HELLOOOO EVERYBOOODY !
J'espère que vous allez tous bien mes chéris :)
Merci à mes lecteurs fidèles et présents au poste chaque semaine :)
Merci à stl1985 qui a ajouté Nuances à ses favoris et ses alertes :)
Merci à justmoi59, AnnaKlaineuse, Clairegleek78, Kurtnie, Claire, Klaineuse, Anne-So, Alexis et Licorne-Klaine pour vos reviews.
Justmoi59 : contente qu'elle te plaise :)
AnnaKlaineuse : mdr la mienne en est une aussi dans ce cas ) Merci pour lui :)
Clairegleek78 : haha :) parfait pour tous les temps alors :) La petite voix de Blaine est ce qui m'amuse le plus :) la suite te le dire )
Kurtnie : hey ! Ce n'est pas grave, c'est déjà génial et très gratifiant de savoir que tu es présente parmi les lecteurs chaque semaine :) Je suis contente de savoir que les passages de sexe ne sont pas répétitifs, c'est ma plus grande peur pour être franche… :)
Maloke : merci pour les corrections ma Claire. Si tu n'as plus le temps, laisse tomber, je ne t'en voudrais pas :) ça m'obligera à être plus attentive ) c'est gentil de prendre le temps quand même :)
Klaineuse : wow ! Je rigole parce que ta signature c'est « petite review d'une Klaineuse » mais chaque semaine, elles sont de plus en plus longues :') signe « petit roman d'une Klaineuse » ) J'adore tes reviews :) j'ai toujours pensé que cette chanson était super sexy… Si tu vas apprendre la vie à RIB, appelle-moi, je viendrais avec toi. ON NE TOUCHE PAS AU KLAINE ! Non mais ! Ne viens-tu pas de battre ton record personnel de la plus grande review ? :D Toujours pour moi : je suis honorée :) C'est vrai, je m'en souviens aussi… C'est dingue. Oui mais la fin n'est pas dans la minute ne t'inquiète pas. Ne snifouille pas non plus :'( Non, Joey n'a rien vécu de sexuel ou d'amoureux avec Kurt. Seulement il a signé le même genre d'accord de confidentialité que Blaine (je ne sais pas si tu t'en souviens) Haha… Je ne peux pas te dire la vraie nature d'Hunter mais tes théories sont cooools :) Non quelqu'un va l'apprendre accidentellement… Bien sûr Blainey est adorable, comment ne pas s'attacher à lui ? :D Tu es la seule à avoir remarqué l'absence du cadeau mdr… Tout est là, tu n'as pas oublié le « j'adore ta fiction »… Review complète et parfaite ) j'attends la prochaine avec impatience. Bisous :')
HOP3SO : merci, j'espère que ça va s'arranger. Je pense à toi aussi.
Anderveysue : la révélation de son tracas secret va arriver. Si tu apprécies le côté romantique, tu devrais être ravi ici :) mais en même temps, le côté malsain devrait te plaire aussi. Moi non plus, je t'assure ! Merci à toi d'être aussi fidèle chaque semaine :)
Licorne-Klaine : eh bien merci c'est vraiment adorable :) je suis contente que le lemon t'ait plu :) bisous
Merci à ceux qui ne laissent pas de reviews aussi.
Et merci à l'adorable Zoé, l'incarnation vivante de la petite voix de Blaine, de m'avoir aidée et conseillée pour ce chapitre.
Sur ce, bon chapitre !
ENJOY !
Chapitre 26
Je me réveille brusquement. J'étais en train de tomber indéfiniment je crois. Je m'assois dans le lit, le cœur battant, assez troublé. Je suis dans la pénombre, seul, dans le lit de Kurt. Je ne sais pas trop ce qui m'a tiré du sommeil mais un sentiment perturbant enserre mon ventre. Je regarde le réveil : 5 heures. Je ne sais pas si c'est le décalage horaire ou le repos que j'ai eu cette semaine mais je ne suis presque pas fatigué. Je me frotte les yeux avant de balancer mes jambes hors du lit.
Mais où est Kurt ? En tendant l'oreille, j'entends le son étouffé du piano. Kurt est en train de jouer. Je dois aller profiter de ce magnifique spectacle. J'aime beaucoup le voir dans ces moments. J'enfile un peignoir posé sur le fauteuil près de la commode et me faufile doucement vers le grand salon. Plus je m'approche et plus la mélodie triste me parvient fort.
Kurt est assis sur le banc du piano. Un halo de lumière l'entoure et fait ressortir les mèches claires de ses cheveux. C'est le seul éclairage de la pièce. Il est torse nu et son pantalon de pyjama est si bas sur ses hanches qu'on dirait qu'il ne porte rien. Il joue parfaitement bien. Je n'ose pas bouger, préférant rester à l'écart pour l'admirer. Je ne veux pas l'interrompre. Il semble tellement déboussolé et isolé à cet instant. J'aimerais le serrer contre moi pour toujours pour lui faire comprendre qu'il n'est plus seul désormais. La mélodie est emplie d'une mélancolie saisissante.
Le morceau s'achève. Je vois ses épaules se soulever alors qu'il prend une inspiration avant de reproduire le même air. Je me déplace timidement vers lui, comme Icare attiré par le Soleil. Je souris à cette image.
N'oublie pas qu'il a fini par perdre ses ailes à force de fricoter avec le Soleil.
Kurt me regarde sans arrêter les mouvements de ses doigts et pince ses lèvres. Il revient ensuite au clavier.
Il m'en veut d'avoir brisé sa bulle de tranquillité ?
« Tu devrais dormir vu l'heure qu'il est » désapprouve-t-il doucement.
