Cœur Secret

Chapitre 30

Faisant attention à ne pas réveiller la jeune fille dans ses bras, Gohan entra dans une des nombreuses chambres à coucher du palais Céleste. Sans bruit, il referma la porte avec son pied, puis alla vers le grand lit qui trônait au bout de la chambre. Très doucement, le jeune guerrier déposa Videl sur le lit et tenta de se relever, mais la belle petite brune n'avait pas l'air prête à lâcher son cou, se blottissant un peu plus contre lui. Gohan rougit un peu, puis il poussa un léger soupir.

« Je fais quoi maintenant, moi ? » murmura-t-il pour lui-même, fixant la jeune fille endormie qui refusait de le lâcher. Il se sentit rougir un peu plus, se rendant compte qu'il avait inconsciemment approché son visage de celui de Videl il pouvait sentir son souffle régulier lui chatouiller les joues. Gohan déglutit, ressentant d'un coup une irrésistible envie de l'embrasser. Il se mordilla les lèvres alors qu'il commençait à vraiment considérer cette action.

'Mais à quoi je pense, moi ?' se réprimanda-t-il mentalement. 'Je viens de la faire pleurer jusqu'à l'épuisement parce que je lui ai dit que je l'aimais, et ce n'est vraiment pas le moment de l'embrasser maintenant. Je ne suis vraiment qu'un égoïste. C'est vrai que je l'aime plus que tout, mais je n'ai pas à lui imposer mon amour, et encore moins à profiter qu'elle soit endormie pour l'embrasser !'

Finalement, Gohan s'allongea à côté d'elle et la serra délicatement contre lui, enfouissant son visage dans son cou. Il inspira profondément, s'enivrant de son parfum addictif. Après un moment, le jeune homme se mit inconsciemment à déposer des petits baisers sur sa peau, et ses mains semblèrent bouger d'elles-mêmes lorsqu'elles parcoururent lentement le corps de Videl, de ses hanches jusqu'aux épaules, se frottant contre ses habits.

Il s'arrêta brusquement lorsqu'un soupire s'échappa des lèvres de la belle endormie. Il écarquilla les yeux et s'empourpra intensément en se rendant compte de ce qu'il faisait. Il tenta de se dégager de l'emprise de la petite brune, mais c'était peine perdue. Dans son cas actuel, il n'avait que deux possibilités devant lui : soit il réveillait Videl en s'écartant d'elle, soit il la gardait dans ses bras et attendait qu'elle se réveille d'elle-même.

L'adolescent rougit encore quand Videl roula sur le ventre dans son sommeil, maintenant complètement allongée sur lui. Nerveux et gêné, ses bras se resserrèrent cependant sur elle, avalant sa salive avec quelque difficulté lorsqu'il remarqua que la poitrine de la jeune fille était collée à lui. Son corps tout entier chauffait de plus en plus, et Videl qui gigotait contre lui ne l'aidait en rien. Et le pauvre garçon se retrouva avec un nouveau problème : dû à sa situation plus que délicate, Gohan se sentait de plus en plus excité.

Et ce n'était apparemment que le début. Videl, toujours endormie, poussait maintenant des petits soupirs et gémissements, très probablement en train de faire un rêve agréable. Et même si, il ne pouvait le nier, leur position et les soupirs de Videl était loin d'être désagréable, Gohan était de plus en plus gêné et nerveux à mesure que son excitation grandissait.

Il déglutit encore, son corps chauffait de plus en plus et son cœur battait la chamade. 'Bon, je n'ai plus le choix,' pensa-t-il, résigné. 'Je vais devoir la réveiller. Je risque de lui sauter dessus si elle continue à m'exciter comme ça…'

Lentement, il la fit rouler sur le dos il s'immobilisa quelques instants lorsqu'il se retrouva sur elle, rougissant à vue d'œil, puis il bougea sur le côté et entreprit de réveiller la ravissante jeune fille dans ses bras.

« Réveilles-toi Videl, je n'arrive pas à me lever, » lui dit-il doucement à l'oreille, ne voulant pas non plus brusquer son réveil.

Mais ce qu'elle fit alors le fit rougir comme jamais : elle se blottit tout contre lui, frottant ses mains sur ses côtes et son torse en gémissant quelques mots.

« Mmhh… Gohan… Tu me fais craquer… »

Il eut besoin de plusieurs secondes pour se calmer quelque peu, puis il décida de se dégager de son emprise même si elle dormait toujours si elle restait endormie, tant mieux, sinon, tant pis.

