Coucou à tous !

Me voilà pour ce loooong chapitre 23 :)

Merci aux personnes qui ajoutent Nuances à leurs favoris et leurs alertes.

Merci à ClaraonloveCrisscolfer, justmoi59, AnnaKlaineuse, Anderverysue, Klaineuse, Kurtnie, Clairegleek78, Claire, youyoulita, Fen, CyBile, ManonHummel et Anne-So pour leurs reviews.

ClaraonloveCrisscolfer : oh qu'est-ce que tu as fait ? :( Je suis vraiment désolée pour toi. J'espère que tu iras mieux très vite. Non je ne pense pas. Je n'ai pas vraiment en tête la fin de ma fic mais je ne pense pas. Tu parles des chapitres du POV de Christian ou la fin du POV d'Ana ? En tous cas, j'essayerai du mieux possible de faire une fin grandiose :) Gros bisous Clara et soigne-toi bien surtout :')

Justmoi59 : je m'amuse beaucoup à écrire les mails :D On devrait voir plus souvent le Klaine jaloux, j'adore ça ! Blaine avec Chandler et Kurt avec Seb, dans le show, c'est épique :)

AnnaKlaineuse : haha tu sais, c'est un truc de mère ça. Elles disent toutes ça :D oh c'est gentil, merci :')

Anderverysue : exactement ! Pour notre plus grand plaisir, sa jalousie va se retourner contre lui )

Klaineuse : Ouiiii ! Quand j'ai vu la notification de ta review, j'étais dans mon lit avec mon copain et je me suis mise à taper dans mes mains comme une dingue :D inutile de te dire qu'il m'a jeté un regard effrayé ) oui j'étais heureuse :') J'aimerais tellement les voir aussi proches dans la série. Je pense que je retranscris la relation que j'ai avec mon frère mdr. J'aime énormément échanger avec toi aussi et tes reviews sont complètes et tu sembles vraiment sincère dans ce que tu dis donc j'adore. Tu sais que je me dis que bientôt, ils vont atteindre les 10000 mots ?! Toutes les semaines, j'en écris un peu plus :) j'espère que ça ne gêne pas pour la lecture ? Non je ne sais toujours pas… Haha 100 c'est énorme ! J'aime ton enthousiasme, écris moi un roman si tu veux ) Merci d'être ma plus grande fan :)

Kurtnie : oui j'ai regardé justement, tu m'en as déjà laissé une :) Moi aussi je l'ai toujours vu en Dominant. Pourquoi, je sais pas ) Et Klaine donc nœud pap' oblige ) pour moi, c'est le symbole du Klaine en fait :) exactement, j'espère que les retrouvailles te plairont :)

Clairegleek78 : dois-je m'excuser ? Les insomnies ça craint ! Je me sentais obligée de l'emmener à LA pour botter le beau petit cul de Blaine… )

Youyoulita : je comprends tout à fait ne t'inquiète pas :) je suis contente de savoir que tu es toujours présente dans mes lecteurs. Ah bon, tu trouves ma vision des frères Anderson louche ? Moi sadique ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles… )

Fen : hey ! Contente de te retrouver :) hmmm… A ton avis ? Je te laisse le découvrir dans ce chapitre :)

CyBile : hey ! eh bien, félicitations je suppose :D je me demande moi-même comment je vais la tourner :) merci beaucoup !

ManonHummel : je suis contente qu'elle te plaise. Bien sûr que l'histoire de la cicatrice viendra :)

HOP3SO : bon courage pour récupérer tous tes cours. Merci c'est très gentil. J'espère que tu arriveras à retrouver l'inspiration pour écrire…

/!\Présence de lemon /!\

Sur ce, bon chapitre !

ENJOY !

Chapitre 23

Je tourne la tête dans tous les sens en fouillant la pièce du regard. Je ne parviens pas à le repérer.

« Blainey, qu'est-ce que tu as ? Tout va bien ? Tu es agité tout à coup »

« Kurt » dis-je seulement.

« Quoi Kurt ? »

« Il est venu jusqu'ici »

« Jusqu'ici ? » demande Cooper, étonné.

Lui aussi se met à le chercher du regard. Je pense que si je lui parlais du penchant de Kurt pour la traque, il flipperait méchamment.

Ça y est, je le vois ! Mon cœur rate un battement puis s'emballe quand je l'aperçois. Il semble se diriger vers nous. Putain, il a vraiment traversé le pays pour me rejoindre, moi…

Et tu t'en réjouis ? C'est vrai, ce n'est tellement pas effrayant…

Il se déplace avec grâce entre les corps qui emplissent la salle. Ses cheveux ont des reflets dorés sous l'éclairage spécial du bar. Ses lèvres forment une ligne droite, sa mâchoire est serrée et ses beaux yeux bleus sont emplis de fureur. Oh mon Dieu tout mais pas ça… Moi aussi je suis en colère contre lui. Très en colère mais je me retiens de lui faire une crise devant tous ces gens et surtout devant Cooper.

Il arrive à notre table et me regarde prudemment.

« Bonsoir » couinais-je encore sous le choc de sa venue.

« Bonsoir » me salue-t-il à son tour.

Il se penche et dépose un baiser sur ma joue, ce qui me surprend.

« Kurt, tu te souviens de mon frère, Cooper »

Je me force à paraître poli pour ne pas éveiller les soupçons de mon frère.

« Bien sûr. Ravi de vous revoir Monsieur Anderson »

« Pareil. Mais je t'en supplie, tutoie-moi et appelle-moi Cooper. Je ne suis pas si vieux que ça et j'ai l'impression d'être mon père quand on m'appelle de cette façon »

Kurt lui sourit et ils se serrent la main. Cooper parle vraiment beaucoup. J'ai envie de me moquer mais je me souviens que j'en veux toujours à Kurt. Son visage affiche un sourire amical.

« Pourquoi tu es là ? »

Son sourire disparait en même temps que la question passe mes lèvres. Ma voix est beaucoup plus agressive que je ne le voulais. D'un côté, je suis heureux qu'il soit ici et j'ai envie d'être dans ses bras. D'un autre, je suis troublé par sa présence, je suis énervé à cause de Smythe et j'ai envie de lui crier dessus. Je sais qu'il serait contre les deux options. J'aimerais savoir depuis combien de temps il est là à nous espionner. J'ai aussi un peu peur de sa réaction par rapport à mon dernier mail. Mais ça, il ne doit pas le savoir.

« Je suis là pour toi, bien sûr. J'ai pris une chambre au Sunset Boulevard Hotel »

Il me fixe, sûr de lui.