D'après le ton de sa voix, je dirais que quelque chose le tracasse.
« Toi aussi dans ce cas »
Il me regarde à nouveau et sourit légèrement.
« Tu me réprimandes Blaine ? »
« Oui tout à fait Kurt »
« Je ne trouvais pas le sommeil » souffle-t-il.
Il fronce les sourcils. L'énervement et l'exaspération transpercent sa voix. Il est en colère contre moi ? Je ne crois pas pourtant. Je décide d'ignorer ce détail et, dans un excès de bravoure, je me place à ses côtés derrière le clavier, j'incline ma tête et la pose contre la peau de son épaule. J'observe ses doigts effleurer gracieusement les touches d'ivoire. Il se tend une microseconde et continue la chanson jusqu'à la fin.
« Qu'est-ce que c'était ?
« Chopin. Nocturne numéro 20. En do dièse mineur, si le sujet t'intéresse »
« Ce que tu fais m'intéresse toujours »
Il tourne la tête et niche son nez dans mes cheveux.
« Excuse-moi de t'avoir réveillé »
« Ce n'est pas de ta faute si je suis debout. Tu veux bien en jouer un autre ? »
« Un autre ? »
« Oui, le morceau que tu jouais lors de ma première nuit avec toi »
« Oh oui. Bob Dylan »
Il reprend ses mouvements. Je le sens bouger à travers les muscles de son épaule contre ma joue. Je ferme les yeux et laisse la douce mélodie nous envelopper. Kurt chantonne doucement pour accompagner les notes. La douceur et la tristesse de sa voix rendent le tout magnifique. Je me laisse envahir et j'ai l'impression de ressentir cette musique au plus profond de mon être. Cette mélancolie et cette beauté correspondent parfaitement à Kurt. Lui aussi, j'ai envie de réussir à le comprendre et de saisir d'où vient son ressentiment envers lui-même.
Beaucoup trop rapidement, la musique s'éteint.
« Pourquoi est-ce que tu ne joues que des airs tristes au milieu de la nuit ? »
Je me mets droit pour pouvoir le regarder correctement. Il me jauge du regard prudemment avant de hausser les épaules.
« Tu as commencé à jouer à 9 ans ? »
Il acquiesce de façon assez raide, de plus en plus sceptique. Il finit par dire :
« Je me suis mis au piano après que ma mère soit… morte. Pour mon père »
« Tu voulais trouver ta place dans ce monde d'ignorants ? »
« Oui, si tu veux » répond-il distraitement, « pourquoi tu ne dors pas ? Les événements d'hier ne t'ont pas épuisé ? »
« Je ne sais pas. Je me suis réveillé avec une sensation bizarre… En plus, je ne suis pas plus fatigué que ça »
« C'est peut-être le décalage horaire qui t'a chamboulé »
« C'est ce que je me suis dit »
« Et cette sensation bizarre ? »
« Hmm… Tu sais, c'est comme si tu savais, avant de te lever, que la journée va être merdique ou qu'une chose désagréable va t'arriver »
« Oui, je vois ce que tu veux dire » marmonne-t-il.
Nous nous taisons un instant.
« Comme on est debout tous les deux, tu pourrais m'apprendre à jouer, non ? » proposais-je en désignant l'instrument.
« J'avais des projets beaucoup plus intéressants pour toi… »
Il affiche un sourire pervers sur son visage. Je fais tout pour garder un air neutre et essaye de ne pas m'enflammer sous ses yeux lubriques.
« On peut discuter aussi »
Il fronce les sourcils et fait une moue adorable.
« Mes projets étaient bien meilleurs »
Il me soulève et m'assoie sur ses cuisses.
« L'idée de baiser te plaît toujours plus que discuter » dis-je en gloussant et en enroulant mes bras autour de son cou.
« Exact. Encore plus quand le partenaire de baise est Blaine Anderson »
« Oh, qui est cet homme ? Je n'en ai jamais entendu parler »
« Il est magnifique, courageux, drôle, malin et presque pas insolent. En plus de ça, c'est un coup fantastique »
« Il a l'air génial, tu devrais me le présenter » dis-je, taquin.
« Je n'y manquerai pas »
Il respire l'odeur de mes boucles avant de déposer une multitude de baisers papillon le long de ma gorge jusqu'à ma clavicule.
« Que dirais-tu de le faire sur le piano ? »
Une très chaude vague d'envie se déroule dans mon ventre. Oh putain, sur le piano… Non, non, je ne dois pas céder.
« Je veux éclaircir un détail avec toi »
Je me retiens de fermer les yeux pour apprécier la douceur de ses lèvres sur la peau sensible de mon cou.
« Toi et ta curiosité, mon cher Blaine… Et que veux-tu éclaircir ? » me demande-t-il entre deux baisers.
Mes paupières se ferment finalement.
« Notre relation »
« Quoi sur notre relation ? »
Il finit par faire cesser ses bisous.
« L'accord. La signature du contrat »
Il me regarde dans les yeux, souffle doucement et caresse ma joue du dos de la main.
« Que penses-tu d'oublier le contrat ? »
Il parle d'une voix basse, chaude et très douce.
« De l'oublier ? »
« De l'oublier »
Ses lèvres s'étirent dans un sourire sincère. Je ne le comprends plus.
« Pourtant, il comptait beaucoup pour toi »
« C'était vrai. Avant. Mais depuis il s'est passé quelque chose. Néanmoins, les règles et les limites restent valables »
« Depuis quoi ? »
« Depuis… »
Il s'arrête et continue :
« Depuis « plus » »
Il hausse les épaules d'un air penaud.
