Coucou à tous !
J'espère que vous allez tous bien.
Merci aux personnes qui ont ajouté Nuances à leurs favoris et leurs alertes. On a atteint les 60 follows mes chéris ! VOUS ETES EXTRAORDINAIRES ! MERCI A VOUS !
Merci à AnnaKlaineuse, Guest, justmoi59, SwiftCriss, Emma, Anne-So, Klaineuse, Zoé, Uruviel29880, Alexis, Sara, Claire? LePinguAmoureux pour vos reviews.
AnnaKlaineuse : héhé et oui, c'est Elliott l'ancien soumis de Kurt :D Ta théorie était bonne si j'ai compris :) Sebastian et Blaine… Seblaine, c'est plutôt sexy non ? Non Cindy, chuuuut :D Je sais que vous aimez leurs cochonneries… Non ? Bisous Anna *cœur*
Guest : coucou :) tu vas pouvoir voir si Blaine va enfin découvrir ce mystérieux Sebastian Smythe ) merci d'avoir reviewé ! Bisous.
Justmoi59 : et oui, finalement vous savez qui est le garçon revenant :) Oui, tu verras si c'est vraiment Sebastian et si oui, si Blaine et lui vont se rencontrer… :)
SwiftCriss : j'espère que la suite te plaira :)
Klainekisses : je pense que les sentiments étaient clairs depuis un moment. Enfin au moins depuis son « Je t'aime » pour Kurt. Du sexe glacé ça ne peut être que bon si tu veux mon avis ) le pauvre, il ne doit pas avoir beaucoup d'amis s'il pue la merde… ) C'est le seul moyen qu'il a de montrer à Blaine qu'il est important pour lui. Il a des sous et il en profite en montrant que c'est lui le patron. Ah pourtant je pensais que c'était quasiment prévisible que le mystérieux garçon était Elliott. Ça ne devait l'être que pour moi alors ) Mais si ça sent très bon le retour de l'ex-soumis ) Sebastian… Il est tellement beau… Non Cindy ne bave pas ! Gros bisous Emma, je t'aime :)
Klaineuse : WALALA ! Non Blainey ne mérite d'être croqué que par Kurt. Personne d'autre n'en a le droit. Je crois que, même si j'aime Darren/Blaine énormément, Kurt/Chris en badboy serait juste merveilleux. Il serait tellement sexy. Enfin il l'est, je trouve Chris vraiment magnifique, mais badboy ce serait de la drogue pour midinette tu vois ) SUPERMEGAFOXYAWESOME OH YEAH ! Peut-être qu'il neigera même des moutons volants au popcorn qui sait :D Darrenatics ont le pouvoir OUAIIIIS ! Tout le monde possédant des oreilles (donc chaque humain non sourds) est genre obligé d'être un Darrenatic parce que, merde, sa voix jhizhncznkj *mâchoire qui tombe au sol* Tu sais je me dis que sans Darren et Chris (je ne me ferai jamais au fait que le prénom de Chris sonne comme le nom de Darren… Genre sur le plateau ça doit être « DARREN ! CHRIS ! Enfin je veux dire DARREN ET CHRIS ! » Ok je divague…) ne serait pas pareil du tout. Haha Tata Klaineuse ça me fait penser à Tata Snixx de Santana :') Oui quand c'est comme ça, que les auteurs ne disent même pas un merci pour une review et bien, c'est triste, mais je n'en poste plus. Après tout, on écrit pour les lecteurs et c'est grâce à eux que les fics peuvent continuer donc c'est, pour moi, logique de prendre du temps pour chacun pour leur répondre. Je sais je suis génialissime *Cindy se lance des fleurs à elle-même* :D Minute théorie validée. Tape dans la mimine :D Frustration est mon deuxième prénom :'D non mais tout ça viendra je te le promets ! MAGNIQUE : en langage Klaineuse c'est un mix entre magnifique et magique :'D ok, je ne me moque pas… Mais c'est gentil d'accord, c'est parce que je t'aime *regard de Blaine* Tu verras la réaction de Blaine dans ce chapitre :) Merci beaucoup. C'est vraiment adorable, tes félicitations me vont droit au cœur. C'est avec des mots comme ça que j'ai envie de continuer Nuances jusqu'au bout :) Oui pour la traduction, je commencerais à poster après Nuances mais je vais commencer à traduire avant. Nuances me prend beaucoup de temps et je suis un peu perfectionniste sur les bords ) Je vais m'arrêter là sinon les autres lecteurs vont s'arracher les cheveux :) J'attends ta review avec impatience. Gros bisous faiseuse de sourire, reine du sniffouillage :)
Tsuchito : bonjour, mais qui êtes-vous ? Une nouvelle lectrice peut-être… ) Non je n'y croyais plus. Quand tu m'as dit que tu avais reviewé j'étais là : « non vraiment ? Elle l'a fait ?! GUEDIN ! » Non plus sérieusement, je ne t'en veux pas, je comprends que tu sois occupée :') Haha non mais dans tous les cas Hunt' et Seb baisent tu vois ) Paul-Kurt se serait assez brutal parce que Kurt peut pas sentir Paul (aurais-tu un lien de parenté avec Zoé Kurt ?) Niff c'est hors compétition tu vois, c'est genre le top du top du couple ) Sam-Lucca je sais même pas quelle tête à Lucca hmm… Burt-Mercedes ou le couple qui me fait vomir *vomis dans ton sac gentiment proposé* NON MAIS BURCEDES QUOI ! TU AS VU CE NOM A CHIER ! Burt-Blaine c'est assez… EURK. CES IMAGES NE BRULENT LES YEUX STOOOOOP ! Ouais tu arranges les choses à ta façon c'est bien ) ZONTANA MA PETITE ZONTANA :D COCAINE VA FAIRE UNE ENTREE FRACASSANTE ! (autant que mon entrée dans ta chambre par le velux xD) redonne-moi ton avis quand tu veux j'adore ça *te passe les couteaux pour les aiguiser*
Uruviel29880 : ouais je sais ils allongent de plus en plus en fait. Il faudrait que je contrôle à ce niveau ) Le grand, le beau, l'unique Sebastian Smythe :D Merci beaucoup :)
Anderverysue : oui moi aussi. Je me rends compte maintenant que je me suis lancée dans un truc énorme. Je pense en faire moins que les livres quand même. Parce qu'il y a des détails des bouquins qui me plaisent pas et qui m'avaient gonflée donc je vais les sauter je pense. Ou alors je vais les refaire totalement sur autre chose. Putain j'étais en train de me dire la même chose :D Je pense que cet homme est surhumain. Il est une sorte de machine je pense… Cela mérite réflexion ! J'aime les conflits, les ruptures et tout ça. Je pense que je vais mettre ça à la place des chapitres que je veux modifier… Ouais parce que les conflits c'est coool :D
Licorne-Klaine : tu es vraiment une fille géniale Sara :) Je suis contente que tu participes aux reviews, ça me touche énormément :) Bien sûr, le seul et l'unique, le beau Sebastian ! Kurt est nerveux parce qu'il sait que la réaction de Blaine ne va pas être… calme ) Oui Sam va revenir à l'appartement, bien sûr mais là il est en vacances avec Satan et Zoé :) gros bisous ma Sara et je t'adore aussi !
Clairegleek78 : ça arrive des fois… Les joies des bugs d'Internet ! Haha, je suis contente que la lecture vous réchauffe ) la glace a la fraise c'est délicieux, Blaine l'est aussi donc… le cocktail ne pouvait qu'être bon ) Si tu as aimé la petite exploration du corps de Kurt endormi, ce chapitre devrait te plaire… Mais je n'en dis pas plus, tu verras par toi-même :) Gros bisous Claire !
