HELLOOOO EVERYBODY !

Et oui, voilà le chapitre 24, c'est fou non ? Le nombre de lecture du chapitre précédent n'est pas énorme mais je ne me démoralise pas, les lecteurs fidèles méritent amplement que je continue :) mon instant Calimero est terminé, place aux réponses des reviews )

Merci à justmoi59, Klaineuse, Clairegleek78, LePinguAmoureux, Anderverysue, AnnaKlaineuse, Licorne-Klaine.

Justmoi59 : bien sûr. Il ne POUVAIT pas rester à NY ) Blainey c'est le meilleur, aucun doute là-dessus :)

Klaineuse : wow c'est super gentil ça :) moi aussi j'aime vraiment ça, c'est agréable. Vraiment. C'est normal, c'est le moins que je puisse faire. Après tout si je n'avais pas de reviews encourageantes, comme les tiennes par exemple, je n'aurais jamais été aussi loin dans l'histoire. Donc merci à toi :) Exactement. Je pense que leur conversation a montré que Kurt tenait un minimum à B. Ben en fait, Kurt en bon harceleur, devait venir à LA. Ça n'aurait pas été juste de le laisser à NY :) Le Klaine c'est la vie ! (D'ailleurs tu as vu que le show recherchait des doublures pour les rôles de K & B seulement ? MAIS QU'EST-CE QU'ILS VONT LEUR FAIRE ?!) Wow, sérieusement ? Tu les relis plusieurs fois ? C'est... :O Merci, je n'ai pas de mots ! Tu es vraiment ma plus grande fan alors :') je fais tout pour donner le meilleur, toujours et c'est vraiment bien de voir que le temps que j'y passe n'est pas vain :) oui moi aussi, c'est génial de rencontrer des gens adorables comme toi grâce à ce site mais aussi à Klaine. Encore merci et gros bisous :)

Clairegleek78 : tant mieux alors :) parfaite ? Wow, merci, c'est vraiment génial. Je n'arrive toujours pas à croire que ce que j'écris plaise. Manque-de-confiance-en-moi est mon deuxième prénom :) c'est vrai, ce chapitre était un tournant dans leur relation. Blaine est plus comme dans ces mails en fait :) c'est sûr parce que Kurt est franchement *-* *bave* hihi ça vient ne t'inquiète pas :) S'envoyer en l'air… Choix de mots intéressant… tu comprendras pourquoi je dis ça en lisant le chapitre ) j'aime tes théories :)

LePinguAmoureux : hey ! Déjà merci :) Oui je vais essayer d'enchaîner directement ou si ce n'est pas tout de suite, il n'y aura qu'une semaine d'attente entre. Je ne sais pas si je vais les faire changer de rôle mais le moment où Blaine va prendre le contrôle de Kurt va venir. Il va lui faire l'amour à son tour mais il faut que Kurt s'ouvre à lui avant. Ouais je vais écrire des petits passages pétage de câble de B parce que K le mérite vraiment des fois. Ça me fait bizarre qu'on me dise que la relation Cooper/Blaine est louche. J'ai quasiment la même avec mon frère et je ne pense pas qu'on soit louche mais bon… Blaine va rencontrer Seb :) il va aussi avouer à Kurt ce qu'il ressent. Je publie tous les vendredis et si je ne peux pas je préviens avant. A bientôt, j'espère :)

Anderverysue : oui c'est vrai, il marque un tournant dans leur relation. Eh ben moi non plus :) non tu ne te trompes pas. Je ne sais pas combien de chapitres il va y avoir mais ce rythme, peut-être lent pour certain, me plaît et je me sens à l'aise donc… Wow, c'est super touchant pour moi que tu dises ça :') IL VAINCRA ! Exactement. Bien sûr, c'était obligatoire qu'il vienne :) ta review est géniale, merci :')

AnnaKlaineuse : ouais si je l'écoutais, je n'aurais pas de vie sociale :) c'est adorable :')

Licorne-Klaine : à la base, moi non plus je n'aime pas vraiment le Kurtbastian mais je ne voyais que Seb assez diabolique ici :) je l'aodre aussi le beau Cooper ) non j'aime qu'on me pose des questions, ça prouve que tu t'intéresses à l'histoire :) ça ne me gêne absolument pas :) oui, ce ne sera pas Paul mais oui, Kurt va être jaloux et ce n'est pas très beau à voir… Je n'en dis pas plus :X gros bisous.

Merci à tous ceux qui lisent mais qui ne commentent pas.

Sur ce, bon chapitre.

ENJOY !

Chapitre 24

Je suis dans une cage. Kurt me regarde à travers les barreaux en fer forgé noirs. Il est torse nu et il porte seulement son vieux jean abîmé de la chambre de torture. Son visage arbore un sourire pervers et ses yeux sont bleus foncés presque noirs. Il tient un bol de fraises entre les mains. En me fixant toujours, il en prend une et me la tend à travers les barreaux de la cage.

« Ouvre la bouche et mange-la » susurre-t-il sensuellement.

J'essaye de m'approcher mais je ne peux pas. Je baisse la tête et je vois mes poignets et mes chevilles attachés à la cage. Je ne l'avais même pas remarqué jusqu'à maintenant.

« Croque-la »

Un sourire sexy ourle ses lèvres.

Je tente de me libérer de ces liens. Je tire de toutes mes forces dessus. J'ai envie de pleurer, de crier de frustration mais rien. Je ne peux rien dire ou faire. Kurt tend le bras un peu plus vers moi et je peux sentir le fruit ses mes lèvres.

« Mange Blaine »

Mon prénom sonne vraiment très bien dans sa bouche. Il prend son temps pour le prononcer, comme pour le savourer.

J'ouvre la bouche pour croquer dans le fruit et, comme par magie, il n'y a plus de cage ni de liens pour me retenir. J'avance une main vers le torse de Kurt pour le caresser.

« Blaine »

Son corps s'éloigne. Non, non, non.

« Bébé »

Mais non, reviens ! Je veux pouvoir sentir ta peau.

« Allez, réveille-toi »

Non… Mes yeux s'ouvrent et se referment rapidement. Je suis allongé dans un lit et quelqu'un embrasse mon cou.

« Réveille-toi bébé » chuchote-t-il.

Sa voix est douce comme une caresse et son odeur de caramel m'envahit le nez. J'ouvre à nouveau les yeux. Il fait noir. Je suis troublé. Kurt me regarde affectueusement et l'image de lui dans mon rêve me revient. Tellement sexy et inaccessible.

« Mmh… Non, veux dormir »

Je referme les yeux et tente de me rendormir pour retourner dans le rêve pour toucher Kurt. Pourquoi est-ce qu'il me réveille en pleine nuit ? Une subite envie de baiser ?

« Lève-toi bébé. Attention je vais allumer »

« Non » gémis-je.