Ce mec est grave !

« Tu as pris une chambre ? » répétais-je.

Je dois passer pour un triple idiot. Ma voix ne veut pas retrouver sa tonalité habituelle et elle ressemble à celle d'une adolescente.

« J'ai cru comprendre que tu voulais que je sois près de toi »

Il se tait en attendant que je réponde. Je ne dis rien donc il continue :

« Tes désirs sont respectés Blaine »

L'habituelle trace d'humour quand il prononce ces mots n'est pas présente. Aïe, il est vraiment furieux, on dirait. J'ai été trop loin dans mon mail en parlant de Sebastian ? J'ai trop bu ce soir ? Je ne sais pas ce qui l'a mis dans cet état. Cooper me regarde, inquiet, puis ses yeux dérivent vers Kurt.

« Tu prendras bien un verre avec nous Kurt ? » propose mon frère.

Avant de connaître sa réponse, Cooper appelle le serveur qui arrive rapidement. Kurt passe alors sa commande :

« Un Shotgun » dit-il en levant les yeux vers le serveur.

Celui-ci reste bloqué un instant, la bouche grande ouverte. Je suis plutôt rassuré : je ne suis pas le seul à perdre tous mes moyens face à cet homme. Kurt, lui, est totalement indifférent.

Dans un élan de compassion pour le serveur, je passe commande à mon tour, pour le faire revenir sur terre :

« Et deux Margarita, s'il vous plaît »

Je regarde Kurt, anxieux, tandis que le serveur repart. Non, je ne dois pas être anxieux, je prends juste un verre avec mon frère. Il n'a rien à dire.

« Assieds-toi avec nous Kurt »

« Merci Cooper »

Il s'assoit élégamment à mes côtés après avoir pris un siège à la table voisine.

« Bien sûr, c'est un pur hasard que tu te trouves dans le même bar que nous avons choisi pour prendre un verre ? »

Je me force de paraître détendu et détaché.

« Et qui me dit que ce n'est pas vous qui avez décidé de venir dans le bar où je me trouve ? Après avoir dîné, j'ai eu envie d'un verre donc je suis sorti et j'ai trouvé ce bar. Je repensais à ton mail et, comme par magie, tu étais devant mes yeux. C'est fou ce que le monde est petit, non ? »

Il penche la tête sur son épaule pour me regarder. Je crois apercevoir les commissures de ses lèvres se relever. Bon, je peux peut-être encore tout arranger… Sous le regard qu'il me jette, j'ai l'obligation de me justifier :

« On est allé faire les magasins ce matin et cet après-midi on a été à la plage étant donné que c'est le jour de repos de Cooper. Et ce soir, il m'a trainé ici » dis-je d'un ton faussement ennuyé en souriant à mon frère.

« Tu en as profité pour parfaire ta collection à ce que je vois » dit-il en désignant mon nouveau nœud papillon doré avec des fils argentés autour de mon cou, « il s'accorde à tes yeux. Tu es sublime »

Je rougis face à son compliment. Il continue :

« Je comptais te rendre visite demain. Mais comme tu es là, autant en profiter »

Il enlace ses doigts aux miens, il les serre gentiment et les caresse avec son pouce. Dès que nos peaux sont en contact, comme d'habitude, un courant électrique me traverse. Une vague de frissons court dans mon dos, mon sang brûle dans mes veines, un désir ravageur réveille mon corps. Ça fait seulement deux jours que nous sommes séparés mais putain ce que j'ai envie de lui ! Ma respiration se bloque dans ma poitrine mais je lui souris timidement. Il me rend mon sourire.

« Je voulais te surprendre mais je suis celui qui a été surpris, comme toujours avec toi Blaine »

Je regarde Cooper. Il fixe Kurt avec un air impassible sur le visage. Je sais qu'il essaye de cacher quelque chose. Il observe tout ce qu'il fait. Soit mon frère est très curieux, soit il est très énervé. Ou peut-être les deux. Je lui adresse un regard embarrassé mais il ne le voit pas. C'est vrai que je n'ai jamais eu de copain avant. Enfin Kurt ne l'est pas vraiment mais bon… Cooper doit se demander comment j'ai réussi à avoir ce mec. En même temps, je ne peux pas lui en vouloir, je me pose la même question. Kurt me coupe dans mes pensées en prenant la parole :

« Je ne veux surtout pas gâcher votre soirée entre frères. Je bois un verre et je rentre. Je dois travailler »

« Je me demande pourquoi mon frère est tant attaché à toi alors que tu l'as fait pleurer trop de fois déjà » lâche Cooper, d'une voix très calme.

Aïe, ce n'est pas bon signe ça… Kurt ne dit rien. Ils se fixent tous les deux un bon moment.

« Je n'ai jamais voulu le rendre triste. J'ai toujours voulu qu'il soit heureux et à l'aise avec moi » répond mon maniaque.

Cooper enchaîne sans faire attention à ce qu'il vient de dire :

« Malgré cela, Blaine te défend toujours et il a l'air de te faire confiance. Donc je te fais aussi confiance. Blainey compte plus que tout pour moi. Si tu lui fais du mal, tu auras à faire à moi »

Kurt hoche la tête. C'est la première fois que je le vois aussi intimidé mais il soutient le regard clair de mon frère. Cooper semble satisfait et nous sourit. Kurt serre un peu plus ma main. Le serveur revient au même moment.

« Un Shotgun et deux Margarita » annonce-t-il.

Coop' le remercie. L'ambiance est assez tendue. Je garde les yeux baissés alors que je prends une gorgée de mon cocktail.

« Tu es à LA pour combien de temps Kurt ? » questionne mon frère gentiment.

« Je reste jusqu'à vendredi »

« Tu veux venir dîner chez moi demain soir ? » propose-t-il.

« Avec plaisir Cooper »

« Génial. Je vais aux toilettes, excusez-moi »

Mais il vient d'y aller i peine 20 minutes ! Je soupire en le regardant disparaitre.

« Tu es en colère contre moi parce que je suis sorti avec un ami ? »

Kurt a l'air vraiment préoccupé par ma réponse. Il amène nos mains liées près de ses lèvres et il embrasse lentement chacun de mes doigts.

Je ne pense pas que l'endroit soit idéal pour discuter mais tant pis…

« Oui »

« Je n'ai plus aucune relation sexuelle avec lui Blaine. C'est terminé depuis un moment. Tu es le seul que je désire. Je pensais que tu le savais »

« Je considère que cet homme est un détraqué Kurt »

Je crains sa réaction. Son visage devient plus pâle que d'ordinaire.