LePinguAmoureux : hey ! Ce n'est pas grave, je ne t'en veux absolument pas :) Elliott est un ex-soumis de Kurt. Rien d'amoureux entre eux (enfin pour Kurt) et dire qu'Elliott est fou est assez gentil haha ;) Sebastian est juste magnifique tu vois… Je ne peux pas te spoiler sur leur relation ce serait dommage non ? Mais toutes les réponses à tes questions viendront. Oui j'ai compris ce que tu as voulu dire :) Sebastian a connu Kurt a une période difficile donc oui, il le connait bien. Tu verras dans ce chapitre un moment de faiblesse de Kurt mais pas de pleurs pour l'instant ;) C'est vrai, Nuances me prend beaucoup de temps, parce que je ne sais pas si quelqu'un l'a remarqué mais les chapitres sont de plus en plus longs et donc longs à écrire. Mais je vous aime donc je tiens le rythme ;) Hunter est là pour faire chier le monde haha ! Oh tu es une des rares à apprécier Joey à sa juste valeur. J'aime beaucoup cet homme. Il fait se sentir les garçons en sécurité. Il y en a un… CHUT CINDY ! Oui il a une vie privée, tu verras dans le chapitre. Joey est un mur de professionnalisme et de dévotion envers Kurt alors avant que Blaine lui soutire des infos il peut se lever de bonne heure ;) hehe oui ce soir ;) je ne t'en veux pas du tout. Gros bisouuus :)
Sur ce, bonne lecture :)
ENJOY !
Chapitre 31
« Sophia, qui est l'homme qui discute avec Monsieur Hummel ? »
La bile me monte doucement à la gorge. J'ai l'impression que les organes de mon ventre dansent la samba et que mon cœur va se barrer de mon corps. J'essaye tout de même de garder une voix détachée.
« C'est le co-directeur du salon avec Monsieur Hummel »
Sophia a l'air très contente de m'informer de ceci.
« Le co-directeur ? »
Je savais que Smythe et Kurt étaient associés. Mais j'aurais pensé qu'ils feraient affaire dans un domaine, comment dire… plus viril.
« Oui, d'ordinaire, il n'est pas ici. Mais apparemment, des changements vont être effectués donc sa présence était nécessaire »
« Est-ce que vous savez comment il s'appelle ? »
Sophia me regarde en plissant le front. Elle a l'air gênée par mon soudain excès de curiosité. Elle se mordille l'intérieur de la joue. Peut-être que c'est une information classée top secret qui sait.
« Sebastian Smythe » lâche-t-elle du bout des lèvres.
Un sentiment de satisfaction assez bizarre me traverse : mon intuition était la bonne.
Ton intuition ? C'est sûr, tu as l'air d'avoir un don pour dénicher les détraqués du coin.
Tous les deux sont toujours en train de converser. Sebastian semble tout d'un coup soucieux, fronce les sourcils et acquiesce. Il caresse le haut du bras gauche de Kurt d'un geste rassurant en se pinçant les lèvres. Il acquiesce une nouvelle fois, tourne la tête vers moi et m'adresse un léger sourire apaisant.
Je ne peux pas détourner mon regard de lui. Ce soit être le trop plein d'émotions ou un truc du genre. Pourquoi a-t-il fallu qu'il me traine ici ?
Il chuchote un mot à Kurt et celui-ci jette un regard furtif vers moi. Son attention se reporte rapidement sur Sebastian et Kurt parle à son tour. Le plus grand hoche la tête. Je pense même qu'il l'encourage mais je n'en suis pas certain. Je ne sais pas vraiment lire sur les lèvres.
Le maniaque du contrôle me rejoint en un claquement de doigts, ses traits déformés par l'anxiété. Je ne m'étais pas trompé. Smythe quitte la pièce en sortant par la porte par laquelle il était arrivé. Kurt plisse le front.
« Tu vas bien ? » m'interroge-t-il.
Son ton est pesant et méfiant.
« Bien n'est pas le mot. Tu ne voulais pas faire les présentations ? »
Le mien est glacial et sec. Il ouvre la bouche pour parler mais aucun son ne sort. Il est pris au dépourvu.
« Enfin, je pensais… »
« Certaines fois, tu devrais… »
Je ne sais même pas quoi lui dire.
« Je voudrais sortir de cet endroit »
« Pourquoi ? »
« Ça me paraît évident non ? » grognais-je en roulant des yeux.
Il lève son regard agité vers moi.
« Pardonne-moi Blainey. Je n'avais aucune idée de sa présence ici. Il n'est jamais là. Un nouveau salon a ouvert sur la Cinquième Avenue et d'ordinaire, il est là-bas. Mais le gérant ici avait besoin de lui aujourd'hui »
Je fais un demi-tour sur moi-même et fonce vers la sortie.
« Vous pouvez dire à Edouardo que c'est annulé Sophia » prévient Kurt en franchissant le seuil de la porte.
Je fais tout mon possible pour ne pas m'enfuir en courant. Je veux partir. Le plus loin et rapidement possible. Je sens que je suis à deux doigts de fondre en larmes. Je dois juste prendre mes distances de tous ces tarés.
Kurt me suit de près sans dire un mot alors que tout se chamboule dans ma tête. J'enroule mes bras autour de moi et regarde le sol en prenant soin tout de même de ne pas foncer dans les passants. Il est judicieux pour lui de ne tenter aucun contact avec moi maintenant. Mon esprit tourne à mille à l'heure et se pose des questions folles. Le maniaque va me donner une explication ou pas ?
« Tu trainais tes soumis là-bas ? »
« Quelques-uns » dit-il promptement et patiemment.
« Elliott ? »
« Oui »
« Le salon semble neuf »
« Des travaux ont été effectués il n'y a pas longtemps »
« Hmm… Donc Sebastian voit chacun de tes soumis ? »
« Oui »
« Et les soumis connaissaient la nature de votre relation ? »
« Non, je n'en ai parlé avec aucun. Tu es le seul »
« Peut-être mais je ne suis pas ton soumis »
« Exact. Tu ne l'es absolument pas »
Je me stoppe pour pouvoir le regarder dans les yeux. Ils sont grands ouverts et leur bleu est empli de peur. Sa mâchoire est crispée et ses lèvres forment une ligne droite sérieuse.
« Tu réalises que cette situation pue la merde, n'est-ce pas ? » dis-je dans un murmure.
Je lui jette un regard assassin.
« Oui. Pardonne-moi »
Il a au moins la politesse de paraitre embarrassé.
« J'aimerais me faire couper les cheveux là où, si possible, tu n'as pas baisé le patron ou les clients »
Il frissonne.
« Donc excuse-moi mais j'ai à faire »
« Tu vas me laisser ? » me questionne-t-il à voix basse.
« Non. J'aimerais seulement une putain de coupe de cheveux. Là où je pourrais me détendre sans avoir peur que ton passé me saute à la gorge »
« Edouardo peut venir chez moi ou chez toi si tu préfères » déclare-t-il.
« Il est très séduisant »
Il fronce les sourcils sous l'incompréhension. Puis il saisit :
« Oui il l'est »
« Il est encore en couple ? »
« Non il est célibataire depuis quatre ans »
« Pourquoi ne pas avoir continué avec lui alors ? »
« Car tout est terminé. On en a déjà parlé »
D'un coup, Kurt plisse les yeux. Il fait un geste de la main et prend son IPhone entre les mains. Il devait être en mode vibreur puisque je n'ai rien entendu.
« Duval » lâche-t-il en décrochant.
On est sur Lafayette Street. Les New-Yorkais vaquent à leurs activités en cette matinée de samedi, ayant eux aussi leurs problèmes personnels. Mais ça m'étonnerait que les leurs soient emplis d'ex-soumis perdus et effrayants, d'ex-maître dans l'art de la domination époustouflant et d'un homme qui ne sait pas ce qu'est le jardin secret d'une personne.
« Mort d'une overdose ? Quand ? »
Kurt me coupe dans mes pensées.
Wow ! De qui il parle ? Je tends l'oreille pour entendre mieux.
« Il nous avait déjà menti avant ça. Il est forcément au courant. Il n'en a rien à foutre de lui ou quoi ?! »
Kurt soupire, un air d'écœurement sur le visage.
« Tout s'explique doucement… Non… Je comprends pourquoi mais pas où »
Il jette des coups d'œil autour de lui comme pour chercher quelque chose ou quelqu'un. Je fais la même chose mais je ne vois aucun détail qui sorte de l'ordinaire. Il y a la foule new-yorkaise habituelle pressée et les rues pleines de voitures mais c'est tout.
« Il est ici » continue Kurt, « il nous observe… Hmm… Non. Deux ou trois, toute la journée et tous les jours… Non, je ne lui en ai pas encore parlé »
Les yeux de Kurt sont désormais sur moi. Pas encore parlé de quoi ?! J'affiche une expression renfrognée et le fixe avec prudence.
« Pardon ? » chuchote-t-il.
