Cœur Secret
Chapitre 17
Le lendemain matin, au lycée, Videl repensait toujours à ce qu'il s'était passé au centre commercial. Elle, Satan Videl, le plus grand garçon manqué du monde, avait acheté une robe. Et tout ça pourquoi ? Parce que Gohan lui avait dit qu'elle était magnifique. C'était tout ce qui avait suffit pour la convaincre.
Posant son front contre la porte de son casier, fermant les yeux, la jeune fille grogna. Maintenant, elle allait devoir porter une robe en public. Une robe ! Tout ça, c'était la faute de Gohan, et de ces stupides sentiments qu'elle avait pour lui !
« Faut qu'on parle, Videl. »
Entendant la voix de son amie blonde, la brune se redressa et se tourna vers elle. Erasa n'avait pas l'air contente, ce qui était assez inhabituelle chez elle, qui était toujours de bonne humeur. Videl fronça les sourcils.
« Quelque chose ne va pas, Erasa ? »
« Y'a un truc que j'aimerais savoir, » fit son amie, ignorant sa question. « Pourquoi tu refuses toujours d'aller faire du shopping avec moi ? »
Videl se tendit. Se pourrait-il que ce soit une coïncidence qu'Erasa lui pose cette question à peine un jour après qu'elle ait été faire du shopping avec Gohan et sa famille ? Peu de chance.
Elle soupira. « Tu ne serais pas allé au centre commercial hier, par hasard ? »
Erasa préféra ne pas lui dire qu'elle les avait suivi. « Oui, et je t'ai vu avec Gohan et sa famille, en train de faire du shopping ! »
« Ecoute, Erasa… »
« Tu me dois une sortie shopping ! » déclara soudainement la blonde, l'interrompant.
« Hein ? »
« Tu me dois une sortie shopping ! » répéta-t-elle. « Tu y es allé avec Gohan, je vois pas pourquoi tu n'irais pas avec moi ! »
« Mais je hais le shopping ! Tu le sais bien ! » protesta Videl.
« Tu y es bien allé, hier ! » rétorqua Erasa.
« Mais c'est parce que j'avais besoin d'une nouvelle tenue pour un évènement spécial ! Là, ce n'est pas le cas, alors je ne vois pas pourquoi j'irais encore ! »
Erasa regarda son amie en plissant les yeux. Puis, elle sourit malicieusement.
« Très bien, si tu ne veux pas, nous n'irons pas. » dit-elle, son sourire toujours présent.
« Bien ! »
Le sourire malicieux d'Erasa s'élargit. « Mais je dirais à Gohan que tu es amoureuse de lui. »
Videl écarquilla les yeux, rougissant intensément. Co… Comment le sait-elle ?
Puis elle se reprit, et ouvrit la bouche pour protester, mais Erasa la devança :
« N'essaye même pas de nier ; je sais que tu es amoureuse de lui. » affirma-t-elle.
« Et comment pourrais-tu le savoir ? » questionna Videl, croisant les bras.
« D'abord, il t'a embrassé plusieurs fois, et il est toujours vivant. Si un autre garçon aurait ne serait-ce tenté quoi que ce soit de ce genre avec toi, il serait déjà mort et enterré. »
Videl rougit, détournant le regard. « Ça ne veut rien dire. »
« C'est vrai, ça ne veut pas forcément dire que tu l'aimes ; juste que tu aimes ses baisers. »
Elle rougit encore plus. « Tu dis vraiment… n'importe quoi… »
« Et si on demandait son avis à l'intéressé ? » suggéra Erasa, souriant toujours aussi malicieusement.
« Tu… Tu ne ferais pas ça… » fit Videl, une expression d'horreur sur le visage.
« Tu crois ça ? »
« Je te préviens, Erasa, si tu fais ça, je- »
Elle fut interrompue par son amie, qui regardait derrière elle : « Oh, salut Gohan ! On parlait justement de toi ! »
« Ah bon ? » fit le jeune homme, s'approchant, alors que Videl se figeait sur place.
« J'aimerais avoir ton avis sur quelque chose. Penses-tu que Videl soit am- »
« NON !! » s'exclama soudainement la jeune brune, couvrant la bouche d'Erasa avec sa main, l'empêchant de continuer.
Gohan cligna des yeux. Que se passait-il ?
Videl rit nerveusement, la main toujours sur la bouche d'Erasa. « Euh, laisse tomber, c'est pas important. »
Il cligna encore des yeux. « Euh… D'accord ? »
La sonnerie annonçant le début des cours choisit ce moment pour sonner.
« On te rejoint tout de suite, Gohan. » dit Videl, ne bougeant toujours pas sa main. « Pars devant. »
« Euh… Oui, d'accord. » dit-il, un peu incertain. « On se voit en cours, alors. »
Videl s'assura que Gohan s'était bien éloigné pour enfin retirer sa main de la bouche de son amie.
