Sept heures du matin, le réveil sonna dans toute l'auberge. La nuit fut de courte durée pour les voyageurs d'Amestris et encore plus pour certains. Edward Elric faisait partie de ceux-là, tranquillement pelotonné dans ses draps, il regardait par la fenêtre le brouillard recouvrant le village, un large sourire aux lèvres. Il avait un plan brillant, à son effigie, un plan qui allait lui permettre de donner un coup de pouce à son frangin pour se débarrasser de sa sangsue. Si Alphonse ne résolvait pas à la quitter dans les plus brefs délais, c'était elle qui allait partir.
Il fit mine de se lever en même temps que le lieutenant Breda, ignorant visiblement la petite escapade matinale de son colocataire. Edward attacha précautionneusement ses cheveux en queue de cheval et apporta un certain soin à sa tenue.
- Ca ne doit pas être facile de voir une jeune fille au bras de votre frère, Boss.
Il haussa les épaules, de toute façon, cette histoire ne durerait pas éternellement, il en était sûr. C'est sur cette belle pensée qu'il sortit en premier de la chambre, apercevant dans le couloir le généralissime en tenue militaire. Il se dépêcha bien vite de rejoindre la cafétéria pour ne pas avoir à lui parler, si Hawkeye gardait le secret de sa liaison avec Alphonse, il doutait que Mustang en ferait de même.
Passablement affamé et excité de la journée qui arrivait, Edward s'installa à la même table que Fuery et Falman, le plateau repas rempli de croissant et autres viennoiseries.
- Eh bien monsieur Elric, l'accueillit le sous-lieutenant aux yeux bridés, je me demande comment vous avez la force d'avaler tout ça.
- C'est le fameux mystère des quatre estomacs du Fullmétal, se moqua légèrement le noiraud aux lunettes.
Edward leur fit une langue avant d'engloutir ses premiers croissants, gardant un œil avisé à la porte d'entrée. Très vite, les autres militaires vinrent les rejoindre afin de prendre leur petit-déjeuner. Cependant, un groupe manquait à l'appel.
- Où sont Alice et Alphonse ? Demanda l'œil de faucon.
Les regards se tournèrent directement sur l'aîné Elric, il se contenta d'hausser les épaules avec le plus de naturel possible mais son petit sourire en coin trahissait ses pensées.
- Bien, je vais profiter que nous soyons à peu près tous là pour mettre les choses au point. Dit Roy en se levant d'un air sérieux.
Il attendit qu'ils avalent tous leur bouchée et se dressent devant lui avant de reprendre.
- Si je vous ai amené ici, c'est pour une raison particulière, les relations entre Aerugo et Amestris ont toujours été tendues et il va de soi que l'ancien commandement n'a pas tenté de redresser la situation. Je vais donc m'entretenir pendant un bon moment avec le chef de leur armée, je serai accompagné du colonel Hawkeye. Pendant ce temps, je veux que vous patrouiller autour du bâtiment tandis que les autres feront un tour en ville pour en savoir plus sur le climat ambiant. Suis-je bien clair ?
- Oui mon excellence ! Répondirent-ils tous en chœur.
Content et fier de ses subordonnés, Roy se rassit en leur permettant de poursuivre leur repas. Edward se savait de ceux qui allaient patrouiller en ville, comme il le disait auparavant, la présence du Fullmétal alchimiste, le « défenseur de la veuve et l'orphelin » leur permettrait de gagner plus vite la confiance des habitants.
Soudain, alors qu'ils terminaient leur repas, la porte s'ouvrit précipitamment sur les deux jeunes, visiblement essoufflés. Alice marchait rapidement, cherchant à devancer son partenaire sur ses talons.
- Avant de calmer la tension entre nos deux pays, peut-être qu'il faudrait calmer celle entre ces deux là, rit Havoc en donnant un coup de coude amical à Edward.
- Mais je te jure que ce n'est pas moi ! S'exclamait Alphonse à plusieurs reprises tentant de l'attraper par l'épaule.
En plein milieu de la caféteria, elle se tourna en le fusillant du regard.
