Cœur Secret

Chapitre 8

Videl se figea, sa respiration coupée.

« Je suis amoureux d'elle. »

Non, ce n'était pas possible, elle avait dû mal entendre… Gohan ne pouvait pas être…

La conversation des deux frères continua.

« Pourquoi tu ne lui dis pas ? » demanda Goten.

« Eh bien… Je ne pense pas que ce soit réciproque. » répondit Gohan.

Il eut un bref moment de silence. « Réci… quoi ? »

Gohan eut un petit rire. « Ça veut dire qu'elle ne partage pas mes sentiments. »

« Oh ! » fit Goten, comprenant enfin. « T'es sûr ? »

« Oui… C'est à peine si elle me considère comme un ami. »

« Oh… Dommage, j'aurais bien aimé qu'elle devienne ma grande sœur… Elle est gentille est très jolie. »

« Oui, je sais. Quoiqu'elle n'est pas toujours gentille avec moi. » ajouta-t-il avec un petit rire.

La conversation semblait être terminé, et Videl reprit son chemin vers la salle de bain, encore toute chamboulée par tout ce qu'elle venait d'entendre.

« Je suis amoureux d'elle. »

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Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, n'arrêtant pas d'y penser.

Il est vraiment amoureux de moi… Je n'arrive toujours pas à le croire… Pourquoi ? Pourquoi il m'aime ? J'ai été si méchante avec lui, et lui il m'aime. Ça n'a pas de sens.

Elle soupira, tournant sur le côté. Que devait-elle faire, maintenant qu'elle savait ce qu'il ressentait pour elle ? Elle se mit sur le dos, fixant maintenant le plafond.

« Ça ne sert à rien, je n'arriverais pas à dormir. » se dit-elle. Elle se leva du lit, puis sortit de la chambre, allant à la cuisine pour aller se chercher un verre d'eau.

Quelle fut sa surprise quand elle le vit, assit à table, en train de manger un énorme morceau de viande. Il leva la tête quand il l'entendit entrer, et leurs regards se croisèrent. Videl sentit ses joues s'enflammer subitement, sans vraiment savoir pourquoi.

Gohan rougit en la voyant ainsi ; les cheveux lâchés, légèrement ébouriffés, portant un débardeur plutôt moulant et un pantalon pyjama. Il la trouvait extrêmement belle, comme ça.

Mais il se reprit, et lui demanda :

« Pourquoi es-tu debout ? Tu n'arrives à dormir ? »

« Ouais. Et toi ? »

« J'avais un petit creux. »

« Petit ? » fit-elle, regardant l'énorme morceau de viande qu'il tenait encore dans les mains.

Il rit, et se serait frotter l'arrière de la tête, si ses mains n'avaient pas été occupé à tenir le morceau de viande. « J'ai un gros appétit. »

« J'avais remarqué. »

« Euh… Tu en veux ? » demanda-t-il.

« Non merci, je n'ai pas faim. »

« Tu es sûre ? Tu n'as pas mangé pendant le dîner, et la cuisine de ma mère est la meilleure. Tu rates quelque chose. »

Elle rit. « Après tout, pourquoi pas. »

Gohan sourit largement, content de la voir rire, et pas fâchée contre lui. Mais il se demandait toujours pourquoi ce qu'il avait dit pendant le dîner l'avait autant affecté, quoi qu'elle en dise.

Videl s'assit à côté de lui, et se servit dans tous les plats qu'avait sorti Gohan. Et il n'avait pas menti ; elle n'avait jamais rien mangé d'aussi bon.

« C'est délicieux. » dit-elle.

« Je te l'avais bien dit. »

Elle sourit, et continua de manger son délicieux repas en compagnie de Gohan. Elle avait toujours un peu de mal à s'habituer à la façon de manger du jeune homme, mais se concentra sur son repas, tentant de l'ignorer.

Tout de même, je me demande comment il fait pour manger autant sans prendre de poids, pensa-t-elle. Elle le regarda, dévorant sa nourriture comme si c'était son dernier repas.

