ils étaient deux hommes, si on ignorait également leur lien fraternel mais aussi qu'on oubliait que l'un d'eux était déjà en couple avec une jeune fille.

Edward ouvrit les yeux en premier, il fut tout d'abord ébloui par le soleil réfléchissant sur la vitre de la chambre. Après s'en être accoutumé, il constata qu'il n'avait pas rêvé, Alphonse était bien là, à côté de lui, presque sur lui. Ce constat lui plaqua un sourire penaud sur le visage, la semaine risquait d'être difficile pour lui et ses sentiments mais ce petit moment d'égarement lui permettrait de tenir jusqu'au bout. La veille, il avait passé un nouveau cap, il se remémorait en boucle le dernier baiser qu'il avait partagé avec Alphonse, plus naturel que celui qu'il lui avait donné plus tôt, dans la cour de récréation. Non, quelque chose était différent, il n'avait pas eu l'impression de forcer son frère, ce n'est pas pour autant qu'il avait répondu positivement à ses attentes mais c'était déjà un grand pas d'avoir pu approfondir ce baiser. Profitant des derniers instants qu'il passait dans son monde idyllique, Edward désactiva le réveil de son frère pour ensuite se replonger dans sa contemplation, redoutant sa réaction une fois que celui-ci sera levé.

Ce moment ne tarda pas, malgré l'absence de son réveil, l'horloge interne du cadet semblait remonté comme une alarme. Encore dans le brouillard de la chaleur ambiante, Alphonse peina à ouvrir ses paupières, ses membres étaient engourdis, la nuit qu'il avait passé n'avait pas été de tout repos pour le châtain. Il revivait sans cesse les mêmes événements sa rencontre avec Alice, son premier vrai baiser avec elle, la promesse qu'il avait faite de ne jamais l'abandonner puis son baiser de la veille avec Edward. Il ne pouvait certainement pas lui en vouloir, il l'avait laissé mener sa barque sans lui mettre un stop, tout était de sa faute. Alphonse perçut à travers sa joue qu'il reposait encore sur son bras, il se demandait à cet instant lequel des deux s'était rapproché de l'autre pendant la nuit, il fut rassuré en constatant le tissus de ses vêtements sur sa peau que rien de douteux ne s'était passé entre eux. Du moins, ce qu'il pouvait imaginer de douteux.

Prenant son courage à deux mains, il ouvrit les yeux et vit à son tour qu'Edward aussi était toujours habillé, c'était un détail idiot mais ça le rassurait. Baillant silencieusement, le cadet releva la tête en direction de son réveil et comprit que son frère venait de le désactiver, il lui lança un regard blasé.

- C'est toi qui as fait ça ? Râla-t-il en se redressant.

- Je me suis dit que tu voudrais peut-être dormir un peu plus, se justifia-t-il en baillant à son tour. Mais la question est réglée, je ne savais pas que tu étais matinal.

- Il n'y a que toi pour dormir jusque pas d'heure alors qu'il fait beau…

Les mains d'Alphonse se resserrèrent sur les draps blancs, ils parlaient normalement, comme si de rien était, sans aucune gêne. Cette réaction n'échappa pas à Edward, soudainement inquiet pour l'objet de son amour. Par réflexe, il déposa sa main droite sur son épaule dénudée.

- Al ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

Il ne lui répondit pas tout de suite, se contentant de fixer intensément l'autre bout du matelas, perdu dans ses pensées. Il lui fallut quelques minutes avant de laisser ses mots traverser sa bouche.

- Tout, rien ne va j'ai l'impression, dit-il presque à bout de souffle avant de le regarder plus franchement dans les yeux. Pourquoi a-t-on fait ça ? Pourquoi maintenant, pourquoi nous ?

