Cœur Secret

Chapitre 5

Gohan était déprimé. La fille qu'il aimait le détestait, pensait qu'il était un lâche et un macho, et pour couronner le tout, il l'avait blessé. Elle allait sûrement avoir un gros bleu à cause de lui. Jamais il ne pourrait se le pardonner.

Il soupira. Il n'aurait jamais dû accepter de se battre contre elle. Vraiment, se battre contre une humaine… Mais à quoi pensait-il ? Il était vraiment un idiot.

On frappa à la porte de sa chambre, et celle-ci s'ouvrit sur Chichi. Il resta allongé sur son lit, continuant de fixer le plafond, les mains derrière la tête.

« Gohan, le dîner est prêt. » annonça Chichi.

« Je n'ai pas faim. » répondit-il, ne bougeant pas de sa position.

Cela inquiéta Chichi. Elle avait remarqué qu'il avait l'air déprimé depuis son retour. Elle ne savait pas ce qui l'avait mit dans cet état, mais elle avait bien l'intention de le découvrir.

Elle entra dans la chambre, et s'assit sur le bord du lit. Il ne bougea toujours pas de sa position.

« Gohan, qu'est-ce qu'il ne va pas ? Il s'est passé quelque chose ? » demanda-t-elle.

Il la regarda, et força un sourire. « Tout va bien, Maman, ne t'inquiète pas. »

« Gohan, je suis ta mère. Je sais quand quelque chose ne va pas chez toi. Maintenant dis-moi ce qu'il t'arrive. »

Il soupira. « Je ne veux pas en parler. »

« C'est à propos d'une fille ? »

« Maman, je ne veux vraiment pas en parler. Comprends s'il te plait. »

Chichi soupira, et se leva du lit. « Très bien, comme tu veux. Si tu change d'avis, je serais là pour l'écouter. »

Il sourit, cette fois pour de vrai. « Je sais, Maman. Merci. »

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C'était désespérant. Elle ne lui avait pas adressé la parole de toute la journée. Elle ne lui avait même pas adressé un seul regard. En ce moment, il tuerait pour qu'elle le fusille du regard, comme elle en avait l'habitude.

La sonnerie retentit, annonçant l'heure du déjeuner, et Gohan décida de tenter une approche. Il se dépêcha de ranger ses affaires et de sortir de la classe, attendant dans le couloir que Videl sorte à son tour. Quand elle sortit, elle l'ignora royalement et passa devant lui comme s'il n'existait pas.

« Videl, attends ! »

Elle continua son chemin.

« Videl, je t'en pris, parle-moi ! Tu ne peux pas continuer de m'ignorer éternellement ! »

Elle continua de l'ignorer, continuant son chemin vers la cafétéria, alors qu'il la suivait, désespéré, essayant de faire en sorte qu'elle lui parle.

« Dis-moi au moins si tu viens toujours chez moi ce week-end ! » fit-il.

Cela arrêta Videl, et les élèves autour d'eux tournèrent leurs attention sur eux, intéressés.

« T'es vraiment malade de crier ça devant tout le monde. » dit Videl, lui parlant pour la première fois de la journée.

Gohan remarqua alors que tous les regards étaient sur eux, et rougit un peu, gêné, se frottant la nuque.

« Désolé… »

Elle le regarda quelques instants, puis reprit sa route vers la cafétéria, recommençant à l'ignorer. Gohan la suivit.

« Tu ne m'as pas répondu. » dit-il. « Tu viens toujours chez moi ce week-end ? »

Elle s'arrêta une nouvelle fois, semblant hésiter.

« Oui. » dit-elle enfin, avant de reprendre sa route.

Gohan sourit. Il aurait tout le week-end pour faire en sorte qu'elle lui reparle. Et il y arriverait. Il devait y arriver. Cette situation lui était insupportable. Il préférait de loin qu'elle lui lance ses regards suspicieux habituelles et qu'elle essaie de découvrir ses secrets plutôt qu'elle l'ignore comme elle le faisait.

Il alla à la cafétéria lui aussi, et chercha inconsciemment Videl des yeux. Elle était installée à une table avec Erasa et Shapner, et discutait avec eux tout en mangeant. Il alla s'installer à une table assez éloigné d'eux, et sortit son énorme déjeuner de sa capsule, commençant à manger. Comme tous les jours, il attira les regards sur lui, mais il avait prit l'habitude de les ignorer.

