Coucou mes chéris :)
Chapitre 28 : 58 follows… Et…
ON A DÉPASSÉ LES 40 FAVORIS WOOOOOOOOOOOOOOO !
En plus, on atteint PRESQUE les 300 reviews !
De quelle façon puis-je vous montrer que je suis dingue de vous ? J'aimerais vous faire un câlin à chacun d'entre vous. Vous êtes les meilleurs et cette fic ne serait pas là sans votre soutien.
Après mon instant « guimauve », les remerciements.
Merci aux personnes qui ont ajoutés Nuances (ou moi) à leurs alertes et leurs favoris.
Merci à Alexis, justmoi59, Emma, IheartIns, MsLeaMicheleS1, Claire, Clairegleek78, AnnaKlaineuse, Fen, Klaineuse, stl1985, Anne-So, LePinguAmoureux, StrangeFlo et Licorne-Klaine pour vos reviews.
Anderverysue : j'aime que le petit Blaine se rebelle, ça fait pas de mal un peu. Je suis contente qu'il t'ait plu. J'espère que la suite te plaira.
Justmoi59 : ouep tu as tout à fait raison. C'est une séparation bénéfique. J'aime que l'un ou l'autre soit jaloux… :)
Klainekisses : wow, on peut dire que tu l'as aimé donc :) Moi non plus, je n'aime pas tellement quand ils sont séparés. Même s'ils ne s'en rendent pas compte, ils se font du bien l'un l'autre. C'est vrai mais il devrait s'ouvrir bientôt… ) Tu es la première qui me parle de Joey et ça me fait trop plaisir parce que je veux qu'on ressente de la sympathie pour lui, genre comme l'affection que l'on a pour un oncle… Les portraits de pâtes sont le détail qui m'a tué. J'ai trouvé ça trop cool dans la série et je devais le caser quelque part ) une copine à moi déteste Paul comme toi, c'est trop drôle :D Ouep, je comprends mais la douleur était trop forte pour qu'il reste éloigné de Kurt. Tu es adorable :') j'espère pouvoir avoir ton avis régulièrement :) Bisous Emma.
IheartIns : hey ! C'est super gentil *.* La torture n'est pas le thème de cette fic ? Non, je ne suis pas sadique ) a la semaine prochaine j'espère :) Bisous.
MsLeaMicheleS1 : c'est adorable merci :') Ton français est très bien, ne t'inquiète pas :) quel est ton nom sur Twitter ? Je pourrais venir te parler comme ça )
Maloke : hehe, j'adore vous faire ça en vrai :D Mais exactement ! Je crois devenir folle à la fin de chacun de tes chapitres :O Je vois parfaitement de quel rapprochement tu parles *clignement d'œil tout à fait innocent*. Les yeux de Darren sont de la kryptonite ! C'est de la torture de les utiliser contre moi… ) Gros bisous ma Claire :)
Clairegleek78 : oui, il se laisse approcher et il se détend un peu plus. Le départ de Blaine était le coup de pied au cul dont il avait besoin. Je suis rassurée que tu aies trouvé le câlin sur le toit romantique. Je n'étais pas sûre de moi pour le coup. Sam et ses tableaux c'est le must du must :D c'est super agréable à écrire le fait que Blainey lui réponde. C'est super drôle je trouve :) oui tu as tout compris :) Merci !
AnnaKlaineuse : OH YEEEEAH :D oui ça me plait bien aussi :D à la semaine prochaine Anna :)
Fen : Blaine le laisse faire pour le moment sur le toit parce que Kurt lui manque et que la douleur diminue quand il est avec lui. J'ai fait exprès de créer une sorte de confusion au moment où Blaine obéit à Kurt même s'il ne veut pas partir. Je voulais montrer que même si Blaine a été blessé et humilié avec le truc de la ceinture, il est encore prêt à accepter le petit « jeu » de Soumis/Dominant. Et le moment dans la ruelle, les paroles de Kurt ne sont pas méchantes ou agressives. Je les ai peut-être écrites d'une façon qui fait que ça ne veut pas du tout dire ce que je voulais dire à la base… Mais non, les paroles de Kurt ne sont pas méchantes du tout :)
Klaineuse : TOI AUSSI TU DIS WALALALA ! :D bientôt, bientôt ) Tu as raison d'avoir peur d'Hunter. Blaine ne va rien faire avec lui ne t'inquiète pas mais pour ce qui est d'Hunter qui fait quelque chose à Blaine… Chuuuut ) c'est plutôt drôle à écrire quand Blaine commence à lui répondre en fait :D Non mais pourquoi vous avez tous un problème avec Paul mdr ? Moi je l'aime bien, il met le bordel dans leur petit monde #Cindylasadique ) Kurt ne serait pas Kurt sans être un tyran tu ne crois pas ? ) Bon je suis contente que leurs retrouvailles te plaisent alors, j'avais assez peur de les rater en fait. Ça aurait été dommage non ? C'est sûr que Blaine ne va pas avec Karofsky, c'est même affreux quand on y pense *brrrr* Tu vois, j'aime Joey aussi. Même si, comme tu le dis, il n'intervient pas souvent, il représente pour moi une espèce d'ange gardien pour les garçons tu vois ? Comme si sa présence les protégeait. C'est Tonton Joey :D c'est vrai, je crois qu'on ne verrait plus le papier peint de ma chambre si des tableaux d'eux deux existaient vraiment :O Bon, je suis sauvé, je vous ai évité une vague de sniffouillage (tu sais que depuis que tu m'as dit ce mot, je l'emploie tout le temps ?!) Santana, Burt et compagnie vont revenir BIENTOT ) je ne sais pas encore si je ferai d'autres ruptures, je n'écris pas mes chapitres à l'avance (enfin là j'ai presque terminé le 29ème). Je suis honorée alors *.* j'ai le droit à une signature rien que pour moi :') tu es adorable, tout le monde devrait être aussi gentil que toi. Woow c'est une longue réponse que je t'ai fait là :'D on se retrouve dans ta prochaine review :) gros bisooous.