« C'est un jugement très dur Blaine. Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé entre nous » chuchote-t-il visiblement blessé.

Il laisse retomber ma main. Très dur ?!

« Eh bien, raconte-moi ce qui s'est vraiment passé alors »

Les cocktails me donnent du courage donc je poursuis. Kurt a l'air assez choqué.

« Je suppose qu'il a profité de ta fragilité et du fait que tu n'avais pas d'expérience. Tu étais tellement jeune Kurt ! Tu n'avais que 17 ans quand il t'est tombé dessus putain ! »

Il soupire bruyamment et passe la main dans ses cheveux.

« Blaine, ce n'est pas ça… »

Je lui jette mon regard le plus noir possible.

« Enfin je ne vois pas du tout les choses de cette manière. Il m'a beaucoup aidé et fait du bien au moment où j'en avais le plus besoin » dit-il calmement.

« Je ne comprends rien »

Je suis totalement étonné et perdu.

« Ecoute Blaine, ton frère peut revenir d'un moment à l'autre. Ça me gêne beaucoup de parler de ça ici. On pourra en rediscuter plus tard peut-être. Mais je peux toujours partir. Mon avion est prêt à décoller quand je le veux »

Génial… Il a les nerfs contre moi maintenant.

« Non, je t'en prie Kurt, reste. Je suis vraiment heureux que tu sois ici. Je veux seulement que tu comprennes comment je vois les choses. A la minute où je me suis éloigné, tu es parti te réfugier auprès de lui. Souviens-toi de ta réaction quand je passe du temps avec Paul. Il est mon ami mais, contrairement à toi et Sebastian, nous n'avons jamais couché ensemble »

Il faut que je me calme. Je suis à fleur de peau et je peux craquer à tout moment.

« Tu es jaloux ? » demande-t-il doucement, complétement sidéré.

« Oui et je suis en colère contre lui et ce qu'il a fait de toi »

« Blaine… Il a fait beaucoup pour moi. Je ne peux pas t'en dire plus pour le moment. Tu es jaloux ? Ok mais comprends-moi. Ca fait des années que je ne dois plus rendre de compte à personne. Je suis libre et je fais ce que je veux. Je n'avais pas l'intention de te faire souffrir en allant le voir. Je sors parfois avec lui pour décompresser. Sebastian est mon ami et on a quelques affaires en commun »

Affaires en commun ? J'en apprends tous les jours…

« Tout est fini depuis quelques années déjà » ajoute-t-il.

« Pourquoi ne pas avoir continué ? »

Il fronce les sourcils.

« Son petit-ami l'a découvert et en a parlé autour de lui »

Wow, je ne m'attendais absolument pas à ça !

« S'il te plaît, on pourra continuer dans un endroit plus intime ? » marmonne-t-il.

« Je suis toujours convaincu que c'est un détraqué »

« Eh bien, je ne le considère et ne l'ai jamais considéré comme tel. Alors arrête avec ça ! »

« Tu l'aimais ? Je veux dire, tu étais amoureux de lui ? »

« Hey ! Vous allez bien tous les deux ? »

Je n'avais même pas remarqué que Cooper était de retour.

J'affiche un faux sourire. Je me redresse et Kurt en fait autant. Je me sens mal à l'aise et je sens le regard de mon frère sur moi.

« Oui, oui, très bien Coop' »

Kurt sirote son verre en me regardant attentivement. Je me demande à quoi il pense. Est-ce qu'il était amoureux de lui ? Si oui, je ne crois pas pouvoir le supporter.

Sans blague ?! Je crois que tu péterais sérieusement un câble plutôt.

« Bon, je ne veux pas interrompre votre soirée » dit Kurt en se levant.

Oh non, non, non ! Il ne peut pas partir et me laisser mijoter comme ça !

« Toutes vos consommations sont pour moi. Je t'appellerai demain matin Blaine. On se voit demain Cooper »

« C'est tellement rare d'entendre quelqu'un t'appeler par ton prénom et non par un surnom » dit Cooper.

« Un joli prénom pour un joli jeune homme » répond Kurt en me regardant.

Cooper et lui se serrent la main en souriant. Le petit affrontement de tout à l'heure semble oublié.

Je me mets debout à mon tour pour pouvoir le regarder dans les yeux. Je le supplie du regard de répondre à ma question mais, au lieu de ça, il dépose un chaste baiser sur ma joue.

« A plus bébé » murmure-t-il à mon oreille avant de partir.

Connard de sadique maniaque du contrôle !

La fureur s'empare à nouveau de moi et je me laisse tomber comme une merde sur ma chaise.

« Alors là Blainey, je suis totalement sur le cul. On dirait que tu as tiré le gros lot ! Je ne sais pas quel est le problème entre vous mais je pense que vous devez vraiment en parler. Et putain, cette tension sexuelle… S'il avait pu te baiser sur le champ, il l'aurait fait »

« COOPER ! »

« Va le voir »

« Non. Je suis ici pour toi »

« Blainey, tu es ici parce que tu es perdu dans tes sentiments pour lui. Mais ça saute aux yeux : vous êtes raide dingues l'un de l'autre. Tu dois aller discuter avec lui. Il vient de se taper des milliers de kilomètres pour toi bordel ! Je me demande comment il a fait pour avoir un billet d'avion en pleine nuit d'ailleurs »

Je glousse. Je ne lui ai pas mentionné le jet privé.

« Qu'est-ce que t'as ? »

« Il a un jet privé Coop'. Ce n'est rien pour lui de faire le trajet »

Il me regarde bouche bée et les yeux grands ouverts. Je me tortille sur ma chaise, embarrassé.

« Wow, c'est pour le moins… surprenant. Blainey, je dois te paraître lourd avec ça mais je sens que quelque chose vous dérange dans votre relation. Je cherche depuis que tu es ici mais pas moyen de mettre le doigt dessus. Si tu veux régler ça, tu dois lui parler. Tu ne peux pas y arriver seul »

Je soupire, agacé, et fronce les sourcils.

« Tu te prends la tête pour rien et tu réfléchis trop. Je te connais petit frère. Laisse-toi aller pour une fois »

Je baisse les yeux et joue avec mes mains.

« Je crois que je suis amoureux de lui Coop' »

« Je sais minus. Et il est amoureux de toi »

« Non ! » m'exclamais-je en secouant frénétiquement la tête.

« Oh si Blainey ! Tu es aveugle ou quoi ? Il te manque un néon qui clignote sur son front pour que tu le voies ? »

Je relève les yeux vers lui. Je sens les larmes affluer.

