Cœur Secret
Chapitre 25
Contrairement à d'habitude, où le manque de manières de ses garçons à table l'agaçait au plus haut point, Chichi souriait en regardant son mari et ses fils se goinfrer comme seul un Saïya-jin le pouvait. Ils avaient beau en mettre partout, ne se servant même plus de leurs couverts; rien ne pouvait gâcher la bonne humeur de Madame Son.
Après tout, comment pouvait-elle ne pas être de bonne humeur alors que son mari était de retour pour une journée, que son fils cadet avait enfin pu le rencontrer et, surtout, que son aîné avait retrouvé le sourire ?
Goku avait toujours eu ce don naturel pour remonter le moral des gens autour de lui sa seule présence suffisait, et l'appétit retrouvé de Gohan en était la preuve.
Chichi était comblée : cette journée promettait d'être merveilleuse. Et elle avait bien l'intention de veiller à ce que rien, absolument rien, ne vienne la gâcher.
Malheureusement, le destin en avait décidé autrement…
oOoOoOo
Sur une planète très, très lointaine, deux êtres observaient une boule de cristal, le visage grave.
« Ils ne vont pas tarder à agir, je le sens. » dit le plus jeune des deux. « Nous devons à tout prix les en empêcher. »
L'autre ouvrit grand ses yeux. « Vous ne pensez quand-même pas à… »
« Si, Kibito. Nous allons descendre sur Terre. »
oOoOoOo
Après avoir observé l'état de son fils se dégrader de plus en plus quand il était dans l'Autre Monde, Goku était heureux de voir Gohan sourire de nouveau. En le voyant si déprimé, de là haut, sans pouvoir rien faire pour arranger les choses, le père qu'il était s'était senti complètement impuissant et inutile, et il avait détesté ce sentiment. C'était ce qui l'avait poussé à revenir, même si ce n'était que pour une journée. Au moins, il avait réussi à remonter le moral de son aîné, et c'était tout ce qui comptait.
« Papa, Papa ! Regarde ce que j'ai trouvé ! Il est mignon hein ? »
Goku se tourna vers son fils cadet qu'il venait tout juste de rencontrer. Goten était comme une version enfant de lui-même c'était lui tout craché, autant par le caractère que par le physique. Et il était tellement adorable.
L'homme remarqua alors le gros crapaud que son plus jeune fils tenait dans ses mains, un grand sourire aux lèvres. Goku rit doucement.
« C'est ton nouvel ami ? »
« Oui ! Je l'ai appelé Monsieur Crapaud ! » répondit joyeusement Goten. « Je peux le garder ? » demanda-t-il alors.
« Je ne sais pas si ta mère sera d'accord, fiston tu sais qu'elle a horreur de ce genre d'animaux. » dit Goku. Voyant son cadet s'attrister de ne pouvoir garder son nouvel ami, il reprit : « Et puis, de toute façon, je suis sûr que Monsieur Crapaud préfère rester dans la nature plutôt que dans une maison tu ne crois pas ? »
Goten soupira, se résignant à laisser partir son crapaud. « Oui, tu as raison. »
« Mais rien ne t'empêche de jouer avec lui tant qu'on est dehors. » ajouta Goku avec un clin d'œil. Cela redonna le sourire à son fils, qui s'éloigna un peu pour jouer avec Monsieur Crapaud.
Goku le regarda jouer en souriant. Ils avaient décidé de passer la journée dehors, profitant du beau temps, et le Saïya-jin ne le regrettait pas. Sa femme s'était installée sur une nappe qu'elle avait déposée sur l'herbe, probablement pour ne pas salir ses habits elle regardait Goten qui s'amuser à faire le crapaud, ne pouvant s'empêcher de rire à la scène.
Goku s'installa à côté d'elle, et Chichi sourit.
« C'est toi tout craché. » dit-elle en parlant de leur plus jeune fils. Son mari rit doucement.
« Je sais. » répondit-il simplement, enroulant son bras autour de la taille de son épouse. Celle-ci posa la tête sur son épaule, soupirant de contentement.
« Où est Gohan ? » demanda Goku après quelque seconde de silence.
« Il avait un petit creux alors il est allé cueillir des fruits. » expliqua Chichi.
Justement, alors qu'elle parlait, son fils sortit du sous-bois, un tas de pomme dans les bras. Il s'arrêta quelques instants pour regarder son petit frère qui faisait le crapaud, clignant des yeux. Puis il rit doucement en secouant la tête et se dirigea vers ses parents.
Gohan déposa ses pommes sur la nappe et s'y installa ensuite puis il en prit une du tas et commença à manger, invitant ses parents à faire de même. Goku ne se fit pas prier et prit une pomme à son tour, mordant dedans avec enthousiasme.