« Je veux aller chatouiller le Soleil avec toi » murmure-t-il en déposant de légers baisers sur mes joues, mes yeux, mon nez puis ma bouche.

Mes paupières se soulèvent. La lampe de la table de nuit est allumée.

« Bonjour beau bébé »

La lumière m'aveugle, mes yeux me piquent. Kurt a le visage très proche du mien. Il sourit, amusé. Il est déjà habillé. Pourquoi diable est-il habillé en pleine nuit ?

« Ah, je croyais que tu avais encore envie de baiser »

« Blaine, je veux te baiser à longueur de journée. Tout le temps. Je suis ravi d'apprendre que toi aussi » répond-il d'un ton railleur.

Je le regarde et voit qu'il sourit toujours. Ouf… J'ai cru qu'il avait encore changé d'humeur en cinq secondes.

« Bien sûr. Mais quand même pas aussi tard »

« Il n'est pas tard bébé, il est très tôt. Allez lève-toi, on doit partir. Et pour la baise, on se rattrapera, fais-moi confiance »

« Mon rêve était tellement bien… »

« Il se passait quoi ? » me questionne-t-il calmement.

« Tu y étais »

« Oh et qu'est-ce que je faisais cette fois ? »

« Tu me donnais à manger. Des fraises »

Il affiche un sourire en coin.

« Je suis sûr que le Docteur Schuester a une tonne de théorie sur la signification de ce rêve. Va t'habiller. On prendra une douche en revenant »

Je me redresse et balance les jambes hors du lit. Je me retrouve nu, le drap ayant glissé dans le mouvement. Kurt s'éloigne pour me laisser bouger. Il me détaille avec les yeux soudainement assombris.

« Quelle heure il est ? » demandais-je en ignorant la gêne sous son regard.

« 5h30 »

« Pff j'ai l'impression de ne pas avoir dormi »

« J'ai repoussé ton réveil le plus possible. Va t'habiller maintenant »

« Tu es sûr que je ne peux pas me doucher ? »

Il soupire.

« Blaine, si tu vas te doucher maintenant, je vais avoir envie de te rejoindre. Tu sais ce qui va alors se passer et tu sais aussi qu'on n'en sortira pas de la journée. Allez, dépêche-toi ! »

Il est excité comme un gosse.

« Tu m'emmènes où ? »

« Tu verras. C'est une surprise »

Je souris. J'adore le voir comme ça.

« Bon d'accord »

Je me lève et trouve des habits posés sur la commode. Il y a un polo vert, un jean foncé ainsi qu'un boxer Calvin Klein gris. Quand je le mets, je sens le regard pesant de Kurt sur moi. Les images de mon rêve reviennent à mon esprit. Pourquoi avoir rêvé d'une cage ? C'est assez bizarre en fait. Je crois que l'esprit pervers de Kurt me déteint dessus. Peut-être qu'une consultation chez le Docteur Schuester ne serait pas du luxe… En revanche, j'ai toujours trouvé que les fraises pouvaient apporter un petit truc en plus. Pourvu que les nuances de folie de Kurt ne m'atteignent pas sinon c'est Freud qu'il faudra pour nous sauver.

« Bon je te laisse te préparer »

Il s'éclipse dans le salon. Je passe dans la salle de bains. Après à peine dix minutes, je rejoins Kurt. Je me sens plus frais et plus réveillé. Je me suis passé de l'eau sur le visage et je me suis coiffé. J'ai enfilé les habits qui me vont parfaitement. Je ne sais pas comment il fait d'ailleurs. Il est en train de manger quand j'entre dans le salon. Mon ventre se retourne en le voyant avaler des œufs.

« Mange Blaine » ordonne-t-il.

Non, il ne peut pas dire ces mots. Je le revois me tendre une fraise avec ses doigts. Ses doigts si habiles…

« Blaine »

Son ton impatient et sérieux me ramène à la réalité. Il n'est même pas 6 heures, je ne veux pas manger. Comment lui dire sans qu'il s'énerve ?

« Je prends juste un café. On s'arrêtera plus tard pour manger quelque chose si tu veux »

Il me fixe, incertain. Je lui souris timidement en retour.

« Ne discute pas à ce sujet Blaine » me reprend-il doucement.

« Mon estomac dort toujours. Je mangerai quelque chose vers 8 heures, ok ? »

« Mmh… Ok » grommelle-t-il.

Je ne m'en suis pas trop mal tiré… Il peut être vraiment pénible avec ses caprices.

« Je me retiens de lever les yeux au ciel »

« Oh mais ne te retiens pas. J'en serai très heureux »

« Peut-être qu'une bonne fessée me réveillerait pour de bon »

Je mets mon menton dans ma main et me mord délibérément la lèvre inférieure en signe de réflexion.

« Mais je ne veux pas te donner encore plus chaud, surtout avec le climat californien »

Je penche la tête sur mon épaule comme il le fait et attends sa réaction. Il essaye de paraître offensé mais ses yeux brillants d'espièglerie braqués sur ma bouche le compromettent.

« Ton insolence te perdra Blaine. Arrête avec cette lèvre et bois ton café » dit-il en souriant et en secouant la tête.

Je prends ma tasse et remarque que c'est un cappuccino.

Il lui arrive d'être attentionné avec toi, tu vois.

Je relève les yeux vers lui. Il est vraiment beau ce matin. Arriverai-je un jour à me lasser de lui ?

OoOoOoOoO

Nous quittons la chambre et Kurt me tend un sweat à capuche.

« Prends-le, tu en auras besoin »

Je le regarde en fronçant les sourcils.

« Vas-y, prends-le »

Je le mets. Il sourit et dépose un rapide baiser sur mes lèvres puis attrape ma main.

A l'extérieur, il fait assez frais. Je suis contente de porter son sweat. Un voiturier donne les clés d'une voiture décapotable à Kurt. Je le regarde bouche bée et les yeux grands ouverts. Il glousse.

« Des fois, c'est pratique d'être moi » dit-il, comploteur, en se penchant vers moi.

Je réponds à son rire. Il est adorable quand il est joueur et joyeux comme ça. Il ouvre ma portière et me fait une sorte de révérence pour m'inviter à entrer. Je monte dans la voiture. Il a l'air vraiment heureux.

« Où va-t-on Monsieur Hummel ? »

« Tu verras »

Kurt allume le GPS, il prend la direction de la Santa Ana Freeway, place son portable sur la station d'accueil et met de la musique en appuyant sur un bouton du volant. Une mélodie que je connais démarre.

« Je connais cet air mais je n'arrive pas à me rappeler ce que c'est »

« Il est tiré du ballet de Tchaïkovski »

« Oh mais oui ! Le lac des cygnes »

Kurt hoche la tête.