Toutes ces questions tournaient inlassablement dans sa tête. Edward se força à ne pas transparaitre sa surprise. Ce qui le peinait le plus, ce n'étaient pas ses interrogations, il s'y attendait franchement, non, c'était plutôt l'expression à la fois perdue et triste sur le visage d'Alphonse. Il se doutait qu'il était la cause de sa tristesse et c'était tout ce qu'il souhaitait éviter. N'ayant aucune réponse logique ou convenable à lui donner, il préféra sortir des draps et se diriger vers la sortie mais c'était sans compter sur la détermination de son frangin.

- Tu vas encore fuir jusqu'à la prochaine fois ? Ajouta-t-il quand Edward avait la main sur la poignée. On ne peut pas continuer comme ça à ignorer la situation Ed, il faut qu'on en parle !

- Pourtant les choses sont assez claires comme ça.

- Non, tu te trompes, peut-être pour toi mais pas pour moi. Depuis quand ça rôde dans ta tête ce genre …d'idée ?

Il avait calé sur la formulation de sa question, il refusait d'employer le mot inceste devant lui, au vu de sa connotation péjorative. Pourtant, c'était bien ça et rien d'autre. Sans se retourner, le blond serra les dents pour ne pas se laisser emporter par ses émotions. Il détestait se disputer avec son frère et s'il ne calmait pas le jeu, il avait peur d'atteindre le point de non retour.

- Peu importe le moment où je me suis rendu compte que tu étais plus important pour moi que je ne voulais bien le dire. Peu importe ta réponse, si tu choisis de rester avec elle après ce que nous avons fait hier, peu importe la loi que je serai prêt à franchir rien que pour continuer dans cette voie.

- Si ça importe ! Clama Alphonse soudainement rouge aux joues.

- Non ça n'a aucune importance ! Cria-t-il plus fort en refermant la porte derrière lui, laissant son frère seul dans la chambre.

Le silence revint dans l'appartement, le cadet se retint de partir à sa poursuite pour reprendre la discussion mais il n'en avait pas la force. C'était maintenant une évidence pour lui : il devait partir au plus vite et se trouver un appartement.


Alphonse ne croisa pas son frère de la journée, il était sorti de sa chambre avec la ferme intention de lui expliquer qu'il allait prendre du recul mais plus personne ne s'y trouvait. Il ne l'avait même pas entendu partir, il ne savait pas où il était allé ni même quand il déciderait de revenir, c'était du Edward tout craché.

Hypnotisé par le téléphone de l'entrée, il ne put réprimer l'envie de s'en munir pour appeler sa copine, il se demandait s'il devait lui avouer sa faute. Peut-être était-il temps qu'il reprenne sa vie en main et ne plus la laisser guider par qui que ce soit. Il attendit quelques instants comme ça devant la tonalité de la communication.

- Allô ? Répondit une petite voix.

- Alice ? C'est moi….encore.

- Alphonse ? L'appela-t-elle brusquement plus réveillée. Je savais bien que tu ne pourrais pas de passer de moi plus d'un jour.

Son petit rire lui donna instantanément le sourire, elle avait le don de lui remonter le moral rien que par des mots et ça, c'est ce qu'il cherchait chez une fille.

- Quelque chose ne va pas ? Une nouvelle infection qui se propage à Central qui m'empêcherait de venir ?

- Alice…je me demandais, si tu pouvais venir plus tôt.

- Hein ?! T'es sérieux ? Mais et ton frère ? Tu ne m'avais pas dit que tu avais besoin de plus de temps pour régler son problème ?

- C'est fait, mentit-il en fermant les yeux, honteux. J'ai décidé de m'installer avec toi à Central, je vais trouver un appartement au plus vite mais nous serons rien que tous les deux.

Un petit moment se silence plana dans la conversation mais pas ce genre de calme inquiétant, non, Alice semblait frémir de joie à l'autre bout du fil.

- Alphonse, si tu savais à quel point je t'aime !

- …Moi aussi…je…t'aime.

