Bonsoir !

Voilà le chapitre 12, j'en reviens toujours pas des bons retours que j'ai sur cette fiction, j'ai même commencé à lire des doujins sur ce couple tellement je rentre dedans xD. Bref, je suis assez satisfaite du chapitre donc j'espère que vous le serez aussi ! Ah info: je recommence les cours à partir de la semaine prochaine donc j'aviserai à ce moment là pour le temps qu'il me faudra pour écrire.

Le petit auteur: Non désolée, pas beaucoup d'Alice dans ce chapitre - ce qui est peut-être mieux du coup. Ahah, il faut croire que j'ai un don pour faire détester les personnages que j'invente merci xD

Kiwi-Matsura: Merci beaucoup, en espérant que la suite te plaise :)

Ah, on ne sait jamais pour ceux qui lisent mais qui n'aiment pas l'inceste (j'ai une lectrice comme ça donc je préfère prévenir), warning en fin de chapitre


Quatre heures. C'était le temps qu'Alphonse Elric avait réussi à négocier avec sa copine pour sortir sans elle. Quatre heures, c'était aussi l'occasion de découvrir s'il préférait passer du temps avec Alice plutôt qu'Edward. Non, le jeune homme n'avait décidément pas fini d'en voir de toutes les couleurs.

Alors qu'il inspectait une dernière fois sa tenue devant le miroir de l'entrée, il pouvait clairement voir dans celui-ci le reflet d'une minuterie sadiquement réglée pour l'occasion. Une seconde en trop sur le temps autorisé signerait définitivement son arrêt de mort.

Une main sur la poignée et l'autre dans ses cheveux, luttant contre deux mèches rebelles, Alphonse se préparait enfin à passer la porte.

- Au revoir chéri, et n'oublie pas…

- Quatre heures, souffla-t-il en grimaçant.

Alice sourit, il avait bien compris le message, elle pouvait enfin le laisser partir. Le châtain ferma rapidement la porte, craignant que sa petite amie ne change soudainement d'avis et ne le contraigne à rentrer. De légères gouttes tombèrent lorsqu'il sortit de l'hôtel mais il ne s'en formalisa pas, il avait toujours l'impression que les jours de pluie annonçaient un événement entre lui et Edward. Il se rappelait bien évidemment du baiser sous l'averse à l'endroit même où il se trouvait.

Au fond, Alphonse se réjouissait bien de retrouver son ancien appartement, tout autant que la personne qui se trouvait à l'intérieur. Il fallait bien avouer qu'entre passer du temps dans une petite chambre mal isolée avec parfois des montées de fumée et se reposer sur un canapé confortable avec une belle vue sur la capitale et son quartier commercial, le choix était vite fait.

Il arriva sereinement à l'entrée de son appartement. Edward n'était pas au courant qu'il venait le chercher, histoire de garder la surprise pour lui. Il frappa trois coups à la porte et entendit vaguement quelque chose se mouvoir à l'intérieur avant de chipoter à la serrure. La porte s'ouvrit sur le visage plutôt étonné du jeune blond.

- Alphonse ? Qu'est-ce que tu … ?

- Laisse-moi rentrer d'abord, répondit-il joyeusement.

Edward se décala pour laisser passer son cadet avant de refermer la porte derrière eux. Alphonse fit quelques pas dans le salon, profitant de cette merveilleuse vue qui lui manquait. Il se tourna ensuite vers son hôte, attendant toujours la raison de sa venue. Le jeune blond était vêtu d'un sweat-shirt blanc et d'un jean délavé, ses cheveux étaient négligemment noués en queue de cheval.

- Je t'ai dit que je diviserai mon temps non ? Alors voilà, nous avons quatre heures à passer ensemble aujourd'hui.

- Quatre heures ? Répéta-t-il intrigué.

- Enfin, maintenant il ne reste que trois heures et quarante-cinq minutes, précisément.

Evidemment, Alphonse avait pensé à prendre une montre avec lui afin d'être toujours conscient de son timing. L'ancien alchimiste s'approcha de lui jusqu'à rentrer dans son cercle vital. Ils étaient enfin seuls, sans les regards des autres pour les juger. Pourtant, un détail embêta l'ainé des Elric. D'un coup sec, il força Alphonse à retirer sa veste et entreprit de déboutonner sa chemise.