« Ah… Y'a pas à dire : la nourriture sur Terre est bien meilleure qu'au Paradis ! » commenta-t-il joyeusement.
« Ah bon ? » fit Gohan, la bouche pleine. Un regard de sa mère et il avala ce qu'il avait dans la bouche avant de s'excuser.
Goku sourit largement sa femme n'avait pas changé. Et c'était pour ça qu'il l'aimait.
« Eh bien, comme on n'a pas besoin de manger une fois qu'on est mort, préparer de la bonne nourriture n'est pas une priorité, au Paradis. » répondit le Saïya-jin. « Je m'y suis habitué, mais ça fait quand même plaisir de manger de la bo– »
Il fut interrompu par Chichi qui, gardant toujours un œil sur Goten qui jouait un peu plus loin, le vit se rouler sur l'herbe.
« Goten ! Je t'ai déjà dit mille fois de ne pas te rouler sur l'herbe ! » gronda la mère de famille elle se leva et se dirigea vers son fils cadet qui s'était redressé de suite.
« Voilà, tu es tout sal maintenant ! C'est malin ! » fit-elle en l'époussetant.
« Pardon Maman. » fit le petit garçon d'une petite voix. Sa mère s'adoucit après tout, ce n'était qu'un peu de saleté, et cette journée était bien trop spéciale pour être gâché par de telles broutilles.
« Allez, viens, » dit-elle d'une voix plus douce. « Allons te débarbouiller. »
Goten hocha la tête. Il se releva pour suivre sa mère mais s'arrêta subitement.
« Juste une seconde ! » lui dit-il. Le cadet Son attrapa alors le crapaud qui commençait à s'éloigner et courut vers son frère et son père.
« Vous pouvez garder Monsieur Crapaud pendant que Maman me change ? »
Les deux hommes rirent doucement. « Oui, bien sûr. » répondit Gohan en prenant le crapaud des mains de son petit frère.
« Merci ! »
Sur ce, le petit garçon alla rejoindre sa mère et tous deux prirent le chemin de leur maison, laissant Goku et Gohan seuls avec Monsieur Crapaud.
Le demi Saïya-jin regarda l'animal dans ses mains il se tenait tranquille et croassait de temps en temps. Gohan sourit au moins il n'essayait pas de s'échapper.
« Ça fait plaisir de te voir sourire de nouveau. » commenta Goku.
Le jeune homme continua à fixer le crapaud, restant silencieux. Il devinait que son père savait ce qu'il traversait en ce moment après tout, si Goku connaissait l'existence de son fils cadet, c'est qu'il devait les surveiller de temps en temps, de là haut.
« C'est vrai que… je n'ai pas été très joyeux ces derniers temps. » finit-il par dire.
« Tu veux bien me parler… d'elle ? » demanda Goku avec précaution. Il se doutait bien que ce ne devait pas être un sujet facile pour son fils.
Gohan hocha la tête il n'avait aucune raison de cacher la vérité à son père.
Mais alors qu'il s'apprêtait à parler, le demi Saïya-jin sentit le Ki de Videl augmenter subitement, juste avant de baisser considérablement. Alarmé, Gohan se leva rapidement, sous le regard surpris de son père.
« Désolé Papa, mais je dois y aller. Videl a des problèmes. »
Ceci étant dit, le jeune super héros confia le crapaud à son père et s'envola le plus vite qu'il pouvait en direction du Ki de Videl, lequel était anormalement bas. Sachant qu'il ne pourrait arriver à destination suffisamment rapidement à sa vitesse actuelle, Gohan se transforma en Super Saïya-jin et fila à vitesse maximum.
Ce n'est pas suffisant, pensa-t-il il était encore à dix bonnes minutes de Satan City, et le Ki de la jeune fille baissait encore.
Ne voyant pas d'autres solutions, le demi Saïya-jin se concentra, les dents et poings serrés, alors qu'il volait toujours. Avec un cri, il passa au deuxième niveau de sa transformation, augmentant sa puissance – et donc sa vitesse – de façon colossal.
Le jeune guerrier, tellement concentré sur le Ki de celle qu'il aimait, ne remarqua même pas le Ki de son père qui le suivait tant bien que mal.
oOoOoOo
Videl étouffait. L'immeuble était en feu et elle, elle s'était faite ensevelie sous des morceaux de plafond qui lui était tombés dessus. Elle se sentait tellement stupide de s'être fait coincée ainsi : elle aurait dû être plus prudente !
Dire qu'elle était entrée dans le bâtiment en feu pour sauver une personne qui était restée à l'intérieur maintenant elle allait mourir étouffée, ensevelie sous un tas de ciment. Elle n'avait plus qu'à espérer que la personne qu'elle était venue sauver ait réussi à s'en sortir.