Il tiqua aux battements de son cœur s'affolant, qu'est-ce qui lui prenait ? C'est comme si ces simples mots devenaient de plus en plus dur à prononcer. Bien sûr qu'il l'aimait, c'était la seule chose dont il était on-ne-peut-plus sûre en ce moment. Il raccrocha, déposant doucement le combiné sur son socle, se tournant vers la fenêtre donnant sur les beaux quartiers de Central. Il devait maintenant se mettre à la recherche d'un endroit où accueillir Alice mais aussi la façon de l'annoncer à Edward. Alphonse se sentait lâche de l'abandonner de la sorte mais il n'avait pas le choix, si on le forçait à prendre une décision, il ne pouvait plus reculer.

Ainsi, il s'installa à la table de la cuisine, les yeux rivés sur une page blanche et un feutre noir entre les doigts. C'était certainement la pire façon dont il pouvait s'y prendre, il en était bien conscient mais il était trop lâche pour attaquer le taureau par les cornes. Peut-être redoutait-il la réaction d'Edward face à son annonce, ou alors il ne serait pas capable de voir la réaction et le visage peiné de son frangin, allait-il pleurer ? Non, il ne devait pas penser à ça, ce n'était pas dans son caractère de penser à son propre bonheur avant celui des autres mais il se forçait à considérer sa copine au dessus de ce que représentait le blond à ses yeux.

Il n'avait jamais pris autant de temps pour écrire une lettre, s'y reprenant à plusieurs reprises, considérant une expression plus douce que l'autre, un mot mal placé ou un ensemble qui pourrait porter à confusion. Au fil qu'il recopiait ses multiples brouillons, l'image de leur baiser hantait son esprit. Ce n'était pas désagréable, il l'avait bien constaté, c'était même plus doux et passionnel qu'il n'aurait jamais cru.

- Arrête, grogna-t-il pour se concentrer sur sa tâche.

Il fit bien attention à ne pas mentionner le nom d'Alice dans le message, ne la mentionnant que légèrement, expliquant qu'il devait dès à présent prendre sa vie en main et vivre par lui-même. Il s'excusait de devoir partir ainsi mais le rassurait en précisant qu'il remplirait le frigo de plat à mettre au four avant de partir. Il demanda également de le pardonner de pardonner de sa décision de ne plus revenir à l'appartement une fois qu'il aurait vu cette lettre.

Il expira tout l'air de ses poumons en déposant le point final de son paragraphe. Pourtant, la pression ne redescendit pas pour autant. Alphonse jeta les nombreux brouillons dans la corbeille à papier avant de sortir tout ce qu'il trouvait dans le congélateur pour l'étendre sur le plan de travail. C'était la seule chose qu'il pouvait encore faire pour se faire pardonner. Il s'attela à cuisiner les repas préférés d'Edward, les uns après les autres. Les heures défilaient dangereusement et le cadet redoutait l'instant où son frangin rentrerait, il espérait avoir le temps de regrouper ses affaires et partir avant que ça n'arrive.

Par chance, l'aîné ne semblait pas enclin à revenir de si tôt. La cuisine et la vaisselle faîtes, le repas du jour minutieusement emballé dans du film adhésif au fond du frigo, il ne perdit pas de temps et fila dans sa chambre pour rentrer le maximum de ses vêtements dans sa valise. Entre deux fourrages de jean, il contempla les draps dans lesquels il avait passé la nuit avec Edward, sur lesquels ils s'étaient embrassés sans honte, juste par envie et désir. Une sensation désagréable empoigna les tripes du châtain, jamais il n'aurait cru devoir faire ça. Réprimant une légère envie de vomir, il tira la fermeture éclair de sa valise et la glissa jusque la porte d'entrée. Il hésita à prendre une partie de ses recherches en exirologie puis se rappelant qu'Edward avait montré une attention particulière à ses notes, les laissa ainsi rangées dans la bibliothèque. Après un dernier regard sur l'ensemble de l'appartement, il se saisit du double des clés, s'assura que la lettre soit placée en évidence sur la commode d'entrée et sortit de son ancienne habitation, verrouillant la serrure dans un bruit distinct.