Toutes couleurs quittent son visage et ses yeux s'ouvrent en grand.
« Ok, depuis quand ?... Seulement ? Vous savez par quel moyen ?... Il n'y a pas de traces ?... Ok. Faites-moi parvenir par mail le nom, l'adresse et des photos si possible… Oui, toute la journée et tous les jours dès aujourd'hui. Appelez Joey pour tout organiser »
Il met fin à l'appel.
« Et donc ? » dis-je, agacé, en attendant qu'il crache enfin le morceau.
« C'était Duval »
« Qui est Duval ? »
« Mon responsable de la sécurité »
« Ok. Et donc, c'est quoi le problème ? »
« Elliott a laissé tomber son mari il y a trois mois et demi. Il s'est enfui avec un mec qui est mort d'une overdose il y a un mois »
« Ah »
« Ce connard de psy aurait dû être au courant » lâche-t-il, furieux, « le malheur voilà ce qu'est sa vie maintenant. Viens ! »
Il tend le bras vers moi pour que je lui prenne la main. Je noue mes doigts aux siens comme par réflexe mais les détache immédiatement.
« Hep, une minute. On était en train d'avoir une conversation, plutôt importante, sur nous. Et sur lui. Ton Sebastian Smythe » dis-je, acide.
Les traits de Kurt deviennent sévères.
« Il n'est pas mon Sebastian Smythe. Ce n'est pas l'endroit pour avoir cette discussion. On continuera chez moi »
« Mais je ne veux pas aller dans ton foutu appartement. Je veux juste une putain de coupe de cheveux ! »
Je ne peux empêcher le haussement de ma voix. Je suis énervé et il faut que ça sorte. Ok, si c'est par des cris.
Kurt reprend son IPhone, tapote sur l'écran avant de le coller à son oreille.
« Sophia ? Kurt Hummel à l'appareil. J'ai besoin qu'Edouardo soit à mon appartement dans une heure… Oui, eh bien, allez voir Monsieur Smythe pour ça… Parfait »
Il fourre son portable dans sa poche.
« Edouardo sera là à 13 heures »
« Kurt… ! »
Je suis au bord de la crise de nerfs. J'en perds mon latin.
« Blaine, Elliott est en train de vivre une crise psychotique. Il peut vouloir s'en prendre à toi ou à moi, rien n'est sûr. J'ignore de quoi il est capable. Donc on va retourner te chercher des affaires à ton appartement et tu viendras chez moi le temps qu'on lui mette la main dessus »
« Et en quel honneur je dois faire tout ça ? »
« Pour que tu sois sain et sauf »
« Mais… »
Je me tais quand il me regarde de travers.
« Tu rentreras avec moi. De ton plein gré ou par la force mais tu me suivras »
Je ne sais même pas quoi lui dire. Le maniaque du contrôle dans toute sa splendeur.
« Je pense que tu abuses un peu »
« Non. On continuera cette conversation à mon appartement. Viens »
Je m'enroule de mes bras et le dévisage, fou de rage. J'en ai ma claque.
« Non » lançais-je avec obstination.
Il doit comprendre que j'ai le droit de prendre des décisions moi-même.
« Tu as le choix : soit tu me suis en marchant, soit je te porte. De toute façon, tu viendras avec moi Blaine »
« Tu en serais incapable »
Je le provoque exprès. Il n'oserait pas me faire ça en plein milieu d'une rue bondée, n'est-ce pas ? Il m'adresse un sourire en coin sans joie.
« Bébé, tu sais très bien que j'adore qu'on me tende des perches. Alors ne me tente pas »
On est debout face à face. D'un geste rapide, il fonce sur moi, se baisse, enroule son bras à l'arrière de mes cuisses, me porte et me fout sur son épaule. Et tout ça avant que j'ai le temps de m'y opposer.
« MAIS LÂCHE-MOI ! » hurlais-je.
Il s'engage dans la rue à toute vitesse et fait comme s'il ne m'entendait pas rouspéter. Il accentue même son étreinte au niveau de mes cuisses et me donne une tape sur le cul de sa main gauche.
« Kurt ! »
Tous les passants nous dévisagent. Putain, je n'ai jamais été aussi rabaissé et honteux que maintenant.
« Ok, ok ! Je vais te suivre sur mes pieds ! Je vais te suivre ! »
Il me remet sur mes pieds. Alors qu'il est en train de reprendre son souffle et une position droite, je me dirige vers mon appartement à grands pas en pestant et en ignorant totalement Kurt. Bien sûr, il est bien vite à mes côtés mais je fais comme s'il n'était pas là.
Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Je bous littéralement de rage. Je ne me rappelle même du déclencheur de cette colère tellement que Kurt m'a exposé à des situations merdiques.
J'en dresse la liste alors que je continue mon chemin vers chez moi :
1 - Il me jette sur son épaule en plein milieu de la rue alors que ce geste est douteux quand il est fait sur quelqu'un de plus de cinq ans.
2 - Il me traine sur le lieu de travail de son ex-amant dominant détraqué. Est-il con à ce point ?
3 - C'est sur ce même lieu de travail qu'il trainait ses ex-soumis. Un point de plus pour sa connerie.
4 - A aucun moment, sa petite tête n'a été traversée par la pensée que c'était vraiment déplacé ?
Son intelligence a dû se faire la malle.
5 - Ses ex-soumis sont complétement tarés. Est-ce un bon motif pour alimenter ma fureur ? Elle est tellement grande que oui, c'est définitivement un bon motif.
6 - Il a mon numéro de compte bancaire.
La traque continue…
7 - Il a acquis The New Press. Avec tout l'argent qu'il a, il devrait se payer un peu de jugeote.
8 - Il veut à tout prix que j'aille chez lui. Le danger provoqué par Elliott doit être plus grand que prévu. Il n'a rien mentionné hier.
Et là, je saisis. Il doit y avoir un autre problème. Mais qu'est-ce que ça peut être ? Je me fige et Kurt fait pareil.
« Qu'est-ce qu'il y a eu ? » demandais-je.
Son front se plisse.
« C'est-à-dire ? »
« Avec Elliott »
« Tu le sais déjà »
« Non, tu me caches quelque chose. Il a dû se passer autre chose. Hier, tu ne m'as pas obligé à venir chez toi. Alors qu'est-ce qu'il y a eu ? »
Kurt gigote sur place et semble vraiment gêné.
« Kurt ! Crache le morceau ! »
« Il a réussi à obtenir une autorisation de port d'armes dans la journée d'hier »
Putain de merde. Je le toise, les yeux écarquillés. Mon cœur bat à tout rompre et je sens que ma respiration devient courte. Je crois que je vais vomir. C'est une révélation plutôt dure à avaler. Et s'il voulait faire du mal à Kurt ? Non, non, non !
« I-Il… Il peut se procurer une arme alors ? »
« Blainey… » souffle-t-il d'un ton soucieux avant de me prendre dans ses bras, « je ne pense pas qu'il serait capable de… Enfin je ne veux prendre aucun risque. Je ne veux pas t'exposer à ce danger.
« Moi ? Mais et toi alors ?! »
Il me regarde et plisse le front. Je le serre contre moi de toutes mes forces et je niche mon visage dans son cou. Il n'a pas l'air gêné par ce contact imprévu.
« Rentrons maintenant d'accord ? » chuchote-t-il en inclinant sa tête vers moi pour déposer un tendre baiser sur mon front.
Je hoche la tête. Et tout est terminé. Ma fureur est balayée dans un coin de mon esprit. Calmée par la peur qu'il arrive quelque chose à mon Kurt. Cette pensée m'est insupportable.
OoOoOoOoOoO
Je charge avec sérieux ma valise et met le MacBook, l'IPad et mon ballon hélicoptère dedans avant de la boucler et mets l'IPhone dans ma poche.
« Ton hélico nous accompagne ? » s'intéresse Kurt.
Je hoche la tête et il me répond par un sourire bienveillant.
« Steve arrive mardi »
« Steve ? »
« C'est le frère de Sam. Il reste ici le temps de son séjour à New York »
Le visage de Kurt ne laisse passer aucune émotion mais ses yeux sont froids comme la glace.
« Oh, alors c'est une raison de plus pour venir chez moi. Il aura plus d'espace comme ça » dit-il calmement.