- Hey, mais qu'est-ce que tu fais ?!

- Tu portes encore l'odeur de son parfum, va te changer.

- Edward, on n'a pas le temps, on a à peine plus de trois heures devant nous, tu ne veux pas plutôt qu'on sorte déjeuner ?

- Pas avant que tu aies enlevé cette foutue chemise ! S'énerva-t-il les joues légèrement colorées.

Alphonse soupira, son frère devenait de plus en plus étrange, il faisait bien de ne pas entamer sa longue discussion tant qu'il n'avait pas repris un état normal. Edward partit en direction de la salle de bain où il ramena une chemise à sa taille. Probablement l'avais-je oubliée en faisant sa valise l'autre jour, songea-t-il. De lui-même, il détacha les derniers boutons de sa chemise avant d'en changer, peu enclin à subir tous les caprices de son aîné. Remarquant son air perplexe, Edward se plaça devant Alphonse et lui attacha le reste de la chemise, ne le quittant pas des yeux.

- Si tu veux qu'on passe du temps ensemble, marmonna-t-il en laissant ses doigts glisser sur la peau de son cou. Il n'y a qu'une odeur que tu puisses porter.

Et c'est la mienne, sous-entendait-il sans pour autant l'ajouter. Cet aveux silencieux lui rendit le sourire, il comprenait mieux son comportement. Edward était désespérément amoureux et était capable de lui prouver sans pour autant avoir recourt à de quelconques artifices. Doucement, le plus jeune aventura ses mains dans le cou de son vis-à-vis, se penchant vers lui pour un baiser…qui ne vint pas. Il préféra bifurquer ses lèvres au niveau de son front pour éviter sa bouche. Alphonse se revoyait embrasser Alice dans le parc la veille et non, il ne se sentait visiblement pas capable de jouer sur les deux tableaux. Cette initiative frustra son aîné qui ne lui montra pas, il se contentait de jeter un petit coup d'œil sur la montre de son frère.

- Il reste trois heures et trente-trois minutes.

- On sort ? Lui proposa-t-il en s'éloignant légèrement.

Edward acquiesça, si c'était son seul moment tranquille avec celui qu'il aimait alors il en profiterait un maximum.


La pluie dehors n'eut pas raison de leur bonne volonté. Partageant un parapluie pour deux, Edward profitait de l'étroitesse de la toile pour se coller à son frère, prétextant ne pas vouloir se retrouver trempé. De loin, ils ressemblaient toujours aux fameux frères Elric dont tout le monde parlait avec fierté mais les apparences sont trompeuses et il suffisait de regarder leurs échanges de plus près pour s'apercevoir que quelque chose avait changé.

Trois heures vingt-et-une, ils arrivaient enfin à l'endroit où Alphonse voulait aller pour son second rendez-vous. C'était un restaurent familial – aux prix abordables au vu de la voracité de l'estomac d'Edward – plutôt calme et rempli d'enfants. Il n'aurait probablement jamais pris la peine d'y inviter Alice, craignant que le bruit des enfants qui crient ne lui donne des migraines mais il savait que son frère ne ferait pas attention à ce genre de détail.

Ils s'assirent tranquillement à une table choisie, contrairement à la veille, Alphonse se retrouvait en face de son invité et non à côté, ce qui lui permettait d'admirer sans problème le visage angélique d'Edward. Il ne paraissait nullement gêné de se balader avec lui malgré leur – peut-être – nouvelle relation. Le blond balayait la salle du regard avant de replacer son attention sur son petit frère.

- Tu as fait quoi hier soir ? Demanda le plus jeune en consultant la carte.

- Comme d'habitude, j'ai lu. Ah et je devais aussi finir les modalités pour partir en mission, vois-tu l'armée ne couvre plus mes déplacements depuis notre voyage du coup je dois me taper les tickets de train pour Aerugo et je te dis pas le prix que c'est. Mustang aurait pu y contribuer, ce mec est sûrement plein aux as vu sa position.