Et dire qu'il m'aime…

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« Ah… J'ai bien mangé ! » fit Gohan, se frottant le ventre.

Videl le regardait avec des yeux ronds. « Et tu appelles ça un petit creux ? Tu as mangé assez pour nourrir une armée ! »

Il se frotta l'arrière de la tête avec un petit sourire gêné. Videl sourit. Il était si mignon quand il faisait ça.

Houlà, mais à quoi je pense, moi ? Elle secoua la tête, tentant de chasser cette pensée de son esprit.

« Tout va bien, Videl ? » demanda Gohan quand il la vit secouer subitement la tête.

« Oui oui, t'inquiète. » dit-elle.

Elle le regarda, puis se mit à rire soudainement. Gohan cligna des yeux, ne comprenant pas ce qui la faisait rire ainsi, bien qu'il la trouvait vraiment très belle quand elle riait.

« Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il.

« Tu as du riz partout sur le visage ! » dit-elle, continuant de rire.

Il cligna une nouvelle fois des yeux, puis se mit à rire lui aussi. Son rire était contagieux.

« Attends, laisse-moi faire. » dit-elle, s'étant enfin calmée.

Elle prit une serviette de table et s'approcha de Gohan, commençant à lui nettoyer le visage. Il rougit, mais ne pouvait détacher ses yeux de la jeune fille. Elle finit de lui nettoyer le visage, puis sentit qu'il la regardait, et leva ses yeux vers les siens. Elle rougit à l'intensité de son regard, et son souffle se coinça dans sa gorge. Elle déglutit, incapable de détacher ses yeux des siens. La main de Gohan sembla bouger d'elle-même, et vint caresser la joue de Videl. Elle retint son souffle, alors qu'il approchait son visage du sien, fermant les yeux, et ferma les yeux aussi, attendant le contact de ses lèvres…

« Mais qu'est-ce que vous faites debout à cette heure-ci ? »

Ils s'écartèrent l'un de l'autre brusquement, rougissant jusqu'aux oreilles. Chichi cligna des yeux, puis sourit malicieusement.

« Ai-je interrompu quelque chose ? »

« Maman ! Il ne s'est rien passé !! » protesta Gohan.

« Mais si je n'étais pas arrivé, il se serait passé quelque chose, n'est-ce pas ? Ah, je regrette de vous avoir interrompu ! Dire que vous avez failli vous embrasser ! »

Ils rougirent encore plus. Videl n'arrivait pas à y croire. Ils avaient vraiment été sur le point de s'embrasser, et cette fois ce n'était pas pour pouvoir s'échapper, ni pour le démasquer. Elle avait eu envie qu'il l'embrasse. Elle mourrait d'envie qu'il l'embrasse, en fait.

Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Depuis quand j'ai envie d'embrasser des garçons ?

Pas n'importe quel garçon ; Gohan. Elle voulait que Gohan l'embrasse. Cette réalisation la frappa. Fort.

« Au fait, vous n'avez pas répondu à ma question. » rappela Chichi. « Qu'est-ce que vous faites debout à cette heure-ci ? »

Gohan se frotta la nuque. « J'avais un petit creux. »

« Je vois. Tu as de la chance que je laisse toujours quelques plats dans le frigo, au cas où toi ou Goten ayez 'un petit creux' pendant la nuit, ce qui arrive souvent. » Elle se tourna alors vers Videl. « Et toi, Videl, tu avais aussi 'un petit creux' ? »

« Et bien en fait, pas vraiment. » répondit Videl. « J'étais juste descendu me chercher un verre d'eau, mais Gohan m'a proposé de se joindre à lui. Et je dois dire que votre cuisine est vraiment la meilleure que j'ai jamais goutée. »

« Et bien merci, Videl. » dit Chichi avec un sourire.

« Et toi, Maman, que fais-tu debout ? » demanda à son tour Gohan.