La jeune justicière avait de plus en plus de mal à respirer. Et alors qu'elle luttait pour rester consciente, ses pensées dérivèrent vers un certain garçon aux cheveux hérissés. Elle regrettait tant de ne pas lui avoir avoué ce qu'elle ressentait pour lui. Même s'il ne partageait pas ses sentiments, elle aurait aimé qu'au moins il sache à quel point elle l'aimait.
Mais maintenant, c'était trop tard.
Ça y est, c'était la fin. Elle se sentait partir vers l'inconscience, n'ayant plus la force pour lutter.
Mais alors que tout semblait fichu, alors qu'elle avait perdu tout espoir, Videl sentit le poids qui était sur elle se soulever. Une lumière dorée l'aveugla un instant, puis elle distingua une silhouette qui retirait le reste du ciment qui l'emprisonnait.
La jeune fille sentit alors des bras l'entourer tandis que son sauveur la portait contre lui. Un sentiment familier l'envahit, et elle sourit, se sentant en sécurité dans ces bras puissants.
Et puis, l'instant d'après, la lumière du soleil l'éblouissait : elle était hors du bâtiment, toujours dans les bras de celui qui venait de la sauver. Videl leva alors la tête pour voir son visage, s'attendant à rencontrer le regard sombre de Gohan. A la place, elle rencontra des yeux turquoises sous une chevelure dorée.
« Go… Gohan ? Ce… C'est toi ? Mais… comment… ? » Sa voix s'estompa alors qu'elle perdit ses mots face à cette apparence.
Le jeune guerrier se figea. Pouvait-il tout lui dire, là, maintenant ? Etait-ce le bon moment ? Le rejetterait-elle une fois qu'elle saurait ? Pouvait-il prendre un tel risque ?
Alors que toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, deux hommes, un « M » tatoué sur leurs fronts, attendaient dans l'ombre le moment de passer à l'action. Et quand ils virent le Super Saïya-jin se figer soudainement, ils saisirent leur chance et se précipitèrent sur lui.
Gohan ne se rendit compte de leur présence que trop tard, et il eut juste le temps de pousser Videl hors du danger qu'un des deux hommes le saisit tandis que l'autre planta une étrange machine dans son abdomen. Il tenta de se dégager mais sentait sa force le quitter il perdit sa transformation en Super Saïya-jin, ses cheveux et ses yeux reprenant leur couleur noir jais.
« GOHAN ! »
Videl, que Gohan avait poussé plus loin, fonça sur la montagne de muscle qui ceinturait l'homme qu'elle aimait. Elle fut repoussée comme si elle n'était qu'une simple mouche cela ne la découragea pas pour autant et elle fonça sur lui de nouveau. Elle obtint le même résultat.
oOoOoOo
Goku, qui n'avait toujours pas rattrapé son fils, n'étant transformé qu'en simple Super Saïya-jin, sentit soudain le Ki de Gohan baissé très rapidement. Alarmé, il passa au deuxième niveau de sa transformation, augmentant ainsi sa vitesse comme l'avait fait plus tôt son fils.
Faites que je n'arrive pas trop tard, pria-t-il silencieusement.
oOoOoOo
Quand ils arrivèrent là où ils avaient senti une puissance incroyable, le jeune Terriens qui la dégageait se faisait voler son énergie par ces deux hommes aux fronts tatoués.
« Que faisons-nous ? » avait demandé l'être à la peau rose.
« Nous ne pouvons rien pour lui pour le moment. » répondit celui à la peau mauve. « Mais dès qu'ils s'en iront, je les poursuivrai et tu iras soigner le Terrien. Son père arrive également tu me rejoindras et leur demanderas de te suivre. Leur aide nous sera très précieuse. »
oOoOoOo
Videl désespérait. Aucune de ses attaques n'avaient d'effet sur ces deux hommes, et elle perdait rapidement son énergie, surtout qu'elle n'était pas au mieux de sa forme après son séjour sous les décombres de l'immeuble en feu. A terre, elle releva la tête, sentant ses yeux lui piquer alors que Gohan, blanc comme un linge, avait la bouche ouverte dans un cri silencieux.
« C'est bon, l'absorbeur est plein. » dit alors l'homme qui avait piqué Gohan avec son étrange machine. Son acolyte hocha la tête et lâcha le jeune homme qui s'écroula, vidé de son énergie. Videl se précipita sur lui tandis que les deux types s'envolaient mais elle n'avait que faire d'eux. Gohan était tout ce qui comptait.