Le grand brun prit doucement ses bras qui étaient accrochés à son cou et tenta de se libérer sans réveiller la jeune fille. Il eut un peu de mal à les décrocher, et finalement quand il réussit, elle commençait à s'éveiller.

Elle bailla puis roula sur le côté, atterrissant sur son torse. Elle s'y blottit encore, soupirant de bien être alors qu'elle semblait se rendormir. Et elle s'était encore accrochée à lui.

« Décidément… » soupira le jeune homme. Il entreprit de se dégager de nouveau, la faisant rouler sur le dos comme tout à l'heure.

Sauf que cette fois, Videl n'était pas encore complètement endormie, et elle ouvrit les yeux quand elle se sentit rouler sur le dos par ce qu'elle croyait être son oreiller. Elle rencontra le regard sombre de Gohan, la fixant intensément tandis que son visage virait au rouge pivoine. La jeune fille se sentit rougir aussi face à ce regard, et elle remarqua véritablement à quel point Gohan avait changé et murit en seulement deux jours. Il avait l'air d'avoir la vingtaine maintenant, les traits de son visages étaient plus durs, même si ces yeux si profondément noirs la regardaient toujours avec une infinie tendresse.

Et il était encore plus beau.

Ils restèrent immobiles, à se fixer dans le blanc des yeux pendant ce qui leur parut une éternité. Ils ressentaient leur désir pour l'autre grandir et s'intensifier de plus en plus, et étant donné que Gohan était toujours excité depuis l'épisode de tout à l'heure, il avait encore plus de mal à se contrôler. Il voulait l'embrasser. Il voulait la toucher, goûter à sa peau, caresser ses formes, respirer ses cheveux. Il voulait sentir son corps contre le sien sans leurs habits gênant. Il voulait se perdre en elle, lui faire l'amour. Il ne rêvait que de ça, il la désirait tellement, c'en devenait affreusement douloureux. Il la voulait toute entière, rien que pour lui. Et ce désir lui était de plus en plus insupportable.

Il en devenait complètement fou.

Gohan posa sa main sur la joue de Videl, plaçant l'autre sur sa cuisse et remontant lentement le long de sa taille, passant par sa hanche, son ventre, pour finalement s'arrêter juste sous sa poitrine. La petite brune en dessous de lui s'accrocha à son vêtement orange, fermant les yeux alors qu'elle savourait cette douce caresse.

Il baissa sa tête, réduisant complètement l'espace entre eux. Ses lèvres se posèrent tendrement sur sa joue, puis elles descendirent lentement, tout doucement, se concentrant ensuite sur le cou de la magnifique jeune fille. Leurs corps chauffaient, leurs cœurs s'emballaient, leurs souffles s'accéléraient. Videl poussa un léger gémissement lorsque la main du jeune guerrier effleura sa poitrine, avant de se perdre sous son tee-shirt, caressant sa peau avec une infinie douceur.

Puis il s'arrêta subitement, se figeant sur place. Sa main était toujours sous le tee-shirt de l'adolescente, ses lèvres toujours sur son cou, mais il ne bougeait plus du tout. Videl fronça les sourcils, frustrée qu'il s'arrête ainsi. Elle gigota d'en dessous de lui, encerclant sa taille de ses jambes et massa ses épaules et son dos, l'encourageant à continuer ce qu'il lui faisait.

Gohan émit un grognement et elle le sentit se contracter de la tête aux pieds. Il tenta tant bien que mal à se dégager de son emprise, mais n'eut pas plus de succès que lorsqu'elle dormait.

« Vi…Videl, a-arrête ça… raaaahh, j'en peux plus… »

La jeune fille sourit de façon espiègle en sentant l'entrejambe de Gohan gonfler de plus en plus, manifestement très excité par ce qu'elle lui faisait. Puis, d'un mouvement rapide, elle le fit rouler sur le dos, se retrouvant assise à califourchon sur lui. Gohan la regarda, paniqué, mais son désir pour elle était bien plus fort, et Videl s'en réjouit d'avance.

Tant pis si c'était trop tôt, si elle précipitait les choses où s'ils devraient attendre de définir la nature de leur relation avant de sauter le pas, plus rien n'avait de l'importance à présent. Videl avait envie d'être avec l'homme qu'elle aimait, elle le voulait tout entier et ne pouvait plus attendre plus longtemps. Elle en rêvait depuis trop longtemps, elle en avait besoin. Elle était prête maintenant. Elle voulait que Gohan soit le premier, le seul à la toucher. Elle voulait faire l'amour avec lui, maintenant.