« Petit doudou, ne pleure pas. Je ne veux pas te voir triste »

« Il ne m'aime pas »

« Crois-moi, même si j'étais super riche, je n'abandonnerais pas ma petite routine en sautant dans un jet privé et en traversant le pays, simplement pour me prendre un cocktail ! Bouge-toi, va le voir ! L'hôtel où il est, est superbe. Parfait pour les amoureux et surtout, c'est un terrain neutre »

Je gigote. Je meurs d'envie d'y aller mais d'un autre côté, pas du tout.

« Petit frère, ne t'oblige pas à rester avec moi. Je serai toujours là. Je veux ton bonheur et, je suis sûr, que tu le trouveras au Sunset Boulevard Hotel. Et si tu décides de rentrer plus tard, la clé de secours est sous le paillasson comme d'habitude. Et si tu décides de rester avec lui, euh…, tu es un homme responsable maintenant donc sois prudent et protégez-vous »

Oh mon Dieu, faîtes que le sol s'ouvre et m'engloutisse. Malgré l'inconfort de la situation, je suis content que Cooper soit assez à l'aise avec ça pour m'en parler et pour prendre soin de moi.

« Ok… On finit nos verres avant »

« Ah ! Je reconnais bien là mon petit frère »

Il me sourit sincèrement et affectueusement.

OoOoOoOoOoO

Connaissant les goûts de Kurt, je monte directement vers la plus grande suite de l'hôtel. Visiblement, je ne me suis pas trompé étant donné qu'il m'accueille lorsque je tape à la porte. Il est au téléphone. Il met un instant à réaliser que c'est moi et m'invite à entrer.

« Le remaniement du personnel est prêt ?... Combien ça va me coûter ? »

Kurt passe la main dans ses cheveux.

« Génial, c'est une petite erreur qui fait beaucoup trop de dégâts… Et qu'en pense-t-il ? »

J'inspecte l'endroit du regard. Il séjourne dans une suite très luxueuse. La pièce dans laquelle on se trouve est meublée élégamment. Des canapés turquoise avec des coussins orange sont disposés au centre en face d'une grande télé. Les murs et le sol sont gris. Dans un coin, il y a ce qui ressemble à un espace de travail avec un bureau où une multitude de papiers sont éparpillés.

Kurt se déplace vers un mur à côté de la télé où il ouvre la porte du minibar. Il me propose de me servir avant de s'éclipser dans la chambre à côté. Il ne veut certainement pas que j'entende sa conversation. Ce n'est pas grave. Si elle était confidentielle, il n'avait qu'à raccrocher quand je suis arrivé. J'entends l'eau se mettre à couler. Il remplit sûrement la baignoire. J'attrape un jus de pommes quand il revient dans le salon.

« Dîtes à Elena de me faire parvenir les croquis. Jeff a dit que l'anomalie avait été corrigée… Vendredi… J'ai repéré une parcelle intéressante… Dîtes à David de m'appeler… Demain plutôt… J'aimerais vois si des opportunités peuvent se présenter à Los Angeles »

Kurt a les yeux verrouillés sur moi tandis qu'il continue son appel :

« Je me renseignerai sur le taux des taxes dans la région mais c'est envisageable… Non, la chaleur est étouffante ici… C'est vrai, l'Ohio comporte certains plus et oui, il y fait moins chaud… N'oubliez pas de dire à David qu'il m'appelle… Dans la matinée mais pas trop tôt »

Il raccroche. Son visage s'est assombri depuis qu'il a mentionné l'Ohio. Pourquoi, je n'en sais rien. Il me fixe et un silence bizarre s'installe. Il n'a pas l'air de vouloir parler alors je me lance :

« Ma question est toujours sans réponse »

« Non » dit-il tranquillement.

« Non, elle n'est pas sans réponse ou non, tu n'étais pas amoureux ? »

Il me sourit doucement et s'appuie nonchalamment contre le mur.

« Pourquoi tu es là Blaine ? »

« Je viens de te dire pourquoi »

Il pousse un profond soupir.

« Non, je n'étais pas amoureux de lui »

Son regard est rempli d'amusement mais il semble aussi préoccupé.

En entendant sa réponse, la tension et l'angoisse retombent en même temps. Je me sens plus serein. Je crois que je me serais écroulé s'il m'avait dit qu'il avait été amoureux de ce taré.

« Qui aurait cru que le sage Blaine Anderson cachait un être jaloux ? »

« Te moques-tu de moi Kurt ? »

« Comme si j'étais comme ça… »

Il affiche un visage outré mais ses yeux pétillent d'espièglerie.

« Je crois que tu es exactement comme ça et donc, que tu te moques souvent de moi »

Il lâche un rire moqueur quand je répète les exacts mots qu'il m'a dits quelques jours plus tôt. Il se tait et ses pupilles se dilatent lorsqu'il pose les yeux sur moi.

« Blaine, arrête de mordre cette lèvre. On est dans une chambre, on ne s'est pas vu depuis presque trois jours et je viens de traverser les pays pour toi »

Sa voix est chaude, rauque et pleine de luxure.

Son portable sonne mais il l'éteint sans même prendre la peine de vérifier l'identifiant. Ma respiration devient difficile. Je sais exactement ce qu'il s'apprête à faire mais non, il était censé me parler de lui…

Il se déplace doucement et gracieusement vers moi en mode prédateur sexuel. Il ne me lâche pas de ses yeux, Ô combien, torrides.

« Je te veux Blaine. Maintenant. Je sais que toi aussi. Sinon tu ne m'aurais pas rejoint ici »

« Je voulais que tu me répondes »

« Eh bien, c'est fait. Alors maintenant, tu restes avec moi ou tu repars ? »

Je rougis violemment.

« Je reste avec toi »

« Je sais. Tu étais vraiment en colère contre moi tout à l'heure » murmure-t-il.

« Oui »

« Personne n'avait jamais eu le cran de s'énerver contre moi avant. Je dois avouer que c'est putain de bandant »

Il effleure ma pommette avec ses doigts. Le contact est trop bon. Son odeur m'enveloppe, mon cœur bat la chamade, le désir brûle en moi, l'envie grimpe dans mon ventre. On est censé parler mais je ne peux pas contrôler l'effet qu'il a sur moi. Il glisse sa main dans ma nuque jusqu'à la fourrer dans mes cheveux. Il niche son nez à la base de ma clavicule et la remonte le long de mon cou. Je fais tout pour ne pas succomber.