« Oui c'est ça »

« J'adorerais le voir. Les gens pensent que je suis ringard quand je dis ça… »

« Pas moi » me coupe Kurt, « les belles choses méritent qu'on les apprécie. Je t'emmènerai le voir si tu veux »

« Ce serait génial, merci »

Il me regarde et caresse ma joue. La musique prend fin au même instant.

« Mets ce que tu veux. Regarde mes playlists »

Il touche l'écran de son portable pour que je puisse voir les musiques qui s'y trouvent.

Je me suis toujours dit que les playlists des gens pouvaient nous en apprendre beaucoup sur eux. Donc voir celles de Kurt me plaît pas mal. Je fais glisser les morceaux et clique sur celui qui me semble le plus approprié. Si on m'avait dit que Kurt Hummel avait du Britney dans son portable, je ne l'aurais jamais cru. Kurt se tourne vers moi et explose de rire.

« I'm a slave 4 U ? Sérieusement ? » dit-il entre deux rires.

Je fronce les sourcils comme si je ne comprenais pas.

« Cette chanson est super. Je ne sais pas pourquoi tu ris »

Il se calme et baisse le volume.

« Pour ma défense, ce n'est pas moi qui l'ai mise sur mon portable » dit-il, détaché.

Il appuie sur l'accélérateur et je suis plaqué contre mon siège. Mon ventre se tord. Qui l'a mise ? Qui ? Qui ? Je regarde dehors où le paysage défile à vive allure alors que Britney cesse de chanter. La playlist étant en mode aléatoire, la voix de Freddie Mercury s'élève. Qui l'a mise ?

« C'est Elliott » dit Kurt comme s'il avait un accès direct sur mes pensées.

« Elliott ? »

« Un ex »

La voix de David Bowie a rejoint celle de Freddie. Mon cœur s'est arrêté. Un ex… Comme ex-soumis ?

« L'un des neuf ? »

« Oui »

« Pourquoi « ex » ? »

« J'ai mis fin au contrat »

« Pourquoi ? »

Il est vraiment trop tôt pour parler de ce genre de choses. Mais Kurt semble bien, de bonne humeur et surtout il semble vouloir discuter.

« Il en voulait plus »

Un blanc suit cette révélation. Plus… Ce petit mot qui implique tant de choses.

« Et toi non ? »

Tu devrais penser à investir dans un filtre à placer entre ton cerveau et ta bouche. Ça pourrait servir…

Je ne suis pas sûr de vouloir connaître sa réponse.

« Je n'ai jamais voulu « plus » avant toi Blaine » dit-il doucement.

Oh ! Lui aussi, il veut aller plus loin… J'essaye de retenir le sourire fier qui détend ma bouche.

« Et les huit autres ? »

Journée révélation : profitez-en tous !

« Tu veux un récapitulatif ? Détruit, disparu, décédé ? »

Je pouffe de rire.

« La règle des 3D d'un maniaque du contrôle »

« Même les maniaques ont des règles tu vois ? » sourit-il en répondant à ma plaisanterie, « je n'ai eu de longues relations qu'avec deux hommes à part Sebastian » ajoute-t-il plus sérieusement.

Sebastian… Je suis sûr qu'il est magnifique en plus. Je crois que c'est ça qui me déprime le plus là-dedans.

Oublie ça, oublie-le !

« Et que sont devenus les deux alors ? »

« La curiosité est un vilain défaut Blaine » me réprimande-t-il, joueur.

« Parce que toi tu n'es pas curieux peut-être ? Du genre, « tes résultats d'analyses sont négatifs ? » »

« C'est important pour moi Blaine »

« Vraiment ? »

« Bien sûr enfin ! »

« Pourquoi ? »

« Parce que je ne voudrais pour rien au monde que tu sois malade »

Je ne réponds rien. Il veut vraiment que je sois en bonne santé ou il veut seulement que le sexe soit meilleur ? J'évite de lui poser la question pour ne pas ruiner l'ambiance. Il a l'air près à me dire beaucoup de choses en plus. Peut-être que les réveils très matinaux lui plaisent. Ou bien c'est l'air de la Californie qui lui fait du bien. Je continue mon inquisition en posant une question :

« Alors, qu'est-ce qu'ils sont devenus les deux ? »

« L'un a trouvé quelqu'un et l'autre en voulait… plus. Et je n'étais pas intéressé avant »

« Et les autres ? »

Il me jette un bref regard et répond :

« On n'était pas compatible, tout simplement »

Hmm… Pour le moment, j'ai assez d'informations à décortiquer. Je regarde le ciel au loin : il est rose foncé, presque violet. Le Soleil se lève tout doucement.

« Où va-ton ? »

Je sais qu'on a pris la direction du Sud mais rien de plus.

« Dans un aérodrome »

Je sens la peur monter en moi.

« Tu me ramènes à New York ? »

Je veux rester encore avec mon frère moi. En plus, Kurt est invité à dîner ce soir. Il lâche un rire moqueur.

« Mais non, ne panique pas Blaine. Je vais t'initier à ma deuxième passion »

« Deuxième ? »

« Mmh, mmh » fait-il en hochant la tête, « je t'ai déjà initié à la première »

Je regarde son beau visage en essayant de comprendre ce qu'il dit.

« Me livrer à toi Blaine. Dans tous les sens du terme »

Oh ! Il parle de ça. Je sens mes joues devenir rouges.

« Moi aussi, c'est mon passe-temps préféré »

« Content de l'apprendre » sourit-il.

« Donc, l'aérodrome ? »

« On va faire du planeur »

Il se tourne vers moi, les yeux brillants d'excitation.

« On va aller chatouiller le Soleil Blainey »

Il me sourit affectueusement avant de tourner à gauche en suivant les instructions du GPS. L'endroit ressemble à une zone industrielle : il y a plein d'entrepôts en métal. Kurt se gare devant le seul bâtiment en béton. Sur la façade est inscrit : FULLERTON MUNICIPAL AIRPORT. Il coupe le contact.

« Tu es prêt ? »

« Oui »

« Tu veux t'envoyer en l'air avec moi ? »

« Plutôt deux fois qu'une ! »

Il glousse face à mon entrain et m'embrasse doucement.

« Une nouvelle première fois bébé » dit en quittant la voiture.

Première fois ? Comment ça première fois ? C'est la première fois qu'il va prendre les commandes d'un planeur ? Je suis beaucoup moins sûr de vouloir monter maintenant. Mais non… Il vient de me dire que c'était l'une de ses passions… Je me calme un peu. Il fait le tour de la voiture et vient m'ouvrir ma portière. Les nuages commencent à envahir le ciel bleu clair. Le jour s'est levé.

Kurt prend ma main et contourne le bâtiment pour rejoindre l'arrière où plusieurs petits avions sont sur la piste. Il y a un homme aux cheveux très courts blonds qui nous attend. Joey est aussi là. On dirait que Kurt ne peut pas se séparer de lui. Il l'accompagne partout. Je lui souris chaleureusement et il me répond.

