Cœur Secret
Chapitre 26
Pourquoi, ô grand pourquoi, la Terre ne pouvait-elle rester en paix plus de quelques années ? D'abord le Démon Piccolo, puis les Saïya-jins, Freezer, les androïdes, Cell… Et maintenant, un sorcier menaçait la planète avec son monstre surpuissant, Majin Buu.
Vraiment, à croire que la Terre était maudite.
Gohan soupira. Cette journée aurait dû être magnifique il aurait dû la passer avec sa famille, maintenant au complet avec la visite de son père après sept années d'absence. A présent ils allaient devoir combattre et risquer leurs vies pour sauver la planète et ses habitants.
Piccolo les avait rejoint dans leur course poursuite, ayant lui aussi senti ce qui s'était passé avec Gohan. Il avait été plus que surpris en apprenant l'identité des deux hommes aux cheveux blancs, en particulier du plus jeune.
« Ka… Kaïoshin ? » s'était-il exclamé, n'en croyant pas ses oreilles. Que faisait un être tel que lui sur Terre ?
Il avait fallut tout réexpliquer à Piccolo : Babidi, le fils du créateur de Majin Buu, avait l'intention de faire sortir le démon de son cocon avec l'énergie que les deux hommes aux fronts tatoués avaient volé à Gohan. Il fallait à tout prix empêcher la résurrection de Majin Buu, sinon la Terre et le reste de l'univers courraient un grand danger.
Piccolo acquiesça, comprenant la gravité de la situation. Puis son regard se posa sur la jeune fille qui volait tant bien que mal avec eux, et il fronça ses sourcils inexistants.
« Gohan, pourquoi est-ce que ton amie est là ? » demanda-t-il à son ancien élève. Ce dernier fronça les sourcils à son tour.
« Je lui ai dis de ne pas venir, mais elle n'a pas voulu m'écouter. » répondit-il.
« C'est trop dangereux pour elle. En plus, elle nous ralentit. » dit Piccolo, montrant clairement son désaccord.
Videl plissa les yeux en regardant Piccolo et Gohan qui parlaient d'elle comme si elle n'était pas là, sentant la colère monter. Comment osaient-ils ?
« Ils ont raison, tu sais. » lui dit Kaïoshin. Elle tourna vivement la tête vers lui, les yeux toujours plissés.
« Je ne suis plus une gamine ! Je peux très bien me défendre ! » s'énerva-t-elle.
« Mais contre eux, tu ne pourras rien. Tes attaques n'avaient déjà pas d'effet sur les deux sbires que Babidi a envoyé, et comparé à Majin Buu, ces deux-là ne sont rien. Je dis ça pour toi je ne veux pas risquer des vies innocentes. » ajouta Shin.
Videl serra les poings. Elle savait qu'il avait raison, mais elle ne voulait pas l'admettre. Ce serait admettre qu'elle ne faisait pas le poids, qu'elle était trop faible. Et ça, jamais.
« Est-ce que vous pouvez partir devant ? » demanda alors Gohan au reste du groupe. « J'aimerais parler à Videl. »
Les autres acquiescèrent, accélérant pour laisser les deux adolescents seuls. Voyant leur véritable vitesse, Videl réalisa que Piccolo avait raison : elle les ralentissait vraiment.
« Ecoute, Videl, » commença Gohan. « Je comprends que tu ne veuilles pas être mise à l'écart – crois-moi, j'ai été dans ta situation un bon nombre de fois –, mais c'est vraiment trop dangereux, et j'ai peur de ne pas être capable de te protéger quand je me battrai. »
Il eut un silence. Ils avaient arrêté d'avancer et flottaient maintenant au dessus de l'océan. Videl avait la tête baissée, les poings serrés. Elle ne voulait pas qu'il aille se battre. Et s'il ne revenait pas ? Non, elle ne pouvait permettre cela d'arriver ; il fallait qu'elle le suive, le danger qu'elle courait importait peu.
Avec une nouvelle détermination, elle releva la tête et le regarda droit dans les yeux.
« Tu ne partiras pas sans moi. Je m'accrocherai à toi s'il le faut. » s'entêta-t-elle.