Stl1985 : merci c'est très gentil :) j'espère que la suite te plaira :)
HOP3SO : je sais que les lys sont tes fleurs préférées je voulais te faire un clin d'œil :') D'accord ça marche. Gratouilles faites à mes deux cochons d'Inde )
LePinguAmoureux : ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. C'est déjà extra que tu reviewes donc ne t'en fais pas :) même si ce ne sont pas des reviews régulières, elles me font vraiment plaisir quand même :) Tout ça va venir, tu devrais être satisfaite ) Moi aussi je le trouve adorable (et très sexy) quand il est jaloux :) eh bien, je n'ai qu'une semaine de vacances qui commence ce soir (YEEEAAH) et j'ai mes exams à la rentrée donc non, désolée :( j'espère que tu ne m'en veux pas. Mais j'ai écrit le chapitre 29 en avance, donc il n'y aura pas l'attente qu'il y aurait dû avoir après ce chapitre. Me-suis-je faite pardonné ? Bisous, au prochain chapitre j'espère :)
StrangeFlo : oh merci c'est vraiment gentil :) merci à toi pour ta review. Et tu es la 40ème personne qui ajoute Nuances dans ses favoris :D j'espère pouvoir te retrouver par la suite !
Licorne-Klaine : tu es vraiment adorable, merci beaucoup, je ne te remercierai jamais assez ** Le comportement de Blaine va changer assez radicalement mais celui de Kurt aussi, tu verras avec ce chapitre, on le voit assez bien :) gros bisouuuuus ma Sarah *coeur*
Sur ce, bonne lecture !
ENJOY !
Chapitre 28
Kurt me tire rapidement jusqu'à la devanture d'un petit restaurant. Je n'ai même pas le temps de voir son nom tellement il est pressé.
« Ici, ça ira » grogne-t-il alors que nous entrons, « de toute façon, on ne doit pas traîner »
Cet endroit me semble très agréable. Tout le mobilier est en bois foncé, les lumières éclairent bien la salle sans pour autant éblouir. Des miroirs aux contours au style ancien sont aux murs. Les tables sont sobrement décorées avec des nappes blanches et des vases contenant des fleurs blanches aussi. Des bougies complètent le tout. C'est élégant mais aussi très intime. La voix chaude d'une femme est diffusée et donne une ambiance assez romantique. Très romantique même.
Un des serveurs nous dirige vers une table pour deux dans le fond de la salle. Je m'assieds en face de Kurt. Je me méfie de lui. Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir me dire ?
« Nous n'avons pas beaucoup de temps » annonce Kurt tandis qu'il s'empare du menu qu'il consulte rapidement, « nous prendrons tous les deux des magrets de canard avec de la sauce au Porto, des frites et des légumes. Et je voudrais la carte des vins »
« Très bien Monsieur »
Choqué par l'autorité et le ton sec et glacial de Kurt, le serveur s'éclipse en un coup de vent. Kurt sort son portable de sa poche et le pose, écran contre la table. Il ne veut pas décider de quelle main je dois manger tant qu'il y est ?!
« Que feras-tu si je suis allergique au canard ou que je n'aime pas ça ? »
Il souffle bruyamment.
« Blaine, arrête ça tout de suite »
« Je n'ai pas cinq ans Kurt ! »
« Eh bien n'agis pas comme si tu les avais ! »
Ses mots me font l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Ça va être comme ça toute la soirée donc ? Un échange de piques entre deux personnes énervées et à fleur de peau ? C'est dommage, le cadre est idyllique. Mais sans sentiments amoureux ou joyeux, ça ne sert à rien.
« Oh, j'agis comme un gosse de cinq ans seulement à cause d'une viande que je n'aime pas ? » chuchotais-je, ne voulant pas qu'il entende mon ton meurtri.
« Tu as fait exprès de jouer avec ma jalousie. Oui c'est une attitude de gamin. Tu ne t'es pas dit qu'il y aurait d'autres personnes touchées ? Et les sentiments de ton ami photographe tu y as pensé ? Ca entrait dans ton jeu aussi ? »
L'expression de Kurt devient morose quand le serveur se ramène avec la carte des vins. Il a la mâchoire crispée et la mine sévère.
Je baisse les yeux, honteux. Putain je suis un abruti. Je ne veux absolument pas raviver les sentiments de Paul… Oh le pauvre, je suis trop nul. Kurt a raison : c'est un comportement puéril. Il examine la carte entre ses mains.
« Tu veux choisir le vin peut-être ? »
Il soulève un de ses sourcils, un sourire arrogant sur les lèvres. Il me nargue. Il se moque de moi. Il sait très bien que je n'y connais rien.
« Non » répondis-je en cachant mon air boudeur.
Quel con ! Il m'a eu à mon propre jeu.
« On prendra deux verres de Saint Emilion alors »
« Excusez-moi mais ce vin n'est servi qu'à la bouteille Monsieur »
« Eh bien apportez-nous une bouteille dans ce cas » s'exaspère Kurt.
« Oui Monsieur »
Le serveur se dépêche de partir. Je peux le comprendre. Je n'aimerais pas m'attirer ses foudres.
Tu l'as déjà fait et ça s'est mal fini. Ceinture ça te dit quelque chose ?
Je lance un regard mauvais à mon maniaque du contrôle. Qu'est-ce qu'il a ? Pourquoi il semble embêté ? C'est à cause de moi sûrement… Je ne sais pas pourquoi mais dès qu'il est perturbé, ça semble être de ma faute.
« Tu es grincheux ce soir »
Il me fixe, le visage neutre.
« Vues les circonstances, c'est bizarre en effet »
« L'ambiance semble parfaite pour débuter une conversation sérieuse et honnête sur notre future, tu ne penses pas ? » dis-je ironiquement.
Je lui souris chaleureusement. Il fronce les sourcils et garde une expression impassible mais je vois ses lèvres trembler, signe qu'il retient un sourire.
« Excuse-moi » dit-il.
« Tu es pardonné. Et ne t'inquiète pas, je ne suis pas allergique au canard et j'aime ça »
« Cela me semble convenable étant donné que ce sera ton premier vrai repas depuis presque une semaine »
« « Convenable ». Toujours ce mot »
« C'est « convenable » » répète-t-il, les yeux brillants de malice.
Il me regarde, passe la main dans ses cheveux et son air grave est de retour.
« Blainey, quand nous avons discuté de notre avenir la dernière fois, tu m'as laissé. Ça me met assez mal à l'aise. Tout à l'heure j'ai dit que je voulais te récupérer mais j'attends toujours ton avis là-dessus »
Ses yeux sont ardents, plein d'impatience. Son air naïf est vraiment très déstabilisant. Comment je peux formuler ce que je pense ?