Elle soupira. « T'as gagné… J'irais faire du shopping avec toi… »
Erasa sourit largement. « Génial ! On pourrait y aller après les cours, qu'en penses-tu ? »
« La semaine prochaine, je préfère. » dit Videl. « Mais tu ne dois rien dire à Gohan ! »
« Alors tu admets enfin être amoureuse de lui ? »
« Je n'admets rien du tout ! Mais je ne veux pas que Gohan se fasse des idées ! C'est tout ! » se justifia-t-elle. « Bon, allons en cours, maintenant. »
Alors que les deux amies se dirigeaient vers leur classe, Erasa s'imaginait déjà au centre commercial avec Videl, essayant toutes sortes de vêtements, de chaussures, d'accessoires… tandis que Videl réfléchissait à un moyen de se sortir de cette sortie shopping.
Mais il n'y avait rien à faire.
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Gohan baissa son regard sur la jeune fille dans ses bras, alors qu'il volait vers sa maison. Videl semblait contrariée, depuis quelques temps. Même pendant la leçon de vol d'hier, elle n'avait pas été très concentrée. Etait-ce à cause de la robe qu'elle devrait porter demain, pendant la fête ? Elle lui allait vraiment bien, pourtant.
Mais Gohan était loin du compte. Si porter une robe ennuyait Videl, ce n'était rien comparé à devoir faire du shopping avec Erasa. Ça, c'était l'Enfer. Elle n'avait pourtant pas le choix. Elle ne voulait pas que Gohan sache qu'elle avait des sentiments pour lui.
T'es vraiment une idiote, dit une voix dans son esprit. Tu l'aimes, et tu sais qu'il t'aime aussi ; qu'est-ce que t'attends pour être avec lui ?
Elle ne savait pas quoi répondre. Et cela l'énervait. Toute cette histoire commençait sérieusement à l'énerver, en fait. Elle leva la tête pour regarder Gohan, sous son casque de Saïyaman, et fronça les sourcils. C'est ta faute, accusa-t-elle silencieusement. Si tu n'étais pas venu au lycée, si je ne t'avais pas rencontré, si tu n'étais pas aussi gentil, beau, et tellement craquant, je n'aurais pas à lutter contre tous ces sentiments que j'éprouve pour toi.
Sentant que la jeune fille le fixait, Gohan baissa une nouvelle fois la tête vers cette dernière. Il constata alors qu'elle le foudroyait du regard.
« Tout va bien, Videl ? » demanda-t-il, quelque peu nerveux sous son regard noir.
« Non, tout va mal ! » s'exclama-t-elle soudainement. « Et tout est de ta faute ! »
Gohan cligna des yeux, bien qu'elle ne le vit pas, à cause de son casque.
« Ma faute ? Qu'est-ce que j'ai fait ? » demanda-t-il, confus.
« Tu… ! » Elle s'arrêta ; elle ne pouvait tout de même pas lui dire la raison ! Qu'à cause son charme naturel, elle était tombé follement amoureuse de lui ! Mais pourquoi avait-il fallu qu'elle ouvre la bouche ? Qu'allait-elle répondre, maintenant ?
« Tu m'as fait acheter une robe ! » finit-elle par dire. « Et je déteste les robes ! »
Alors c'est vraiment à cause de la robe, pensa Gohan.
« Mais elle te va si bien. » dit-il. « Et puis, je ne t'ai jamais obligé de la prendre, tout ce que j'ai fait c'est dire que tu étais… » Il s'arrêta, rougissant. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il lui avait dit si simplement qu'elle était magnifique. Mais la voyant dans cette si jolie robe, il avait été dans l'incapacité de réfléchir correctement.
Videl rougit aussi, baissant la tête, repensant à ce qu'il lui avait dit ce jour là, la façon dont il l'avait regardé, sourit. Elle soupira, et posa sa tête sur l'épaule du jeune homme, le surprenant, et le faisant rougir un peu plus.
« C'est pas grave. » dit-elle doucement. « C'est pas tout les jours qu'on rencontre Bulma Brief, après tout. Je peux bien faire une exception, juste pour cette fois. »
Gohan sourit, la regardant avec tendresse. Je t'aime.
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Comme la fête de Bulma avait lieu le lendemain, et pour ne pas perdre de temps, Videl passait la nuit chez les Son, pour qu'ils puissent aller à Capsule Corp tous ensemble. Seulement, Videl n'était pas très rassurée ; la dernière nuit qu'elle avait dormi dans cette chambre d'ami, elle avait fait un rêve des plus embarrassant, qui la faisait encore rougir quand elle y repensait. Elle ne savait pas si c'était cette chambre qui était la cause de ce rêve ou bien si c'était le fait d'avoir vu Gohan torse nu ce jour là, mais Videl n'était pas rassurée.