Les tickets...visiblement, le généralissime ne lui avait pas encore parlé de leur petite entrevue à la sortie du restaurent. Son frère avait bel et bien décidé de l'inclure dans la mission alors qu'il ne lui avait toujours pas confirmé qu'il l'accompagnerait. C'était peut-être le moment d'aborder le sujet.

- Dis Ed.

- Mh ?

- Tu as déjà payé ma place ? Demanda-t-il craignant avoir déjà eu sa réponse.

Edward cligna plusieurs fois des yeux, muet, attendant probablement la raison de cette question.

- Enfin, je veux dire, je ne t'ai pas encore dit si oui ou non je venais avec toi alors…c'est un peu embêtant que tu aies déjà tout prévu.

Il conclut sa phrase sur un petit rire gêné en plongeant une main dans ses cheveux. Le serveur vint à cet instant prendre la commande des deux hommes, Edward n'attendit pas que celui-ci reparte pour lui donner sa réponse.

- A quoi bon attendre quand je sais que tu feras le bon choix. Souffla-t-il en se penchant davantage sur la table.

Il accrocha son regard sans le lâcher afin d'appuyer ses mots. Clairement, Alphonse était à lui et à personne d'autre et sûrement pas à une certaine brune.

- Et c'est pour cette raison que tu l'as dit à Alice ?

- Dit quoi ?

- Ne fais pas semblant s'il te plait Edward…

Celui-ci se redressa d'une traite. Non, il ne voyait pas vraiment ce que son frère voulait lui faire avouer, il n'avait pas vraiment eu de conversation avec cette fille. Rien que de penser à elle, il sentait la chair de poule envahir son corps alors comment aurait-il pu tenir une discussion entière avec elle ?

- Franchement Al, je ne vois pas de quoi tu parles.

Il vit les traits du châtain se froncer, il croisait les bras en désaccord mais qu'est-ce qu'il lui prenait d'un coup ?

- Tu ne te rappelles pas d'une certaine communication téléphonique avec Alice ?

Un soupir bruyant s'échappa des lèvres de l'aîné. Cette fille ne le laisserait jamais tranquille, déjà qu'elle avait l'occasion de dormir avec lui, de l'embrasser quand elle le voulait, se toucher sa peau douce et chaud comme il avait pu le faire récemment. Qu'elle en profite, ça ne durera pas longtemps.

Enervé que son propre frère croie une telle bêtise, il s'adossa au dossier de sa chaise, l'air mauvais.

- Ed, réponds-moi.

- Est-ce que j'ai l'air de l'avoir fait ?

- J'en sais rien moi ! Chuchota-t-il rapidement, c'est tout nouveau cette histoire et ça ne m'aurait pas étonné que tu fasses en sorte qu'elle me lâche…

- Je peux savoir ce qui te fait dire ça ?

- Edward, tu l'as appelé quand j'étais malade pour lui faire croire qu'il y avait une épidémie mortelle dans toute la ville.

Un point pour Alphonse.

- Et puis je ne vois pas comment elle pourrait être au courant que nous nous sommes déjà embrassés.

Le blond leva un sourcil, elle avait parlé de ça publiquement ? C'était ce qui le choquait le plus, qu'elle sache qu'il l'aimait bien plus qu'un frère ne l'embêtait pas plus que ça.

- Al, pourquoi est-ce que je l'aurai appelé alors que tu m'avais bien dit que tu devais réfléchir et que tu avais quitté l'appartement ? N'importe quelle personne aurait lâché l'affaire en voyant ta lettre.

Le cadet se sentit soudainement mal, se remémorant les mots qu'il avait utilisés dans son message pour intimer à Edward de le laisser tranquille. Au final, c'était lui-même qui était parti le rejoindre pour lui faire comprendre de ne pas abandonner.

- Voici vos commandes.

Les deux frères sursautèrent à la voix du serveur leur apportant leurs plats. Ils en avaient presque oubliés qu'ils se trouvaient dans un lieu publique où n'importe qui avec une oreille curieuse pouvait surprendre leur conversation. C'était…comment dire…délicieusement dangereux.

- Je sens que cette histoire va mal finir…pensa Alphonse à haute voix.

- Les choses finissent mal parce qu'on veut qu'elles finissent ainsi.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Ne me dis pas que tu as oublié Al, tout ce que nous avons fait comme chemin pour retrouver ton corps. Il était écrit partout que c'était impossible et pourtant nous n'avons jamais cessé d'y croire.