Il rendit les clés à la réception en demandant au réceptionniste de les confier à son frère quand il sera de retour de son escapade. Le plus dur était à venir, la pire situation serait qu'il croise Edward, il n'oserait pas affronter son regard après ce qu'il venait de faire. Ainsi, le cadet Elric emprunta les ruelles peu fréquentées de Central, s'éloignant des commerces, à la recherche d'un nouvel hôtel où il logerait en attente de trouver un meilleur endroit. Là-bas, Edward prendrait du temps à le retrouver, l'hôtel qu'il avait choisi se trouvait aux extrémités de la ville, servant plus souvent aux voyageurs de Xing.

- C'est pour combien ? Demanda nonchalamment la réceptionniste grasse et une cigarette allumée callée entre ses dents.

- Pour deux personnes, toussota-t-il mal à l'aise par la fumée.

Elle lui balança presque les clés de la chambre au visage, marmonnant une quelconque formule de politesse en tirant une nouvelle bouffée. L'air devenait irrespirable, Alphonse se dépêcha alors d'emprunter les escaliers avec sa lourde valise noire. Les murs étaient détapissés par endroit, deux radiateurs sur trois avaient été défoncé à coup de pied – au vu de la température intérieur ce n'était pas vraiment dérangeant – les rares personnes qu'il croisait le toisaient d'un regard méprisant. Il faut dire, si c'est ici qu'on envoie des voyageurs, par étonnant que les relations en dehors du pays soient aussi tendues. Pourtant, Alphonse ne put s'empêcher de retrouver une sensation familière à la vue d'autant de Xinois, ils lui rappelaient son voyage sur cette sainte terre où les gens s'habillaient plus régulièrement de kimono ou autre uniforme de combat.

Il arriva dans sa chambre, peinant à respirer par la mauvaise odeur de canalisation mêlée au nombre de marche qu'il avait dû franchir pour atterrir ici. Il ouvrit la porte, prêt à voir la suite, qui ne le déçut pas plus par rapport au reste : une pièce qui servait à la fois de salon, cuisine et chambre à lit double ainsi qu'une salle de bain dont il redoutait déjà l'état au vu de la bonne senteur qui y dégageait. Cet ensemble força un rire chez le jeune homme, il avait mérité tout ça, il se demandait même si ce n'était pas assez luxueux pour lui. L'échange équivalent, n'est-ce pas ? Il referma la porte dans son dos, abandonna sa valise à l'entrée et s'allongea sur le matelas, admirant la magnifique vue que lui offrait les fenêtres, il avait une vue imprenable sur l'usine à tabac. Il était certain que tout le monde lui enviait cette position. L'horloge au dessus de la cuisinière lui indiquait vingt heures. Alphonse avait pris toute sa journée pour tout effectuer et disparaître


un moment de la vie de son frère. Il baissa les yeux à cette pensée. Maintenant, il était trop tard pour faire machine arrière, Edward était déjà probablement revenu à l'appartement. Était-il parti à sa recherche ? Et s'il errait toute la nuit pour le retrouver ? Non, ce n'était pas le moment d'avoir des remords, bientôt, Alice le rejoindrait dans cet arbre de pays temporaire et il pourra enfin envisager un avenir calme et sans embrouille.

Pourtant, malgré toutes ces belles pensées et la promesse d'un avenir radieux, pourquoi sentait-il ses entrailles valser à chaque allusion à Edward ?

Edward Elric avait passé son temps à se promener dans les couloirs du quartier général de Central. Discutant de temps à autre avec Sheska qui ne pouvait s'empêcher de lui poser des questions toutes les trois secondes sur la fille qui possédait son cœur. Bien évidemment, il n'avança pas le fait qu'ils s'étaient disputés le matin-même. En même temps, c'était l'implacable logique des choses, cela devait forcément arriver à un moment ou un autre.