« Tu m'as manqué. Tu m'as énormément manqué Kurt. Cette semaine a été… dure »
J'inspire profondément. Une boule d'angoisse pèse sur mon estomac, de peur que la douleur que j'ai ressentie ces derniers jours refasse surface. Depuis mon départ samedi matin, l'enfer est devenu mon quotidien. Jamais je n'avais eu aussi mal. Jamais je n'avais été si désespéré. Jamais je n'avais autant souffert. Ç'en est presque irréel. Mais toutes ces émotions reviennent et ma respiration se bloque dans ma poitrine.
« Tout est identique. Je ne peux pas être la personne que tu désires »
Essaye de garder ton calme, ne flanche pas maintenant.
« Tu es exactement la personne que je désire » dit-il sans équivoque.
« Kurt, tu sais que c'est faux »
« Je comprends que tu sois furieux à cause des événements de samedi. J'ai conscience d'avoir été con mais… Tu l'as été aussi. Tu peux me dire pourquoi tu n'as pas utilisé le mot d'alerte Blaine ? »
Il rejette la faute sur moi ou je rêve ?! Il n'est vraiment pas gêné. Il y a deux secondes, il était presque doux et là, pouff, il m'accuse.
« Dis-moi »
« Je n'en sais rien. J'étais complétement chamboulé. Je voulais devenir le genre de personnes que tu… apprécies. Je voulais me prouver que la douleur était supportable. J'ai juste oublié d'accord ? Je n'y pensais plus » murmurais-je, mortifié et rouge comme un coquelicot.
Je baisse la tête. Finalement, on aurait pu éviter tout ça : toute la peur et toute la souffrance.
« Tu n'y pensais plus ! »
Epouvanté, les yeux assassins, il tient le bord de la table si fort que la jointure de ses doigts est blanche. Je me rapetisse sur ma chaise.
Oh non merde, il est à nouveau fou de rage.
C'est tout gagné. Tu lui as mis les nerfs en pelote.
« Comment suis-je censé avoir confiance en toi ? » demande-t-il d'une voix grave, « je n'arrive pas à le croire »
Le serveur réapparait à notre table avec la bouteille de vin alors que nous nous toisons du regard : mes yeux noisette apeurés dans le bleu énervé des siens. Nos regards dissimulent à peine tous les reproches que l'on garde en nous. Le serveur débouche la bouteille avec une théâtralité inutile et sert Kurt. Celui-ci prend immédiatement une gorgée de son verre.
« Merci » dit poliment mais sèchement Kurt.
Le serveur me sert à mon tour, nous laisse la bouteille au centre de la table et s'éloigne de nous en un éclair. Je ne tiens plus et je lui lance :
« Excuse-moi »
Je bois goulument le vin pour apaiser la brûlure de ma gorge. Je me sens comme le pire des cons. Je l'ai laissé samedi parce que j'avais la conviction que nous deux, ça ne marcherait pas, que nous n'étions pas compatibles. Mais ce qu'il dit est vrai : j'aurais pu tout faire cesser et le stopper alors qu'il me frappait.
« Pourquoi tu t'excuses ? » me questionne-t-il, soucieux.
« J'aurais dû dire le mot d'alerte »
Il soupire comme si je venais de lui retirer une épine du pied.
« Toute cette douleur aurait pu être évitée » souffle-t-il.
« Tu as l'air d'être en pleine forme… »
Il a l'air exactement comme d'habitude en fait !
« Il ne faut jamais se fier aux apparences » dit-il doucement, « je ne suis pas du tout en pleine forme comme tu dis. Depuis samedi, toute lumière a disparu, j'ai l'impression d'être entouré par des ténèbres épaisses Blainey. Tout ce qui m'entoure est noir et étouffant depuis une semaine »
Cette révélation me tord le ventre. Il a ressenti les choses comme moi alors.
« Tu m'avais dit que tu n'irais nulle part, que tu ne m'abandonnerais pas. Mais face à la première difficulté, tu as pris tes jambes à ton cou et tu es parti »
« Je ne t'ai jamais dit que je ne t'abandonnerais pas »
« Si. Quand tu dormais. Ce sont les mots les plus apaisants que je n'ai jamais entendu Blaine. Ils m'ont réconfortés »
Mon cœur se serre. Je prends une autre gorgée de vin.
« Tu m'as dit que… tu m'aimais » murmure-t-il, « tu ne le ressens déjà plus ? »
Sa voix est très basse, presque tremblante et apeurée.
« Bien sûr que je le ressens toujours »
Il a l'air terriblement fragile et peu sûr de lui à cet instant.
Il lâche un souffle.
« D'accord »
Ce petit « d'accord » murmurer m'étonne complétement. Il ne réagit plus de la même manière. Quand je lui ai dit « je t'aime » samedi matin, il était terrifié et prêt à fuir.
Le serveur revient, pose nos assiettes fumantes devant nous et repart. Tout ça en moins d'une minute.
Même si ce plat sent bon et a l'air délicieux, je ne me sens pas d'en manger une seule bouchée.
« Mange ! » me commande Kurt.
Je sais que je meurs de faim, n'importe qui aurait faim après cinq jours à ne quasiment rien manger mais là, dans l'immédiat, une boule enserre mon estomac. Discuter ou négocier ma relation future peu commune avec le seul homme dont je suis tombé amoureux me coupe l'appétit.
J'examine le contenu de mon assiette avec perplexité. Kurt me regarde fixement depuis l'autre côté de la table.
« Je te jure Blaine que si tu n'avales pas tout ça, tu vas finir assis sur mes cuisses devant tout le monde. Et crois-moi aucune attente sexuelle ne sera derrière ce geste. Maintenant mange ! »
Oh il va se calmer le sadique !
Je le regarde, un air de défi sur le visage mais me retient de lui répondre d'aller se faire voir.
« Ok, ok je vais manger. Détendez-vous, toi et tes mains qui te chatouillent »
Il me fixe, une expression dure et froide sur ses traits. Il ne sourit même pas. Sans le vouloir vraiment, je m'empare de mes couverts et tranche un bout de mon magret de canard. Wow c'est, comme je le pensais, délicieux. Je me rends compte de la grandeur de ma faim. Kurt a l'air de se relaxer alors qu'il m'observe avaler un morceau de viande.
Nous continuons de dîner sans qu'aucun de nous ne parle. Une chanson différente ambiance le restaurant. Une voix douce féminine chante sur un air mélancolique. Elle chante sur une histoire d'amour qui l'a transformée mais dont elle ne peut pas se passer.