Le cadet aurait pu trouver la comparaison entre leur quête et leur relation un peu mal choisie pour lui faire comprendre ce qu'il devait faire. Pourtant, il n'en était rien, cela le fit même sourire, il ne pouvait pas nier que s'ils en étaient arrivés là, c'était sûrement grâce à leur lien indestructible.

- Au fait, poursuivit-il en entamant son assiette, tu te débrouilles à l'appartement ?

Le visage de son vis-à-vis se tendit légèrement en une grimace.

- Eh bien…

- Oui ?

- Je crois qu'il va falloir réparer le four et le micro-onde.

- Quoi ?! Mais comment t'as fait ? Je t'ai écrit tout ce que tu devais faire pour le faire fonctionner !

Edward Elric n'était pas très grand de base mais à ce moment-là, il aurait souhaité l'être encore moins face à son petit frère.

- Tu ne m'avais pas précisé qu'il fallait retirer l'emballage avant de les mettre dedans…

- …Désolé Ed mais je pensais que quelqu'un de normalement constitué pouvait le savoir sans que je ne l'écrive. Et pourquoi les deux sont cassés ?

- Je ne m'en suis rendu compte qu'au deuxième essai.

Alphonse était littéralement blasé devant l'incapacité de son frère de s'occuper de lui-même. Il l'imaginait déjà se nourrir des plats congelés par peur de devoir l'appeler pour réparer les appareils. A la place de le gronder comme il en avait l'habitude, il libéra un rire joyeux qui venait du fond du cœur.

- T'es pas obligé de te moquer, grogna-t-il en amenant son verre à ses lèvres.

- Désolé, je me disais que tu n'arriverais jamais à vivre seul.

- Je n'y compte pas.

Une légère rougeur s'empara des joues du cadet, cela sonnait plus comme une proposition qu'une affirmation. Au fur à et mesure du repas, il sentait son frère tenter d'entrer en contact physique avec lui. Faute de pouvoir lui prendre la main ou caresser son visage sans attirer les regards des autres clients, Edward promenait sa jambe de chair en dessous de la table, frôlant quelques fois celles de son vis-à-vis. C'était un jeu entre eux, Alphonse répondait par des petits sourires ou des regards qui ne trompent personne et certainement pas son aîné. Amusé par leur complicité, il ne remarqua pas qu'à sa montre, les aiguilles défilaient plus vite qu'à l'accoutumée. Ils ne leur restaient que deux heures quarante-six.

- Tu as prévu quoi pour la suite ? Demanda Edward en terminant son dessert.

- Eh bien, je me suis dit qu'on pourrait se promener dans la ville ou même passer voir Gracia ensemble, elle s'inquiétait beaucoup pour toi tu sais…

Edward acquiesça, une idée lui germa à l'esprit, il sortit de quoi payer l'addition avant de lancer un regard déterminé à Alphonse.

- Al, promets-moi qu'après avoir été voir Gracia, s'il nous reste du temps, tu me laisseras choisir la fin de notre rendez-vous.

Cette proposition le surprit, il était à la fois curieux et craignait de ce qui se passait dans l'esprit de son frère. Peu sûr, il hocha la tête avant de se lever à son tour. Au fond de lui, il priait pour que le temps ralentisse et lui permette de savoir ce qu'il lui réservait.

Ils sortirent du restaurent en début d'après-midi, la météo ne s'était pas calmée, au grand bonheur d'Edward qui s'amusait de nouveau à réduire leur distance afin de ne pas être trempé par la pluie. La maison de Gracia était plus loin, à environ vingt minutes de marche de là où ils se trouvaient. Conscients que le temps était devenu leur pire ennemi, ils entreprirent d'accélérer considérablement le pas pour y arriver plus vite. Essoufflés, ils s'enfonçaient en diverses ruelles leur servant de raccourcis tandis que quelques gouttes s'invitaient malgré tout sur leurs visages.

- Pas trop vite grand frère ! Se plaignit Alphonse peinant à garder la cadence.

- Toi, tu manques cruellement d'exercice, tu vas voir quand on reviendra de mission, je vais te préparer un entrainement pour régler tout ça.