« On doit discuter »

« Plus tard »

« J'ai plein de trucs à te dire »

« Moi aussi »

Il embrasse mon cou. Il tire sur mes boucles afin que ma peau soit plus exposée à sa bouche impatiente. Il mordille mon menton, ma mâchoire puis mon cou juste sous mon oreille. Il passe ensuite sa langue dessus pour apaiser le léger picotement.

« J'ai envie de toi » chuchote-t-il.

Je lâche un gémissement en enroulant mes bras autour de son cou.

« Le Docteur Fabray t'a rappelé ? » demande-t-il sans pour autant cesser ses baisers.

J'essaye de rassembler mes esprits et de retrouver toutes pensées cohérentes.

« O-Oui »

« Elle a eu les résultats de tes analyses ? »

« Mmh, mmh » dis-je en hochant légèrement la tête.

« Ils sont négatifs ? »

« O-Oui »

Il s'éloigne de moi.

« Suis-moi, on va prendre un bain »

Il attrape ma main et me tire à sa suite. Il m'entraîne dans la chambre où trône un énorme lit à baldaquin rouge et blanc. On ne fait que passer. Il me conduit dans la grande salle de bain adjacente. Contre le mur se trouve un lavabo blanc surplombé d'un grand miroir. Une immense baignoire aux contours taillés dans le marbre domine l'espace. L'eau la remplit doucement. Elle est recouverte de mousse et la pièce est envahie par une douce odeur de chèvrefeuille. Pour seul éclairage, tout un tas de petites bougies sont disposées autour du bain. Putain, il a fait tout ça en si peu de temps et au téléphone en plus ?

La chaleur inonde peu à peu la pièce. Je commence à transpirer et ma chemise me colle à la peau. Kurt ferme le robinet et me prend la main pour nous poster devant le grand miroir.

« Retire tes chaussures » ordonne-t-il doucement.

J'obéis et les cale dans un coin sur le sol.

« Ne bouge pas »

Il s'approche de moi et dénoue habilement mon nœud papillon. Il prend ensuite tout son temps pour déboutonner ma chemise de bas en haut. Je suis torse nu devant lui. Il me regarde dans les yeux alors que ses mains glissent vers le bouton de mon pantalon. Il le défait et abaisse la braguette.

« Je vais te baiser ici Blainey » susurre-t-il.

Il plaque sa bouche dans mon cou. J'incline ma tête sur le côté pour lui donner meilleur accès. Il passe les doigts dans mon jean et dans mon boxer et les fait descendre jusqu'à mes pieds. En même temps, il s'abaisse en déposant des baisers sur mon torse et il se retrouve agenouillé devant moi.

« Passe par-dessus ton pantalon »

Je m'exécute. Je suis totalement nu et ma verge est fièrement dressée. Kurt en profite pour la lécher sur toute sa longueur et s'attarde en suçotant l'extrémité rougie. Ses superbes yeux foncés plongés dans les miens suffiraient à me faire jouir dans la seconde. Il se redresse alors que je geins de mécontentement. Il me scrute et je me retiens de cacher ma nudité.

« Tu es magnifique bébé » murmure-t-il alors qu'il nous replace devant le miroir.

Il place ses mains sur mon abdomen par-dessus les miennes. Il niche son nez dans mes cheveux.

« Tu sens tellement bon »

Il caresse mon ventre avec ses doigts enlacés aux miens et les remonte vers mes tétons.

« Regarde comme tu bandes bébé »

Il lâche mes mains que je noue à son cou et effleure mes boutons de chair du bout des doigts.

Je gémis, le souffle faible et rapproche mon corps de ses mains expertes. Il excite mon téton gauche en le pinçant et en tirant dessus alors que sa deuxième main descend sur mon érection. Je bouge le bassin pour créer une friction avec son poing. Je nous regarde dans le miroir. Ce que c'est excitant de nous voir nous mouvoir ainsi. Je ferme les yeux et lâche un glapissement quand Kurt s'attaque à mon autre téton. J'accélère le mouvement de mes hanches. Dieu que c'est bon.

« Tu es si beau comme ça Blaine » chuchote-t-il.

Il glisse sa main entre mes fesses et masse mon entrée en me pompant toujours. Je pousse un cri de plaisir et de douleur quand il me pénètre de deux doigts. Je continue de bouger pour augmenter la sensation de bien-être. Kurt me contrôle totalement et c'est vraiment excitant et érotique.

« Tu es tellement chaud Blainey » murmure-t-il contre la peau de mon épaule alors qu'il la mord et la lèche.

Soudainement, il arrête de me masturber et retire ses doigts.

« Montre-moi comment tu te touches » dit-il en s'éloignant de moi en me regardant.

Je le suis pour me rapprocher de lui. Non, non. Je veux qu'il continue, je veux que ce soit lui qui me touche. Ce n'est pas aussi bon sans lui. Il se déshabille bien plus rapidement qu'il l'a fait avec moi.

« Tu préfères quand c'est moi qu'il le fait ? »

Il me toise du regard à travers le miroir.

« Oui, je t'en prie »

Il enroule ses bras autour de moi et recommence à me pomper doucement. Il me serre contre lui. Je sens ses poils et son sexe tendu contre mes fesses. J'en veux plus, ce n'est pas assez ! Il suce la peau de ma nuque et je referme les yeux sous toutes les sensations qui me traversent. D'un coup, Kurt me fait tourner sur moi-même afin que je lui fasse face. Il serre ma hanche avec ses doigts, dont je suis quasiment sûr de garder les traces, et emmêle une main dans mes cheveux. Il me plaque fortement contre lui et tire sur mes boucles. Il m'embrasse langoureusement, presque violemment. Il s'écarte et respire aussi difficilement que moi.

« Tu es prêt ? »

« O-Oui K-Kurt »

Il grogne et me retourne face au miroir.

« Prends appui sur le lavabo » ordonne-t-il.

Il pose ses deux mains de chaque côté de mes hanches, passe une jambe entre les miennes pour que je les écarte et me pénètre d'un coup. Les poils de son sexe frottent contre mes fesses et ses testicules sont contre les miens. Il se retire lentement et s'enfonce aussi doucement. Il excite chacun des nerfs de mon corps. C'est douloureux, putain ça fait mal mais c'est tellement, tellement bon de le sentir me remplir. Je m'accroche de toutes mes forces au lavabo et tend mes fesses afin qu'il s'y enfonce le plus profondément possible. Il me tient fermement par le bassin et me pilonne à un rythme effréné. J'ai de plus en plus de mal à contrôler ma respiration. Il glisse sa main vers mon érection et recommence à me masturber. Oh oui, ça vient !