Tu crois que c'est un signe du destin ou une connerie du genre ?
Je regarde rapidement mon maniaque du contrôle. Il me contemple en train de manger. Ses yeux ardents sont emplis d'appétit, d'envie et de peur.
« Tu connais le nom de cette chanteuse ? » lui demandais-je pour créer un sujet de conversation.
Kurt lève les yeux, fronce les sourcils comme pour mieux écouter la voix.
« Non mais sa voix est superbe »
« Oui je trouve aussi »
Il me regarde intensément et affiche son sourire en coin sexy et secret.
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
« Pour rien » secoue-t-il la tête, « finis ton assiette » ajoute-t-il doucement.
J'ai mangé presque la moitié du dîner. Comment lui dire que je ne veux pas terminer ?
« Je n'ai plus faim. Est-ce que Monsieur est satisfait par mon alimentation pour ce soir ? »
Il m'observe stoïquement et ne dit rien. Il rompt le contact visuel en consultant sa montre.
« Je vais exploser si j'avale encore une bouchée »
Je prends un peu de vin de mon verre.
« On va devoir rentrer. Je vais prévenir Joey. Tu dois être reposé, tu travailles demain »
« Toi aussi »
« C'est vrai mais je me contente de très peu d'heures de sommeil. Mais toi tu dois dormir Blaine. Je suis content, tu t'es nourri un minimum »
« On ne rentre pas à pied ? Je ne risque rien avec toi »
« Exact mais je préfère que Joey nous récupère. Comme ça, je peux lui demander de faire un grand détour pour t'avoir pour moi tout seul dans la voiture plus longtemps. Je me demande ce qu'on pourrait faire, à part parler, rien que toi et moi… »
Il avait tout prévu !
Kurt lève le bras pour indiquer au serveur que l'on a terminé et qu'il veut l'addition. Il compose ensuite un numéro sur son portable.
« On est au Brinkley's sur Broome Street, près de la galerie »
Il raccroche. Pas de « merci ». Pas de « s'il vous plait ». Juste des ordres froids.
« Tu es très impoli avec Joey. Enfin tu l'es avec tout le monde quasiment »
« Je vais au plus court et précis. Il n'y a pas besoin de tourner autour du pot quand on sait ce qu'on veut Blaine »
« Pourtant, j'ai la sensation que tu as tourné autour du pot toute la soirée. On en est au même stade Kurt »
« J'ai une offre à te proposer »
« Si je ne me trompe pas, tout a commencé avec une offre que tu m'as proposé »
« C'est une offre… différente »
Le serveur revient et tend l'addition à Kurt. Il ne la regarde même pas et donne sa carte de crédit en échange. Il me jette un regard sceptique alors que le serveur effectue le paiement. Son portable vibre sur la table ce qui l'oblige à détourner les yeux de moi. Il veut me faire une nouvelle offre ? Qu'est-ce qu'il a pu encore trouver ? Des idées plus que farfelues me viennent en tête : un kidnapping ?
Il ne te demanderait pas ton avis abruti !
Hmm… Il va peut-être me séquestrer et se servir de moi comme un objet sexuel…
Il t'a dit « offre différente ». Ça c'était l'ancien contrat, réfléchis un peu !
Ouais, ce n'est pas faux ça…
« Tu viens ? Joey est là »
Nous nous mettons debout et Kurt enlace nos mains ensemble.
« Je ne veux pas te perdre Blaine »
Il amène nos mains près de sa bouche et il embrasse tendrement l'intérieur de mon poignet. La douceur de ses lèvres contre ma peau fait naître un frisson dans le bas de mon dos.
La voiture de Kurt est garée juste à la sortie du restaurant. Kurt ouvre la portière arrière pour que je puisse m'installer. Je me place confortablement contre le cuir de la banquette. Il contourne la voiture et va discuter avec Joey. D'habitude, il ne fait pas comme ça. Pourquoi est-ce qu'il agit différemment cette fois ? Ma curiosité est piquée. Qu'est-ce qu'ils peuvent bien se dire ? Après une minute à peine, Kurt est à côté de moi et fixe un point invisible devant lui avec un air impassible et Joey est derrière le volant.
J'en profite pour observer mon maniaque du contrôle : sa belle peau nette et pâle, son nez adorable, ses lèvres pulpeuses et rose, ses magnifiques cheveux dressés sur sa tête. Il est définitivement trop bien, trop beau pour moi, Blaine Anderson : homme d'une banalité effarante.
Un air mélodieux et calme de musique classique envahit l'habitacle de la voiture. Je ne connais pas ce morceau. Joey met le contact et prend la route.
Kurt tourne la tête pour que l'on puisse être face à face.
« Donc Blaine, j'ai une offre à te proposer »
Je regarde dans la direction de Joey d'un air méfiant.
« Ne t'inquiète pas, il n'entend rien » m'assure Kurt.
« Il a des oreilles donc il peut entendre »
« Joey » hèle Kurt.
Mais il ne répond pas. Kurt réitère l'expérience mais aucune réaction de sa part. Kurt finit par lui secouer doucement l'épaule. Joey retire des écouteurs que je n'avais pas vus.
« Un problème Monsieur ? »
« Non Joey. Merci ça va. Vous pouvez remettre vos oreillettes »
« Très bien Monsieur »
« Rassuré ? Il a sa propre musique. C'est un grand amateur de Mozart. Fais comme s'il n'était pas là. Oublie juste sa présence »
« C'est toi qui lui a ordonné de faire ça ? »
« Oui »
Ce n'est pas flippant du tout.
« Alors cette offre ? »
Kurt affiche son air sûr de lui et revêt son attitude « chef d'entreprise méga puissant ». Cela ne me dit rien qui vaille. Je suis sûr qu'il va me refaire le même coup qu'avec son foutu contrat.
« Je veux savoir quelque chose pour commencer : est-ce que tu veux une histoire d'amour romantique sans aucune baise perverse ? »
Je suis abasourdi.
« Perverse ? »
« Oui, perverse »
« Je suis vraiment étonné que tu qualifies ta baise de perverse »
« Tu vois c'est ce que j'ai fait. Alors ta réponse ? » demande-t-il patiemment.
Je joue avec mes mains et baisse la tête vers elles en m'empourprant pour ce que je m'apprête à dire :
« Tes baises perverses me plaisent » chuchotais-je.