« Monsieur Hummel, voici Jim Gandee. Il sera votre pilote remorqueur aujourd'hui » annonce Joey.

Kurt salue Jim et lui pose des questions pointilleuses, auxquelles je ne comprends pas grand-chose, sur la pression de l'air et sur la direction du vent.

« Bonjour Joey »

« Monsieur Anderson » me répond-il avec un signe de tête.

Je dois avoir une expression bizarre car il se reprend :

« Blaine. Je suis ravi que l'on soit ici finalement. Kurt était insupportable ces quelques jours sans vous » me chuchote-t-il discrètement.

Tiens, j'en apprends encore aujourd'hui.

C'est la journée « racontons nos petits secrets embarrassants » ou quoi ?!

Je pense qu'il y a vraiment un truc, du genre sérum de vérité, à Los Angeles. Tout le monde se met à parler, c'est dingue !

« Tu viens Blaine ? » m'interpelle Kurt en me tendant la main.

« A plus tard Joey » dis-je timidement.

Il me fait un signe de la main et part vers l'avant du bâtiment.

« Monsieur Gandee, Blaine Anderson. Un ami »

Je serre la main qu'il me tend.

« Ravi de vous rencontrer »

« Moi de même »

Je détecte un léger accent anglais quand il parle.

Je prends la main de Kurt et c'est seulement à cet instant que je réalise ce que je m'apprête à faire : je vais faire du planeur… Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Nous nous dirigeons vers la piste de décollage. D'après ce que je comprends de la discussion entre Kurt et Jim, le planeur que nous allons utiliser est un Blanik L-23 et Jim nous remorquera avec un Pilatus Porter. Apparemment, il fait ce travail depuis cinq ans. Kurt a l'air passionné par ce sujet, il est beau à voir.

Le planeur est long et plus fin que ce que je m'étais imaginé. Il est orange avec des lignes noires. Un petit dôme de plastique recouvre deux sièges, l'un derrière l'autre. Un câble relie le planeur à un avion à hélice blanc. Jim relève le dôme de protection afin que nous nous installions.

« Avant tout, vous devez vous équiper d'un parachute »

Parachute ?! Non, ne pas paniquer…

« Je vais le faire » dit Kurt en prenant le harnais des mains de Jim.

Il lui sourit aimablement.

« Très bien. Je vais m'occuper du ballast alors » dit Gandee en s'éloignant.

« C'est quoi ballast ? » demandais-je à Kurt.

« C'est un dispositif qui sert à alourdir le planeur pour créer une meilleure prise au vent » répond-il patiemment.

« Tu passes ton temps à m'attacher on dirait »

« Et ça me plaît à un point inimaginable Blaine. Passe tes jambes entre les passants »

Je m'exécute et perd équilibre. Je me rattrape à Kurt en posant mes mains au niveau de ses côtes. Je crains sa réaction en sachant qu'il déteste être touché ici. Il s'immobilise et se tend immédiatement. Il ne s'écarte pas cependant. Une fois le harnais passé au niveau de mes jambes, Kurt remonte le reste de l'équipement et le place sur mes bras. Il resserre habilement les sangles.

« Voilà, ta tenue est acceptable maintenant » dit-il gentiment, les yeux brillants, « grimpe ! »

Kurt l'autoritaire est de retour !

Je me dirige vers le siège arrière mais Kurt m'interrompt :

« Non, grimpe devant. C'est la place du pilote derrière »

« Tu ne vas rien voir… »

« Oh si, ne t'inquiète pas pour moi » dit-il en affichant son sourire en coin si sexy.

Il a l'air d'un gamin qui s'apprête à jouer avec son jouet préféré.

Je m'installe donc dans le siège avant. Kurt vient vers moi pour m'attacher correctement. Il boucle les sangles au niveau de mon ventre et les serre. Il les vérifie chacune deux fois.

« Je suis chanceux aujourd'hui, j'ai pu t'attacher deux fois » murmure-t-il avant de poser rapidement ses lèvres sur les miennes, « le vol ne sera pas long. Trente minutes tout au plus. Ce n'est pas l'heure idéale niveau atmosphère mais le ciel est superbe. Tu n'es pas trop stressé, ça va ? »

Je lui offre un grand sourire.

« Non, je suis impatient en fait »

Non mais quelle connerie ! Tu es à la limite de te pisser dessus !

« Génial ! »

Il caresse ma joue du bout des doigts, dépose un baiser sur mon front et disparaît de mon champ de vision. Je l'entends bouger derrière moi. Je ne peux pas me retourner parce qu'en bon maniaque du contrôle qu'il est, il a serré les sangles vraiment fort.

J'inspecte alors ce qu'il y a devant moi. Un tableau avec tout un tas de cadrans et de boutons surplombe une espèce de manches à balai. Je vais éviter de tripoter ces trucs, on ne sait jamais…

Jim Gandee revient en souriant. Il fait le tour de l'appareil puis vient vers moi et vérifie mes sangles.

« Vous n'en avez jamais fait ? » demande-t-il gentiment.

« Non jamais »

« Vous verrez, c'est magnifique »

« Je n'en doute pas Monsieur Gandee »

« Appelez-moi Jim »

Il va vers Kurt.

« Vous êtes prêt ? »

« Oui, c'est bon »

Je suis bien content de n'avoir pris qu'un café pour le petit-déjeuner. La nourriture mélangée à l'appréhension et la peur n'auraient pas arrangé ma situation. Je mets littéralement ma vie entre les mains de mon superbe maniaque. Encore. Jim abaisse le dôme de plastique au-dessus de nos têtes et monte dans son avion.

Je vois l'hélice du Pilatus tourner et mon ventre se tord un peu plus.

C'est trop tard pour faire demi-tour maintenant.

L'avion de Jim commence à rouler sur la piste et dans un soubresaut, le planeur est tiré en avant. On y est. Le Pilatus prend de la vitesse et nous aussi. Des secousses nous font bouger dans tous les sens. Bon, quand est-ce qu'on décolle ? D'un coup, je sens mon estomac rester au sol alors que mon corps s'élève. Ça y est, on vole !

« Et c'est parti mon bébé » crie Kurt.

Plus rien n'existe à part nous. On entend seulement le bruit du moteur du Pilatus et le vent qui siffle autour de nous.

Je serre de toutes mes forces les rebords de mon siège. Mes mains me font mal mais peu importe. Le Soleil est derrière nous alors que nous survolons les terres, les maisons, les routes.

Putain, c'est vraiment cool. Le magnifique ciel nous domine : Paul m'a déjà parlé de ce moment de la journée que les photographes chérissent car la lumière y est unique.

Ah oui, il faut que je demande à Kurt de m'accompagner à l'expo de Sam en sachant que Paul sera là. Non, je ne dois pas penser à ça maintenant. Je dois seulement profiter de l'instant présent avec l'homme que j'aime.