« Par contre, je ne sais pas si Sam lui a fait parvenir les clés. Je devrais venir quand il arrivera »
Kurt reste silencieux.
« Bon je pense que j'ai tout »
Il s'empare de mon bagage et nous descendons les escaliers afin de sortir de mon immeuble. Alors que j'attends sur le trottoir que Kurt mette ma valise dans le coffre, je scrute les rues alentour. Peut-être que ma paranoïa est exacerbée avec toute cette histoire ou bien qu'on est vraiment surveillé… Je n'en sais rien. Kurt revient vers moi et m'ouvre la portière du côté passager. Il me fixe, un air impatient dans les yeux.
« Tu attends quoi ? »
« Ben je pensais que je conduirais »
« Non. C'est moi qui conduit »
« Ça te pose un problème que je sois au volant ? Tu connais le résultat que j'ai eu au permis de conduire ? Enfin ce ne serait même pas étonnant avec ton obsession pour le harcèlement… »
« Allez grimpe maintenant Blaine ! » m'ordonne-t-il.
« Ok, ok… » dis-je en levant les yeux au ciel et en montant dans la voiture.
Se détendre. Tu devrais apprendre ça à ton sadique !
Je ne peux pas lui en vouloir d'être tendu. Il doit ressentir la même angoisse que moi depuis ce matin. Depuis plus longtemps même. Un fantôme a la peau pâle, aux cheveux bruns comme moi et au regard bleu. Il a surement une arme sur lui aussi.
Kurt s'engage dans le trafic new-yorkais.
« Tous tes soumis étaient bruns ou ça n'a aucune importance pour toi ? »
Il plisse le front.
« Oui » murmure-t-il, hésitant.
Il doit se demander pourquoi je lui pose cette question.
« C'était juste pour savoir »
« J'ai toujours préféré les hommes bruns »
« Comme Sebastian » dis-je tout doucement.
« Il serait plutôt une très bonne raison pour les détester » marmonne-t-il, « il m'aurait dégoûté des hommes en général en fait »
« C'est une blague »
Ma respiration est presque plus courte.
« Oui, c'est une blague » rétorque-t-il, agacé.
Je tourne la tête vers l'extérieur en observant attentivement chaque homme brun que je vois. Il y en a beaucoup mais aucun n'est Elliott.
Donc il a un truc pour les bruns. C'est bizarre, il y a peut-être une vraie raison là-dessous. C'est pour Sebastian ou, comme il l'a dit, il les lui a fait détester ? Je ne sais jamais s'il est sérieux ou non.
« Dis m'en plus sur lui »
« Qu'est-ce que tu veux savoir ? »
Il fronce les sourcils et sa voix me met en garde pour la suite.
« Pour quel genre d'affaires vous êtes associés ? »
Les muscles de ses épaules se relâchent. Il semble soulagé de parler de boulot.
« Je suis son associé mais je lui laisse le champ libre. Tout ce qui est du domaine du cosmétique ou de la beauté, ça ne m'intéresse pas vraiment. Mais lui si et il a fait de ces salons des endroits réputés. Je l'ai simplement aidé et j'ai investi dans son entreprise »
« Pourquoi ? »
« Je lui devais »
« Ah oui ? »
« J'ai quitté Harvard et je n'avais rien. Alors il m'a prêté cent mille dollars pour que je puisse me lancer »
Putain, il faut être riche comme Crésus pour entrer dans son cercle d'amis ?
« Tu as abandonné Harvard ? »
« Oui, je n'ai pas eu l'envie de continuer. J'y suis resté deux ans. Mon père n'était pas vraiment d'accord avec moi d'ailleurs »
Monsieur Burt Hummel qui réprimande Kurt ? Ça devait être assez drôle à voir.
« On dirait que les années d'études manquées ne t'ont pas portées préjudice. Tu étudiais l'économie non ? »
« Oui. La politique aussi »
Un programme qui fait très… maniaque du contrôle.
« Donc il a beaucoup d'argent ? »
« Son père surtout. Il est l'un des procureurs les plus influents des Etats-Unis. Mais son père l'a poussé à travailler pour se forger une réputation. Tu comprends, il a beaucoup de pouvoir et d'autorité et il en abusait sur son fils. Certaines personnes font ça » finit-il avec un sourire en coin malicieux.
« Des gens comme ça existent ? Tu veux dire que des maniaques du contrôle autoritaires trainent dans les rues ?! »
S'il ne perçoit pas la surdose d'ironie dans cette phrase c'est qu'il le fait exprès. Mais il me donne un grand sourire.
« Donc il t'a aidé avec l'argent de son père ? »
Il hoche la tête avec une expression amusée.
Je ne réponds rien. Je trouve ça assez bizarre en fait. Mais Kurt continue tout seul en s'engouffrant dans le parking souterrain du Phénix :
« Mais ça s'est bien vite arrêté »
Il est bien sombre tout à coup.
« C'est-à-dire ? »
Kurt secoue la tête comme pour m'indiquer qu'il ne veut pas en parler. Alors je n'insiste pas. Il se gare à côté de sa Porsche.
« Allez, viens. Edouardo ne va pas tarder »
OoOoOoOoOoO
Dans la cabine d'ascenseur, Kurt me fixe.
« Tu es encore furieux contre moi ? »
« Oh oui »
Il opine.
« Ok » lâche-t-il en détournant les yeux pour se concentrer sur un point invisible devant lui.
Joey est posté dans le corridor à nous attendre. Comment il fait pour savoir toujours tout ? Il attrape ma valise.
« Duval vous a parlé ? » le questionne Kurt.
« Oui Monsieur »
« Et ? »
« Tout est réglé »
« Bien. Votre fille va bien ? »
« Oui très bien Monsieur. Merci »
« Tant mieux. Un coiffeur doit arriver à 13 heures. C'est Edouardo Garcia »
« Monsieur Anderson » m'adresse Joey avec un signe de tête.
« Bonjour Joey. Vous avez une fille ? »
« Oui Monsieur »
« Elle a quel âge ? »
« Six ans »
Kurt me regarde. Il a l'air pressé.
« Elle est avec sa mère » ajoute Joey.
« Oh d'accord »
Il me sourit. C'est plutôt étonnant. Je n'aurais jamais pensé que Joey était papa. Je suis Kurt dans le salon, désireux d'en savoir plus sur ce nouveau détail. Je regarde la pièce en prenant mon temps. C'est la première fois que je reviens ici depuis notre séparation.
« Tu veux manger quelque chose ? »
Je bouge négativement la tête. Pour une fois, Kurt n'insiste pas sur le fait que je dois manger.
« Je dois passer quelques appels. Fais comme chez toi »
« Ok »
Il s'éclipse dans son bureau en me laissant dans cet immense salon, décoré comme un musée. Que faire pour m'occuper ?
Les habits ! Je monte à l'étage et me faufile dans ma chambre pour examiner ce fameux dressing. Comme Kurt l'avait dit, il est toujours plein. Les vêtements sont tout neufs et ont encore leurs étiquettes. L'ensemble a dû coûter un bras…
Je regarde de plus près l'une des étiquettes d'un des costumes : 2270 dollars. Putain ! Je me laisse glisser sur le sol.
Je ne suis pas ce genre de personnes. Je cale ma tête entre mes genoux et tente de remettre de l'ordre dans ma tête. Tous les événements de la matinée y foutent un bordel monstre. Je suis fatigué. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux de cet homme fou ? Il est magnifique, chaud à s'en damner, a une fortune paraissant infinie et est dingue avec un énorme D majuscule.
Je prends mon IPhone dans ma poche et compose le numéro de Cooper.
« Blainey ! Ça fait un moment que je ne t'ai pas parlé. Tu vas bien petit frère ? »
« Oh ben comme d'habitude tu vois »
« Tout se passe bien ? Ca ne s'est pas arrangé avec Kurt ? » demande-t-il d'un ton inquiet.
« Ce n'est pas simple Coop'… Je pense qu'il est cinglé. Ça crée pas mal de barrières »
« Je veux bien te croire. Je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour te donner des conseils mais souviens-toi de ce que je t'ai dit d'accord ? Et puis sache que, quoi que tu décides de faire, je serai là pour toi »
« Tu es vraiment le meilleur des frères Cooper »
« Je sais, je sais »
J'entends le sourire dans sa voix et je souris à mon tour.