« Oh… »
« Je t'ai déjà emmené deux fois dans la salle de jeux et tu es toujours là. Tu ne t'es pas barré en courant »
« Tu l'avais prévu ainsi ? »
« S'il y a bien un terme qui te désigne mal, c'est prévisible Blaine » répond-il.
« Bon, les choses sérieuses. Si j'ai bien compris, les règles et les limites, on garde mais le reste, on jette ? »
« On garde le tout mais seulement pour la salle de jeux. Tu devras garder en tête le principe du contrat quand nous jouerons. Mais sinon, on garde les règles pour tous les jours. Je te saurai ainsi sauf et je t'aurai pour moi n'importe quand »
« Et si je désobéis aux règles ? »
« Tu seras sanctionné. Par mes bons soins »
« Mon accord te sera nécessaire pour que tu le fasses ? »
« Bien sûr, j'en aurais toujours besoin »
« Et si je ne veux pas ? »
« Eh bien, je devrais te convaincre »
Je me lève du banc. J'ai besoin de prendre mes distances de Kurt pour pouvoir réfléchir correctement. Il me suit du regard, confus et soucieux.
« Le contrat sera toujours d'actualité pour les punitions, c'est bien ça ? »
« Oui seulement si tu manques aux règles »
« Je vais devoir les revoir »
« Je te les emmène »
Il se lève à son tour et pars dans son bureau élégamment. Kurt a enfilé son costume « chef d'entreprise ».
Tout est devenu si sérieux en peu de temps. Une boule d'excitation mélangée à de l'angoisse pèse sur mon estomac. Un café serait plus que bienvenu pour le coup. Kurt semble être dérangé par certains problèmes mais j'ai quand même engagé la conversation. Est-ce bien raisonnable de parler de notre relation « future » en ces conditions ?
Tu n'es pas vraiment connu pour ton esprit brillant Anderson !
Je vais dans la cuisine et cherche à tâtons les interrupteurs, l'endroit étant dans le noir complet. J'allume et cherche de quoi préparer du café. Je mets en marche la cafetière et regarde le liquide sombre s'écouler. Kurt revient. Il s'assoit de l'autre côté du comptoir sur un des hauts tabourets. Il me fixe avec précaution.
« Voilà » dit-il en faisant glisser vers moi une copie du contrat.
Je vois en passant rapidement sur certaines feuilles que des lignes ont été corrigées.
REGLES
- Le soumis doit obéir automatiquement et avec enthousiasme aux ordres du Dominant.
- Toutes les activités sexuelles seront acceptées si le Dominant les jugent nécessaire en prenant en compte les limites à ne pas franchir.
- Le soumis doit se reposer lorsqu'il n'est pas avec le Dominant.
- Le soumis doit manger correctement et régulièrement.
- Le soumis doit demander au Dominant si les vêtements qu'il porte sont corrects. Si ce n'est pas le cas, le Dominant procédera à l'achat de vêtements à son goût.
- Le soumis doit avoir une activité physique régulière afin d'avoir un corps agréable pour le Dominant. Pour cela un coach sera désigné pour le soumis.
- Le soumis ne doit pas boire avec excès.
- Le soumis ne doit pas fumer.
- Le soumis ne doit pas prendre de drogues.
- Le soumis doit éviter les dangers inutiles.
- Le soumis ne doit pas avoir de relations sexuelles autres qu'avec le Dominant.
- Le soumis doit adopter un comportement correct tout le temps.
Tout manquement à ces règles entrainera une punition, déterminée par le Dominant.
« L'obéissance est toujours d'actualité alors ? »
« Oh que oui ! » sourit-il.
Avant de pouvoir contrôler mon geste, je lève les yeux au ciel. Et bien sûr, il l'a vu…
« Blaine… Qu'est-ce que tu viens de faire ? »
Oh bordel, non… Pas encore !
« Euh… Rien du tout. Enfin ça dépend de ce que tu vas faire en retour »
« Tu le sais Blaine » dit-il, les yeux brillants d'anticipation et de luxure.
Je tremble un peu et avale avec difficulté ma salive.
« Dans ce cas… »
Putain mais qu'est-ce que je dois faire maintenant ?!
« Hmm, hmm ? » se délecte-t-il.
« Tu vas vouloir me fesser ? »
« Oh oui. Et je vais même le faire »
« Sérieusement Kurt ? »
Je lui lance un regard provocateur. Autant tout tenter pour s'en sortir…
« Tu crois pouvoir m'en empêcher ? »
« Tu devras m'attraper pour me le faire » lançais-je d'une voix peu sûre.
Il a l'air étonné mais se reprend vite. Il se met debout avec un sourire carnassier sur les lèvres.
« Sérieusement Blaine ? »
Je n'ai jamais autant aimé ce comptoir entre nous qu'à cet instant.
« Et pour tout arranger, tu mords cette putain de lèvre » grogne-t-il.
Il fait doucement un pas vers sa droite et j'en fais autant.
« Ce n'est pas juste ! Toi aussi, tu lèves les yeux au ciel ! »
Tu t'enfonces…
Il bouge encore vers la droite et je me déplace vers la mienne aussitôt.
« Exact. Mais en essayant de me résister, tu fais monter le jeu d'un cran »
Ses yeux irradient, tout son corps bout d'une excitation à peine dissimulée. Je parle avec un flegme étudié :
« Je suis rapide »
« Moi aussi »
Il me traque dans sa propre cuisine.