« Si tu viens, je ne vais pas pouvoir me concentrer sur le combat parce que je serai trop inquiet pour toi. » répliqua Gohan. « S'il te plait Videl, il faut que j'aie l'esprit tranquille pour pouvoir me battre à fond. »
« Et si tu ne revenais pas ? » rétorqua la jeune fille, les yeux brillant de larmes qu'elle refusait de laisser couler. « Tu ne peux même pas me promettre que tu reviendras tu ne le sais pas toi-même. J'ai tort ? »
« Non, c'est vrai : je ne le sais pas. » répondit-il, le visage grave.
« Et tu voudrais que je reste à l'écart en sachant cela ? C'est hors de question ! Je viens et tu ne pourras pas m'en empêcher ! »
Gohan se gratta les cheveux, cherchant un moyen de convaincre cette tête de mule de ne pas venir. Bien sûr, il pouvait très bien s'envoler à grande vitesse pour qu'elle ne puisse pas le suivre, mais il ne voulait pas partir et la laisser furieuse contre lui. Après tout, c'était peut-être la dernière fois qu'ils se voyaient.
Son cœur se serra à cette pensée. Si c'était vraiment la dernière fois qu'il la voyait alors… alors il ne pouvait pas partir sans lui dire à quel point il l'aimait. Elle devait savoir.
Il l'enlaça, la prenant par surprise. Bien que la jeune fille ne comprenne pas vraiment ce qui lui prenait tout à coup, elle répondit à son étreinte, se sentant si bien dans ses bras…
« S'il te plait, Videl… » murmura-t-il. « Va à Capsule Corp et raconte à Bulma ce qui se passe. »
Elle releva la tête pour le regarder, les larmes s'accumulant dans ses yeux à l'idée de le perdre.
« Mais Gohan… Si tu ne revenais pas je… »
« Ne t'inquiète pas. » dit-il, lui caressant la joue. « Il y a un moyen de me faire revenir, même si je ne m'en sort pas. »
« Enfin Gohan, c'est impossible… »
Il sourit. « Va à Capsule Corp et parle à Bulma elle t'expliquera. »
« Mais… »
Il l'embrassa, faisant taire ses protestations. Videl voulut résister, mais elle se sentit fondre, et toutes ses questions s'envolèrent d'un coup alors qu'elle répondait à son baiser. C'était tellement bon, et cela leur avait tellement manqué… Ils ne voulaient plus s'arrêter. Cependant, au bout d'un moment, ils commençaient à manquer de souffle et durent rompre le baiser, bien qu'à contrecœur. Gardant les yeux fermés, toujours dans les bras l'un de l'autre, ils cherchaient leur air.
« Je ne veux pas que tu risques ta vie, Videl. Je… Je t'aime trop pour te perdre. »
Elle le regarda avec de grands yeux, le cœur battant à tout rompre. « Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu dis ? »
Il lui sourit, heureux de pouvoir enfin le lui dire. « Je t'aime, Videl. »
La réaction de la jeune fille à sa déclaration le surprit : elle s'écarta de lui.
« Pourquoi… est-ce que tu me dis ça maintenant ? » fit-elle, les larmes aux yeux. Il ouvrit la bouche pour répondre mais elle le devança :
« C'est parce que tu sais que tu ne reviendras pas, n'est-ce pas ? Alors c'était un mensonge il n'existe pas de moyen de te faire revenir, et tu me dis ça maintenant parce que tu sais que tu vas mourir ! »
« Videl… »
« Non ! Je ne veux pas l'entendre ! Pas comme ça, pas comme un adieu ! Tu ne peux pas mourir, Gohan ! »
Et elle s'enfuit, ne voulant pas qu'il la voit pleurer. Gohan voulut la rattraper, mais il n'était pas sûr que cela arrange les choses. Il sentait qu'elle se dirigeait vers Capsule Corp, et cela le rassura, sachant qu'elle y serait en sécurité. Il finit par décider de rejoindre les autres qui poursuivaient toujours les deux sbires de Babidi.
oOoOoOo
Non, ce n'était pas la dernière fois qu'elle le voyait. Elle ne pouvait pas le croire. Elle le refusait. Gohan allait s'en sortir, c'était forcé. Elle ne pouvait concevoir de le perdre.
