Trois choses : 1) Je suis désolée du délai entre chaque chapitre, sérieusement, je m'en excuse. Mais sachez, que je n'abandonnerez pas cette fiction.

2) Je remercie ceux qui me suivent toujours ainsi que ma super bêta pour sa correction !

3) Les passages qui sont en italiques sont des flash-back, j'ai pensé que ça pourrai vous aider pour mieux comprendre, dites moi si ça vous aide ou si au contraire ça vous embrouille. On est toujours du POV de Santana.

ENJOY!


Rien n'est jamais arrivé.

C'est tellement plus facile de se répéter cette phrase inlassablement plutôt que de faire face. Fuir encore et encore. Cela faisait une semaine que les cours avaient repris et que chaque matin, je me levais, cette phrase devenue comme un guide en tête. Mais comment ignorer une personne que l'on voit tous les jours ? Comment ignorer des sentiments qui ne demandent qu'à être exprimés ?

Comment ?

Eh bien, on cesse de se poser la question et on agit. On le fait, inconsciemment, on laisse cette personne vivre sa vie et on vit la sienne. J'ai toujours pensé que ce serait la bonne chose à faire. En effet, ignorer encore et toujours l'évidence était la solution qui revenait à chaque fois. Mais peut-être que cette fois j'avais envie de changer. Envie d'agir, de réagir, de ne pas souffrir.

Mais…Rachel dans tout ça ?

Soupirant, j'arrache la page de mon cahier d'espagnol puis la roule en boule, attendant que la sonnerie sonne. Indécise, je décide de remettre à plat la feuille puis je commence à la déchirer morceaux par morceaux. Pas besoin que quelqu'un dont le nom commence par Q et qui a les cheveux d'un couleur douteuse tombe sur ces quelques mots. Ou pire encore, que se soit une certaine brunette qui le fasse.

La cloche sonne et je sors en trombe de la classe, déposant au passage le petit tas de papier dans la poubelle. Passant à mon casier, je prends mon portefeuille, me dirige vers la cafétéria et achète la même chose que d'habitude. C'est fou comment en quelques semaines j'ai repris mes habitudes en ajoutant de nouvelles au passage, comme ce rituel de manger à l'extérieur, sur les gradins du stade.

Seule bien sûr.

Mais je ne suis pas la seule à avoir remarquée ce coin tranquille. En effet, de l'autre côté du stade, en face de là où je me mets d'habitude, j'aperçois souvent une lionne à la crinière rosée accompagnée de son étoile. Je les vois sans qu'elles ne me voient. Kurt appelle ça de la « surveillance obsessive », je préfère lui donner le nom de « protection rapprochée ». Dans le fond, je sais à quoi servent ces midis pour les deux filles. Pour Fabray ils servent à prouver à Rachel qu'elle ressent bien quelque chose. Je veux dire, à se dévoiler, à laisser tomber ce cinéma de « Je ne suis pas gay ». Quant à Rachel…Je ne sais pas dire à quoi ils lui servent. Seulement à profiter de sa petite amie, au grand jour, je suppose.

Tirant une dernière fois sur ma cigarette, je jette celle-ci sur le bitume avant de la piétiner. A croire qu'aujourd'hui, le couple ne viendra pas. Tant mieux, ceci me permettra de rester plus longtemps dans les gradins. Je regarde mon portable, vérifiant l'heure et étant donné qu'il reste environ 20 minutes avant la reprise des cours, je mets mes écouteurs et m'allonge sur une des marches, la tête posée sur mon sac.

Là, je respire. Je laisse la musique s'emparer de mes sens et ferme les yeux. Je me sens bien. Le soleil court sur ma peau et la chaleur m'enveloppe comme un cocon protecteur. Je respire doucement, calmement, profitant du soleil.

Soudain, l'ombre se fait au-dessus de moi et paniquée j'ouvre les yeux et me relève rapidement. Rachel Berry me fait face. Soupirant de soulagement, je décide de l'ignorer et me rallonge sur mon sac.