« Hmm… Je m'en doutais. Et qu'est-ce qui ne te plaît pas ? »
Eh bien… Ne pas être en mesure de pouvoir te toucher où je souhaite. Le fait que tu aimes me voir souffrir. La crainte de revoir la ceinture.
« L'épée de Damoclès qui flotte au-dessus de ma tête »
« Explique-toi »
« Tu vois, les cannes, les fouets, tous ces jouets de ta salle de torture moderne me filent la frousse. Je ne veux pas que tu t'en serves sur moi »
« Très bien. Pas de cannes ni de fouets. Et inutile de préciser pas de ceintures je suppose » ajoute-t-il amèrement.
Je le fixe, curieux.
« Tu tentes d'établir de nouvelles limites à ne pas franchir ? »
« Non pas vraiment. Je cherche juste à te cerner. Je veux savoir, connaître les choses que tu apprécies et celles qui te révulsent »
« Ce qui me pose le plus gros problème, la plus grosse retenue, c'est que tu tires ton plaisir de ma souffrance Kurt. C'est dur pour moi de me dire que tu aimes provoquer ma douleur. Et j'ai peur que tu me fasses mal si je dépasse une de tes règles imaginaires »
« Elles ne sont pas imaginaires. Elles sont établies »
« Je veux qu'on oublie toutes ces règles alors ! »
« Toutes ? »
« Toutes »
J'inspire pour me rafraichir les idées. Mon cœur bat à toute vitesse. Où cette conversation va nous mener ?
« Et les fessées ne te posent aucun problème ? »
« Ça dépend avec quoi tu me les donnes »
« Avec ça » dit-il en agitant sa main droite.
Je gigote sur mon siège, assez gêné.
« Non, ça ne me gêne pas. Surtout si on utilise les boules argentées avec… »
Heureusement qu'il fait noir. Au moins, il ne peut pas voir mes joues rougir. Mais il a dû entendre ma voix flancher quand je me suis souvenu de la nuit où il avait utilisé cet accessoire. Je suis définitivement prêt à recommencer.
Il affiche un sourire fier.
« C'est vrai. C'était très bon »
« Plus que ça même »
« Donc tu es capable d'endurer une douleur minime »
« Oui je crois »
Qu'est-ce qu'il cherche avec ses questions ? Mon anxiété franchit un nouvel étage dans le creux de mon ventre.
Il se tapote les lèvres avec son index, un air songeur sur le visage.
« Blaine, je veux que l'on efface tout et que l'on reparte à zéro. Je veux que l'on ait une histoire d'amour romantique. Une vraie. Dès que tu auras confiance en moi et que je saurais que tu es franc et apte à te confier à moi alors on pourra retenter mes jeux »
Je le dévisage, les yeux et la bouche grands ouverts, étonné, totalement sur le cul. Tout vient de s'arrêter en moi, comme si une surcharge d'informations trop volumineuses venait d'entrer dans mon crâne. Son silence me dit qu'il craint ma réponse. Je ne discerne pas les traits de son visage car il fait trop sombre. On est arrivé là où je voulais qu'on soit.
Il veut faire entrer un peu de lumière dans ses ténèbres personnelles. Suis-je égoïste à ce point pour accepter ? Ou bien j'aime moi aussi le côté sombre de Kurt ? Tous les moments où j'ai eu un aperçu de ses nuances de folie me reviennent en tête.
« Et pour les punitions ? »
« Plus de punitions. Plus aucune »
« Et les règles ? »
« Plus de règles non plus »
« Plus aucune ? Je sais qu'elles sont essentielles pour toi »
« Mais tu m'es encore plus essentiel Blaine. Cette semaine a été affreuse, un enfer pour tout te dire. Chaque cellule de mon corps me soufflait qu'il fallait que je t'efface de mon esprit car je n'étais pas digne de toi. Les tableaux que Sam a faits de toi… J'ai réalisé de quelle façon il te perçoit : débordant de joie de vivre et magnifique. Enfin tu es magnifique tout le temps, j'en ai tout à fait conscience. Mais je sais que tu n'es pas joyeux, je sais que la souffrance te ronge. C'est affligeant de savoir de savoir que c'est de ma faute. Je suis une personne ingrate. J'ai voulu t'accaparer dès que tu es entré dans mon bureau pour cette interview. Tu es délicieux, honnête, enthousiaste, courageux, intelligent et tu es d'une pureté éclatante. J'oublie certainement plein de choses. Tu m'enivres. Je ne veux pas te partager. Avec personne. T'imaginer avec un autre homme fend mon cœur de pierre »
Mon cœur bat comme un fou dans mes oreilles. Putain de merde. Alors si son discours n'est pas la plus belle de toutes les déclarations, je veux bien sauter du dernier étage de l'Empire State Building. Sa dernière phrase est comme l'interrupteur qui lâche le torrent de mots qui passe mes lèvres.
« Kurt, pourquoi penses-tu que ton cœur est fait de pierre ? Je ne pourrais jamais penser ça. Je dirais qu'il a été abimé par tous les événements de ta vie mais je sais que tu es quelqu'un de bien. Je sais que tu es serviable et sincère. Je n'ai jamais cherché à comprendre ta situation. La semaine dernière, tout en moi s'est ébranlé. C'était le déclic dont j'avais besoin. Je me suis pris en pleine tête la réalité. Je pouvais accepter le contrat, la partie théorique de la chose. Mais quand est venue la pratique, j'ai compris que je ne pouvais pas être la personne que tu attendais que je sois. Et quand je suis rentré chez moi, quand je t'ai laissé, j'ai réalisé que la douleur que tu m'as infligée avec la ceinture était minime à côté de celle que je ressentais à l'idée de ne plus jamais te revoir. Je veux te plaire et te satisfaire mais c'est compliqué »
« Tu me plais comme tu es » chuchote-t-il, « je ne sais pas comment te le dire pour que tu comprennes »
« Je n'arrive pas à te cerner. Tu es tellement secret et mystérieux, je ne sais jamais comment tu vas réagir. Tu me fais penser à un animal sauvage que je voudrais apprivoiser. Tu me fais peur parfois. C'est pour ça que je reste sur mes gardes. Je n'arrive pas à capter ton humeur. Un moment c'est blanc, la seconde suivante c'est noir. C'est déroutant. Et puis je ne peux pas te toucher ou te caresser comme je le souhaite alors que je veux simplement te montrer à quel point je t'aime »
Il ferme lentement les yeux avec précaution. Je ne peux pas me contenir plus longtemps. Je retire ma ceinture de sécurité et me place sur ses genoux. Il sursaute, surpris par mon initiative. J'encadre son visage en posant délicatement mes mains sur chacune de ses joues.