Profitant au maximum de son titre d'alchimiste d'état, Edward partit en direction du mess, bien vite accueilli par l'équipe de Mustang déjà attablé dans un coin plus calme. Il se munit de son plateau et s'assit à côté du lieutenant-colonel Havoc qui lui proposait de prendre place à sa droite.

- Le Fullmétal qui nous fait honneur de sa présence, je crois qu'il va neiger. Se moqua le généralissime en face de lui.

- Faites attention à vous, la neige, c'est de l'eau et ça pourrait devenir vite embêtant pour un alchimiste de votre genre.

L'évocation de sa faiblesse fit grogner Mustang qui se préparait à répliquer avant que son assistance Hawkeye ne tape trois coups secs sur la table pour lui en dissuader.

- Je pensais que tu serais plus vite reparti, reprit-il plus calmement.

- J'ai encore quelques trucs à régler ici, je ne compte pas rester éternellement dans vos pattes. J'ai pas encore eu l'occasion de voir toutes les notes d'Alphonse sur l'alchimie de Xing.

- Tu es beaucoup fourré avec ton frère en ce moment, remarqua Breda, amusé.

Cette remarque lui fit monter le rouge aux joues. Non, il ne devait pas réagir à ça ! Sinon, il serait bien vite démasqué.

- C'est ta copine qui doit être jalouse, ajouta Havoc en lui donnant un léger coup de coude complice.

Soudain, sa dernière discussion avec Sheska lui revint en tête, ces mecs avaient parié sur sa vie amoureuse. C'était l'occasion rêvée de brouiller les pistes sur ses réels sentiments.

- Ca ne vous regarde pas, marmonna-t-il en avalant une bouchée de sa viande.

- Dommage, dit Roy en le fixant de ses yeux noirs. J'aurai bien aimé savoir comment une personne aussi hargneuse a fait pour se dégotter une demoiselle. J'espère juste pour toi qu'elle n'est pas trop grande.

- Vous insinuez que je suis petit ?! S'égosilla-t-il en recrachant la moitié de son repas.

Le regard foudroyant que lui envoya Riza l'empêcha de poursuivre son petit jeu. Quelle rabat joie celle-là ! On ne peut même plus s'amuser normalement.

- Plus sérieusement, si tu as besoin de conseil.

- Pourquoi je demanderai des conseils à un mec qui peine à garder une seule femme avec lui ? Rétorqua-t-il vexé.

Un point pour lui.

- Qu'est-ce qui te dit que c'est moi qui ne leur conviens pas ? Il existe tellement de type de femmes sur cette Terre qu'il y a de quoi s'y perdre.

- On dirait un vieux qui parle.

- Je préfère « expérimenté dans la matière ». Râla-t-il tiquant au mot « vieux ».

En termes de femme, il voulait bien croire ce mec mais pour les hommes c'était bien différent. A moins qu'Alphonse puisse être considéré comme une femme avec un peu trop de testostérone.

- Et je peux savoir ce qui vous ferait garder une femme ? Demanda le jeune blond masquant son intéressement.

Roy prit quelques secondes à sa réflexion, alors comme ça, Edward aurait vraiment besoin de conseil ? Il ne pouvait pas non plus perdre de vue son pari. Son but était que l'ancien alchimiste arrive à tenir une relation de minimum un mois pour récolter la mise de ses subordonnés.

- Il faut savoir à la fois doser son envie et l'envie de l'autre. Un exemple, quand tu veux réellement quelque chose, il y a deux manières de le faire : soit tu fais tout pour l'obtenir, soit tu attends le moment opportun.

Cette vision des choses contrariait un peu la version de Sheska. Edward commençait à être perdu dans ce méli-mélo de conseils contrastés.

- Vous voulez dire que je dois laisser tomber ?

- Oui et non, si la personne est la bonne, elle finira bien par revenir mais si la personne ne te laisse pas le temps d'apprécier son absence, alors ça peut se finir en amour à sens unique.