« Tu me manques Coop'. Des fois, j'aimerais juste avoir mon grand frère près de moi »
J'entends la porte s'ouvrir et je relève la tête. Kurt est là et il dit :
« Je te trouve enfin. J'ai bien eu peur que tu te sois enfui »
Il a l'air vraiment rassuré pour le coup. Je lève l'index devant moi pour qu'il se taise.
« Euh Coop', je vais devoir raccrocher. Je te rappellerai vite »
« D'accord minus. Fais attention à toi. Je t'aime et tu me manques aussi »
« Je t'aime aussi grand frère »
Je mets fin à l'appel et jette un coup d'œil à mon maniaque. Il a une expression morose et semble être bizarrement gêné.
« Tu voulais te cacher ici ? » m'interroge-t-il.
« Je ne suis pas caché puisque tu m'as trouvé. Je suis juste dépité »
« Dépité ? »
« Mais enfin Kurt ! Tu as vu la quantité de fringues » lançais-je en montrant le dressing.
« Je peux entrer ? »
« Ben oui, tu es chez toi après tout »
Il plisse le front et s'assoit sur le sol, face à moi.
« Ce sont simplement des habits. S'ils ne te plaisent pas, je les expédierai au magasin »
« Tout arrive d'un seul coup avec toi. Ce n'est pas évident tu sais ? »
Il se tapote la lèvre. Mes yeux dérivent sur sa mâchoire où une repousse de barbe est apparue. Mes doigts me picotent. J'ai envie de le caresser.
« Oui je sais. Je suis un homme pénible » chuchote-t-il.
« Très pénible »
« Toi aussi Blaine »
« Pourquoi faire tout ça ? » dis-je en faisant un geste englobant le dressing.
Il écarquille sur moi ses yeux emplis de suspicion.
« Tu connais la réponse »
« Non je ne la connais pas »
« Tu es énervant, tu le sais ça ? » siffle-t-il en passant une main dans ses cheveux.
« Peut-être. Juste, je suis sûr qu'il y a des beaux bruns biens obéissants dans le coin. Des hommes qui te demanderaient même l'autorisation pour aller pisser. Enfin s'ils ont le droit d'ouvrir la bouche bien sûr. Je ne comprends simplement pas pourquoi moi Kurt »
Il me fixe un instant, aucune expression sur son visage ne trahit ses pensées.
« Grâce à toi, je vois le monde sous un autre angle Blaine. L'argent que j'ai ne t'intéresse pas. Tu me redonnes… confiance » se confie-t-il calmement.
Oh le sadique ? Est-ce que tu pourrais être un peu plus mystérieux ?
« Confiance en quoi ? »
Il soupire.
« En l'avenir » lâche-t-il doucement, « ce que tu dis est vrai. Tous les hommes avec qui j'ai été étaient obéissants et se soumettaient à moi. On s'en ennuie vite. Mais chez toi Blaine, il y a cette étincelle qui m'attire et qui s'adresse à quelque chose au fond de moi. C'est comme si j'étais un aimant irrésistiblement attiré par toi. Je ne peux pas le contrôler et l'idée de te perdre m'est insupportable »
Il enlace ses doigts aux miens.
« Ne m'abandonne pas, s'il te plait. Crois en moi et sois patient. Je t'en prie »
Il semble tellement fragile à cet instant… C'est bouleversant. Je fais un mouvement en avant pour pouvoir poser délicatement mes lèvres sur les siennes.
« Ok. De la confiance et de la patience. Je pense que j'en suis capable »
« Super car Edouardo est là »
Nous descendons et je rejoins Edouardo dans la salle de bains. Joey a dû le conduire là. Kurt nous laisse tous les deux en s'éclipsant je ne sais où.
OoOoOoOoOoO
Je reviens dans le salon où Kurt est assis dans le divan. Il est en train de lire le journal et il semble très concentré. Un air joue calmement dans le grand espace. La voix féminine est puissante mais douce aussi, ce qui crée un mélange étonnant mais fantastique. Kurt me regarde et affiche un grand sourire, ce qui me détourne de la chanson.
« Tu es magnifique Blaine » me lance-t-il d'un ton réjoui.
Kurt se met debout et se déplace tranquillement vers Edouardo et moi.
« Merci Edouardo » dit-il.
Le coiffeur me serre chaleureusement la main puis Kurt le raccompagne jusqu'à l'ascenseur. Il revient vers moi après un petit moment.
« Je suis ravi que tu ne les aies pas coupé trop courts »
Il s'approche de moi, le regard pétillant et il entortille une de mes boucles autour de son doigt.
« Ils sont tellement soyeux » me murmure-t-il, « tu es encore furieux contre moi ? »
Je hoche la tête et il sourit.
« Pourrais-je connaitre les raison de ta fureur ? »
Je lève les yeux au ciel.
« Tu veux la liste complète ou la version raccourcie ? »
« Il y a une liste ? »
« Hmm, hmm et si tu as du temps, je peux te l'énumérer »
« On peut le faire au lit ? »
« Non » dis-je en croisant les bras sur ma poitrine d'une façon infantile.
« Ok. En mangeant dans ce cas. Je suis affamé et pas que d'aliments » complète-t-il avec un regard lubrique.
« Tu ne m'auras pas cette fois avec ton sex-appeal super puissant »
Il retient le sourire qui essaye d'étendre ses lèvres.
« Donc quels sont tous ces soucis qui te préoccupent ? Dis-moi »
« Qui me préoccupent ? Déjà, il y a tes petites escapades dans ma vie privée. Tu m'as trainé sur le lieu de travail de ton ex-dominant. Lieu où, au passage, tu trainais tes ex-soumis avant moi. Et puis, tu m'as porté comme un putain de gosse de cinq ans en plein milieu de la rue. Et, le pompon, ton Sebastian a le droit de te toucher »
Mon ton finit par être très élevé à la fin de mon discours. Kurt soulève un sourcil et toute trace de gaieté sur son visage s'efface.
« Je te le répète encore une fois : il n'est pas mon Sebastian »
« Ca n'empêche pas qu'il a le droit de te toucher »
Il affiche un sourire sans joie.
« Il connait les zones autorisées »
« C'est-à-dire ? »
Il regarde autour de nous comme s'il cherchait une aide miraculeuse pour s'extirper de cette conversation. Il soupire bruyamment avant de passer plusieurs fois ses mains dans ses cheveux.
« Entre nous, il n'y a aucune règle. C'est la première fois que je vis ça d'accord ? Je n'ai jamais oublié les règles. Et ça me stresse parce que je ne sais jamais où tu vas poser tes mains sur moi. Pour moi, ton toucher me… »
Il se tait et réfléchit à quoi dire avant de reprendre :
« Ça signifie… plus. Tellement, tellement plus »
Plus ? Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il dise ça. Je suis totalement étonné et sans voix. Plus… Quatre petites lettres qui ont une grande signification pour nous.
Mon toucher veut dire plus. Mais comment, comment je suis censé ne pas lui succomber quand il me sort des phrases comme ça ? Le bleu du regard de Kurt essaye de s'accrocher au doré du mien. Il est remplit d'angoisse.
Je tends timidement le bras vers lui et l'angoisse est poussée par de la peur panique pure. Kurt fait un pas en arrière et mon bras retombe mollement contre mon corps.
« Limite à ne pas franchir » chuchote-t-il avec un air torturé et effrayé.
Le regret emplit mon ventre.
« Comment le vivrais-tu si tu ne pouvais pas me caresser comme bon te semble ? »
« Je serais détruit. Je serais blessé au plus profond possible » rétorque-t-il spontanément.
Oh mon Kurt, mon maniaque du contrôle… Je lui lance le sourire le plus apaisant possible pour qu'il comprenne qu'il ne risque rien.
Bien sûr, tu aimes bien trop qu'il te touche…
« Un jour, j'espère que je pourrais savoir pourquoi ces limites sont là »
« Un jour » chuchote-t-il.
Sa fragilité disparait de ses traits en un claquement de doigts. Je serai toujours fasciné par sa capacité à changer d'humeur aussi vite. On ne peut jamais prévoir ses réactions.
« Donc, les autres points de ta liste : je m'introduis dans ta vie privée »
Il se pince les lèvres d'un air songeur.
« Tu me le reproches car je connais ton numéro de compte ? »
« Oui. Je trouve ça révoltant »
« J'ai ce genre d'informations sur chacun de mes soumis. Viens, tu vas voir » annonce-t-il en se déplaçant vers son bureau.