Alors elle était là, devant la porte de la chambre d'ami, n'arrivant pas à se décider à entrer.
C'est stupide, pensa-t-elle. Ce n'est pas une chambre qui va influencer ce que je vais rêver. Et je n'ai pas d'autre endroit où dormir, de toute façon.
Tu peut toujours dormir dans le lit de Gohan, murmura cette voix agaçante qui ne semblait pas vouloir sortir de son esprit. Ton rêve de l'autre nuit pourrait se réaliser, d'ailleurs…
Le visage de la jeune fille prit feu. Elle secoua la tête frénétiquement, les yeux fermés très fort, voulant chasser cette voix plus que dérangeante de son esprit.
« Videl ? »
Elle ouvrit brusquement les yeux, sursautant presque. Elle tourna vivement la tête vers le jeune homme qui venait de s'adresser à elle, les sourcils levés par la surprise. Elle pensait qu'il dormait, à l'heure qu'il est.
« Tu ne dors pas ? » demanda-t-elle.
Il leva un sourcil, un petit sourire en coin. « Je pourrais te dire la même chose. Ça fait un moment que je te sens devant cette porte ; pourquoi tu n'entres pas ? »
« Euh… » Que pouvait-elle bien répondre ? Elle décida finalement que la meilleure solution était la fuite.
« Pour rien, bonne nuit ! » dit-elle, avant d'entrer en vitesse dans la chambre, fermant la porte derrière elle.
Gohan cligna des yeux, regardant l'endroit où Videl se tenait quelques secondes plus tôt.
« O…kay… »
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C'était enfin le jour de la fête. Videl était impatiente d'y être. Elle allait rencontrer Bulma Brief, la femme la plus intelligente du monde. Elle s'était même achetée une robe pour l'occasion, ce qui, en la connaissant, était un vrai miracle.
Je me demande comment elle est ? pensa Videl en brossant ses longs cheveux, se préparant pour la fête. Et je me demande si je vais rencontrer son mystérieux mari ? Personne ne sait qui il est, ni à quoi il ressemble, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Il y aura tous les amis de Gohan ; je me demande qui d'autre je vais rencontrer ?
Enfin, elle posa la brosse sur la coiffeuse, devant elle, et se regarda dans le miroir. Videl devait admettre que la robe lui allait bien, même si jamais, au grand jamais, elle ne le dirait à haute voix.
« Tu es prête, Videl ? » demanda Chichi de derrière la porte de la chambre d'ami.
« Oui, j'arrive ! » répondit la jeune fille.
Un dernier coup d'œil au miroir, et elle sortit de la chambre. Chichi sourit en la voyant.
« Tu es très jolie, Videl. » complimenta-t-elle. « Nos amis vont t'adorer. »
Videl répondit au sourire de la femme. « Merci, Chichi. »
« Bon, allons-y maintenant. Les garçons nous attendent déjà dehors. »
Videl acquiesça, et elles se dirigèrent vers la porte d'entrée de la maison, puis elles sortirent, attirant l'attention des deux frères qui les attendaient dehors.
« Wouah ! T'es super jolie, Videl ! » s'exclama Goten.
« Merci Goten. » répondit-elle en souriant.
Gohan, lui, était sans voix. Bien sûr, il avait déjà vu Videl dans cette robe, mais la voyant ainsi, le soleil reflétant sur ses cheveux, la légère brise les faisant danser, et cette ravissante robe qui lui allait à merveille… Elle était… tout simplement…
« Magnifique. » souffla-t-il.
En entendant cela, Videl rougit, tandis que Chichi eut un sourire satisfait. Elle savait que convaincre Videl de porter une robe serait une bonne idée.
« Bon, euh… » commença la fille de Mister Satan, pour changer de sujet. « On y va comment, au fait ? »
« Bulma nous a prêté son Jet le plus rapide pour l'occasion. Ça devrait nous prendre environ une heure pour arriver là las. »
Chichi sortit une capsule de son sac à main puis la lança, créant un nuage de fumé. Le bruit sembla réveiller Gohan, qui avait été en train de regarder Videl d'un air rêveur, comme dans une sorte de transe. Il vit le Jet apparaître, et, reprenant rapidement ses esprits, dit :
« Je vais piloter. »
Le visage de Goten refléta son soulagement. Sa mère pilotait comme elle conduisait, et même si ils seraient sûrement arriver à Capsule Corp plus rapidement si elle avait été le pilote, Goten préférait ne pas risquer sa vie inutilement.
A suivre…