« Je t'aime, Videl. »
Non, non, NON ! Ce n'était pas un adieu ! Elle allait le revoir, il fallait juste qu'elle l'attende.
« Je t'aime, Videl. »
Elle sanglota. S'il lui avait dit cela, c'était qu'il ne croyait pas lui-même qu'il allait revenir ; quelles étaient alors les chances qu'il survive ?
Videl secoua vivement la tête, accélérant alors qu'elle continuait à voler vers Capsule Corp. Gohan allait s'en sortir, il ne pouvait en être autrement.
oOoOoOo
Bulma était en train de réparer un des nombreux robots que son mari avait détruit lors de ses entraînements quand Trunks débarqua dans son labo, l'air paniqué :
« Maman, c'est grave ! » fit-il, agité. « Papa a disparu ! Il n'est nulle part dans la maison ! »
La scientifique retira ses lunettes de protection et haussa les sourcils. Végéta ne sortait jamais de sa salle de gravité, à part pour aller manger ou dormir, ou les rares occasions où il passait du temps avec sa famille.
« Tu ne peux pas sentir où il est ? » demanda-t-elle alors à son fils.
« Non, je n'y arrive pas. » répondit-il.
« Il doit sûrement masquer son Ki. » conclut Bulma. Puis elle fronça les sourcils. « Si ça se trouve, il est allé rejoindre Goku en douce pour le combattre… »
Trunks cligna des yeux. « Qui ça ? »
La femme aux cheveux bleus allait répondre mais elle fut interrompue par un robot flottant qui entra dans le labo, l'informant qu'une dénommée Satan Videl désirait entrer dans la propriété.
Bulma haussa les sourcils. Videl, ici ? C'était inattendu.
« Fais-la entrer, je vais la recevoir dans le salon principal. » dit-elle alors au robot.
« Entendu. »
oOoOoOo
Videl attendait que Bulma arrive dans le salon principal de la Capsule Corporation. La jeune fille avait eu le temps de calmer ses pleurs en chemin et elle espérait que Bulma ne lui pose pas de question sur ses yeux probablement rougis.
Elle soupira. J'en ai marre de pleurer tout le temps, pensa-t-elle. Tout ça c'est la faute de Gohan.
« Je t'aime, Videl. »
Ses yeux piquèrent alors qu'elle se repassait cette scène pour la énième fois. Gohan l'avait embrassé, puis il lui avait dit qu'il l'aimait. Cela l'aurait comblé de bonheur s'il ne l'avait pas fait parce qu'il pensait ne plus la revoir.
Tu as tort, Gohan, pensa-t-elle avec conviction. Tu vas vivre, et alors… Alors, on pourra être ensemble.
La jeune fille fut tirée de ses pensées à l'arrivée de l'héritière Brief. Cette dernière remarqua tout de suite que quelque chose n'allait pas alors qu'elle saluait Videl.
« Il s'est passé quelque chose ? » demanda-t-elle avec inquiétude.
Videl hocha la tête. Elle lui raconta alors ce qui s'était passé et la menace qui planait sur tout l'univers, comme Gohan le lui avait demandé.
« Gohan m'a dit… qu'il y avait un moyen de les faire revenir s'ils ne s'en sortaient pas. Est-ce que c'est vrai ? » demanda-t-elle alors, bien qu'elle doutait recevoir une réponse positive. Après tout, comment une telle chose pouvait-elle être possible ?
« Il devait parler des Dragonballs. » répondit naturellement Bulma. Devant le regard surpris de son interlocutrice, elle expliqua : « Ce sont sept boules magiques qui, une fois réunies, permettent d'invoquer le Dragon Sacré qui a le pouvoir d'exaucer deux vœux, quels qu'ils soient. Même ressusciter les morts. »
« Et… ces boules existent vraiment ? » demanda Videl, y croyant à peine.