Edward ne ralentit pas pour autant, forçant le châtain à courir pour le rattraper. Ils finirent par arriver dans une petite rue, non loin du quartier général, entourée par de petites barrières blanches, accueillantes. Ils se précipitèrent sur le bas de la porte et l'un d'eux appuya sur la sonnette. Une jeune femme vint leur ouvrir, d'abord étonnée, puis très heureuse de voir les deux hommes se présenter chez elle.

- Ne restez pas là, entrer.

Impossible de refuser une telle invitation par ce temps. Prêtant attention à ne pas mouiller le parquet, les frères Elric se séchèrent avant d'entrer dans le salon où les salua joyeusement la petite – devenue grande – Elysia.

- Tu grandis vite dis donc ! S'exclama Alphonse en la prenant dans ses bras.

- Oui et bientôt je dépasserai grand frère Edward !

- Ce ne sera pas si difficile…

Il réprima un gémissement de douleur quand le coude du dit « grand frère » se plante accidentellement dans les côtes du jeune homme. Après quelques minutes, Gracia arriva dans le salon, armée d'une grande palette de biscuits et de thé pour nourrir ses hôtes. Elle les invita à s'asseoir sur les canapés tandis qu'Elysia partait dans une autre pièce, pressée de leur montrer son carnet de notes.

- Je suis surprise de ne pas vous avoir vu plus tôt, déclara la mère de famille en vidant le contenu de la théière dans trois tasses en porcelaine. Mais je suis contente de voir que tu vas mieux Edward.

- Oui, il me faillait … un petit coup de booste pour me reprendre, désolé de vous avoir inquiété.

- Ce n'est pas vraiment auprès de moi que tu dois t'excuser. Dit-elle en souriant avant de se tourner vers son frangin. C'est plutôt à Alphonse, il était assez mal de te voir dans cette histoire.

L'ancien alchimiste lui lança un regard bienveillant, il n'était pas surpris de la réaction d'Alphonse, le contraire l'aurait choqué.

- D'ailleurs, où ça en est cette histoire de copine ?

Les deux hommes manquèrent de recracher d'une traite leur gorgée de thé. Ils avaient presque oublié que cette femme en savait plus sur cette histoire que tous les subordonnés de Mustang réunis. Edward se tritura les doigts un bon moment avant de trouver une bonne réponse.

- En fait, ça s'est plutôt bien passé, il semblerait que tout n'était pas perdu mais on n'est pas ensemble pour autant.

- Oh, je vois et toi Alphonse, avec cette jeune fille ?

Ce fut au tour d'Alphonse de ne plus savoir où se mettre. L'envie lui manqua de répondre exactement la même chose que son frère mais ça paraitrait bien plus que louche.

- Un peu compliqué, on va dire que j'ai pas mal de choses en ce moment.

- Des ennuis ?

- Pas vraiment, juste quelqu'un qui m'intrigue beaucoup donc je partage mon temps.

Cette histoire intrigua Gracia mais au moment où elle allait lui demander plus de détail, Elysia accourut dans le salon brandissant fièrement son petit carnet qu'elle présenta aux deux frères. Ceux-ci soupirèrent discrètement, elle venait de leur sauver la vie. S'ils décidaient de continuer ensemble, il faudra absolument qu'ils se mettent d'accord sur les détails à donner.


- Elysia, il est temps que tu fasses tes devoirs.

La jeune fille râla, pour une fois que ses deux grands-frères étaient chez elle pour s'amuser, elle ne pouvait même pas en profiter. Elle avait eu juste le temps de leur montrer la nouvelle décoration de sa chambre et leur raconter son terrible choix à l'école entre deux garçons qui lui proposaient régulièrement de partager leur goûter. Avant de les laisser partir, elle s'assura de leur faire un câlin à chacun en leur faisant promettre de venir plus souvent. Devant la porte d'entrée, Edward et Alphonse faisaient leur au revoir à leur hôte, leur offrant une boite de biscuit pour chez eux.

- J'espère que les choses vont s'arranger pour vous deux.

- Ne vous en faites pas pour nous, répondit Edward en passant un bras autour des épaules de son frère. Tout finit toujours par s'arranger !