Malgré la distance, sa fine ouïe perçut la conversation qu'avait Videl avec ses amis, alors qu'il continuait de manger.

« Vraiment, Videl, je te trouve cruelle avec le pauvre Gohan. » disait Erasa. « Qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour que tu l'ignore ainsi ? »

« Ça ne te regarde pas, Erasa. Je t'ai déjà dit mille fois que je ne veux pas en parler. » répondit Videl.

« Laisse tomber, Erasa. » dit Shapner. « De toute façon, pourquoi Videl parlerait à un paysan comme lui ? »

« La ferme, Shapner. Tu dis ça juste parce que tu es jaloux qu'il soit plus mignon que toi. »

Gohan rougit en entendant cela, mais continua de manger, écoutant toujours la conversation.

« Tu veux rire, j'espère ? Ce paysan, plus mignon que moi ? Ha ! Je pari qu'il n'a jamais embrassé une fille de sa vie ! »

Gohan rougit encore plus, repensant inconsciemment à son premier et certainement dernier baiser avec Videl. Ce qu'il entendit ensuite le fit cracher le riz qu'il était en train de manger.

« Justement, si. Figure-toi qu'il a embrassé notre chère Videl. »

Gohan faillit s'étouffer avec son riz, et se frappa la poitrine pour le faire passer.

Elle le lui avait dit !!

Shapner, lui, s'était levé d'un bond de sa chaise, la renversant, et s'exclama : « QUOIIIII ?? »

Gohan ne le vit pas, car elle lui tournait le dos, mais Videl était rouge comme une tomate. Elle donna un coup de pied à Erasa sous la table.

« Aïe ! Pourquoi t'as fait ça ? » fit Erasa.

« Idiote ! Tu n'étais pas censé le crier sur les toits ! »

« Parce que c'est vrai ?? » s'écria Shapner. « Tu l'as vraiment embrassé ?? »

« Mais tais-toi, à la fin ! Tu veux que toute l'école le sache ? » siffla Videl.

Shapner remit sa chaise en place et se rassit dessus, boudant.

« J'arrive pas à croire que tu l'aies embrassé ! » dit Shapner, plus doucement cette fois, mais Gohan l'entendit très clairement.

« D'abord, c'est lui qui m'a embrassé, pas l'inverse. »

« Les nerfs de ce type ! Oser embrasser MA Videl ! »

« Combien de fois dois-je te répéter que je ne suis PAS ta Videl, Shapner ? Je ne l'ai jamais été et je ne le serais jamais. Alors arrête de rêver. »

Shapner croisa les bras, boudant encore une fois. Videl roula des yeux, puis se tourna vers Erasa, le regard lourd de reproches.

« Et toi ! Tu ne peux vraiment pas garder un secret ! Rappelle-moi de ne plus jamais rien te confier ! »

« Oh, excuse-moi, Videl, c'est sorti tout seul… Et puis, on peut bien le dire à Shapner, non ? C'est notre ami depuis toujours. »

Videl soupira, puis se tourna vers Shapner. « Je peux te faire confiance ? Tu n'iras pas raconter ça à tout le monde ? »

« Evidemment ! » répondit-il. « Comme si j'avais envie qu'on sache ça ! Le seul qui ait le droit de t'embrasser, c'est moi ! »

« Tu vas arrêter de rêver, oui ? Je préfère de loin embrasser encore Gohan plutôt que toi ! »

Qu… Qu'est-ce qu'elle a dit ? pensa Gohan, écarlate.

Videl se rendit elle aussi compte de ce qu'elle venait dire, et rougit intensément. Elle essaya de se rattraper.

« Oubliez ce que j'ai dit. Oubliez carrément cette histoire. Pour ma part, je l'ai déjà oublié. »

Les deux blonds acquiescèrent, et ils continuèrent de manger en silence. Qui ne dura pas bien longtemps.

« Au fait, Videl, je voulais te demander, » commença Erasa.