« Tu vas te laisser faire sans discuter, ok ? »
« Est-ce mon genre ? »
« De quoi tu parles enfin Blaine ? » dit-il, joueur et ironique, « tu sais que ce sera encore pire si tu m'obliges à venir te chercher, n'est-ce pas ? »
« Et qui te dit que tu vas me choper Kurt ? J'ai bien l'intention de t'en empêcher ! »
« Blaine. Tu pourrais trébucher et t'exploser le crâne. Et cela serait un manquement direct à la règle 10 »
« Tu es, sans aucun doute, le plus grand danger que j'ai frôlé Kurt. Règles ou non »
« Tu as raison »
Il s'approche alors de moi en un mouvement très rapide. Je crie très fort. Je cours me placer derrière la table du salon qui crée une barrière entre lui et moi. Mon cœur bat comme un fou dans ma poitrine et l'adrénaline inonde mes veines. C'est tellement cuisant comme sentiment. Il y a du danger mais aussi de l'amusement. J'ai l'impression d'avoir à nouveau cinq ans et d'avoir fait une grosse bêtise. Je ne le quitte pas des yeux alors qu'il fait un pas nonchalant vers moi. Je m'éloigne doucement.
« Tu es excellent pour changer les idées d'un homme Blaine »
« Tes désirs sont satisfaits. Te changer les idées sur quoi ? »
« Sur le monde entier. Sur tout » dit-il secouant la main d'un air désintéressé.
« Tu semblais très soucieux au piano tout à l'heure »
Il se stoppe, croise les bras sur son torse et me fixe avec une lueur amusée dans les yeux.
« Tu sais bébé, on pourrait faire ça de notre journée mais je vais réussir à t'attraper et, crois-moi, tu vas le sentir passer »
« Non, tu ne vas pas réussir »
On va se préparer à courir quand même hein ?
« J'ai la forte impression que tu ne veux pas que je te chope »
« Forte impression très exacte ! Me recevoir une punition c'est comme toi te faire toucher »
Tout son langage corporel se transforme dès qu'il entend mes mots. Son expression joueuse et insouciante a fané. Son visage est choqué et encore plus pâle que d'ordinaire.
« Tu ressens vraiment ça ? »
Oh non, qu'est-ce que je lui ai fait ? Le ton de sa voix me suffit à le comprendre un peu plus et je pense capter ce qu'il éprouve. Il y a de la terreur et du dégoût de lui-même dans sa voix. Je me pince les lèvres. Non, ce n'est définitivement pas affreux à ce point pour moi. Je le fixe craintivement.
« Non. Je ne pense pas que ce soit aussi dur mais ça te donne une idée de ce que j'éprouve »
« Oh… »
Il semble totalement perdu et me regarde avec des yeux fous. Je soupire et fait le tour de la table pour me poster devant lui et je bloque mes yeux au bleu des siens.
« Ça t'affecte autant que ça ? » murmure-t-il, épouvanté.
Merde, sa crainte d'être touché est si forte que ça ?!
« Euh pas vraiment »
Je m'arrête et reprends pour lui donner une explication :
« C'est en fait plus complexe… Ce n'est pas quelque chose que j'apprécie mais ce n'est pas non plus quelque chose qui m'horrifie »
« Pourtant hier, tu as accepté la salle de jeux et tu m'… »
« C'est seulement pour toi Kurt. Parce que je sais que c'est nécessaire pour toi. Pour moi, non. Et puis, ce n'était pas douloureux hier. Ce n'était pas pour me punir. Je peux le supporter. Et tu m'avais assuré que je n'aurais pas mal. Je te fais confiance. Mais quand je sais que tu vas me punir, j'ai toujours peur de souffrir »
Ses yeux prennent une teinte menaçante. Hypnotisé, je reste à le fixer un long moment sans rien dire.
« Je veux que tu aies mal. Mais je ne veux pas que la douleur soit au-delà de ce que tu peux endurer »
« Mais merde, pourquoi ? »
Il soupire bruyamment et passe la main dans ses cheveux.
« C'est essentiel pour moi »
Il s'arrête et me jauge, les yeux pleins de peur. Il finit par baisser la tête.
« Je ne peux pas te dire pourquoi » murmure-t-il.
« Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? »
« Je ne veux pas »
« Tu connais la raison alors »
« Oui »
« Mais tu ne veux pas me la donner »
« Si je te la donne, tu vas t'enfuir en criant et me laisser. Et ça, je ne… Je ne peux pas le risquer Blaine »
« Tu veux que je reste ? »
« Plus que tout. L'idée de te perdre m'est insupportable »
Wow…
Il me fixe et brusquement, il me plaque contre lui. Il m'embrasse langoureusement immédiatement, ce qui me surprend. Il me fait passer toute son angoisse et sa détresse à travers ses lèvres avides.
« Ne me laisse pas. Quand tu dormais, tu as dit que tu ne m'abandonnerais pas, tu m'implorais de ne pas t'abandonner » chuchote-t-il contre ma bouche.
Oh ! Le monologue nocturne…
« Je ne vais nulle part Kurt »
Mon cœur se serre douloureusement quand je vois son désespoir. Il est paniqué, il est désorienté. Ses grands yeux bleus sont emplis de peine et de tourments. Je sais que je peux le soulager. Je sais que je peux rendre son monde sombre plus lumineux. J'en suis le seul capable.
« Fais le » dis-je, sûr de moi.
« Faire quoi ? »
« Fais-moi voir jusqu'où la douleur peut aller »
« Pardon ?! »
« Punis-moi. Montre-moi comme ça peut faire mal »
Kurt fait un pas en arrière et semble perturbé.
« Tu es prêt à accepter ça ? »
« Oui. Je te le demande »
Peut-être que si je le laisse m'infliger une grande douleur, il acceptera que je le touche vraiment.