Edward releva directement le visage vers son supérieur. C'est comme s'il avait compris à travers ses mots sa propre problématique. Il se sentit instantanément en danger, Mustang avait-il compris le vrai du faux ? Sa réaction purement émotionnelle n'échappa pas à Roy, il riait intérieurement d'avoir provoqué un tel changement chez le Fullmétal. Cette fois, il était certain de rafler la mise.


Vers vingt heures, Edward quitta le quartier général pour retourner chez lui. Il avait passé le reste de l'après-midi à la bibliothèque à cogiter sur les conseils de Mustang. Alors comme ça il devait laisser le temps à Alphonse de le désirer ? Ce mec était idiot : comment voulez-vous garder quelqu'un auprès de vous si vous ne la calculez même pas ? Pas étonnant qu'il soit toujours célibataire à la trentaine celui-là !

Le soleil déclinait lentement à l'horizon, il accéléra le pas afin de retourner au plus vite dans son appartement et de voir l'attitude de son frère envers lui. Quand il poussa la porte de l'hôtel, il sentit le regard du réceptionniste lui brûler le visage. Il s'approcha de l'accueil, un sourcil relevé à cette soudaine attitude.

- Monsieur Edward Elric ?

- Oui, c'est bien moi.

- Votre frère m'a demandé de vous remettre ceci.

Un bruit de métal qui s'entrechoque résonnait sur le comptoir, l'homme déposa un trousseau de clé devant le jeune homme.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il naïvement, croyant rêvé.

- Il me semble que se sont des clés.

- Oui, je vois ça mais ça mène où ?

- A votre chambre j'imagine.

Il marqua un nouveau silence, fixant intensément le trousseau, sous le regard interloqué de l'employé. Edward ne savait plus quoi penser, il était complètement perdu.

- Je peux vous poser une question ? Articula-t-il difficilement.

- Bien sûr.

- Comment était Alphonse en partant ?

- Eh bien, ça n'a pas duré longtemps mais il avait une valise noire à la main il me semble.

Alphonse était parti.

Son frère, sa vie, sa famille, son amour.

Parti.

Sans poser plus de question, Edward attrapa les clés et monta les quelques étages le séparant de son appartement. Il ouvrit la porte avec les clés qui venaient lui être remises et la referma dans un claquement bruyant. Il s'adossa au bois, le souffle court, en constatant depuis l'entrée que la chambre de son frère était vide. Il apercevait les placards qui avaient été vidés plus tôt dans la journée. Le blond prit un bon moment avant de se rendre compte de l'enveloppe déposée à côté de lui sur la commode. Elle affichait les mots « Pour Edward », c'était bien l'écriture d'Alphonse. Incapable d'attendre davantage, il déchira l'enveloppe et en sorti la lettre. Ses yeux d'or se baladaient rapidement, lisant les mots en diagonale, impossible de lire chaque phrase, il n'en retenait que les mots les plus douloureux « partir », « réfléchir », « ne reviendrai pas » pour finir sur un « je suis désolé, Ed. »

Lentement, il glissa au sol, les mains fermement accrochées à ce bout de papier, chiffonné par les tremblements de ses membres. Dans la pénombre du salon, à l'abri des regards, il se laissa pour la première fois emporté par le désespoir, les larmes de tristesse coulant le long des ses joues. Aucun mot ne sortait de sa bouche, seul des sanglots transperçaient de son être. Si l'amour était capable de donner le plus grand bonheur de ce monde, il était également capable de détruire l'être qui n'était pas aimé.


Fin du chapitre !

Oui, je sais, je suis horrible avec Edward, pourtant c'est mon personnage préféré ! :3

J'espère que ça vous aura plu, j'essaie de faire des chapitres plus long (en fonction de la fin que je veux apporter) et j'espère que ça vous plait comme ça. N'hésitez pas à me laisser une review ça m'aide à continuer et surtout passez une bonne journée ! Des bisous !

Lmg