Elle leur adressa un dernier sourire avant de refermer la porte. Seulement à cet instant, en quittant la cour de la maison, Alphonse jeta un coup d'œil à sa montre.

- Combien de temps ? Lui demanda Edward.

- Trente minutes…c'est le temps qu'il me faut pour retourner à l'hôtel.

- Sauf si tu cours.

Le châtain le sonda des yeux, perplexe. Lui aussi aurait voulu passer un peu plus de temps avec Edward mais il fallait se rendre à l'évidence, il était temps de rebrousser chemin pour éviter de célébrer ses funérailles dans les prochaines heures.

- Même si je cours, j'arriverai en un quart d'heure là-bas.

Concluant cette phrase, Edward attrapa de force son poignet pour courir en direction des ruelles. Il manqua à plusieurs reprises de se trébucher mais son frère cavalait si vite qu'il avait l'impression de voler à chacun de ses pas. Il ignora la circulation et traversa les chaussées à plusieurs reprises, se faisant interpeler par les militaires postés aux coins des rues. S'il continuait ainsi, Alphonse et lui ne rentreraient pas entier chez eux. Edward ralentit progressivement le pas lorsqu'il arriva dans la rue de son hôtel, lâchant doucement le poignet d'Alphonse devenu rouge par la pression.

- Ed, il me reste que vingt-deux minutes ! Comment veux-tu que je sois à l'heure ? Et qu'est-ce que tu veux faire ?

Le principal intéressé ne répondit à aucune de ses questions et se contenta de lui intimer de le suivre. Ils grimpèrent rapidement les marches jusqu'à l'appartement, Alphonse ne savait pas lui-même pourquoi il continuait à le suivre. Cela n'avait aucun sens, il était sûr qu'à cet instant, Alice était assise devant la porte avec une minuterie en main, prête à partir à sa recherche à la moindre seconde dépassée. A la place, il regarda simplement Edward se munir des clés de la chambre et de l'ouvrir avant de le pousser à l'intérieur.

- Mais Ed, c'est de la folie, qu'est-ce que tu…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Edward le plaquait contre la porte pour lui prendre les lèvres. S'il avait refusé plutôt de l'embrasser par respect pour Alice, cette fois, il ne se priva pas de fermer les yeux pour profiter au maximum de son initiative. Son frère lui retira sa veste avant d'encadrer son visage de ses mains, prolongeant leur baiser vite devenu passionné. Au bout d'un moment, il se recula tout en gardant leur visage assez proche, plongeant ses yeux dorés dans ceux d'Alphonse, attendant une quelconque réaction de sa part.

- Qu'est-ce que tu en dis ? Articula-t-il à bout de souffle.

Voyant qu'il ne savait pas quoi répondre, Edward glissa sa main jusque son bras gauche pour tourner le cadran de sa montre vers lui.

- Il nous reste quinze minutes. Susurra-t-il avant de parsemer son cou de brûlants baisers.

Quinze minutes…les dernières de son rendez-vous. S'il partait maintenant, il aurait une chance d'arriver dans l'accueil de son hôtel avant que la minuterie ne retentisse. Tout en pensant à cette ultime éventualité, il sentait les lèvres chaudes d'Edward parcourir sa peau, ses mains s'insinuaient lentement sous sa chemise, lui provoquant des frissons. Alphonse était tendu, il ignorait ce qu'il devait faire. Tout ce qu'il savait, c'était que si son frère persistait dans cette voie, il ne pourrait bientôt plus faire machine arrière. Sans s'en rendre compte, il avait été dépouillé de sa chemise. Il contint de faibles gémissements dus aux diverses caresses de sa peau contre la sienne.

- Treize minutes…chuchota Edward au creux de son oreille avant d'en saisir le lobe avec ses dents.

Il revit soudainement le rêve qu'il avait fait deux nuits plus tôt et se surprit à ressentir exactement la même chose. Son corps était chaud et réagissait parfaitement au traitement que lui faisait subir les mains baladeuses d'Edward. Au bout d'un moment, Alphonse finit par se détendre entièrement, les muscles de son corps se décontractaient et ses propres mains relevèrent le visage du blond vers le sien pour l'embrasser. Dans dix minutes, tout serait terminé.