« Blainey… Pourquoi ? »
« Je ne sais pas. Je tente d'entrer dans ton monde. Peut-être qu'après ça, on saura à quel stade on est, toi et moi. Et si j'arrive à endurer la douleur, alors tu… »
Je ne sais pas comment terminer ma phrase. Mais d'après l'expression qu'il affiche, il a l'air de comprendre. Pendant une seconde, il semble meurtri puis un air décidé prend place sur son visage. Il me fixe songeur, comme s'il cherchait différentes options.
Finalement, il me tire par le poignet à sa suite. On se dirige à l'étage et on s'arrête devant la porte de la salle de jeux. La jouissance, la souffrance : tout est lié avec Kurt.
« Je vais te montrer jusqu'où la douleur peut aller. Après ça, tu seras maître de la situation. Tu pourras décider de ce que tu veux faire. Tu es prêt ? »
J'acquiesce rapidement, beaucoup plus stressé que tout à l'heure. Mon cœur bat trop vite, ma respiration est trop rapide, j'ai la tête qui tourne.
Il pousse la porte en bois et m'attire à l'intérieur en me tenant toujours par le poignet. Il attrape une espèce de ceinture en cuir sur le support à cannes. Il m'amène jusqu'au petit divan à côté de la croix.
« Mets-toi à quatre pattes là-dessus »
Ok. Je peux le faire. Je me positionne sur le cuir blanc de la banquette. Je trouve plutôt bizarre que je porte encore mon peignoir. Putain, je vais sentir passer la chose cette fois…
« Tu as choisi d'être ici Blaine. Tu as levé les yeux au ciel et tu as essayé de m'échapper. Je vais te mettre six coups et je veux t'entendre les compter »
Bon, il le fait ou il attend le déluge ? Il ferait mieux d'agir au lieu de parler. Je lève les yeux au ciel en sachant qu'il ne voit pas mon visage.
Il remonte le peignoir afin d'exposer mon cul. Je ne suis pas du tout à l'aise mais je me tais. Autant ne pas enfoncer le clou. Il passe la paume de sa main sur mes deux fesses, de bas en haut.
« Ceci sera pour que tu ne m'échappes plus. Même si la poursuite m'a excité, je ne veux plus jamais te voir me fuir »
J'aurais ri de la situation dans d'autres circonstances. Je le fuyais exactement pour que je ne me retrouve pas là. S'il ne m'avait pas paru dangereux, j'aurai foncé dans ses bras.
« Mais la punition est, initialement, pour tes yeux levés au ciel. Tu sais que je t'avais prévenu pour ça »
Le malaise présent dans sa voix précédemment n'est plus. Il semble être redevenu le Kurt habituel. Sa façon de parler a changé, son assurance est de retour. Il pose fermement sa main gauche dans le creux de mon dos.
Je ferme les yeux et essaye de prendre une grande inspiration. Je manque de m'étouffer avec mon souffle quand le premier coup arrive brutalement. La brûlure de la ceinture est telle que j'ai l'impression qu'elle envahit tout mon corps. C'est pire que tout ce à quoi je pensais. Je crie un grand coup.
« Blaine, compte ! »
« UN ! » hurlais-je comme si je l'insultais.
Le deuxième coup arrive. Bordel de putain de grosse merde !
« DEUX ! » m'époumonais-je.
C'est libérateur de pouvoir crier.
Son souffle est désordonné et bruyant. Quant à moi, je ne suis même plus capable de respirer. Je plonge au fond de moi pour trouver du courage. Le cuir revient sur moi.
« TROIS ! »
Les larmes coulent sans pouvoir les retenir. Putain, la fessée c'est de la rigolade à côté de ça. Ça brûle. Il se laisse aller ce con.
« QUATRE ! »
Je pleure encore plus fortement que la ceinture frappe ma chair. Je ne veux pas lui donner la satisfaction de pleurer. Je me déteste pour pleurer. Un autre coup vient.
« Cinq ! »
Ma voix est étouffée et rauque par les sanglots. Je le hais. Je le hais ! Il ne reste qu'une seule fois. Une seule morsure cuisante. Je peux le faire. J'ai l'impression que la ceinture s'est imprimée dans ma peau. Une douleur affreuse me balaie. Je lâche à bout de souffle dans un murmure :
« Six »
J'entends la ceinture tomber sur le parquet derrière moi. Il me serre contre lui, essoufflé et doux. Mais je ne veux pas qu'il me touche.
« Dégage » chuchotais-je.
Je gigote pour qu'il me lâche. Je le pousse. Je le combats.
« DEGAGE ! »
Je me mets debout pour le regarder. J'essaye d'oublier la douleur brûlante et essuie mes larmes. Il me dévisage, les yeux grands ouverts. Je suis fou de rage et je lui lance mon pire regard meurtrier.
« C'est ça qui te fait bander ? Me voir souffrir et me traiter comme un animal ? »
J'essuie mon nez qui coule avec la manche du peignoir. Il me jauge du regard, craintif.
« T'es un putain de taré ! »
« Blainey… » s'excuse-t-il, blessé.
« Blainey mon cul ouais ! Ne m'appelle pas comme ça bordel ! Va te faire foutre Hummel ! »
Après ça, je me tourne et sors de cet endroit en refermant la porte derrière moi. Je reste appuyé à celle-ci un moment. Qu'est-ce que je fais maintenant ? Je rentre ? Je reste ici ? Enervé, j'efface les larmes qui strient mes joues sans s'arrêter. Si seulement je pouvais m'écrouler là et me rouler en boucle. Me reposer. Recoller mon orgueil fracassé. Je suis vraiment con putain ! A quoi je pensais ? Bien sûr que c'est douloureux !