Sous les yeux ébahit du jeune homme, Videl retira son tee-shirt. Elle entreprit alors de dégrafer son soutien-gorge, mais Gohan l'en empêcha, attrapant ses mains fermement dans l'une des siennes, tellement plus grandes que celles de la petite brune.

« Videl, non, » dit-il, les yeux fermés très forts. S'il la regardait, il perdrait sans doute le peu de self-control qu'il avait et lui sauterait dessus. Et ce n'était vraiment pas le moment.

« Pourquoi ? Je n'en peux plus d'attendre, Gohan. J'ai envie de toi, j'ai besoin de toi, et ça me tue d'attendre encore. Fais-moi l'amour, Gohan. Maintenant. »

Il déglutit bruyamment, tentant de vaincre son désir pour la fille de ses rêves afin de lui expliquer pourquoi il valait mieux qu'ils n'aillent pas plus loin pour le moment. Il ouvrit les yeux et la regarda dans les siens avec regret.

« Tu sais que je ne rêve que de ça. Je t'aime, et j'ai de plus en plus de mal à contenir mon désir pour toi. Je crois que tu t'en es rendue compte… » fit-il doucement, faisant allusion à son érection grandissante qui se frottait contre l'entrejambe de la ravissante jeune fille, toujours assise sur lui à califourchon.

« Alors qu'est-ce que tu attends pour assouvir ton désir, Gohan ? » demanda-t-elle sensuellement en balançant son bassin contre le membre durci de l'adolescent. Il se retint de gémir, sentant ses résolutions s'affaiblir de plus en plus.

« S'il te plait, Videl, arrête de me torturer… Je n'arrive pas à garder les idées claires quand tu m'excites comme ça… » supplia-t-il presque, ayant de plus en plus de mal à garder le contrôle.

Elle gloussa, puis se libéra facilement de la faible emprise qu'il avait sur ses mains et dénoua rapidement sa ceinture. Avant qu'il ne puisse protester, ou même l'arrêter, elle avait déjà retiré le haut de son kimono orange et bleu, et il se retrouva torse nu sous les yeux embués de désir de la jeune fille sur lui. Il voulut lui dire d'arrêter mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un long sifflement lorsqu'il sentit les mains délicates de Videl explorer lentement son torse.

« Vi… Videl… Écoute, s'il te plait… »

Il s'interrompit de nouveau quand il sentit les lèvres de Videl sur sa peau il empoigna le drap du lit et serra la mâchoire pour s'empêcher de gémir de plaisir. Et de lui sauter dessus, surtout. Il était à deux doigts de craquer, et il devait à tout prix se retenir.

« Videl, je t'en prie… raaahh, tu me tues… »

Voilà qu'elle léchait et mordillait sa peau dénudée maintenant. Il allait craquer, c'était une torture, ce qu'elle lui faisait subir…

« M… Mon père est arrivé, Videl, et le tien aussi, » réussit-il enfin à dire, arrêtant la jeune fille de l'exciter davantage tandis qu'elle se redressait pour le regarder. Il en soupira de soulagement il n'aurait pas tenu encore bien longtemps si elle avait continué ainsi.

« Tu en es sûr ? » demanda-t-elle les sourcils froncés, clairement déçue de devoir arrêter si tôt. Elle avait tellement envie de Gohan, là, tout de suite. Pourquoi fallait-il que leurs pères soient revenus si vite ?

« Oui Videl, je les ai sentis apparaître tout à l'heure, c'est pour ça que je me suis arrêté, » répondit Gohan, concentrant son regard sur son visage et non sur sa poitrine généreuse, uniquement cachée par son soutien-gorge qu'il trouvait étonnamment sexy. Il ne pensait pas que Videl portait ce genre de sous-vêtements, mais il ne devait pas se laisser distraire, même s'il mourrait d'envie de baisser les yeux et regarder son soutien-gorge noir en dentelle et presque transparent, qui ne laissait vraiment pas grand-chose à l'imagination. Il voulait le lui enlever, il voulait attraper ses seins et y goûter aussi, et il se demanda distraitement s'il en aurait l'occasion bientôt. Vu le comportement de Videl, il supposait qu'il s'était trompé tout à l'heure, qu'elle ne souhaitait pas rester juste son amie, et qu'il avait toutes ses chances avec elle, malgré ce qu'il avait toujours cru.