Encouragé par le changement d'attitude de son frère, les gestes d'Edward se firent plus osés. Il descendit ses mains sur ses hanches, puis sa ceinture avant de la défaire d'une traite. Il n'avait pas beaucoup de temps et voulait lui montrer ce dont il était capable pour l'avoir. Le pantalon tomba sur le sol dans un bruit dont aucun des deux ne fit attention. Ils s'embrassaient à pleine bouche, l'un baladant ses mains dans les cheveux à présent détachés de l'autre tandis que celui-ci jouait avec l'élastique de son boxer. Se séparant une nouvelle fois pour se regarder, Edward descendit lentement la dernière barrière de tissus de son cadet. Il déposa un simple baiser sur ses lèvres avant de s'agenouiller devant lui, sans les quitter des yeux. Alphonse avait si bien réagi aux caresses de son aîné qu'il en était presque honteux. Edward s'empara d'abord d'une main de son membre tendu pour y effectuer un premier mouvement de va-et-vient. Sa respiration s'accéléra, il leva les yeux au plafond sous les sensations qui envahissaient son corps. Il les ferma en poussant quelques grognements de plaisir, la main du blond allait de plus en plus vite, l'obligeant à agripper le chambrant et la commode pour se soutenir sous la déferlante de plaisir. Alphonse gémit de plus belle lorsqu'il sentit la bouche d'Edward entourer son membre. Jamais il n'avait ressenti une telle chose. Il était clair qu'Alice n'avait jamais pris ce genre d'initiative, c'était donc sa première fois en quelque sorte.

- Ed…ah…

Se mordant les lèvres au fur et à mesure qu'il accélérait le rythme, Alphonse descendit son regard pour voir le blond à l'œuvre. Il s'appliquait du mieux possible pour lui donner le plus de plaisir donc il était capable. Ce n'était certainement pas tous les jours qu'il avait l'occasion de faire une chose pareille.

- Ed, je vais…

La pression devint trop forte pour le châtain qui s'accrocha davantage au meuble pour ne pas défaillir, il sentait la fin arriver et gémit de plus en plus fort le nom de son nouvel amant jusqu'au point de non retour. Dans un dernier cri, il se libéra dans la bouche d'Edward, peinant à reprendre son souffle. Un long silence s'installa dans l'entrée, troublé par la respiration des deux jeunes hommes venant de franchir le point de non retour. L'aîné se releva pour admirer le visage rouge et marqué par le plaisir d'Alphonse. Il lui ravit une dernière fois les lèvres avant de l'aider à se rhabiller, sans un mot. Ce n'est que lorsque sa chemise fut entièrement boutonné que le châtain leva sa montre devant ses yeux.

- Une minute…souffla-t-il.

- Alors c'est le temps qu'il me faut pour te dire que je t'aime Al. Dit-il en le regardant tendrement dans les yeux.

Alphonse avait l'impression que son cœur allait exploser, tant par l'acte qu'il venait de faire que par la déclaration de son frère. Il prit un moment pour lui rendre son sourire avant de sortir en trombe de l'appartement. Il courut dans les escaliers comme si sa vie en dépendait puis passa la porte d'entrée, se retrouvant dans la rue, sous la pluie.

- Merde, j'ai oublié mon parapluie à l'intérieur ! Jura-t-il en se tournant vers le bâtiment. Mh…pas grave, ça me donnera une raison pour y retourner…

Le temps était dés à présent écoulé. Il savait qu'il allait passer un sale quart d'heure une fois dans sa chambre. Cependant, il ne put s'empêcher de penser que c'était l'échange pour ce qu'il venait de vivre. Certes, c'était une voie dont l'issue était peu certaine, voire dangereuse pour leur vie à tous les deux mais Edward arriverait probablement à lui faire oublier tout ça. C'est sous la pluie que le cadet Elric retourna, à une allure modérée, en direction de son abri de fortune. Au final, il avait raison, c'était toujours quand le temps n'était pas de son côté que les meilleures choses pouvaient lui arriver.


Fin du chapitre !

J'espère que ça vous aura plu - je ne doute pas sur le fait que la fin fasse plaisir à certaines lectrices ahah - n'hésitez pas à me le dire en review et je vous fais des bisous!

LMG