Après avoir hésité, je passe doucement ma main sur mes fesses. Putain, ça fait vraiment mal. Bon, où est-ce que je dois aller ? Pas dans sa chambre, c'est sûr. Mais je peux aller dans celle qui sera, ou est, ou a été la mienne. Je comprends mieux pourquoi il a tenu à ce que je conserve un coin à moi. Il savait pertinemment que je voudrais l'éviter après ça.
Je me déplace lourdement et péniblement, attristé, vers la chambre blanche. Je sais que si Kurt veut me suivre, il le peut mais peu importe. L'endroit est dans le noir complet. Le Soleil n'est pas encore tout à fait levé, la couleur du ciel commençant à peine à changer. Je m'allonge très lentement sur le lit en me plaçant sur le côté pour éviter à la douleur de s'amplifier. Je serre le peignoir contre moi, remonte mes genoux contre mon torse et je laisse couler les larmes sur l'oreiller.
Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi je l'ai autorisé à me battre ainsi ? J'avais besoin de seulement cette nuit pour essayer de comprendre et de situer mes limites. Mais son univers est trop obscur pour que je m'adapte. Je viens de prendre en pleine tête ses « habitudes ». Maintenant j'en suis sûr : il s'amuse à voir les gens souffrir à cause de lui.
Un bon coup de pied dans le cul, voilà ce que c'est. Bien sûr, il m'avait prévenu plus d'une fois de rester loin de lui. Je pense qu'il a un grave problème. Je ne peux pas satisfaire ses désirs. Ça aussi je viens de me le prendre en pleine face. Je ne peux pas accepter qu'il m'inflige ça. En comparaison, les fois précédentes où il m'a battu étaient douces et apparemment, il se contrôlait. Y aurait-il une chance que cela lui convienne et lui suffise ? Je pleure un peu plus fort sur le tissu de l'oreiller. Je vais le perdre. Il va me quitter si je ne lui donne pas ce qu'il veut. C'est indéniable. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux d'un type comme lui ? Pourquoi pas Paul ou un garçon gentil et aimant qui me correspondrait ?
Ses yeux emplis de panique quand j'ai quitté la pièce… Abasourdi par sa cruauté, je me suis montré trop dur avec lui. Pourra-t-il accepter mes excuses ? Pourrais-je accepter ses excuses ? Enfin s'il m'en présente… Mon cerveau tourne à mille à l'heure, propageant un brouillard sur toutes mes pensées. Mon sentiment étrange au réveil était justifié vue cette matinée de merde. Je me sens à la dérive, seul au monde. Je veux juste mon grand frère. Ses paroles me reviennent : « Laisse-toi aller Blainey et essaye de ne pas trop te prendre la tête. Laisse-toi aller et laisse parler ton cœur. Tu dois profiter de la vie Blaine. Détends-toi et amuse-toi. Tu mérites tout ce qu'il y a de mieux au monde petit frère. Et si cette relation te fait du mal, abandonne. Ne te laisse pas souffrir »
J'ai laissé parler mon cœur : bilan, il est brisé et j'ai mal au cul. Je dois m'en aller. Je dois le laisser c'est tout. Il n'est pas celui qu'il me faut. Je ne suis pas celui qu'il lui faut. Par quel miracle cette relation pourrait aboutir à quelque chose de sain et stable ? Le simple fait de penser que je ne vais plus le revoir me coupe la respiration. Mon Kurt…
Le son de la poignée de la porte me parvient. Kurt. J'entends qu'il met quelque chose sur la table de nuit et le matelas s'affaisse sous son poids quand il vient près de moi.
« Chut » murmure-t-il.
Je veux m'éloigner, m'isoler dans un endroit lointain mais mon corps refuse de m'obéir.
« Ne me rejette pas Blainey, je t'en prie »
Il enroule ses bras autour de moi, noue ses mains sur ma poitrine, niche son nez dans mes boucles et dépose un baiser sous mon oreille gauche.
« Ne me hais pas » chuchote-t-il contre ma peau d'un ton brisé et déchirant.
Mon cœur se serre une nouvelle fois. Je sanglote silencieusement. Il dépose des baisers tendres et délicats dans mon cou. Je reste sur ma réserve et sceptique malgré tout.
Nous restons couchés dans le lit en silence pendant un temps indéterminé. Même s'il ne fait que me tenir contre lui, je retrouve mon calme et les larmes cessent de couler. Le Soleil se lève. La lumière devient plus vive et inonde la chambre. Mais nous ne bougeons pas.
« Je t'ai apporté des anti-inflammatoires et de la crème » finit-il par dire après une éternité.
Je roule lentement sur moi-même pour pouvoir le regarder. Un de ses bras est sous ma tête et l'autre est autour de ma taille. Ses yeux sont bleus électriques.
Son superbe visage est impassible. Il me regarde dans les yeux sans bouger. Il est magnifique à en crever. Comment je peux tenir autant à lui en si peu de temps ? Je pose la paume de ma main sur sa joue et caresse avec mon pouce sa petite repousse de barbe. Il ferme les yeux et appuie son visage contre ma main.
« Kurt, je suis désolé… »
Il rouvre les yeux et me fixe, interrogatif.
« Pour quoi ? »
« Les choses que je t'ai dit tout à l'heure »
« Je savais déjà toutes ces choses »
Ses yeux prennent une expression plus douce.
« Je m'en veux de t'avoir fait mal » complète-t-il.