« Laisse-toi aller bébé » grogne-t-il en poussant encore plus loin en moi.

Il passe son pouce sur mon gland et je me libère dans sa main en criant fortement. Je m'appuie sur le lavabo pour ne pas perdre l'équilibre. Tout mon corps tremble et est envahi par le plaisir. Kurt ne tarde pas à me suivre. Il me serre fort contre son torse et jouit en répétant mon prénom, émerveillé.

« Blaine, Blaine, Blaiiine ! »

Sa respiration erratique dans mon cou est parfaitement synchronisée à la mienne.

« Je ne pourrais jamais me lasser de toi beau bébé » chuchote-t-il.

Il m'entraîne avec lui sur le sol. Il me prend dans ses bras, me protège contre le reste du monde. Je me demande si ce sera toujours aussi fort, vivant, destructeur, ravageur, jouissif entre nous. J'aimerais parler de ça à Kurt mais je suis lessivé, incapable du moindre geste. Est-ce que je pourrais me lasser de lui ?

Ne réfléchis pas trop, tu risques de te faire mal…

Je suis assis sur ses cuisses et blottis contre lui, la tête sur son épaule. Je caresse son cou avec mon nez, profitant de la délicieuse odeur de caramel. Je soupire de bien-être en fermant les yeux. Je les rouvre et regarde sa cicatrice. Non je ne dois pas la toucher. Je ne veux pas qu'il se braque encore une fois. Je me love encore plus dans ses bras. Nous ne disons rien, nous profitons juste du moment. Je suis bien près de lui. Je suis amoureux et à ma place.

Je me rends compte qu'il est toujours en moi.

« Tu es toujours en moi Kurt » dis-je doucement.

« Je sais »

« Ce n'est pas douloureux ou inconfortable ? »

« Non c'est juste bien »

Je ne dis rien.

« Tu veux que je me retire ? Tu n'es pas à l'aise ? »

Sa voix est incertaine. Il se penche pour me regarder et ses yeux semblent vraiment concernés.

« Non, je suis bien aussi »

Il sourit et dépose un baiser sur mon front. Il me serre contre lui, inspire dans mes cheveux et nous restons ainsi encore un moment.

« On le prend ce bain ? » demande-t-il dans mes boucles.

Je hoche la tête. Il se retire doucement de moi avant de se mettre debout. Il me tend la main pour que je me relève. Je ne peux m'empêcher de regarder sa cicatrice rosée sur son flanc gauche. Je me demande comment il a pu l'avoir. Il pivote un peu et je remarque qu'il en a une autre plus petite et plus vers son dos. Mon Dieu, qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? Peut-être que c'est quelqu'un qui lui a fait ça ! Sa mère alcoolique ? Sebastian ? Peut-être que c'est une toute autre raison banale. Je m'inquiète sûrement trop. J'espère en tout cas…

« Blaine, qu'est-ce que tu as ? Tu es tout pâle » demande Kurt, les yeux emplis de détresse.

« T-Tu as une autre cicatrice… C-Comment… D-D'où… »

Je me tais devant l'expression de son beau visage : il a reformé toutes les barrières, est redevenu distant et presque furieux.

« Ça ne te regarde pas » souffle-t-il sèchement, « arrête de me fixer comme ça »

Il parle durement et froidement. Il lâche ma main qu'il tenait toujours. Je baisse les yeux et me sens honteux, comme un enfant qui vient de se faire gronder. Je suis maintenant sûr qu'il ne tient pas ces cicatrices d'une histoire banale. Je sens mon estomac se tordre à cette pensée.

« C'est lui qui t'a fait ça ? » chuchotais-je.

Je n'ai pas pu retenir mes paroles. Il ne dit rien. Je relève donc la tête pour voir sa réaction. Il me jette un regard noir.

« Lui ? Sebastian ? Il n'est pas diabolique ou monstrueux Blaine. Arrête ! Je ne comprends pas pourquoi tu tiens à la rabaisser comme ça »

Il est là, devant moi, à poils et plus beau que jamais et il faut que je remette ça sur le tapis. Moi aussi, je suis nu. Je me sens vulnérable alors qu'il a l'air… Kurt. Je cherche un endroit où me cacher mais je ne vois que la baignoire. J'inspire avec difficulté et lui passe devant pour m'engouffrer dans le bain. L'eau est encore chaude. Elle me détend. Je plonge le nez sous la mousse et le regarde.

« Je m'imagine souvent l'homme que tu serais devenu s'il ne t'avait pas mis le grappin dessus et initié ses… habitudes »

Il souffle bruyamment et me rejoint dans l'eau. Sa mâchoire est serrée, ses yeux sont froids et il se tient assez loin de moi pour ne pas me toucher.

Tu l'as vraiment vexé pour le coup.

Il me fixe, en silence, sans laisser passer d'émotions sur son visage. Il ne parle pas. Moi non plus. Cette fois, je ne ferai pas le premier pas. Je ne craquerai pas. Tout est entre ses mains. Il veut tout contrôler, eh bien, qu'il contrôle. Nous nous regardons dans le blanc des yeux pendant une éternité jusqu'à ce qu'il secoue la tête et qu'il lâche un rire ironique.

« Sans Sebastian, j'aurais sûrement sombré et fini comme ma mère »

Je le regarde, étonné. Alcoolique ou mort ? Ou les deux ?

« Il m'a aimé de la seule manière que je trouvais… convenable » continue-t-il.

Quoi ?!

« Convenable ? »

« Oui »

Il me regarde sans ciller.

« Il m'a empêché de couler trop profond et de toucher le fond. C'est compliqué de vivre dans un monde d'ignorants quand on est différent »

Il me fixe à nouveau, le visage neutre. Je sais qu'il n'ajoutera rien pour le moment. Je suis déçu de ne pas en apprendre plus. La facette que Kurt vient de me montrer de lui est surprenante. Je n'aurais jamais pensé ou même imaginé qu'il ait été si vulnérable et mal à une époque de sa vie. Sebastian l'a aimé. Mon ventre se tord et ma bouche s'assèche.

« Il t'aime toujours ? »

« Non, je ne pense pas. Pas de la même manière en tout cas »

Il se tait, les yeux dans le vague puis il reprend :

« Je te répète que c'est terminé entre lui et moi. C'est derrière nous maintenant. Même si je le souhaitais, je ne pourrais pas effacer ce qu'il s'est passé. De toute façon, je ne voudrais pas l'effacer. Il m'a aidé et certainement sauvé la vie »

Il est nerveux et passe la main dans ses cheveux.