Mais ce n'était pas le moment de penser à ce genre de chose. Ils devaient aller retrouver leurs familles respectifs et rentrer chez eux. Et il fallait qu'ils remettent un peu d'ordre dans leurs idées, et surtout qu'ils mettent les choses au clair entre eux avant de sauter le pas et partager ce moment de tendresse et d'intimité tous les deux. Même si ni l'un ni l'autre ne désirait s'arrêter maintenant.

« Bon, tant pis, on remettra ça plus tard, » dit finalement Videl en se levant du lit. Elle remit rapidement son tee-shirt et sortit de la chambre sans l'attendre. Il valait sans doute mieux qu'ils ne sortent pas en même temps, cela pourrait attirer l'attention indésirable des autres, et ils ne souhaitaient pas le moins du monde revivre le même calvaire que pendant le début de la fête de Bulma, à la Capsule Corporation.

Gohan resta allongé sur le lit pendant un bon moment, songeant à ce qui venait de se passer, et surtout à ce que Videl avait dit avant de sortir de la chambre. 'Elle veut vraiment qu'on continue plus tard… ? Est-ce que ça veut dire qu'elle partage mes sentiments ?' Il soupira et se redressa, se passant une main sur son visage il réalisa à peine ce qui s'était passé dans cette chambre. 'Elle aurait pu me le dire, quand même. J'ai besoin de savoir ce qu'elle ressent pour moi… J'espère que c'est bien de l'amour, et pas juste du désir…' Il soupira encore, puis se leva enfin. Il ramassa le haut de son kimono qui trainait par terre, et remit le tee-shirt bleu roi et le pardessus orange, puis il chercha des yeux sa ceinture, la trouvant au pied du lit, et l'enroula autour de sa taille en vitesse. Fin prêt à affronter sa famille et ses amis, Gohan sortit de la chambre.

ooOoo

« Ma poussinette adorée ! Tu m'as tellement manqué ! »

Videl sourit malgré le surnom idiot que lui donnait toujours son père. Elle se blottit contre lui et soupira de bien être lui aussi lui avait beaucoup manqué, ces deux derniers jours. Elle aurait bien eu besoin qu'il lui remonte le morale en faisant l'idiot, comme il l'avait toujours fait, quand elle avait cru que Gohan était mort.

C'était sans doute parce qu'elle avait encore du mal à réaliser qu'il était sain et sauf, qu'elle s'était jetée sur lui tout à l'heure. Ou bien était-ce parce que Gohan était revenu encore plus beau que lorsqu'ils s'étaient quittés, chose qu'elle n'aurait jamais cru possible… 'Peu importe,' pensa-t-elle, 'on finira bien par sauter le pas, tôt ou tard. Il faut juste que j'apprenne à mieux me contrôler il va me prendre pour une ado en chaleur si je ne me contrôle pas un peu. Mais il est tellement beau et sexy… Je vais avoir du mal…'

« Gohan, fiston ! Te voilà enfin ! » s'exclama Goku en voyant son fils aîné sortir du palais.

Le jeune guerrier fronça les sourcils en voyant le gros Buu parmi ses amis et sa famille. Sa puissance monta en flèche en un instant, instinctivement, attirant l'attention de tous ceux capable de sentir les kis. Et hormis Piccolo, Dendé, Trunks, Goten et Goku, qui eux connaissaient l'étendue de la nouvelle force de Gohan, ils furent tous choqués par la puissance astronomique qui émanait du demi-saiyajin.

« Je peux savoir ce qu'il fait là ? » demanda-t-il durement, ne quittant pas le gros bonhomme rose du regard.

« Ça alors… Sa force a encore fait un bond… » murmura Krilin, incrédule.

« Quand est-il devenu si puissant… ? » se demanda Tortue Géniale, se détournant du derrière de C-18 pour fixer le guerrier Mystic avec étonnement.

« Il rigole plus, là… rappelle-moi de ne plus le taquiner, Plume, » dit Yamcha à son amie, qui se contenta d'acquiescer sans poser de question. Même si Plume, comme la plupart des personnes présentes sur le palais, n'était pas capable de sentir et mesurer la force des combattants, ils pouvaient tous ressentir la tension dans l'air, générée par la puissance grandissante de Gohan.