Plus nous prenons de l'altitude et plus mes oreilles se bouchent. Les maisons deviennent de plus en plus petites. Le calme nous enveloppe. Je comprends mieux pourquoi Kurt adore ça : il est loin de toutes ses responsabilités, de son passé et de ses ennuis.

La voix de Jim résonne dans la cabine dans un grésillement. Il nous dit que nous nous trouvons à 900 mètres d'altitude. Wow… C'est vraiment haut. Tout est minuscule d'ici.

« Vous pouvez lâcher » annonce Kurt.

En un clin d'œil, l'avion de Jim quitte le paysage et la sensation d'être tractés prend fin. Nous sommes libres dans le ciel de la Californie. C'est fantastique. Le planeur pivote et on se retrouve face au Soleil. La vue est superbe. Icare… Je ne risque pas de me brûler les ailes, mon Soleil personnel pilote cet avion.

Oh mon Dieu, donnez-moi un sac pour vomir. Cette niaiserie me rend malade.

« Tiens-toi bien » crie Kurt.

L'avion pique du nez, je ferme les yeux. Quand je les rouvre, j'ai la tête en bas. J'hurle de peur et essaye de gigoter pour m'accrocher à quelque chose. J'entends Kurt rigoler derrière moi. Le salaud ! Son rire est communicatif donc je ris aussi alors qu'il remet l'avion dans le bon sens.

« Je suis bien content d'avoir le ventre vide »

« C'est vrai, c'était une bonne idée finalement. Attention, je vais recommencer ! »

Le planeur fait à nouveau un demi-tour sur lui-même. Je ne crie pas cette fois mais rit comme un fou. Il le remet droit.

« C'est beau, tu ne trouves pas ? »

« Si » répondis-je.

Aucun de nous deux ne prononce un mot, profitant seulement de la beauté de la lumière matinale. Tout est parfait.

« Tu vois le levier entre tes pieds ? » me demande-t-il.

Il parle du manche à balai ? J'en fais quoi de ce truc ?

« Pose tes mains dessus »

Il veut que je pilote le planeur ?! Non, non, non.

Il n'a pas peur…

« Vas-y Blaine, prends-le »

Je pose une main incertaine dessus. Dès que je le touche, je sens l'avion tanguer. Putain, on va s'écraser s'il ne m'aide pas !

« Tiens-le fermement. Regarde le gros cadran au milieu du tableau. L'aiguille doit rester droite et orientée vers le haut »

L'adrénaline envahit mes veines, mon cœur bat la chamade. Je nous fais voler ! Je dirige un planeur !

« Bravo mon beau bébé » me félicite Kurt, enthousiaste.

« Je suis plutôt étonné que tu me laisses le contrôle »

« Et encore ce n'est rien. Je serais prêt à beaucoup de choses avec toi Blaine. Bon je reprends le pilotage maintenant »

Je lâche le manche à balai. L'avion pique du nez avant que Kurt ne le redresse. On perd de l'altitude très vite et mes oreilles se bouchent à nouveau. Kurt parle à la tour de contrôle mais je ne comprends rien à ce qu'il dit. Les maisons, l'aérodrome et la piste d'atterrissage deviennent de plus en plus nets. Le planeur décrit de grands cercles alors que nous approchons du sol.

« Attention bébé, ça peut être brutal »

L'avion descend et soudainement, on est à terre. Des grosses secousses me font vibrer jusqu'à ce que le planeur s'arrête dans l'herbe et penche vers la gauche. Kurt ouvre le capot de plastique et je prends une inspiration tremblante.

« Comment tu as trouvé ça ? Tu as aimé ? » me questionne Kurt en me détachant, ses beaux yeux bleus plus pétillants que jamais.

« Oui c'était époustouflant. Merci »

« Est-ce que c'était… plus ? » demande-t-il, presque timidement.

« Oui. Beaucoup plus »

« Génial. Allez, sors » dit-il en souriant et en me prenant par la main.

Je descends de la cabine mais mes jambes sont flageolantes et je manque de tomber.

« Hey doucement bébé » chuchote Kurt.

Il me retient et me serre fortement contre son torse. Il glisse une main dans mes cheveux à la base de ma nuque et descend la seconde dans le creux de mes reins. Il passe sa langue sur ma lèvre inférieure et j'ouvre la bouche pour lui en donner l'accès. Nos langues se caressent longuement, doucement, sensuellement, ardemment. Nos respirations deviennent irrégulières et je sens l'érection, vraiment imposante, de Kurt contre le bas de mon ventre. N'importe qui peut arriver mais on s'en fout. Je place mes mains dans ses cheveux pour que jamais ne cesse ce baiser. Je veux qu'il me prenne là, sur le sol, durement. Il s'éloigne de moi et me déshabille avec ses yeux assombris remplis de désir et de luxure. Putain, il est tellement sexy !

« On va le prendre ce petit-déjeuner ? » murmure-t-il en essayant de calmer son souffle.

Je déglutis difficilement. Comment cette proposition peut sonner comme un appel à la débauche dans sa bouche ? Comment des pancakes et du bacon peuvent paraître aussi attrayants ? Il est vraiment doué.

« Et l'avion ? »

« Quelqu'un va venir le récupérer. Allons manger »

Manger. Toujours manger. Je veux le bouffer lui, pas le petit-déj.

« Tu viens ? » dit-il en souriant.

Il est adorable et magnifique quand il est insouciant comme ça.

Nous nous dirigeons vers le parking, nos doigts enlacés. Je ne peux pas m'empêcher de le regarder et de sourire comme un idiot. Ce moment était magique et la journée s'annonce parfaite.

Dans la voiture, alors que Kurt met le contact, mon portable émet un son, signe qu'un nouveau mail vient d'arriver.

« Qu'est-ce que c'est ? » demande Kurt en regardant furtivement mon écran.

« Oh c'est le compte-rendu de mes analyses sanguines. Le Docteur Fabray m'avait dit qu'elle me les enverrait. Elles sont bel et bien négatives » dis-je en consultant le document.

« Génial. J'ai horreur des capotes » grogne-t-il avec une moue sur les lèvres.

Je rougis comme une vierge effarouchée. Je change rapidement de sujet.

« J'ai trouvé ça gentil que tu me présentes comme ton ami à Jim »

« C'est ce que tu es, n'est-ce pas ? »

« Je ne sais pas. Je pensais que tu me considérais plutôt comme ton Soumis. Et seulement comme tel »

« Je te veux comme Soumis Blaine, c'est vrai. Mais j'en veux plus, moi aussi »

Oh putain, il se peut que j'arrive à avoir ce que je veux de lui finalement. Une boule de joie et d'espoir enserre ma gorge.

« Merci. Ça me fait plaisir, tu ne sais pas à quel point »

« Tes désirs seront satisfaits Blaine » dit-il avec amusement.