« Je t'aime Kurt Hummel. Et je sais que tu es capable de tout pour moi. C'est plutôt moi qui ne suis pas digne de toi. Je m'excuse de ne pas pouvoir te rendre tout ce que tu m'apportes. J'y arriverai peut-être si j'en ai l'occasion. Mais oui j'accepte ton offre. Est-ce que je dois signer quelque chose ? »
Il enroule ses bras autour de mon corps et me serre contre son torse.
« Oh Blainey » souffle-t-il, le nez niché dans mes boucles.
Nous restons blottis l'un contre l'autre en silence, en profitant de cette étreinte et de l'air joué au violoncelle qui nous enveloppe. Tout est tendre et apaisant. C'est l'accalmie après la tempête. Je me love contre sa poitrine, la tête posée dans le creux de sa clavicule. Il trace des cercles dans mon dos.
« Me toucher est une limite à ne pas franchir » murmure-t-il.
« Je sais. J'espère qu'un jour je saurais pourquoi »
Il ne répond pas et je ne m'attendais pas à ce qu'il le fasse. Mais je l'entends lâcher un souffle avant de parler :
« Ma jeunesse a été vraiment affreuse » commence-t-il très doucement, « il y a eu la mort de… de ma mère alcoolique et… »
Il se tait et je le sens trembler contre moi. Il n'y a pas eu que la mort de sa mère alors ?!
« Et d'autres trucs à l'école ensuite. C'est difficile. Je me rappelle de tout » chuchote-t-il en frémissant toujours.
Je vais éviter de lui poser des questions sur ce qui lui est arrivé à l'école. Ça a l'air de beaucoup de le bouleverser. L'image de ses cicatrices sur son torse et dans son dos me revient. Je sens mon cœur se soulever. Oh mon Kurt. Je resserre un peu plus fort mes bras autour de son cou.
« Elle t'a violenté ? Ta mère ? »
Je parle d'un ton monocorde en essayant de ne pas pleurer.
« Non. Enfin si c'est le cas je ne m'en souviens pas. Elle ne s'occupait pas de moi quand mon père n'était pas là. Je pouvais rester plusieurs jours sans manger. J'ai toujours pensé que j'étais celui qui prenait soin d'elle alors que ça aurait dû être l'inverse. Le… Le jour de l'accident, elle n'a rien fait pour éviter la voiture de l'autre alcoolique, elle était trop bourrée. Je suis resté je ne sais combien de temps à tremper dans son sang. C'est… C'est un de mes seuls souvenirs »
Oh mon Dieu… Il était dans la voiture ! Je sens mon ventre se tordre en imaginant ce petit garçon de six ans terrifié alors que sa mère était… morte près de lui.
« C'est vraiment merdique » murmurais-je.
« Sous toutes les nuances possible » chuchote-t-il.
Je dépose un petit baiser sous son oreille dans le creux de sa mâchoire. J'aurais tellement aimé prendre ce petit garçon dans mes bras et le protéger cette nuit au lieu qu'il passe des heures près du cadavre de sa mère. Je l'imagine couvert de sang, ses yeux bleus baignés de larmes, à appeler sa maman parce qu'il avait peur.
Mon Kurt. J'inspire son parfum. J'adore son odeur, c'est ma préférée parmi toutes. Il serre encore plus ses bras autour de mon corps et embrasse mon front. Je reste contre lui alors qu'il me berce et que la voiture roule dans les rues new-yorkaises.
Kurt me secoue gentiment. J'ouvre les yeux que je ne savais pas avoir fermés.
« Hey » chuchote Kurt.
« Excuse-moi. Je ne me suis pas rendu compte que je dormais »
Je me mets un peu plus droit et frotte mes yeux avec mes poings. Je remarque que je suis toujours à la même place, contre lui et sur lui.
« Je pourrais passer ma vie entière à te regarder dormir Blainey »
« J'ai dit quelque chose ? »
« Non »
« On est où ? »
« Presque chez toi »
Mais si je me suis endormi… Je ne comprends rien.
« Mais le trajet n'est pas si long que ça »
« Je ne voulais pas te réveiller. J'ai demandé à Joey de faire un détour »
Oh, il l'a vraiment fait… Puis ce qu'il a dit s'impose à moi :
« Chez moi ? On ne va pas au Phénix ? »
« Non »
Je me tiens droit pour pouvoir le regarder.
« Pourquoi pas ? »
« Tu dois aller au travail demain »
« Oh d'accord » dis-je en baissant la tête, boudeur.
« Pourquoi ? Tu avais d'autres plans pour nous ? »
Je gigote.
« Euh… C'est probable »
Il rit doucement.
« Blaine, je ne te ferai rien, je ne te toucherai pas de nouveau sans que tu me supplies »
« Pardon ? »
« Tu seras obligé de me parler comme ça. Quand nous ferons l'amour ensemble, il faudra que tu me décrives tout ce que tu souhaites. Vraiment tout »
« Oh »
Il me fait glisser sur la banquette quand Joey stoppe la voiture devant mon appartement. Kurt descend et m'ouvre la portière.
« Je veux te donner quelque chose »
Il se déplace vers l'arrière de la voiture et sort une grosse boîte avec un nœud dessus du coffre. Qu'est-ce qu'il a encore acheté pour moi ?
« Je veux que tu l'ouvres chez toi »
« Tu ne veux pas monter ? »
« Non Blaine »
« On se revoit quand dans ce cas ? »
« Demain »
« Je dois aller prendre un verre avec Hunter mon patron demain soir »
Kurt fronce les sourcils.
« Vraiment ? » demande-t-il d'une voix dure et froide.
« Oui. Il veut qu'on aille fêter ma première semaine de travail »
« Où ? »
« Je ne sais pas »
« Je te récupérerai après alors »
« Ok. Je t'enverrai un SMS ou un mail »
« Bien »
Il se tient derrière moi tandis que je plonge la main dans ma sacoche à la recherche de mes clés. Une fois que j'ai ouvert la porte de mon bâtiment, Kurt penche son visage vers le mien et tient mon menton entre deux de ses doigts. Ses lèvres sont proches des miennes mais elles ne les touchent pas. Il ferme les yeux et trace un chemin de baisers le long de ma mâchoire avant de s'arrêter à la commissure gauche de ma bouche. Je lâche un faible gémissement, le feu du désir libéré en moi et le sang ayant migré vers le Sud.