- Que tu m'offres des fleurs, ça va c'est gentil, que tu écrives le nom d'une autre fille sur l'étiquette, c'est déjà limite alors si c'est pour foutre une saloperie d'araignée dedans pour me faire peur, tu peux aller te faire voir, Alphonse Elric !
Le jeune homme ne savait plus quoi faire, il n'y comprenait plus rien. Non, il n'avait pas prévu de lui apporter des fleurs au petit matin alors pourquoi aurait-il fait tout ça ? Sentant sur lui tous les regards provenant de la table des militaires, il bredouilla une excuse au généralissime avant de repartir en direction de sa chambre. Alice s'approcha de la table, un plateau en main et s'installa à côté d'Edward, oubliant un moment sa rivalité avec le petit blond.
- Eh bah, ça chauffe chez vous dès le matin, remarqua Roy amusé.
- Il a été vachement tordu pour faire sa petite blague ! Protesta-t-elle en mordant hargneusement dans son pain au chocolat.
Elle pesta d'autres phrases dont Edward fit la sourde oreille, satisfait de son petit effet. Personne ne semblait se poser la question de quand Alphonse aurait eu le temps d'aller commander des fleurs pour sa dulcinée. Il s'était levé aux aurores pour rejoindre la boutique à l'autre bout de la rue – remarquée la veille avant de se coucher. Il savait que son petit frère avait pour habitude d'acheter une variété de rose provenant de Xing pour décorer leur appartement, il était donc heureux de constater qu'il y en avait des semblables à Aerugo. Pour l'araignée, il l'avait longtemps cherchée mais une fois trouvée, il l'avait plongé au fond du bouquet, certain que sa petite touche ferait son effet. Il était décidément trop brillant pour elle.
Maintenant, il fallait passer à la suite du plan.
- Ah, j'ai pas ma montre à gousset ! S'exclama-t-il en se tâtant les poches. J'ai dû l'oublier en prenant ma douche hier, je reviens.
Il se leva de sa chaise, suivi des yeux par Riza, la seule à trouver son comportement suspect ou alors était-elle la seule à voir la chainette dépassant de sa poche gauche ?
Ainsi, Edward sortit seul de la cafétéria, réprimant son envie de rire et déambula tranquillement jusqu'aux chambres. Une silhouette se détachait dans le couloir, il reconnut sans mal la carrure imposante de son petit frère, il l'appela en faisant de grands signes.
- Ah, c'est toi frangin…souffla-t-il blasé.
- Je pensais que tu serais plus content que ça de me voir. Je suis déçu.
Alphonse s'empressa de dissiper le mal entendu.
- Non ce n'est pas ça, c'est Alice, je ne comprends pas ce qui lui a pris.
Edward souleva un sourcil, étonné qu'il ne lui demande pas s'il était à l'origine de leur dispute, peut-être qu'il le savait déjà. Il ouvrit la porte de leur chambre et poussa son frangin à l'intérieur, la refermant à clé dans leur dos.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je cherche ma montre à gousset, dit-il innocemment en inspectant les étagères, tu ne l'aurais pas vu ?
Ne comprenant visiblement pas où il voulait en venir, Alphonse pointa du doigt la poche du pantalon de son frère.
- Où ça ? Répéta-t-il en s'approchant dangereusement de son corps d'un air contrit. Je ne la vois pas.
Devant son absence de réaction, Edward se colla entièrement au corps de son petit frère et glissa ses mains sur ses joues. Il s'appliqua à l'embrasser le plus langoureusement possible pour le faire perdre pied. Alphonse mit du temps à fermer les yeux et se laissa finalement emporté par les caresses habiles de son bourreau. Il sentait ses mains descendre au fur et à mesure pour remonter le long de son dos, en dessous de sa chemise. Recevant enfin son approbation, l'aîné titilla chaque recoin de la bouche de son vis-à-vis, caressant sa langue au rythme de leur respiration saccadée. Se séparant doucement pour manque d'air, Edward savait qu'il allait s'inquiéter du retour des autres. Il le força donc à s'assoir sur son lit avant de le rejoindre à califourchon, étouffant ses premières plaintes.