« J'ai entendu du bruit, alors je suis allée voir. »

« On t'a réveillé ? Je suis désolé. » dit Gohan.

« Mais non, je ne dormais pas. J'étais en train de lire un livre. Je n'ai pas vu le temps passé ; je ne m'étais pas rendue compte qu'il était déjà si tard. » répondit Chichi. « Bon, je vois que vous avez fini de manger, alors retournez au lit, maintenant. Il est tard. »

Ils acquiescèrent, et se levèrent de table, sortant de la cuisine, laissant Chichi seule. Elle alla se préparer un verre de lait chaud.

« Dire qu'ils ont failli s'embrasser… » se dit-elle, devant son verre de lait. « Si je ne les avais pas interrompu, j'aurais déjà pu être grand-mère ! C'est tellement dommage ! »

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Gohan était allongé sur son lit depuis un bon moment déjà, mais il n'arrivait pas à trouver le sommeil. La scène du « presque baiser » se repassait en boucle dans sa tête. Parce que c'était bien ce que c'était. Un « presque baiser ». Ils avaient vraiment failli s'embrasser, et il avait bien vu qu'elle en avait eu envie autant que lui.

Elle avait eu envie de l'embrasser…

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Quand elle se réveilla, Videl mit quelques temps pour réaliser où elle était. Puis, le souvenir de la veille lui revint en mémoire, et elle rougit instantanément.

Dire qu'on a failli s'embrasser… pensa-t-elle. J'arrive toujours pas à le croire… Je ne comprends vraiment pas ce qu'il m'arrive, ces derniers temps.

« Je suis amoureux d'elle. »

Elle rougit encore plus en repensant à la conversation qu'elle avait surprise entre Gohan et son petit frère. Elle secoua la tête, voulant chasser cette pensée de son esprit. Puis elle soupira, et se leva du lit. Elle prit ce qu'elle avait besoin dans son sac de voyage pour sa toilette du matin, puis sortit de la chambre, se dirigeant vers la salle de bain. En chemin, elle rencontra Gohan…

…Qui ne portait qu'un pantalon, une serviette autour du cou, les cheveux encore mouillés.

Les joues de Videl prirent feu. Oh… Mon… Dieu…

« Tiens, salut Videl. Tu as bien dormi ? » demanda Gohan, complètement ignorant du regard de Videl qui détaillait chacun de ses muscles.

« Videl ? Videl, tu m'entends ? » fit Gohan, agitant sa main devant son visage quand il vit qu'elle ne répondait pas.

Elle sursauta, et rougit encore plus, réalisant ce qu'elle était en train de faire. Mais qu'est-ce qui me prend, tout à coup ?

« Euh… Tu disais ? » demanda-t-elle, concentrant son regard dans ses yeux, et non sur son corps de Dieu.

Il soupira. « Rien d'important. Tu allais à la salle de bain ? » demanda-t-il, remarquant les affaires de toilettes qu'elle portait dans ses bras.

« Oui. D'ailleurs je vais y aller. » dit-elle. « A tout à l'heure. »

Videl se précipita dans la salle de bain, qu'elle verrouilla dès qu'elle entra. Elle prit son visage dans ses mains.

Je n'arrive pas à croire que j'étais en train de… de le mater !

Parce que c'était réellement ce qu'elle avait fait : elle l'avait maté. Mais pouvait-on vraiment lui en vouloir ? Comment ne pas mater un corps pareil ?

Dieu merci il n'a rien remarqué… C'est une bonne chose qu'il soit si naïf, finalement.

Elle secoua la tête, tentant de chassé l'image de Gohan torse nue de son esprit. Sans grand succès. Elle décida qu'une bonne douche lui ferait du bien. Une douche bien froide.

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Une fois de plus, Videl avait du mal à se concentrer sur son repas avec les deux frères qui dévoraient leur petit déjeuner, alors que Chichi mangeait comme si de rien n'était.