« On se voit demain » souffle-t-il.
« Bonne nuit Kurt » dis-je d'une voix rendue tremblante par l'envie.
Il affiche un sourire satisfait.
« Rentre au chaud maintenant » ordonne-t-il.
Je me dirige vers les escaliers avec mon paquet cadeau sous le bras.
« A plus bébé » dit-il en se tournant avec grâce vers la voiture.
Dès que j'entre dans l'appartement, je défais l'emballage de mon cadeau. Je trouve mon MacBook Pro, mon IPhone et une autre boîte. Qu'est-ce que c'est ? Je me dépêche de le déballer et j'y trouve un très fin étui en cuir noir.
Oh, un IPad Air ! Putain, ça coûte un bras ! Un petit mot calligraphié par Kurt cette fois est coincé dans un coin de la coque :
Blaine,
Voici un petit cadeau pour toi.
Je sais que tu attends certaines choses de moi.
Je ne suis pas très doué pour les dire mais les musiques sur cet IPad le feront à ma place.
Kurt.
Une playlist « A cœur ouvert » de Kurt Hummel dans ce petit bijou de technologie ? J'aime ça. Je me sens un peu coupable en pensant à la somme qu'il a encore dépensé pour moi mais, franchement, ce cadeau est extra. Je sais m'en servir parce qu'Hunter en a un au bureau.
Je l'allume. Mon cœur rate un battement quand je vois l'image de l'écran de verrouillage. C'est le modèle réduit du planeur. Celui que je lui ai offert. Il est dressé sur un support en verre sur ce que je suppose être le bureau de Kurt. Un sourire idiot s'étend sur mon visage.
Il l'a construit. Il l'a vraiment fait. « Il plane sur mon bureau ». Oh mais oui, il l'avait mentionné dans le mot accompagnant le bouquet de lys. Je suis vraiment touché. Ce petit cadeau compte pour lui.
Je déverrouille l'écran en faisant glisser mon doigt dessus et, encore une fois, mon cœur fait une embardée. Le fond d'écran est la photo de Kurt et moi à la cérémonie de remise de diplômes. C'est la même qui a paru dans le New York Times. Kurt est sublime. Et il est à moi. Un sourire béat prend place sur mes lèvres.
Je fais défiler toutes les icônes des applications. Il y a iBooks, Word, iTunes, Kindle et bien d'autres. La plupart me sont inconnues et je ne sais absolument pas à quoi elles servent.
Attends… The Library of Congress ?! Je clique sur l'icône et un menu s'affiche. Oh mon Dieu ! C'est l'intégralité de la bibliothèque de Washington juste entre mes mains ! Je trouve un moteur de rechercher et j'y tape Oscar Wilde. Une nouvelle page charge et fait apparaître tout en rapport avec l'auteur. Je clique sur Poems et l'œuvre originale s'affiche. Putain ! C'est la toute première édition de 1895 ! Kurt m'a acheté la plus grande bibliothèque du monde !
Je me force à fermer l'application sinon je ne vais plus jamais la quitter. Il y a une application pour des journaux, pour des chaînes d'informations, pour la météo. Il y en a même une qui dit : « comment faire pour suivre un entraînement de remise en forme ». Quel… Kurt !
Bon, son mot parlait de musique. Je retourne à l'écran principal et touche l'icône d'iTunes. Toute une liste de chansons s'affiche. Je la fais glisser. Gloria des Doors… Celle-ci risque de me rester toute ma vie.
Ce n'est pas comme si tu t'étais fait baisé dessus c'est vrai…
Kiss de Prince sur laquelle on a dansé dans le grand salon.
Le morceau de Bob Dylan Knockin' on Heaven's Door. Non tout est encore trop frais pour celui-là.
Hallelujah de Jeff Buckley.
Muse mon groupe préféré.
I Put a Spell on You de Nina Simone. Exactement Kurt pour celle-ci. Aucune n'aurait pu mieux lui correspondre.
Il y en a plein d'autres que je ne connais pas.
Une chanson attire mon attention : My Heart is Open de Maroon 5. Le groupe préféré de Zoé. Je m'installe sur mon lit et me laisse bercer par les premières notes et par la voix d'Adam Levine.
Est-ce que Kurt va s'ouvrir à moi ? Est-ce qu'il va m'ouvrir son cœur ? Je me concentre sur les paroles chantées.
Cause I can't breathe until I can see your face
[Car je ne peux respirer quand je ne vois pas ton visage]
Pourquoi est-ce qu'il a changé d'avis aussi radicalement ? Je lui ai manqué. Il m'a manqué. Il ressent peut-être quelque chose pour moi. C'est sûrement l'explication. L'IPad, les musiques, toutes ces applications… Je compte pour lui. Je compte énormément pour lui. Ma poitrine enfle sous l'espoir et la joie qui m'envahissent.
La chanson se termine. Les larmes aux yeux, je chercher un autre morceau. Je trouve Don't Derserve You de Plumb. Je le connais mais je ne me suis jamais arrêté sur les paroles. Je ferme les yeux et écoute attentivement.
You're the first face that I see
[Tu es le premier visage que je vois]
And the last thing I think about
[Et la dernière chose à laquelle je pense]
You're the reason that I'm alive
[Tu es la raison pour laquelle je suis en vie]
You're what I can't live without
[Je ne peux vivre sans toi]
You're what I can't live without
[Je ne peux vivre sans toi]
Je me mets à pleurer. Je ne peux pas m'en empêcher. Oh mon Kurt… Je ne sais pas trop s'il me demande pardon ou s'il me dit qu'il est prêt à accepter mon amour même si tout le pousse à faire le contraire.