Surpris, je prends sa suite sagement. Il tire un dossier d'un tiroir verrouillé de son bureau. Sur la couverture, je lis : BLAINE DEVON ANDERSON.
Putain de merde. Je lui jette un regard meurtrier.
Il baisse la tête d'un air penaud.
« Prends-le avec toi si tu veux » propose-t-il doucement.
« Trop gentil » dis-je sarcastiquement.
Je lance un coup d'œil rapide aux feuilles entre mes mains. Il y a une copie de mon certificat de naissance, mes limites que j'ai négocié avec lui, l'accord de confidentialité que j'ai signé, le fameux contrat, d'autres informations diverses, mon CV et la liste de mes ex-emplois.
« Donc tu étais au courant pour le garage ? »
« Oui »
« Ce n'était pas un hasard que tu me trouves là-bas ce jour-là »
« Non »
La fureur et la flatterie se battent en moi.
« Tu as un vrai problème. Tu es au courant »
« Je ne vois pas ça sous cet angle. Vu le poste que j'occupe, ainsi que mon entreprise, je suis obligé de vérifier à qui j'ai à faire »
« Mais ce sont des informations personnelles ! »
« Tu sais, je les garde pour moi. Je ne vais pas les distribuer pour te nuire. De toute façon, avec de la patience, tout le monde peut trouver ces renseignements Blaine. C'est nécessaire pour moi de les avoir. Pour avoir un contrôle total. C'est mon mode de fonctionnement »
Il me fixe avec un air impassible.
« Tu te sers de ces renseignements contre moi. Tu as versé douze mille dollars sur mon compte. Argent que je ne voulais absolument pas »
Sa mâchoire se crispe.
« On en a déjà parlé. C'était ta voiture. Joey l'a vendue, aussi incroyable que ça paraisse et en a tiré douze mille dollars. C'est donc ton argent »
« Mais et l'Aud… »
« Est-ce que tu as conscience de tout l'argent que je touche Blaine ? »
Je m'empourpre.
« Je n'ai pas à me demander ça. Je m'en contrefous de ton argent Kurt. Ce n'est pas ce qui m'intéresse chez toi »
Ses yeux deviennent plus doux.
« Je sais. C'est certainement ce que j'aime le plus en toi »
Je le dévisage. Mon cœur vient de rater un battement.
Ce que j'aime le plus en toi.
« Chaque heure, je gagne cent mille dollars Blaine. Plus ou moins »
Mes yeux et ma bouche s'ouvrent en grand à l'entente de cette phrase. C'est carrément indécent putain.
« Donc douze mille dollars, c'est une somme dérisoire pour moi. Tout comme l'Audi, la version originale du Portrait de Dorian Gray, le dressing et tout le reste »
Sa voix est très tendre. Je le fixe. Il ne se rend pas compte de ce qu'il dit. C'est… fou.
« Si c'était moi qui t'offrais tous ces trucs, tu réagirais comment ? »
Il me contemple, l'air de vraiment réfléchir à la question. Voilà la source du problème : il est égocentrique. Il ne peut pas se mettre à ma place. Le silence grossit autour de nous. Puis il fronce les sourcils et dit :
« Je n'en sais rien »
Il est honnête et indécis. Mon cœur s'emballe. Voilà le vrai Kurt Hummel, maniaque du contrôle et égocentrique. Tout à coup, j'ai l'impression qu'il est beaucoup moins inaccessible.
« Sincèrement, c'est gênant pour moi. Je te trouve génial de partager ta fortune avec ces cadeaux mais ça me met mal à l'aise »
« J'aimerais t'offrir toutes les plus belles choses Blaine… La Lune même » souffle-t-il.
« Ce que je veux, c'est seulement toi Kurt. Tout le reste, je n'en ai pas besoin »
« C'est un lot… C'est ce que je suis »
On fonce droit dans le mur avec cette conversation.
« On mange ? »
Le malaise se calme un peu. Il plisse le front.
« Oui »
« Je vais faire quelque chose »
« D'accord. Sinon Mademoiselle Jones a laissé des trucs au frigo »
« Mademoiselle Jones n'est pas là le weekend ? Tu meurs donc de faim quand elle part »
« Non »
« Ah bon ? »
« Mes soumis me font à manger Blaine » souffle-t-il.
« J'aurais dû m'en douter »
Je peux être vraiment con des fois. Je lui adresse un sourire aimable.
« Que souhaitez-vous pour le déjeuner Monsieur Hummel ? »
« Vous êtes le chef Monsieur Anderson »
OoOoOoOoOoO
J'examine le frigo étonnamment rempli. Je décide finalement de préparer une salade César. Les morceaux de poulet sont même déjà panés et frits. Génial, ce sera plus rapide. Kurt est à nouveau enfermé dans son bureau. Peut-être qu'il est encore en train de traquer un pauvre gars et qu'il entre dans sa vie privée. Cette idée me déplait fortement. Ma tête est sans dessus dessous. Il est vraiment excessif.
J'aime faire à manger en musique. Je me déplace vers la station d'accueil et prends l'IPod de Kurt. Inspectons ça… Il doit y avoir plus d'une chanson mise par Elliott là-dessus. Cette pensée me retourne le ventre. Je tremble.
Je fais glisser la liste de musiques sous mon doigt. Je veux un morceau entrainant. Oh ! Lady Gaga… Kurt ne semble pas adepte de cette chanteuse. Bad Romance, assez drôle connaissant notre histoire. Je lance le mode répétition et monte le son.
Je me dirige calmement vers la cuisine. Je sors un saladier du placard ainsi que des couverts à salade. Je prends ensuite tous les ingrédients qu'il me faut et commence à les mélanger.
Je retourne dans le frigo pour prendre les morceaux de poulet. Je me mets ensuite à la confection de la sauce.
Egocentrique. Est-ce que c'est un truc à la Kurt Hummel ou la plupart des hommes le sont ? Je n'ai peut-être rien découvert. Je n'en sais rien… J'aimerais tellement que Zoé soit là pour m'aider. Elle pourrait répondre aux questions que je me pose. Elle me manque. Son séjour est trop long. Elle rentre normalement en fin de semaine prochaine. J'espère que Sam et elle, c'est toujours aussi parfait.
C'est certainement ce que j'aime le plus en toi.
J'en fais tomber ma cuillère. Il a vraiment prononcé ces mots. Peut-être qu'il aime d'autres trucs… Je souris. Première fois depuis la « rencontre » avec Smythe. Un vrai sourire a m'en faire mal aux joues.
Kurt arrive silencieusement derrière moi, enroule ses bras autour de ma taille et niche son nez dans mes boucles. Il me fait peur.
« Cette chanson est un message pour moi ? » chuchote-t-il en déposant un baiser dans ma nuque, « j'aime tellement ton odeur » ajoute-t-il en respirant mes cheveux.
L'envie fait tordre délicieusement les muscles de mon bas-ventre. Non, non je dois résister. Je me détache à contrecœur.
« Je suis encore énervé contre toi »
Il plisse le front.
« Ça va continuer jusqu'à quand ? »
« Je ne sais pas. Au moins, pas avant la fin du déjeuner »
Il réprime un sourire. Il attrape la télécommande dans la poche arrière de mon jean et arrête la musique.
« Tu as choisi cette musique ? »
Il bouge négativement la tête, la mine obscure. C'est lui. Le garçon revenant.
« Il a peut-être essayé de te dire quelque chose non ? »
« Certainement oui » répond-il d'un ton détaché.
« Pourquoi ne pas supprimer cette chanson ? »
« Eh bien, je le trouve géniale. Mais si ça te fait du mal, je l'efface »
« Non c'est bon. J'aime travailler en chanson »
« Tu veux mettre quel morceau ? »
« Etonne-moi ! »
Il se déplace vers son IPod et je reprends mon plat.
Un petit instant après, les premières notes de Witchcraft de Frank Sinatra envahissent l'air. J'aime beaucoup cette chanson.
Je regarde Kurt, les yeux grands ouverts. Un message caché derrière ce choix ? Ce n'est plus un secret qu'il m'a complétement ensorcelé. Ou alors il me dit que c'est moi qui a cet effet sur lui ? Je n'en sais rien. Toutes mes pensées claires se sont échappées devant la teinte de ses yeux qui a changée. Le bleu clair a laissé place à une couleur plus foncée.