En un instant, il se retrouva juste devant le gros Buu, celui qui n'avait pas hésité à le blesser mortellement et à le laisser pour mort il ne savait où. Celui qui avait transformé en confiserie presque toute la population de la Terre et les avait mangé celui qui avait détruit les grandes villes pour s'amuser. Gohan le fixa longuement, impénétrable, sans ciller, et Goku allait intervenir avant que son fils n'attaque leur nouvel allié, quand le jeune homme parla enfin.

« Il n'y a… plus rien de mauvais en toi. Quand es-tu devenu bon ? »

Le gentil bonhomme rose bonbon sourit largement et répondit de sa voix enfantine, « Quand des méchants ont presque tué mon ami Satan, tout le mal qui était en moi s'est échappé, et tu l'as affronté tout à l'heure. Il m'avait transformé en chocolat et a absorbé ma puissance, mais tu l'as battu sans problème. »

« Je vois, » fit Gohan. Puis il sourit et ajouta, « C'est vrai que Piccolo m'en avait vaguement parlé, Mr. Satan et toi êtes devenus amis, et il t'a fait promettre de ne plus tuer personne, c'est bien ça ? »

Buu hocha la tête. « Je ne tuerai plus. Mais je veux me battre contre toi et tes amis de nouveau, on va bien s'amuser ensemble. »

Gohan rit doucement puis se tourna vers son père. « On s'est trouvé un très bon allié cette fois, hein papa ? Tu n'auras peut-être pas à te battre la prochaine fois qu'il y a un ennemi, avec la fusion des petits et Buu. »

« Parce que… il va y en avoir d'autres ? »

La question de Videl fut répondue par un silence très inconfortable. Bien sûr, à part Cell, elle n'avait aucune idée que Majin Buu était loin d'être le premier à menacer la paix sur leur petite planète bleue. Personne ne savait comment lui répondre, ne voulant pas la faire fuir en lui disant ce qui l'attendait à partager sa vie avec un guerrier qui avait pour mission de protéger la Terre. Ils avaient beau s'aimer, Videl ne souhaitait peut-être pas vivre avec un homme qui risquait de mourir prématurément…

« C'est fort probable, oui, » répondit Gohan en s'avançant vers elle. Il la regardait droit dans les yeux et avec un grand sérieux, même si au fond il était terrifié à l'idée que Videl ne veuille pas être avec un guerrier tel que lui. « Mon père combattait pour sauver la Terre bien avant ma naissance, et il a continué tout au long de sa vie il est mort deux fois en se sacrifiant pour nous sauver, et moi je m'entraîne depuis que j'ai quatre ans pour l'aider, et j'ai fini par le dépasser il y a sept ans. Voilà ce qu'est ma vie, Videl. Je ne suis pas seulement l'intello de la classe, ou le garçon timide qui t'a aimé depuis le premier jour. Je suis un guerrier, je protège la Terre et ses habitants, je me bats pour éliminer les menaces, car c'est dans mon sang. »

Gohan marqua une pause, fermant les yeux et inspirant profondément, rassemblant son courage afin de lui avouer enfin son plus grand secret. Il n'avait pas prévu de le lui dire comme ça, devant tout le monde, mais c'était trop tard pour reculer maintenant. Il rouvrit les yeux alors, plongeant son regard dans le sien, maintenant juste en face d'elle.

« Pour être plus précis, je suis un Saiyajin. Mon père et Végéta sont les derniers Saiyajins de pur souche, la race étant presque éteinte aujourd'hui. Il s'agit de mercenaires de l'espace, les guerriers les puissants de l'univers, au potentiel de combat infini. Ils travaillaient pour un tyran, avant, décimant les habitants des plus belles planètes de l'univers afin d'agrandir l'empire de ce monstre. Mais ce tyran, Freezer, décida de faire disparaître les Saiyajins et leur planète, car il craignait la légende des Supers Saiyajins. Végéta et mon père étaient parmi les seuls survivants, mais les deux autres ont été tués il y a des années. »

Un silence plus que pesant envahit le palais céleste à la fin du récit de Gohan, tous attendant anxieusement la réaction de la jeune fille. Elle le regardait avec de grand yeux, la bouche entrouverte, semblant complètement prise au dépourvu par cette révélation.

« Alors tu es… » commença-t-elle, sa voix s'estompant alors qu'elle réalisait à peine la signification des paroles de l'homme qu'elle aimait. Ce dernier sourit tristement.