La voiture s'arrête devant un Starbucks.

« On va prendre notre petit-déjeuner dans un Starbucks ? »

« Euh oui, pourquoi ? On peut aller ailleurs si ça ne te plaît pas »

« Non, ce n'est pas ça. Seulement, c'est tellement commun alors que tu es tout l'inverse de « commun ». Je ne t'aurais jamais imaginé dans un Starbucks »

Je me retiens de rire même s'il sourit en secouant la tête alors que nous entrons dans le café.

Malgré l'heure matinale, l'endroit est déjà empli de monde. La forte odeur de café nous frappe dès que nous passons la porte. C'est chaleureux et agréable. Nous nous installons dans la file d'attente.

« C'est assez étonnant de te voir dans un endroit comme celui-là »

« Après la mort de ma mère, chaque samedi matin, mon père m'emmenait dans des endroits comme ça pour prendre notre petit-déjeuner. C'étaient mes moments préférés »

Je lui fais un sourire rassurant et noue mes doigts aux siens. Il me sourit et tourne la tête devant lui. Il ne dit rien pendant un moment.

« Hmm, c'est bon, je sais de quoi j'ai envie » dit-il d'une voix chaude et sexy.

Je lève les yeux vers les siens et les muscles de mon bas-ventre se tordent : il a ce regard qui me ferait m'enflammer sur place. J'avale ma salive lentement mais je ne lâche pas ses yeux.

« J'ai envie de la même chose que toi »

Il inspire fortement.

« Là ? Devant tout le monde ? » demande-t-il avec une voix plus rauque et basse que d'ordinaire.

Ses yeux brûlent d'envie et il passe lentement sa langue sur ses lèvres.

Putain… Il veut me baiser au milieu d'un Starbucks bondé ?! Son regard devient plus sombre quand il tombe sur ma bouche.

« Blaine… Lâche cette lèvre » souffle-t-il, « ce n'est ni l'endroit ni le moment »

Son visage affiche son air de Dominant autoritaire effrayant et dur mais vraiment excitant.

« Ne me chauffe pas alors que tu sais que je ne peux pas te faire ce que je voudrais »

« Bonjour, bienvenue à Starbucks, avez-vous fait… votre… c-choix ? » bégaye la serveuse.

Je relève la tête vers elle, Caroline d'après son badge. Je n'avais même pas remarqué qu'on était déjà arrivé au comptoir. Cette fille rousse est rouge comme une pivoine et a les yeux verrouillés sur Kurt. La pauvre… Je sais comment on se sent dans cette situation. Au moins, la détresse de Caroline m'a permis de m'échapper du regard de mon maniaque.

« Blaine ? » demande-t-il sans un regard pour la serveuse.

Mon prénom est tellement sensuel sur ses lèvres. Je respire profondément pour ne pas prendre la disgracieuse teinte tomate.

« J'ai envie de la même chose que toi, je t'ai dit… »

Ma voix est très basse. Kurt me fixe et me baise du regard.

Oh… Moi aussi je peux le taquiner comme ça alors…

Caroline nous regarde tour à tout : Kurt, moi, Kurt. Elle devient de plus en plus écarlate.

« V-Vous avez besoin d'un peu plus de temps p-pour choisir ? »

« Non. On sait ce qu'on veut » dit Kurt avec un sourire coquin, « on prendra deux muffins aux myrtilles, deux à la banane, un cappuccino et un Mocha sans sucre » annonce-t-il en me regardant.

« Très bien Monsieur. Vous avez besoin d'autre chose ? » demande Caroline.

Nous la regardons tous les deux en même temps. Elle s'empourpre et part rapidement s'occuper de notre commande.

« Puis-je t'inviter ? » proposais-je à Kurt en sortant mon portefeuille de mon jean.

« M'inviter ? »

« J'aimerais payer pour une fois »

« Hors de question » rit Kurt.

« S'il te plaît, ça me fait plaisir »

« Je n'aime pas vraiment ça »

« Allez… C'est le seul endroit où tu m'as emmené, jusqu'à maintenant, où j'ai les moyens de payer »

« C'est vraiment adorable Blaine. Mais non »

Je croise les bras et boude.

« Ne me fais pas la tête Blaine » me prévient-il.

« Sinon quoi ? » le provoquais-je en levant fièrement le menton.

« Tu sais ce qui arrivera… »

Caroline revient avec notre commande à cet instant. Kurt paye et nous allons nous installer à une table à l'écart.

« C'est vraiment injuste »

Je prends mon gobelet de café entre mes mains et le fait tourner sans regarder Kurt.

« Quoi donc ? »

« La façon que tu as d'éblouir les hommes, les femmes. Moi… »

« Je t'éblouis ? »

« Oui, sans arrêt »

Il ricane et secoue la tête.

« Tu sais Blaine, les gens ne voient que mon corps, mon physique »

« Pas moi Kurt. Je sais que tu es beau à l'intérieur aussi »

Il soupire.

« Toi, tu es éblouissant Blaine. Tu es si pur et tu ne tournes pas autour du pot quand tu as quelque chose à dire »

« C'est grâce à ça que tu t'es laissé convaincre ? »

« Laissé convaincre ? »

« Oui. Sur… nous »

Il tapote sa bouche avec son index d'un air songeur.

« Je ne me suis pas laissé convaincre je pense. J'ai juste pensé à ce que tu me demandais et ce de quoi j'étais capable. J'ai la conviction qu'on peut y arriver. Je veux toujours que tu sois mon Soumis dans la salle de jeux. Et j'appliquerai une punition si tu manques aux règles. Et pour le reste, je veux bien essayer. Ce sont mes conditions Blaine, ça te va ? »

« Est-ce que je pourrais dormir avec toi dans ton lit ? »

« C'est ça que tu désires ? »

« Oui »

« Très bien, c'est d'accord. Je dors toujours mieux avec toi de toute façon »

Il se tait. J'en profite pour lui avouer quelque chose que me chiffonne depuis un moment.

« Tu sais, j'ai eu peur que tu m'abandonnes si je ne signais pas le contrat sans réfléchir »

« Je ne t'abandonnerai pas Blaine. Et puis… »

Il s'arrête et reprend après un petit temps :

« Je me suis adapté à ta définition du mot « concession ». Pour le moment, ça me convient »

« Je suis content que le « plus » t'intéresse »

« Je sais »

« Ah oui et comment ? »

« Crois-moi, je le sais » dit-il dans un sourire secret.

Qu'est-ce qu'il me cache encore ? Je fronce les sourcils et mange mes muffins sous son regard insistant et réjoui.

OoOoOoOoO

J'essaye de ne pas paraître effrayé quand il se gare devant l'immeuble de mon frère sans m'avoir demandé l'adresse.

Un traqueur, ça te dit quelque chose ?