Je l'observe, hypnotisé. Il se déplace vers moi, tel un prédateur, de sa démarche féline. Il marche avec lenteur et élégance. Ma bouche s'assèche : il porte une chemise verte pâle et un jean skinny noir. Son désir est à peine voilé.
Frank chante « Cause there's no nicer witch than you ». Kurt se plante devant moi à cet instant, les yeux enflammés.
« Kurt s'il te plait »
La cuillère dans ma main me fait plus chier qu'autre chose.
« S'il te plait quoi ? »
« Arrête ce que tu es en train de faire »
« Faire quoi ? »
« Ca »
« Certain ? » souffle-t-il.
Il retire la cuillère de ma main et la pose dans le saladier. Je suis tout tremblant. Je ne veux pas ça. Enfin si je le veux. Trop même. Il est énervant, chaud et magnifique. Je lâche ses yeux brûlants avec peine.
« J'ai envie de toi Blaine » murmure-t-il, « j'adore et je hais et j'adore me quereller avec toi. C'est quelque chose d'inédit pour moi. Dis-moi que nous deux, on va bien. Je ne le saurais pas sinon »
« Je ressens toujours la même chose pour toi »
Sa proximité est tentatrice et enivrante. L'attirance habituelle entre nous est bien là. Tous les nerfs de mon corps me disent de me rapprocher de lui. Mon désir est à un niveau élevé. Je ne peux pas détourner le regard de ses clavicules exposées par sa chemise déboutonnée. Je mordille ma lèvre, à sa merci, esclave de mon envie. J'ai envie de parcourir cette zone de ma bouche.
Il est tellement près pourtant il ne m'effleure même pas. Je ressens la chaleur de son corps.
« Il n'y aura aucun contact entre nous à moins que tu l'acceptes » commence-t-il calmement, « mais pour être honnête, vu le début de journée merdique qu'on a eu, j'ai juste envie d'être en toi et d'oublier le monde autour de nous »
Oh putain. Nous. Ce petit mot qui signifie plus qu'un simple pronom. J'admire son sublime visage à la peau parfaite. Il a une expression très sérieuse.
« Je vais passer ma main sur ton visage » annonçais-je dans un souffle tremblant.
L'étonnement brille rapidement dans ses yeux mais il me laisse faire.
Je lève doucement le bras, effleure du bout des doigts sa joue et sa repousse de barbe. Il clôt lentement les paupières en soupirant de bien-être et se laisse aller contre ma main pour accentuer le contact. Il abaisse la tête vers moi et, par réflexe, je m'agrandis pour que nos bouches puissent se toucher. Il me surplombe.
« Tu veux ou pas Blaine ? » expire-t-il.
« O-Oui »
Ses lèvres entrent délicatement en contact avec les miennes. Il les mordille doucement, passe sa langue dessus pour m'en demander l'accès. Il entoure ses bras autour de moi d'un geste protecteur. Il fait glisser une de ses mains dans mes boucles et tire dessus sans me faire mal pour que j'incline plus la tête. La seconde caresse mes fesses et rapproche mon corps du sien. Je lâche un faible gémissement quand je sens la bosse formée dans son pantalon contre ma cuisse.
« Monsieur Hummel » appelle Joey en s'éclaircissant la gorge.
Kurt s'éloigne immédiatement de moi.
« Joey » lâche-t-il d'un ton aussi froid que la glace.
Je tourne la tête pour voir Joey complétement embarrassé, à l'entrée du grand salon. Kurt et lui se fixent sans rien dire. Pourtant ils ont l'air de se comprendre.
« Dans mon bureau » siffle Kurt.
Joey s'empresse de quitter la pièce.
« Tu ne perds rien pour attendre » me murmure Kurt avant de rejoindre Joey.
J'essaye de réguler ma respiration pour retrouver un semblant de contrôle. Je suis vraiment faible face à lui. Je succombe toujours. Je bouge la tête pour m'éclaircir les idées. Et puis même si Joey ou moi d'ailleurs avons été mal à l'aise, je suis content qu'il ait interrompu cette situation. Je n'en aurais pas été capable tout seul.
Joey a dû assister à des scènes bien pires que ça… Non, non. Je ne dois pas y songer. Je finis de préparer le déjeuner en me demandant de quoi Joey voulait parler. D'Elliott peut-être.
Ils sortent du bureau après un petit quart d'heure. Heureusement, j'ai terminé. Kurt semble soucieux.
« Je leur détaillerai tout après le déjeuner » lance-t-il à Joey.
« Très bien Monsieur. Je vais les prévenir » conclut Joey avant de partir.
Je place nos deux assiettes remplies sur le comptoir.
« On mange ? »
« Bien sûr » répond Kurt en s'installant sur un des sièges.
Il me dévisage attentivement.
« Un souci ? »
« Non »
Je boude. Il ne va rien cracher. Je me pose à sa gauche en faisant la tête, contrarié d'être mis de côté. Encore.
« C'est très bon » chuchote-t-il d'un air appréciateur en mettant sa fourchette dans sa bouche, « un verre de vin ? »
« Non merci »
Je connais sa technique. Mais j'ai besoin de garder les idées nettes quand Hummel est dans le coin.
J'ai perdu l'appétit mais ce qu'il dit est vrai : c'est bon. Je me force à manger tout de même parce que Kurt a une certaine obsession pour ce qui est de mon alimentation.
C'est pas vrai ?! Personne ne l'avait remarqué je te promets.
Pour couper notre silence assez pesant, Kurt remet la chanson qu'il écoutait en lisant le journal tout à l'heure.
« C'est quoi cet air ? »
« Strong de London Grammar.
« La voix de la chanteuse est superbe »
« C'est vrai. J'aime ce groupe »
Un silence gênant revient. Je dis la première chose qui me passe par la tête.
« J'adorerais aller à Londres ou en France. Enfin l'histoire londonienne m'a toujours intéressé »
Kurt me sourit gentiment.
« C'est plutôt bon à savoir »
« Mes parents ont été souvent en Europe mais ils ne m'ont jamais emmené avec eux »
« J'adore la France. Je parle français. Je l'avais étudié au lycée »
Un éclair de douleur passe sur ses traits dès qu'il a prononcé ses mots. Ses yeux emplis de souffrance sont dirigés craintivement vers moi. Merde, c'est vrai qu'il a vécu une épreuve au lycée.
« Tu sais ce que tu vas mettre ce soir ? Ou tu veux de l'aide ? »
Sa voix est glaciale. On dirait qu'il est furieux. Mais qu'est-ce que j'ai dit encore ?
« Non je n'ai pas plus regardé. Tu es celui qui a sélectionné tous ces habits ? »
« Non Blaine. Enfin j'avais fait une liste de type de vêtements pour mon styliste personnel chez Darryl's. Je leur avais fourni ta taille donc ça devrait être bon. Oh et, pour la soirée et les jours à venir, j'ai exigé une sécurité renforcée. On ne sait pas de quoi est capable Elliott. On ne sait même pas s'il est encore à New York. Mais je ne peux pas prendre de risques. Promets-moi d'avoir toujours quelqu'un avec toi si tu sors »
« Je te le promets » dis-je un peu surpris.
« Parfait. Je n'en ai pas pour longtemps mais je dois aller expliquer certaines choses aux agents de sécurité »
« Ils sont là ? »
« Oui »
Kurt se lève et met son assiette dans l'évier. Il sort ensuite du salon. Mais ça veut dire quoi tout ça ?! Je suis sûr qu'ils sont plusieurs à vivre à l'intérieur de sa tête. Je suis certain que Google pourra m'apprendre beaucoup de choses sur la schizophrénie ou autres problèmes du genre.
Je mets mon assiette avec la sienne, les lave et pars dans ma chambre avec le dossier BLAINE DEVON ANDERSON. Je sélectionne aussi plusieurs costumes du dressing. Je dois choisir lequel porter ce soir.
OoOoOoOoOoO
Couché sur mon lit, j'ai le MacBook posé sur mon ventre, l'IPad sur ma poitrine et l'IPhone à côté de moi. Vive la technologie ! Je passe la playlist de Kurt de l'IPad au Mac et je vais surfer sur Internet.
Kurt arrive dans la chambre alors que je suis sur le ventre devant mon écran d'ordinateur.