- Ed, si elle revi…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que sa bouche recouvrait déjà la sienne. Il ne pouvait pas dire que la situation ne l'excitait pas, il suffisait de voir ses mains moites et sa chemise qui commençait sérieusement à coller sa peau mais la peur de se faire prendre l'emportait d'une tête.
- La porte est fermée à clé, répondit-il contre ses lèvres une pointe d'agacement dans sa voix.
Pour une fois qu'ils pouvaient se retrouver seul à seul dans une chambre, il n'allait pas laisser les craintes de son cadet lui gâcher sa matinée. Il fit la sourde oreille à toutes les remarques qu'Alphonse pouvait lui faire pour se concentrer sur sa tâche. Il parsema son cou de baisers, mordant par-ci par-là sa peau légèrement bronzée, remontant sensuellement le long de sa clavicule dans un soupir qui ne cachait en rien son état. Ses doigts remontèrent pour déboutonner le haut de sa chemise, dévoilant son torse musclé, il s'attela à défaire les autres boutons jusqu'à lui débarrasser de son premier vêtement
Une bonne chose de faite, après on va voir si tu seras toujours aussi réticent, songea-t-il avant de déposer sa main sur la braguette de son frère.
Soudain, dans l'excitation, Edward sentit le corps sous lui se tendre, mais pas de la manière dont il l'aurait voulu. D'abord surpris, il tenta ensuite de comprendre sa réaction en retenant son souffle, la poignée de porte se mouvait dans son dos. Quelques coups suivirent, se plaignant que l'entrée était bloquée. L'aîné remonta son visage au niveau de celui d'Alphonse, plongeant ses yeux, le défiant de continuer. Edward n'avait aucune envie de s'arrêter en si bon chemin, il se doutait qu'elle allait probablement demander le double pour ouvrir la porte mais cela leur laissait quelques minutes pour profiter de sa quasi-nudité. C'était également un test pour savoir jusqu'où son frangin serait capable d'aller pour eux.
- Ed, je crois qu'on devrait…
Il déposa un doigt sur sa bouche, fronçant les sourcils, il donnait une nouvelle chance de changer d'avis. Il pouvait sentir le cœur d'Alphonse s'accélérer au fil des plaintes du couloir, les minutes étaient comptées. La tête baissée et échappant plusieurs soupirs, le châtain agrippa les poignets du blond et les écarta de part et d'autre de son visage. Il se pencha ensuite pour ravir tendrement ses lèvres avant de se retirer dans un dernier souffle.
- Je suis désolé.
Alphonse attrapa les hanches de son aîné et de sa force, le glissa sur le lit pour pouvoir se lever. Il enfila rapidement sa chemise, la boutonna et s'avança jusqu'à la porte d'entrée. Il déverrouilla celle-ci, l'ouvrant sur le visage furieux d'Alice.
- Je peux savoir pourquoi la porte était fermée ?! S'énerva-t-elle en se tenant les hanches comme pour le gronder.
- En fait c'est…Ed, il avait perdu sa montre à gousset mais on l'a retrouvée, j'ai dû fermer la porte sans faire exprès.
Croisant les bras et peu rassurée par cette brève explication, la jeune brune lança un vif coup d'œil à la chambre.
- Et je peux savoir où est Edward ?
Il se tourna vivement pour s'assurer qu'effectivement, Edward n'était plus là.
Il a dû sortir par la fenêtre, pensa-t-il en se détendant les muscles.
Il regarda tristement les draps, songeant tristement que son frère était un peu trop entreprenant pour lui. Il fallait que les choses se calment et vite.
- Boss, vous avez pris un coup de soleil ? Demanda étrangement le lieutenant-colonel Havoc.
Cela faisait plusieurs heures qu'ils marchaient dans la ville afin de parler à certains habitants pour voir ce qu'ils pensaient de l'armée. Cependant, après les quelques discussions qu'ils avaient eu avec certains villageois, Fuery et Havoc se demandaient s'ils ne les détesteraient pas plus après cette journée.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, grogna le Fullmétal en trainant des pieds. Cette femme n'avait qu'à pas me traiter de mioche.