« Quoi ? »

« Qu'est-ce que tu t'es fait à la mâchoire ? »

« C'est vrai, ça. » fit Shapner. « Je me le suis demandé aussi. »

Gohan se sentit tout de suite coupable. C'était lui qui lui avait fait ça. Il s'en voulait terriblement de l'avoir blessé.

La montre de Videl sonna à ce moment, l'empêchant de répondre à ses amis. Elle répondit à la place au chef de la police, qui l'informa d'une prise d'otages à la banque.

« J'arrive tout de suite. » Elle coupa la communication, et se leva de sa chaise. « Je dois y aller. »

« Fais attention à toi, Videl ! » fit Erasa, toujours inquiète quand son amie allait se battre contre des criminels.

« Botte leur le cul, Videl ! » cria Shapner après son amie, qui s'était déjà mit à courir vers la sortie de la cafétéria.

Gohan attendit quelques instants avant de le lever à son tour, remettant ce qui restait de son déjeuner dans sa capsule, et courut lui aussi vers la sortie de la cafétéria.

Il monta les marches de l'escalier quatre à quatre, jusqu'à ce qu'il arrive devant la porte du toit, qu'il ouvrit précipitamment. Jetant un rapide coup d'œil autour de lui pour s'assurer qu'il était bien seul, il appuya sur le petit bouton rouge de sa montre, devenant Great Saïyaman. Sans perdre de temps, il s'envola vers la banque. Il dépassa le Jet Copter jaune de Videl, lui faisant un petit signe de la main. Cela enragea la jeune fille. Mais comment faisait-il pour tout le temps savoir quand elle se faisait appeler par la police ?

Elle avait toujours des soupçons sur Gohan, surtout depuis qu'elle savait qu'il pouvait se battre. Mais comment aurait-il pu entendre l'appel de la police ? Il était bien trop loin d'eux pour pouvoir entendre quoi que ce soit.

Peut être que je me trompe, finalement, pensa-t-elle. Peut être que ce n'est pas lui Saïyaman… Il faut que j'en aie le cœur net.

Ils atterrirent en face de la banque, qui était encerclée par des dizaines de voitures de police. Videl descendit de son Jet Copter, et ils furent accueillis par le chef de la police, qui était plus que soulagé de les voir. Il leur expliqua la situation. Cinq hommes étaient en train de cambrioler la banque, et quand la police était arrivée, ils décidèrent de prendre les clients et employés de la banque en otage, disant qu'ils les tueraient si la police tentait quoi que ce soit.

« Il vaudrait mieux que j'y aille seul. » dit Saïyaman. « Je suis plus rapide ; il ne me verront pas venir. »

« Pas question ! » protesta Videl. « C'est mon travail, tu n'as pas à t'en mêler ! Je n'ai pas besoin de ton aide ! »

« Videl, c'est dangereux, et les vies de personnes innocentes sont en jeu. Ce n'est vraiment pas le moment de refuser mon aide. »

« Fais ce que tu veux, mais ne me gêne pas ! » fit-elle. « Bon, je crois que le plus sûr pour entrer à l'intérieure est d'entrer par le toit. Je pourrais y aller en Jet Copter, mais le bruit du Jet les avertirait de mon arrivée, et ils pourraient s'en prendre aux otages… »

« Je peux t'y emmener, si tu veux. » proposa Saïyaman.

Elle regarda le Super Héros. « Tu veux dire… en volant ? »

« Oui. Ils ne nous entendront pas arriver si on y va en volant. »

« D'accord, j'accepte ton aide. Emmène-moi sur le toit. »

Gohan s'approcha d'elle et la porta dans ses bras, ignorant la rougeur de ses joues. Videl enroula ses bras autour de son cou, rougissante elle aussi.

« Prête ? » demanda-t-il.

Elle hocha la tête, et il décolla. Videl regarda le sol s'éloigner peu à peu, et instinctivement, s'accrocha un peu plus au cou du Héros, le faisant rougir encore plus. Il essaya de calmer les battements de son cœur, sans trop de succès. Enfin, après ce qui lui parut une éternité, il atterrit sur le toit, et déposa Videl sur le sol, retenant un soupir de soulagement. L'avoir si près de lui était une véritable torture.