Je ne lui dis rien : Kurt restera toujours Kurt.

« Tu ne veux pas monter ? »

« J'ai du travail Blaine. On se voit ce soir. A quelle heure d'ailleurs ? »

J'essaye de ne pas montrer ma déception. Pourquoi c'est de plus en plus difficile de rester loin de lui ? Peut-être que le fait d'être amoureux de lui y est pour quelque chose… Ou le fait qu'il sache piloter un hélico et un planeur en plus d'être un foutu Dieu du sexe.

« Je demanderai à Cooper. Merci pour le… le plus »

« Merci à toi Blaine »

Je me noie dans sa délicieuse odeur quand il s'approche de moi pour m'embrasser.

« A ce soir »

« J'aimerais déjà y être » murmure-t-il contre mes lèvres.

Je lui fais un signe de la main quand il disparaît au bout de la rue. Je porte toujours son sweat à capuche et il fait chaud sous le Soleil de Los Angeles.

Quand j'entre dans la cuisine, je sens que mon frère est monté sur ressorts. Il a l'air très nerveux et bouge dans tous les sens.

« Oh Blainey ! Tu es rentré. Ça a été ? »

Oh oui ! Il s'est fait baiser contre un lavabo puis rebaiser dans une baignoire !

Je sens mes joues chauffer. Je vais quand même passer ces détails à Cooper.

« On a été faire du planeur ce matin »

Pourvu qu'il ne devienne pas le frère qui veut tout savoir en posant des questions trop indiscrètes…

« Du planeur ? Comme planeur avion ? »

J'acquiesce. Il semble sans mot et pour lui, c'est très rare que ça arrive. Il a l'air très étonné mais reprend ses questions :

« Et hier ? Vous avez discuté de votre problème ? »

« Oui. On a parlé hier et ce matin. Ça a l'air de s'arranger »

« Super. Je suis content pour toi minus »

Il cherche des recettes sur Internet.

« Tu sais Coop', je peux t'aider pour préparer le dîner de ce soir »

« Oui si tu veux. Je dois trouver la recette parfaite avant »

« D'accord »

Je m'assois et regarde Cooper faire des allers-retours entre l'écran de son ordinateur et les placards. J'ai toujours aimé cuisiner avec lui. C'est peut-être un peu bêbête mais c'étaient nos moments de complicité. On a passé des après-midi à faire des expériences en mélangeant tout ce qui passait sous nos mains. Je n'aurais souhaité à personne de manger nos préparations.

Même pas à Sebastian ?

Bon si, peut-être à Sebastian. Je me demande si je vais le rencontrer un jour…

Je sors mon IPhone pour remercier Kurt pour la matinée.


De : Blaine Anderson

Objet : S'envoyer en l'air

A : Kurt Hummel

Quand tu veux, tu peux avoir d'excellentes idées pour faire passer du bon temps à un homme.

J'ai passé un très bon moment, merci. Le réveil au milieu de la nuit en valait le coup.

Blaine x.


De : Kurt Hummel

Objet : S'envoyer en l'air

A : Blaine Anderson

Tes ronflements devenaient gênants. J'étais dans l'obligation de les faire cesser en te réveillant.

J'ai passé un très bon moment aussi. C'est toujours le cas dès que tu es avec moi.

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.


De : Blaine Anderson

Objet : RONFLEMENTS ?

A : Kurt Hummel

JE NE RONFLE PAS ! Tu as certainement des problèmes d'oreilles. De toute façon, même si c'était vrai, ce n'est pas très élégant de me le dire.

Tu n'es pas très galant Kurt !

Blaine.


De : Kurt Hummel

Objet : Monologue nocturne

A : Blaine Anderson

Mais qui a dit que j'étais élégant Blaine ? Tu as dû remarquer cette absence de bonnes manières plus d'une fois.

QUI CRIE PAR ECRIT AVEC DES MAJUSCULES MAINTENANT ?

Bon ok, j'ai peut-être menti : tu ne ronfles pas, c'est vrai. Par contre, tu parles dans ton sommeil. C'est très révélateur.

Où est passé mon bisou ?

Kurt Hummel, PDG Malotru Hummel Enterprises.


Qui dit encore malotru de nos jours ?!

Putain… Sam m'a souvent dit que je parlais dans mon sommeil. Quelles conneries j'ai pu sortir cette fois ?


De : Blaine Anderson

Objet : Auditoire nocturne

A : Kurt Hummel

Tu es un malotru doublé d'un vaurien. Adieu élégance…

Qu'est-ce que j'ai dit ?

Il est parti se promener avec tes bonnes manières. Il reviendra quand tu m'auras répété mon « monologue »


De : Kurt Hummel

Objet : Bel endormi bavard

A : Blaine Anderson

Ce ne serait pas élégant de te le rapporter et quelqu'un m'a déjà réprimandé sur mon manque de galanterie…

Si tu es sage, je te le dirais ce soir, peut-être.

Je dois y aller, j'ai une visioconférence.

A plus bébé.

Kurt Hummel, PDG Malotru doublé d'un vaurien Hummel Enterprises.


Génial ! Eh bien si c'est ça, il n'aura pas de mes nouvelles de la journée ! C'est fou de voir avec quelle rapidité il peut m'énerver. Qu'est-ce que j'ai pu dire ? Que je le haïssais ? Pire, que je l'aimais ?! Pourvu que je n'ai pas dit ça… Je ne suis absolument pas prêt à lui avouer mes sentiments et je suis sûr, qu'il n'est absolument pas prêt à les entendre. Enfin je ne sais pas s'il sera prêt un jour mais bon… Je fulmine. Cooper me demande si je veux aller faire les courses avec lui pour le dîner. J'accepte et nous partons.

Il a choisi de préparer des brochettes de dinde aux herbes marinées pour faire un barbecue et une salade de pommes de terre en accompagnement. C'est facile et assez rapide à préparer et c'est un plat que la plupart des gens aime.

J'entends la sonnerie de mon téléphone alors que je pousse le Caddie derrière Cooper dans le supermarché. Je m'empresse de répondre. C'est peut-être Kurt. Mais non, c'est un numéro que je ne connais pas.

« Allô ? »

« Blaine Anderson ? »

« Oui »

« Bonjour, c'est Marc Favreau de The New Press »

« Oh, bonjour »

« Si vous le souhaitez toujours, le poste d'assistant d'Hunter Clarington est à vous. Vous commencez lundi »

« C'est vrai ? C'est super, merci ! Oui j'accepte bien sûr ! »

« Bien. On se voit lundi à 8h alors ? »

« On se voit lundi. Merci encore. Au revoir »

Je me tourne vers Cooper et affiche un sourire radieux.

« Tu as le job ? »

J'acquiesce vigoureusement. Il me fait alors un énorme câlin en plein milieu du magasin.