Elle secoua la tête, et commença à manger. C'était toujours aussi bon. Elle décida que ce serait une bonne occasion d'en savoir plus sur l'une des femmes les plus fortes du monde.

« Dites-moi, Chichi, » commença-t-elle, attirant l'attention de la mère de Gohan. « Où avez-vous appris à vous battre ? »

Chichi sourit, ravie d'avoir quelqu'un à qui parler en déjeunant pour une fois. « C'est mon père qui m'a enseigné les arts martiaux, lui-même ayant été l'élève de Tortue Génial. Donc j'utilise la technique de la Tortue. »

« Tortue Génial ? » s'étonna Videl. « J'ai lu quelque part que Son Goku avait aussi été son élève. C'est comme cela que vous vous êtes rencontrés ? »

« Pas exactement. » répondit Chichi. « On s'est rencontré un peu avant qu'il ne devienne son élève, et on était justement à sa recherche. »

« Vous étiez à sa recherche ? Pourquoi ? »

« Tortue Génial avait en sa possession un éventail magique permettant d'éteindre n'importe quel incendie, et comme la Montagne de Feu empêchait mon père et moi d'entrer dans notre château, mon père m'a envoyé à sa recherche. J'ai rencontré Goku en chemin. »

« La Montagne de Feu ? Votre château ? Comment s'appelle votre père ? »

« Gyumao. Pourquoi ? »

Videl en resta bouche bée. « Vous… Vous voulez dire que vous êtes la fille du Roi Gyumao ? »

« C'est vrai qu'il est roi, j'ai tendance à l'oublier. » dit Chichi.

« Mais ça veut dire… que Gohan est un prince ! » réalisa Videl.

Gohan leva la tête de son déjeuner quand il entendit son nom. Il cligna des yeux.

« Je suis un quoi ? » demanda-t-il.

« Tu es un prince !! Comment se fait-il que tu ne m'aies rien dit ?? »

Il cligna une nouvelle fois des yeux. « Je suis un prince ? »

« Mais oui ! Ton grand père est un roi, ce qui fait de toi un prince ! »

Il se gratta les cheveux. « Ah bon ? »

« Mais c'est pas possible d'être aussi ignorant ! T'es un prince et tu le savais même pas ?? »

« Ben… Je savais que mon grand père est un roi, mais je n'avais jamais réfléchi au fait que cela faisait de moi un prince. Quoique ça me semble logique, finalement. »

« Est-ce que ça veut dire que je suis un prince, moi aussi ? » demanda innocemment Goten, levant sa tête de son déjeuner.

Gohan sourit à l'innocence de son petit frère. « Oui Goten, tu es un prince, toi aussi. »

« Attends que je le dise à Trunks ! Il me répète toujours qu'il est un prince comme son père est le prince des Saïyammmfff… »

Goten ne put finir sa phrase car son grand frère venait de mettre sa main sur sa bouche, l'empêchant de continuer. Gohan regarda nerveusement Videl, qui les regardait en fronçant les sourcils.

« Saïya… quoi ? » demanda-t-elle.

« Euh… Fais pas attention, c'est pas important. » dit Gohan, riant nerveusement.

Videl le regarda, les yeux plissés.

« Au fait, qu'est-ce que vous allez faire, aujourd'hui ? » demanda Chichi, détournant l'attention de Videl.

Celle-ci cligna des yeux. « Je ne sais pas trop… Je n'y avais pas pensé. »

Merci, Maman, pensa Gohan.

« Que diriez-vous d'aller vous baigner dans le lac à côté ? » proposa Chichi.

« Mais… Je n'ai pas pensé à apporter de maillot de bain… » dit Videl.

« Ce n'est pas grave, tu peux emprunter le mien, si tu veux. Qu'en dites-vous ? Et vous pourrez prendre Goten avec vous. Je suis sûre que vous allez bien vous amuser. »

Gohan et Videl se regardèrent, puis haussèrent les épaules.

« Pourquoi pas. »

A suivre…