- Vous savez qu'elle n'a fait que de nous proposer un melon avec un grand sourire.
- J'ai vu dans son regard qu'elle me comparait à ce melon. Si ça se trouve, elle a tenté de nous empoisonner et je vous ai simplement sauvé la vie.
- Vous croyez aussi que le fermier qui nous a demandé ce que l'armée faisait ici voulait nous tuer ?
- T'as pas vu la longueur de sa fourche ! Clama-t-il pour se justifier, le rouge aux joues.
Rien de tournait rond dans sa tête depuis le début de la journée, tout allait de travers. Il avait l'impression que tout le monde cherchait à le faire chier.
- Je pense qu'on devrait s'arrêter pour aujourd'hui, ça vous dit d'aller au bar du coin avant de se taper l'engueulade d'Hawkeye. Proposa Jean Havoc, voyant que la mauvaise foi de son supérieur n'était pas prêt de s'arrêter.
Fuery et Edward hochèrent la tête et s'empressèrent de trouver un endroit où se poser tandis que Mustang s'occupaient des relations internationales. Ils s'installèrent directement au bar et laissèrent le professionnel de la boisson commander pour eux.
- Vous pensez que ça va durer combien de temps ces histoires ? Râla Edward en sirotant sa boisson alcoolisée.
- Une semaine maximum, après on doit retourner à Central pour contrôler les festivités.
Une semaine, sept jours, cent soixante-huit heures, dix-mille et quelques minutes, ça risquait d'être bien plus long que prévu. A ce constat, Edward avala d'une traite le restant de sa boisson, l'alcool glissa difficilement au fond de sa gorge. Il grimaça à l'arrière goût amer, il n'avait pas l'habitude de se bourrer la gueule mais si ça lui faisait gagner du temps jusqu'à sa prochaine entrevue avec son frère, cela n'était pas si mauvais que ça.
- Doucement Boss, vous allez avoir du mal à vous tenir debout, le prévint Havoc. Et ne comptez pas sur moi pour vous portez jusqu'à l'auberge.
- Je ne suis plus un gamin ! Protesta-t-il avant de regarder méchamment le barman. Vous pouvez m'en remettre un.
L'attitude du jeune blond ne choqua pas plus que ça ses collègues, mettant son comportement sur le dos de sa mésentente avec la copine de son frangin. Le serveur lui servit un nouveau verre, qu'il vida aussitôt. Il se sentait toujours relativement bien, l'alcool n'avait pas un effet immédiat sur lui. Il commanda une boisson plus forte au contoir, sous l'œil surpris des deux autres militaires.
- Je crois que c'est l'heure de prendre des paris, se moqua le grand blond. On commence avec qui ?
Edward lui adressa un regard noir.
- Lâchez-moi la grappe avec vos paris à la con, je sais que vous avez parié sur ma prétendue relation amoureuse.
- D'ailleurs, c'en est où ? Enchaina rapidement Fuery.
- Ca ne vous regarde pas ! Bon sang, pourquoi vous ne vous occupez pas plus de vos propres relations plutôt que de m'inventer une copine ?
- Parce que ça ne serait pas drôle sinon. Vous avez l'air assez énervé aujourd'hui, Boss.
Le barman lui tendit une chope contenant un liquide d'une couleur peu rassurante. Il porta le verre à ses lèvres et en but une bonne partie avant de la remettre sur le comtptoir. L'arrière goût était largement plus prononcé, il se sentait se consumer lentement de l'intérieur. Edward plongea sa tête dans ses mains, visiblement plus calme.
- Edward ? Vous allez bien ?
Il ferma doucement les paupières pour se détendre mais la vision de son frère le matin-même lui entravait l'esprit. Sa colère se transforma alors en larmes qui vinrent perler au coin de ses yeux. Il tâcha de respirer profondément pour ne pas alerter ses collègues. Au fond, cette situation lui faisait mal et ce, même s'il tentait de mener la danse entre Alphonse et lui. Il ne comprenait plus ses actions, le fait de vouloir protéger Alice à chaque fois. Au début, il pensait simplement qu'il voulait en faire une couverture pour leur permettre de se voir en secret mais ce matin, rien ne l'empêchait de continuer. Pourtant, il l'avait bel et bien repoussé, il ne l'avait pas rêvé.