« Rachel, tu peux te décaler ? Tu me fais de l'ombre là. »

Sans mot, elle se déplace et je la sens s'asseoir à côté de moi. Intriguée, je me rassois et de suite nos regards se croisent. Le sien est teinté de tristesse. Incapable de m'en empêcher, je lui demande ce qu'il se passe et elle secoue la tête avant d'enfouir son visage dans ses mains. Rapidement, ses épaules sont parcourues de tremblements et sans hésiter je passe mes bras autour d'elles, attirant Rachel contre moi.

- Hey…Où est Q. ?

- Partie…je crois…

- Rachel, qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle se redresse et me regarde un sourire triste aux lèvres. Essuyant ses yeux, elle s'écarte de moi légèrement et remonte ses genoux contre sa poitrine, les entourant de ses bras. Là, elle soupire et me regarde les yeux rougis.

- On…on s'est disputées, je pense. Enfin je crois…Non, je..j'en suis sure, mais tu sais, je..on..on a l'habitude, c'est rien de bien important, je m'en remettrai. Je..oui, je ferai mieux de te laisser.

Elle se lève subitement et je lui attrape le bras, la retenant. Depuis quand Rachel était celle qui repoussait les gens lorsqu'il s'agissait de parler ?

- Rachel, parle moi.

- Santana, je…Je ne peux pas te mêler à tout ça. Tu n'as pas besoin d'être dans ceci.

Je lâche un soupir.

- Peut-être que je veux faire partit de tout ceci, Rachel. Laisse-moi être là pour toi, d'accord ? Je..Je suis ton amie, et ce n'est pas Fabray qui fera changer ça.

Elle hoche la tête et je lui lâche le bras, la laissant se rasseoir à côté de moi. Là, elle reprend sa position initiale et soupire.

« Je...J'ai fait l'erreur de lui parler d'assumer notre relation en public…et-et-et.. »

Elle soupire, marque une pause, me regarde tandis que les larmes sont de retour au coin de ses yeux. Sans hésiter j'enlace Rachel, lui faisant comprendre qu'elle n'a pas besoin de dire plus. Parce que je sais. Je sais la réponse qu'a pu lui donner Quinn. Une réponse pleine de peur et de « Es-tu folle ?! » Pourtant, à ce moment précis, j'aimerais pouvoir être devant Q. et pouvoir la secouer assez fort pour qu'elle se réveille et voit qu'elle ne mérite même pas la petite brune et qu'elle devrait être heureuse de pouvoir la considérer comme sienne. Parce que qu'est-ce que je donnerai pour pouvoir être à sa place !

Justement Santana, ce n'est pas là ta place.

Si seulement ça l'était…Au moins elle serait heureuse.

Mais, qui te dis qu'elle ne l'est pas avec Quinn ?

Je soupire à mon tour et laisse la brunette se calmer dans mes bras. Une fois qu'elle se recule de mon étreinte, me regardant un sourire timide aux lèvres, je ne peux empêcher ma main de se tendre vers sa joue afin de remettre une mèche brune derrière son oreille. Elle rougit, regardant le sol, et je la trouve juste adorable.

- Tu m'as manquée, tu sais ?

- Je sais Rach', mais…Il y a des choses qui ne sont plus possibles entre nous.

Comme pour confirmer mes dires une voix surgie de nulle part cri le nom de Rachel. Reconnaissant la voix de Fabgay, je recule instinctivement et range rapidement mes affaires.

- Qu'est-ce que je te disais ? Allez, vas donc la retrouver.

Je soupire et me lève rapidement, ne voulant pas que l'ex-cheerios nous découvre ainsi. J'entends Rachel murmurer un petit « Merci » et je ne lui réponds pas, préférant presser le pas lorsque la voix de Quinn se rapproche.

Pourtant plus je m'éloigne de Rachel, plus une voix me poursuit, murmurant doucement mon prénom. Une voix masculine, chaude et douce, et plus je m'éloigne, plus la voix se fait claire, distincte. Plus je laisse tomber les souvenirs, plus je me réveille, pour affronter le monde réel.