« On va dire que je l'avais cherché… »
Et je l'ai trouvé. Je soupire. Je dois lui dire ce que je pense.
« Je ne pense pas pouvoir te donner ce que tu veux »
Il ouvre grand les yeux.
« Tu es tout ce que je veux »
« Comment ? Je te défie et te désobéis sans arrêt et, crois-moi jamais, Ô grand jamais, j'accepterai que tu recommences ce que tu m'as fait. Et d'après ce que tu as affirmé, tout ça c'est essentiel pour toi »
Il ferme les paupières. Tout un tas d'émotions semblent le traverser. Il soupire et les rouvre. Son regard est empli de regrets.
« C'est vrai, tout ça c'est vrai. Je ferais mieux de te laisser t'en aller. Je ne suis pas celui qu'il te faut »
Mon cœur vient de s'arrêter. Ma respiration aussi. Des frissons font trembler mon corps. Tous mes repères s'écroulent. Un trou noir sans fond creuse ma poitrine. J'aimerais tomber dedans.
« Je ne veux pas partir »
Nous y voilà. Ça passe ou ça casse. Mes yeux s'embuent à nouveau.
« Je ne veux pas que tu partes non plus » me murmure-t-il d'une voix tremblante.
Il caresse ma joue du bout des doigts et efface une larme qui y a coulée.
« Depuis ce jour où tu es entré dans ma vie, tout est devenu clair et coloré. Tu m'as appris à vivre » dit-il en caressant ma bouche de son pouce.
« Toi aussi… »
Je me tais et continue d'un souffle étranglé :
« Je t'aime Kurt »
Il me dévisage, les yeux grands ouverts. J'y décèle une terreur et une agitation énormes.
« Non, non, non » répète-t-il comme si je venais de lui annoncer la fin du monde, « tu ne peux pas m'aimer Blainey. Non, non… C'est impossible »
Il est pris d'une peur panique.
« Impossible ? Pourquoi impossible ? »
« Mais regarde-moi ! Je ne peux pas t'apporter du bonheur »
Il parle d'une voix terrifiée.
« Mais tu es mon bonheur »
« Non, non. Je ne peux pas l'être… Pas avec les pensées que j'ai »
Et voilà, le problème est là : on n'est pas compatible. Je finis comme tous les soumis avant moi. J'essaye une dernière fois :
« Ça sera toujours entre nous ? »
Il hoche la tête d'un air grave. Le regarder est trop douloureux, je détourne le regard.
« Très bien. Je vais rentrer alors »
Je me redresse trop vite ayant oublié la brûlure de mes fesses.
« Non, ne t'en vas pas » dit-il, angoissé.
« C'est inutile de rester ici »
Je n'en peux plus. Tout est trop lourd à supporter. Je dois partir maintenant. Je me mets debout. Kurt aussi.
« Je voudrais m'habiller. Laisse-moi seul »
Je le laisse dans cette chambre et descends dans la sienne. A l'étage inférieur, je m'arrête un instant devant le grand salon. Il n'y a même pas trois heures, on était sur le banc du piano. Lui jouant, moi admirant. Cela semble remonter à des jours. J'ai regardé la réalité en face et fait connaissance avec la noirceur de son monde. Il ne peut pas aimer ou être aimé. Mon pire cauchemar vient de me rattraper.
J'ai tellement mal que je n'arrive pas à admettre la situation. Je suis vide. Je ne ressens rien. Tous mes sentiments ou sensations m'ont quitté. Tous sauf la douleur lancinante qui me ronge lentement. Je me douche rapidement pour obliger mon cerveau à se concentrer sur des gestes normaux et mécaniques.
Je me sèche vite et enfile des vêtements de ma valise. Quand je mets mon pantalon, le tissu rêche réveille la douleur de la peau de mes fesses. Je suis reconnaissant pour ça. Une microseconde, mon attention s'est détournée de la douleur de mon cœur brisé, démoli, piétiné, en mille morceaux.
Alors que j'allais tirer la fermeture de ma valise, la boîte du cadeau de Kurt m'interpelle. C'est une maquette en bois d'un planeur. La pression derrière mon crâne revient et les pleurs ne sont pas loin. Un moment magique. Un moment heureux. Un « plus ». Je dois lui offrir. Je lui écris un mot que je laisserai avec le cadeau.
En souvenir d'un instant plus qu'agréable.
Merci.
Blaine.
Je m'inspecte dans la glace. Je suis pâle et mes yeux sont rouges et gonflés. J'essaye de coiffer mes cheveux, sans succès. Tout mon monde vient de partir en fumée. Tous mes désirs et mes espérances ont été détruits. Ça ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie. Je prends une profonde inspiration, je prends ma valise, je pose le mot et le cadeau sur son lit et pars dans le grand salon.
Kurt est là, au téléphone. Il s'est habillé : un slim noir et un haut col en V noir aussi.
« Pardon ?! » crie-t-il en me faisant peur, « quel con ! Il nous a raconté des cracks. Donnez-moi son numéro, je vais m'en occuper. Quelle merde putain ! »
Il me regarde et verrouille ses yeux sur moi.
« Retrouvez-le » grogne-t-il avant de poser son portable.
Je vais vers le canapé à côté duquel est posé mon sac. En faisant mon possible pour oublier Kurt, je prends l'ordinateur et retourne le poser sur le comptoir avec l'IPhone et la clé de l'Audi.
Je finis par lever les yeux vers les siens qui sont étonnés et apeurés.
« Je veux l'argent que Joey a eu pour la vente de ma voiture »
Aucun signe de tremblements ou d'hésitation dans ma voix. Aucune émotion… Un exploit.