« C'est dur ok ? Je n'ai jamais raconté ça à personne. Enfin à part au Docteur Schuester bien sûr. Je te le dis parce que je veux que tu aies confiance en moi »

« Je te fais confiance. Je veux simplement en apprendre plus sur toi. Mais quand la conversation devient personnelle, tu l'esquives. Je veux juste te connaitre »

« Je ne sais pas quoi te dire Blaine. Qu'est-ce que je dois faire ? Pourquoi tu veux me connaitre ? »

Sa voix est calme mais ses yeux brûlent. Je sais qu'il fait tout pour contrôler sa fureur. Je baisse la tête vers mes mains à la surface de l'eau.

« Je m'efforce de te cerner. Tu es mystérieux. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme toi. Je suis content que tu me racontes des choses sur toi »

Dans un élan de courage, je m'approche de lui jusqu'à ce que nos peaux se touchent. Je ne pouvais plus supporter cette distance entre nous. Kurt se tend et me regarde, suspicieux.

Eh ben, tu n'as pas peur toi !

« Ne sois pas en colère contre moi. Je t'en prie »

« Je ne suis pas en colère Blaine. Mais je n'ai pas l'habitude que l'on me questionne sur mon passé ou d'en parler avec quelqu'un d'autre que le Docteur Schuester ou… »

Je complète pour lui :

« Ou lui… Sebastian. Tu parles de quoi avec lui ? »

Il se met face à moi et caresse mon bras en partant de mon épaule.

« Tu es vraiment obstiné… On parle de la vie, du monde, du business… Blaine, je connais Seb depuis très longtemps. On parle de tout et de rien »

« De moi aussi ? »

« Oui »

J'inspire profondément pour ralentir le torrent de colère qui monte en moi.

« Je peux savoir pourquoi ? »

Ma voix est plaintive et fâchée. Je devrais sûrement abandonner. Je lui en demande trop d'un coup.

« Tu es unique Blaine. Je ne sais pas comment agir avec toi »

« Unique ? Parce que je ne me laisse pas contrôler ? Parce que je n'obéis pas à tes ordres comme un petit chien ? Parce que je réfléchis avant de signer ton putain de contrat ? »

« J'ai besoin de conseils »

« Oh oui ! C'est sûr, Monsieur le Détraqué est très sain d'esprit, c'est évident » dis-je d'un ton ironique et énervé, sans pouvoir le maîtriser.

« Blaine, arrêtes ça. Maintenant » grogne-t-il durement.

J'ai été trop loin. Je le savais.

« Si tu n'arrêtes pas, je vais te fesser. C'est compris ? Je n'ai plus aucune attirance, sexuelle ou amoureuse, pour lui. C'est un ami et un associé. Il compte beaucoup pour moi. C'est vrai, on a un passé commun, qui m'a beaucoup aidé et qui a gâché pas mal de choses. Mais tout est fini désormais »

Gâché pas mal de choses ? Qu'est-ce que ça a gâché ? C'est tellement frustrant de ne pas savoir !

« Ton père ne l'a jamais appris ? »

« Non, je te l'ai déjà dit »

J'arrête parce que je sens qu'il est à deux doigts de vraiment s'énerver.

« Tu as terminé ? » demande-t-il, agacé.

« Pour le moment »

Il souffle et tous les muscles de son corps se détendent, comme si je venais de désactiver l'interrupteur de sa tension.

« Super. A mon tour maintenant » dit-il froidement, « tu n'as pas donné de réponse à mon mail »

Je n'aime pas du tout être exposé ainsi. Je redoute toujours le moment où il va s'énerver quand nous parlons.

« J'avais prévu de te répondre mais te voilà… »

« J'aurais dû rester à New York ? » demande-t-il toujours aussi neutre.

« Non, je suis heureux que tu sois là »

« Tant mieux » dit-il en souriant, rassuré, « moi aussi je suis heureux d'être venu. Même après tes questions. J'estime donc avoir le droit de savoir ce que tu penses et ce que tu ressens »

Tu l'as cherché.

« Euh, je suis content d'être avec toi. Merci d'avoir fait le déplacement pour me voir »

« Tout le plaisir est pour moi »

Il se penche vers moi pour déposer ses lèvres sur les miennes. Le baiser est très doux et je l'embrasse à mon tour. Je passe ma langue sur sa bouche mais il se recule d'un coup.

« Stop. Je veux que tu me répondes avant d'en faire plus »

Des réponses ? Je ne pense pas avoir de secrets énormes sur mon enfance ou sur mes ex-amants étant donné que je n'en ai pas. Il connaît l'histoire avec mes parents donc qu'est-ce qu'il veut de plus ?

« Pose-moi des questions alors »

« Dis-moi ce que tu penses du contrat »

Allez, lance-toi Anderson.

« Euh… Le truc de la durée me dérange. Je sais que je ne pourrais jamais faire semblant et être une autre personne tous les weekends »

Je baisse les yeux en sentant mes joues chauffer. Il relève mon visage en plaçant ses doigts sous mon menton, ses yeux pétillent d'amusement.

« Oh moi aussi je le sais »

« Tu te fous de moi. Encore… » dis-je, boudeur.

« Ce n'est pas méchant Blainey » sourit-il gentiment.

Il dépose un rapide baiser sur ma bouche.

« Tu n'as vraiment pas un tempérament de soumis » dit-il malicieusement en tenant toujours mon menton.

Je le regarde et j'explose de rire. Lui aussi.

« Mon professeur a des méthodes peu ordinaires à vrai dire »

« Tu crois que je suis trop gentil avec toi ? Je devrais peut-être me montrer plus stricte alors »

Il plaque un sourire lubrique sur son visage en penchant la tête sur son épaule.

L'idée me fait flipper mais je sens mon sexe durcir en y pensant. Il ne connaît que cette manière pour montrer ses sentiments. Il me regarde attentivement.

« C'était si horrible la première fessée ? »

Je réfléchis. Ma réaction était horrible. Ça m'a fait mal mais c'était largement supportable. J'étais surtout effrayé puisque la seconde était bonne, vraiment excitante.

« Pas tant que ça »

« Tu as eu peur ? »

« Oui. Enfin peur parce que j'ai aimé ça alors que je n'aurais pas dû »

« Je sais. J'ai mis du temps à m'y habituer »

Oh merde, c'est vrai qu'il l'a subi lui aussi.