« Oh mon Dieu ! Je suis tellement fier de toi Blainey, tu as réussi. On doit fêter ça ! » s'écrie-t-il en tapant dans ses mains.

Des fois je me demande s'il n'a pas secrètement cinq ans. Je regarde mon portable et vois un appel manqué de Kurt. Tiens, c'est bizarre ça… Je le rappelle immédiatement.

« Blaine ? »

« Hey »

« Je dois rentrer à New York. Il y a un problème. Je suis presque à l'aéroport. Je ne pourrai pas être au dîner. Présente mes excuses à Cooper »

Sa voix est froide et distante.

« Ce n'est pas grave au moins ? »

« Je dois modifier une situation. On se voit demain. Joey t'attendra à l'aéroport si je ne peux pas me libérer »

Il a l'air furieux. Mais pour une fois, ce n'est pas contre ou à cause de moi.

« D'accord. J'espère que ça s'arrangera. Bonne soirée Kurt »

« Toi aussi mon bébé » dit-il rapidement avant de raccrocher.

Ah ! Mon Kurt est de retour. Je perds mon sourire quand je me souviens de ce qu'il a dit. Modifier une situation. Il a dit la même chose en parlant de me faire perdre ma virginité. Pourvu que ce ne soit pas le même genre de « situation ».

Cooper me regarde, inquiet.

« C'est Kurt. Il rentre à New York. Il s'excuse »

« Oh c'est dommage minus. On va quand même fêter ton nouveau travail Blainey ! »

OoOoOoOoO

Cooper a décidé d'aller passer la fin de journée à notre plage. Toute la tension causée par la venue de Kurt s'est envolée. Il est à nouveau détendu. On est allongé au Soleil à bronzer. Je pense à Kurt et ne peut m'empêcher de sourire.

Je me demande ce qu'il s'est passé entre l'envoi de son mail à rallonge et son arrivée ici. Pourquoi est-il venu ? Pourquoi avoir changé ses plans à la dernière minute ? Oh mais bien sûr ! Il a vu Sebastian !

Merde ! Je sens la jalousie bouillonner en moi. Ils ont certainement parlé de moi. J'aurais donné n'importe quoi pour pouvoir les espionner…

« Tout va bien Blaine ? » demande gentiment Cooper.

« Oui. Je me suis rappelé d'un truc c'est tout. Quelle heure est-il ? »

« Presque 18h30 »

Il n'a sûrement pas atterri. Est-ce que je dois demander à Kurt si Sebastian est à l'origine de sa venue à LA ou dois-je le garder pour moi ? J'espère de tout cœur qu'il est venu me voir selon sa propre volonté et pas à cause de ce détraqué.

J'ai trop chaud, je vais me rafraichir dans l'eau.

OoOoOoOoO

Avant de me faufiler sous les draps, je consulte mes mails. Rien. Pas de nouvelles.


De : Blaine Anderson

Objet : Toujours vivant ?

A : Kurt Hummel

Cher Kurt,

Peux-tu me prévenir quand tu es arrivé ? Je veux juste savoir que tu vas bien. Je m'inquiète.

Je pense à toi.

Ton Blaine x.


Quelques minutes plus tard, j'ai une notification de réponse.


De : Kurt Hummel

Objet : Mes plus plates excuses

A : Blaine Anderson

Cher Blaine,

Je suis bien arrivé et je vais bien. Excuse-moi de ne pas t'avoir prévenu. Et désolé de t'avoir inquiété. Ça me fait plaisir que tu tiennes à moi au point de te faire du souci.

Je pense aussi à toi et j'ai hâte que l'on se retrouve.

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.


Kurt a perdu son enthousiasme. Je souffle de frustration.


De : Blaine Anderson

Objet : Situation à modifier

A : Kurt Hummel

Cher Kurt,

Bien sûr je tiens à toi. C'est évident, non ? Tu en doutes ?

J'espère que tu as su gérer la « situation ».

Ton Blaine x.

PS : Je peux savoir ce que j'ai dit en dormant ?


De : Kurt Hummel

Objet : Tout n'est pas bon à avouer

A : Blaine Anderson

Cher Blaine,

Je suis vraiment content que tu tiennes à moi.

La situation n'est pas tout à fait réglée.

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.

PS : Non.


De : Blaine Anderson

Objet : Indifférent

A : Kurt Hummel

J'espère que je n'étais pas ridicule au moins. Mais je tiens à te dire que je n'ai aucun contrôle et donc aucune responsabilité sur ce que mon subconscient laisse échapper la nuit.

De toute façon, avec tes problèmes d'audition, tu m'as sûrement mal compris.


De : Kurt Hummel

Objet : Discussion avec ton subconscient

A : Blaine Anderson

Cher Blaine,

Pardon ? Tu peux répéter plus fort ? Mes oreilles me jouent des tours, je n'entends plus très bien.

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.


De : Blaine Anderson

Objet : Exaspéré

A : Kurt Hummel

Tu me rends dingue


De : Kurt Hummel

Objet : Sourd mais pas impuissant

A : Blaine Anderson

Cher Blaine,

Et tu n'as pas encore vu ce que je te réserve pour ce weekend...

Kurt Hummel, PDG qui se frotte les mains Hummel Enterprises.


De : Blaine Anderson

Objet : Grrrrr

A : Kurt Hummel

Encore une fois, tu as mal compris. Tu me rends dingue dans le sens où tu mets franchement mes nerfs en pelote.

Bonne nuit.

Monsieur B. D. Anderson.


De : Kurt Hummel

Objet : Mignon chaton ou tigre sauvage ?

A : Blaine Anderson

Feules-tu Blaine ?

J'ai toujours aimé les félins…

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.


Peut-être qu'un chat rendrait son appartement plus vivant. Je décide de ne pas lui répondre. Il est tellement énervant quand il s'y met. Enervant sous plusieurs nuances. Je me couche et fixe le plafond, incapable de dormir. Le son d'une nouvelle notification se fait entendre. Non je ne le lirai pas. Hors de questions. Je ne lirai pas ce mail…

Grrr ! Mais comme d'habitude, je craque, trop accroc aux mails de Kurt.


De : Kurt Hummel

Objet : Monologue nocturne

A : Blaine Anderson

Blaine,

Si je ne veux pas te rapporter ce que tu as dit en dormant c'est que je veux que tu le répètes, éveillé et en étant sincère. Je ne veux pas t'influencer.

Va dormir maintenant. Il te faudra de l'énergie pour ce que j'ai prévu pour toi demain.

Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.


Plus que jamais, je veux savoir ce que j'ai laissé sortir de ma bouche en dormant.

Voilà pour ce chapitre.

J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me laisser votre avis dans une review :)

Les musiques citées sont : I'm a slave 4 U de Britney Spears et Under Pressure de Queen et David Bowie.

Merci d'avoir pris de temps de lire.

Gros bisous, je vous aime.

Cindy :)