« Qu'est-ce que tu fais ? » m'interroge-t-il calmement.
Tout à coup, mon cœur s'emballe ayant peur de sa réaction. Qu'est-ce qu'il va dire s'il voit la page que je suis en train de lire ? Symptômes de la personnalité multiple.
Il se couche à mes côtés et regarde mon écran avec un air malicieux.
« Des problèmes à ce niveau ? »
Le Kurt froid est parti mais le Kurt enjoué est de retour. Comment ne pas s'y perdre ?
« Je m'instruis. Une de mes connaissances souffre de ce trouble »
Je le regarde le plus stoïquement possible. Je vois ses lèvres trembler. Il se retient de sourire.
« Une de tes connaissances ? »
« Mon passe-temps du mois »
« Je ne suis qu'un passe-temps ? Un jouet. Un test pour la science. Je ne connaissais pas ses caractéristiques sur moi. Je suis blessé Blaine »
« Qui te dit que c'est toi cette connaissance ? »
« Simple théorie »
« En même temps, tu es le seul maniaque du contrôle, fou sous plusieurs nuances qui change d'humeur en cinq secondes que je connaisse intimement »
« Je suis le seul homme que tu connaisses intimement »
Il penche la tête sur son épaule et je m'empourpre.
« Hmm… C'est vrai »
« Et donc, qu'as-tu tiré de ces recherches instructives ? »
Je tourne les yeux vers lui pour l'examiner. Il est couché sur son flanc gauche, la main soutenant sa tête. Il a un air tendre et taquin sur le visage.
« Des soins sont vivement conseillés pour ton cas »
Il replace doucement une boucle qui tombait sur mon front.
« Dans l'immédiat, je n'ai besoin que de toi »
Il tient un tube de rouge à lèvres dans sa main.
Je plisse le front, ne comprenant pas. Il est d'un rouge criard affreux.
« Un miroir serait pratique si tu veux que je me maquille »
Il explose de rire.
« Mais non Blaine. De toute façon, cette couleur ne t'irait pas au teint »
Il s'accroupit sur le lit, retire sa chemise puis son pantalon. Il se retrouve en boxer devant moi. Oh putain !
« Ton idée de carte me plait »
Mais de quoi il parle ? Une carte ?
« Une carte des zones minées » complète-t-il
« Ah ça ! Mais c'était une blague »
« Pas pour moi »
« Tu veux que je te dessine dessus avec ça ? » dis-je en désignant le tube de rouge à lèvres.
« Ca s'effacera »
C'est un moyen pour que je puisse le caresser. Je lui adresse un sourire enthousiaste. J'éteins l'ordinateur et le pousse. Ça peut être une expérience marrante.
« Viens là » ordonne-t-il en tendant la main, « mets-toi sur moi »
J'ôte mes chaussures et me glisse vers lui. Il est couché, les genoux pliés.
« Assieds-toi contre mes cuisses »
Je monte sur lui et place mes genoux de chaque côté de ses hanches. Son regard bleu plein de méfiance me transperce. Mais j'y décerne aussi de l'amusement.
« Quelqu'un s'amuse on dirait » lâche-t-il sarcastiquement.
« Tous nouveaux renseignements sont bons à prendre Kurt. En plus, tu ne seras plus tendu, ou moins déjà, car je saurais où les zones minées commencent »
Même lui ne semble pas croire qu'il va me laisser faire ça.
« Ouvre le tube » me commande-t-il.
Bon revoilà le Kurt autoritaire. Je ne fais aucun commentaire.
« Tends-moi ta main »
Je lui donne ma main libre.
« L'autre Blaine » s'exaspère-t-il en levant les yeux au ciel.
« Tu viens de lever les yeux au ciel, non ? »
« Hmm, hmm »
« C'est vraiment malpoli Monsieur Hummel. Certaines personnes en viennent aux mains en voyant ça »
« Allez Blaine… Des personnes sont mortes d'attente tu sais » siffle-t-il, ironique.
Je lui tends donc ma main droite. Et il s'assoit d'un coup. Nos visages sont à peine à quelques centimètres.
« On y va ? » me murmure-t-il doucement.
Tous mes muscles se tendent.
« Oui »
Sa proximité est enivrante. Sa peau nue est tellement proche. Son parfum de caramel se mêle à l'odeur de mon shampoing. Il déplace ma main vers son épaule.
« Appuie » dit-il dans un souffle.
Je m'humidifie les lèvres. Il fait glisser ma main du haut de son épaule à son aisselle droite. Le maquillage laisse un trait rouge vif. Il stoppe le mouvement vertical un peu plus bas que son pec droit. Il trace une grande ligne horizontale sur le bas de sa poitrine. Concentrés et nerveux, ses yeux trouvent les miens. Je perçois sa tension grâce à sa mâchoire crispée et à l'expression de son regard. Il prend vraiment sur lui.
« Fais la même chose de l'autre côté » chuchote-t-il en lâchant mon poignet.
Je trace le même schéma sur la gauche de son buste. La foi qu'il a en moi me monte à la tête mais sa souffrance palpable me bloque. Le rouge à lèvres passe juste dessous sa grande cicatrice sous son téton. Quel monstre a pu lui faire ça ? Pourquoi détruire un corps si parfait ?
« Terminé » murmurais-je d'une voix tremblante.
« Non pas encore » rétorque-t-il en traçant un trait avec son doigt en dessous de ses clavicules.
Je reproduis son geste avec le rouge, mes yeux essayant de rassurer au mieux ses perles bleues.
« Il faut faire derrière aussi » souffle-t-il.
Il bouge pour m'indiquer de me déplacer de ses jambes. Il me tourne le dos en s'installant en tailleur sur le matelas.
« Reprends la ligne horizontale de mon torse et fais le tour de mon dos » dit-il d'une voix mal à l'aise.
J'obéis et fais un grand trait dans le milieu de son dos. Je découvre une troisième cicatrice plus petite.
Putain de merde. Il me faut toute la volonté du monde pour ne pas caresser ces traces rosées et pour ne pas fondre en larmes. Mon Kurt. Mon pauvre Kurt… Il se couche à plat ventre et me désigne une zone :
« Trace une ligne horizontale en bas de mon dos d'une hanche à l'autre et… »
Il ne continue pas mais me le montre. Il passe son doigt à mi-cuisse de chacune de ses jambes.
Je m'exécute et me retient de toutes mes forces de pleurer.
« Voilà c'est fini »
Je l'examine. On a l'impression qu'il porte une sorte de combinaison bizarre tracée au rouge salope. Il s'assied doucement et nous sommes face à face.
« Ce sont les zones minées » dit-il lentement.
Le bleu de ses yeux est plus sombre. D'angoisse ? D'envie ?
J'ai envie de lui sauter dessus mais je ne le fais pas. A la place, je le fixe avec fascination.
« Ce n'est pas insurmontable pour moi. Je meurs juste d'envie de te sauter dessus »
Il me sourit chaleureusement et écarte les bras comme une invitation.
« Mon cher Blaine Anderson, je suis à votre disposition »
Je lâche un petit cri et me jette sur lui en le couchant sur le matelas. Il gigote sous moi et rit joyeusement comme un gosse. Il a l'air détendu maintenant que le pire est passé. Il m'attrape et me plaque sur le lit sous son corps.
« Que dirais-tu que je te montre que tu n'as rien perdu pour avoir attendu ? »
Avant que je réponde, ses lèvres sont collées aux miennes.
Et voilà pour ce chapitre 31 :)
J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me donner votre avis dans une review.
J'étais en train de penser à quelque chose quand j'ai tapé ce chapitre : j'ai eu l'idée de faire une page Facebook à mon nom d'auteur sur laquelle je posterais des photos des endroits où je situe l'action, les habits que je choisis pour les personnages ce genre de choses… Ou juste pour échanger sur la fic. Si l'idée vous plait, dites-le moi et je créerais cette page et si ça vous dit, vous pouvez me dire les choses les détails (habits, endroits, accessoires) que vous aimerez voir. Parce que si ça n'intéresse personne, aucun intérêt de le faire vous comprenez ) sinon vous pouvez me retrouver sur Twitter et Instagram sous le pseudo Klaiindy pour les deux :)
Gros bisous et encore merci pour les 60+ follows. Je vous aime.
Cindy :)