You never give up
[Tu n'abandonnes jamais]
When I'm falling apart
[Quand je m'effondre]
Your arms are always open wide
[Tes bras sont toujours grands ouverts]
And you're quick to forgive
[Et tu es le premier à pardonner]
When I make a mistake
[Lorsque je commets des erreurs]
You love me in the blink of an eye
[Tu m'aimes en un clin d'oeil]
I don't deserve your love
[Je ne mérite pas ton amour]
But you give it to me anyway
[Mais tu me le donnes quand même]
Can't get enough
[Je ne m'en lasse pas]
You're everything I need
[Tu es tout ce dont j'ai besoin]
And when I walk away
[Et lorsque je m'enfuis]
You take off running and come right after me
[Tu quittes tout et viens me chercher en courant]
It's what you do
[C'est ce que tu fais]
And I don't deserve you
[Et je ne te mérite pas]
You're the light inside my eyes
[Tu es la lumière dans mes yeux]
You give me a reason to keep trying
[Tu me donnes une raison d'essayer]
You give me more than I could dream
[Tu me donnes plus que ce que je peux rêver]
And you bring me to my knees
[Et tu me mets à genoux]
You bring me to my knees
[Tu me mets à genoux]
Your heart is gold and how am I the one
[Tu as un cœur en or et comment puis-je être]
That you've chosen to love
[Celui que tu as choisi d'aimer]
I still can't believe that you're right next to me
[Je ne peux toujours pas croire que tu es là à mes côtés]
After all that I've done
[Après tout ce que j'ai fait]
I don't deserve your love
[Je ne mérite pas ton amour]
But you give it to me anyway
[Mais tu me le donnes quand même]
Can't get enough
[Je ne m'en lasse pas]
You're everything I need
[Tu es tout ce dont j'ai besoin]
And when I walk away
[Et lorsque je m'enfuis]
You take off running and come right after me
[Tu quittes tout et viens me chercher en courant]
It's what you do
[C'est ce que tu fais]
And I don't deserve you
[Et je ne te mérite pas]
I don't deserve a chance like this
[Je ne mérite pas une chance comme celle-là]
I don't deserve a love that gives me everything
[Je ne mérite pas un amour qui me donne tout]
You're everything I want
[Tu es tout ce que je désire]
I don't deserve your love
[Je ne mérite pas ton amour]
But you give it to me anyway
[Mais tu me le donnes quand même]
Can't get enough
[Je ne m'en lasse pas]
You're everything I need
[Tu es tout ce dont j'ai besoin]
And when I walk away
[Et lorsque je m'enfuis]
You take off running and come right after me
[Tu quittes tout et viens me chercher en courant]
It's what you do
[C'estce que tu fais]
And I don't deserve you
[Et je ne te mérite pas]
And I don't deserve you
[Et je ne te mérite pas]
J'efface les larmes qui strient mes joues. Je dois lui écrire un mail pour lui dire merci. Je me redresse vite et attrape l'ordinateur. Je m'assois ensuite sur le lit. J'allume le Mac et commence à taper.
De : Blaine Anderson
Objet : Bijou de technologie
A : Kurt Hummel
Me voilà encore en train de pleurer pour toi.
J'aime l'IPad.
J'aime les musiques.
J'aime l'application de la Library of Congress.
Je t'aime.
Je te remercie.
Bonne nuit.
Blaine.
De : Kurt Hummel
Objet : Bijou de technologie
A : Blaine Anderson
Je suis ravi que mon cadeau te fasse plaisir. J'en ai acheté un pour moi aussi.
Si seulement j'étais à tes côtés, j'effacerais tes larmes avec mes baisers.
Mais je ne suis pas avec toi donc va dormir.
Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.
Je souris en lisant sa réponse. Il a son attitude de Big Boss. C'est très… lui en fait. Je me demande si ce comportement va être modifié. Très franchement, je ne l'espère pas. J'aime qu'il soit autoritaire avec moi. Enfin j'aime ça du moment que la menace de la punition est loin.
De : Blaine Anderson
Objet : Quelqu'un est grognon ce soir
A : Kurt Hummel
Le retour de Kurt Hummel le dominateur. Ravi de te retrouver. Je t'imagine très bien tendu et renfrogné à cet instant.
J'ai une idée de ce qui pourrait te distraire. Mais, comme tu l'as si bien souligné, tu n'es pas avec moi et tu n'as pas voulu que je passe la nuit chez toi. En plus, tu attends que je te supplie…
Eh bien, j'espère que tu as du temps et que tu es patient Kurt.
Blaine.
P.S : J'ai vu que tu avais mis Hot'n'Cold de Katy Perry dans ta playlist. Est-ce un message pour moi ou une touche d'autodérision ? As-tu déjà parlé de ton humour particulier au Docteur Schuester ?
De : Kurt Hummel
Objet : Serein et détendu
A : Blaine Anderson
Mon très cher Blaine Anderson,
Tu sais que les fessées peuvent entrer dans une histoire d'amour romantique ? D'ordinaire, elles sont consenties par les deux personnes et elles sont données dans des moments intimes. Mais depuis quand sommes-nous conformistes ?
Pour ta gouverne, le Docteur Schuester est très friand de mon « humour particulier ».
Maintenant, s'il te plait, va au lit. J'ai bien peur que tu ne puisses pas rattraper tes heures de sommeil demain soir.
Et crois-moi, tu vas me supplier. Je suis pressé de voir ça.
Kurt Hummel, PDG Tendu Hummel Enterprises.
De : Blaine Anderson
Objet : Dors bien et que tes rêves soient agréables
A : Kurt Hummel
Comme c'est demandé si gentiment et qu'une douce menace plane sur moi, je vais me lover dans mon lit contre l'IPad qu'on m'a offert adorablement et je vais m'endormir en me baladant dans la bibliothèque du Congrès en écoutant des chansons qui s'expriment à ta place.
Blaine.
De : Kurt Hummel
Objet : Dernière requête
A : Blaine Anderson
N'oublie pas de rêver de moi.
Kurt Hummel, PDG Hummel Enterprises.
Rêver de toi Kurt Hummel ? Evidemment !
Je vais rapidement me doucher, passer mon pyjama, me brosser les dents et me faufiler sous les draps. Je mets mes écouteurs dans mes oreilles et serre contre moi mon ballon de l'hélicoptère dégonflé qui était sous mon oreiller.
Je suis heureux. Un sourire niais et idiot s'étale sur mon visage. Il s'est passé tellement de choses en même pas 24 heures ! Comment trouver le sommeil maintenant ?
Alors que Coldplay joue Fix You dans ma tête, je glisse doucement dans le monde des rêves. Mon univers a été redressé en une soirée et mon cœur recollé par la même occasion. Avant de sombrer, je me dis que peut-être que moi aussi je devrais lui exprimer mes sentiments en musique.
Voilà pour ce chapitre :)
J'espère que vous l'aurez appréciez, n'hésitez pas à me laisser votre avis dans une review :)
Si vous avez des questions ou simplement envie de me parler, ce sera un plaisir pour moi de discuter avec vous :')
Je vous adore, à la semaine prochaine !
Bisous, bisous
Cindy :)