Bulma eut un petit sourire. « Comment crois-tu que les victimes de Cell aient été « miraculeusement » ressuscitées ? »
Les yeux de la jeune fille s'agrandirent. « Vous voulez dire que… »
« Oui. C'était grâce aux Dragonballs. » confirma la scientifique. « Alors ne t'inquiètes pas Videl, Gohan reviendra quoi qu'il arrive. »
C'était comme si un énorme poids venait de se retirer de son cœur. Ce n'était pas la dernière fois qu'ils se verraient. Et, Videl décida, ce n'était pas non plus la dernière fois qu'ils s'embrasseraient.
Et, la prochaine fois qu'ils se rencontreraient – parce qu'il y aura une prochaine fois –, elle pourrait enfin le lui dire.
Je t'aime.
oOoOoOo
Végéta s'impatientait. Gohan prenait beaucoup trop de temps pour se débarrasser de Dabura et d'ailleurs, le fils de son rival ne semblait même pas avoir l'avantage dans son combat. A ce train là, il n'aurait jamais le temps de se battre contre Kakarotto !
Quand ils avaient vu atterrir les deux sbires qu'avait envoyé Babidi pour voler l'énergie de Gohan, ils s'étaient posés à leur tour sur un grand rocher et étaient restés caché. Ils avaient alors observé, voyant un petit être marron très laid et un second, plus grand, qui avait l'allure d'un démon, sortant d'un vaisseau, lequel était apparemment enterré sous terre. D'après Kaïoshin, le petit était Babidi et le grand Dabura, le Prince du monde des Ténèbres. Shin et Kibito semblait croire qu'ils ne pourraient jamais vaincre ce Dabura c'était mal connaître le Prince des Saïya-jins. Végéta ne doutait aucunement en ses capacités celles de Gohan, cependant, c'était une autre histoire.
Le Saïya-jin se renfrogna alors que le gosse se prit un coup qui l'envoya dans des rochers.
« J'ai ai assez vu. » fit-il énervé. « Je vais m'occuper moi-même de ce type. »
« Végéta, non. » protesta Goku. « C'est le combat de Gohan, tu ne dois pas intervenir. »
« Je m'en contrefiche ! Ton gosse est trop rouillé il ne pourra jamais le vaincre à ce train là ! Et on n'a pas de temps à perdre ! Tu n'as le droit qu'à une journée sur Terre et si on ne règle pas cette histoire d'ici là, je n'aurais plus jamais l'occasion de me battre contre toi ! »
Dabura regarda la scène avec un sourire narquois. Visiblement, celui-là n'était pas venu pour la justice et d'ailleurs, son cœur était loin d'être pur. Ils allaient pouvoir l'utiliser.
Le démon interrompit alors son combat et demanda à son maître par télépathie de les ramener dans le vaisseau pour qu'il puisse lui faire part de sa trouvaille.
Le décor changea et Dabura se dirigea vers la sortie de la salle.
« Hé, où vas-tu ? Tu fuis ? » fit Gohan.
Le démon le regarda par-dessus son épaule et eut un sourire mauvais. « Fuir ? Mais non. Je n'ai plus besoin de me battre je t'ai trouvé un meilleur ennemi. »
oOoOoOo
Trunks ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il pouvait sentir le Ki de son père très clairement maintenant. Sa puissance était incroyable, mais quelque chose clochait. L'aura que dégageait son père était différente, elle était… maléfique. Et ce n'était pas normal. Bien sûr, son père n'était pas un ange, mais il n'avait jamais ressenti tant de mal et de haine se dégager de son aura.
C'est alors que le programme de la télévision, qu'il était en train de regarder distraitement, changea pour un flash spécial d'information. Une jeune femme était à l'écran dans une ville qui semblait être bombardée de toutes parts.
« Quatre hommes sont apparus de nulle part dans la Capitale du Nord. » disait la reporter. « L'un d'eux s'est alors mit à bombarder la ville avec des sortes de boules de feu qui sortaient de ses mains ! »
Trunks écarquilla les yeux alors que la caméra filma l'action. Il n'eut aucun mal à reconnaître celui qui bombardait la ville.
« P… Papa ? »
A suivre…