« Blainey, reprends tout ça. Je n'en veux pas, ça t'appartient »
« Non Kurt. Tu me les as prêté et je n'en veux plus »
« Blainey, réfléchis »
« Je ne veux rien qui puisse se rattacher à toi ou qui me rappelle toi. Je veux juste l'argent de ma voiture » dis-je d'une voix neutre.
Il glapit.
« Tu me fais intentionnellement souffrir ? »
Je le fixe et ne dit rien. Mais non enfin, je suis amoureux de toi !
« Non. Je me protège. Tu ne me désires pas de la même façon que je te désire »
« Blainey, s'il te plait, reprends tout ça avec toi »
« Je n'ai pas envie de me prendre la tête avec toi Kurt. Donne-moi l'argent, c'est tout »
Il me lance son regard autoritaire mais ça n'a plus aucune influence sur moi. Enfin presque plus. Je ne baisse pas les yeux et persiste.
« Un chèque ça te va ? » demande-t-il d'un ton bourru.
Je hoche la tête et il se détourne pour aller dans son bureau. Je regarde cet endroit une dernière fois : c'est beau et froid. Comme Kurt. Je contemple longuement le piano. Si je n'avais pas posé de questions, on aurait fait l'amour dessus. Non, on aurait baisé dessus. J'aurais fait l'amour, il aurait baisé. M'a-t-il déjà fait l'amour ou tout n'était que de la baise ?
Il est de retour et me tend une enveloppe.
« Joey est un bon négociateur. Il en a tiré un bon prix. Il va te ramener »
Sans un bruit, Joey arrive, toujours professionnel et classe.
« Non merci. Je préfère rentrer à pied »
Les yeux de Kurt brûlent de colère. Il doit se contrôler comme un dingue à cet instant.
« Tu vas me provoquer jusqu'à la fin ? »
« Pourquoi changer les bonnes habitudes ? »
Il soupire et passe deux fois la main dans ses cheveux.
« Blainey, s'il te plait. Accepte que Joey te ramène »
« Je vais préparer la voiture »
Joey clôt le débat.
Il part et Kurt baisse la tête. Il s'approche de moi mais je m'éloigne immédiatement. Il se fige, les yeux brillants et angoissés.
« Ne me laisse pas. Ne m'abandonne pas »
« Je suis obligé. Tu sais ce que je ressens et ce n'est pas réciproque. Et je ne peux pas satisfaire tes besoins »
Il fait un pas vers moi et tend le bras.
« Ne me touche pas. Je t'en prie. C'est trop, je ne peux pas »
S'il m'effleure, j'en mourrais.
Prenant ma valise d'une main et mon sac de l'autre, je pars dans le corridor. J'entends ses pas derrière moi. Il appelle l'ascenseur. Les portes s'ouvrent. J'entre dans la cabine.
« Adieu Kurt »
« Adieu Blainey »
Il semble dévasté. Il souffre le martyre. Comme moi. Je baisse les yeux avant de me précipiter dans ses bras et de le consoler. Les portes se ferment. Je descends. Je descends dans le gouffre qu'est ma souffrance.
Joey ouvre la portière arrière. Je monte dans la voiture en gardant les yeux baissés vers mes mains. Je suis triste. Je suis plus bas que terre. Je suis brisé. J'ai tout gâché. Tout est fini. Je voulais rendre la vie de mon maniaque plus lumineuse mais c'était bien trop ambitieux pour la petite personne que je suis. J'essaye de garder mes émotions sous contrôle, de les calmer de toutes mes forces. Je regarde dehors. Je suis un con. Je viens de le laisser. Kurt le seul homme que j'ai aimé. Kurt le seul homme qui m'ait touché. Une vague de souffrance me ravage. Je ne peux plus respirer. Je ne peux plus respirer. Je sanglote. J'essuie les larmes en cherchant désespérément un mouchoir dans ma poche. Joey m'en tend un sans rien dire.
« Merci »
Cette gentillesse me fait craquer pour de bon. Je me roule en boule sur la banquette arrière et pleure toutes les larmes de mon corps.
L'appartement est sombre, froid, vide. Je ne me sens pas chez moi ici. Cet endroit n'est pas ma maison.
Je vais dans la chambre. Accroché à mon lit, le ballon en forme d'hélicoptère que Kurt m'a envoyé flotte. Je prends des ciseaux et le perce. Je découpe la ficelle qui le retient, vengeur. Il est comme moi maintenant : détruit et il ne ressemble plus à rien.
Mais qu'est-ce que j'ai fait putain ?
Je m'effondre sur mon lit et serre mon ballon dégonflé contre moi. Je hurle de toutes mes forces. Une douleur sans nom énorme, puissante me brûle de l'intérieur et s'infiltre dans chacune de mes cellules. La douleur. La douleur de mon corps. La douleur de mon âme. Je me suis fait ça tout seul. Un torrent de souffrance me ronge, coupe mon souffle, rend les battements de mon cœur semblables à des millions d'aiguilles.
La douleur de la ceinture n'est rien par rapport à ton chagrin.
Je m'entoure de mes bras, essayant de refermer la plaie béante qu'à laisser Kurt dans ma poitrine. Je serre le ballon et le mouchoir de Joey et laisse ma peine me dévaster.
Et voilà, pour ce chapitre.
J'espère que vous ne me détestez pas et que vous n'avez pas une irrépressible envie de me tuer…
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans une review, qui me font toujours aussi plaisir à découvrir.
Merci d'avoir pris le temps de lire.
Je vous aime même si vous voulez me torturer :')
Bisous, bisous
Cindy :)