Quant à Videl, elle ne l'avouerait jamais mais elle regrettait de ne plus être dans les bras puissant de Great Saïyaman. Elle s'était sentie si bien dans ses bras… Protégée. Etrangement, elle avait eu la même sensation quand elle avait été dans les bras de Gohan, lorsqu'il l'avait emmené à l'infirmerie…

Elle secoua la tête, et se concentra sur la prise d'otages. Le toit était vitré, et l'on pouvait voir ce qui se passait à l'intérieur. Comme l'avait dit le chef de la police, il y avait cinq hommes cagoulés. Les otages étaient assis par terre, l'air terrifiés.

Videl ouvrit la fenêtre, faisant le moins de bruit possible.

« Bon, j'y vais. » dit-elle, avant de sauter à l'intérieure.

Le bruit de son atterrissage attira l'attention des cambrioleurs. Videl ne perdit pas de temps et donna un puissant coup de poing au plus proche, puis enchaîna avec un coup de genoux à sa nuque. Il s'écroula, K.O.

« Tuez-la !! » s'écria l'un d'eux, semblant être le chef.

Les trois autres foncèrent sur elle. Elle les attendait, en position de combat.

Toujours sur le toit, Gohan regardait Videl s'occuper des criminels, un fin sourire étirant ses lèvres. Il adorait la voir comme ça, en train de se battre, déterminée, ce feu brûlant dans ses yeux. Il la trouvait encore plus belle.

Voyant que ses hommes perdaient contre la gamine, le chef sortit son arme. Mais elle disparut de ses mains l'instant d'après.

« Mais qu… ? »

« C'est ça que vous cherchez ? » dit une voix derrière lui.

Il se retourna, se retrouvant face à Great Saïyaman. Celui-ci écrasa le pistolet dans sa main. Les yeux du cambrioleur s'écarquillèrent. Le Héros disparut alors sous ses yeux, et puis le noir total.

Gohan tourna son attention sur Videl, qui se battait toujours. Il savait qu'elle n'aimait pas quand il l'aidait, alors il décida de ne pas intervenir dans son combat. De toute façon, elle s'en sortait très bien.

L'un des criminels décida qu'il en avait marre, et sortit son arme, la pointant sur Videl, qui se figea.

« On fait moins la maligne, maintenant, hein ? » fit le bandit.

Les deux autres l'imitèrent, pointant leurs armes sur la jeune fille. Celle-ci se sentit piégée, et serra les poings. C'est alors que Saïyaman apparut devant elle.

« Ne t'inquiètes pas, Videl. » dit-il. « Je ne les laisserais pas te faire de mal. »

Videl ne savait pas pourquoi, mais elle sentit ses joues lui brûler subitement. Mais pourquoi je rougis, moi ?

« Pff ! » fit l'un des cambrioleurs. « On va voir ce que tu peux faire contre ça !! »

Ils leur tirèrent dessus, mais Saïyaman attrapa toutes les balles sans problèmes. Après un moment, ils furent à court de munitions, et les tires s'arrêtèrent. Saïyaman ouvrit ses mains, et toutes les balles tombèrent par terre.

« Mais de quoi il est fait, ce mec ?! » fit l'un des bandits, apeuré.

Il n'eut pas le temps de se le demander longtemps car il fut assommé par Saïyaman, ainsi que ses complices.

Videl croisa les bras. « Tu aurais pu m'en laisser un. »

Il se frotta la nuque. « Désolé… »

Elle plissa les yeux en le voyant se frotter la nuque. Gohan fait la même chose… pensa-t-elle. Il faut que je sache si c'est bien lui !

Les otages sortirent de la banque, ce qui laissait Videl seul avec Great Saïyaman.

« Bon, maintenant que mon travail est terminé, je vais y aller. » dit-il.

« Attends ! » fit Videl.

Il se tourna vers elle. « Qu'y a-t-il ? »

Elle s'approcha de lui. « Je voulais te remercier de m'avoir sauvé. »

C'est nouveau, ça, pensa Gohan. D'habitude elle me crie dessus, quand je lui sauve la vie, disant qu'elle n'avait pas besoin de mon aide.

Elle s'approcha encore de lui. « Merci… » murmura-t-elle.

…Avant de l'embrasser.

A suivre…