« Je suis né sur Terre, et ma mère est bien d'ici. Mais mon père est un extra-terrestre, ce qui fait de moi un hybride Terrien et Saiyajin. »

Videl sentit son cœur se serrer. Alors c'était donc ça, son terrible secret qu'il avait été si réticent à lui avouer… Elle pouvait comprendre son inquiétude, mais l'idée qu'il ait porté ce lourd secret tout ce temps, en étant persuadé qu'elle le rejetterait si elle connaissait sa vraie nature…

« On peut… aller ailleurs ? J'ai besoin de te parler, en privé, » dit-elle doucement, la tête baissée. Elle avait vraiment du mal à digérer tout ça, c'était trop d'un coup...

Gohan soupira, passant une main dans ses cheveux hérissés. « Si c'est pour me rejeter, dis-le directement Videl. J'ai conscience qu'être avec un guerrier extra-terrestre n'est pas une pensée très attrayante, et je comprendrais si tu préfères faire ta vie avec quelqu'un qui ne risque pas de partir se battre et de ne pas revenir. Mais ce n'est pas la peine de me ménager, c'est pas grave si tu ne veux pas de moi, j'y survivrai. »

Videl fronça les sourcils. Oui, cette révélation l'effrayait un peu, c'est vrai qu'elle avait du mal à réaliser que Gohan était bien plus différent qu'elle ne l'avait pensé, mais elle n'avait aucune intention de le rejeter. Était-il bête à ce point ? Ne voyait-il pas qu'elle était raide dingue de lui, qu'elle ne rêvait que d'être enfin avec lui et de vivre le reste de sa vie à ses côtés ? Il était aveugle ou quoi ?

« Toi peut-être, mais pas moi, » déclara-t-elle, catégorique. « Tu n'as peut-être pas remarqué, Gohan, mais je suis très, très, très amoureuse de toi, et même si notre futur est incertain, que tu risques de mourir jeune et me laisser trop tôt, je compte bien passer tout le temps qu'il nous reste avec toi. Et tu n'as pas ton mot à dire. »

Gohan cligna des yeux, complètement pris au dépourvu par la déclaration d'amour de Videl. « Je n'ai pas mon mot à dire… ? »

« Non, tu n'as rien à dire. Tu es à moi et je suis à toi, un point c'est tout. »

Un doux sourire étira les lèvres du beau jeune homme, et il l'attira contre lui, collant son front au sien alors qu'il savourait le bonheur infini qui gonflait en lui. Et alors qu'il se penchait pour l'embrasser enfin, il oublia que tous ses amis, sa famille et le père de Videl les regardaient. Il ne fit pas attention à Mr. Satan que Piccolo retenait paresseusement par le col et que Dendé empêchait de hurler son désaccord en plaquant ses mains sur sa bouche, car le papa surprotecteur n'était pas du tout prêt à laisser partir sa petite fille chérie, amoureuse ou pas. Il ne remarqua pas que sa mère avait les larmes aux yeux, que son père avait un très large sourire collé au visage, que son frère et Trunks avaient disparu on ne savait où pour faire Dieu sait quoi. Il ne vit pas non plus les regards malicieux de la plupart de ses amis, qui se réjouissaient d'avance de le taquiner au sujet de Videl pendant les prochaines années à venir, quoiqu'ils n'étaient pas certains de vouloir affronter la colère du guerrier surpuissant qu'il était devenu. Quoi qu'il en soit, rien que d'imaginer la gêne de Gohan lorsqu'il se rendra compte que lui et Videl avaient des spectateurs les réjouissait grandement, et ils ne perdaient pas leur air espiègle.

Videl ferma les yeux, puis sentit rapidement les lèvres de Gohan l'embrasser tout doucement, comme une caresse. C'était si tendre, si doux, et tellement bon… Elle n'allait plus pouvoir se passer de ce garçon à présent.

« Je t'aime… » murmura-t-il contre ses lèvres, avant d'intensifier le baiser, l'embrassant langoureusement en la tenant fermement contre lui, oubliant complètement le public tout autour d'eux.

Les deux jeunes amoureux se perdirent complètement dans ce baiser, se moquant du reste du monde. Leur amour était tout ce qui comptait, et à présent qu'ils s'étaient enfin avoués leurs sentiments et tous leurs secrets, plus rien ne pourrait les séparer.

De toute façon, personne ne serait assez bête pour essayer : le guerrier Mystic les massacrerait sans hésiter, c'était certain. Et sa copine agressive leur ferait sans doute passer un sale quart d'heure.

Décidément, ils formaient un couple bien particulier, ces deux-là.

À suivre…