« N'oublie pas le mot d'alerte Blaine. Tant que tu respecteras les règles et que tu satisferas mes désirs, tu ne risques pas la punition. C'est aussi simple »

« J'ai juste peur de me retrouver pieds et poings liés »

Kurt glousse.

« J'adorerais te faire ça »

Je me rends compte du double sens de ma phrase.

« Oh ! Hey tu sais ce que j'ai voulu dire ! »

Je lui envoie de l'eau sur le visage.

« Tu as osé ? »

« Hmm… Oui ! »

Il m'attrape par les hanches et me glisse sur ses cuisses. Il encadre ensuite mon visage de ses paumes. Il pénètre ma bouche de sa langue. Il tire sur mes cheveux pour que j'incline ma tête et il m'embrasse plus profondément. Je gémis contre ses lèvres. Il aime ça, il aime le contrôle. Le désir s'élève en moi et, à mon tour, je tire ses cheveux et je lui rends son baiser aussi sauvagement. Moi aussi, je le veux. Il geint et lâche un petit cri quand nos érections se frottent. Je commence à bouger pour créer une friction. Kurt m'attrape les poignets et les retient dans mon dos.

« Je vais te baiser bébé. Tu es prêt ? »

Je hoche vigoureusement la tête.

Il me soulève et aligne son sexe à mon entrée. Je m'empale dessus doucement, tellement lentement que c'est presque trop à supporter. Il me regarde dans les yeux tandis qu'il s'enfouit en moi.

Je crie et ferme les yeux sous le plaisir de le sentir entièrement en moi. Il soulève les hanches pour être encore plus profond. J'halète et appuie mon front contre le sien.

« K-Kurt, m-mes mains. S-S'il te p-plaît »

« N'essaye pas de les toucher » dit-il en parlant de ses cicatrices.

Il me lâche et agrippe mes hanches.

Je m'appuie sur le bord du bain pour pouvoir monter et descendre langoureusement sur son érection. Il a les yeux mi-clos, la bouche entrouverte et il gémit à chacun de mes mouvements. Dieu ce qu'il est sexy. Je pose ma bouche contre la sienne et fourre mes mains dans ses cheveux. Nous bougeons en rythme : je m'abaisse, il monte le bassin je remonte, il s'abaisse. Je tire sur ses cheveux pour pénétrer plus profondément sa bouche. J'accélère les va-et-vient sur sa verge. Ses lèvres étouffent mes gémissements quand il frappe toujours plus vite ma prostate. Il glisse sa main vers mon sexe et me branle. Il me prend encore plus fortement. Je sens la chaleur exquise se dérouler dans mon ventre. Mes muscles se crispent, mes testicules se contractent. Ça monte, je suis tellement proche…

Je suis amoureux de cet homme. J'aime son intensité, j'aime lui appartenir, j'aime qu'il m'appartienne. Je suis à Kurt. Kurt est à moi.

« Vas-y mon bébé. Oh tu es tellement étroit » halète-t-il.

Je jouis violemment dans son poing et sur son torse. Kurt me suit quasiment tout de suite. Il me serre de toutes ses forces contre lui en criant et en se libérant en moi.

« Blaine, bébé ! » hurle-t-il son sexe pulsant et libérant un liquide chaud en moi.

OoOoOoOoOoO

Couchés dans le lit, nus, nous nous fixons en silence. Le bleu sur le doré.

« Tu es fatigué ? » demande Kurt doucement.

« Non »

« Qu'est-ce que tu veux faire ? »

« Discuter »

« D'accord » sourit-il, « de quoi ? »

« De toi »

« Comme ? »

« Quel est ton morceau préféré au piano ? »

« En ce moment, Clair de Lune de Debussy »

« Ça ne m'étonne pas. Il est triste. Tu dois le jouer à la perfection. Enfin, tu sembles tout réussir de toute manière »

« Tu es ma plus grande réussite Blaine »

Kurt me sourit affectueusement et grandement. Je lui rends son sourire.

« Le numéro 10 »

« 10 ? »

« Euh… C'est bien le nombre d'hommes avec qui tu as couché, non ? »

« Pas vraiment non »

Je fronce les sourcils sans comprendre.

« Les neuf sont ceux qui sont venus dans ma salle de jeux. J'ai couché avec plus d'hommes »

« Oh ! Et combien ? »

« Je ne sais pas… Tu veux être choqué ? »

Je souris devant son air enjoué. J'acquiesce.

« A New York, il a plein d'endroits où tu peux trouver des personnes prêtes à te former à mon mode de vie »

Je le regarde, abasourdi.

« Wow… Tu… »

« Ouais, j'ai payé Blaine »

« Tu as gagné, je suis plus que choqué là. Je suis déçu de ne pas pouvoir te rendre la pareille »

« Oh mais tu l'as fait ! »

« Ah bon ? »

« Oui. Tu as gardé le nœud papillon rouge »

« Tu étais choqué ? »

« Oui. Tu es venu chez mon père sans boxer »

« Ça t'a choqué aussi ? On dirait qu'il n'y a qu'au rayon prêt-à-porter que je peux heurter ta sensibilité »

Il glousse.

« Oui. Tu m'as annoncé que tu étais puceau. J'étais vraiment sur le cul »

« Tu aurais dû voir ta tête… » riais-je.

« Tu m'as laissé utiliser le martinet sur toi »

« Hmm… Peut-être que tu pourras recommencer »

« J'ai hâte Blainey. Ce weekend ? »

« C'est d'accord »

« Vraiment ? »

« Oui. On retournera dans ta chambre de torture moderne »

Il sourit grandement.

« Je veux te montrer quelque chose demain »

Ses yeux pétillent de joie.

« Quoi ? »

« C'est une surprise. Pour toi »

J'essaye de retenir un bâillement, sans succès.

« Dors. Tu es fatigué mon bébé »

Il m'embrasse tendrement et éteint la lumière. Il me serre contre lui par derrière, sa tête nichée dans mon cou. Malgré tout ce que j'ai appris sur lui aujourd'hui, je ne me suis jamais senti aussi heureux que maintenant. Je bascule dans le sommeil, enveloppé dans les bras de l'homme que j'aime.

Et voilà, pour ce chapitre.

C'est le plus long que j'ai écrit jusqu'à maintenant :) (j'ai l'impression que je dis ça à chaque nouveau chapitre mais c'est pas grave…)

J'espère qu'il vous aura plu, n'hésitez à me laisser votre avis dans une review. Ou en PM. Ou sur Twitter (mon pseudo est le même qu'ici : Klaiindy)

Merci de m'avoir lue :)

Bisous, bisous.

Cindy :)