Retenant ses larmes, elle s'agenouilla près de lui et plaça sa main sur son cou, cherchant son pouls. Il était très faible, mais il était là. Soulagée, elle avait cependant conscience que ce n'était pas terminé.
« Tiens bon Gohan, je vais appeler une ambulance et tu seras sur pied en un rien de temps. » dit-elle en sortant son téléphone portable.
« Ce ne sera pas nécessaire. »
Videl leva la tête et vit un homme qui avait la peau rose, les cheveux longs et blancs, et qui était vêtu de façon peu commune. Il s'agenouilla alors à son tour et plaça ses mains sur le dos de Gohan.
« Hé ! Mais que faites-vous ? Qui êtes-vous, d'ailleurs ? » fit-elle.
« Je n'ai pas le temps pour l'expliquer. » dit l'inconnu alors que ses mains se mirent à luire.
« Mais qu… ? » Videl ne put qu'observer alors que la couleur revenait sur le visage de Gohan. Après quelques instants, le jeune homme ouvrit les yeux tandis que l'inconnu retirait ses mains.
Gohan se redressa et regarda ses mains avec étonnement. Il avait été sur le point de mourir, il en était sûr. Comment cela se faisait-il qu'il ait récupéré toute sa force ?
« Gohan ! »
Le jeune guerrier cligna des yeux et baissa le regard, voyant Videl qui s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait.
« J'ai eu si peur… » avoua-t-elle dans un murmure. « J'ai cru que j'allais te perdre. »
Le cœur du jeune homme se réchauffa : elle tenait encore à lui. Cette pensée le rassura, et il enroula ses bras autour d'elle, la serrant contre lui.
Ils entendirent alors un toussotement, et levèrent la tête pour voir l'homme qui avait soigné Gohan.
« Excusez-moi de vous interrompre, mais il se passe des choses graves, et nous manquons de temps. » déclara-t-il.
« Mais… qui êtes vous ? » demanda l'adolescent alors que lui et Videl se levaient.
« Tu le sauras si tu me suis. »
Sur ce, l'inconnu s'envola, laissant les deux bruns dans le mystère. C'est alors que Gohan remarqua enfin l'aura de son père qui était tout près. Comment avait-il fait pour manquer une puissance aussi incroyable ?
« Mais que s'est-il passé ? » demanda Goku alors qu'il atterrissait, reprenant sa forme normale.
« J'aimerais bien le savoir, aussi. »
Tous se tournèrent vers la voix qui venait de parler. Végéta, qui avait senti la soudaine baisse dans le Ki de Gohan, s'était dit qu'il y aurait peut-être enfin de l'action après toutes ces années d'ennuie.
« Ah, tiens, Végéta ça fait longtemps. » fit Goku.
Un sourire presque imperceptible se forma sur les lèvres du Prince son grand rival était de retour, et il avait bien l'intention d'en profiter une fois que toute cette affaire sera tirée au clair.
« Bon, gamin, dis-nous ce qui se passe. » fit Végéta. Videl se renfrogna il était toujours aussi désagréable.
Gohan raconta alors se qui s'était passé et dit qu'il n'en savait pas plus, qu'apparemment, l'homme qui l'avait soigné savait ce qui se tramait et qu'il avait l'intention de le suivre pour connaître le fin mot de cette histoire.
« Si tu y vas, j'y vais aussi. » déclara Goku.
« Je te suis, Kakarotto. On pourra se battre tout de suite après que cette affaire soit réglée comme ça. » dit Végéta.
Goku sourit lui aussi était impatient de se mesurer contre son rival.
« Je viens aussi. »
Les trois Saïya-jins se tournèrent vers Videl qui venait de parler. Gohan fronça les sourcils.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Videl. » dit-il. « Je sens que ce sera très dangereux, et je ne veux pas que tu sois blessée, ou pire. »
« Je ne veux plus être à l'écart, alors je viens. » déclara la justicière. « Je viendrai que tu le veuilles ou non, Gohan. »
« Videl, écoute… »
« Laisse la faire comme ça lui chante, gamin de toute façon elle ne pourra pas nous suivre. » fit Végéta.
« Ça, c'est ce que vous croyez. » dit fièrement la jeune fille. Elle se mit alors à léviter, puis elle s'envola dans la direction qu'avait prit l'homme à la peau rose.
La mâchoire de Gohan tomba il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de voir. Videl avait apprit à voler toute seule, sans son aide. Elle était encore plus douée que ce qu'il avait cru.
Végéta haussa les épaules et s'envola à son tour. Goku se mit alors à léviter aussi.
« Allez, allons-y, fiston. » dit-il.
Gohan secoua la tête pour s'éclairer les idées, puis, avec son père, s'envola à la suite de Videl et du Prince.
A suivre…