- Boss ?
- Je vais bien, ça va. Souffla-t-il.
Il se remémora un moment le baiser que son frangin lui avait donné sous la pluie, ce soir-là, le jour où il croyait que tout était perdu et qu'il ne pourrait jamais rester auprès de lui. Aujourd'hui, il retrouvait cette désagréable sensation, probablement à cause de l'alcool qui accentuait son état.
- On devrait partir avant que les autres ne nous cherchent, proposa le brun.
Il entendit très bien les paroles de l'adjudent Fuery. Il tenta de se descendre de son tabouret et manqua de tomber par terre. Havoc le retint juste avant qu'il ne s'effondre, le maintenant en équilibre contre lui.
- Je vous ai dit que je voulais pas vous porter jusqu'à l'auberge, vous êtes chiant, Boss.
- La ferme.
Ils payèrent avant de sortir du bar, l'après-midi était déjà bien entamée et ils avaient un bout de route à faire avant de parvenir l'auberge sans compter qu'ils étaient ralentis par Edward. Celui-ci s'accrocha désespérément à l'épaule du grand blond pour ne pas tomber, essayant vainement de penser à autre chose.
- Hey Boss.
- Mhhhhhhheh ?
- Faut pas vous faire trop de souci pour tout ça.
Edward sourit, le fait que l'homme ne sache pas le fond du problème le fit rire un moment car il voulait quand même l'aider.
Je suis toujours qu'un gosse pour eux, songea-t-il en soupirant.
- Merci Lieutenant-colonel.
- Je peux savoir pourquoi j'ai reçu un appel en pleine réunion pour me dire que mes soldats terrorisaient la ville ?
Mustang était en rogne et il y avait de quoi, à peine arrivé, il avait clairement vu que ses soldats avaient failli à leur devoir aujourd'hui et au vu de l'odeur émanant d'Edward ainsi que son état, il devinait aisément quelle avait été leur après-midi de service.
- On est désolé votre excellence, s'excusa à maintes reprises le jeune Kain.
- C'est pas à moi de vous excuser bande de triple idiots, répliqua-t-il en fronçant les sourcils. En contrepartie, demain, vous bosserez pour l'auberge, je veux pas vous voir bailler aux corneilles dans les prochains jours. Vous avez compris ?
- Oui votre excellence ! Répondirent les deux soldats en chœur.
- Ok, grogna Edward couché sur le canapé de la salle de repos.
Il avait recouvert son visage avec sa longue veste brune, somnolant de temps à autre en attendant que les effets de l'alcool se dissipent. Il avait de la chance, il n'était pas assez bourré pour sortir une connerie qui aurait révélé son attirance. Rien que pour ça, il méritait une bonne nuit de sommeil.
- Grand-frère ! Ca va ?
…Il ne manquait plus que ça. Normalement, Edward aurait été heureux d'entendre la voix de son frangin mais là, il avait mal à la tête et juste envie d'être seul. Il ne prit pas la peine de découvrir son visage et lui fit un simple signe de la main lui indiquant que tout allait bien.
- Que s'est-il passé ?
- On a bu un petit verre mais on dirait que ton frère ne tient pas trop l'alcool, se moqua le lieutenant-colonel.
Edward nota de le remercier pour avoir omis certains détails. Il sentit le canapé s'abaisser sous un deuxième poids. Une main se déposa sur son épaule, il reconnut la morphologie de son petit-frère et ne put réprimer un frisson.
- Quelle idée aussi frangin…si tu as besoin de quoi que ce soit…
- Laisse-moi tranquille, Alphonse.
Sa voix jeta un froid dans la pièce, il ne savait pas exactement qui s'y trouvait hormis Alphonse, Havoc et lui mais savait que quiconque l'aurait entendu aurait été surpris. Le poids se retira du canapé et des bruits de pas s'éloignèrent de lui.
C'est beaucoup mieux ainsi.