« Santana..Aller, réveille-toi. »

J'ouvre les yeux, déboussolée par la clarté de la pièce, malgré la nuit nous entourant. Le bip bip reconnaissable d'une machine me rappelle immédiatement où je me trouve. Me redressant dans la chaise beaucoup trop dure pour mon dos, je m'étire et mon regard se pose sur le propriétaire de la voix. Les lunettes légèrement baissées sur le bout de son nez, les yeux emplis du même regard triste depuis quelques jours, Leroy Berry se tient devant moi. Immédiatement, je me lève et laisse mon corps être transporté dans son étreinte. Il soupire puis se recule, me tendant une tasse de café brûlant.

Je bois, en silence. A quoi bon parler ? Puisque le seul sujet dominant était aussi un sujet tabou. Pourtant, je ne peux empêcher mes yeux de dériver sur l'objet de notre silence. « L'éléphant dans la pièce ». Un corps endormi dans un lit, recouvert de draps de cotons blancs. Des boucles brunes sont éparpillés sur l'oreiller, lui aussi blanc, et ses paupières closes ne demandent qu'à s'ouvrir. Mon cœur se serre et je reporte mon attention sur la chaleur du café traversant mon corps. La main de l'homme se pose sur mon épaule et je sais déjà ce qu'il va me dire, je sais déjà ce que sera ma réponse aussi.

Un non catégorique.

« Santana, tu devrais y aller. Tu as été là depuis le début. Il faut que tu la laisses un peu…Enfin, sa voix se brise, et il murmure, elle ne bougera pas de toute façon. »

Je secoue la tête et me déplace posant la tasse sur un des tabourets présents dans la pièce. Ensuite, j'attrape ma chaise et l'apporte jusqu'au chevet de Rachel. Reprenant ma place habituelle, je ramène mes genoux contre ma poitrine et regarde les lignes affichées sur les écrans.

Tant qu'elles sont là, Rachel est vie, non ?

J'entends Leroy qui soupire derrière moi puis il quitte la chambre de sa fille. Son comportement m'agace légèrement. Ne peut-il pas comprendre que j'ai besoin de veiller sur elle. Besoin d'être la première personne qu'elle verra lors de son réveil. J'en ai besoin. Et ce besoin me consume de l'intérieur, se mélangeant à l'amour que je ressens pour elle. L'amour mais aussi à la peur. Celle qu'elle ne sorte jamais de ce…Coma.

Coma.

Rien que le mot me fait frissonner. Le médecin avait été impartial. Son cœur battait mais la trop forte dose de pilules avait plongées la petite brune dans un coma profond.

Alors oui, depuis plusieurs jours maintenant, je reste là. Je la regarde, la surveille, guette le moindre frémissement sous ses paupières, le moindre infime mouvement venant de son corps.

Je reste là. Et je revois les scènes des derniers mois. Je les revis, incapable de les oublier, préférant les analyser, essayant de trouver LA réponse qui me donnera la raison de ce que Rachel à fait. Je ne dors plus, ou alors très peu, mais même mon sommeil reste hanté par la petite brune. Les mois défilent dans ma tête et mes journées sont ponctuées de flash-back perpétuels. De souvenirs, de mots, de sensations, de saveurs, de douleurs, de pleurs.

De Rachel.

Je soupire, et tend le bras, posant doucement ma main sur celle plus petite de la brunette. Lentement, je caresse sa peau fraîche, et entremêle mes doigts aux siens. De suite, je m'attends à une réponse. A une pression de ses doigts contre ma paume, à quelque chose.

Juste, quelque chose.

Mais rien. Rien ne se passe et je sens les larmes qui tombent une nouvelle fois le long de mes joues creuses. Je reste juste là, espérant que quelque part, perdue dans je ne sais quel endroit, Rachel se bat pour se réveiller.


Ce chapitre est plutôt court je sais, mais j'espère qu'il vous plaira quand même. N'hésitez pas à laisser des reviews, posez des questions, et ma boite à PM est ouverte pour toute discussion :) Merci encore ! Bonne nuit à vous tous !